À peine deux lunes – Le Témoignage de Minka

fausse couche

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Après un long silence, voici un témoignage poignant de Minka. Vous pouvez suivre ses réflexions sur Twitter ou sur son blog, où ce texte est également publié.

Première Échographie : La Découverte

Mardi dernier, à la maternité, j’ai passé ma première échographie pour cette grossesse, à 11 semaines. Cette fois-ci, c’est ma deuxième grossesse ; nous avons déjà un enfant de 2 ans et demi. Nous aurions souhaité un écart d’âge moins important, mais cette nouvelle grossesse s’est fait un peu attendre.

Pendant l’échographie, j’ai remarqué que l’embryon semblait plus petit que prévu, ce qui m’a rendue nerveuse. Je me souvenais de ma première échographie précédente où j’avais souri immédiatement. Cette fois-ci, je ne parvenais pas à me détendre, même si le gynécologue ne disait rien de négatif. Il a pris des mesures et annoncé que l’embryon faisait 3 cm. Puis il a dit : « Maintenant, on essaie d’écouter le cœur. » Ce « essaie » ne me plaisait pas. La phrase suivante a été un choc : « Je suis désolé, il n’y a pas 36 façons de vous le dire, vous voyez que c’est une grossesse qui s’est arrêtée il y a environ deux semaines. »

Réaction et Protocole Médical

Nous avons ensuite discuté du protocole hospitalier, qui est assez lourd : un cachet à prendre, deux autres deux jours plus tard, puis une opération sous anesthésie générale. Le gynécologue était très humain, soulignant la banalité médicale de cette situation tout en reconnaissant la difficulté émotionnelle que cela représente. J’ai demandé si nous pouvions prendre un peu de temps pour digérer cette nouvelle. Il m’a rassurée en disant qu’il n’y avait aucune urgence médicale immédiate, mais qu’il fallait rappeler dans deux jours pour planifier la suite.

De retour chez nous, des amis au courant de la grossesse ont appelé pour des nouvelles. J’étais en état de choc, tout comme N., mon mari. Le médecin avait bien expliqué que ce genre de situation est fréquent. Nous avons récupéré notre fille chez des amis et dû couper court à leur enthousiasme en leur expliquant la situation. À la maison, nous avons expliqué à notre fille que le bébé n’avait pas survécu, en des termes aussi simples que possible.

Prendre une Décision : Le Choix du Protocole Hospitalier

Je me suis retrouvée seule à la maison pour réfléchir. J’ai appelé une amie qui avait vécu la même expérience, ainsi que ma sage-femme. Après avoir écouté leurs conseils, j’ai décidé de suivre le protocole de l’hôpital, malgré mes réticences concernant l’anesthésie générale. J’ai appelé mon généraliste pour obtenir un arrêt de travail de deux jours, puis l’hôpital pour planifier la prise du premier médicament. N. m’a accompagnée à la maternité pour cette étape.

Le gynécologue nous a reçus malgré son jour de congé. J’ai pris le premier médicament devant lui, puis reçu les instructions pour les médicaments suivants à prendre dans la nuit de jeudi à vendredi. Nous avons ensuite rencontré l’anesthésiste. Malgré la tristesse, nous avons réussi à parler de choses plus légères et à créer des moments de gaieté.

La Veille de l’Intervention

Jeudi, je suis restée à la maison après avoir vu ma sage-femme, qui m’a conseillé de demander un arrêt de deux semaines. Le soir, j’ai pris une douche et préparé mon corps pour l’opération du lendemain. J’ai coupé mes poils pubiens pour éviter un rasage à l’hôpital. Le vendredi matin, je me suis levée sans pleurer, pris les médicaments, et conduit jusqu’à la maternité.

À la maternité, les sages-femmes et infirmières étaient en petit déjeuner. Cela m’a rappelé mon accouchement précédent. Bien que cela aurait pu me serrer le cœur, cela m’a plutôt apaisée. En entendant des pleurs de nouveau-nés, je me suis sentie en paix. La sage-femme m’a rassurée quant à la prise tardive du Cytotec. Vers 8h, j’ai commencé à saigner, les douleurs étaient similaires à des règles.

L’Opération et les Adieux

Une demi-heure après avoir cessé de saigner, nous avons demandé une échographie, convaincus que tout était évacué. Cependant, l’opération a été maintenue par précaution. En salle d’opération, les anesthésistes m’ont rassurée, bien que je me sois sentie seule à ce moment-là. « Vous allez dormir », a dit l’un d’eux d’une voix joviale.

Je me suis réveillée, soulagée que tout se soit bien passé. De retour dans ma chambre, j’étais quasi euphorique. N. est revenu, et je me suis rhabillé, prête à rentrer. La sage-femme a mentionné le mot « fausse couche » pour la première fois. Je me suis sentie libérée après l’observation obligatoire de deux heures.

Réflexions et Soutien

Dix jours ont passé. Je ressens un mélange de tristesse et de gratitude pour avoir été bien traitée à l’hôpital, bien que j’aurais préféré pouvoir exprimer davantage mes choix. Grâce à mon réseau de soutien, j’ai pu faire des choix éclairés, mais je reconnais que ce n’est pas le cas de tout le monde. Les professionnels de santé ont été chaleureux et humains.

Je suis encore triste, mais je me sens chanceuse que cette grossesse se soit arrêtée tôt. Je ne considère pas l’embryon comme un enfant, mais plutôt comme une promesse non tenue. J’ai des moments de chagrin, une envie de redevenir enceinte, et mon mari, bien qu’inquiet pour moi, est passé à autre chose. Notre fille aussi, qui est maintenant plus collante et a du mal à s’endormir. Mais je sais que tout cela finira par passer.

Poème de Clôture

Tu as vécu
Dans mon ventre
Deux lunes
Je t’appelais Ö
Ni fille ni garçon
Homoncule
Tom Pouce
Petite Poucette
Une ébauche
Et le docteur a dit
La grossesse est arrêtée
Ni vivant ni mort
Comme l’autre poème
Tu as oscillé entre le pas encore et le déjà plus
Et nous t’avons aimé
Et nous te pleurons
Mon corps alourdi par la grossesse et le deuil
Il me reste encore
Quatre heures
Avec toi
Qui n’est pas là
J’essaie de te dire au revoir

Ainsi, je dis adieu à cette promesse de bébé, incluant cette épreuve dans mon expérience de maternité.

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