Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


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Le poids : et alors ?

Par  • Le 8 octobre 2012 à 6:55 • Catégorie : News, Réfléchir

 J’ai découvert récemment le blog de Fat nutritionist que j’ai littéralement dévoré (ha ha ha). Par ce biais, j’ai également découvert ce qui me semble être un équivalent étatsunien de l’approche du Dr Zermati et du GROS : Health At Every Size (HAES, littéralement La santé à toutes les tailles). Le paradigme de cette approche du surpoids et de l’obésité est que justement le poids n’est pas un bon indicateur de notre santé. Ainsi, plutôt que de se focaliser sur la perte de poids d’un patient, il vaudrait mieux s’attacher à diagnostiquer et traiter ses problèmes de santé en tant que tels (hypertension, diabète etc). Ce traitement peut passer par le changement d’habitudes (alimentation, exercice) qui peut lui-même alors mener à un changement du poids (ou pas), sans que ce soit le but recherché ou un bon marqueur de l’efficacité de la thérapie. Cette approche est assez radicalement différente des politiques publiques actuellement en oeuvre dans les pays occidentaux, aussi il m’a semblé intéressant de m’en faire l’écho ici, et en particulier de vous résumer cet article, publié en 2011 dans le Nutrition journal.

Quelques éléments de contexte

Les auteurs de l’article, Linda Bacon et Lucy Aphramor, sont des universitaires qui vivent également de l’approche HAES : vente de livres, séminaires, etc. On voit donc qu’il y a un certain conflit d’intérêt : la carrière et les finances des auteures iront plutôt mieux si l’innocuité et l’efficacité de HAES sont démontrées, et inversement. La méthodologie utilisée est une revue systématique de la littérature scientifique pré-existante sur ce sujet, focalisée sur six essais aléatoires en conditions contrôlées (en anglais « randomized controlled trial »), c’est-à-dire une des méthodes expérimentales les plus fiables en recherche médicale pour évaluer l’efficacité et les effets indésirables d’un traitement. Des données d’autres études (notamment rétrospectives, qui permettent d’évaluer a posteriori les bénéfices ou risques d’un traitement sur de plus larges groupes) sont également utilisées. Evidemment, la façon dont sont sélectionnés les essais déjà publiés rapportés dans l’article compte. Je me contenterai ici de vous indiquer ces limites sans les caractériser mieux, n’ayant pas le temps d’aller rechercher un par un les articles cités et de faire en parallèle ma propre revue de la littérature.

 

Que nous dit l’article ?

La première partie est une remise en question d’hypothèses couramment acceptées sur le rôle du poids comme indicateur de santé, et sur sa maîtrise via des directives strictes d’alimentation et d’exercice physique. Quelles sont-elles et quelles données scientifiques les appuient (ou pas) ?

  • L’adiposité est un facteur de risque significatif de mortalité : L’association entre l’IMC (indice de masse corporelle) et la longévité est faible, et les personnes en surpoids ou modérément obèses vivent aussi voire plus longtemps que celles qui ont un IMC normal. Il semblerait que pour un certain nombre de pathologies associées au surpoids (diabète de type 2, hypertension, maladies cardiaques…), les personnes obèses qui en souffrent vivent plus longtemps que les malades plus minces.
  • L’adiposité est un facteur de risque significatif de morbidité : Je cite l’article  « While it is well established that obesity is associated with increased risk for many diseases, causation is less well-established. » « Alors qu’il est bien établi que l’obésité est associée à un risque accru pour de nombreuses maladies, la causalité est moins bien établie. » Pour les auteurs, plus que le surpoids et l’obésité, ce sont les facteurs socio-économiques (pauvreté) et les variations de poids qui sont à incriminer.
  • La perte de poids allonge l’espérance de vie : Les études pointent plutôt vers l’inverse, c’est-à-dire que la perte de poids augmenterait la mortalité. Les bienfaits observés consécutivement à une perte de poids seraient plutôt dus aux changements de mode de vie (alimentation, exercice) associés à cet amincissement qu’à ce dernier.
  • N’importe qui peut perdre du poids sans regrossir par un régime approprié et de l’exercice physique, à condition d’être motivé : Je vais me contenter de cette citation, très éclairante, qui résume l’étude Women’s Health Initiative, le plus long et le plus large essai aléatoire en conditions contrôlées sur ces questions. « More than 20,000 women maintained a low-fat diet, reportedly reducing their calorie intake by an average of 360 calories per day and significantly increasing their activity. After almost eight years on this diet, there was almost no change in weight from starting point (a loss of 0.1 kg), and average waist circumference, which is a measure of abdominal fat, had increased (0.3 cm) » « Plus de 20 000 femmes ont suivi un régime pauvre en graisses, déclarant réduire leur apport en calories d’environ 360 calories par jour en moyenne et augmenter significativement leur activité. Après près de huit ans à ce régime, il n’y avait quasiment aucun changement de poids par rapport au début (perte de 0,1 kg), et le tour de taille moyen, qui est une mesure de la graisse abdominale, avait augmenté (de 0,3 cm). » Autre citation, cette fois d’un panel d’experts du National Institutes of Health « there is little support for the notion that diets lead to lasting weight loss or health benefits. » « Il y a peu de soutien à l’idée que les régimes entraînent une perte de poids durables ou des bénéfices en termes de santé. »
  • Rechercher la perte de poids est un objectif réalisable et souhaitable : L’article identifie un certain nombre des risques associés aux régimes restrictifs, comme l’ostéoporose, le stress psychologique et la production de cortisol ou l’augmentation du taux de polluants organiques persistants dans le sang. En outre, l’obsession du poids et l’insatisfaction de son corps qui l’accompagne souvent favoriseraient les troubles du comportement alimentaire. J’enfonce le clou avec une autre citation « Many studies also show that dieting is a strong predictor of future weight gain » « De nombreuses études montrent aussi que faire un régime est un facteur important d’augmentation future du poids ». Enfin les auteurs indiquent que ce présupposé entraîne la stigmatisation et la discrimination des personnes en surpoids. Outre la problématique morale, cette stigmatisation entraîne très concrètement une consommation accrue de nourriture, un évitement de l’exercice physique ainsi que des soins médicaux, la discrimination par les professionnels de santé étant avérée [je précise qu’il s’agit bien sûr d’une réalité « en moyenne », ce qui n’empêche pas -et heureusement- l’existence de professionnels bienveillants].
  • La seule façon pour une personne obèse ou en surpoids d’améliorer sa santé est de perdre du poids : Cette hypothèse n’a jamais vraiment pu être testée rigoureusement, pourquoi ? « One reason the hypothesis is untested isbecause no methods have proven to reduce weight longterm for a significant number of people » « Une des raisons pour laquelle cette hypothèse n’a pas été testé est qu’aucune méthode n’a fait la preuve de son efficacité à obtenir une perte de poids à long terme pour un nombre significatif de personnes. » Pour les auteurs, ce qui est important pour la santé ce sont les habitudes de vie indépendamment de l’évolution du poids : ainsi des bénéfices peuvent être obtenus en changeant ses habitudes même si cela s’accompagne d’un gain de poids.
  • Les coûts liés à l’obésité pèsent (ha ha) sur l’économie et cela peut être corrigé en cherchant à traiter et à prévenir l’obésité : Comme on l’a vu précédemment le lien entre obésité et maladie n’est pas si évident. En outre l’approche mise en oeuvre à large échelle contre l’obésité (régime et abdos-fessiers) est non seulement peu efficace mais comporte des risques, notamment de troubles du comportement alimentaire ou d’effet yoyo. En outre l’utilisation de l’IMC comme filtre pour déclencher la recherche ou pas de certaines maladies induit un surtraitement de la population en surpoids et obèse, et un sous-traitement de ceux qui ont un IMC normal. L’article met en avant une étude qui montre que plutôt que l’IMC, c’est l’image qu’une personne a de son corps qui serait un indicateur pertinent de sa santé.

 

Donc si je tente un grossier résumé : Partant du postulat erroné que tous les obèses sont malades, on leur fait subir un traitement inutile, inefficace et dangereux. En outre cela pose des problèmes éthiques et moraux, induisant des discriminations importantes envers ces personnes.

 

Que propose HAES ?

 

  • Encourager l’acceptation de son corps tel qu’il est plutôt que la perte ou la stabilisation du poids
  • Encourager une alimentation intuitive fondée sur les sensations corporelles (faim, satiété, envie, dégoût…) plutôt que sur la restriction cognitive (avec une grille préétablie d’aliments et de quantités autorisés ou interdits)
  • Encourager l‘activité spontanée et « incarnée » (je n’arrive pas à trouver une bonne traduction de « active embodiment ») plutôt qu’un planning d’exercice physique contrôlé

En bref, retrouver et favoriser une relation de plaisir, de confiance et d’autonomie avec son corps, y compris pour manger et bouger (.fr). Prendre le temps d’observer les effets qu’ont sur nous les aliments, à court et moyen terme, pour identifier lesquels nous conviennent le mieux (que ce soit pour l’humeur, concentration, énergie, satiété…). Chercher un mode d’activité physique agréable et facile à inclure dans sa routine : l’exercice « bon pour la santé » est souvent vu comme quelque chose de très codifié, selon un mode opératoire précis auquel il ne faut pas déroger. Or il peut aussi se trouver dans des activités simples du quotidien : ménage, jardinage, jouer avec les enfants, marcher, monter les escaliers, etc.

 

Quelles limites ?

C’est bien beau tout cela, mais qui nous dit que ce n’est pas une énième méthode de coaching à la noix ? A quel point ces allégations qui vont à l’encontre de toutes les recommandations officielles sont-elles solides ? Pas évident de vous répondre, n’étant ni médecin ni nutritionniste ni épidémiologiste ni rien de tout ça. En essayant de voir un peu comment cette approche était plus largement perçue j’ai trouvé… pas grand chose à part :

  • un article du ministère de l’agriculture étatsunien, plutôt positif
  • une critique sociologique du mouvement HAES : mais elle me semble en accepter les grands principes et se focaliser plutôt sur les détails de la mise en oeuvre ; sur ce point précis je n’ai pas d’opinion, n’en sachant pas beaucoup plus, mais je pense que cela ne remet pas en question les piliers de l’approche (de la même façon, on peut adhérer à la démarche de Zermati et du GROS et critiquer le site linecoaching).
  • le point de vue du Dr Sharma, spécialiste de l’obésité : il trouve l’approche intéressante et pense la mettre en pratique sans pour autant écarter d’autres alternatives. Pour lui, il faut trouver un juste milieu entre recommander systématiquement une perte de poids à tout patient ayant un IMC >30 et accepter toute surcharge pondérale sans prendre en compte son impact sur la qualité de vie et la santé du patient.

 

Ma réflexion

Personnellement, je pense qu’il est utile d’ouvrir le débat, et de pouvoir discuter de politiques publiques qui ont des effets sur de larges populations (d’autant plus que cette guerre au gras a également des effets importants sur les personnes avec un IMC normal, par l’idée que répandue que toute graisse = paresse et manque de volonté) tout en mobilisant d’importantes ressources (sans compter le marché de l’amincissement, qui est juste colossal). Evidemment, il ne faut pas en déduire que l’obésité (ou le surpoids) ne peut pas être un problème ou affecter la santé et la qualité de vie de certains, mais bien aborder chaque personne individuellement sans y plaquer un schéma déterminé par son poids. Je pense aussi que d’insister sur le fait que le poids est strictement déterminé par le comportement de l’individu (sous-entendu vertueux ou mauvais) peut conduire au sous-diagnostic de certaines pathologies qui influencent le poids (par exemple des problèmes de thyroïde peuvent entraîner prise comme perte de poids) : en caricaturant, on se réjouira d’une perte de poids subite sans juger utile de consulter, et à l’inverse on n’osera pas venir se plaindre d’une prise de poids de peur de se faire gronder et mettre au régime.

Je pense aussi que la nourriture que nous fournit l‘industrie agro-alimentaire dérègle nos circuits physiologiques de faim et de satiété. Déjà l’humain n’a jamais été confrontée à si large échelle à une telle abondance de gras, de sucre, de sel, et tout simplement de nourriture. Nos corps n’y sont simplement pas bien adaptés. En outre, on ne peut pas négliger l’omniprésence de nouvelles molécules qui viennent tromper nos sensations (exhausteurs de goût…), modifier notre métabolisme (acides gras trans…) ou notre régulation hormonale (BPA…). Il est évidemment délicat voire impossible de savoir à quel point ces substances affectent notre santé, mais pour autant on ne peut pas ignorer la transformation profonde de notre alimentation sur les cinquante dernières années, avec l’intensification de l’agriculture et le succès des préparations industrielles. Certes, personne ne nous oblige à les acheter mais qui arrive à ne jamais y recourir ? Même en étant féru de cuisine et critique du caddie, on aura bien du mal à s’en passer totalement et surtout à ne jamais fréquenter cantines, restaurants, fast-foods etc. Et l’idée n’est bien sûr pas de se retirer dans le Larzac vivre en autarcie (surtout si on y va tous, autant laisser Paris à Paris plutôt que dans le Larzac…) ou de devenir orthorexique, mais au moins d’être vigilant.

De façon plus générale, j’aimerais bien que la surveillance de l’industrie agro-alimentaire et les normes qu’elle doit respecter soient plus sévères. La France, attachée à sa gastronomie, est pourtant loin d’être la plus laxiste en ce domaine, mais elle reste très vulnérable face aux lobbys de l’agriculture et de l’industrie alimentaire (il n’y avait qu’à voir la panique à l’idée que Doux, le producteur de volaille de batterie aux antibiotiques fasse faillite : ne pouvait-on pas imaginer en profiter pour reconvertir cette activité vers une production plus douce pour l’environnement et la santé ?). On se focalise sur les coûts immédiats sans prendre en compte les coûts (immenses) sur le long terme à vouloir produire le plus possible pour le meilleur prix.

Il y a d’ailleurs très clairement un problème social à traiter, dans le sens où ce sont les catégories les plus défavorisées qui sont les plus touchées, et chez qui le surpoids et l’obésité sont les plus délétères. Comment donner accès à une nourriture de meilleure qualité, quand les produits frais sont chers et demandent un équipement trop coûteux pour certains pour être stockés et préparés convenablement ? Il ne suffit pas de faire la morale pour que ça fonctionne (et comme le mentionne l’article, si la honte faisait maigrir il n’y aurait plus d’obèses depuis longtemps).

Enfin la discrimination et la stigmatisation des gros sont inacceptables. Je dis bien gros car ça ne devrait pas être l’insulte que c’est devenue. C’est une description, comme on dit de quelqu’un qu’il est grand, petit, blond, brun, etc, et ça ne veut pas dire moche, nul, feignant, velléitaire ou que sais-je. A quel point est-on arrivé pour qu’un candidat à la présidentielle se sente obligé de perdre du poids pour être élu ? Personnellement je préférerais que le président consacre toute son énergie aux problèmes du pays plutôt que d’en avoir une partie déviée vers sa balance (comme dit Fat nutritionist c’est comme essayer de maintenir un ballon sous l’eau pour le reste de sa vie). Qu’on arrête de nous matraquer une norme corporelle de minceur, qu’on nous montre une plus grande diversité de physiques, sans en ériger systématiquement certains comme supérieurs aux autres (surtout si c’est toujours les mêmes). A quand une initiative Beauty At Every Size ?

 

D’autres billets du blog sur le même thème : I love ma cellulite et Casse-toi Dukon 

Image : « Wrong century », une oeuvre de l’artiste tchèque Tomas Kucerovsky ; illustration parfaite de la subjectivité des canons de beauté et de leur forte sensibilité aux normes sociales (des reproductions peuvent être commandées ici).

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52 Commentaires »

  1. Formidable travail de recoupement comme d’habitude ! Merci la Poule !

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Stéphanie, merci !

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  2. Article brillant et indispensable, encore une fois. Bravo !

    Je partage tout à fait ton point de vue (élargir le débat sur le surpoids et l’obésité), mais impossible de discuter de ça avec mes copines qui sont perpétuellement au régime, sans pour autant être grosses, d’ailleurs (mais à chacune d’apprécier son propre poids et de décider à combien de kilos elle se sent bien, ce n’est pas à moi de le juger), à cause de mon 38-40. Réponse systématique : « ah oui mais toi tu es mince » et fin de la discussion. Maintenant je les dirigerai vers cet article, pour ce qui est du poids et de la santé, et vers I love my cellulite pour ce qui concerne le poids et la société. ;-) Merci en tout cas !

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Aurélie, merci pour toute la pub ! (moi ce sont mes collègues hommes au bureau qui sont tous en train de faire des joggings et des régimes :roll: )

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    AurélieNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, Oui, les hommes ne sont pas (plus ?) épargnés par la recherche de la minceur à tout prix. Je trouve qu’ils ont eux aussi de plus en plus de pression sur leur apparence.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Aurélie, ce qui est le plus frappant c’est qu’il y en a qui mangent comme 12 (et pas particulièrement diététique…) sans avoir un pet de graisse visible et d’autres non (pour autant personne ne serait-ce qu’en surpoids sur le critère IMC). Mais la 1ère catégorie me semble rarissime chez les femmes, surtout après un certain âge (en l’occurrence ces collègues ont la quarantaine).

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    AurélieNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, Je vais peut-être dire une bêtise, mais le fait d’avoir été au régime pendant 20 ans (quand on est une femme de 40, pour schématiser) ne favorise-t-il pas la prise de poids chez les femmes (l’effet yoyo), alors que les hommes, eux, à 40, découvrent tout juste le merveilleux monde de la diététique et ne sont pas soumis à ce phénomène de yoyo ?

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Aurélie, il me semble que c’est surtout une inégalité hormonale, avec les hommes qui font globalement moins de gras que les femmes, non ? enfin sans doute un peu des deux…

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    AurélieNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, Eux, à 40 ans (ou un peu plus, allez…) ils ont la sangle abdominale qui a tendance à lâcher, c’est peut-être ce qui leur fait peur ? ;-)

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  3. Merci pour cet article! Quel boulot!
    Effectivement la prise en charge du surpoids et de l’obésité est bien complexe…
    On a l’impression qu’il s’agit juste de volonté.
    Alors que ça regroupe tellement de facteurs (génétiques, psychologiques….
    Je suis bien d’accord qu’il ne faut pas stigmatiser, ni vouloir faire maigrir à tout prix et surtout avec n’importe quel régime soi disant miracle.
    D’un point de vue personnel, je ne considère pas mon alimentation d’un point de vue calorique mais plutôt d’une balance entre un plaisir gustatif et l’apport nutritionnel de qualité.
    Je me penche de plus en plus vers une alimentation végétarienne, sans exclure complètement la viande car j’adore manger de la bonne viande mais je préfère en manger peu mais de qualité, venant d’animaux élevé de façon bio (sans cruauté ni hormone).
    Je ne suis pas 100% satisfaite de mon corps (merci au diktat de la minceur) mais je m’accepte et surtout je refuse de le soumettre à la dictature du régime. Je préfère m’activer comme j’aime, je fais du vélo, du yoga, de la danse orientale, c’est plus sympa de mon point de vue que de courir et de mâcher de la salade verte sans sauce. Mais c’est facile de dire ça quand on a jamais eu de vrai problème de poids (je fais un 40 avec de bonnes cuisses, pas de quoi s’alarmer).

    Cependant le poids peut être un facteur déterminant d’une carrière professionnelle, sans que ce soit de la discrimination, juste une question de faisabilité. Ainsi, dans l’Armée, certains postes ne peuvent être pourvus par des personnes en surpoids, ex parachutiste la voile supporte max 85kg (d’ailleurs un grand gaillard pas forcément gros sera recalé aussi)et cela joue sur l’engagement. Et malheureusement c’est mon boulot de donner l’aptitude ou non, ce n’est pas facile de faire accepter ces règles parfois.
    Juste une dernière réflexion, qu’en est il des problèmes articulaires de l’obésité? Y fait on mention dans l’article?
    Bye

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Elodie, merci pour ton témoignage, j’ai l’impression qu’on a des styles de vie assez proches (sauf que je suis pas aussi active, ahem). Les pb articulaires ne sont pas mentionnés, je ne sais pas si les modifications du style de vie peuvent suffire à les régler indépendamment du poids.

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  4. Sacré boulot de lecture ! (et merci pour la traduction de certains passages) !

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Béatrice, merci

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  5. Merci et bravo pour cet article … je découvre ce blog et je m’abonne tout de suite !

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Ninette, bienvenue !

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  6. Merci pour cet article!
    Je me pose quelques questions de poids au sujet d’un de mes enfants, qui malgré une alimentation équilibrée, pas de bonbons ni de soda, et une quantité modérée de sport, est « trop grosse ». Et qui le reste. On a consulté pour elle il y a quelques années, on ne nous a parlé que de revoir la taille des portions (il est impossible de trouver des infos sur les portions « normales » pour un enfant de 3, 4 ou 6 ans, et c’est pas faute d’avoir cherché).
    En tant que parents, nous nous sentons le devoir d’éviter d’en faire un obèse, mais… Les années passent, il est toujours sur la même courbe, en-dehors de la bande verte dans le carnet de santé… Et déjà à l’école il y a des réflexions méchantes.
    Après, il y a aussi un parent obèse, l’autre juste au bord du surpoids… Cela peut jouer. Le deuxième qui n’a pas ce souci, ni les cousins du même âge… C’est difficile. En attendant, habiller un gamin « hors standard », c’est pas facile non plus!

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Gaelle, je n’ai pas préféré aborder la question des enfants dans l’article, qui mériterait un débat à part. Je comprends bien la difficulté, et comment trouver le meilleur compromis entre accepter son enfant sans condition tel qu’il est et l’aider à évoluer dans le monde et à y avoir les meilleurs atouts. Je pense que le plus important est que ta fille ait comme tu le décris un style de vie équilibré (sans bien sûr verser dans les excès de jamais de bonbon gâteaux frites etc). Il y a peut-être aussi un facteur héréditaire effectivement…

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  7. nous avons le même problème que toi : l’une des 2 puces à un IMC de 18,4 à 6 ans, ce qui la situe au-dessus de la courbe de croissance « normale ». Et cela alors que nous mangeons équilibré, qu’il n’y a pas de personne en surpoids dans la famille et que sa soeur… n’est pas du tout sur le même modèle. Cela pose la question de l’hérédité et des gènes : ma fille est comme cela depuis la naissance, elle a hérité du squelette « massif » de ces 2 grand-mères (qui, bébés, faisaient la fierté de leurs parents, je rappel qu’à l’époque le bébé Cadum était plus que potelé !) et rien ne pourra la transformer en fillette maigrichonne parce que ce n’est tout simplement pas dans ses gènes. La seule fois qu’un médecin (qui la voyait pour la 1ère fois) nous a parlé de « régime »… nous en avons changé. Je ne veux pas commencer à traumatiser ma fille avec la nourriture et en faire une anorexique à 15 ans d’une part, et d’autre part j’aimerais faire en sorte qu’elle s’accepte comme elle est. Des articles comme celui de la Poule sont donc les bienvenus, car ils nous rappellent qu’en matière de poids comme de couleur de cheveux, on ne choisit pas et que la normalité c’est la diversité.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Meduse69, je suis très touchée par ton témoignage, ayant moi-même grandi dans une ambiance régime, avec mes frères (plutôt maigres) qui bouffaient plein de gâteaux, frites etc et moi grassouillette abonnée aux haricots verts etc… Comme disait je ne sais plus qui, les régimes ça ne marche pas y a que les gros qui en font :lol:

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    Meduse69No Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, aaaarrrghhh ! La discrimination entre frères et soeurs !! Ma fille apprendra bien assez tôt l’injustice de la nature… et celle de la société, qui nous donne des images tellement formatées des femmes.

    Répondre

  8. Il faut vraiment que je prenne le temps de lire ton article en entier au lieu de le survoler. La question du poids me taraude, depuis que j’ai calculé mon IMC et découvert que je serais en surpoids (je mets bien un conditionnel !).
    Or, j’ai beau me regarder dans la glace sous cet angle, je vois bien que j’ai du ventre (j’en ai toujours eu, alors après 3 enfants, ça ne s’est pas arrangé), mais je me trouve encore « normale », même si je ne rentre plus dans ma robe de mariée ;)

    Au moins, j’évite les régimes, et j’essaye de m’écouter au maximum pour manger quand j’ai faim, et pas plus que je n’en ai vraiment besoin. J’ai commencé à lire Zermati mais je n’ai pas fini.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Paola, ne laisse surtout pas un chiffre décider de comment tu te sens, de ta beauté ou de ta désirabilité ! Lecture de Zermati : excellent réflexe :mrgreen:

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    PaolaNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, j’aime beaucoup cet article, maintenant que je l’ai terminé.
    J’ai le meilleur des exemples sous mes yeux : une amie en surpoids, qui a fait quelques régimes, pour toujours reprendre du poids. Aujourd’hui, voulant rejouer au volley comme dans sa jeunesse, elle se met à faire un footing tous les jours. Elle se sent mieux, et a remarqué que cela lui faisait perdre du poids. Mais c’est la cerise sur le gâteau, pas l’objectif principal !
    Pour ma part, j’ai davantage l’impression d’avoir besoin de fortifier mes abdos que de maigrir. Malheureusement, il ne suffit pas de lire Bernadette de Gasquet, il faut aussi prendre le temps de faire les exercices ;)

    Accessoirement, je pense que si je n’ai pas repris le kilo perdu pendant ma gastro, même en prenant un casse-croûte à 11h tous les jours depuis peu, c’est que je parviens mieux à écouter ma faim et ma satiété.

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  9. Super article mais pourquoi parle t’on toujours de stigmatisation des gros alors que certaine personne souffre du fait d’être trop mince ?

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    StephanieNo Gravatar a répondu :

    @Garde enfant, parce que les gens qui souffrent d’être mince trouvent facilement des vêtements à porter, parce qu’ils ne sont pas discriminés au travail, parce qu’ils subissent peu ou moins de quolibets (en tout cas sortis de l’école). Des tas de gens souffrent d’énormément de « complexes », trop mince, trop petit, trop grand, trop roux, trop blond,… Mais la société juge terriblement les gros. Jugé comme mou, inactif, manquant de volonté. Voilà pourquoi on en parle plus, parce qu’il faut lutter contre cette discrimination qui touche tous les gros. Une personne en surpoids qui se sent bien dans sa peau sera quand même considérée au travers d’un prisme négatif par ses concitoyens. Alors qu’être très mince n’implique pas forcément d’en souffrir ni d’être jugé pour ça.

    Répondre

    oopsNo Gravatar a répondu :

    @Garde enfant, j’aurais eu la même réaction que toi il y a peu. J’avais d’ailleurs discuté dans les commentaires d’un autre article de la Poule de la difficulté d’être « trop » mince, de prendre très peu de poids (5kg pour BB1) et d’en perdre trop vite (surtout avec l’allaitement)… et de perdre son énergie dans la foulée.
    Du coup, pour BB2, N*tella est devenu mon meilleur ami pendant et après la grossesse. Je suis sortie de la maternité avec un ventre honorable que je continue d’entretenir pour garder la pèche pour mes 2 filles (20 mois d’écart, la cadette a 4 mois, l’aînée vient d’avoir 2 ans… et son premier plâtre…).

    Il me restait 4kg en trop à la visite 1 mois après chez le gynéco, je ne rentre toujours pas confortablement dans mes pantalons « d’avant » (je sais que ce sera le cas à Noël)… mais pas de quoi en faire un drame, de mon point de vue, en tout cas. Mon propre regard sur mon corps n’a pas changé : ce n’est ni mon ami, ni mon ennemi, je n’en suis ni fière, ni honteuse. C’est mon enveloppe, mon incarnation, que je dois entretenir un minimum et qui me permet de percevoir, échanger… de vivre, tout simplement. Et de mettre au monde et allaiter deux petites merveilles !

    Et bien mes quelques bourrelets de graisse momentanés m’ont fait découvrir un monde qui ne m’a pas plu du tout. Je n’ai jamais été très sensible au regard des autres, fort heureusement, car j’aurai sombré dans la dépression. J’ai des réflexions TOUTES les semaines sur le sujet (corps, ventre, régime…), en face ou détournées. Je me rappellerai toujours ce monsieur que je ne connaissais pas, qui m’a interpellée depuis la terrasse d’un café, sur le mode « Il n’est pas bien vieux, votre bébé (5 jours, dans l’écharpe), et vous en attendez déjà un autre ? » « Ben non, c’est mon ventre de post-partum ! ». C’est lui qui a eu honte, moi je riais, un peu jaune quand même. Car ça en dit long sur l’image de la femme. Je ne me suis d’ailleurs pas gênée pour lui expliquer devant tout le monde deux-trois bricoles sur la physiologie.

    Que ce soit des remarques de ma famille (ma sœur et ma mère compatissante, glups), des copines (affolées pour moi !), ou des clients et des passants (non mais de quoi je me mêle ?!), c’est un sujet de conversation visiblement normal. J’hallucine !

    J’en viens à me dire que je vis dans un monde parallèle, puisque que je ne m’intéresse absolument pas à ce type de détail chez les autres. Il faut dire que sans avoir de TV à la maison, ni aucun magazine soit-disant féminin, je passe à côté du lavage de cerveau. Mais autant vous dire que j’ai peur pour mes filles : quel est donc ce monde superficielle dans lequel elles devront vivre ?

    J’avais déjà été surprise qu’on traite mon aînée de « garçon manqué » quand elle s’arrêtait, fascinée, pour observer les pelleteuses. Qu’elle n’était pas gênée au parc par les robes que je ne lui mets jamais (je boycotte tous ce qui risque d’entraver ses mouvements) ce qui avait pour conséquence qu’elle jouait plus avec les petits gars et que certaines mères (celles qui restent assises sur les bancs en hurlant « non, descend de là » !) me plaignent sincèrement de ne pas avoir une jolie petite poupée.

    Alors, je me dis qu’il va falloir que je leur donne de sacrées armes pour l’avenir, pour qu’elles soient bien dans leur baskets/ballerines/escarpins… pour être elles-même, sans sentir le poids de la société. Mais tout en sachant jouer avec les règles si besoin est, pour ne pas louper certaines opportunités. Pas simple !

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    AurélieNo Gravatar a répondu :

    @oops, Ca sort un peu du sujet, mais ton commentaire me fait penser que j’avais remarqué que, quand tu viens d’avoir un enfant, ton poids devient un sujet pas du tout tabou pour les autres. Jamais hors grossesse (ou période de post partum) les gens ne se permettraient de faire autant de remarques.
    Après ma grossesse, j’ai été beaucoup marquée par certaines personnes de mon entourage, à qui je n’avais jamais parlé de mon poids, qui me demandaient combien de kilos j’avais pris, puis si j’avais tout perdu, si je pensais me mettre au régime ??!! Je m’imagine bien répondre « j’ai pris 10kg, et toi, t’as pris combien ? parce que j’ai bien l’impression que tu as quelques nouveaux bourrelets » :twisted: (j’avais ma réponse toute faite : je n’ai pas de balance)
    Mais en fait, en retournant le problème, je me rends compte que ce qui est choquant, c’est que parler de poids à une personne « non enceinte » soit tabou. Les gens ressentent une impunité face à une femme enceinte, parce que « ce n’est pas sa faute si elle grossit/est grosse, elle est enceinte ». Il reste un peu de cette indulgence ensuite, dans les phrases du genre « elle est un peu ronde, mais elle a eu 3 enfants » (ouf alors, ça va, l’honneur est sauf :roll: ).
    Mais hors grossesse, si tu es gros, pour la société c’est, comme cela a été dit plus haut, parce que tu manques de volonté. Et parler de son poids à un-e ami-e sans qu’il n’ait rien demandé est tabou, car en sous-texte, effectivement, il y a cette accusation implicite de mollesse ou de laisser-aller. Je trouve cela finalement plus dérangeant que le sans-gêne des autres au moment de la grossesse.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Aurélie et oops, perso je pense que cette « nationalisation » du corps de la femme enceinte sur lequel tout le monde a son mot à dire est insupportable et qu’il ne faut pas se laisser embarquer à se justifier de pourquoi on a pris ou (pas) perdu x kilos. L’obsession sur la perte la + rapide possible des kilos de grossesse pour « redevenir femme » :evil: me donne des envies de meurtre et franchement il y a mille autres sujets plus importants à aborder avec une jeune mère (sa fatigue, ses coup de blues etc). Cela peut d’ailleurs ensuite l’amener à évoquer d’elle-même ses difficultés vis-à-vis d’un corps changé, ce qui me semble une façon plus respectueuse de procéder. Et de façon générale, même si cela se cristallise souvent sur les kilos, il me semble aussi plus intéressant d’élargir au corps dans son ensemble (les transformations post partum sont nombreuses et parfois déroutantes) qu’à cet indicateur omniprésent.

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    AurélieNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, oui oui, tout à fait, ça ne justifie en rien le droit que s’arrogent certains à faire des remarques sur le poids d’une femme enceinte.
    Et je te rejoins sur la sollicitude de l’entourage qui devrait porter plutôt sur la manière dont une femme enceinte ou une jeune maman se sent dans son ensemble.

    Personnellement, moi qui ai assez mal vécu les premiers mois de mon fils pour tout un tas de raisons (mais pas tant que ça pour mon poids), je sentais ça comme une charge supplémentaire. J’avais déjà du mal à m’organiser, à reconstruire mon couple, à faire le deuil de mon allaitement, et en plus « on » voulait me rajouter un régime par dessus le marché. :evil: Mais « on » ne savait pas que j’avais des problèmes. Par contre, « on » voyait que j’avais quelques kilos en plus qu’avant la grossesse, et « on » ne pouvait pas concevoir que je puisse ne rien avoir à faire de ces kilos… Bref… Maintenant j’entends des « tu es bien, tu as maigri » (sans rien faire en plus, à part porter beaucoup, et jouer, etc.), ça me donne juste envie de me baffrer de fromage :roll:

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Garde enfant, comme le dit Stéphanie, la stigmatisation des gros est il me semble bien plus importante que celle des maigres, même si ceux-ci subissent aussi des remarques et des sous-entendus détestables. Sans compter lorsque « anorexique », qui est une maladie, devient une insulte :roll: Mais je pense que les idées développées dans mon article s’applique à tous les poids : se préoccuper d’abord de santé et de bien-être, retrouver le plaisir dans la nourriture et l’exercice, travailler à restaurer son image de soi… plutôt que se focaliser sur le poids.

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    oopsNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, Le fond du problème ne serait-il pas tout simplement la comparaison maladive, le regard critique qu’on pose sur soit et les autres ? Je trouve ça tellement superficielle, et j’ai vraiment les dents qui grincent quand je me balade en famille ou avec des copines, et que j’entends des remarques comme « tu as vu celle-là ? C’est trop moche ce qu’elle a sur le dos » ou « Regarde à quoi il ressemble, celui-là ! », et dans la foulée « tu as vu mon petit orteil droit ? Il est tout tordu, je suis hyper complexée » !
    Comment répondre poliment que je m’en moque… et que ces discussion de shampouineuse m’horripilent ?!!!
    Ça a tout du Méga Problème de Riche, quand même… Quand je n’ai rien de mieux à échanger avec quelqu’un, je préfère parler de la pluie et du beau temps ; au moins ça ne fait de mal à personne !

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    Anonyme a répondu :

    @oops, c’est certainement une façon humaine de se valoriser ou se rassurer à tout prix. De savoir où est sa place parmi tout ce monde.

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    oopsNo Gravatar a répondu :

    @, C’est tout l’enjeu quand on a des enfants : leur donner confiance en eux et sécurité affective suffisante pour ne pas avoir besoin de se comparer aux autres pour exister en tant qu’individu. Pas facile dans le monde actuel… Et ça commence très tôt : je commence à me rendre compte du poids du regard des autres avec mon aînée qui n’a que 2 ans !
    Une petite phrase peut détruire en quelques secondes plusieurs mois de « boulot »…

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    Anonyme a répondu :

    @oops, C’est bien vrai hélas :sad:

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  10. Plein de choses me viennent à l’esprit!
    D’abord sur l’effet yoyo, il serait temps de dire que les régimes basés sur la diminution des calories sont au minimum inefficaces voire font grossir puisque le corps privé (de plus en plus) de nourriture va apprendre à fonctionner avec moins de calories et finir par stocker en prévision de la prochaine privation.
    Merci à la Poule de contribuer à ce que chacun puisse se regarder dans la glace sans honte et de contribuer à ce que chacun s’accepte comme il est. Pourquoi devrait-on tous être bâtis sur le même modèle?!
    Merci aussi pour les infos sur la pertinence ou non du lien poids/pathologies!!! Ou du moins sur sa relative importance…
    Et par rapport au contrôle venant de la société et du monde médical, 2 exemples illustrant à quel point ça commence tôt et de façon que je trouve inquiétante : Un bébé de 4 mois pour qui le médecin voudrait remplacer l’allaitement maternel par des préparations artificielles car poids au-dessus des courbes : que compte-il faire? Affamer le bébé pour le faire maigrir???? L’autre exemple : un bébé de 10 mois en haut des courbes tailles, en bas des courbes poids, pour qui le médecin voudrait ajouter du gras systématiquement dans les repas (huile, beurre) pour qu’il grossisse et ait au moins un pli aux cuisses. Que compte-il faire? Lui fourrer un entonnoir dans le gosier et le gaver comme une oie? Je précise que ces 2 enfants sont magnifiques, souriants, en pleine santé, éveillés, développement sans soucis, avec des parents sereins qui résistent à ces discours!
    Pardon, j’ai été longue!

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @G., bien d’accord, cette façon de « pathologiser » le moindre écart à la norme est franchement pénible (et à côté de ça tu as des parents d’enfants allergiques -et surtout les mères- qui voient que qqch ne va pas et à qui on répond que c’est dans leur tête :evil: )

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    la belle bleueNo Gravatar a répondu :

    @G., le problème, c’est que les courbes de poids standard des carnets de santé ont été faites à partir de statistiques mesurant le poids des bébés nourris au biberon, pas de ceux nourris au sein. Et du coup, la courbe n’est pas exactement la même dans un cas ou dans l’autre, même si tout finit par s’arranger…
    http://solidarilait-idf.over-blog.com/article-25039997.html

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  11. Je me demande si nous ne mélangeons pas plusieurs choses, qui ont aboutis au fait que l’on stigmatise les « gros » : il nous a longtemps été seriné qu’être gros (mais à partir de « quoi » est-on gros ? L’IMC est-il un indicateur pertinent ?) engendrait comme conséquence des maladies type diabète et cholestérol, qui raccourciraient la durée de vie de l’individu et coûterait cher en soins préventifs et curatifs à la société. Hors, la Poule vient de montrer dans son article que le lien entre obésité et maladie n’est pas établi (me trompe-je ?) ; d’autre part, si je suis bien l’article, les obèses survivraient plus longtemps à ce type de maladie : l’argument de la durée de vie limitée est donc caduc (mais pas celui du coût !) ; enfin, si les « gros » n’ont pas plus de maladies type diabète ou cholestérol que les non-gros, en quoi sont-ils gros alors ? Je m’explique : j’ai l’impression que l’on confond dans notre société « gros » et malade. Mais si les « gros » ne sont pas plus malades que les autres, pourquoi les appelle-t-on « gros » ? Est-ce juste une question d’IMC ? Mais l’IMC lui-même est remis en question : 2 personnes peuvent avoir la même taille et le même poids, donc le même IMC, et pourtant des « volumes » répartis très différemment, une densité osseuse différente, etc. Inversement, 2 personnes peuvent faire la même taille et avoir la même répartition des « volumes » (= porter exactement les mêmes vêtements) mais parce que l’une aura les os plus dense que l’autre elle aura un poids légèrement supérieur et donc un IMC différent. Où est donc la validité de cet indicateur ? (Je me focalise sur la densité des os, parce que je fais de la plongée et que ça compte beaucoup sous l’eau !).

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Meduse69, effectivement je ne sais pas quels ont été les critères qui ont conduit à la définition des classes d’IMC (normal, surpoids, obèse etc) ; je n’ai pas l’impression que ce soient des percentiles (= % de la population au dessus de cet IMC) par ex, et ils ne semblent pas très pertinents en termes de santé. Evidemment il y a clairement des gens qui sont + « charpentés » que d’autres, mais le poids (et donc l’IMC) peut aussi être gonflé par le muscle (qui est plus lourd que la graisse). Voir par ex http://pinterest.com/pin/277534395757502004/ (et tout le site qui est génial http://pinterest.com/zebrabelly/this-is-a-woman/).

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  12. Intéréssant comme vision des choses. Il est vrai que le fait de traiter l’ensemble des personnes en surpoids comme malades alors qu’elles ne le sont pas forcément pose un problème éthique. Néanmoins, pour bien connaîtrais les Etats Unis (parce que j’y ai vécu plusieurs moments de ma vie), je dois dire que le problème de l’obésité aux états unis dépasse le simple rapport de « mauvaise santé ». La façon dont les personnes obèses tendent parfois à se complaire dans leur situation tout en jouant de leur « handicap » pose elle aussi un sérieux problème moral selon moi. Quoi qu’il en soit, merci pour l’article, c’est vraiment intéressant

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Julien, merci pour votre intervention. Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris ce que vous voulez dire par « se complaire dans leur situation » : les obèses doivent-ils se flageller en permanence de l’être ? ne peuvent-ils pas simplement profiter de la vie comme tout le monde ? et finalement quel doit être l’équilibre entre leur effort pour s’adapter à la société et l’effort de la société pour s’adapter à eux ? (je n’ai pas la réponse…)

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  13. Merci beaucoup pour cet article qui est très judicieux. Je trouve cette approche très intéressante aussi d’un point de vue psychologique. Je me suis permise dans le cadre d’un article que j’ai écrit à ce sujet de mettre un lien vers ton blogue en mentionnant ton article qui donne une approche très intéressante et complémentaire à mon point de vue.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @celine b, merci pour ton commentaire et pour la citation !

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  14. Juste un mot « merci »! ;-)

    Je suis une obèse sévère, enfin si j’en crois mon IMC. Ce constat m’a pourri ma grossesse : « vous ne devez pas prendre plus de 5-6kg », « vous aurez du diabète gestationnel », « faut pas vous réjouir, les chances que vous gardiez votre bébé sont faibles vu votre poids » et j’en passe.
    Sauf que si j’en crois toujours mon IMC ma corpulence « normale » se situe entre 55 et 75kg. Le poids le plus faible que j’ai pesé est 64kg et à l’époque on me prenait pour une anorexique (on voyait tous mes os saillir) donc j’ose même pas imaginer ce que ça aurait donner si j’étais descendue à ces fameux 55kg :roll:

    J’ai décidé d’arrêter avec ses régimes qui font perdre du poids et reprendre tout (voire plus) dès qu’on arrête. Je m’accepte comme je suis et j’ai adapté mon habillement pour dissimuler les petites rondeurs disgracieuses notamment le ventre, merci à la grossesse!) et mettre en valeur les autres genre la poitrine opulente, merci au surpoids (comme quoi y a pas que du mal à prendre du poids, mon conjoint apprécie! :lol: )

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Anne Laure O., je te souhaite alors de continuer dans cette voie d’acceptation, de continuer à prendre soin de toi et d’envoyer paître les fâcheux.

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  15. Très très intéressant, ça remet en question beaucoup de dogmes à propos du surpoids.
    Les régimes sont nocifs et inutiles. J’ai réussi à perdre du poids en découvrant une autre façon de m’alimenter quand je suis devenue végétalienne, grâce au plaisir de manger sain et varié, l’intérêt nouveau pour ma santé… Initialement je pensais grossir mais j’ai perdu 20kg, car je me suis mise à manger équilibré, j’ai arrêté de manger sans faim, etc. Et surtout j’ai arrêté d’associer bouffe et culpabilité, ce qui m’a permis d’être beaucoup plus sereine face à la nourriture (je suis persuadée qu’associer la nourriture à la culpabilité provoque des crises de boulimie chez de nombreuses personnes).
    Je suis passée de 80 à 60kg en quelques mois. Avant ça j’avais fait beaucoup de régimes et mon poids n’avait fait qu’augmenter au cours des années.

    Cela dit, mon poids n’aurait pas été un drame pour moi si ce n’était pour des raison esthétiques, quand tu es grosse tu n’es plus une femme, tu passes des « bonnes » aux « grosses moches » et c’est très dur, même en essayant de prendre du recul, on se trouve moche, on s’aime pas… Et le pire c’est que si je n’avais pas essayé de faire des régimes, j’aurais peut-être moins grossi au final.

    Je trouve aussi que les personnes en surpoids sont victimes d’une discrimination et d’une stigmatisation totalement injustes. C’est comme si le corps (en particulier féminin) était une matière malléable, plastique. Comme si être gros c’était être trop con ou trop feignant pour maigrir.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @l’elfe, merci pour tes réflexions. Juste pour les questions esthétiques : je dois peser 10 à 15 kg de plus qu’ado (où je me trouvais énorme, grasse et difforme) et maintenant que j’assume ça, que j’ai aussi trouvé comment me mettre en valeur, je me sens finalement bien mieux dans mes pompes et j’ai l’impression d’être aussi mieux acceptée et « appréciée » (aussi les adultes sont quand même moins cons que les ados, globalement :mrgreen: ).

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  16. Pendant toute mon enfance j’ai pensé être grosse, à l’adolescence je me cachais derrière d’immense pull et t-shirt, ce complexe a un peu disparu avec le lycée puis la fac mais parce qu’on m’avait présenté la prise de poids comme normal au cours du temps et ne pouvant qu’être limité, je continuais à prendre du poids, tout doucement un peu tous les ans. Puis un régime vers 22 ans (méthode Ducon) m’a fait perdre du poids pour quelques temps, pour ensuite être repris et amplifié, une période de chômage venant se greffer là-dessus. Pour le chômage comme pour la prise de poids je ne savais juste pas comment faire, comment me sortir de mon appart où peu à peu je m’enterrais, me rendant compte que le monde tournait très bien sans moi. Un grand sursaut, changement de vie, reprise d’une activité professionnelle, rencontre de personnes me donnant confiance en moi professionnellement, modification complète de ma façon de m’alimenter (en qualité et en quantité), reprise d’une activité physique et j’ai perdu les 20kg que j’avais en trop.
    Aujourd’hui d’un point de vue poids je suis nickel (avant le début de ma grossesse 60kg pour 1m65) mais l’arrêt de l’activité physique fait qu’en fait il y a des personnes plus fortes qui ont un physique plus sain.
    Si j’ai pris tout ce poids c’est entre autre par rapport à cette image donnée par ma famille que prendre du poids est inéluctable et impossible à perdre, tout en se félicitant de mon excellent appétit (et donc des quantités bien trop importantes). Et aujourd’hui quand je vois des photos de moi enfant ou ado je me rends compte qu’alors que je me pensais grosse j’étais juste normale.
    Aujourd’hui je plais mais pourtant j’étais la même avec mes 20 kg en plus. Et si j’ai perdu ce poids c’est aussi grâce à des rencontres, des paroles qui ont raisonné en moi et m’ont permise de changer mon comportement alimentaire.
    Je ne pense pas qu’il soit normale et sain et souhaitable d’avoir du poids en trop, mais ce n’est pas en jetant la pierre à ceux qui sont dans ce cas, en les jugeant, en les regardant plein de préjugés que çà changera quelque chose et pour eux et pour nous (en quoi les personnes fortes dérangent elles les autres ?)

    Un article que j’ai découvert bien plus tard que tout çà mais que j’ai vraiment aimé sur ce sujet :
    http://lavraienutrition.wordpress.com/2012/01/20/les-trois-principes-de-votre-physique/

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Madame Caprice, merci pour ton témoignage et pour m’avoir fait découvrir ce site, où je trouve en prime d’autres articles très intéressants !

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  17. […] Casse-toi Dukon (et j’en profite pour faire de la pub à son petit frère Le poids : et alors ?) […]

  18. Très intéressant, merci pour l’article, je vous suit dès maintenant .. Bonne continuation

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