Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


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La Poule pondeuse présidente

Par  • Le 3 décembre 2008 à 10:09 • Catégorie : J'avoue, Réfléchir

Comme promis hier, au lieu de râler et de critiquer (mes occupations favorites), je fais dans le constructif et liste ici quelques propositions (votez pour moi !). Alors plutôt que de vouloir dépister des comportements agressifs chez des gosses de trois ans, ou encore d’emprisonner des gamins de douze, il me semble qu’on y gagnerait plus en aidant les parents à assumer pleinement leur rôle en amont. J’ai quelques idées :

  • Pour commencer, le congé maternité pour un premier enfant est ridiculement court. Le mettre en crèche à dix semaines ? Quel est l’intérêt ? A part lui permettre de collectionner bronchiolites et gastros, qui à cet âge tendre se finissent plus facilement par une (coûteuse et stressante) hospitalisation ? Et pousser une mère désireuse d’allaiter à sevrer précocément, pile quand l’allaitement commence à bien rouler ? Je ne dis pas qu’il est indigne de faire garder son enfant à cet âge-là, mais plutôt que ce n’est pas quelque chose qui devrait être encouragé par l’Etat. Et qu’on ne me parle pas de la possibilité de reporter une partie du congé prénatal en post-natal : il y a certainement des femmes qui le font, et tant mieux pour elles, mais si je fais un rapide sondage parmi mes connaissances j’ai déjà du mal à en trouver qui n’ont pas demandé à être arrêtées avant la date officielle. Soyons honnêtes : si -comme l’Etat français- on préconise un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, il faut en donner les moyens aux femmes et les dispositions actuelles ne l’encouragent pas vraiment (oui, on peut travailler à plein temps et allaiter exclusivement mais ça n’est pas facile). Je pense qu’il faudrait quelque chose de plus incitatif que l’allocation du congé parental pour encourager les femmes qui le désirent à allaiter jusque là : pourquoi pas une extension du congé maternité post-natal (pour toutes, on voit mal l’Etat faire la police entre qui allaite ou pas, en mixte, ou que sais-je) ? L’Europe penche déjà dans ce sens avec un congé total minimum de 18 semaines au lieu des 16 actuelles.
  • Comme en Scandinavie et au Québec, un congé parental (vraiment rémunéré) la première année à partager entre le père et la mère semble une excellente idée. J’aime bien l’idée des deux travaillant à temps partiel et gardent l’enfant à tour de rôle. Il est important de conserver une certaine flexibilité pour s’adapter aux besoins des uns et des autres. Ceci dit ça ne marchera que si les pères jouent le jeu. Dans le même esprit, favoriser le télé-travail, les horaires flexibles, et tout ce qui permet à chacun d’optimiser son temps. Travailler en gardant ses enfants peut être une piste pour certains postes (personnellement je n’y arrive pas vraiment, à part quelques répétitions musicales faites avec le poussin dans le dos). Et grâce au blog d’Olympe, j’ai découvert cette brochure pour promouvoir la parentalité auprès des salariés masculins, à mettre dans les mains de toutes les DRH. Elle appelle notamment à la fin du « présentéisme » : actuellement pour être jugé efficace un salarié doit généralement faire des horaire à rallonge, ce qui est difficilement compatible avec la parentalité. Il y a également un sondage sur la question sur le site de l‘ORSE (Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises).
  • Il faut un vrai choix dans les modes de garde. On peut ergoter sans fin entre crèche et nounou, c’est aussi souvent quelque chose qu’on sent plus qu’on ne le raisonne. Mais laisser son enfant à une personne ou une structure en qui on n’a pas vraiment confiance, c’est délétère. Si on trouve déjà qeulque chose… Je pense qu’il est crucial de développer tous les modes de garde là où il y a pénurie, et de renforcer la formation et la qualification des personnes qui y travaillent. Par ailleurs, les crèches d’entreprise, les crèches parentales, les haltes-garderies, les crèches familiales et j’en passe sont des idées à creuser et à développer, pour que chaque pot trouve son couvercle.

Notez que je ne suis pas la première à m’intéresser à ces questions : je vous recommande un tour chez Maman travaille (et ses propositions) et chez Mamamiiia pour la version québecoise.

Pour ceux à qui ces mesures semblent exorbitantes, je rappelle que la femme française a en moyenne deux enfants dans toute sa vie (je vous fais grâce des virgules). Sur 40 ans (et sûrement plus) de vie professionnelle, si on prend en compte la partie qui serait strictement assumée par la femme (mettons 2 mois en prénatal et 6 mois en postnatal en comptant large), ça nous fait… 16 mois ! Même pas un an et demi. Si le reste est assumé équitablement entre papa et maman, on voit bien qu’il n’y a pas vraiment de raison de pénaliser les femmes par des salaires en moyenne inférieurs, si ce n’est d’avoir été dotées par la nature d’un utérus et d’une paire de seins. Et je ne trouve pas de source pour l’étayer, mais il me semble bien que les banques françaises (pourtant pas vraiment connues pour leur philanthropie) offrent 45 à 90 jours de congé supplémentaires aux jeunes mères. Je ne crois pas que ce soit la raison de leurs déboires actuels…

Quant aux parents qui souhaitent prendre une pause plus longue pour se consacrer à leur(s) enfant(s), je ne les oublie pas :

  • Quel revenu ? ça me semble une question complexe (pour combien de temps, combien d’enfants, selon les revenus du conjoint, etc), mais je suis sûre qu’il y a matière à amélioration de l’existant. La question de la pérennité des couples dans ce cadre n’est pas à glisser sous le tapis, ceci dit rappelons que le contrat de mariage par défaut en France (la communauté réduite aux acquêts) a justement pour but de protéger le conjoint qui a sacrifié sa carrière pour les enfants en lui attribuant tout simplement la moitié des revenus et propriétés de l’autre.
  • Quelle formation ? Après plusieurs années hors du marché du travail, il est clair qu’un accompagnement pour s’y réinsérer pourrait être crucial. Pourquoi pas également un bilan de compétences ?
  • Quel droit à la retraite ? On n’y pense pas toujours et ça n’est pas très glamour, mais ça n’est quand même pas négligeable. Si on reste 3, 5, 10 ans sans cotiser, ça peut porter sérieusement à conséquences. Je ne connais pas bien la législation en la matière et ne veux pas dire de bêtise, mais ça me semble un problème à étudier.
  • Comment rompre l’isolement des jeunes parents ? Pas évident, mais voici quelques pistes. On pourrait déjà améliorer l’accueil des parents avec leurs enfants, dans des lieux prévus pour (type maisons vertes), mais aussi en général dans la société et dans les lieux publics. Par exemple, prévoir un petit coin avec quelques jouets dans les commerces, cafés, administrations, etc, ne coûte pas grand chose et peut rendre bien service (il y a ça dans la pharmacie en bas de chez moi et le poussin n’en décolle pas). La socialisation des tout petits, ce n’est pas d’en jeter 30 du même âge ensemble et de vérifier régulièrement qu’il n’y a pas de mort (ça serait plutôt Sa Majesté des mouches), mais c’est surtout de leur permettre d’interagir avec des plus grands, des plus petits, avec des adultes, des jeunes, des vieux. Bref, avec la société. N’oublions pas que le modèle « traditionnel » implique une vie sociale riche, la famille nucléaire étant largement incluse dans ce que Françoise Dolto appelle la famille « tribale », où il y a toujours une grand-mère, cousine, tante ou voisine à proximité pour prendre le relai auprès des jeunes parents (oui à l’époque il s’agissait surtout de femmes). La difficulté à mettre en place ce type de soutien dans notre société, conjuguée à une pression croissante sur les parents pour que leurs enfants soient parfaits, peut avoir des conséquences douloureuses pour les mères (et pères ?) au foyer. Heureusement internet et ses nombreux forums offrent une forme de tribu, mais ce n’est pas l’ordinateur qui va promener pendant une heure votre nouveau-né hurlant dans l’appartement.
Évidemment ces idées ne seraient pas applicables partout et ne conviendraient pas à tout le monde, mais je pense que ça contribuerait globalement à une société plus juste (Bisounours, lâche-moi !). Je n’ai pas non plus parlé des parents séparés, des familles mono-parentales, homo-parentales et j’en passe, parce que je connais mal ces sujets. Et vous, qu’en pensez-vous ?
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40 Commentaires »

  1. bonjour,
    j’essaie de poursuivre l’allaitement de ma fille jusqu’au 6ème mois comme préconisé par l’OMS et effectivement en ayant repris le travail pour ses 3 mois et demi ce n’est pas touojurs super facile. J’ai de la chance, lorsque je ne suis pas en clientèle, je travaille de la maison et donc je peux tirer mon lait, si ma fille est à la crèche, ou lui donner le sein quand elle est avec moi. Lorsque je suis à la maison et qu’elle est à la crèche, j’essaie de tirer du lait aux heures de tété. Mon congélateur est plein de pots de lait au cas où je ne peux pas tirer assez de lait pour les jours suivants (car le lait réfrigéré conserve tous les agents anti-infectieux contrairement au lait congelé. La crèche accepte mon lait, c’est génial, par contre elle ne le garde pas deux jours (alors que sur le site de la leche league il est dit qu’on peut le garder plus longtemps). Pour réussir mon allaitement j’ai été épaulée par un super médecin spécialisé dans l’allaitement. bonne journée. Aude

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  2. bravo et merci! ça fait du bien de lire ça!!!

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  3. Bonjour,
    Je lis avec attention ton blog depuis quelques semaines, j’ai appris beaucoup de choses et surtout je trouve des références pour argumenter mes idées !
    J’ai la « chance » de travailler à la Société Générale, et je te confirme qu’on a un long congé maternité rémunéré : 45 jours à plein salaire + 45 jours à plein salaire, ou 45 jours à plein salaire + 90 jours à demi-salaire. J’ai donc pu, en y accolant mes congés payés, allaiter le poussin exclusivement (en étant à la maison) jusqu’à ses 6 mois, et je n’ai repris le travail que lorsqu’il avait 7,5 mois. Je mesure ma chance… Il faudrait vraiment développer ce genre de congés (et accessoirement, ça n’a peut-être rien à voir mais il n’a jamais été malade, pourtant en crèche maintenant : l’allaitement ?)
    Adeline

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  4. @Aude : merci pour ton témoignage et bravo pour ta belle organisation ! je suis sûre que ça encouragera d’autres mères qui hésitent à se lancer.

    @vivie : merci !

    @Adeline : quelle chance ! je travaille pour l’Etat et rien de tel n’est prévu 🙁
    L’allaitement (et aussi d’avoir un peu retardé l’entrée en collectivité) peut effectivement protéger ton poussin contre certaines maladies mais ce n’est pas non plus miracle (je veux dire qu’il ne faut pas allaiter en se disant « comme ça mon bébé ne sera jamais malade », c’est pas si simple…). Tant mieux en tout cas, c’est jamais très agréable d’avoir un bébé malade !

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  5. Bonjour,

    encore une discussion intéressante… Merci. Il y a quelques temps la CAF nous a présenté un super congé parental (le COLCA) d’un an et mieux rémunéré à partir du 3e enfant. Foutaises ! Ce congé d’un an part de la date de naissance de l’enfant. Donc, les 18 semaines de congé pos-natal accordées en congé maternité à partir du 3e enfant sont incluses dans les 12 mois du COLCA. Conclusion, tant que vous touchez votre congé maternité, vous ne touchez rien de la CAF, c’est-à-dire que finalement ce n’est pas un congé d’un an, mais de 7 mois et demi. En plus, il se termine le mois précédent le premier anniversaire de l’enfant et si vous avez opté pour ce type de congé, vous ne pouvez plus bénéficier du congé parental classique. Donc reprise impérative du travail, même si vous n’avez aucun mode de garde et pas de congé à temps partiel avec allocations possible… Donc, je ne sais pas qui a choisi ce type de congé, mais en tous cas pas moi ! D’autre part concernant les pères, ce n’est pas forcèment eux qu’il faudrait toucher, mais plutôt l’image du salarié dans l’entreprise. Hier, je disais que mon mari fait des horaires pas possibles (il n’est jamais à la maison avant 20h30, 21h00 parfois 22h00), mais ce n’est pas un choix de sa part, c’est juste que dans son entreprise, c’est comme ça et que s’il fait autrement il est mal vu. En plus, il a peu de collègues qui ont des enfants… Le soir, les enfants ne le voient jamais, ce qui a fait dire à mon fils aîné : « Papa, il doit avoir un travail très, très important « (bah, non il n’est pas chirurgien, ni pompier). Je n’ai pas eu le temps de lire la brochure pour les papas, mais je vais l’imprimer et me pencher sérieusement dessus. Sinon, je suis tout à fait ok pour toutes tes propositions. En plus, ce système fonctionne dans d’autres pays, pourquoi pas le nôtre ?

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  6. Cela fait longtemps que je n’ai pas posté de commentaire parce que, justement, je n’ai pas le temps mais là, il faut que je donne mon avis.

    Tout d’abord, voici devant toi un spécimen qui a repoussé 3 semaines pré-natales en 3 semaines post-natales. Ce même spécimen, moi en l’occurence, a repris le travail à 80% après son congés mat et tire son lait pour continuer d’allaiter 100% son Petit Bonhomme. Ok, c’est pas facile tous les jours j’en conviens mais je n’ai pas l’impression d’être wonder woman. Oui, il faudrait qu’on ait plus de temps pour s’occuper de nos loulous, tu preches une convaincu. Ceci étant, je me pose quand même une toute petite question (mais ca me travaille), dans le cas des banques, ben, ce sont les banques qui paient le congé supplémentaire mais si c’est une acquis national, c’est la sécu qui va payer. Et la sécu, en ce moment, on ne peut pas dire qu’elle ait de l’argent à jeter par les fenetres… alors comment on fait pour payer les filles qui gagnent bien leur vie pendant toute une année? Tiens, si quelqu’un est capable de me donner les chiffres du poids des congés maternité sur les dépenses de la sécu, je pense que ca me permettrait d’y voir plus clair.
    Enfin, je suis d’accord avec toi pour promouvoir en contrepartie le télétravail.
    Et sinon pourquoi est ce que pendant ce temps de congé maternité, on ne serait pas chargé(e) de faire une « activité » bénévole mais correspondant à une aide sociale : accompagnement d’une personne agée, soutien scolaire, bref, des trucs « simples » qui ne demandent pas de compétence très poitue et qu’on peut faire avec un bébé de 5 mois, et qui serait, en quelque sorte, la redevance d’une maman envers la société qui la rémunère… hein? comme ca, tout le monde y gagne.

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  7. waouh, il est bien long mon commentaire ! hi hi hi !

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  8. @Suzie : je ne connaissais pas ce COLCA, merci en tout cas de nous en montrer les limites ! Pour les pères, je crois que nous sommes d’accord : c’est aussi leur représentation dans l’entreprise qui doit changer (d’où l’intérêt de donner la brochure à la DRH ;-))

    @Nashii : tu es la première que je « croise » à avoir reporté du prénatal en post natal ! et je suis sûre que ton témoignage ajouté à celui d’Aude en encouragera plus d’une. Pour la sécu, c’est effectivement un problème, mais de la même façon qu’on préfère arrêter plus tôt une femme enceinte que de payer des séjours en néo-nat aux prématurés, peut-être que l’allongement du post-natal réduirait les bronchiolites, hospitalisations etc ? Sans compter la prévention à plus long terme (mais plus difficile à chiffrer) en favorisant un lien harmonieux entre l’enfant et ses parents. Et puis on économiserait aussi sur les allocations pour les frais de garde. Ceci dit ton idée de bénévolat (service civil ?) est sympa aussi (le blog, ça compte ? ;-)), même si on peut peut-être considérer qu’élever les futurs citoyens est déjà un fier service non ? Il faut voir aussi en fonction des situations particulières (combien d’enfants, quel âge, etc). Enfin si les pays scandinaves et le Québec y arrivent, pourquoi pas nous ?

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  9. Bonjour,

    En tirant mon lait, j’ai tenu l’allaitement exclusif pendant 15 jours après la reprise du bureau. Mais ça me demandait trop de tirée, difficilement compatible avec le travail (deux dans la journée +une le soir, ce qui veut dire 30 min de sommeil en moins!).
    Du coup j’ai pris un rythme d’une tirée le midi, et bébé a un biberon de lait maternel et un biberon de lait en poudre chez la nounou (matin et soir c’est tétée).
    Ce système d’allaitement mixte dure maintenant depuis 5 mois.
    Pour tirer son lait il faut surtout les conditions qui vont avec: un bureau qui ferme, une pause déjeuner qui peut déborder un peu…..
    Mon conseil sinon: ne pas se culpabiliser parce que c’est mixte et pas exclusif, et si on tire son lait seulement au bureau le midi, arrêter de se trimballer le tire lait dans le métro et ne ramener à la maison que les parties à stériliser!
    O.

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  10. Et bien en vous lisant je mesure d’autant plus ma chance……

    Je crois tout de même que si le Québec est capable de financer un congé parental dès le premier enfant, qui, cumulé au congé maternité/paternité, peut atteindre un an, cela doit être possible pour la France aussi ou tout au moins l’amener aux 6 mois de l’enfant.

    C’est sûr que les deux systèmes sont très différents:
    ici, toute consultation en cabinet médical ou en hôpital est prise en charge à 100%, il n’y a aucune avance de fond à faire.
    Par contre pour les médicaments (qui à mon avis sont ce qui grugent une grosse partie du budget sécu), toute personne ayant accès à une mutuelle par sont travail (et donc qui doit cotiser en plus) a l’obligation de le faire, afin de décharger l’assurance maladie. Souvent les entreprises proposent de prendre en charge aussi les autres membres de la famille (moyennant une cotisation supplémentaire). Il en va de même pour toutes les consultations de spécialistes (ophtalmo, dentiste…).

    Du coup l’assurance maladie n’a pas à prendre en charge une grande partie des travailleurs et leur famille pour beaucoup de soins couteux. Elle est en fait plus ou moins « réservée » aux personnes qui n’ont pas d’autres choix.

    Le congé parental existe sous deux formes:
    – forme classique: congé maternité (18 semaines), suivi d’un congé parental de 32 semaines. La rémunération est de 70% pour les 18 semaines et pour les 7 premières semaines du congé parental, le reste du congé parental est à 55%
    – forme particulière: congé maternité de 18 semaines à 75%, suivi de 25 semaines de congé parental à 75%.

    Je trouve le modèle flexible, notamment parce que le congé peut être interrompu à tout moment sans pénalité. Le flexibilité est grande.

    Il s’agit d’un exemple et de ce point de vue là le Québec est une exception en Amérique du Nord (les autres provinces du Canada n’offrent pas ce système) et si ce n’est certainement pas l’unique raison qui nous a fait nous installer ici, cela fait partie de ce que je met sous le terme « meilleure qualité de vie » qui lui nous a fait quitter la France.

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  11. La poule, merci encore pour cet article de grande qualite…je vais apporter ma petite touche d’Outre Quievrain au passage…

    et voici une deuxieme poule qui a repousse son postnatal de 2 semaines pour avoir 4 semaines tranquille avant l’accouchement (tu parles, poussinette est nee avec une semaine d’avance et j’ai ete hospitalisee la semaine precedente sans doute du a tout ce stress du boulot et a la fatigue…) mais ici en Belgique c’est monnaie courante (celles qui ne le font pas sont l’exception…le monde a l’envers.) et tout le monde t’incite (y compris les gyneco qui n’arretent pas facilement) a continuer le plus longtemps possible. (1 semaine avant la date – par contre si tu accouches dans ta premiere semaine d’arret ben tu la perds..vas comprendre Charles…)

    Sur les 15 semaines de conge mat on peut en prendre max 6 avant et 9 apres. Et point de conge patho pour allonger nos petites jambes fatiguees ou mettre en place un allaitement…donc apres 15 semaines (paye a 82% le premier mois et 75% je crois pour le reste), c’est:
    – soit retour au turbin
    -soit tu as ete courageuse et on te rajoute tes postnatales non prises
    -et/ou conge parental de 3 mois remunere net 650eur env..qui peut etre pris par le papa et la maman…pas bezef quoi….mais bon c’est deja ca…

    Par contre, en triant mes papiers (il etait temps en 5 mois..) j’ai remarque que je touchais plus en etant en conge mat car le taux d’impot preleve est moins important (10% sur ton conge mat, plus de 50% sur ton salaire…et ouais…) Encore une incoherence..

    le secteur public est un peu mieux servi je crois notamment avec un conge allaitement de 4 mois en plus. (enfin si tu allaites…et je ne sais pas si c’est remunere)

    Par contre je bosse en banque et rien n’est offert en plus ici aux mamans…mais bon, la banque pour laquelle je bosse va etre rachetee par une grande francaise ou la c’est « magique » – enfin on s’entend..
    .Alors peut etre que les choses vont evoluer…
    ou alors je vais avoir drolement plus de temps pour m’occuper de ma puce ;-0

    @ la poule : ici l’allaitement est aussi prone un peu partout, les creches, hopitaux, d’ailleurs quasi toutes les maternites autour de bruxelles sont labellisees OMS Amis des bebes.. mais alors pour trouver un tire-lait en location (pas rembourse ici mais tu peux avoir gratuit un tire lait du moyen age par ta mutuelle), mais c’est du n’importe quoi!! J’ai l’impression de leur demander un truc du futur…comme quoi les incoherences continuent…je vais voir avec la Leche League..

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  12. @ O : ne pas culpabiliser, c’est un conseil pour toutes les situations !

    @Chaponne : effectivement, ça fait envie ! Mais bon, entre l’hiver glacial et l’été étouffant… 😉

    @Charlotte : ça a pas l’air simple par chez vous non plus ! C’est fou cette histoire de tire-lait, bon courage.

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  13. J’ai essayé d’envoyer un message plus tôt, mais j’ai eu un message d’erreur. Je suis du Québec et je peux vous dire que nos hommes ont vraiment pris goût aux congés parentaux. Ils en redemandent! Une fois qu’ils y ont goûté, ils ne peuvent plus s’en passer! Par ailleurs, j’aimerais souligner à Chapone qu’ici l’assurance-maladie est universelle et que l’assurance-médicament est offert à toutes les personnes qui n’ont pas d’assurances privées. En ce qui a trait au congé parental en tant que tel, les parents qui adoptent n’ont pas encore les mêmes privilèges, mais ça viendra sûrement un jour…Pour avoir le pouls de la situation au Québec et au Canada, je vous invite sur mon blogue : http://mamamiiia.blogspot.com
    Au plaisir!

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  14. ps : je ne voulais pas faire de la pub déplacée pour mon blogue, mais je ne suis pas capable d’entrer mon adresse dans le champ à cet effet dans le formulaire…toutes mes excuses…

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  15. Une idée intéressante au bas du commentaire de Nashii…
    Moi je suis foncièrement pour un congé post natal d’une année complète. Rien ne peut remplacer la maman auprès d’un enfant aussi jeune. Mais je me pose aussi la question du financement d’un tel congé.
    Comme au Canada (Ontario), peut-être une possibilité de choisir entre congé plus court payé à plein salaire, ou congé d’un an à 2/3 de salaire ?
    Pour le reste, j’approuve les proposition que tu fais. Je pense les mêmes.
    Biche, lectrice fidèle mais silencieuse…

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  16. Chez « Maman travaille », j’ai relevé ces phrases :

    « Maman Travaille, qu’est-ce que c’est ? :

    « Partager nos expériences, suivre l’actualité des mères qui travaillent, [… ], découvrir les parcours d’autres mères actives,… »
    « Non, nous ne sommes pas d’horribles feignasses obsédée par l’idée de prendre un congé parental,… »

    Ca fait toujours plaisir d’être qualifiée de feignasse inactive…

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  17. @Mamamiiia : merci pour ces précisions, c’est encourageant ! pas de problème pour la pub 😉

    @Biche : merci ! ceci dit pour moi un papa remplace très bien une maman, 1ère année comprise (sauf pour allaiter mais on peut toujours trouver des solutions).

    @la belle bleue : pas glop. Je ne vois pas trop l’intérêt d’entretenir la « mummy war » entre celles qui veulent retourner plus vite au boulot et celles qui préfèrent s’arrêter plus longtemps.

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  18. @ la Poule: merci de cette dernière précision sur la mummy war!
    Je me suis arrêtée 11 mois pour n°1 et 15 mois pour n°2 pour des raisons aussi diverses que variées (prématurité, fin de contrat et chômage, envie de profiter de mes poussins, allaitement…). Je ne regrette rien mais je dois avouer que j’ai repris le boulot à chaque fois avec un immense soulagement. J’ai BESOIN de travailler autant que de m’occuper de mes fils 😉
    Aujourd’hui je suis à 80% (le mercredi tout est permis!) mais j’estime que c’est une chance.
    Même avec le complément de la caf, beaucoup hésitent car c’est un sacrifice financier et de carrière. Un simple ex : la secrétaire de mon service, jeune maman et contractuelle ne peut faire sa demande sous risque de se voir remplacer par qqun de plus « efficace »… et tout ça dans la fonction publique !

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  19. Eh bien figure-toi que j’étais en réunion dans un de nos ministères aujourd’hui, et on m’expliquait justement que ça ne posait pas de problème qu’un certain nombre de chefs de bureau (ça a l’air tout pourri comme ça mais en fait c’est un vrai poste à responsabilités) soient à 80% ! Evidemment ce ne sont que des femmes à 80% mais c’est déjà ça. A mon ancien boulot aussi une fille avait été recrutée comme cadre direct à 80%. D’ici à ce que ça arrive sur ton île… 😉

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  20. A propos de « Maman travaille » : je lui ai envoyé un mail pour exprimer ma vexation, mais elle me certifie que c’est du second degré. Tant mieux. Car ça m’a bien fait râler aujourd’hui particulièrement ! 😉

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  21. Hélas l’écrit n’est pas toujours favorable au 2nd degré… tant mieux en tout cas si le malentendu est levé !

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  22. @ la poule: quel hiver rigoureux?????!!!

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  23. ah c’est fini avec le réchauffement climatique ? 😉

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  24. J’ai découvert ton blog avec intérêt il y a quelques semaines, j’aime vraiment les sujets que tu abordes et la manière dont tu le fais.

    Mon témoignage: je suis maman d’une fille de 6 ans (séparée du père, donc elle est en garde alternée) et d’une autre de 4 mois 1/2. J’ai moi aussi reporté mon congé pré-natal de 2 semaines et ma fille a eu la bonne idée de naître avec 3 semaines 1/2 d’avance, ce qui fait que nous avons finalement pu profiter de l’intégralité du congé ensemble (bon par contre je n’avais rien eu le temps de préparer!!) Quand j’ai repris le travail, elle avait presque 4 mois.
    Je tire mon lait tous les jours de la semaine, c’est contraignant mais c’est possible (et de plus en plus facile au fil des jours). Et j’ai aussi la chance d’avoir un homme qui fait des horaires décalés (8h-15h ou 14h-22h et parfois des jours de repos en semaine) et qui s’occuppe de sa fille quand il n’est pas au travail. Ma fille ne fait donc qu’un mi-temps chez la nounou…

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  25. sinon, si tu te présentes en 2012, je vote pour toi! 😉

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  26. Merci pour toutes ces gentillesses et pour ton témoignage ! C’est super que vous ayez trouvé un bon rythme.

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  27. Bonjour à toutes – et tous?-,
    Sans vouloir jeter un pavé dans la marre : il y a aussi des femmes – non pas des monstres!- qui sont contentes de retravailler relativement rapidement (dans mon cas, lorsque ma fille a eu quatre mois).
    Il me semble que le problème porte surtout sur la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle : travailler oui, mais s’occuper de ses enfants aussi! personnellement, je trouve tout à fait injuste que ce soit nos carrières féminines qui patissent le plus de l’arrivée d’un enfant.
    et puis, sur un tout autre sujet : l’allaitement. Alors, c’est peut être juste ma culpabilité – énorme à l’époque- de ne pas avoir réussi à allaiter complètement (voire très partiellement) ma fille – malgré tous les bons conseils de tous les bons spécialistes …- mais j’ai l’impression que le discours sur la question en fait souvent un « cheval de bataille » pour les mères allaitantes et je ne sais pas … ça m’agace! même si ce n’est pas trop rationnel… on peut donner du lait G… à son enfant sans l’empoisonner et même remercier ladite marque d’avoir réussi à faire ce qu’on n’arrivait pas à faire : engraisser sa poulette!

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  28. Alors la completement d’accord Marie, ce n’est pas du poison!!

    c’est vrai parfois que l’acharnement des pro-allaitement me met mal a l’aise meme si j’allaite et que j’aime ca…chacun fait ce qu’il veut et peut en toute connaissance de cause…

    on ne dit pas qu’il vaut mieux donner amoureusement un bib qu’ a contrecoeur le sein??!!

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  29. @Marie : je suis bien d’accord avec toi ; je parle d’ailleurs de « donner la possibilité », pas d’obliger les mères à rester à la maison jusqu’aux 18 ans des gamins ;-). Et pour l’allaitement, idem : il s’agit d’encourager les mères qui le souhaitent, pas de forcer tout le monde. Autant je suis la première à dire que le lait maternisé n’est pas un poison (j’en donne à mon fils d’ailleurs !), autant je trouve toujours dommage de voir un allaitement désiré qui tourne en eau de boudin faute d’avoir reçu le soutien et l’aide appropriés.

    @Charlotte : mais si, mais si, et moi la première ! Si je donne l’impression d’être une acharnée pro-allaitement, c’est qu’il faut que je revoie ma façon d’écrire 😉

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  30. non Charlotte! dans mon ressenti se mélent aussi, comme je le disais plus haut, une bonne dose de culpabilité et une petite d’envie!

    et merci pour le blog, vraiment intéressant … j’attends d’autres lectures, maintenant que j’ai découvert que certaines le faisaient très bien pour moi …!

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  31. Moi aussi, moi aussi je veux participer au post qui a le record de commentaires du site de la poule (non ?) ..
    Mon experience US / San Francisco est qu’il est ultra accepte et naturel pour une mere de s’arreter de bosser 2 ans pour s’occuper de ses zenfants – et d’esperer retrouver un travail plus tard.. En tout cas, JAMAIS personne ne roule des yeux quand je dis que je suis a la maison, c’est plutot moi qui ai du mal a assumer et ne sait pas trop ce que je veux; la penurie de travail guide pas mal mon choix cependant..

    Moi je pense que l’on devrait se diriger vers du mi temps et/ou teletravail; en tout cas, c’est ce qu’il se fait de plus en plus ici; Les meres ou peres (loin d’etre rare de voir le pere etre le parent principal – loin d’etre rare d’avoir 2 peres cependant 🙂 ) bosser seulement 2 ou 3 jours par semaine, et a la maison;
    Pour ce qui est du conge maternite, la norme est de s’arreter la veille de l’accouchement, chouette, et de retourner travailler vers les 3 mois du poussins; Mais generalement les meres negocient ultra facilement de ne reprendre qu’a 50 ou 60 % pendant quelques mois … la classe … Pour ce qui est de l’allaitement, et bien Marie serait ultra malheureuse, cela me parait bien resumer la chose … Je ne crois pas avoir rencontre une mere qui n’allaite pas son enfant jusqu’a 6 mois (la, j’ai envie de mettre une emoticone avec les yeux tous ronds qui sortent des orbites ..)

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  32. par contre, je veux garder mon president 😉

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  33. @Marie : avec plaisir !

    @Nath : le télétravail à 100% ça ne me fait pas super envie. Pour moi bosser, c’est aussi changer d’air, voir du monde et pouvoir mettre des jolis habits sans crainte que quelqu’un bave dessus (à moins de bosser en crèche/en maison de retraite ?). Mais bon, c’est perso. Et puis arrête de frimer avec ton président 😉

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  34. oh oui, mettre des jolis habits sur lesquels personne ne vomit ou essuie son nez… Et avoir plein de gens à qui dire bonjour. 😉

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  35. Bon j’arrive un peu après la bataille (comme d’hab) mais je voulais pouvoir apporter mon expérience. Je suis maman au foyer, (pas en congé mat, ni rien, juste une mère au foyer) je m’occupe à plein temps et par choix de mes deux enfants. MAIS je n’ai pas allaiter ces derniers au-delà du premier mois. Je voudrais juste dire « attention » attention de ne pas systématiquement lier présence maternelle et allaitement. Sinon je suis de toute façon pour une plus grande liberté de choix. que la mère s’arrête plus longtemps – ou pas, que ce soit le père – ou pas… Lorsque qu’à chaque naissance, la maman et le papa auront pu faire LEUR choix, en toute liberté (morale et financière) alors la bataille sera gagnée !

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  36. @la belle bleue : c’est sympa, non ?

    @Princesse Torchon : non bien sûr, la présence maternelle ne doit pas être conditionnée par l’allaitement ! Simplement si l’enfant n’est pas allaité le père et la mère sont plus facilement interchangeables, mais ça ne veut pas dire que ça DOIT être le père 😉

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  37. Je vote pour toi. 😀
    Non mais c’est vrai, sans vouloir faire un cheval de bataille de l’allaitement, l’état nous y « encourage » et quand on le fait, faut arrêter pile quand ça marche bien (travaillant à 25 km de chez moi, impossible de poursuivre).
    C’est frustrant. Sans parler qu’on n’est pas toutes prêtes à 10 semaines à repartir physiquement au boulot.

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  38. Yes merci ! Je suis bien d’accord pour l’aspect « cheval de bataille », l’idée n’est pas du tout de mettre la pression à celles qui ne veulent pas mais plutôt de permettre à celles qui le souhaitent de continuer.

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  39. avec beaucoup de retard, je suis allée jeter un oeil à l’article de Elle auquel tu as fais allusion il y a quelque temps. Moins con quand même que celui de Marianne ( j’ose le mot parce que celui-ci là .. n’était pas franchement en nuances .. et comme tu le disais il me semble, on cherche encore le rapport avec l’écologie).
    bref, à la fin de ma lecture et de mes nouvelles interrogations sur le « comment être une mère accomplie tout en accomplissant le travail de son choix « (je dis ça, encore faudrait-il que ce soit possible. pas mon cas en ce moment mais il est permis de rêver …) j’en suis revenue à tes propositions. et là je dis : moi je vote! moi je vote! il est où ton parti ? (parce le mien, en ce moment …)

    reste ce sentiment que ces propositions me paraissent encore utopiques.. signe du machisme de notre société ?

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  40. La plupart sont déjà appliquées dans les pays Scandinaves par ex ! Donc même si les Français sont plus machos, il va falloir qu’ils changent, non mais. Je m’en vais donc créer le PP, ou parti des poules. Votez pour moi ! 😉

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