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S’habiller enceinte

mercredi, juillet 8th, 2009

chapiteau-jc Bon j’avoue, je fais partie des quelques personnes qui aiment bien les vêtements de femmes enceintes. L’offre s’est vraiment améliorée ces dernières années, et le temps où la femme enceinte devait porter de larges robes fleuries dans le style chapiteau est heureusement révolu. Je ne comprends pas vraiment par quel miracle les stylistes du rayon gros bidon ont intégré la différence entre femme et girafe, car ça n’a pas l’air d’être le cas de leurs confrères de chez Zara, Mango (je n’y mets même plus les pieds en temps normal, tout là-bas est conçu pour l’exacte antithèse de mon physique) and co. Et puis quel pied de pouvoir enfin oublier de rentrer son ventre… Bref, je m’égare.

La question que tout jeune ou futur gros bidon se pose est « à partir de quand faut-il porter des vêtements de grossesse ? » Evidemment, il n’y a pas d’obligation dans un sens ou dans l’autre. Moi je trouve que quitte à investir dans des vêtements pour l’occasion, autant les rentabiliser, donc je commence dès le premier trimestre (évidemment il y a aussi l’après accouchement pour rentabiliser…). Pour cette deuxième grossesse, j’ai commencé à avoir du bide à 1 mois (!!) et avec les nausées je ne supportais pas d’être serrée par mes pantalons habituels, j’ai donc ressorti fissa mes habits à taille réglable (je vous rassure après ça s’est calmé et maintenant je fais mon « âge »). Par contre j’étais bien contente d’avoir des tuniques larges « normales » pour planquer tout ça avant de faire mon annonce officielle. Mais je connais d’autres poules qui attendent facilement le deuxième trimestre (voire plus) pour s’y mettre.

Le truc que je trouve vraiment utile pour les pantalons et jupes, c’est la taille élastiquée réglable. C’est-à-dire qu’il y a un élastique coulissant avec plein de boutonnières et deux boutons pour le régler à la dimension voulue. Cela permet au vêtement de suivre l’évolution du ventre de façon pratique et confortable. Ca a l’air tout bête comme ça, mais la première fois que j’ai vu ça il a fallu que la vendeuse m’explique… En tout cas depuis je n’achète plus qu’avec ce système. Notez que ça existe aussi pour les vêtements d’enfant, pratique pour les formats « asperge ».

Concernant les hauts, on peut plus facilement utiliser ses hauts habituels. Cela va dépendre du style, et de si vous voulez souligner ou au contraire planquer votre grossesse. Par contre, quand le ventre atteint une certaine taille (généralement au cours du deuxième trimestre mais c’est variable), ça devient difficile. Il faut penser que les hauts ne doivent pas seulement être amples mais aussi suffisamment longs pour couvrir tout le bidon (d’autant plus que les pantalons et jupes ont souvent une large bande en jersey élastique qui couvre le bide et qui n’est pas super sexy, donc mieux vaut la planquer). Enfin au cours de la grossesse on a souvent les seins qui grossissent et la cage thoracique qui s’élargit un peu donc il faut prévoir un peu de marge.

Par ailleurs, il y a un stade critique où le ventre ne peut plus être caché par un vêtement ample mais où le côté flou donne juste l’air empâté/abus de choucroute. Il me semble qu’il vaut mieux souligner le petit bedon et montrer clairement qu’il s’agit d’une grossesse (et ça aide pour avoir une place assise dans le métro). C’est également une des raisons pour lesquelles le port des vêtements de l’heureux futur papa est fortement déconseillé. Personnellement, j’aime bien les hauts avec un lien à nouer dans le dos pour bien marquer le ventre.

Par ailleurs, pour les hauts et robes, on peut aussi trouver des vêtements qui font grossesse et allaitement, c’est toujours pratique. Notez que pour les hauts avoir un accès allaitement n’est pas indispensable (on positionne le poussin contre son ventre et on soulève le bout de t-shirt qui va bien, le poussin cachant les bourrelets), par contre pour les robes c’est vraiment utile.

Pour la lingerie, on en a déjà parlé ici.

Pour les chaussures, au troisième trimestre il devient très délicat de les attacher, vivent les ballerines et les tongs qui s’enfilent et se retirent toutes seules. Notez qu’il n’est pas impossible de porter des talons, mais vers la fin ça devient vraiment fatigant. Enfin attention aussi à l’éventuelle rétention d’eau (plutôt dans les joyeusetés du troisième trimestre) qui risque de vous empêcher de rentrer dans vos godasses favorites (gaffe aussi aux bagues, qui risquent de finir coupées par le bijoutier).

Enfin pour le manteau vous pouvez soit profiter de la mode paletot avec les manteaux trapèzes, ou encore cape si vous êtes super modeuse (mais est-ce encore in ??), soit acheter un manteau spécial. A noter que la plupart des manteaux de portage sont utilisables pendant la grossesse, mais c’est généralement un investissement important.

Où acheter tout ça ? A mon sens, ce n’est pas très utile d’investir des mille et des cents pour des vêtements de quelques mois (voire moins avec l’alternance des saisons), donc je privilégie les basiques. Dans le genre vraiment pas cher, C&A et Kiabi ont un rayon maternité avec des trucs sympas, et le deuxième permet les achats par internet (ai testé, no problemo). Un poil au dessus, je mettrais La Redoute, les 3 Suisses et Vertbaudet, tous par correspondance et aussi en boutique pour le dernier. J’ai d’ailleurs un faible pour ses jeans, vraiment bien coupés, pas trop chers, et avec deux longueurs de jambe (normal et long, ils évitent l’humiliation de l’étiquette « spécial courte sur pattes »). Je rêve qu’ils en fassent aussi non maternité, mais je n’y crois pas trop… (NB : par contre nous sommes furax de leur mobilier enfant, plein de trucs très jolis mais service catastrophique et articles de mauvaise qualité)

Si vous voulez rester fidèle à vos marques habituelles, H&M, Zara, et Gap proposent des vêtements femme enceinte, mais seulement dans certaines boutiques, donc renseignez-vous avant de partir en expédition. Il y a également Cyrillus, dans le style basique chic (et c’est portable hors d’Auteuil Neuilly Passy) mais la collection maternité n’est plus disponible online (auraient-ils arrêté ?). On peut aussi citer Petit Bateau qui s’est mis il y a peu sur le créneau (au moins online).

Le cran au dessus, c’est MammaFashion (grossesse et allaitement, et il y a quelques trucs pas trop chers), MamaNana, qu’on connaît bien par ici (bonjour Ségolène !) et qui propose des vêtements grossesse et allaitement, Envie de fraises (avec toute une boutique de puériculture), 1 et 1 font 3 ou encore Véronique Delachaux (qu’on trouve dans les magasins Jacadi, avec des prix en rapport). Enfin on peut aussi citer des marques spécialisées dans le bio/équitable (d’ailleurs certaines des marques pré-citées en proposent aussi), même si leurs collections sont souvent moins fournies, surtout pour les bas, et que les prix sont à l’avenant : voir par exemple chez Lunabulle ou chez Natiloo. Et pour finir une marque un peu particulière destinée aux futures mamans qui gardent la ligne et n’ont pas peur de s’habiller comme Catwoman (sans la queue, je vous rassure) : Oef.

Evidemment je ne suis rémunérée par aucune de ces marques et le but n’est pas de leur faire de la pub gratuite mais d’éviter une raison de déprime (genre « j’ai rien à me mettre je suis difforme ») à d’autres gros bidons. N’hésitez pas à partager vos bonnes adresses en commentaire, la liste est loin d’être exhaustive.

(Illustration : tenue traditionnelle de la femme enceinte dans les années 1970)

Manif dans la basse-cour

lundi, mai 4th, 2009

compo2_500x300 Aujourd’hui, en special guest star, c’est la poule sage-femme qui vous parle. Diplômée depuis une dizaine d’années, elle exerce dans une grande maternité publique parisienne, ce qui ne l’a pas empêchée d’aller accueillir des bébés en Guyane, à Madagascar et même en Afghanistan. Place à elle donc…

Sage-femme :

Le « plus beau métier du monde » est mal reconnu en France

La poule a la gentillesse de me passer la plume pour vous informer de la mobilisation nationale des Sages-femmes françaises demain le 5 mai 2009, à l’occasion de la journée internationale des Sages-femmes. Je vais tâcher de ne pas verser dans le militantisme débile (je suis remontée à bloooc).

Si nous sommes satisfaites de la reconnaissance des patientes et des équipes au sein desquelles nous exerçons, il n’en est pas de même de celle de la société (qui connaît mal notre profession à moins d’être passé par la case maternité) et de celle des pouvoirs publics (qui reconnaît mal la place des femmes dans la vie active) ! Nos revendications n’ont pas été prises en compte dans le fameux projet de loi « Hôpital, Patient, Santé, Territoire ». Les représentants associatifs et syndicaux, le Conseil de l’Ordre et l’Association Nationale des Etudiants nous appellent à la grève pour réaffirmer la place de la filière Sage-femme dans le système de soins. En trois points, que je vous résume rapidement car nous avons des tartines de revendications, ça donne :

  • « Une société qui maltraite les Sages-femmes, c’est une société qui ne traite pas bien les femmes » (Yvonne Kniebielher, historienne)

Nos conditions d’exercice, comme les conditions d’accompagnement pour les femmes se dégradent. La création de grands pôles de naissances nous éloigne de l’équation idéale

Une femme = une sage-femme

Nous sommes 17 000 Sages-femmes à exercer en France et nous devrions être 5 000 de plus pour accompagner les futurs parents de manière optimale et respecter leurs attentes.

  • Notre formation initiale : nous revendiquons d’intégrer l’université

La formation des sages-femmes a beaucoup évolué : une première année commune avec les médecins et les chirurgiens dentistes, validée par le même concours, puis quatre années d’études dans des écoles hospitalières non universitaires. Nous demandons la reconnaissance de 5 années universitaires pour être alignées sur les diplômes européens de Master 2.

  • Notre compétence médicale, qui figure dans le Code de la Santé Publique, doit être mieux reconnue (lire : rémunérée, mais ça ne s’écrit pas dans les tracts !)

Nous avons pour compétence de suivre les grossesses, y compris de pratiquer les échographies. Si la grossesse est pathologique, nous participons largement à sa surveillance en partenariat avec un obstétricien. Nous animons les séances de préparation à la naissance. Nous réalisons les accouchements normaux (600 000 par an), le premier examen pédiatrique ainsi que les réanimations néonatales. Nous suivons la mère et son nouveau-né dans les suites de couches et le soutien à l’allaitement. Nous assurons la rééducation périnéale. L’exercice de la profession peut se faire en salarié des hôpitaux et des cliniques, ou en libéral.

Spécialistes de la grossesse et de l’accouchement physiologiques, il nous est demandé d’élargir nos compétences (récemment : contraception et dépistage du cancer du col) sans valorisation salariale. Nous sommes les cadres les moins bien payés de France ! Une meilleure formation et une meilleure reconnaissance nous permettront d’avoir plus d’indépendance, et de faire avancer certains dossiers qui tiennent à cœur à beaucoup de femmes, comme les maisons de naissances et les accouchements à domicile.

Si vous voulez soutenir les revendications des Sages-femmes, nous vous attendons nombreuses dans le cortège de manifestation. A Paris, il partira à 11h30 du jardin du Luxembourg (RER B) pour aller aux ministères de la Recherche puis de la Santé. Dans quelques villes de province, des cortèges sont aussi prévus.

Vous pouvez signer et diffuser une pétition en ligne :

http://zigszags.free.fr/mobilisationdessagesfemmes/

Voir aussi les infos sur le site de l’association nationale des sages-femmes libérales (ANSFL).

(Photo : CDLPSF)

Trop de césarisées

lundi, décembre 8th, 2008

C’est le JDD qui reprend une étude de la Fédération Hospitalière de France (FHF, pas trouvé l’étude sur leur site), avec ces résultats : le taux de césariennes a doublé en un peu plus de 20 ans (de 10,9% en 1981 à 20,1% en 2007). Cela veut dire qu’actuellement un bébé sur cinq naît par césarienne. Or si cette opération s’avère vitale dans certains cas, il est clair qu’elle n’est pas dénuée de risques, tant pour la mère (mortalité 3,5 fois supérieure à la voie basse) que pour l’enfant (risque de fragilité pulmonaire accru, entre autres). L’OMS, cet empêcheur de jouer du bistouri tranquille, préconise un taux de 15%. D’après le JDD, les raisons avancées de cette popularité de la césarienne sont les suivantes :

  • Optimisation de l‘organisation et du budget des services en programmant des césariennes quand le personnel est disponible
  • Augmentation des grossesses tardives et multiples qui sont statistiquement plus sujettes à complications
  • Crainte des poursuites judiciaires : un obstétricien sera poursuivi pour n’avoir pas fait la césarienne à temps, mais jamais pour avoir fait une césarienne injustifiée
  • Publication de l’étude Hannah (2000) montrant que la césarienne était moins risquée pour l’enfant que la voie basse en cas de présentation en siège, même si son interprétation porte à controverse (y compris par le CNGOF)
  • Hausse de la demande de césariennes de convenance

Pour ce dernier point, rappelons que la césarienne est une intervention chirurgicale, donc autant sur le coup c’est bien plus rapide et indolore qu’une voie basse, autant ça se paie ensuite pour les suites de couches.

Un autre point intéressant de cette étude est le top 100 du taux de césariennes par maternité, au sein duquel prédominent largement les cliniques privées de niveau 1. La palme (le César ?) revient à la clinique de la Muette avec un beau 43,3 %. En moyenne, le taux de césariennes est supérieur d’un point dans les maternités privées de niveau 1 à celui des maternités de niveau 3, toutes publiques et supposées accueillir les cas les plus pathologiques (même s’il y a toujours des surprises). J’avais déjà expliqué ici que privilégier une petite clinique à un gros hôpital n’était pas toujours une stratégie gagnante si on voulait un accouchement aussi physiologique que possible (même si bien sûr il s’agit d’une tendance globale à laquelle existent de nombreuses exceptions).

Les cliniques visées se défendent par les arguments suivants :

  • La césarienne n’est pas avantageuse financièrement (seulement 347 €).
  • Ce sont les femmes qui leur demandent des césariennes de convenance.
  • L’étude ne prend pas en compte le nombre d’accouchements, ce qui introduit un biais statistique (argument réfuté par la FHF).
  • Le taux de césarienne n’est pas un bon indicateur de la qualité des soins.

Tout ceci est fort intéressant, mais on peut regretter que comme souvent, l’article suppose qu’on ne peut accoucher qu’en maternité, ce qui n’est pas (tout à fait) le cas. Comme déjà évoqué ici, on peut accoucher :

  • en maternité
  • en maternité mais avec une sage-femme libérale ayant accès au plateau technique dans le cadre de l‘accompagnement global
  • en maison de naissance (si on n’habite pas en France ou alors près des frontières du Nord-Est)
  • à la maison avec une sage-femme libérale
  • à la maison sans assistance médicale (même si ça n’est pas recommandé, je ne crois pas que ce soit illégal)

Malheureusement, en France tout est fait pour orienter les couples vers la première option et pour décourager les autres possibilités ; d’ailleurs je vous rappelle que vous pouvez faire quelque chose (pour le moment j’ai eu une réponse convenue de l’Ordre des sages-femmes et pas un mot ni de Roselyne, ni du directeur de l’AP-HP, et pas plus de mon député, à qui j’avais envoyé une copie). Attention, il ne s’agit pas de stigmatiser les maternités ou les mères qui y accouchent (comme la Poule pondeuse par exemple), mais encore une fois d’offrir un vrai choix aux futurs parents. Il me semble en tout cas que ça pourrait être une bonne piste pour réduire un peu ce taux : ça n’empêchera pas les femmes de demander des césariennes de convenance mais ça devrait au moins diminuer la part due à l’optimisation du fonctionnement des services.

Si vous avez ou devez accoucher par césarienne, ce billet n’est pas là pour vous culpabiliser non plus : bien sûr qu’il y a un nombre non négligeable de cas où l’opération est incontournable, et heureusement qu’elle existe. A la maternité où j’ai accouché, ils recommandaient de prendre le rendez-vous des six semaines après la naissance avec l’obstétricien qui a pratiqué l’opération, afin de pouvoir lui poser toutes vos questions et de « refaire le film » ensemble. Et si vous ne le vivez pas bien, j’ai entendu beaucoup de bien de l’association Césarine. Peut-être certaines commentatrices qui sont passées par là pourront nous en dire plus ?

La Poule pondeuse présidente

mercredi, décembre 3rd, 2008

Comme promis hier, au lieu de râler et de critiquer (mes occupations favorites), je fais dans le constructif et liste ici quelques propositions (votez pour moi !). Alors plutôt que de vouloir dépister des comportements agressifs chez des gosses de trois ans, ou encore d’emprisonner des gamins de douze, il me semble qu’on y gagnerait plus en aidant les parents à assumer pleinement leur rôle en amont. J’ai quelques idées :

  • Pour commencer, le congé maternité pour un premier enfant est ridiculement court. Le mettre en crèche à dix semaines ? Quel est l’intérêt ? A part lui permettre de collectionner bronchiolites et gastros, qui à cet âge tendre se finissent plus facilement par une (coûteuse et stressante) hospitalisation ? Et pousser une mère désireuse d’allaiter à sevrer précocément, pile quand l’allaitement commence à bien rouler ? Je ne dis pas qu’il est indigne de faire garder son enfant à cet âge-là, mais plutôt que ce n’est pas quelque chose qui devrait être encouragé par l’Etat. Et qu’on ne me parle pas de la possibilité de reporter une partie du congé prénatal en post-natal : il y a certainement des femmes qui le font, et tant mieux pour elles, mais si je fais un rapide sondage parmi mes connaissances j’ai déjà du mal à en trouver qui n’ont pas demandé à être arrêtées avant la date officielle. Soyons honnêtes : si -comme l’Etat français- on préconise un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois, il faut en donner les moyens aux femmes et les dispositions actuelles ne l’encouragent pas vraiment (oui, on peut travailler à plein temps et allaiter exclusivement mais ça n’est pas facile). Je pense qu’il faudrait quelque chose de plus incitatif que l’allocation du congé parental pour encourager les femmes qui le désirent à allaiter jusque là : pourquoi pas une extension du congé maternité post-natal (pour toutes, on voit mal l’Etat faire la police entre qui allaite ou pas, en mixte, ou que sais-je) ? L’Europe penche déjà dans ce sens avec un congé total minimum de 18 semaines au lieu des 16 actuelles.
  • Comme en Scandinavie et au Québec, un congé parental (vraiment rémunéré) la première année à partager entre le père et la mère semble une excellente idée. J’aime bien l’idée des deux travaillant à temps partiel et gardent l’enfant à tour de rôle. Il est important de conserver une certaine flexibilité pour s’adapter aux besoins des uns et des autres. Ceci dit ça ne marchera que si les pères jouent le jeu. Dans le même esprit, favoriser le télé-travail, les horaires flexibles, et tout ce qui permet à chacun d’optimiser son temps. Travailler en gardant ses enfants peut être une piste pour certains postes (personnellement je n’y arrive pas vraiment, à part quelques répétitions musicales faites avec le poussin dans le dos). Et grâce au blog d’Olympe, j’ai découvert cette brochure pour promouvoir la parentalité auprès des salariés masculins, à mettre dans les mains de toutes les DRH. Elle appelle notamment à la fin du « présentéisme » : actuellement pour être jugé efficace un salarié doit généralement faire des horaire à rallonge, ce qui est difficilement compatible avec la parentalité. Il y a également un sondage sur la question sur le site de l‘ORSE (Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises).
  • Il faut un vrai choix dans les modes de garde. On peut ergoter sans fin entre crèche et nounou, c’est aussi souvent quelque chose qu’on sent plus qu’on ne le raisonne. Mais laisser son enfant à une personne ou une structure en qui on n’a pas vraiment confiance, c’est délétère. Si on trouve déjà qeulque chose… Je pense qu’il est crucial de développer tous les modes de garde là où il y a pénurie, et de renforcer la formation et la qualification des personnes qui y travaillent. Par ailleurs, les crèches d’entreprise, les crèches parentales, les haltes-garderies, les crèches familiales et j’en passe sont des idées à creuser et à développer, pour que chaque pot trouve son couvercle.

Notez que je ne suis pas la première à m’intéresser à ces questions : je vous recommande un tour chez Maman travaille (et ses propositions) et chez Mamamiiia pour la version québecoise.

Pour ceux à qui ces mesures semblent exorbitantes, je rappelle que la femme française a en moyenne deux enfants dans toute sa vie (je vous fais grâce des virgules). Sur 40 ans (et sûrement plus) de vie professionnelle, si on prend en compte la partie qui serait strictement assumée par la femme (mettons 2 mois en prénatal et 6 mois en postnatal en comptant large), ça nous fait… 16 mois ! Même pas un an et demi. Si le reste est assumé équitablement entre papa et maman, on voit bien qu’il n’y a pas vraiment de raison de pénaliser les femmes par des salaires en moyenne inférieurs, si ce n’est d’avoir été dotées par la nature d’un utérus et d’une paire de seins. Et je ne trouve pas de source pour l’étayer, mais il me semble bien que les banques françaises (pourtant pas vraiment connues pour leur philanthropie) offrent 45 à 90 jours de congé supplémentaires aux jeunes mères. Je ne crois pas que ce soit la raison de leurs déboires actuels…

Quant aux parents qui souhaitent prendre une pause plus longue pour se consacrer à leur(s) enfant(s), je ne les oublie pas :

  • Quel revenu ? ça me semble une question complexe (pour combien de temps, combien d’enfants, selon les revenus du conjoint, etc), mais je suis sûre qu’il y a matière à amélioration de l’existant. La question de la pérennité des couples dans ce cadre n’est pas à glisser sous le tapis, ceci dit rappelons que le contrat de mariage par défaut en France (la communauté réduite aux acquêts) a justement pour but de protéger le conjoint qui a sacrifié sa carrière pour les enfants en lui attribuant tout simplement la moitié des revenus et propriétés de l’autre.
  • Quelle formation ? Après plusieurs années hors du marché du travail, il est clair qu’un accompagnement pour s’y réinsérer pourrait être crucial. Pourquoi pas également un bilan de compétences ?
  • Quel droit à la retraite ? On n’y pense pas toujours et ça n’est pas très glamour, mais ça n’est quand même pas négligeable. Si on reste 3, 5, 10 ans sans cotiser, ça peut porter sérieusement à conséquences. Je ne connais pas bien la législation en la matière et ne veux pas dire de bêtise, mais ça me semble un problème à étudier.
  • Comment rompre l’isolement des jeunes parents ? Pas évident, mais voici quelques pistes. On pourrait déjà améliorer l’accueil des parents avec leurs enfants, dans des lieux prévus pour (type maisons vertes), mais aussi en général dans la société et dans les lieux publics. Par exemple, prévoir un petit coin avec quelques jouets dans les commerces, cafés, administrations, etc, ne coûte pas grand chose et peut rendre bien service (il y a ça dans la pharmacie en bas de chez moi et le poussin n’en décolle pas). La socialisation des tout petits, ce n’est pas d’en jeter 30 du même âge ensemble et de vérifier régulièrement qu’il n’y a pas de mort (ça serait plutôt Sa Majesté des mouches), mais c’est surtout de leur permettre d’interagir avec des plus grands, des plus petits, avec des adultes, des jeunes, des vieux. Bref, avec la société. N’oublions pas que le modèle « traditionnel » implique une vie sociale riche, la famille nucléaire étant largement incluse dans ce que Françoise Dolto appelle la famille « tribale », où il y a toujours une grand-mère, cousine, tante ou voisine à proximité pour prendre le relai auprès des jeunes parents (oui à l’époque il s’agissait surtout de femmes). La difficulté à mettre en place ce type de soutien dans notre société, conjuguée à une pression croissante sur les parents pour que leurs enfants soient parfaits, peut avoir des conséquences douloureuses pour les mères (et pères ?) au foyer. Heureusement internet et ses nombreux forums offrent une forme de tribu, mais ce n’est pas l’ordinateur qui va promener pendant une heure votre nouveau-né hurlant dans l’appartement.
Évidemment ces idées ne seraient pas applicables partout et ne conviendraient pas à tout le monde, mais je pense que ça contribuerait globalement à une société plus juste (Bisounours, lâche-moi !). Je n’ai pas non plus parlé des parents séparés, des familles mono-parentales, homo-parentales et j’en passe, parce que je connais mal ces sujets. Et vous, qu’en pensez-vous ?

La poule pondeuse milite

jeudi, octobre 2nd, 2008

Je sais que ce blog est lu à l’international (rien que cette semaine nous avons eu des commentaires de Suisse, d’Espagne et de Californie, oui j’me la pète graaaaaave !), mais le post d’aujourd’hui est surtout à destination des lectrices résidant en France. Je vous ai parlé ici des différentes possibilités de lieu et d’accompagnement pour accoucher. Le problème est qu’un certain nombre de ces alternatives, même si elles existent sur le papier, sont en réalité extrêmement difficiles à mettre en oeuvre. Pour l’accouchement à domicile (AAD), il est très difficile de trouver une sage-femme qui les accompagne à cause des assurances prohibitives qu’elles doivent assumer. Les maisons de naissance n’existent pas en France, et les maternités ayant ouvert leur plateau technique aux sages-femmes libérales ne se bousculent pas au portillon. A Paris intra-muros, une seule maternité (la clinique du Bien Naître) propose cette alternative, sur les 28 que compte la capitale (si j’en crois cette liste). Je pense que même si on ne se sent pas attirée par les solutions alternative, on est quand même concernée car un pays qui en a les moyens comme le nôtre doit offrir une palette de soins comparable à ses voisins européens. D’autant plus que les solutions alternatives sont moins coûteuses pour la sécurité sociale que l’accouchement « classique » en maternité avec séjour de quelques jours à la clé. Il ne s’agit pas de dénigrer les maternités (ou les femmes qui y accouchent, dont je fais partie !), bien au contraire, mais d’obtenir une offre diversifiée en toute sécurité pour les femmes et les bébés. Certaines femmes sont tellement traumatisées par leur accouchement qu’elles sont réticentes à avoir un autre enfant : il est probable qu’avoir d’autres options pourrait les aider à surmonter ce blocage.

Passons à l’action ! A l’appel du CIANE (groupe de travail GT13), vous pouvez écrire au Conseil National de l’Ordre des Sages-femmes pour faire connaître la réalité de votre situation. On peut écrire aussi même si on n’est pas enceinte ! A mon avis, on peut rajouter son député en copie tant qu’on y est (voir ici si vous ne savez pas qui c’est). 

Tous les détails (modèles de lettre, adresses) sont ICI. N’hésitez pas à faire passer l’info, plus on est de fous…

Où accoucher

vendredi, juillet 18th, 2008

 Pour la grande majorité des femmes, la question ne se pose même pas : on accouche à la maternité. Pourtant il y a une large gamme de possibilités (certes pas aussi étendue que ce qu’on souhaiterait mais…), et même « la maternité » recouvre un certain nombre d’options.

C’est vrai, c’est quoi une maternité ? D’après wikipedia,

Les maternités sont des lieux de santé assurant le suivi de la grossesse, l’accouchement et les suites de couche de la femme enceinte, ou parturiente. 

Ce sont des structures hospitalières, privées ou publiques, dans lesquelles travaillent aussi bien des médecins (obstétriciens, anesthésistes, pédiatres) que des sages-femmes (et bien sûr infirmières, auxiliaires de puériculture, aides-soignantes, etc). Toute intervention nécessaire peut y être pratiquée, notamment grâce à la présence d’un bloc chirurgical (et du personnel ad hoc pour le faire fonctionner). Il existe trois niveaux (en fait quatre si on compte bien) qui correspondent aux niveaux de pathologies (en gros au niveau de prématurité de l’enfant) pouvant être pris en charge. Ils vont de 1 (le moins « médicalisé ») à 3 avec une petite subtilité pour le 2 qui se divise en 2A et 2B.  Je ne vous recopie pas tous les détails donnés par wikipedia pour chacun que vous pouvez lire d’un simple clic. Comme cela a déjà été abordé ici, les maternités de niveau plus bas ne sont paradoxalement pas les moins excitées du bistouri. Bien y réfléchir avant de choisir donc… si tant est que votre situation géographique vous le permette (dit la Parigote qui dans son seul arrondissement compte pas moins de quatre maternités) !

Sachez ensuite que certaines maternités proposent ce qu’on appelle des pôles physiologiques, avec des salles de naissance dites « nature », avec ballons, baignoires, draps accrochés au plafond pour se suspendre, etc (voir un exemple ici). Seules les sages-femmes y officient (l’anesthésiste ne passera pas vous proposer la péridurale). Elles sont bien sûr réservées aux accouchements a priori non pathologiques, et si un problème survient la parturiente est immédiatement transférée dans le circuit « classique ».

Une autre possibilité est l’accouchement avec une sage-femme libérale à la disposition de laquelle l’hôpital met son plateau technique. En gros, la sage-femme vous suit à son cabinet pendant votre grossesse, et le jour J vous vous retrouvez à la maternité, où on vous donne une salle d’accouchement et là vous vous débrouillez toutes les deux (enfin le papa est admis quand même). Si tout s’est bien passé, une fois l’accouchement fini, vous prenez vos cliques et vos claques (n’oubliez pas le bébé) et rentrez chez vous, où la sage-femme passera régulièrement vous voir. Et si ça ne se passe pas si bien, les toubibs de la maternité prendront la situation en main.

Si vous avez décidé que ni la grossesse ni l’accouchement n’étaient des pathologies (et si vous avez bien sûr la chance que votre grossesse se déroule sans anicroche), vous pouvez fuir hôpitaux et cliniques, mais autant vous prévenir : en France c’est un peu le parcours du combattant (contrairement à d’autres pays européens comme les Pays-Bas, terre sacrée des militants de la naissance naturelle).

Il est théoriquement possible d’accoucher chez soi avec l’aide d’une sage-femme libérale (les initiés parlent d’accouchement à domicile ou AAD). Mais vue la réticence globale du système sanitaire en France, ces sages-femmes sont de moins en moins nombreuses car ont de gros problèmes d’assurance. Et les parents peuvent ensuite avoir maille à partir avec la sécu (ce qui est bien dommage puisque -on s’en doute- l’AAD est bien moins coûteux que la maternité), sans compter les tracasseries avec la maternité à laquelle il faut quand même mieux s’inscrire pour s’y rabattre en cas de pépin. Un répertoire de sages-femmes libérales pratiquant les AAD en France (ainsi que celles ayant accès à un plateau technique) est disponible sur le site http://www.perinatalite.info/ (il faut ensuite cliquer sur « répertoire sages-femmes », on ne peut pas faire de lien direct). Certaines vont même jusqu’à l’accouchement non assisté (ANA), soit volontairement (mais ça n’est vraiment pas recommandé), soit parce qu’elles ont un poussin très très pressé (un joli exemple chez Isabelle95). Bon à savoir : dans la grande majorité des cas, les accouchements super rapides ne nécessitent pas d’intervention médicale particulière.

Enfin une dernière possibilité est celle de la maison de naissance. Celle-là est vraiment théorique puisqu’il n’y en a pas en France. Mais si vous habitez à l’étranger ou à proximité de pays maisondenaissançophiles, vous pouvez en bénéficier. La maison de naissance est un lieu indépendant entièrement sous la responsabilité de sages-femmes, au sein duquel une (ou deux) sage-femme réferente suit une femme enceinte pendant sa grossesse puis son accouchement et enfin les suites de couches. Bien entendu, à tout moment, la future maman peut être transférée vers un service d’obstétrique hospitalier si son état le nécessite. Un certain nombre de projets sont dans les cartons en France mais ils semblent rencontrer une certaine résistance de la part des pouvoirs publics et des médecins (notamment le CNGOF et le CARO) , alors que les sages-femmes soutiennent largement l’expérimentation du concept (voir le communiqué du Conseil national de l’ordre des sages-femmes). Je n’ai pas une connaissance très pointue des spécificités françaises qui empêchent de transposer chez nous un système qui a visiblement fait ses preuves chez nos voisins, mais il semblerait que ce soient surtout des querelles de chapelles qui soient à l’oeuvre, ce qui est bien dommage. En témoigne la controverse sur la localisation des maisons de naissance, qui pour certains devraient se trouver à l’intérieur des maternités et pour d’autres (le CIANE en particulier) en être totalement indépendantes. Et c’est bien dommage, car même si je ne me sens pas moi-même prête à accoucher en maison de naissance et à renoncer à Sainte Péridurale (faudrait déjà que je sois enceinte me direz-vous…), je trouve important qu’il y ait une offre suffisamment diversifiée pour que chacune y trouve son compte dans des conditions de sécurité optimales. 

Pour ceux et celles que ça intéresse, un peu de lecture (en plus des sites déjà cités en cours d’article) :

Le point sur les maisons de naissance : http://chaumont.catherine.free.fr/mdn/index.html

Le réseau européen des maisons de naissance (en anglais) : http://www.birthcenter-europe.net/index.html

Une histoire de la naissance en France par Marie-France Morel en quelques pages : http://couleurbebe.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=4460

Le collectif Naître chez soi : http://www.naitrechezsoi.org/

N’hésitez pas à en proposer d’autres en commentaires.

(Image : http://cereales.lapin.org/index.php?number=131)

L’épisiotomie

mardi, juillet 8th, 2008

Sujet hautement controversé et délicat que j’aborde aujourd’hui : l’épisiotomie. Terreur des femmes enceintes (et même des nulligestes !), elle semble unanimement décriée et pourtant reste une pratique courante en France. En 2003-2004, 47% des femmes accouchant par voie basse ont eu une épisiotomie.

D’abord l’épisio (petit nom pour les intimes…) c’est quoi ? D’après wikipedia, l’épisiotomie est un acte chirurgical consistant à ouvrir le périnée au moment de l’accouchement afin de laisser passer l’enfant. Cette incision a idéalement pour but de sectionner le muscle releveur de l’anus. En clair, c’est une incision à la fois de la peau et des muscles qui permet d’agrandir le vagin. Il en existe plusieurs types (en fonction de l’endroit où on coupe) : actuellement sont principalement mises en oeuvre l’épisiotomie médio-latérale (seule utilisée en France) et l’épisiotomie médiane. Voir ici le schéma illustratif. En France, c’est un geste qui peut être pratiqué par une sage-femme ou par un obstétricien (alors que par exemple les forceps ne peuvent être utilisés que par l’obstétricien).

Comment ça se passe ? Ce geste est pratiqué juste avant la sortie du bébé. Lorsqu’il est bien fait, il n’est pas douloureux sur le coup, même sans péridurale (c’est après que c’est une autre paire de manches). Le praticien fait l’incision au moment d’une contraction/poussée. Une fois l’accouchement terminé (y compris l’expulsion du placenta), l’incision est refermée par des points chirurgicaux, avec des fils « classiques » ou résorbables. Si on n’est pas sous péridurale, une anesthésie locale doit être faite pour recoudre.

A quoi ça sert ? On peut distinguer deux types d’indication :

Protéger le périnée d’une déchirure très sévère. On lit et on entend maintenant que l’épisiotomie ne protège pas des déchirures, mais cette affirmation résulte d’une mauvaise interprétation : c’est l’épisiotomie systématique (appliquée à toutes les femmes) qui ne protège pas des déchirures. Les connaissances actuelles montrent aussi qu’une petite déchirure est « mieux » qu’une épisiotomie. Par contre, dans certains cas où le périnée apparaît très mis à mal, ce geste peut effectivement être efficace. D’après l’OMS, l’incidence des déchirures les plus sévères est de 0.4%, et donc cette indication ne devrait justifier l’épisiotomie qu’épisodiquement.

Faciliter et accélérer le passage de l’enfant, surtout s’il donne des signes de détresse. C’est pour ça que paradoxalement il n’est pas rare d’en avoir une pour une naissance prématurée ou un très petit bébé qui ont plus de risques d’être sensibles à un travail qui se prolonge. De la même façon, l’épisiotomie est souvent associée aux extractions instrumentales (avec les forceps par exemple), qui correspondent à des situations de blocage du bébé.

Il faut bien distinguer le problème de l’épisiotomie systématique, qui commence heureusement à être abandonnée en France (voir le communiqué du CNGOF), puisque toutes les études scientifiques ont montré qu’elle n’avait aucun intérêt médical, du geste en lui-même. Il faut d’ailleurs noter que ces études en général s’intéressent à l’intérêt de l’épisio systématique (ou libérale), et pas à celui de l’épisio « tout court ». C’est d’ailleurs le cas de la plupart des gestes et interventions obstétriques : leur mise en oeuvre peut sauver des vies mais à les pratiquer alors qu’ils ne sont pas forcément justifiés ils finissent par créer d’autres problèmes. L’OMS d’ailleurs recommande un taux de 10% (et pas de 0, même si on est encore loin des 30% préconisés par le CNGOF). La confusion entre le geste en soi et la pratique systématique est très présente sur le net et dans les esprits, et peut entraîner une sorte de paranoïa à l’égard des soignants, ainsi qu’un rejet total de toute intervention, qui sera si elle est nécessaire vécue par la femme comme un échec. Il est évident que la façon dont ces gestes sont faits est parfois insupportable d’arrogance et de toute-puissance médicale, et que -comme dans toute profession-, il y a aussi des abrutis finis dans les maternités. Dans cette optique, il y a sans doute un travail d’accompagnement et d’écoute psychologique à mettre en place par le personnel médical (sauf qu’il est en sous-effectif et débordé). Mais entretenir un tel climat de suspiscion ne me semble productif pour personne.

Clairement, l’épisiotomie ne fait plaisir à personne, ni à la femme qui la subit, ni à la sage-femme ou à l’obstétricien qui la pratique. Alors comment la prévenir ? Malheureusement, les taux d’épisiotomie des maternités ne sont que rarement publiés, et l’idéal serait de pouvoir questionner l’équipe médicale avant de s’inscrire pour connaître la politique générale du service. On peut également expliquer à la personne qui vous assiste pour l’accouchement (sage-femme ou obstétricien) qu’on souhaite éviter l’épisiotomie et qu’on préfère prendre le risque d’une petite déchirure. Mais personne ne pourra rien vous promettre : de toute façon un accouchement est imprévisible. On peut aussi se masser le périnée quelques semaines avant le D-day (maintenant on vend même des huiles de massages spécifiques ! business business), mais aucune efficacité n’est garantie (en plus super pratique avec le gros bidon… à moins de mettre son chéri à contribution ? ahem). Enfin on peut lire que de pouvoir choisir sa position d’accouchement pourrait réduire la probabilité d’épisiotomie mais je n’ai pas trouvé de données scientifiques pour étayer cette donnée (il y a aussi le fait que l’épisiotomie est plus souvent faite dans les accouchements « à risque » pendant lesquels les choix de position sont beaucoup plus restreints).

Si malgré tout on n’y coupe pas (trop drôle la poule), que faire ? Dans les premiers jours, certains préconisent d’appliquer de l’argile blanche pour aider à la cicatrisation (il paraît aussi que des bouts de placenta ça marche bien, histoire d’être au top du glamour : slip filet + super serviette maxi méga nuit + bouts de placenta). Par contre la changer régulièrement pour éviter que ça devienne un bouillon de culture. Quand on va aux toilettes, se rincer doucement à l’eau (avec le brumisateur par exemple) et tamponner gentiment avec une petite compresse plutôt qu’utiliser le PQ premier prix de la maternité. La bouée (pour s’asseoir dessus) a apparemment été mise hors jeu, car même si elle apportait un mieux sur le coup, ça se payait après. Idem pour le sèche-cheveu pour sécher la cicatrice (et imaginez un peu la scène !!). Par contre une serviette de toilette pliée peut faire un bon coussin. Eviter les efforts et tous les gestes qui tirent sur la cicatrice. Au niveau psychologique, il ne faut pas hésiter à en parler à l’équipe soignante, voire à demander à la personne qui a pratiqué le geste de vous expliquer pourquoi et comment. Prendre un petit miroir pour examiner le problème peut aussi aider à se réapproprier cette partie du corps, et dans certains cas à éviter d’avoir une grande distorsion entre l’image qu’on en a et la réalité.

Ensuite il faudra apporter un soin particulier à la rééducation périnéale, qui peut aider notamment à se réapproprier en douceur la zone meurtrie. Lors de la reprise des câlins, y aller progressivement et gentiment (ne pas hésiter à utiliser du lubrifiant dans un premier temps). Messieurs, il faudra être « infinite love, infinite patience » (comme disait un grand maître indien) avec votre chérie. Au fur et à mesure de la cicatrisation (quelques semaines), si les tissus ne se referment pas tous à la même vitesse, cela peut créer des tensions douloureuses : ne pas hésiter à consulter, surtout si un peu de paracétamol (seul anti-douleur autorisé si vous allaitez !) ne vous soulage pas.

A plus long terme, certaines femmes se plaignent de douleurs récurrentes, notamment lors des rapports. Si on se trouve dans ce cas, il faut savoir que des solutions existent. Un soutien psychologique peut être très bénéfique, d’autant plus que pour ce type de problème l’aspect psychologique joue souvent un rôle très important. Les médecines alternatives (ostéopathie, acupuncture…) peuvent aussi vous aider. Et si la cicatrice reste très douloureuse, elle peut être reprise par un chirurgien. Cela n’est pas très attirant mais pour les cas les plus extrêmes c’est la seule solution qui reste. Il ne faut pas hésiter à en parler à son gynéco/sage-femme/kiné ou toute autre personne du corps médical en qui on ait confiance.

Un grand merci à la poule accoucheuse pour ses lumières et ses explications.

Le cododo (1)

mardi, juin 3rd, 2008

  C’est le nouveau mot à la mode pour désigner un concept ancestral : partager son lit ou sa chambre avec son (ou ses) enfant(s). Après quelques décennies de « Un bébé doit dormir tout seul dans son lit dans sa chambre », la nouvelle vague rappelle que la grande majorité de l’humanité ne fait pas chambre à part, et que le nouveau-né est bien trop immature pour dormir seul. Une fois n’est pas coutume, je vais vous raconter un peu ma vie.

Quand j’étais enceinte, j’envisageais que le poussin dorme dans notre chambre mais dans son joli berceau. Je n’avais pas vraiment réalisé qu’on pouvait faire autrement. Le poussin est né au petit matin, et me voilà le premier soir, seule dans la chambre à la maternité, dans mon lit d’hôpital observant l’adorable merveille qui dormait dans son petit berceau en plexi, tout contre mon lit. Et là, la puéricultrice du soir (qui venait nous border faisait sa ronde) me dit « Vous allaitez ? Mais prenez-le dans votre lit, vous verrez ce sera bien plus simple. » Je rattrape ma mâchoire qui venait de se décrocher, réfléchis quelques instants et adhère rapidement au bon sens de ses propos. Hop, le poussin dans mon lit. Ah que c’était moins fatigant que de se contorsionner pour le sortir du berceau sans se lever, même en réarrangeant régulièrement le coussin d’allaitement au bord pour faire barrière (le lit était pourvu de barrières, hélas prévues pour retenir la maman mais pas le poussin) à chaque fois qu’on changeait de côté. Le lendemain soir, nouvelle équipe médicale, et rebelote : la puéricultrice était ravie de voir mon installation pour prévenir une chute malencontreuse.

A peine rentrés à la maison, je ne me voyais plus faire autrement. Le coq, qui avait été soigneusement briefé (ne pas contrarier une jeune maman, surtout fraîchement rentrée de la maternité, sous peine de baby blues et torrents de larmes), a accepté de prendre le poussin entre nous. Le premier mois a donc été beaucoup moins fatigant que prévu : le poussin chouinait légèrement, je dégrafais mon soutien-gorge, le mettais au sein et voilà. Il m’est arrivé souvent de me réveiller avec un sein à l’air et le poussin qui dormait béatement juste à côté. Le coq lui ne se réveillait même pas (sauf quand je lui collais un méchant coup de coude pour lui suggérer d’aller changer la couche de son fils, niark niark niark). J’ai l’impression aussi que comme ça il a très vite compris que la nuit il fallait dormir… Et puis aux esprits chagrins qui s’offusquaient de telles pratiques je répondais « C’est ce qu’on m’a conseillé à la maternité (hôpital public de niveau III) », et toc !

Ensuite, vers ses un mois, nous avons mis le poussin dans la nacelle à côté du lit, et après trois mois il est passé dans son lit dans sa chambre, parce que nous avions envie de plus d’intimité. Je n’irai pas jusqu’à dire que tout s’est passé comme sur des roulettes, mais je pense que les nuits agitées étaient le résultat d’un ensemble de choses. Quoi qu’il en soit, vers quatre mois le poussin s’endormait à peu près sans problème pour des nuits de 12 heures, dans son lit dans sa chambre. Je ne dis pas ça pour rendre fous de jalousie les parents qui n’ont pas cette chance, mais pour dire que le cododo ne condamne pas forcément à avoir le poussin dans les pattes (ou plutôt dans le plumard) jusqu’à ses 18 ans. Et maintenant il a plus de difficultés à s’endormir si il est avec quelqu’un que si il est seul (il est du genre hyper actif et curieux, qui ne veut rien rater de ce qui se passe).

Alors à faire ou à éviter ? Comme toujours, c’est à chacun de trouver ses marques. Si une solution vous empêche de fermer l’œil de la nuit (vous vous relevez quinze fois pour aller vérifier qu’il respire ou au contraire les bruits de son sommeil vous rendent insomniaque) alors elle n’est pas pour vous. Et puis combien de temps ? A mon avis jusqu’à ce que quelqu’un en ait marre (parent ou enfant). On n’est pas non plus obligé de choisir définitivement et de se ranger dans un camp. On a tout à fait le droit de commencer la nuit chacun de son côté et de se rejoindre en cours de route, ou de ne dormir ensemble que les jours pairs, bref n’importe quelle solution qui vous convienne. Il y a un joli témoignage sur le sujet ici. Il ne faut pas choisir une solution « parce qu’on m’a dit que c’était le mieux ». Il faut choisir « parce que c’est comme ça qu’on se sent le mieux ». A ce sujet, j’ai aussi bien aimé ce billet.

Demain quelques idées pratiques pour dormir comme des bébés (ben bien sûr)…

Bien s’installer pour allaiter

jeudi, avril 24th, 2008

Un petit billet spécial pour donner un prétexte aux poules à gros bidon pour retourner dans leur magasin d’ameublement suédois préféré (au passage, si vous pouviez me rapporter une boîte des biscuits chokoladflarn corn flakes-chocolat, vous voyez l’espèce de cagette en carton rose fuschia, là ? merci). Si vous comptez allaiter, il faut prévoir un endroit confortable pour le faire. Pour celles qui ne voient pas l’intérêt, je rappelle que les premières semaines, un rythme assez typique de tétées est en moyenne toutes les deux heures pendant une demi-heure. Si vous avez l’impression de ne faire que ça de vos journées, ça n’est pas le baby blues, c’est une simple constatation objective. Et n’oublions pas que mauvaise position = crevasse (et/ou crampe aussi, au bout d’un moment). Croyez-moi sur parole, les crevasses, si on peut éviter, c’est vachement plus mieux.

En pratique, à la maternité on allaite souvent allongée : il n’y a pas toujours de fauteuil où s’installer. Là où j’étais, ils avaient prévu un « salon d’allaitement » (enfin on pouvait venir avec un biberon, c’était pas sectaire). Idée charmante en théorie, en pratique des fauteuils anti-ergonomiques recouverts de skaï et une chaleur de bête (et des jolies guirlandes lumineuses, limite on aurait pu se croire dans D&Co, surtout avec une auxiliaire de puériculture qui était presque aussi relou que Valérie Damidot), je n’ai pas renouvelé l’expérience.

Une fois rentrée à la maison, j’ai profité de la visite de la sage-femme (bénie soit-elle la sainte femme) pour me faire bien expliquer la position optimale pour allaiter assise. Après avoir testé plusieurs des sièges disponibles chez nous, nous avons élu une petite bergère. Pour ceux qui sont nuls en fauteuil, ça ressemble à ça (la mienne est moins jolie hélas) :

L’idée, c’est un fauteuil confortable (bien sûr), donc avec des accoudoirs sur lesquels caler le coussin d’allaitement (sinon même si c’est un gros coussin il est trop bas), pas trop profond et dans lequel le dos est bien maintenu (voire la tête si on veut en profiter pour piquer un petit somme) et pas trop incliné. J’ajouterai que pour des raisons moyennement glamour (entre vous qui perdez du sang et le poussin qui ne demande qu’à recracher son bon lolo), l’idéal est qu’il soit facile à nettoyer et pas trop salissant (sinon vous pouvez toujours le recouvrir d’une serviette de toilette, pas très classe mais très pratique).

Quelques accessoires pour aller avec le fauteuil :

  • un repose-pied (ou n’importe quoi qui puisse faire office) : d’après la sage-femme, environ 100% des femmes ont tendance à se mettre sur la pointe des pieds quand elles allaitent assises (un peu comme ouvrir la bouche pour mettre du mascara). 5 minutes, ça va, 45 minutes, ahem.
  • de quoi manger et boire : l’allaitement donne soif, et on peut profiter de ce moment de calme pour enfin avaler un morceau. Ceci peut expliquer la présence de taches de chocolat/sauce tomate/autre sur des pyjamas taille 1 mois.
  • éventuellement de quoi se distraire : téléphone, livre, magazine, télécommande, ordinateur (c’est un peu plus technique à mettre en place mais pourquoi pas), etc. Oui la tétée est un moment privilégié avec votre enfant, mais au bout d’un moment c’est surtout avec votre sein qu’il passe un moment privilégié, et comme on l’a dit plus haut, une demi-heure toutes les deux heures…

Pas d’inquiétude, cette impression d’être un sein sur pattes va s’atténuer progressivement au fur et à mesure des semaines, mais autant traverser cette période qui n’est pas toujours facile en étant confortablement installée. Et progressivement, les mamelons deviennent plus résistants et on peut prendre des positions plus acrobatiques pour donner la tétée. Si ça peut en rassurer certaines, au début la simple idée d’allaiter ailleurs que dans mon fauteuil ou au lit me semblait inconcevable, et après deux mois j’allaitais n’importe où : dans la voiture (à l’arrêt bien sûr), dans les magasins, au bord de la piscine… Et pour la petite histoire (catégorie « mon fils c’est le plus beau/le plus fort/le plus intelligent/le plus drôle »), au bout de quelques semaines, le poussin avait bien repéré le fauteuil, où nous n’allions que pour les tétées : quand il hurlaitchouinait pour manger, il se calmait dès qu’on approchait du fauteuil et réaugmentait le volume si par mégarde je m’en éloignais pour aller chercher un truc (tablette de chocolat ou BD au hasard).

La péridurale vue de l’intérieur (3)

mercredi, avril 23rd, 2008

Après quelques généralités sur la péridurale puis ses petits effets secondaires, parlons maintenant de l’accouchement à proprement parler : comment son déroulement est-il affecté ? La péridurale entraîne-t-elle une surenchère d’interventions médicales ?

On entend souvent que la péridurale ralentit le travail : les choses ne sont pas si simples. Il est connu qu’elle a un effet relaxant sur l’utérus, ce qui peut conduire soit à diminuer certaines contractions inefficaces soit à toutes les diminuer. Dans certains cas la détente qu’elle procure à la mère permet au contraire de favoriser la dilatation. Par contre il semble que -surtout si elle est fortement dosée-, elle tende à rallonger la phase d’expulsion. D’une part parce que la mère qui ne sent rien ne pousse pas efficacement, et d’autre part parce que si le bassin est trop « engourdi », il n’aide pas au passage du poussin. Cependant, même si ces effets sont réels, ils ne sont pas systématiques.

Donc pour contrer l’effet utérorelaxant, il n’est pas rare qu’on perce la poche des eaux (si elle ne s’est pas rompue déjà seule) et/ou qu’on ajoute un peu de syntocinon dans la perfusion. Cependant les doses injectées sont extrêmement faibles. Et plus votre travail est avancé lorsqu’on vous pose la péridurale, moins cet effet est important.

Le fait que les poussées soient moins efficaces et que le poussin ne se présente pas toujours bien entraîne plus d’extractions instrumentales (forceps, ventouse), lesquelles s’accompagnent plus souvent d’une épisio.

Quoi qu’il en soit, il n’y a rien d’automatique, et c’est plutôt une question de confiance entre patiente et soignants, qui semble de toute façon essentielle au bon déroulement de l’accouchement, même si il est très regrettable qu’elle fasse parfois défaut. Votre cerveau n’est pas anesthésié, et à moins que certains gestes ne doivent être pratiqués en urgence, vous pouvez tout à fait en discuter avant avec l’équipe. Et au moins votre réflexion n’est pas brouillée par la douleur.

La péridurale limite les positions possibles pour l’expulsion (quatre pattes ou accroupie sont impossibles par exemple -quoi que la poule accoucheuse me signale qu’elle a déjà assisté une femme accroupie sous péridurale pour l’accouchement), mais ne vous cantonne pas pour autant au classique décubitus dorsal (mot savant pour dire « allongé sur le dos »). Si on elle est bien dosée au moment de l’expulsion, vous pouvez très bien sentir les contractions et le passage du bébé sans pour autant avoir mal, je le sais pour l’avoir vécu (et d’ailleurs le poussin est sorti sans forceps ni épisio).

Un petit mot sur le post-partum : beaucoup de femmes qui ont testé avec et sans ont trouvé que les suites de couches étaient plus faciles si elles n’avaient pas eu la péri. Cela dit là encore rien de systématique : personnellement, à part le petit pansement dans le dos qui au bout d’un moment est un peu gênant, je n’ai plus senti aucun effet en sortant de la salle de naissance (heureusement il en restait un peu avant pendant qu’on recousait la déchirure…).

Alors, on la prend ou pas ? Je dirais que c’est un peu comme aller sur l’aiguille du Midi. Vous pouvez monter à pied ou prendre le téléphérique. Certains ne profitent de la vue que s’ils ont pu se dépasser physiquement pour y arriver, d’autres au contraire pensent qu’ils en jouiront mieux s’ils sont bien reposés et voient la montée comme un calvaire à éviter. Comme pour l‘allaitement, c’est donc à chacune de prendre sa décision, en gardant l’esprit ouvert et la possibilité de changer d’avis le jour J.

D’autant plus qu’on a vu que même si on la voulait on ne pouvait pas être sûre de l’avoir. Inversement, si vous ne la voulez pas mais qu’on doit finalement vous injecter de l’ocytocine artificielle (par exemple pour un déclenchement), laissez-vous au moins la possibilité de reconsidérer votre point de vue. Enfin il y a certains accouchements à caractère plus pathologique pour lesquels elle vous sera très fortement recommandée (par exemple si vous avez de l’hypertension). Dans tous les cas, il est donc utile d’être préparée moralement et physiquement à toutes les possibilités : un accouchement est (merveilleusement) imprévisible.

On peut cependant déplorer que les maternités actuellement proposent trop peu d’alternatives à la péridurale pour mieux gérer la douleur : accompagnement plus soutenu par la sage-femme (gérant plusieurs gros bidons à la fois, elle ne peut être au four et au moulin), possibilité d’utiliser divers équipements comme baignoire ou gros ballon, de se suspendre, etc. C’est en général le futur papa qui accompagne sa poulette, et il est rare qu’il soit versé dans cet art subtil : proposer des positions qui soulagent, masser les reins et j’en passe. Ce rôle peut alors être tenu par une doula, même si leur présence dans les maternités reste controversée (mais ceci est un autre débat). On pourrait penser qu’il coûterait moins cher de faire des massages des reins et d’acheter des gros ballons que de mettre en place des anesthésies, mais en fait à partir du moment où les maternités paient un anesthésiste elles préfèrent le rentabiliser, au grand dam des sages-femmes qui aimeraient pouvoir aider plus efficacement les gros bidons qui n’ont pas le petit tube dans le dos.