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There will be blood

samedi, mars 6th, 2010

Eric-true-blood-7701652-864-1296 Attention : billet anti-glamour. On a déjà évoqué ici ou la question des saignements autour de la grossesse mais je me disais qu’un petit récapitulatif sur la question pourrait intéresser les poules de la basse-cour.

Pendant la grossesse, en théorie, on ne saigne pas du tout. On parle d’ailleurs d’aménorrhée (absence de règles), qui est un des principaux signes précoces de la grossesse. Cependant, comme toujours la théorie et la pratique sont deux choses séparées et on peut avoir des « règles anniversaires » en début de grossesse, sans que ce soit inquiétant. Il arrive également que la nidation s’accompagne de petits saignements. Ensuite, un col un peu sensible peut saigner un peu après un examen, voire spontanément en fin de grossesse (notamment lorsqu’il y a des contractions). Tant que cela reste ponctuel, peu abondant et que le sang est frais (bien rouge), sans autre signe d’alerte (pertes vaginales inhabituelles, température etc), ce n’est pas un motif d’inquiétude non plus (bien sûr si vous êtes quand même inquiète il ne faut pas hésiter à consulter). Le bouchon muqueux peut aussi être accompagné d’un peu de sang lorsqu’on le perd.

Au moment de l’accouchement, là encore les contractions peuvent provoquer quelques saignements, mais les choses sérieuses ne doivent normalement commencer qu’après la sortie du bébé. Une surveillance rapprochée s’impose alors afin d’éviter l’hémorragie de la délivrance, qui reste une des principales complications de l’accouchement pour la mère (en France première cause de mortalité maternelle). Une fois que le placenta et les membranes amniotiques sont sortis dans leur intégralité, le risque est fortement diminué. La plupart des maternités ont d’ailleurs un protocole de délivrance dirigée, avec injection d’ocytocine artificielle au passage des épaules du bébé et sortie du placenta par traction contrôlée du cordon, ces pratiques ayant montré qu’elles permettaient de réduire le risque d’hémorragie. A noter qu’une tétée précoce peut également provoquer des contractions (les fameuses tranchées qui n’ont pas grand chose à voir avec les poilus de Verdun) et aider la délivrance. On perd environ 250 à 300 ml de sang (à partir de 500 on parle d’hémorragie).

Le post-partum est marqué par des pertes de sang (les lochies) pendant plusieurs semaines. Elles sont généralement très abondantes dans les jours qui suivent l’accouchement puis diminuent rapidement. Vers 12-15 jours arrive le petit retour de couche, qui correspond à la cicatrisation de la zone d’insertion placentaire. Il passe généralement inaperçu puisqu’il est rare de s’arrêter de saigner avant, et les saignements sont peu abondants. Rappelons qu’à cette période les protections périodiques internes (comme la coupe ou les tampons) ne doivent pas être utilisés pour écarter les risques d’infection.

Le retour de couche marque le retour de la fécondité mais attention, comme c’est l’ovulation qui provoque les règles, lorsqu’il arrive c’est généralement qu’on a déjà ovulé. On peut donc tomber enceinte AVANT le retour de couche. Celui-ci arrive six à huit semaines après l’accouchement si on n’allaite pas, et n’importe quand si on allaite. Si on ne souhaite pas tomber enceinte, il faut donc prendre ses précautions à partir de trois semaines après l’accouchement environ. Contrairement à ce qu’on entend parfois, il est possible de se faire poser un stérilet sans avoir eu son retour de couche (le stérilet aux hormones n’est pas contre-indiqué pour l’allaitement), après la visite post-natale des six semaines. Si on allaite on peut recourir à la MAMA (méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée), mais attention les conditions sont restrictives :

  • bébé de moins de six mois
  • tétée exclusive au sein et à la demande (pas de biberon, pas de tétine)
  • pas plus de quatre heures entre les tétées
  • pas de retour de couche

(les mauvaises langues diront que le simple respect de ces conditions suffit à remplir la seule méthode de contraception fiable à 100% : l’abstinence)

Et bien sûr il reste la pilule (ou ses dérivés : patch, anneau, implant…) et les méthodes barrière en local (préservatif, diaphragme, spermicides…), sans compter les méthodes d’observation (comme la méthode sympto-thermique, même si j’ai du mal à trouver des infos sur son application pendant cette période particulière). Je réalise qu’on a un peu dérivé du sujet initial mais je trouve qu’on n’en fait jamais trop sur la contraception (cf ici).

Photo : Comment parler de sang sans rendre hommage à Eric, si injustement oublié ici. Et puis c’est la journée des droits de la femme, non ?

Toutes les femmes peuvent allaiter ?

mardi, février 9th, 2010

cat-breastfeeds-baby Après des décennies de suspicion envers le lait maternel, il était temps de rétablir la vérité. Oui, l’immense majorité des femmes peut produire du lait d’excellente qualité (on voit qu’en Norvège par exemple 98% des femmes allaitent à la naissance). Cependant, dans la lignée de ma réflexion sur information et culpabilité, je me demande si cette affirmation n’a pas entraîné une certaine culpabilisation, infondée de surcroît. Ce n’est un secret pour personne que chaque femme, chaque grossesse, chaque naissance sont différentes. Un couple aura besoin d’assistance médicale pour concevoir un enfant tandis qu’un autre en aura un malgré l’usage d’une contraception supposée efficace. Une femme mènera une grossesse paisible et sans encombre tandis que l’autre développera une complication ou une pathologie. Tel accouchement pourra se faire physiologiquement, sans assistance, tandis qu’un autre nécessitera une césarienne. Bref, sur la route qui nous mène au bébé, nous sommes loin d’être toutes égales. Il paraît logique qu’il en soit de même pour allaiter. Au-delà des situations particulières (prématurité, jumeaux…) qui peuvent handicaper l’allaitement et sans même parler psychologie, il suffit de comparer les histoires de son entourage pour voir toute une diversité de situations : de l’allaitement qui a roulé tout seul aux mères très motivées qui ont fini par jeter l’éponge devant les difficultés rencontrées. Si on reprend l’exemple de la Norvège, on voit d’ailleurs qu’à trois mois le taux d’allaitement passe à 80%. Il y a donc un nombre non négligeable de mères qui ont commencé à allaiter et jeté l’éponge.

Evacuons tout de suite le problème des mauvais conseils et de l’entourage (y compris médical) plombant qui accuse l’allaitement au moindre écart, prônant le sevrage dès que quelque chose ne va pas. Il est complètement schizophrène et contre-productif de mettre des avertissements qui ne sont pas sans rappeler ceux des paquets de cigarette sur les boîtes de lait pour bébé tout en considérant ce même lait comme la norme et le lait maternel comme une gentille excentricité (voire une déviance perverse de mère égoïste) à laquelle il faut renoncer rapidement. Passons aussi sur le libre choix des mères :  il doit être absolument respecté. Ceci dit ce choix doit être informé et éclairé, et non basé sur des contre-vérités et autres culpabilisations infondées (« de toute façon tu n’as pas de lait/il n’est pas assez bon » ou encore « si tu n’allaites pas ton enfant sera débile, malade et dépressif »). Mais in fine, même s’il est important d’être bien informée,  je pense que c’est surtout une décision intuitive, qu’on « sent » plus qu’on ne la raisonne. Il me semble qu’allaiter si on n’en a pas vraiment envie c’est un peu comme faire du sport juste pour maigrir/parce que c’est bon pour la santé : voué à l’échec. Mieux vaut faire comme Johnny et avoir l’envie d’avoir envie… Mais j’ai déjà parlé de toute cela ici, et je vais donc arrêter le réchauffé.

Revenons à nos moutons : qui ne connaît pas une mère, motivée pour allaiter, bien renseignée sur la question (y compris ayant déjà allaité), qui a fini par arrêter ? Ou qui a persévéré, mais à quel prix ? Je connais des femmes qui ont allaité uniquement en tirant leur lait et en le donnant au biberon, d’autres qui ont passé des semaines à rééduquer la succion du bébé par des artifices complexes, d’autres encore qui ont souffert le martyr pendant des jours, certaines qui ont du lutter pied à pied contre un entourage hostile et culpabilisateur. Si vous ne me croyez pas ou n’en connaissez pas, allez simplement sur la section « allaitement » de n’importe quel forum de mères, et vous verrez un condensé de tout ce que ces mères ont enduré (et si vous hésitez à allaiter, il vaut peut-être mieux éviter, c’est assez décourageant). Moi qui ai eu (jusqu’ici) la chance d’avoir des bébés téteurs de compét’ et de baigner dans le lait (donc en gros allaiter = mettre la bouche du bébé devant le téton et attendre que ça se passe tout seul, éventuellement en serrant les dents quand ça fait mal), je suis baba d’admiration devant tant d’énergie et de volonté.

Pour en revenir à mon interrogation initiale, je ne suis pas convaincue par la communication très lisse autour de l’allaitement parfait au pays des bisounours, avec le message sous-jacent que d’une part c’est que du bonheur et que d’autre part ce bonheur est à la portée immédiate de toutes. Parce que que va faire une mère quand ça ne va pas être que du bonheur (et il me semble qu’une bonne majorité des mères allaitantes rencontre un jour ou l’autre un problème) ou quand elle ne va pas y arriver ? Culpabiliser pardi, c’est une seconde nature. Alors OK, tout le monde peut y arriver, mais probablement pas au même prix. Et oui, globalement c’est du bonheur, mais pas que.

Concrètement, je conseille à toutes les femmes qui ont le désir d’allaiter de se préparer, non pas en se massant les tétons mais en s’informant sur les difficultés et les pièges de base (par des lectures, des réunions d’associations type LLL ou des cours de préparation à la naissance), et en étant prête à recourir aux conseils d’une « professionnelle » à la moindre difficulté (sage-femme libérale, bénévole d’association de soutien à l’allaitement, consultante en lactation), idéalement identifiée avant la naissance du bébé. Et à toutes celles qui attendent un bébé de se laisser la possibilité de changer d’avis, quelle que soit leur position initiale. On a le droit de trouver ça trop dur, ou tout simplement que ce ne soit pas son truc, et inversement on peut se laisser surprendre par un nouveau-né tout juste arrivé qui rampe vers le sein, ou juste émouvoir par une amie qui donne le sein avec plaisir.

Pour finir, si vous doutez de la puissance et du pouvoir du sein, je vous suggère de jeter un œil à cette vidéo (le son n’est pas indispensable, par contre évitez la trop grande proximité d’un repas si vous avez l’estomac fragile…) :

Bien-être et maternité

jeudi, janvier 7th, 2010

bienetre Je continue sur la lignée des livres prêtés par ma prof de yoga prénatal (probablement un des derniers, car comme l’indique l’adjectif « prénatal », je risque de ne plus beaucoup la revoir d’ici très bientôt) avec ce beau pavé du Dr Bernadette de Gasquet. Celle-ci est à la fois médecin et professeur de yoga, et s’est rendue célèbre dans le microcosme de la périnatalité par ses travaux sur la mécanique obstétricale et notamment ses propositions en matière de liberté de position à l’accouchement. Elle a aussi beaucoup travaillé sur les abdos et le périnée.

C’est plutôt un bon livre pour accompagner la grossesse car il ne se contente pas d’énumérer tous les problèmes auxquels on peut être confrontée avec pour seule explication « c’est normal/c’est les hormones/c’est psychosomatique » et pour seule proposition d’amélioration « ce n’est pas grave/ça ne durera pas plus de 9 mois, soyez patiente/prenez du paracétamol/arrêtez de stresser/allez voir un psy ». En effet le livre propose toute une série de postures (inspirées ou directement prises au yoga), d’exercices, de relaxations et de propositions pour aider concrètement les femmes à se sentir bien pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum. Les postures sont bien décrites et illustrées au fil des pages, en accompagnement de la description des troubles qu’elles sont censées apaiser, et il y a des propositions de séances pré et post-natales pour les enchaîner. Evidemment si comme moi vous avez un cours de yoga c’est moins utile, mais si vous avez des difficultés à en trouver un ou une fâcheuse tendance à oublier les postures (SNU quand tu nous tiens), c’est toujours bon à avoir sous le coude. Ce que je trouve bien aussi dans ce livre c’est qu’il n’est pas culpabilisant et qu’il reste très pragmatique, du coup je pense qu’il peut convenir à beaucoup de femmes et pas seulement à celles qui sont vraiment dans une démarche d’accouchement très « nature » et physiologique. Du coup je pense qu’il peut faire un cadeau apprécié à une amie enceinte, même si on n’est pas tout à fait dans la même approche.

Evidemment, ce livre a aussi quelques aspects qui peuvent être irritants. Il est écrit surtout sous forme de dialogue entre la femme et le « professeur » (mais moins particulier que le style Leboyer quand même…), ce qui peut faire bizarre. Il y a quelques suggestions et conseils un peu étranges (du style remplacer son sac à main par une valisette qu’on pourra utiliser comme repose-pied ; je peux vous dire que le premier qui tente de remplacer mon Twenty par une valisette il se prend le Twenty en question et son énorme aimant dans sa face*), mais après tout rien n’empêche de piocher ce qui nous convient et d’ignorer le reste. Le livre date de 1997 (il est à sa septième édition) mais ses photos ont un furieux goût de 80’s-début des 90’s, on se croirait chez Véronique et Davina… Notez qu’il n’est pas obligatoire de revêtir la même tenue ou de se faire un brushing assorti pour que les postures soient efficaces. L’allaitement n’est pas trop mal traité mais ça ne vaut pas un vrai livre sur le sujet comme le grand classique de Marie Thirion, ou mieux encore la possibilité d’avoir une personne référente de confiance (sage-femme, consultante en lactation, animatrice d’association…) dès la naissance du bébé pour aider à résoudre ses problèmes avec des solutions adaptées. Ce n’est pas la même chose de voir une photo d’une position d’allaitement ou d’avoir quelqu’un qui vient chez vous vous montrer comment la réaliser avec vos fauteuils, vos coussins et votre bébé. Enfin il faut avoir un minimum envie d’essayer les postures et les étirements, il semble peu probable qu’une approche donnée puisse convenir à tout le monde.

En conclusion je dirais que dans la myriade des guides de grossesse c’est plutôt un bel investissement, à offrir, se faire offrir, prêter ou emprunter. A mon avis bien plus utile que le Pernoud en tout cas (et moins cher si j’en crois les tarifs Amazon).

*par contre je suis tout à fait ouverte si on cherche à le remplacer par un Birkin par exemple…

Quand partir à la maternité

mardi, décembre 22nd, 2009

JustinChambers_DrKarev Autant le dire tout de suite, cet article ne concernent pas vraiment celles qui ont le projet d’accoucher chez elles. Mais comme elles ne représentent qu’environ 1% des accouchements en France, on peut en déduire qu’il reste donc un nombre non négligeable de femmes enceintes (et de futurs pères) qui se posent cette question.

Il y a en gros deux raisons d’aller à la maternité (hors des rendez-vous) :

  • pour accoucher
  • parce qu’on suspecte un problème pour l’enfant et/ou pour la mère

Pour le deuxième cas, les principaux signes d’alerte sont :

  • fièvre (supérieure à 38.5°C)
  • pertes de sang : il faut savoir cependant que le col de l’utérus étant très irrigué et plus fragile pendant la grossesse il n’est pas inquiétant d’avoir des pertes légères de sang frais après un examen, un rapport ou encore une bonne série de contractions.
  • pas de mouvement du bébé pendant 24 heures
  • contractions fréquentes et prolongées et/ou perte de liquide amniotique avant 37 semaines d’aménorrhée (bon pas de panique si on est à 36 SA et 4 jours…) : un début de travail prématuré doit conduire fissa à la maternité, où on pourra essayer de l’arrêter ou au moins de le retarder, le temps d’injecter des corticoïdes afin d’accélérer la maturation des poumons du bébé.

Il me semble aussi que les femmes enceintes, au fur et à mesure que le bébé grandit, ainsi qu’au fil des grossesses, développent une connaissance intuitive de leur bébé ; à mon avis il ne faut pas hésiter à consulter en urgence si on a vraiment le sentiment que quelque chose ne va pas.

Parlons maintenant du cas le plus général et le plus joyeux (c’est Noël après tout) : un bébé qui va bien, qui est à terme et qui a décidé de faire plus ample connaissance avec ses parents. On ne parlera pas ici des grossesses pathologiques pour lesquelles les recommandations sont à voir au cas par cas avec l’équipe médicale.

Rappelons déjà que les deux signes qui montrent que le travail se lance sont des contractions régulières et/ou la rupture de la poche des eaux. On dit de façon classique qu’il faut partir à la maternité dès qu’on perd du liquide amniotique (rupture franche ou fissure de la poche) ou quand on a des contractions toutes les 5 minutes depuis 2 heures pour un premier bébé (1 heure pour les suivants). Cependant il me semble qu’en fonction d’un certain nombre de paramètres, une femme aura intérêt à partir plus vite ou au contraire plus tard. La distance de la maternité, la garde éventuelle des aînés, le souhait d’une naissance physiologique ou d’avoir une péridurale aussi vite que possible, le rang de naissance (les accouchements sont censés être de plus en plus rapides, même si cela peut se rallonger après quelques enfants -le nombre exact étant sujet à débat et hautement dépendant de la femme) sont autant de facteurs qui doivent vous conduire à tempérer ces indications, à la hausse ou à la baisse.

Concernant la perte des eaux, on demande de venir rapidement à la maternité à cause du risque infectieux (le fœtus n’étant plus protégé par la membrane hermétique) ; ceci est cependant tempéré par les partisans de la naissance physiologique qui suggèrent qu’il y a plus de pathogènes à l’hôpital que chez soi et craignent les infections nosocomiales. Quelle que soit votre décision dans ce cas, surveillez la couleur et la consistance du liquide : s’il se teinte ou perd son aspect transparent et fluide partez rapidement. Ceci dit la rupture prématurée des membranes à terme (en français : quand on perd les eaux avant d’avoir des contractions) ne concerne qu’environ 10% des accouchements (même si dans les films cette proportion monte à environ 75%). Par contre, si vous perdez les eaux alors que les contractions ont déjà bien commencé il ne faut plus traîner car la naissance risque d’arriver assez vite. Et une fois la poche des eaux rompue il est fortement déconseillé d’aller à la maternité à pied (risque notamment de procidence du cordon). Si vous n’avez pas de voiture, sachez que la Sécu vous remboursera un trajet en ambulance ; les pompiers et le SAMU sont « gratuits » mais ils vont à la maternité la plus proche, qui n’est pas forcément celle où vous êtes inscrite.

Un écueil à repérer : le faux travail (ou pré-travail selon la façon dont on voit les choses), qui consiste en des contractions dites inefficaces car elles n’agissent pas sur le col, même si elles sont aussi douloureuses que des contractions de travail. Le test généralement recommandé consiste à prendre un bain chaud et/ou quelques Spasfon, en comprimés solubles ou en suppositoires (voir la posologie avec votre praticien habituel) : si ça s’arrête vous pouvez rester au chaud. Attention aussi à la perte du bouchon muqueux qui n’est pas en soi un signe d’accouchement imminent (ce sont des pertes visqueuses d’une délicate couleur marronnasse, un vrai poème). Cependant quand il fait chaud il peut être quasi liquide et ainsi se confondre avec du liquide amniotique. En cas de doute, la maternité doit normalement vous avoir donné le téléphone des salles de naissance où vous pouvez joindre une sage-femme de garde 24 heures sur 24 (sinon n’hésitez pas à le demander à la dernière consultation).

Enfin si malgré tout vous accouchez de façon impromptue chez vous ou en route, sachez que ces accouchements ultra-rapides sont généralement sans problème. Contrairement à ce qu’on voit dans les films, il n’y a généralement pas d’urgence à couper le cordon, prenez le temps de reprendre vos esprits. Si vous êtes chez vous et que tout se passe bien (bébé a l’air à peu près en forme, vous ne pissez pas le sang…), j’aurais tendance à vous suggérer d’appeler une sage-femme libérale pour venir évaluer la situation plutôt que les pompiers qui n’y connaissent souvent pas grand chose ; même s’ils sont grands beaux et musclés ce n’est généralement pas le moment où on veut en voir débarquer cinq dans son salon. Et pour information, le lieu officiel de la naissance (pour l’Etat civil) n’est pas l’endroit où le bébé est sorti mais celui où a eu lieu la délivrance (expulsion du placenta et des membranes).

Je vous ai préparé avec tout le sérieux et la rigueur scientifique qui me caractérisent un petit questionnaire pour vous aider.

A quelle distance êtes-vous de la maternité et quelles sont les conditions de trafic ?

a. J’habite à 3 minutes à pied.

b. Je suis à 20 minutes de voiture quand ça roule mais aux heures de pointe ça peut prendre 1h30.

c. Il y en a pour deux heures de route de montagne, certains cols seront peut-être fermés à cause de la neige, et la voiture démarre une fois sur deux.

d. La réponse d.

Quelle est votre situation familiale ?

a. C’est mon premier enfant et le papa a arrêté de travailler depuis 1 mois juste pour s’occuper de moi.

b. C’est mon deuxième enfant, il faut que je fasse venir quelqu’un pour le garder et le père travaille à 1 heure de chez nous.

c. C’est mon cinquième enfant, il faut que je dépose les aînés chez ma mère (qui ne conduit pas) à une heure de chez moi après être allée tous les chercher dans quatre écoles/crèches différentes et le père en a pour 3 heures à nous rejoindre.

d. La réponse d.

Quel est votre position sur la péridurale ?

a. Si quelqu’un s’approche avec une aiguille, je mords.

b. Je voudrais essayer sans ou au moins l’avoir le plus tard possible.

c. Peut-on l’avoir avant le début des contractions ?

d. La réponse d.

Comment s’est déroulée votre grossesse ?

a. C’est quoi une contraction ? ça veut dire quoi « col long, fermé, postérieur et tonique » ?

b. Cela fait un mois que j’ai régulièrement des contractions et on m’a dit que mon col était ramolli et un peu ouvert (un ou deux doigts).

c. Cela fait trois mois que je suis allongée/que je fais le poirier et que je prends des médicaments pour menace d’accouchement prématuré, il paraît qu’on voit déjà les cheveux.

d. La réponse d.

Comment voyez-vous votre maternité ?

a. Je veux y passer le moins de temps possible, l’odeur d’hôpital me donne la nausée et tous ces gens en blouse font sûrement partie du CMCM (Complot Mondial Contre Moi).

b. Je trouve le personnel plutôt sympa et j’adore la déco des salles de pré-travail.

c. C’est là que je me sens en sécurité : d’ailleurs si je pouvais j’habiterais dans un hôpital, c’est tellement plus prudent.

d. La réponse d.

Avez-vous déjà accouché ? Si oui combien de temps ont duré vos premiers accouchements ?

a. 72 heures sans compter les 15 jours de « faux » travail.

b. Entre 6 et 10 heures.

c. J’ai accouché au restaurant/sur le trottoir/à la Poste.

d. La réponse d.

Vous avez répondu à toutes les questions ? Passons donc aux résultats…

Si vous avez une majorité de a, vous pouvez probablement attendre d’avoir envie de pousser pour vous mettre en route.

Si vous avez une majorité de b, bonne chance pour savoir quand partir, vous avez à peu près autant de probabilité d’arriver beaucoup trop tôt que d’accoucher en route.

Si vous avez une majorité de c, allez à la maternité à 37 SA pour vous faire déclencher.

Si vous avez une majorité de d, vous devez arrêter de regarder cette vidéo en boucle.

Photo : C’est peut-être lui qui vous attend à la maternité (Joyeux Noël Clemys !).

Prasavpurvé

lundi, décembre 21st, 2009

massage-femme-enceinte-44-2 En tant que blogueuse super influente, j’ai été invitée à tester un massage ayurvédique pour femme enceinte. Ceci dit la différence avec ce qu’on lit d’habitude sur les blogs, c’est que ce n’est pas l’institut de massage qui m’a invitée, mais les lectrices de la basse-cour. Je dois dire que sur le coup je n’en suis pas revenue (du cadeau, pas du massage) ! Donc il n’est que justice maintenant de remercier toutes ces poules qui se reconnaîtront pour le très bon moment que j’ai passé chez Uma.

Le centre Uma est situé dans le coin le plus bobo du 9ème arrondissement, entre deux boutiques bio. Il propose des massages inspirés de la tradition ayurvédique mais aussi d’autres activités comme yoga et gyrotonic. Il ne ressemble pas à un spa classique, le lieu d »accueil a plutôt des airs de café (sauf qu’on y sert de la tisane…) et je ne sais pas avec quoi ils droguent leur personnel mais à côté d’eux les bisounours sont aigris et désagréables. C’est d’autant plus surprenant quand on arrive du métro parisien. On m’avait demandé à la réservation si je préfèrais un homme ou une femme, je ne regrette pas d’avoir demandé une femme car le massage se fait entièrement nue, si on excepte une sorte de string jetable (anticipation de ma lingerie fine dans quelques semaines ??). Bref une heure de détente et de relaxation, parfaitement adaptée à mon gros bidon, j’ai failli m’endormir à la fin, mais en sortant j’étais tellement bien que j’ai carrément affronté la FNAC St Lazare à 17h à une semaine de Noël.

Un grand merci à la basse-cour pour ce superbe cadeau (Prasavpurvé c’est le petit nom du massage pour femme enceinte) ; et pour ceux et celles qui se demandent encore quoi mettre sous le sapin, c’est une bonne adresse.

Mère indigne, mode d’emploi

jeudi, novembre 12th, 2009

mere_indigne_boulay Ce livre d’Anne Boulay m’a été offert par le Coq pendant la grossesse du Poussin. A l’époque, bienheureuse primipare, je l’avais lu d’une traite dans mon bain du samedi matin (maintenant impossible de prendre un bain tranquille avec l’autre zouave). J’ai rapidement été prise de sueurs froides. Je l’ai relu pendant cette grossesse, c’est beaucoup plus drôle. Surfant sur la mode actuelle de la mère pas vraiment parfaite, le livre aligne un par un tous les pires aspects de la maternité, de la grossesse jusqu’aux premiers mois du bébé. Partant du principe que les côtés positifs ont été surreprésentés ailleurs, ils ne le sont à peu près pas du tout dans le livre. C’est un peu le côté obscur de Laurence Pernoud. Mais avec un style beaucoup plus savoureux et quelques comparaisons assez bien trouvées. Une de mes préférées :

Endroit improbable servant de décor à une scène primordiale de l’intrigue, la salle de travail est un compromis historique entre l’usine d’emballage de poulets de Loué, la boîte de nuit du littoral varois et la cérémonie de remise des Hots d’or. Ce qui donne à cette salle en carrelage blanc un aspect filière avicole c’est l’uniforme : tout le monde porte des sabots de décontamination, une grande blouse et un bonnet de douche en non-tissé. […] Abstraction faite du cadre, c’est le son de la salle de travail qui frappe : on est à deux doigts de la 205 GTI pneus 16 pouces customisée tuning tellement le sound system crache du BPM. La salle d’accouchement est-elle un terrain idéal pour un futur Teknival ? Presque, tant les deux appareils de mesure qui enregistrent le cœur du bébé et son taux d’oxygénation émettent des « boum boum » tout à fait technoïdes. […]

La rencontre entre la grippe aviaire et le milieu de la night n’aurait aucun sens s’il n’y avait pas une histoire de poule au beau milieu. Et quelle poule : l’accouchement est une sorte de trip exhibitionniste assez interminable où un nouvel inconnu portant un bonnet de douche vient toutes les cinq minutes compter le nombre de doigts qu’il arrive à introduire. Cette longue séance de jambes écartées  débouche parfois sur une jolie consécration : certaines parturientes sont alors déclarées « césarisables ».

Vous l’aurez compris : malgré le « mode d’emploi » du titre, ce livre n’est PAS un guide de recommandations pratiques autour de la grossesse, de l’accouchement et du nouveau-né. C’est plutôt une franche partie de rigolade, même si je le recommanderais plutôt à la multipare qui en a vu d’autres qu’à la primipare angoissée (ne pas offrir à une tokophobe…).

Let’s talk about sex (1)

jeudi, octobre 29th, 2009

Salt-N-Pepa Je ne sais pas bien pourquoi exactement je me lance sur ce sujet, qui est bardé de difficultés (ah si, c’est à cause de Ficelle qui m’a tannée avec ça). Chaque femme a une expérience bien particulière, qui pourra varier à chaque grossesse, et pourtant on nous sert les mêmes poncifs éculés à chaque fois. En même temps je n’ai pas très envie de m’étaler sur mon expérience personnelle, d’autant plus que je n’en vois pas forcément l’utilité. Et la moindre recherche google me sort des listes de pages que je n’ai aucune envie de visiter. Au fait le sujet en question c’est « sexe et bébé ». Procédons chronologiquement.

Première étape : Faire le bébé. En général c’est le meilleur moment pour le sexe. D’abord on arrête la contraception, qui si elle est hormonale peut jouer sur la libido. Et puis surtout le désir d’enfant est souvent un puissant moteur de désir sexuel. A ceux (bon c’est surtout « celles ») qui me demandent conseil sur le meilleur timing, je suggère généralement de ne pas se lancer dans des calculs d’apothicaire ou pire des courbes de température, ou en tout cas pas dans un premier temps. D’abord ce n’est ni très romantique ni très excitant, ensuite ça n’est pas toujours très fiable et enfin on ne compte plus les femmes qui sont tombées enceintes seulement après avoir arrêté les calculs. Donc sachant que les spermatozoïdes une fois largués ont une durée de vie d’environ trois jours (selon les sources on trouve deux à cinq, on dira qu’il y a une forte variabilité naturelle), si on fait des travaux pratiques deux à trois fois par semaine (ou plus si affinités et/ou premier enfant…), on est à peu près sûr que l’ovule ne se trouve jamais seul au moment où il se décide à se pointer (voir aussi l’article de Martin Winckler). En général les coqs sont assez partants pour ce type de stratégie.

Deuxième étape : la grossesse. Faisons d’abord le tour des généralités sur le sujet. D’abord le premier trimestre : il n’est traditionnellement pas très favorable à la bagatelle, par son climat hormonal et par les conséquences de celui-ci. Les nausées ne sont pas particulièrement érotisantes et le fort besoin de sommeil souvent ressenti à cette occasion peut conduire la future maman à imiter la poupée Corolle qui ferme les yeux quand on la couche. Et ne parlons pas d’autre symptômes moins courants comme le ptyalisme… Le deuxième trimestre voit théoriquement la femme enceinte se transformer en nymphomane : elle pète le feu et n’est pas encore trop gênée par son ventre, les hormones (ainsi que Vénus dans la troisième maison du Bélier ?) sont favorables à une certaine activité sexuelle. Enfin au troisième trimestre la femme est fatiguée, elle a mal partout, ne sait pas quoi faire de son ventre et ne veut donc plus entendre parler de sexe, sauf lorsque l’accouchement se fait attendre et qu’elle espère un déclenchement à l’italienne.

Evidemment les choses ne sont pas aussi claires et tranchées dans la vraie vie (voir aussi ce document qui est moins neuneu que ce qu’on nous sert d’habitude). D’abord les hormones changent souvent la sensibilité des zones érogènes, cela peut être en bien mais aussi en moins bien, et dépendre des périodes de la grossesse (et pas forcément de la façon écrite dans les livres). Ensuite certains effets secondaires de la grossesse (pensons aux nausées mais aussi aux hémorroïdes et autres mycoses par exemple)  peuvent persister tout au long de celle-ci, et là encore on comprend facilement que ça ne donne pas envie de zigounipiloupiler. N’oublions pas non plus les menaces d’accouchement prématuré qui sont souvent incompatibles avec le sport en chambre. A l’inverse les sensations peuvent être largement améliorées par la grossesse, certaines femmes connaissant même leur premier orgasme à cette occasion (une sur cinq paraît-il), ou simplement des orgasmes plus intenses (pas de panique les contractions orgasmiques n’induisent pas d’accouchement prématuré, à moins d’être déjà dans une situation de menace importante).

Au niveau psychologique, là aussi de nombreux facteurs peuvent interférer avec la libido. L’incompatibilité mère/amante, le dégoût d’un corps qui change, la peur (pourtant infondée) de faire mal au bébé, les consultations médicales répétées qui peuvent conduire à un sentiment de désexualisation, et bien d’autres choses sont susceptibles de bloquer les envies sexuelles des femmes enceintes. D’autres au contraire ressentent leur féminité magnifiée, voire enfin complète, ce qui exacerbe et renforce leur désir. Là encore ça peut être par phases, et pas toujours selon les préconisations des ouvrages de référence.

N’oublions pas que ce genre d’activité se pratique généralement à deux, ce qui complique l’équation (et encore je me cantonnerai au classique papa + maman = bébé). Le futur père peut lui aussi être bloqué ou au contraire être encore plus attiré par sa femme et ses nouvelles formes (ah la poitrine de la femme enceinte…), et ce également par phases. Si celles-ci ne sont pas synchronisées avec celles de Madame, forcément ça n’aide pas.

Quelques considérations pratiques. D’abord, le ventre. Il devient rapidement une troisième présence dont il est difficile de faire totalement abstraction mais vous pouvez quand même adopter des positions où on le sent moins (non je ne vous ferai pas de dessin, je vous laisse expérimenter, sinon faites un tour ici pour quelques idées, sans oublier que le sexe ce n’est pas que le coït…) ; on peut aussi éviter de le caresser pendant les grandes manœuvres. Les bébés comprennent souvent qu’il faut se faire discret dans ces moments-là et évitent de danser la samba (et on pense qu’ils apprécient l’exercice qui les plonge dans un bain d’hormones euphorisantes, certains parlent même d’effet jacuzzi…). Ensuite si on connaît une baisse de désir, on peut aussi tenter de relancer la machine en prenant soin de soi et de son corps (jolis vêtements/lingerie -voir cette vidéo-, épilation, coiffeur, soin esthétique…). C’est toujours ça de pris que de se sentir plus belle, et ça marche aussi pour ranimer la flamme chez Monsieur. Pourquoi pas un petit week-end à l’hôtel (même dans sa propre ville, ça dépayse), avec les éventuels aînés casés pour l’occasion ? Ou même chez soi mais sans les grands ? La fatigue est fatale à la libido, et si un coq veut remotiver sa poule il peut commencer par la décharger des taches ménagères pour qu’elle se recharge ses batteries (et quoi de plus sexy qu’un homme qui fait la vaisselle ? un homme qui passe l’aspirateur peut-être ?). Si le bébé occupe toutes vos pensées, n’oubliez pas que des parents amoureux et soudés sont un atout précieux pour lui. Notez que ces dernières idées sont aussi valables après l’accouchement.

Après l’accouchement justement, on en parlera demain (suspense de la mort qui tue). D’ici-là n’hésitez pas à partager vos expériences (quitte à commenter anonymement, avec perruque et lunettes de soleil…).

Tokophobia

lundi, octobre 26th, 2009

munch_thescream Quelle femme n’a pas peur d’accoucher ? Même celles qui sont intimement convaincues que c’est un acte naturel pour lequel leur corps est fait ont leurs appréhensions pour la naissance. Il est vrai que les raisons d’avoir peur ne manquent pas : peur de mourir et/ou de perdre son bébé bien sûr, mais aussi peur de l’hôpital, peur d’avoir mal, peur de perdre sa dignité, peur d’avoir des séquelles, peur de certains gestes médicaux, et bien d’autres encore. Et ce bien que la naissance n’ait jamais été aussi sûre, tant pour la mère que pour l’enfant. Même si cette peur est plus ou moins présente chez tout le monde, elle peut prendre des proportions très importantes chez certaines (jusqu’à prendre plusieurs contraceptions simultanées voire renoncer à avoir un enfant) : on parle alors de tokophobie (si vous n’êtes pas rebutée par l’anglais vous pourrez lire de nombreux témoignages ici).

Sans aller jusqu’à ces extrêmes, il me semble que plusieurs facteurs peuvent entretenir cette peur :

  • Quelle représentation de la naissance dans notre société ? L’image principale qu’on en a, dans les médias notamment, est celle d’un passage difficile, sous haute surveillance médicale, qui ne demande qu’à partir en sucette. Dans les films on voit souvent la femme au moment crucial, échevelée, rouge et suante, entourée par un tas de blouses blanches qui lui crient « Poussez ! pousseeeeeeeeez ! » (apparemment les scénaristes n’ont pas lu Leboyer), le plan suivant représentant généralement la mère parfaitement coiffée et maquillée avec un « nouveau-né » de six mois dans les bras. Ou alors si vous êtes fan de séries médicales (comme la Poule…) il y aura entre les deux un passage plein de sang et de stress où le beau médecin sauvera in extremis Maman et bébé d’une mort fulgurante dans d’atroces souffrances sous le regard enamouré de la jeune infirmière/interne. Perturbant, et globalement pas très tentant.
  • L’entourage a également un rôle important : quelle femme n’a jamais entendu des récits d’accouchements terrifiants, avec douleurs insoutenables, mort évitée de justesse, déchirures du vagin jusqu’à l’anus et j’en passe. C’est peut-être une sorte de bizutage, mais en particulier quand on est enceinte on est abreuvée d’histoires plus gores et terrifiantes les unes que les autres (soit de première main, soit l’amie d’une amie dont la cousine a une tante qui…). Certes, il n’est pas très constructif d’enfermer les femmes enceintes au pays des Bisounours sous prétexte qu’il ne faut pas les stresser, mais on peut peut-être trouver un juste milieu non ? Evidemment les récits de l’entourage très proche (notamment les femmes de la famille) sont les plus percutants pour la future mère, qui se sent logiquement plus concernée (il y a une part de génétique dans le déroulement de la grossesse et de l’accouchement, même s’il y a bien sûr de nombreux autres facteurs à prendre en compte). Mais il peut aussi y avoir eu un film ou une image mal à propos qui gardent une empreinte durable.
  • Enfin bien sûr il y a le vécu d’une mère lorsque ce n’est pas sa première grossesse et qu’un accouchement antérieur s’est mal déroulé et/ou a été mal vécu (il y a des naissances qui sont sans problème d’un point de vue médical -le fameux « la mère et le bébé vont bien »- mais qui laissent un goût amer à la femme, voire au bébé) ; on peut aisément comprendre qu’on n’y retourne pas volontiers. Si la naissance a nécessité une intervention médicale importante, cela peut entamer la confiance de la femme en ses capacités pour donner naissance et ajouter à son angoisse.

La peur d’accoucher est donc probablement une des choses les mieux partagées par les femmes (et ne parlons pas des hommes…). Alors comment atténuer et gérer ces peurs, qu’on les ressente soi-même ou qu’on y soit confronté chez une autre ?

Tout d’abord, il me semble que comme la plupart des peurs et phobies, celle-ci a une part d’irrationnel qu’on ne doit pas juger ou moquer. La première chose à faire est au contraire de laisser la personne vider son sac et exprimer ses peurs : voir sa souffrance entendue et reconnue est un premier pas vers le soulagement. Le simple fait de formuler certaines peurs à voix haute en présence d’une personne bienveillante peut déjà permettre de les éliminer. Au delà, se documenter, tant sur l’accouchement en général que sur la façon dont les choses peuvent se passer à la maternité choisie (si on est enceinte) peut également faire tomber certaines craintes. N’oublions pas que les choses évoluent (même si parfois trop lentement), et qu’un certain nombre de pratiques redoutées par les femmes ont été abandonnées : si votre mère ou votre grand-mère vous explique qu’elle a du subir un lavement et être intégralement rasée, sachez qu’il y a peu de chances que ça vous arrive. Même s’il y a encore une grande disparité entre hôpitaux et praticiens, l’épisiotomie systématique semble elle aussi être en déclin. Visiter une salle de naissance, éventuellement voir certains instruments, cela peut aider. Par exemple lorsqu’on me parlait de la ventouse je visualisais le gros truc en caoutchouc pour déboucher l’évier, en fait le modèle obstétrical est nettement moins impressionnant. Bien sûr une phobie plus profonde est irrationnelle et ne pourra être levée par des arguments objectifs (tous les phobiques de l’avion se sont vus répéter 2 372 fois que c’est le moyen de transport le plus sûr bla bla bla, avec autant d’effet que de cracher dans un violon) : dans ce cas il faut envisager une psychothérapie si on souhaite traiter sa phobie.

Une échappatoire à cette peur de l’accouchement peut être pour certaines la césarienne. Il me semble qu’il faut éviter cela au maximum, et rappeler que pour une grossesse et un accouchement non pathologiques, la césarienne est plus risquée que l’accouchement par voie basse, tant pour la mère que pour l’enfant. Bien sûr il ne s’agit pas de diaboliser la césarienne, qui a sauvé et sauve tous les jours des femmes et des enfants, mais simplement de l’utiliser à bon escient. Or pour beaucoup de personnes la césarienne paraît plus sûre que l’accouchement par voie basse, et c’est cette idée reçue qu’il faut à mon avis battre en brèche (si le sujet vous intéresse voir aussi cet article très bien fait de Césarine sur la césarienne de convenance). Ceci dit, il ne faut pas non plus être dogmatique, et respecter la détresse et l’angoisse des femmes qui ne peuvent surmonter cette peur (ou pas dans les délais de l’accouchement). De toute façon, si la tokophobie est trop importante, elle peut suffire à bloquer le processus de l’accouchement et conduire à une césarienne en urgence.

Personnellement je dois dire que j’ai longtemps trouvé l’accouchement terrifiant, et qu’au début de la grossesse du Poussin je n’en menais pas large (Ste Péridurale priez pour moi). Je trouve d’ailleurs que c’est un des tests pour savoir si on est prêt à avoir un bébé : être capable d’écouter un récit d’accouchement sanguinolant/de nuits épouvantables depuis 6 mois/de gastro explosive et d’avoir toujours envie d’un petit bout. Finalement, entre diverses lectures, les cours de préparation à l’accouchement, la visite de la maternité, des témoignages positifs d’amies ayant accouché dans ladite maternité, et probablement aussi l’influence des hormones et du SNU (syndrome du neurone unique, une complication fréquente de la grossesse…) combinés (avec un soupçon de méthode Coué ?), je suis arrivée à peu près rassérénée pour l’accouchement. Pour cette deuxième naissance qui se profile, je dois dire que le fait d’avoir déjà accouché par voie basse sans instruments me donne une certaine confiance en mon corps, d’autant plus que la deuxième naissance est censée être plus facile que la première. Le fait d’avoir aussi un projet bien ficelé, avec l‘accompagnement global et une bonne préparation, y contribue également. Et n’oublions pas la merveilleuse combinaison hormones-SNU. On verra dans trois mois… Ce petit topo « ma vie mon œuvre » n’est pas pour m’ériger en modèle à suivre (à moins que je ne lance une secte ? l’argent est un souci qui te retient… la Poule te débarrasse de tous tes soucis…) mais pour que celles qui seraient dans ma situation initiale sachent que ce n’est pas inéluctable.

Pour finir, je vous laisse sur cet extrait de Cette lumière d’où vient l’enfant de Frédérick Leboyer (je rappelle qu’il est obstétricien, né en 1918, et donc qu’il a du commencer la médecine dans les années 40, à une époque où la mortalité périnatale était encore loin d’être au niveau actuel).

– Quant à l’accouchement, ce ne sont pas les risques qui vous troublent. C’est la peur.

– La peur des risques ?

– Ah ! non, c’est là qu’est votre erreur. C’est là la confusion. Vous avez peur. Mais certes pas d’hémorragies, d’infections, de possibles quoique rares complications dont, au reste, vous ne savez rien.

– Je ne suis pas médecin.

– C’est votre chance. Une fois encore, pensez aux ennuis et ils arrivent.

– Mais alors, de quoi ai-je peur ?

– De tout et de rien. Vous avez peur. Un point c’est tout. Et vous vous mettez à projeter cette peur partout. Suivez-moi bien. Vous allez au cinéma et l’o vous montre un film d’épouvante. Si le film est bien fait, à mesure que les images défilent, la peur monte en vous. […]

– Cela m’est arrivé la semaine dernière, oh ! quel film ! Pendant trois nuits je n’ai pu dormir. […] Et je n’osais plus aller, le soir, dans la resserre.

– Qu’y a-t-il, dans la resserre, qui vous fasse trembler ?

– Des araignées.

– Qui, sortant du noir, vont se jeter sur vous et vous dévorer ?

– Oui, je sais, c’est stupide. Mais qu’y faire ?

– Non, ce n’est pas stupide puisque c’est. Donc, voici la peur imaginaire : vous savez bien que ces petites bêtes sont inoffensives. […] Elles n’ont pas plus d’existence que les images sur l’écran. Lesquelles, tout images qu’elles soient, vous ôtent le sommeil et ruinent votre estomac.

– Je vois.

– Or, il existe une autre peur qu’on pourrait appeler réelle : le feu peut prendre dans le cinéma. La pellicule est très inflammable. Un incendie peut détruire le bâtiment. Et votre vie. De cela, avez-vous souci ?

– Je n’y songe même pas.

– Quand vous allez au cinéma, vous n’allez pas, j’imagine, vous asseoir tout près de la sortie de secours au cas où…

– Je me mets au beau milieu de la salle.

– Face à l’écran. Pour bien voir. Au mépris de toute prudence ! Car si le feu prenait…

– Je m’en moque bien.

– Et vous avez raison. Donc, il existe deux sortes de peur, l’une réelle, l’autre imaginaire. L’une rationnelle, raisonnable, l’autre folle. Et vous voyez que, des deux, c’est la folle qui a le plus d’emprise sur votre vie.

– Quelle folie !

– Oui. Mais c’est ainsi. Or, il en va très exactement de même pour l’accouchement. Ces hémorragies, ces infections qui sont aussi réelles et rares que l’incendie au cinéma, vous vous en souciez comme d’une guigne.  Vous ne les connaissez même pas.

– Et de quoi donc ai-je peur ?

– D’aller dans la resserre. Vous avez peur des araignées. Cette peur, toute imaginaire qu’elle soit, est, pour vous, bien réelle. […] Pour combattre les effets de cette peur, que fait-on ? On construit des hôpitaux. Sans cesse plus grands, plus équipés, plus compliqués et plus ruineux. Lesquels, vous me l’accorderez, auront bien du mal à vous défendre des araignées.

(Image : faut-il vraiment présenter Munch ?)

Comment ne pas être une mère parfaite

lundi, octobre 12th, 2009

purves Depuis le temps que Ficelle et Béatrice m’en faisaient l’apologie, quand j’ai vu passer Comment ne pas être une mère parfaite de Libby Purves dans les livres prêtés par ma prof de yoga prénatal je me suis jetée dessus comme la vérole sur le bas-clergé*. Portant sur la période allant de la grossesse aux trois ans de l’enfant, ce livre se veut une sorte d’anti-Laurence Pernoud (sauf que l’auteure étant anglaise n’est sans doute pas familière avec feue notre Laurence nationale). Ecrit dans un style assez pétillant il se lit vite et avec plaisir (et la traduction est assez bonne, avec des références au goût du jour -au moins pour la nouvelle version 2004, l’originale datant de 1986- et généralement francisées quand nécessaire). Mère de deux enfants, l’auteure alterne entre des anecdotes personnelles et des trucs et astuces incluant des idées proposées par d’autres parents qu’elle a sondés pour l’écriture du livre. Globalement ce sont plutôt des conseils de bon sens déculpabilisants, pragmatiques et sans dogmatisme forcené : la présentation générale étant « voilà quelques propositions, piochez ce qui peut vous convenir et laissez le reste », évidemment je ne peux pas dénigrer une telle vision des choses quand c’est ce que j’essaie autant que possible de mettre en œuvre dans ces colonnes.

Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre quelques citations décrivant certains phénomènes de façon particulièrement savoureuse :

  • Le complexe de la cousine Elisabeth : c’est chez la femme enceinte un « besoin irrépressible d’aller voir d’autres femmes enceintes et de comparer ses impressions ».
  • « Les parents se comportent tous un peu comme ces gens qui, à leur retour de week-end, déclarent qu’ils n’ont pas eu une goutte de pluie alors qu’en réalité il a plu des cordes pendant deux jours. Tout cela signifie que […] la visite d’une amie accompagnée d’un bébé un peu plus grand (ou un peu différent) peut vous faire douter de vos capacités. »
  • Pour se préparer au terrible two : « Je conseillerais à tous les parents de suivre des stages intensifs qui les prépareraient à affronter ces créatures versatiles. […] Si vous pouviez vous arranger pour devenir l’imprésario d’un groupe punk pendant quelques années, je crois que vous auriez compris l’essentiel. Tout ce qui vous permet de cotoyer des gens délirants sans perdre votre calme vous sera utile. »
  • « Les parents qui ont deux enfants ou plus ont une chose en commun : ils sont exaspérés par les plaintes et les inquiétudes de ceux qui n’en ont qu’un. C’est comparable au mépris que ressent une jeune accouchée devant l’idéalisme à tout crin d’une amie qui attend son premier bébé. »

Ceci étant dit il y a aussi des passages ou des choses que j’ai moins aimés. La plus sournoise pour un livre se voulant déculpabilisant est l’aptitude de l’auteure à parler de sa super carrière (elle est journaliste) parfaitement conciliée avec sa vie de famille comme si c’était à la portée de tout un chacun. Expliquer que descendre le Mississipi à sept mois de grossesse lui a permis de faire disparaître tous ses symptômes désagréables (jusqu’au retour…), ou comment passer en direct à la radio est excellent pour les nausées de grossesse, certes, mais ça ne me semble pas très pertinent pour la majorité des femmes. Je suis d’accord qu’il n’est pas forcément utile de passer sa grossesse à se regarder le nombril** mais on a aussi le droit d’être une grosse loque avachie sur le canapé. Personnellement j’ai trouvé sa façon de parler de l’allaitement (qu’elle défend) assez sympa et décomplexée, mais l’expérience de ce blog notamment m’a montré que s’il y avait un sujet dont la seule évocation tirait d’emblée sur la corde à culpabilité c’est bien celui-là. Je peux donc volontiers imaginer que ces passages mettent certaines lectrices mal à l’aise, même si on est loin de certains discours moralistes. Elle a parfois aussi un avis un peu à l’emporte-pièce sur certains points, comme l’accouchement à domicile (selon elle réservé aux brebis mais elle avoue ne pas être très objective sur le sujet). Quant aux trucs et astuces qu’elle donne, je n’ai pas encore eu l’occasion d’en tester (autres que ceux que je ne connaissais pas déjà…) ; c’est clair qu’il y a à prendre et à laisser mais elle le dit elle-même.

En bref, je dirais que comme le livre existe en poche, c’est un cadeau sympa à faire ou à se faire, pendant la grossesse ou après.

* Le Coq prétend que je suis la seule à utiliser cette expression un peu désuète mais je l’aime bien.

**L’autre jour une femme du yoga qui m’a expliqué avoir demandé -et obtenu- d’être arrêtée à trois mois pour « profiter de sa grossesse » : je suis la seule à halluciner un peu ? D’un autre côté n’envisageant pas de faire l’impasse sur le congé patho alors que ma grossesse n’est justement pas pathologique je passe sans doute pour une grosse flemmasse par rapport à d’autres…

Se préparer

mercredi, septembre 30th, 2009

whalesbeachEPA_450x300 Dans la série des billets spécial gros bidon, quelques mots sur la préparation à la naissance. Encore un MPR (méga problème de riche) : comment utiliser au mieux les huit séances que nous offre Sainte Sécurité Sociale* (Amen) ? Les initiatives et les méthodes fleurissent, plus ou moins originales et efficaces : comment s’y retrouver ? Vous allez dire que je me répète, mais il n’y a bien sûr pas de méthode supérieure aux autres, il y a ce qui convient à telle femme (et à tel couple) pour telle grossesse et tel projet de naissance.

Déjà, à quoi ça sert de se préparer ? Après tout ça fait des millénaires que les femmes donnent la vie sans se poser de question, et c’est encore le cas de la majorité de celles qui peuplent le globe actuellement. Certes. Ceci dit nos admirables congénères vivent et ont vécu sans téléphone portable, internet, canapé, congélateur, TGV, Mooncup et j’en passe. En ce qui me concerne, je vois plusieurs intérêts aux activités prénatales :

  • accompagner les transformations inévitables du corps et apaiser les (petits ?) maux qui les accompagnent généralement ;
  • s’offrir un temps pour soi et pour le bébé à venir (d’autant plus important si on a déjà de la marmaille) ;
  • avoir un temps de parole plus libre et plus ouvert que les consultations pour exprimer ses angoisses et ses tracas sans craindre de s’aliéner ses derniers amis (où d’autre pourrez-vous vous plaindre de vos hémorroïdes ?), mais aussi obtenir des réponses à ses questions, y compris les plus tabous et les plus bizarres ;
  • pouvoir rencontrer d’autres futurs parents (certaines activités sont mixtes), toujours intéressant dans une société centrée sur la famille nucléaire ;
  • et bien sûr se préparer, mentalement et physiquement, à l’épreuve de l’accouchement, et disposer d’outils pour mieux vivre ce moment exceptionnel à tous points de vue.
  • enfin ce n’est probablement pas le profil type de la basse-cour mais c’est aussi un vecteur d’intégration (ou réintégration) pour les femmes en situation précaire.

Je conseille donc aux futurs parents de prendre en compte ces différents points dans le choix de leur préparation ; d’ailleurs rares sont les méthodes qui permettent de tous les satisfaire, il est tout à fait possible de cumuler plusieurs techniques (tant qu’elles sont compatibles). Par ailleurs l’intervenant et/ou le cadre que vous trouverez près de chez vous font souvent autant que la technique elle-même : il me semble qu’avoir un « animateur » avec lequel on accroche et en qui on a vraiment confiance est un point crucial du choix. Attention également à la crédibilité de celui-ci : comme beaucoup de disciplines para-médicales et/ou à visées psychothérapeutiques on trouve à boire et à manger, y compris au sein de courants reconnus. Faites fonctionner le bouche à oreille, les annuaires professionnels et votre radar personnel. Pour qu’elles aient un intérêt, il faut en effet que vous alliez aux séances avec plaisir et motivation, rien ne sert d’y aller juste parce que il faut/c’est remboursé/ma copine l’a fait. Selon vos affinités, vous pouvez aussi choisir des séances individuelles et/ou en groupe. Notons enfin que certaines méthodes peuvent être poursuivies après l’accouchement pour aider à l’établissement du lien mère (et père) – enfant.

Les techniques de préparation les plus connues et répandues sont :

  • la préparation « classique » : sorte de cours et/ou de session questions-réponses qui permet d’aborder en détail tout ce qui se passe avant, pendant et après l’accouchement. Si possible, suivre ce type de préparation en lien avec le lieu où on accouche apporte une valeur ajoutée, tant sur les gestes préconisés par le protocole (perfusion systématique ? soins au bébé après la naissance ? etc) que sur les possibilités matérielles offertes par l’endroit (baignoires ? chambres seules ? etc), par exemple. L’intérêt d’être en groupe est qu’on peut profiter des questions des autres (auxquelles on n’aurait pas forcément pensé), et éventuellement réaliser qu’on n’est pas la plus larguée du lot (me souviens d’un cours où une femme -proche de la quarantaine quand même- avait annoncé avoir découvert à la télé que le nouveau-né n’était pas exactement rose et frais lorsqu’il sortait du ventre…). Ce type de préparation peut également être couplé à d’autres méthodes plus spécifiques (séances ou parties de séances dédiées).
  • l’haptonomie : d’après un sage-femme spécialiste de cette technique, on ne peut pas vraiment comprendre ce que c’est tant qu’on ne l’a pas fait… et je n’ai pas fait… Discipline fondée par Frans Veldman, elle se définit comme une science de l’affectivité. Si on en croit le site haptonomie.org, l’accompagnement pré et postnatal haptonomique favorise le développement des liens affectifs entre l’enfant, le père et la mère. Il leur permet de vivre une relation de tendresse lorsque l’enfant est encore dans le giron de sa mère. Il favorise également l’accueil du nouveau-né au moment de la naissance et après celle-ci. Très tôt l’enfant acquiert une sécurité de base qui l’invite à l’autonomie, à la communication et à la confiance. Cette méthode accorde une grande place au père. Toujours d’après le site, il s’agit de mettre en oeuvre le contact psychotactile affectivo-confirmant plein de tendresse et d’amour. D’après divers témoignages (et à la lecture du site web), je dirais que l’haptonomie n’est peut-être pas à recommander aux personnes les plus cartésiennes. Enfin il faut savoir que (je cite encore) l’haptonomie est totalement incompatible avec les méthodes qui visent à modifier le tonus musculaire et la respiration, telles que le yoga, la sophrologie, les techniques respiratoires, etc… Celles-ci, par leur caractère d’apprentissage, entraveraient l’effet libérateur de l’expression affective. En outre, toute attention portée sur la respiration ou sur une « représentation imaginaire » de l’enfant fait obstacle au contact affectif avec celui-ci. Cependant, l’haptonomie offre une approche très complète, couvrant toute la grossesse, la naissance et également la période post-natale. Je laisse les commentatrices (hommes aussi s’il y en a !) qui ont testé vous en dire plus.
  • la sophrologie : D’après le site sophrologie-info.com, la sophrologie est une science qui étudie la conscience humaine, un ensemble de techniques et de méthodes à médiation corporelle. Elle vise la conquête ou le renfort de l’équilibre entre nos émotions, nos pensées et nos comportements. Au croisement de la relaxation occidentale et de la méditation orientale adaptées, elle permet à chacun de trouver de nouvelles ressources en lui-même et d’améliorer sa qualité de vie. C’est une des préparations que j’ai choisies pour cette grossesse. Je n’ai pas encore fait beaucoup de séances alors ma vision de la chose reste assez partielle mais en gros il s’agit d’atteindre un état de conscience particulier (la sophronisation), à partir duquel on peut mieux gérer les sensations douloureuses et désagréables et également avoir un meilleur ressenti de son corps (y compris des parties qu’on ressent rarement consciemment comme le col de l’utérus au hasard). Je vous en dirai plus dans un prochain billet, probablement après l’accouchement, pour mieux vous décrire la méthode et vous dire si ça m’a bien aidée ou pas.
  • la préparation en piscine : il s’agit de sessions dédiées aux gros bidons, généralement animées par une sage-femme ou a minima par une personne formée aux spécificités de la femme enceinte. C’est une des préparations les plus physiques, elle sera donc généralement impossible pour les femmes en menace d’accouchement prématuré (contrairement à celles citées auparavant qui peuvent être faites au domicile par une sage-femme libérale par exemple). Je n’ai pas testé de cours spécifique mais j’apprécie beaucoup de nager pendant la grossesse. A mon avis l’inconvénient de ce type de préparation c’est que les éléments sont plus difficiles à mobiliser pour la naissance (à moins d’accoucher en piscine ?), même si les étirements, l’activité, la respiration etc sont toujours bons à prendre.
  • Le yoga prénatal : on en a un peu parlé dans ce billet sur le livre de Leboyer. J’ai testé pour la grossesse du Poussin et je remets le couvert pour celle de l’Oeuf, j’adore. En plus j’ai la chance d’avoir un cours génial à 100 mètres de chez moi. Si vous faites déjà du yoga hors grossesse, vous pouvez continuer à pratiquer en douceur : ce qui est vraiment déconseillé est ce qui fait travailler les abdos. Le reste est à adapter en fonction de votre ressenti et de votre expérience, même si il vaut également mieux éviter les postures qui accentuent le creux lombaire (et au contraire bien basculer le bassin vers l’avant, notamment quand on est sur le dos). Concrètement, je trouve que le yoga apporte énormément pour toutes les petites douleurs articulaires et ligamentaires, notamment dans le dos. On économise quelques séances d’ostéo je trouve ! Par ailleurs je ne suis pas quelqu’un de particulièrement stressé ou angoissé, mais le yoga est connu aussi pour ses effets bénéfiques sur ce type de problème. Enfin cela peut être un atout intéressant pour l’accouchement, tant pour la variété de postures qu’on peut essayer que pour la concentration et pour la respiration. Mon expérience sur ce point est limitée puisque j’ai accouché du Poussin sous péridurale. On verra bien pour l’Oeuf (oui oui je vous raconterai).

D’autres préparations moins connues (mais pas forcément moins bien !) existent aussi :

  • la méthode Bonapace (prononcez à l’italienne Bonapatché) : c’est une technique mise au point par une Québecoise (voir le site officiel) et encore très peu connue en France. Elle se base sur les propriétés physiologiques de transmission du message de douleur et sur les possibilités de le court-circuiter en massant certains points bien identifiés. Elle demande apparemment une forte implication du père. Je n’ai pas pu tester mais cette méthode m’intéresse.
  • le chant prénatal : j’en ai parlé ici, même si mon expérience ne correspond pas à ce qu’on entend habituellement par chant prénatal. Pour en savoir plus, voir le site de l’Association française de chant prénatal.
  • le Pilates : proche du yoga, cette méthode plutôt physique (donc réservée aux grossesses « normales ») peut être adaptée aux femmes enceintes. Voir ici par exemple pour en savoir plus.
  • le gros ballon : il est de plus en plus présent dans les maternités mais présente aussi des avantages certains pendant la grossesse. C’est plutôt un outil « solitaire » même s’il y a probablement des cours quelque part. On peut trouver ces ballons en magasin de sport ou en hypermarché (entre autres), voir aussi l’occasion et les copines qui ont eu des bébés il y a peu. Plus de détails ici.

On peut aussi citer toutes les médecines « alternatives » : acupuncture, shiatsu, ostéopathie, aromathérapie, phytothérapie, réflexothérapie, etc, qui ne sont pas à proprement parler des méthodes de préparation mais qui peuvent également être utiles tant pendant la grossesse que pendant l’accouchement. Il y a des sages-femmes (surtout libérales) qui ont la double casquette.

Enfin je trouve qu’une façon intéressante de se préparer consiste à lire des récits de naissance (de préférence positifs…) pour mieux appréhender l’événement et éventuellement aider à corriger certaines représentations fausses ou biaisées qu’on pourrait traîner et qui risquent de pourrir son accouchement. On en trouve un peu partout sur le net, notamment sur les forums (mais il faut faire le tri !), ou par exemple sur le site Périnatalité (si vous êtes branchée naissance « physiologique », mais même si on ne l’est pas ça me semble intéressant d’en lire quand même !).

Bon je ne prétends pas être exhaustive (argl je ne vous ai pas parlé d’harponomie, scandale !) et je compte sur la basse-cour pour compléter sur les méthodes citées ici et les autres dans les commentaires (quitte à faire évoluer ensuite l’article en cas d’oubli majeur).

Edit : J’ai oublié de vous parler de l’hypnose, je répare en cours de route. On peut avoir soit de l’autohypnose soit être hypnotisé par un praticien (certaines doulas notamment le proposent). Evidemment pas évident d’avoir la personne à côté de soi au moment M, surtout dans les maternités où le personnel n’y est pas formé et où on n’a souvent droit qu’à un seul accompagnant. Le concept semblait fumeux à mon esprit cartésien jusqu’à ce que la poule accoucheuse me raconte avoir vu un couple de médecins, lui anesthésiste (!), qui pratiquait l’hypnose et a eu un accouchement physio super grâce à ça. Qu’un anesthésiste préfère hypnotiser sa femme plutôt que de lui faire une péri, ça m’a laissée sur mon (ample) postérieur. Pour en savoir plus : un article sur l’autohypnose et un autre sur l’hypnonatal.

*Je précise suite à la remarque judicieuse de Sophie Gamelin que quelle que soit la technique choisie, seuls les cours faits par une sage-femme sont remboursés. Voir aussi avec son comité d’entreprise qui peut sponsoriser certaines activités à caractère sportif (genre yoga ou piscine) ou artistique (chant prénatal ?).

(Photo : un cours collectif de préparation à la naissance -méthode non spécifiée)