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Les cinq étapes du deuil des nuits

mercredi, novembre 3rd, 2010

babysleep Réveil-matin (n.m.) : Invention servant à réveiller des adultes sans bébé.

Elizabeth Kübler-Ross ne le savait peut-être pas, mais sa description des cinq étapes du deuil s’applique parfaitement à une nuit typique d’un jeune parent :

  1. Choc et déni : cette courte phase du deuil survient lorsqu’on apprend la perte (moment où le parent est réveillé par un bruit suspicieux). C’est une période plus ou moins intense où les émotions semblent pratiquement absentes (à deux heures du matin le cerveau est bien trop ralenti pour produire des émotions). C’est en quittant ce court stade du deuil que la réalité de la perte s’installe (comprendre : bébé hurle à pleins poumons et il va bien falloir faire quelque chose si on veut espérer dormir).
  2. Colère : phase caractérisée par un sentiment de colère face à la perte (« Mais tu vas la fermer ta g… ! ») . La culpabilité peut s’installer dans certains cas. Période de questionnements (le parent passe mentalement en revue tous les avis et conseils plus ou moins contradictoires de son entourage et augmente la liste déjà longue des facteurs qui pourraient influencer le sommeil de bébé : alimentation, lumière, habits, literie, conjonction astrale…).
  3. Marchandage : phase faite de négociations, chantages… (à la fois entre parents « si tu te lèves cette fois je me lèverai la prochaine fois/ferai la vaisselle pendant 1 mois/**** (promesse sexuellement explicite ne pouvant être retranscrite sur un blog familial) », ou encore « si c’est moi qui me lève on ne fera pas de 2ème/3ème/4ème etc/tu peux te la mettre derrière l’oreille », mais aussi avec l’enfant, voire avec les puissances supérieures)
  4. Dépression : phase plus ou moins longue du processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse (doux euphémisme caractérisant l’état du parent quand le bébé qu’il a mis vingt minutes à rendormir s’est réveillé en hurlant dès qu’il a touché le matelas, sur lequel il a pourtant été déposé avec autant de délicatesse que s’il s’agissait d’un paquet de nitroglycérine pure), des remises en question (le parent ne comprend pas pourquoi ce foutu gosse ne fait rien comme écrit dans le bouquin annoncé comme miracle, alors que le parent lui a suivi toutes les instructions à la lettre), de la détresse (le parent envisage l’internement psychiatrique, où au moins on est assuré de dormir dix heures par nuit, voire la prison, mais finit généralement par se rappeler qu’il vaut toujours mieux être réveillé par Léo, 5 mois, 7 kg, que par Jo le Serpent, 30 ans, 90 kg, et qui a pris pour quinze ans). Les endeuillés dans cette phase ont parfois l’impression qu’ils ne termineront jamais leur deuil (ou à défaut que cette chienne de nuit ne finira jamais, car quand on est debout pour la quatrième fois à 2 heures du matin, le temps ne passe pas très vite) car ils ont vécu une grande gamme d’émotions (envie de le jeter par la fenêtre, envie de se jeter par la fenêtre, désappointement quant aux prix généralement pratiqués dans la vente de bébés, etc) et la tristesse est grande.
  5. Acceptation : Dernière étape du deuil où l’endeuillé reprend du mieux. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. L’endeuillé peut encore vivre de la tristesse, mais il a retrouvé son plein fonctionnement. Il a aussi réorganisé sa vie en fonction de la perte (comprendre : le parent prend dix-sept cafés par jour pour donner le change au boulot, porte une épaisse couche d’anticerne et attend avec impatience de pouvoir réveiller un ado grincheux à l’aube un lendemain de cuite. Il réalise aussi qu’il est super bien entraîné pour le Vendée Globe. Mais il lui arrive encore de mordre quand il entend que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt).

Image : Il n’existe hélas pas plus de méthode miracle pour faire dormir les bébés que de méthode magique pour mincir durablement sans effort et sans régime…

Je travaille et j’allaite

samedi, octobre 23rd, 2010

allaitement_travail Un autre billet « nénés » pour soutenir la Semaine mondiale de l’allaitement maternel qui s’achève, et après on parle d’autre chose, promis. Après l’article choc de Marie-Claire, voici donc un témoignage sur la conciliation allaitement et travail. Il s’agit de La Poule P., 30 ans, blogueuse, qui a souhaité garder l’anonymat (OK je sors).

Pour Pouss1, cette conciliation a été de courte durée. J’ai repris le travail peu après la fin du congé maternité, et j’avais déjà bien entamé le sevrage. Il a gardé tétée du matin et tétée du soir, puis tétée du soir seule pendant deux-trois semaines et puis on est passés au biberon exclusif vers ses quatre mois.

Pour Pouss2, j’ai choisi de prendre six mois de congé parental à la suite du congé maternité, entre autres pour pouvoir l’allaiter plus longtemps. Bien sûr il est possible d’allaiter exclusivement et de reprendre rapidement son travail, mais c’est tout de même plus simple d’être avec le poussin. Il a donc commencé la crèche à huit mois, n’ayant jusque là eu que de rares biberons de mon lait lors de mes quelques absences. Malgré son bel appétit pour les nourritures solides, il n’était pas rare qu’il tète encore toutes les trois heures en moyenne (sauf la nuit où j’ai fermé le bar depuis ses six-sept mois environ). J’ai de longues journées (je le laisse d’environ 8h à 19h -une nounou vient le chercher à la crèche le soir) donc dans un premier temps j’ai tiré du lait pour qu’il ait un biberon à goûter. L’adaptation s’est très bien passée, avec des repas solides très appréciés et pas de réclamation quant à la diminution un peu abrupte du nombre de tétées.

Le hic c’est qu’étant en lactation automatique j’ai beaucoup de mal à tirer des quantités suffisantes de lait, ne ressentant aucun trop plein de lait en l’absence de mon fils (ni en sa présence d’ailleurs, le lait ne vient que lorsqu’il tète). J’essaie le tire-lait électrique double pompage (Lactina de Medela, un vrai tue l’amour), le tire-lait manuel (Avent), à la main, mais les résultats sont kif kif. Le plus efficace restant de tirer un sein pendant que Pouss2 tète l’autre (comme quoi le bébé est vraiment irremplaçable pour provoquer un bon réflexe d’éjection), mais du coup je finis par passer chaque tétée avec le tire-lait, ce qui est un peu acrobatique (d’autant que Pouss2 est un grand bébé tonique de 8 mois 1/2) et gâche la simplicité de l’allaitement que j’apprécie tant. Après deux semaines à ce régime, nous convenons avec les puéricultrices d’essayer de remplacer ce biberon par un yaourt, ce qui ne semble à nouveau poser aucun problème à Pouss2.

Finalement nous sommes arrivés à l’arrangement suivant : en semaine, deux, parfois trois tétées par jour (ou même une seule de temps en temps si je rentre tard) et laitages solides en mon absence, et le week-end (ou les jours de congé), tétée plus ou moins à volonté (généralement trois-quatre par jour). Ma lactation semble bien s’adapter, sans manque ni débordement, ce qui est vraiment très agréable. Pouss2 lui n’a pas l’air perturbé par ce nouveau rythme, et prend sein et yaourts avec le même enthousiasme (et la même redoutable efficacité). Il n’a pas redemandé à téter la nuit pour compenser (ouf). Le bonus c’est qu’il a attrapé une gastro à la crèche, pendant laquelle il vomissait tout sauf mon lait : je dois dire que ce n’est pas désagréable de pouvoir facilement soulager son enfant malade.

Bien entendu, cet arrangement ne fonctionnera pas pour tout le monde, loin s’en faut, mais je crois qu’il est bon de savoir que cette possibilité existe. Vous trouverez d’ailleurs des témoignages sur le blog A tire d’ailes et un topo plus complet chez Ficelle, qui illustrent bien la diversité des alternatives.

Photo : Licia Ronzulli, l’eurodéputée italienne qui a fait sensation en venant au Parlement européen avec son bébé d’un mois en écharpe. Je ne sais pas si elle allaite mais en tout cas c’est un bel exemple de conciliation famille-travail !

Aparté sans aucun lien : poussée par le Coq et son imparable slogan (« 100 % des gagnants ont tenté leur chance »), je me suis inscrite aux Golden Blog Awards pour tenter d’obtenir un peu de reconnaissance (d’autant plus que je stagne toujours dans les abysses du Wikio). En cliquant sur ce lien, vous pouvez voter pour moi. Promis je ne vous en reparlerai plus (sauf si par miracle je gagne quelque chose).

La diversification à la cool

vendredi, septembre 10th, 2010

bébé_mange Au risque de virer au 3615 my life www.maviemonoeuvre.com je voudrais partager avec vous aujourd’hui la façon dont nous nourrissons Pouss2, bientôt 8 mois. Avant tout je tiens à préciser que c’est un enfant « ordinaire », c’est-à-dire qu’il n’a aucune pathologie connue (et notamment pas d’antécédent ou de terrain allergique, pas de RGO). Je pensais attendre ses six mois révolus avant toute introduction d’aliment solide, mais autour de 5 mois il a manifesté très clairement son désir d’autre chose, râlant pour venir à table plutôt que de rester dans le transat juste à côté, tentant d’attraper assiettes, couverts et bien sûr nourriture. Et quand il a fini par arracher une feuille de la plante verte pour se la fourrer dans la bouche, je me suis dit qu’il était temps de passer à autre chose, même si la date fatidique des six mois n’était pas atteinte.

Première étape : découverte. L’idée étant de goûter un peu de tout en conservant le lait (en l’occurrence le mien) comme alimentation principale. L’avantage du bébé d’hiver, c’est qu’il commence les solides à la belle saison. Nous lui donnions donc un petit morceau de ce que nous mangions si cela pouvait lui convenir (et sinon rien -sauf du lait bien sûr) : pêche, melon, abricot, concombre, haricot vert… Toujours nature (voire cru si approprié) sous forme d’un morceau à tripatouiller, sucer, mâchouiller. Ainsi le poussin est bien occupé mais aucun risque d’overdose puisqu’un ou deux haricots verts dureront tout le repas. Zéro effort supplémentaire pour le parent qui se contente de piocher dans son assiette (à part le nettoyage : bébé + pêche = carnage).

Etape suivante : augmentation des quantités. Après quelques semaines de ce régime, Pouss2 (entre 6 et 7 mois donc) nous a fait comprendre qu’il en voulait plus. Nous avons donc augmenté les quantités ainsi que la gamme d’aliments dans laquelle piocher et commencé à systématiser les repas. Sauf s’il dort, il est à table avec nous à chaque repas et mange plus ou moins la même chose (et très honnêtement nous ne mangeons pas beaucoup de purées vapeur). J’essaie de lui donner en priorité les fruits, légumes et féculents mais il peut goûter à peu près à tout (y compris glaces, gâteaux, gratins etc). Selon le type de nourriture, il mange tout seul avec les doigts ou on lui donne la becquée à la cuiller ou à la fourchette. Si cela est plus pratique et plus adapté, il a un petit pot du commerce. Là encore c’est l’effort parental minimum : un repas pour tout le monde. Je n’ai jamais sorti le mixer spécialement pour Pouss2. Et entre les repas c’est toujours tétée à la demande.

Je dois dire qu’après avoir suivi fidèlement les instructions du pédiatre pour Pouss1 (compote de pomme à goûter, mixée lisse, puis carotte, puis une cuiller de viande vapeur mais pas plus, puis…), j’ai pris du recul. Après tout, les dernières recommandations issues de la littérature scientifique sont très générales : en gros ni trop tôt, ni trop tard, et privilégier le lait (maternel ou infantile). A moins de nourrir son enfant uniquement de junk food, quels sont réellement les risques inhérents à une diversification mal conduite ? On peut citer :

  • Remplacer un lait adapté par un aliment moins nutritif. Comme dit plus haut, ici l’allaitement continue à la demande (et sans vraiment ralentir), et nous sommes attentifs aux signaux de satiété de Pouss2.
  • Introduire un aliment mal digéré par l’enfant. Il me semble que cela n’est pas dramatique, si on voit que l’enfant a mal au ventre suite au repas et que cela provoque des désordres intestinaux on attend quelque temps avant de reproposer l’aliment incriminé. Par ailleurs, il est inévitable que le tube digestif ait quelques ratés pour s’adapter à une alimentation variée et je ne pense pas que cela soit pathologique pour autant (ou en termes plus crus : une petite drouille de temps en temps ce n’est pas la mort).
  • Provoquer une réaction allergique. Là je sors mon joker, n’étant (pour le moment) pas concernée, je n’ai pas fait beaucoup de recherches sur le sujet. Cependant, il semble que la définition des meilleures pratiques sur le sujet soit largement sujette à débat. Quoi qu’il en soit, je laisse les lecteurs avertis nous éclairer en commentaires.
  • Mettre en péril l’équilibre alimentaire du bébé (qui est différent du nôtre). Je fais attention aux protéines, au sel (je cuisine quasi sans sel, chacun est libre d’en rajouter à table -et en pratique c’est une question d’habitude, comme le sucre dans le café/thé…) et aux mauvaises graisses et j’essaie de donner principalement fruits, légumes et féculents. Quant aux éventuelles carences, le lait maternel à volonté me semble une bonne parade pour la plupart d’entre elles.

On parle aussi beaucoup du développement du goût et des habitudes alimentaires, qui se prennent dès le plus jeune âge. Pour ma part, après avoir lu Zermati et le site du GROS (voir notamment cette page sur l’obésité infantile), j’essaie de mettre l’accent sur le respect des sensations de faim et de satiété plutôt que sur un hypothétique équilibre alimentaire détaillé, sur lequel de toute façon personne n’est d’accord (et qui à mon avis est aussi très variable d’un individu à l’autre, en fonction des circonstances etc). J’ai d’ailleurs découvert il y a peu (grâce à Mme Papilles) que je suivais ainsi les préconisations d’un spécialiste de l’obésité infantile. Donc pas d’aliments diabolisés, pas d’obligation de finir son assiette (ce qui n’empêche pas de rester vigilant sur ce que nous achetons). Comme c’est moi qui fais les courses et la cuisine (je vous rassure le Coq s’occupe d’autres tâches ménagères…), je fais un menu unique (en tenant un peu compte des goûts de chacun quand même) : chacun mange autant qu’il veut de ce qu’il veut dans ce qui est proposé.

Ce qui a vraiment été une découverte depuis Pouss1, c’est la capacité d’un bébé de cet âge à manger des morceaux, et tout seul. Le concept*, appelé baby-led weaning (diversification menée par l’enfant en français) a été popularisé par le livre de Gill Rapley et Tracey Murkett (que je n’ai pas lu). Il y a également un site en français, même si je trouve certaines de ses recommandations -comme les âges d’introduction des aliments– très psychorigide (et basées sur quelles données ?). Il est intéressant de noter que l’habitude de nourrir un bébé avec des purées lisses et fades provient de l’époque où on diversifiait les enfants précocement (dès trois mois) : on fait donc avec des enfants de six mois ou plus comme s’ils en avaient trois. Et après tout, si les enfants mettent tout à la bouche, ce n’est peut-être pas juste pour que l’ami Sigmund vende des livres. Il n’y a pas besoin de dents pour mâcher, au début les enfants écrasent la nourriture avec la langue sur le palais. De toute façon ils n’auront pas de molaires avant au moins un an voire 18 mois pour la plupart. A noter que la tétée au sein favorise un bon développement des mâchoires (voir ici par exemple), rendant cette approche particulièrement adaptée dans ce contexte. Pour ma part je ne suis pas fidèlement les préceptes énoncés, parce que j’ai constaté que dans la vraie vie ça ne se passe pas toujours comme dans les bouquins (avez-vous déjà vu un bébé de six mois essayer d’attraper un bout de melon glissant comme une savonnette ?). Et je n’aime pas le ménage au point de laisser Pouss2 à 7 mois se démerder avec un yaourt : l’idée est aussi de me simplifier la vie, d’autant plus qu’il accepte très bien qu’on lui donne la becquée (et dans ces cas-là il m’attrape la main pour amener plus vite la cuiller à sa bouche…).

En bref mon nouveau dogme sur cette question, c’est de ne pas en avoir : un peu de bon sens et trouver le meilleur compromis entre les efforts auxquels je veux consentir et les besoins que Pouss2 exprime. Et évidemment il n’est pas question de prétendre que c’est LA voie et que tout le monde doit faire pareil, mais simplement de signaler qu’on peut se libérer un peu de la psychorigidité ambiante sur la question et faire sa propre tambouille (ha ha ha), en fonction de ses habitudes, de son mode de vie, de ses enfants, etc. Les repas peuvent simplement être de bons moments passés en famille et la nourriture un plaisir partagé. Et puis on peut enfin sortir de la guéguerre débile des petits pots contre les purées maison : ni l’un ni l’autre mon général !

*Le concept en question est probablement vieux comme le monde mais il suffit de lui donner un nom qui en jette pour vendre des bouquins…

Photo : Flickr

Le transat

mercredi, juillet 21st, 2010

transat A la question « où poser bébé les premiers mois ? » (car quoi qu’en dise Jean Liedloff qui prône de ne pas le poser du tout les six premiers mois, on a quand même le droit de respirer de temps en temps…), je réponds transat ! Pas très fashion dans la sphère materno-écolo-bobo, on lui préfère souvent un « side-bed » ou un hamac, ou, pour les plus traditionnels, un berceau ou un couffin (ou plus prosaïquement la nacelle de la poussette).

Voici les avantages que je trouve au transat. Certes ce n’est pas donné (50-100€ environ) mais par rapport aux alternatives citées plus haut ça reste raisonnable. Sans compter que l’immense majorité des bébés en a un, il est donc facile d’en récupérer un chez des proches ou d’occasion. En plus il pourra durer jusqu’à 8-9 mois environ, même si l’enfant est un gros gabarit. Au delà, avec le dossier complètement redressé, il pourra faire une petite chaise pour bambin (après probablement une phase de faible utilisation quand le poussin ne tient pas en place). Il est utile aussi bien dans les phases d’éveil où le poussin « participe » à la vie familiale que dans les phases de sommeil où on peut l’allonger à plat. On peut bercer un bébé qui cherche le sommeil ; dans un berceau aussi me direz-vous… mais… dans notre berceau de famille par exemple dès que l’enfant bouge un peu il se retrouve écrasé contre le bord du berceau qui quitte la position « droite ». Alors que le transat revient toujours à sa position centrale quand on arrête de le balancer, sans compter que très rapidement le bébé apprend à se balancer tout seul en pédalant (le Coq planche d’ailleurs sur un projet de dynamo pour réduire notre facture d’électricité…). Les bébés « vomitos » pourront facilement dormir avec la tête surélevée, maintenus par la ceinture, alors qu’ils ont tendance à glisser sur le matelas dont on surélève la tête. L’encombrement de l’objet reste tolérable (surtout par rapport aux alternatives), et il est relativement pratique à transporter (cependant il est généralement déconseillé de transporter bébé dedans), là encore par rapport à un berceau par exemple. Si vous avez un jardin ou une terrasse, il est facile à sortir. Pouss1 y a goûté ses premières purées avant que nous n’investissions dans une chaise haute (Pouss2 fait un tel carnage avec ses morceaux de pêche que la housse n’y survivrait pas…).

Quelles sont les objections habituelles au transat ?

  • ça abime le dos : s’il est en position complètement allongée, je ne vois pas de différence avec un couffin, et en tout cas ce n’est pas comparable à la coque. Quant à la position semi-assise, on peut l’utiliser avec parcimonie au début. Bien sûr quand le poussin commencera à bouger dans son sommeil (passer sur le côté, sur le ventre), il pourra aller dans son lit où il aura plus de place pour prendre la position qu’il souhaite.
  • ça fait la tête plate : on n’est pas obligé de n’en sortir le poussin que pour le mettre directement dans la poussette. Et sur cet aspect ce n’est ni mieux ni pire qu’un couffin, berceau, lit… où il faut toujours mettre le bébé sur le dos.
  • bébé hurle dès qu’on l’y met : il y a des bébés qui ne supportent pas d’être posés, quel que soit le support. Cependant le transat peut faire « cocon » pour un nouveau-né (selon les modèles, sinon on peu encadrer le poussin avec une ou plusieurs serviettes roulées) ou permettre au contraire de se déplier. Avec un peu de chance, il appréciera dans quelques semaines/mois.
  • c’est une entrave à la motricité : croyez-moi, c’est aussi un avantage à certains moments (pendant qu’il est là il n’est pas en train de bouffer votre journal du matin -comment ça ça sent le vécu ?). Bien sûr cela n’empêche pas de mettre aussi bébé sur une couverture/un petit matelas/un tapis d’éveil pour qu’il apprenne à se retourner et à crapahuter.
  • cela va à l’encontre des besoins de contact et d’attachement du bébé : là encore nulle prescription de l’y laisser toute la sainte journée et seul dans sa chambre, de toute façon je ne suis pas certaine qu’il existe des bébés qui l’acceptent sans broncher.

En bref, plus que l’objet en lui-même c’est l’usage qu’on en fait qui peut éventuellement créer des problèmes. Pour ma part j’alterne entre transat, bras, portage, lit (le mien, le sien), poussette, par terre… selon l’âge, les circonstances et les signaux du poussin.

Convaincus ? Voici quelques critères en vrac à vérifier pour choisir le vôtre :

  • balancement : il est très appréciable qu’il se balance, et qu’on puisse le bloquer. Personnellement je ne vois pas d’intérêt aux fonctions de balancement et de vibreur électrique mais s’il y en a qui apprécient qu’ils nous racontent en commentaires (cf la scène culte de Sex and the city du bébé de Miranda avec le vibro tout neuf de Samantha…)
  • capote : cela peut être utile si vous mettez le transat dehors, ou pour « isoler » un peu le bébé qui cherche le sommeil
  • arche de jeux : sur le principe c’est assez sympa mais la nôtre a une fâcheuse tendance à s’écraser sur la figure du poussin quand il attrape un des jouets.
  • pliage : il est plus intéressant d’en avoir un qu’on peut plier à plat pour le transporter/stocker.
  • déhoussage : il est très pratique que tout ce qui est en tissu puisse s’enlever facilement et passer à la machine. Vérifier aussi que le tissu n’est ni trop fragile ni trop imperméable (ce qui en fait une usine à transpiration).
  • inclinaison : je trouve trois positions utiles (allongé, semi-assis, complètement assis) ; on doit pouvoir passer facilement de l’une à l’autre
  • ceinture : la plupart une trois points, ce qui est a priori suffisant (mais nos poussins ne sont pas des prison breakers de l’extrême)
  • réducteur/cale-tête : toujours un plus pour les premiers mois
  • écolo : hélas peu de marques prennent en compte ces critères (à noter un modèle Babybjörn en coton bio Öko-tex légèrement hors de prix) ; si votre préoccupation est de préserver l’environnement, prenez-en un d’occasion, si c’est de préserver le pioupiou des produits chimiques, vous pouvez bricoler une nouvelle housse avec le tissu de votre choix (cette option peut aussi être utile si vous souhaitez prolonger la vie d’un vieux transat dont la housse s’abîme, même si cela peut poser des problèmes de sécurité).

Nous sommes plutôt contents de notre transat, le Prestige de Babymoov (acheté pour Pouss1), mais je découvre qu’il est déjà obsolète !

Photo : Flickr

La plupart des bébés

mercredi, mai 26th, 2010

evian-bebe-5 Dans un monde où une part grandissante des jeunes parents n’ont jamais vu un bébé de près avant d’avoir le leur, et où la perception du bébé se base surtout sur les pubs, les films et la télé, il me semble utile de faire une petite mise au point sur ce qu’est vraiment un bébé, et en particulier un nouveau-né. Bien sûr il y a une certaine variabilité, ceci ne concerne donc pas « tous les bébés » mais « la plupart des bébés ».

Déjà, la plupart des nouveaux-nés sont moches (sauf les miens bien sûr qui sont magnifiques). Ce n’est pas vraiment qu’ils ne sont pas beaux, mais ils ne ressemblent pas à l’image d’Epinal du bébé. Normal : lorsqu’il y a un accouchement dans un film, le bébé a minimum trois mois (avant cela c’est illégal de les faire travailler). Quant à ceux des pubs (style bébé cadum) ils ont minimum 8-9 mois.

Beaucoup de bébés n’aiment pas les couffins, berceaux, lits, transats et autres indispensables de la puériculture. Ils préfèrent largement être dans les bras de quelqu’un et sont équipés de détecteurs de matelas ultra-sensibles avec alarme à 130 dB. En prime, il faut que ce quelqu’un soit debout et marche, sinon l’alarme se relance. L’image du petit ange qui dort tranquillement dans son petit lit entre deux repas tient plus du phantasme de parent épuisé que d’une représentation crédible du bébé ordinaire.

Et puisqu’on est dans le sommeil, rares sont les bébés qui font leurs nuits à peine rentrés de la maternité, ou à quelques semaines, ou à trois mois, ou à 5 kg, ou …. Et même s’ils les font à un moment donné, profitez du répit car de nombreuses circonstances peuvent changer cet état béni : poussée dentaire, maladie, acquisition d’une étape de développement (comme la marche), changement de l’environnement (déménagement, petit frère, passage de la Lune dans la troisième maison du Bélier…), etc. D’ailleurs tout le monde ne s’accorde pas sur la définition de « faire ses nuits ». Sur le site LLL, on apprend que cela consiste à « dormir jusqu’à cinq heures d’affilée au moins quatre nuits par semaine »*, et que 25 % des enfants d’un an ne remplissent pas ces critères ! Entre cette situation et dormir systématiquement des nuits de douze heures sans interruption, il y a une large palettes de situations où doit se trouver la majorité des bambins (et donc des styles éducatifs très variés).

Quant à l’endormissement seul c’est une compétence qui s’acquiert trèèèès progressivement. Rien que de plus banal qu’un bébé qui ne s’endort qu’au sein/dans les bras/en voiture/en poussette/en porte-bébé (et j’en oublie sûrement) et ce pendant plusieurs mois (« plusieurs » pouvant être supérieur à douze…). A propos de l’endormissement au sein voir l’avis du Dr Jack Newman (point n°9).

D’ailleurs beaucoup de bébés aiment téter. Les premiers mois, c’est d’ailleurs leur principale source de plaisir et de réconfort. Bien sûr ils aiment aussi être dans les bras (et le contact leur est aussi vital que le lait) mais le besoin de succion ne peut pas être comblé par un câlin. Or il n’y a pas trente-six façons de satisfaire ce besoin de succion, d’autant plus qu’il est extrêmement rare qu’un nouveau-né sache téter ses doigts de façon satisfaisante : le sein, le petit doigt d’un des parents ou la tétine. Ainsi, dans le monde 8 bébés sur 10 sucent leur pouce et 50 à 80% des bébés occidentaux entre un et six mois ont une tétine. Donc pour la plupart des bébés cela se traduit par passer beaucoup de temps au sein (rien à voir avec les quinze minutes toutes les trois heures qu’on préconise encore dans certaines maternités) et/ou par avoir une tétine (même si les parents s’étaient jurés -avant la naissance- que cet instrument de Satan n’entrerait pas dans leur foyer). Et ils sont aussi nombreux à avoir besoin de téter pour s’endormir, que ce soit le sein, le pouce, la tétine ou autre chose.

Mais quand on a le nez dans le guidon et qu’on dort par tranches de 2-3 heures depuis des semaines, on oublie que les enfants changent. Vite. Radicalement. Leur échelle de temps n’est pas la même que la nôtre : un mois pour un nouveau-né, c’est énorme. Inutile de paniquer s’il ne fait pas ses siestes dans son lit alors qu’il doit aller chez la nounou dans quelques semaines, il aura tellement changé d’ici-là. Et s’il ne les fait toujours pas le jour J, il s’adaptera (avec l’aide de la nounou, qui est payée pour ça). Pensez que cet adorable boutchou qui s’abandonne au sommeil dans vos bras sera un jour un ado boutonneux aux cheveux gras qui vous ignorera à la sortie du collège. Il est parfois plus simple d’accepter que la situation, bien que difficile, est normale et finira par passer que d’essayer par tous les moyens de la faire évoluer. Et en attendant il y a quand même des trucs pour se faciliter la vie : un bon porte-bébé pour l’enfant qui ne veut pas faire de sieste dans son lit par exemple.

Votre enfant ne fait rien de tout ça ? Alors profitez-en et ne pavoisez pas trop auprès de vos congénères qui ont des cernes jusqu’au menton, vous n’y êtes probablement pas pour grand chose (certains le découvrent quand ils ont ensuite un autre enfant qui correspond plus au profil type…). Et si vous le reconnaissez dans tout ou partie de cette description, dites-vous bien que tout cela n’a rien d’anormal et n’est pas de votre faute. Vous n’avez pas raté un truc, vous n’êtes pas des parents incompétents. Ceux qui vous prétendent le contraire n’ont jamais vécu avec un bébé ou sont sous le coup de la fameuse amnésie parentale. A ma connaissance il n’y a AUCUNE recette miracle pour modifier totalement et durablement ces comportements. Bien sûr chaque famille a sa petite cuisine, ses petits trucs qui facilitent la vie, qui permettent parfois d’accélérer des transitions quand la situation devient trop difficile mais ce ne sont jamais des panacées universelles. Enfin si vous n’avez pas encore d’enfant (ou si vous êtes enceinte), attendez-vous à tout cela et pire encore, et vous ne pourrez avoir qu’une bonne surprise.

Enfin que ceux de mon lectorat pour qui ce billet est un enchaînement de truismes et de lapalissades me pardonnent, mais il me semble que tout ceci n’est pas assez dit. Personnellement j’aurais bien aimé trouver ça dans le Laurence Pernoud que j’ai lu enceinte de Pouss1 . Et vous, il y a d’autres chose que vous auriez aimé qu’on vous dise ?

*pour ma part je considère qu’un enfant fait ses nuits lorsqu’il n’a plus besoin d’intervention extérieure pour se rendormir pendant la nuit.

Photo : en général les bébés ne font pas de roller, mais vous le saviez peut-être ?

En voiture l’hiver

mardi, mars 30th, 2010

siege_auto Ce n’est pas très malin de poster ce billet alors que nous sommes officiellement au printemps, mais comme en avril, ne te découvre pas d’un fil… Donc la question du jour est : comment habiller les bébés en voiture quand il fait froid ? Il faut savoir qu’il est fortement déconseillé de mettre les enfants en combi pilote (ou en gros blouson) dans un siège auto. D’une part ils risquent d’avoir trop chaud (on a plus chaud dans un siège enfant que dans la voiture en général), et d’autre part cela empêche le bon ajustement des ceintures, qui risquent en outre de glisser sur le tissu déperlant. Sans compter qu’en général si on installe l’enfant dans une voiture froide, après quelques minutes de chauffage il fait meilleur. Il faut donc surtout éviter qu’il se refroidisse pendant cette transition plus que le couvrir comme s’il allait rester trois heures dehors.

Petit apparté sur la combi pilote : personnellement je n’aime pas trop ces combinaisons, car d’une part je trouve que les tout petits (en gros les moins de 6-9 mois) n’ont pas l’air très bien dedans (engoncés en position étoile de mer) -sans compter que les premiers mois elles sont à peu près toujours trop grandes ou trop petites- et surtout c’est une vraie plaie à mettre et à enlever (déballer le bébé qui dort sans le réveiller… fermer le dernier zip et entendre un gros sploutch dans la couche…). Du coup Pouss2 qui est pourtant né un 18 janvier n’aura pas porté de combinaison de ce type de son premier hiver : pour la voiture, cf plus bas, et sinon il sort porté sous mon beau manteau. Il est donc tout à fait possible de s’en passer si on le souhaite. Fin de l’apparté.

A mon avis, la meilleure solution c’est un genre de couverture avec des trous pour les ceintures qu’on laisse dans le siège (ou qu’on peut réinstaller à chaque fois si on a le courage…). Cela peut être un nid d’ange (la plupart ont les trous) ou tout simplement un plaid polaire au milieu duquel on découpe soi-même les trous puis une fois que l’enfant est installé on rabat les pans sur lui. Il y a aussi des peaux d’agneau avec des trous, qu’on peut coupler avec une petite couverture simplement posée sur le bébé. Tous ces systèmes permettent très facilement de découvrir l’enfant dès qu’il fait chaud dans la voiture, en particulier pour un long trajet. Pour un plus grand, on peut l’installer sans manteau dans le siège et lui donner son manteau comme couverture.

Le problème avec ce système reste le transport du bébé jusqu’à la voiture : comment le couvrir de façon rapide et à peu près efficace, puisque c’est généralement pour un temps très court ? Un petit gabarit qui ne gigote pas trop pourra être facilement couvert sous le manteau parental (d’autant plus si c’est un manteau de portage !). Il y a aussi les couvertures à scratch comme le babynomade (je ne sais pas vous mais je n’arrive juste pas à emballer un bébé dans une bête couverture rectangulaire, il y a toujours des bouts qui dépassent), qui sont bien pratiques mais contrairement à ce qu’ils annoncent à mon avis pas terrible pour  le siège auto : j’ai essayé et ça fait vraiment trop jouer les ceintures au niveau des épaules. Ceci dit ça convient jusque vers 6-9 mois environ (selon le gabarit, la tonicité). Pour la suite je cherche toujours LA solution ; en fait j’ai une bonne idée de ce qu’il faudrait mais je ne trouve pas : avis aux mompreneurs ! J’imagine une sorte de cape à capuche en polaire qu’on attacherait rapidement autour du cou avec un scratch ou une pression (éventuellement possibilité de la fermer tout du long avec des pressions), rien de bien compliqué finalement (un peu dans ce genre-là). On pourrait même la faire tourner (comme un bavoir géant) pour couvrir l’enfant dans son siège auto.

Pour finir quelques petits rappels sur la sécurité en voiture : on apprend ici qu’il serait optimal de laisser les enfants dos à la route jusqu’à leurs 15 mois. Une solution pour les grands gabarits peut être le siège 0/1 ; c’est d’ailleurs ce que nous songeons fortement à prendre pour Pouss2 le bébé géant qui va être vite à l’étroit dans son siège coque (le Jané Rebel pour ne pas le citer). Je n’en suis d’ailleurs pas très satisfaite globalement : vu l’inclinaison du siège dès que le bébé s’endort il se retrouve avec la tête sur les pieds (et le problème est encore aggravé avec le réducteur dont je ne comprends juste pas le concept) ; en plus il est en tissu déperlant ce qui fait que le poussin transpire comme une bête dès qu’il fait chaud. Et puis ainsi Pouss1 pourra rester plus longtemps dans son siège groupe 1. Si vous avez des sièges à recommander (ou à éviter), n’hésitez pas à le signaler en commentaires. Et puis vous pouvez aussi (re)lire ce billet.

Photo : J’ai toujours adoré la phrase de Coluche « Y a des gens qui ont des enfants parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir un chien »…

Pourquoi allaiter (ou pas)

lundi, mars 22nd, 2010

0125child7 Je ne vais pas vous refaire l’article des nombreux bienfaits de l’allaitement maternel, tant pour le bébé que pour la mère. Tout le monde les a entendus (sinon faites un tour à la Leche League), et soit vous allaitez et ça ne sert à rien de vous convaincre, soit vous n’allaitez pas et vous allez trouver ça culpabilisant. Il me semble aussi que ce n’est pas forcément ce qui joue le plus dans la décision d’allaiter ou pas : c’est si intime, si personnel. Je crois que c’est plutôt une question d’envie, de plaisir. Ainsi je vous propose de partager sur un mode plus personnel les petits trucs qui me plaisent et aussi ceux qui m’agacent dans l’allaitement.

Pourquoi j’aime allaiter :

  • Ne pas avoir à me lever la nuit pour faire des biberons et pouvoir me rendormir en cours de tétée
  • Avoir une bonne excuse pour faire du shopping : personnellement entre acheter une robe d’allaitement et acheter un chauffe-biberon, y a pas photo
  • Dépenser 500 calories de plus par jour sans bouger mes fesses du canapé, et admirer les cuissots dodus et autres triples mentons en me disant que c’est toujours ça de moins pour ma cellulite
  • Kit mains libres (une main libre, voire deux avec le coussin d’allaitement ou un porte-bébé) : pendant la tétée je peux bouquiner, manger, glander sur l’iPhone, etc (d’ailleurs ce billet a été en partie écrit pendant une tétée)
  • Avoir une bonne excuse pour ne rien faire : « Ah non désolée je ne peux pas ……………*, j’ai le bébé au sein »
  • Avoir trouvé le bouton « mute » : quand Pouss2 grogne et s’agite et que je n’entends plus ma série préférée, hop au sein et silence (oui c’est très mal, il mettra des années de psychanalyse à s’en remettre)
  • Ne pas avoir à réfléchir : suivre les quantités prises au cours du temps, savoir si un biberon est encore bon, etc. Il demande et je suis disponible : au sein.
  • Ne pas avoir besoin de faire pipi (ou presque) : quel agréable contraste avec la fin de grossesse !

Pourquoi ça m’énerve :

  • Tout repose sur moi, alors que je vois la parentalité comme une aventure à deux. Et je je ne nous reconnais pas dans les clichés sur la fusion mère – enfant avec le père en tiers séparateur ; pour moi les deux parents sont différents mais ont la même « importance » pour l’enfant (pas la mère à la place du Soleil et le père quelque part en orbite autour de Pluton).
  • Après neuf mois d’abstinence, je veux boire ET me resservir.
  • Un bébé qui s’énerve sur son biberon, c’est un peu agaçant. Un bébé qui s’énerve au sein : AAAAAÏÏÏEEEEE ! (j’appréhende l’arrivée des dents…).
  • J’ai parfois l’impression d’être une paire de seins sur pattes plus qu’une personne pour mon bébé et que toute tentative de câlin finit inévitablement par une tétée (or je préfère les câlins aux tétées, moi).
  • En lieu et place de seins j’ai une paire de pastèques qui ne rentre dans RIEN.
  • Les grosses fuites de lait : pas très fréquentes mais totalement imprévisibles et rien ne les arrête, trop glamour. Sans parler des montées de lait inopportunes, à croire que mes seins mènent une vie indépendante de la mienne.

Et vous ? Bien sûr ça marche aussi avec le biberon…

* remplir en fonction de la situation, par exemple, changer la couche pleine de caca du grand, faire la vaisselle…

Image : J’adore ce mode d’emploi imagé du bébé

Toutes les femmes peuvent allaiter ?

mardi, février 9th, 2010

cat-breastfeeds-baby Après des décennies de suspicion envers le lait maternel, il était temps de rétablir la vérité. Oui, l’immense majorité des femmes peut produire du lait d’excellente qualité (on voit qu’en Norvège par exemple 98% des femmes allaitent à la naissance). Cependant, dans la lignée de ma réflexion sur information et culpabilité, je me demande si cette affirmation n’a pas entraîné une certaine culpabilisation, infondée de surcroît. Ce n’est un secret pour personne que chaque femme, chaque grossesse, chaque naissance sont différentes. Un couple aura besoin d’assistance médicale pour concevoir un enfant tandis qu’un autre en aura un malgré l’usage d’une contraception supposée efficace. Une femme mènera une grossesse paisible et sans encombre tandis que l’autre développera une complication ou une pathologie. Tel accouchement pourra se faire physiologiquement, sans assistance, tandis qu’un autre nécessitera une césarienne. Bref, sur la route qui nous mène au bébé, nous sommes loin d’être toutes égales. Il paraît logique qu’il en soit de même pour allaiter. Au-delà des situations particulières (prématurité, jumeaux…) qui peuvent handicaper l’allaitement et sans même parler psychologie, il suffit de comparer les histoires de son entourage pour voir toute une diversité de situations : de l’allaitement qui a roulé tout seul aux mères très motivées qui ont fini par jeter l’éponge devant les difficultés rencontrées. Si on reprend l’exemple de la Norvège, on voit d’ailleurs qu’à trois mois le taux d’allaitement passe à 80%. Il y a donc un nombre non négligeable de mères qui ont commencé à allaiter et jeté l’éponge.

Evacuons tout de suite le problème des mauvais conseils et de l’entourage (y compris médical) plombant qui accuse l’allaitement au moindre écart, prônant le sevrage dès que quelque chose ne va pas. Il est complètement schizophrène et contre-productif de mettre des avertissements qui ne sont pas sans rappeler ceux des paquets de cigarette sur les boîtes de lait pour bébé tout en considérant ce même lait comme la norme et le lait maternel comme une gentille excentricité (voire une déviance perverse de mère égoïste) à laquelle il faut renoncer rapidement. Passons aussi sur le libre choix des mères :  il doit être absolument respecté. Ceci dit ce choix doit être informé et éclairé, et non basé sur des contre-vérités et autres culpabilisations infondées (« de toute façon tu n’as pas de lait/il n’est pas assez bon » ou encore « si tu n’allaites pas ton enfant sera débile, malade et dépressif »). Mais in fine, même s’il est important d’être bien informée,  je pense que c’est surtout une décision intuitive, qu’on « sent » plus qu’on ne la raisonne. Il me semble qu’allaiter si on n’en a pas vraiment envie c’est un peu comme faire du sport juste pour maigrir/parce que c’est bon pour la santé : voué à l’échec. Mieux vaut faire comme Johnny et avoir l’envie d’avoir envie… Mais j’ai déjà parlé de toute cela ici, et je vais donc arrêter le réchauffé.

Revenons à nos moutons : qui ne connaît pas une mère, motivée pour allaiter, bien renseignée sur la question (y compris ayant déjà allaité), qui a fini par arrêter ? Ou qui a persévéré, mais à quel prix ? Je connais des femmes qui ont allaité uniquement en tirant leur lait et en le donnant au biberon, d’autres qui ont passé des semaines à rééduquer la succion du bébé par des artifices complexes, d’autres encore qui ont souffert le martyr pendant des jours, certaines qui ont du lutter pied à pied contre un entourage hostile et culpabilisateur. Si vous ne me croyez pas ou n’en connaissez pas, allez simplement sur la section « allaitement » de n’importe quel forum de mères, et vous verrez un condensé de tout ce que ces mères ont enduré (et si vous hésitez à allaiter, il vaut peut-être mieux éviter, c’est assez décourageant). Moi qui ai eu (jusqu’ici) la chance d’avoir des bébés téteurs de compét’ et de baigner dans le lait (donc en gros allaiter = mettre la bouche du bébé devant le téton et attendre que ça se passe tout seul, éventuellement en serrant les dents quand ça fait mal), je suis baba d’admiration devant tant d’énergie et de volonté.

Pour en revenir à mon interrogation initiale, je ne suis pas convaincue par la communication très lisse autour de l’allaitement parfait au pays des bisounours, avec le message sous-jacent que d’une part c’est que du bonheur et que d’autre part ce bonheur est à la portée immédiate de toutes. Parce que que va faire une mère quand ça ne va pas être que du bonheur (et il me semble qu’une bonne majorité des mères allaitantes rencontre un jour ou l’autre un problème) ou quand elle ne va pas y arriver ? Culpabiliser pardi, c’est une seconde nature. Alors OK, tout le monde peut y arriver, mais probablement pas au même prix. Et oui, globalement c’est du bonheur, mais pas que.

Concrètement, je conseille à toutes les femmes qui ont le désir d’allaiter de se préparer, non pas en se massant les tétons mais en s’informant sur les difficultés et les pièges de base (par des lectures, des réunions d’associations type LLL ou des cours de préparation à la naissance), et en étant prête à recourir aux conseils d’une « professionnelle » à la moindre difficulté (sage-femme libérale, bénévole d’association de soutien à l’allaitement, consultante en lactation), idéalement identifiée avant la naissance du bébé. Et à toutes celles qui attendent un bébé de se laisser la possibilité de changer d’avis, quelle que soit leur position initiale. On a le droit de trouver ça trop dur, ou tout simplement que ce ne soit pas son truc, et inversement on peut se laisser surprendre par un nouveau-né tout juste arrivé qui rampe vers le sein, ou juste émouvoir par une amie qui donne le sein avec plaisir.

Pour finir, si vous doutez de la puissance et du pouvoir du sein, je vous suggère de jeter un œil à cette vidéo (le son n’est pas indispensable, par contre évitez la trop grande proximité d’un repas si vous avez l’estomac fragile…) :

Les jouets de bain

lundi, octobre 19th, 2009

ChandlerBathPromo Sur le principe, l’idée est tellement sympa. On voit bien le bambin en train de patauger, faisant voguer son petit canard (à ne pas confondre avec celui de Maman…), ses petits bateaux, faisant tourner un petit moulin, bref le bébé Cadum parfait. Pour peu on se croirait à la mer. Mais en pratique le jouet de bain est fourbe et retors. Ou juste spécialement mal conçu. Ou simplement pas vraiment fait pour aller dans l’eau. En effet, le jouet de bain fait tout pour garder de l’eau stagnante (rares sont ceux faits d’un seul tenant). Il est plein de petits recoins propices à l’accumulation du tartre et des moisissures en tout genre. Idéal pour booster l’immunité des poussins, surtout ceux qui portent encore tout à la bouche (quand on voit déjà ce qu’il y a dans les pommes ou les rideaux de douche…). Vous pourrez essayer de les ravoir tant bien que mal à la Javel (oui je sais c’est mal la Javel mais y a que ça qui marche sur les moisissures de salle de bain), mais il est quasiment impossible de se défaire de l’eau qui stagne à l’intérieur, et qui donne un fumet délicat à l’ensemble. Et puis régulièrement, goutte par goutte, l’eau finira quand même par ressortir dans le bain du poussin (ou dans sa bouche… ou les deux s’il apprécie -comme un certain Poussin de ma connaissance- de boire l’eau du bain…).

Problème : que faire des jouets entre deux bains ? Si vous vous contentez de les entasser sur le bord de la baignoire vous risquez non seulement d’accélérer le processus de moisissure/entartrage décrit ci-dessus mais de le propager au rebord et au joint de la baignoire.  Idéalement il faudrait sécher intégralement les jouets après chaque bain mais d’abord on n’a franchement pas que ça à faire et de toute façon il y a quasiment toujours des recoins inaccessibles. Un moindre mal est de les stocker dans un filet (comme celui-là par exemple) ou sur une grille (ici on a reconverti une de nos deux grilles à shampooings -un truc dans ce genre-là– en aire de stockage des jouets), où l’eau peut tant bien que mal s’évacuer un minimum. Une des stratégies adoptées ici est d’avoir très peu de jouets effectivement dédiés au bain (qui sont maintenant tous dans un état peu ragoutant) et d’utiliser ponctuellement un jouet « normal » pouvant aller dans l’eau (typiquement Legos ou Playmobils). Mais le jouet ne reste pas dans la salle de bain, ou juste le temps de sécher. L’avantage c’est aussi que lorsque le Poussin ne veut pas aller au bain il se laisse plus facilement convaincre s’il peut y transporter son jeu du moment.

Une autre solution (pouvant être cumulée avec la précédente) est de reconvertir un produit de peu de valeur en jouet, ainsi on aura moins de scrupules à le bazarder lorsqu’il ne sera plus présentable. Et en prime c’est économique et écologique. Par exemple j’ai pris un spray de produit pour les cheveux vide que j’ai démonté et bien rincé (il s’agit d’un truc en plastique sans aérosol, pas d’une bombe avec du gaz, je ne suis pas si indigne que ça) ; le Poussin peut soit faire couler de l’eau avec la bouteille soit sprayer de l’eau du bain. On peut aussi lui donner un ou deux gobelets en plastique pour jouer à transvaser (sauf qu’il y a généralement un moment où le poussin découvre que le jeu le plus drôle est de transvaser l’eau hors de la baignoire). Donc au final nous avons très peu acheté de jouets de bain et je note que ce n’est pas un cadeau très populaire non plus puisqu’en deux ans le Poussin n’en a reçu qu’un (mais peut-être notre entourage manifeste-t-il un biais significatif anti-jouet de bain ?). Autant vous dire qu’ils dégageront probablement d’ici à ce que l’Oeuf soit en âge de s’y intéresser.

Après avoir lu ceci vous devez vous douter que nous n’avons ni anneau ni transat de bain, ni même de tapis anti-dérapant dans la baignoire : d’une part nous n’en avons pas l’utilité et d’autre part cela entraîne les mêmes problèmes de nettoyage et aucun de nous n’est spécialement fan du récurage de salle de bain pour se détendre le week-end.

Je serais curieuse de savoir comment les autres s’en sortent…

D’autres articles sur le bain :

(Photo : malheureusement on ne voit pas les petits bateaux de Chandler…)

Comment ne pas être une mère parfaite

lundi, octobre 12th, 2009

purves Depuis le temps que Ficelle et Béatrice m’en faisaient l’apologie, quand j’ai vu passer Comment ne pas être une mère parfaite de Libby Purves dans les livres prêtés par ma prof de yoga prénatal je me suis jetée dessus comme la vérole sur le bas-clergé*. Portant sur la période allant de la grossesse aux trois ans de l’enfant, ce livre se veut une sorte d’anti-Laurence Pernoud (sauf que l’auteure étant anglaise n’est sans doute pas familière avec feue notre Laurence nationale). Ecrit dans un style assez pétillant il se lit vite et avec plaisir (et la traduction est assez bonne, avec des références au goût du jour -au moins pour la nouvelle version 2004, l’originale datant de 1986- et généralement francisées quand nécessaire). Mère de deux enfants, l’auteure alterne entre des anecdotes personnelles et des trucs et astuces incluant des idées proposées par d’autres parents qu’elle a sondés pour l’écriture du livre. Globalement ce sont plutôt des conseils de bon sens déculpabilisants, pragmatiques et sans dogmatisme forcené : la présentation générale étant « voilà quelques propositions, piochez ce qui peut vous convenir et laissez le reste », évidemment je ne peux pas dénigrer une telle vision des choses quand c’est ce que j’essaie autant que possible de mettre en œuvre dans ces colonnes.

Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre quelques citations décrivant certains phénomènes de façon particulièrement savoureuse :

  • Le complexe de la cousine Elisabeth : c’est chez la femme enceinte un « besoin irrépressible d’aller voir d’autres femmes enceintes et de comparer ses impressions ».
  • « Les parents se comportent tous un peu comme ces gens qui, à leur retour de week-end, déclarent qu’ils n’ont pas eu une goutte de pluie alors qu’en réalité il a plu des cordes pendant deux jours. Tout cela signifie que […] la visite d’une amie accompagnée d’un bébé un peu plus grand (ou un peu différent) peut vous faire douter de vos capacités. »
  • Pour se préparer au terrible two : « Je conseillerais à tous les parents de suivre des stages intensifs qui les prépareraient à affronter ces créatures versatiles. […] Si vous pouviez vous arranger pour devenir l’imprésario d’un groupe punk pendant quelques années, je crois que vous auriez compris l’essentiel. Tout ce qui vous permet de cotoyer des gens délirants sans perdre votre calme vous sera utile. »
  • « Les parents qui ont deux enfants ou plus ont une chose en commun : ils sont exaspérés par les plaintes et les inquiétudes de ceux qui n’en ont qu’un. C’est comparable au mépris que ressent une jeune accouchée devant l’idéalisme à tout crin d’une amie qui attend son premier bébé. »

Ceci étant dit il y a aussi des passages ou des choses que j’ai moins aimés. La plus sournoise pour un livre se voulant déculpabilisant est l’aptitude de l’auteure à parler de sa super carrière (elle est journaliste) parfaitement conciliée avec sa vie de famille comme si c’était à la portée de tout un chacun. Expliquer que descendre le Mississipi à sept mois de grossesse lui a permis de faire disparaître tous ses symptômes désagréables (jusqu’au retour…), ou comment passer en direct à la radio est excellent pour les nausées de grossesse, certes, mais ça ne me semble pas très pertinent pour la majorité des femmes. Je suis d’accord qu’il n’est pas forcément utile de passer sa grossesse à se regarder le nombril** mais on a aussi le droit d’être une grosse loque avachie sur le canapé. Personnellement j’ai trouvé sa façon de parler de l’allaitement (qu’elle défend) assez sympa et décomplexée, mais l’expérience de ce blog notamment m’a montré que s’il y avait un sujet dont la seule évocation tirait d’emblée sur la corde à culpabilité c’est bien celui-là. Je peux donc volontiers imaginer que ces passages mettent certaines lectrices mal à l’aise, même si on est loin de certains discours moralistes. Elle a parfois aussi un avis un peu à l’emporte-pièce sur certains points, comme l’accouchement à domicile (selon elle réservé aux brebis mais elle avoue ne pas être très objective sur le sujet). Quant aux trucs et astuces qu’elle donne, je n’ai pas encore eu l’occasion d’en tester (autres que ceux que je ne connaissais pas déjà…) ; c’est clair qu’il y a à prendre et à laisser mais elle le dit elle-même.

En bref, je dirais que comme le livre existe en poche, c’est un cadeau sympa à faire ou à se faire, pendant la grossesse ou après.

* Le Coq prétend que je suis la seule à utiliser cette expression un peu désuète mais je l’aime bien.

**L’autre jour une femme du yoga qui m’a expliqué avoir demandé -et obtenu- d’être arrêtée à trois mois pour « profiter de sa grossesse » : je suis la seule à halluciner un peu ? D’un autre côté n’envisageant pas de faire l’impasse sur le congé patho alors que ma grossesse n’est justement pas pathologique je passe sans doute pour une grosse flemmasse par rapport à d’autres…