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Toutes les femmes peuvent allaiter ?

mardi, février 9th, 2010

cat-breastfeeds-baby Après des décennies de suspicion envers le lait maternel, il était temps de rétablir la vérité. Oui, l’immense majorité des femmes peut produire du lait d’excellente qualité (on voit qu’en Norvège par exemple 98% des femmes allaitent à la naissance). Cependant, dans la lignée de ma réflexion sur information et culpabilité, je me demande si cette affirmation n’a pas entraîné une certaine culpabilisation, infondée de surcroît. Ce n’est un secret pour personne que chaque femme, chaque grossesse, chaque naissance sont différentes. Un couple aura besoin d’assistance médicale pour concevoir un enfant tandis qu’un autre en aura un malgré l’usage d’une contraception supposée efficace. Une femme mènera une grossesse paisible et sans encombre tandis que l’autre développera une complication ou une pathologie. Tel accouchement pourra se faire physiologiquement, sans assistance, tandis qu’un autre nécessitera une césarienne. Bref, sur la route qui nous mène au bébé, nous sommes loin d’être toutes égales. Il paraît logique qu’il en soit de même pour allaiter. Au-delà des situations particulières (prématurité, jumeaux…) qui peuvent handicaper l’allaitement et sans même parler psychologie, il suffit de comparer les histoires de son entourage pour voir toute une diversité de situations : de l’allaitement qui a roulé tout seul aux mères très motivées qui ont fini par jeter l’éponge devant les difficultés rencontrées. Si on reprend l’exemple de la Norvège, on voit d’ailleurs qu’à trois mois le taux d’allaitement passe à 80%. Il y a donc un nombre non négligeable de mères qui ont commencé à allaiter et jeté l’éponge.

Evacuons tout de suite le problème des mauvais conseils et de l’entourage (y compris médical) plombant qui accuse l’allaitement au moindre écart, prônant le sevrage dès que quelque chose ne va pas. Il est complètement schizophrène et contre-productif de mettre des avertissements qui ne sont pas sans rappeler ceux des paquets de cigarette sur les boîtes de lait pour bébé tout en considérant ce même lait comme la norme et le lait maternel comme une gentille excentricité (voire une déviance perverse de mère égoïste) à laquelle il faut renoncer rapidement. Passons aussi sur le libre choix des mères :  il doit être absolument respecté. Ceci dit ce choix doit être informé et éclairé, et non basé sur des contre-vérités et autres culpabilisations infondées (« de toute façon tu n’as pas de lait/il n’est pas assez bon » ou encore « si tu n’allaites pas ton enfant sera débile, malade et dépressif »). Mais in fine, même s’il est important d’être bien informée,  je pense que c’est surtout une décision intuitive, qu’on « sent » plus qu’on ne la raisonne. Il me semble qu’allaiter si on n’en a pas vraiment envie c’est un peu comme faire du sport juste pour maigrir/parce que c’est bon pour la santé : voué à l’échec. Mieux vaut faire comme Johnny et avoir l’envie d’avoir envie… Mais j’ai déjà parlé de toute cela ici, et je vais donc arrêter le réchauffé.

Revenons à nos moutons : qui ne connaît pas une mère, motivée pour allaiter, bien renseignée sur la question (y compris ayant déjà allaité), qui a fini par arrêter ? Ou qui a persévéré, mais à quel prix ? Je connais des femmes qui ont allaité uniquement en tirant leur lait et en le donnant au biberon, d’autres qui ont passé des semaines à rééduquer la succion du bébé par des artifices complexes, d’autres encore qui ont souffert le martyr pendant des jours, certaines qui ont du lutter pied à pied contre un entourage hostile et culpabilisateur. Si vous ne me croyez pas ou n’en connaissez pas, allez simplement sur la section « allaitement » de n’importe quel forum de mères, et vous verrez un condensé de tout ce que ces mères ont enduré (et si vous hésitez à allaiter, il vaut peut-être mieux éviter, c’est assez décourageant). Moi qui ai eu (jusqu’ici) la chance d’avoir des bébés téteurs de compét’ et de baigner dans le lait (donc en gros allaiter = mettre la bouche du bébé devant le téton et attendre que ça se passe tout seul, éventuellement en serrant les dents quand ça fait mal), je suis baba d’admiration devant tant d’énergie et de volonté.

Pour en revenir à mon interrogation initiale, je ne suis pas convaincue par la communication très lisse autour de l’allaitement parfait au pays des bisounours, avec le message sous-jacent que d’une part c’est que du bonheur et que d’autre part ce bonheur est à la portée immédiate de toutes. Parce que que va faire une mère quand ça ne va pas être que du bonheur (et il me semble qu’une bonne majorité des mères allaitantes rencontre un jour ou l’autre un problème) ou quand elle ne va pas y arriver ? Culpabiliser pardi, c’est une seconde nature. Alors OK, tout le monde peut y arriver, mais probablement pas au même prix. Et oui, globalement c’est du bonheur, mais pas que.

Concrètement, je conseille à toutes les femmes qui ont le désir d’allaiter de se préparer, non pas en se massant les tétons mais en s’informant sur les difficultés et les pièges de base (par des lectures, des réunions d’associations type LLL ou des cours de préparation à la naissance), et en étant prête à recourir aux conseils d’une « professionnelle » à la moindre difficulté (sage-femme libérale, bénévole d’association de soutien à l’allaitement, consultante en lactation), idéalement identifiée avant la naissance du bébé. Et à toutes celles qui attendent un bébé de se laisser la possibilité de changer d’avis, quelle que soit leur position initiale. On a le droit de trouver ça trop dur, ou tout simplement que ce ne soit pas son truc, et inversement on peut se laisser surprendre par un nouveau-né tout juste arrivé qui rampe vers le sein, ou juste émouvoir par une amie qui donne le sein avec plaisir.

Pour finir, si vous doutez de la puissance et du pouvoir du sein, je vous suggère de jeter un œil à cette vidéo (le son n’est pas indispensable, par contre évitez la trop grande proximité d’un repas si vous avez l’estomac fragile…) :

Informer sans culpabiliser : est-ce seulement possible ?

lundi, février 1st, 2010

culpabilite La maternité est un puits sans fond de culpabilité. Il est donc crucial que déjà entre mères nous évitions de nous pousser les unes les autres plus profond alors que nous avons déjà tendance à nous y enfoncer toutes seules. Cependant si nous voulons faire des choix éclairés, il faut aussi que nous bénéficions d’informations sur les différentes alternatives dont nous disposons. Pour avoir fréquenté ‘un certain nombre de mères, j’ai vite réalisé que la ligne entre « ne pas culpabiliser » et « donner des informations objectives » est bien étroite et difficile à tenir. Ne pas donner un conseil non sollicité qui risque de faire plus de mal que de bien ? Nier les vérités qui ne nous arrangent pas ?

En préalable, il faut tout de même rappeler que la plupart des sujets qui nous déchirent sont finalement des problèmes de nantis (les fameux MPR : méga problème de riche) : quand certaines affrontent chaque jour l’angoisse de ne pas pouvoir nourrir leur famille, j’en suis à me demander comment agrémenter le persil tubéreux de mon panier bio pour que les hommes consentent à en manger. Alors que des femmes risquent leur vie pour faire naître leur bébé, je suis en panique car je n’ai toujours pas fini mon sac pour la maternité à 40 SA. J’arrête là, vous voyez le tableau.

Je dois aussi ajouter que personnellement, je suis assez mal placée pour juger quiconque. J’ai donné naissance avec et sans péridurale. J’ai été suivie par une gynéco et par une sage-femme. J’ai utilisé des Pampers et des couches lavables. J’ai allaité et donné des biberons (avec BPA). J’ai des portes-bébé et des poussettes (face à la route en plus). J’ai fait des purées et donné des petits pots (même pas bio). J’ai fait du cododo et j’ai laissé pleurer. J’ai fait de l’écoute active et j’ai crié des insanités. J’ai repris à temps plein après le congé maternité et je m’apprête à prendre 6 mois de congé parental total. Comme tout le monde, j’ai mes doutes et mes regrets, mais globalement je suis en paix avec mes choix. Je les assume. Parce qu’à chaque instant, j’ai essayé, en fonction des informations et connaissances dont je disposais, de trouver la meilleure solution, le meilleur compromis pour ma famille. Et je ne crois pas que chacune de ces options font de moi une bonne ou une mauvaise mère. Un bon parent n’est pas pour moi quelqu’un qui aurait validé toutes les cases d’une improbable check list, mais plutôt une personne qui essaie, qui fait de son mieux, qui n’hésite pas à se remettre en question, à voir ce qui se fait, avec comme but ultime de trouver ce qui convient le mieux à toute sa famille (si tant est qu’on puisse vraiment définir le bon parent). La construction physique et mentale d’un enfant est un processus tellement complexe qu’on ne peut attribuer sa réussite ou son échec (sans compter la difficulté pour définir des critères de réussite ou d’échec) à un seul de de ces facteurs.

Comme je lis et me documente pas mal sur tous ces sujets (sans compter quelques cogitations issues de mon neurone unique -dont j’espère qu’il va retrouver quelques copains maintenant que j’ai pondu…), j’essaie de partager les informations, les théories, les résultats scientifiques qui me semblent intéressants et pertinents avec ceux et celles que ça intéresse (et apparemment il y en a si j’en crois les stats du blog et les commentaires enflammés toujours plus nombreux). J’essaie d’être objective, même si bien sûr la nature même du support -un blog dont je suis la poulocrate unique- implique une grande subjectivité : je traite les sujets dont j’ai envie, comme j’en ai envie, sans demander l’avis de personne. Mon but n’est jamais de culpabiliser, même s’il m’arrive d’être involontairement maladroite, et même si je sais combien certains sujets peuvent être douloureux.

Par exemple, je sais maintenant que si j’écris un billet sur l’allaitement, quelles que soient les précautions que je vais prendre, il est quasiment certain qu’il y aura au moins un commentaire d’une mère qui se sentira blessée par le sujet, ou au moins « obligée » de justifier pourquoi elle-même n’a pas allaité. Faut-il pour autant arrêter de parler d’allaitement ? Je pense au contraire que plus on en parlera, plus les femmes seront informées, et moins il y en aura à qui ça restera en travers de la gorge : les femmes pourront faire leur choix en connaissance de cause et auront plus de chances de mener leur projet à bien, ce qui à mon avis les aidera à mieux l’assumer derrière.

Il y a aussi tout le débat autour des conditions d’accouchement et de leurs répercussions physiques et psychologiques sur la mère et l’enfant, qui peut facilement devenir culpabilisateur (ou être ressenti comme tel, ce qui revient au même). Bien sûr que cela n’est qu’un facteur parmi d’autres, mais faut-il pour autant éviter d’en parler ? Se pose finalement la question de l’intérêt commun vs l’intérêt individuel : globalement il est dans l’intérêt de la société d’être composée de gens équilibrés et en bonne santé (ne serait-ce que parce que c’est elle qui paie pour ceux qui ne vont pas bien). Mais l’histoire a montré de nombreuses fois qu’on ne fait pas le bonheur du peuple malgré lui, et cela ne doit pas se faire aux dépens des libertés individuelles. On se trouve donc face à un certain nombre de questions auxquelles je n’ai bien sûr pas de réponse : Comment faire évoluer notre organisation pour encourager les pratiques qui nous semblent les plus bénéfiques ? A quel prix ? Pour quel bénéfice ? Quelles sont les priorités ? Par exemple, faut-il plutôt encourager la confiance en soi des parents et leur sentiment de compétence, au risque d’entretenir des pratiques néfastes ? Ou faut-il privilégier l’information scientifique la plus en pointe sur les pratiques les plus bénéfiques, alors qu’on a l’impression d’avoir déjà prescrit tout et son contraire au fil des années ?

Je ne crois pas qu’on puisse trouver de réponse simple à ces questions (à dire vrai je trouverais même ça inquiétant) mais je voulais partager avec vous ces réflexions qui touchent finalement à la raison d’être de ce blog.

D’autres réflexions qui peuvent vous intéresser :

L’Oeuf a éclos

lundi, janvier 18th, 2010

Un petit message rapide pour vous dire qu’après un suspense de malade et une attente de presque une semaine, l’Oeuf a cassé sa coquille ce matin vers 6 heures. Tout s’est bien passé et nous sommes rentrés de la maternité tout à l’heure. Je vous en dirai plus un peu plus tard, n’ayant pas trop l’énergie de vous raconter ça maintenant, et puis j’ai surtout un magnifique nouveau poussin à contempler (et à nourrir).

Le Poussin de Schrödinger

mercredi, décembre 30th, 2009

poussinchat Attention les amis ça va voler haut aujourd’hui, mon neurone unique de fin de grossesse a surchauffé et nous allons parler physique quantique. Non ce n’est pas une blague. Depuis le temps que j’observais le non respect total du Poussin pour les lois classiques de la physique, de la thermodynamique, de la physiologie et de la puériculture classiques, je commençais à me douter qu’il était plutôt un objet quantique. Mais ce n’est plus une simple intuition : je le prouve.

Un des grands principes de la physique quantique c’est qu’on n’est jamais sûr exactement de ce que fait un objet à un moment donné, et que si on l’observe pour avoir la réponse on perturbe cet objet et donc l’expérience est par nature biaisée, puisqu’on ne sait pas si l’objet était déjà dans cet état ou si c’est l’observation qui l’y a mis. Donc on ne sait pas dans quel état est l’objet. Et tant qu’on n’a pas fait de mesure, on considère qu’il est dans plusieurs états à la fois.

Un physicien réputé (il est quand même prix Nobel), répondant au doux nom d’Erwin Schrödinger, avait proposé une expérience avec un chat dans une boîte noire, qui pouvait être empoisonné selon l’état d’un atome radioactif (désintégré ou pas). Tant qu’on n’ouvre pas la boîte pour observer le chat, on ne sait pas si l’atome s’est désintégré ou pas et si le chat est mort ou vivant. Du coup le chat est considéré comme mort ET vivant à la fois. Je précise que notre ami Erwin a imaginé son expérience en 1935, bien avant Brigitte Bardot. Ceci dit que les amis des animaux et des chats se rassurent, elle n’a à ma connaissance jamais été mise en œuvre. Tout cela est expliqué avec beaucoup de détails ici et par exemple.

Venons en maintenant au Poussin. Scène typique du week-end : le Poussin se réveille trop tôt et ses parents lui suggèrent avec toute la délicatesse et la subtilité dont ils sont capables à une heure aussi indue d’aller se recoucher. Finalement il retourne dans sa chambre et après quelque temps on n’entend plus de bruit. Dort-il ? Ne dort-il pas ? On n’en sait rien. Et si on va voir, on va peut-être le réveiller et donc perturber son état. Donc le Poussin est endormi et éveillé à la fois. Il est quantique. Bon l’important c’est surtout qu’on a pu faire la grasse matinée.

(et puis sinon joyeuses fêtes à tous !)

Faut-il toujours se soigner ?

lundi, novembre 30th, 2009

granulus Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je vous livre une réflexion personnelle dont j’aimerais discuter avec vous. Je vais être volontairement un peu provocatrice et caricaturale pour mieux faire passer mon propos, mais je compte sur vous, (fidèles) lecteurs, pour ramener le débat au niveau de nuance et de subtilité habituel dans les commentaires.

Vous le savez si vous êtes fidèles à la basse-cour, je n’ai pas beaucoup plus de foi en l’homéopathie qu’en l’horoscope ou en la météo. Et je n’accorde pas plus grand crédit aux fleurs de Bach. Bon je ne suis pas insensible à toute forme de médecine « alternative » : je trouve l’idée des huiles essentielles intéressante (au passage c’est l’exact opposé de l’homéopathie : concentrer au maximum les principes actifs plutôt que les diluer jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus…) et il m’arrive de consulter un ostéopathe (là je pense que le problème est plus dans la mauvaise organisation de l’ostéopathie française que dans la discipline elle-même). Ceci dit, pourquoi s’acharner contre ce type de médecine alors que c’est supposé être totalement inoffensif (à part peut-être chez les diabétiques, qui pourront être sensibles au sucre contenu dans les granules) ? Eh bien personnellement, je me demande si son utilisation, notamment chez les enfants, n’aurait pas quelques effets pervers. De deux choses l’une : ou bien on a vraiment un problème physique quelque part, et il faut le traiter avec quelque chose d’efficace (ex : si vous avez une pneumonie il vous faut des antibios, des vrais des méchants des durs), ou on n’a rien qui ne se guérisse tout seul, et alors pourquoi prendre un médicament ? Je pense en effet qu’un grand nombre de petits maux, surtout lorsqu’ils sont occasionnels (les affections chroniques sont encore une autre histoire), ne doivent tout simplement pas être soignés, mais se soigner tout seuls. Il faut simplement accepter qu’on ne peut pas être heureux, en forme, au top tout le temps.

Quel message fait-on passer à un enfant quand on propose des granules quand il n’arrive pas à dormir ? une crème dès qu’il a un bleu ou une bosse ? trois gouttes parce qu’il est enrhumé ? une lotion miracle quand il est stressé ? Pour moi cela revient à dire : tu as besoin de médicaments pour gérer cela. Il n’est pas acceptable d’avoir mal ou de se sentir mal : vite il faut prendre quelque chose. Personnellement, je trouve que tomber en jouant et se faire un bleu ou avoir un petit coup de blues ou une crise d’angoisse font partie des choses de la vie, et je préfère que mon Poussin apprenne à gérer ce type de problème en puisant dans ses propres ressources et en s’appuyant sur ses proches plutôt qu’à s’en remettre à une pilule miracle. Pas d’arnica dans ma pharmacie, par contre une bonne cargaison de bisous magiques (très efficaces, et maintenant le Poussin commence à s’en faire lui-même ! on n’arrête pas le progrès…). Nous ne sommes pas non plus des monstres, si nous voyons qu’il a vraiment mal et que ça ne va pas passer comme ça (fièvre, méga poussée dentaire), on passe au paracétamol.

Que fera l’enfant quand il sera plus grand et que la petite granule montrera ses limites ? Quand il aura des insomnies ? Quand sa copine l’aura plaqué ? En ce qui me concerne je n’ai pas envie que son premier réflexe soit de courir à la pharmacie. Et n’est-ce pas plus gratifiant d’avoir des outils pour s’en sortir tout seul ? Quand je vois certaines personnes qui se précipitent sur leur (large) pharmacopée alternative au moindre souci j’ai un peu l’impression de voir Dumbo qui ne peut pas voler sans sa plume magique, alors que je suis sûre qu’à l’instar du célèbre éléphant elles ont des ressources pour s’en sortir.

La France est un des plus gros consommateurs de médicaments du monde occidental, y compris de psychotropes ET d’homéopathie. Certes l’homéopathie a des effets secondaires bien moins importants que le Valium mais est-ce si simple ? Faut-il donner des pilules du bonheur à tout le monde ? Ou simplement réserver les traitements pharmaceutiques quels qu’ils soient aux maladies (y compris psychiatriques) qui ont vraiment besoin d’être soignées (n’oublions pas qu’une grande partie des « crèves » sont virales et donc finissent par passer toutes seules) ? A mon avis, y a pas que les antibiotiques qui devraient pas être automatiques… Et avec une petite recherche, j’ai même trouvé ici quelqu’un d’autre qui est du même avis.

Pour l’image la source est ici.

Enfant et écran

mardi, novembre 24th, 2009

Je méditais de vous faire un billet sur ce sujet et hop ! le CSA lance une grande campagne « La télévision n’est pas toujours un jeu d’enfant ». Je passe donc le sujet en priorité pour coller au plus près à l’actualité et aux tendances (je ne voudrais pas entendre dire que la basse-cour est « so 2009 »).Vous trouverez notamment sur leur site des vidéos avec des conseils et des infos, avec notamment des interviews d’experts (Patrice Huerre, pédopsychiatre et Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste). Je n’ai pas tout regardé mais je voudrais juste dire à Françoise Laborde (qui préside le groupe de travail Protection de l’enfance) que chez nous ce n’est ni la nounou ni maman qui passent l’aspirateur, c’est papa ou la femme de ménage (spécial dédicace à Olympe). J’en profite pour rappeler aux gros bidons de la basse-cour que l’aspirateur c’est très mauvais pour les femmes enceintes, faites bosser vos coqs.

Que préconise donc le CSA ? « Pas d’écran avant 3 ans ». Mazette, ils sont durs. Qui n’a jamais allumé la télé ou mis un film pour acheter un peu de tranquillité ? Et surtout : qui a banni les écrans de chez lui ou s’assure qu’ils ne soient allumés que lorsque les petits dorment ou sont absents ? D’autant plus qu’en tant qu’adulte on peut à peu près se discipliner, mais comment concilier les intérêts divergents au sein d’une fratrie (là je vous parle en tant qu’aînée qui n’avait quasiment jamais rien le droit de regarder parce que sinon « tes frères vont regarder aussi et c’est pas de leur âge »…) ? Et puis faut-il tout mettre sur le même plan ? La télé ? Les DVD ? Les jeux vidéos ? Internet ? N’y a-t-il pas aussi une affaire de dose ?

Comme je l’avais déjà exposé ici, les experts s’accordent à dire que la vidéo n’est pas bonne pour le développement psychomoteur des tout petits. Dans la famille Pondeuse globalement nous évitons la télévision au sens strict. Je trouve la plupart des dessins animés niais et inintéressants, je préfère que le Poussin évite la pub et je suis un peu parano du merchandising associé à certaines émissions (vade retro Dora). Par contre nous regardons des films ou des émissions en DVD, souvent en famille (au moins un des parents regarde avec lui, pour être notamment prêt à avancer un passage qui lui fait peur -et ce n’est pas toujours prévisible). Cela permet aussi de commenter ensemble ce qu’on voit sur l’écran et d’expliquer. Parmi les hits du moment : les Aristochats (à peu près 0 passage flippant, finalement rare chez Disney où il y a souvent un méchant très très méchant) et Cars (le Poussin adore et le réclame spécifiquement). Il peut arriver aussi qu’on choisisse quelque chose plus pour Papa et Maman, mais dans ce cas on privilégie quelque chose d’à peu près tout public comme les Simpsons ou les Shadoks. Je réalise aussi que ça fait un bail qu’on n’a pas regardé Minuscule.

On peut passer aussi un certain temps sur Youtube, qui est une vraie mine de trucs sympas. Je sais que la vidéo c’est mal, mais par exemple le Poussin adore la musique et les instruments de musique. Idéalement il faudrait lui faire voir chaque instrument en vrai avec une personne sachant en jouer, mais nous n’habitons pas avec un orchestre philharmonique. Or en quelques clics on trouve des vidéos de quelques minutes, permettant de découvrir un instrument et différents styles musicaux associés. Les parents en profitent aussi pour se cultiver (sans le Poussin aurais-je regardé trois fois de suite cette improbable vidéo comme l’autre soir ? I think not…). On peut aussi trouver les passages fétiches (notamment les chansons) de la plupart des Disney (ici La marche des éléphants et Hakunah matatah sont les hits du moment), en anglais (histoire de se donner bonne conscience…) ou en français. De la même façon, c’est un bon moyen de faire connaissance avec les animaux, même si ça n’empêche pas de regarder des livres, faire des imitations (sonores et visuelles), et aller les voir en vrai (au zoo ou dans la nature, selon les bestioles). Bref il me semble que c’est un moyen de faire découvrir le monde aux enfants, même si ça ne doit bien sûr pas être le seul. J’ai d’ailleurs créé une chaîne Youtube du doux nom de BasseCourTV (accessible ici) pour commencer à centraliser ces vidéos, n’hésitez pas à me signaler celles dont vos bambins raffolent que je les rajoute. Je continuerai à l’alimenter de mon côté aussi. Enfin d’ici-là vous remarquerez sans doute (si ce n’est pas déjà fait…) que les petits non seulement ne craignent pas la répétition mais l’apprécient.

Il y a aussi d’autres choses que la vidéo à faire avec un écran. Chez nous la plupart des photos sont sur l’ordinateur, c’est donc là qu’on les regarde et qu’on les commente ensemble. Enfin il y a des sites qui proposent des jeux pour bambins très bien faits : on peut citer par exemple Matières d’école, Poisson rouge et Choo choo games (et ses musiques de trois mesures adorées du Poussin… no comment). Il me semble là aussi que si on panache avec d’autres activités et que le parent supervise activement cela ne va pas forcément faire du bambin un psychopathe décérébré.

Je constate que la place de l’écran dans nos vies est en train de totalement changer (d’ailleurs si vous lisez ces lignes c’est a priori que vous passez un certain temps sur le net), et ce n’est pas en le diabolisant qu’on aidera les petits à en faire une utilisation judicieuse. Mais il ne faut pas se leurrer non plus, et il est clair que le concept de vidéo éducative à cet âge-là (= avant 3 ans) est un contresens total (voir par exemple la controverse autour des DVD Baby Einstein pour lesquels Disney, après avoir été accusé d’allégations mensongères, a finalement offert de rembourser les acheteurs). Le jeu et la participation aux activités familiales (autres que regarder la télé…) doivent rester les occupations principales d’un tout petit. Un écueil que nous avons expérimenté est d’ailleurs de poser et d’entériner la limite de temps : en effet une vidéo permet d’acheter à bon prix un calme relatif, mais le moment où on décide que c’est fini et qu’on arrête pour aujourd’hui peut déclencher une bonne grosse crise comme on les aime… facilement calmée avec une autre vidéo, ahem. Du coup ces jours-ci c’est cure de désintox.

Et chez vous, ça se passe comment ?

(Dessin : vu sur l’excellent blog de Martin Vidberg l’Actu en patates)

Petit Papa Noël

lundi, novembre 9th, 2009

le_pere_noel_est_une_ordure Vous n’avez pas pu y échapper : les décorations sortent, les catalogues de jouets vous envahissent… pas de doute, Noël approche. Avec un Poussin de presque 2 ans 1/2 se pose pour la première fois la question du Père Noël : que faire ? que dire ? que faire croire ? Avant de creuser un peu plus la question, j’aimerais d’abord évacuer tout de suite un faux débat : non le Père Noël n’est pas une invention de Coca-Cola et de la société de consommation, c’est au contraire une tradition ancienne liée à St Nicolas, ce qui n’empêche pas bien sûr qu’il ait été largement récupéré par la suite à des fins plus ou moins glorieuses. Dans l’Est et le Nord de la France (et de l’Europe), on fête d’ailleurs encore St Nicolas (le 6 décembre), qui apporte les cadeaux à la place/en plus du vieux barbu. Si vous voulez en savoir plus sur l’histoire du père Noël et sur la vraisemblance scientifique de son existence, allez lire ce texte. Par ailleurs, je n’oublie pas que Noël est à la base une fête chrétienne, mais il ne s’agit pas ici de débattre de la compatibilité entre le petit Jésus et papa Noël. N’étant pas très religieuse moi-même, je n’ai ni l’envie ni la légitimité pour me lancer dans un tel débat. Enfin ce billet n’a bien sûr pas vocation à trancher sur la question ou à juger telle ou telle façon de voir et de faire les choses, il me semble que c’est quelque chose de très personnel, lié à nos envies et à nos traditions familiales ; chacun aura suffisamment à faire avec sa famille et sa belle-famille pour trouver une solution qui convienne à tout le monde sans qu’on n’ait besoin d’en rajouter ici. Je voudrais simplement partager avec vous quelques questionnements que j’ai sur le sujet.

Revenons donc à nos rennes. J’avoue tout de suite : je n’ai pas très envie de me lancer dans la mythologie père-noëlesque. Je trouve ça un peu dommage de faire croire que les cadeaux tombent du ciel, et bien plus conforme à ma vision de l’esprit de Noël d’en identifier clairement le donateur. Que tout cela lui donne à son tour l’envie de faire des cadeaux (en proportion avec ses moyens bien sûr) aux personnes qu’il aime. En bonne Gordonophile je ne suis pas spécialement fana non plus du chantage aux cadeaux, d’autant plus qu’allez expliquer ensuite à Mamie que finalement l’enfant n’ayant pas été sage elle peut remballer sa belle boîte de Legos jusqu’à l’année prochaine… Je n’ai aucune envie d’emmener le Poussin se faire prendre en photo avec le père Noël du centre commercial, ni que quelqu’un de la famille se déguise pour l’occasion (et le premier qui suggère qu’avec ma bedaine et ma démarche de pingouin je tiendrais idéalement le rôle s’en prend une). Ecrire la lettre au père Noël, pfff. De toute façon d’ici à ce qu’il puisse l’écrire lui-même il n’y croira plus. Ce qui est une autre facette du problème : comment le prendra-t-il quand il découvrira que le père Noël n’existe pas ? Surtout si c’est un petit camarade qui ne prend pas de pincettes…

Ceci dit on ne peut pas non plus faire abstraction du père Noël, sans compter qu’à l’école si c’est justement le seul qui fait la morale à tout le monde « Papa Noël n’existe pas » il ne va pas se faire que des amis… Peut-être qu’on va tenter une voie un peu médiane, où on parle du père Noël comme d’une belle histoire, d’une légende, à laquelle on peut croire si on en a envie. Sans compter qu’on ne fête pas Noël tout seul et qu’il est quasi certain qu’il y aura quelqu’un dans la famille qui voudra faire autrement. Et bien sûr, qu’on soit chrétien ou pas, pratiquant ou pas, il me semble difficile de faire l’impasse sur l’histoire du petit Jésus, pour le coup je crois que sans ça Noël perd un peu son sens. Personnellement, avec les mariages-enterrements-baptêmes, la messe de Noël est la seule à laquelle j’aille car pour moi c’est une partie indissociable de cette fête. Et j’y emmène les enfants (tant qu’ils ne protestent pas trop… on verra dans quelques années quand ils préfèreront un scooter…). Pas forcément pour qu’ils y croient, mais plutôt pour qu’ils comprennent le sens et l’origine de cette fête (bon y en a minimum un qui va pas suivre grand choses du fond de sa poche des eaux cette année mais de toute façon j’aurais du mal à y aller sans lui).

Et vous, c’est quoi votre façon de fêter Noël ?

Evolution du style parental

vendredi, octobre 16th, 2009

evolutionJe ne résiste pas à vous faire passer cette petite comparaison de la parentalité au fur et à mesure que la famille s’agrandit, trouvée ce matin chez les Z’imparfaites.

Les vêtements de maternité:

1er bébé : Vous portez vos vêtements de maternité dès que votre docteur vous confirme que vous êtes enceinte.

2e bébé : Vous portez vos vêtements réguliers le plus longtemps possible.

3e bébé : Vos vêtements de maternité SONT vos vêtements réguliers.

La préparation à l’accouchement:

1er bébé : Vous pratiquez vos respirations religieusement.

2e bébé : Vous ne vous en faites pas, car vous savez que, la première fois, les respirations n’ont servi à rien.

3e bébé : Vous demandez une péridurale au huitième mois.

Les vêtements de bébé:

1er bébé : Vous lavez tous les vêtements du nouveau-né à venir, vous agencez les couleurs et vous placez le tout, soigneusement plié, dans sa petite commode.

2e bébé :Vous vérifiez que les vêtements sont propres et vous jetez les vêtements qui ont des tâches foncées.

3e bébé : Les garçons peuvent porter du rose, n’est-ce pas ?

Les soucis de bébé:

1er bébé : Au premier signe de détresse (un son, une grimace), vous le prenez immédiatement dans vos bras.

2e bébé : Vous prenez l’enfant seulement si ses pleurs risquent de réveiller le petit dernier.

3e bébé : Vous enseignez à votre garçon de trois ans comment remonter le mécanisme de la balançoire automatique.

La tétine de bébé:

1er bébé : Si la tétine tombe par terre, vous la rangez jusqu’à ce que vous soyez à la maison pour la nettoyer et la stériliser.

2e bébé : Quand la tétine tombe par terre, vous la nettoyez sommairement avec le jus du biberon du bébé.

3e bébé : Vous l’essuyez sur votre manche et vous la lui redonnez.

Les couches de bébé:

1er bébé : Vous changez la couche du bébé toutes les heures, que ce soit nécessaire ou pas.

2e bébé : Vous changez la couche toutes les deux ou trois heures, au besoin.

3e bébé : Vous essayez de la changer avant que l’on se plaigne de l’odeur ou que la couche lui tombe sur les genoux, par le poids.

Les activités de bébé:

1er bébé : Vous amenez le bébé à la gymnastique pour bébé, les balançoires de bébé, les zoos pour bébés, les films pour bébés et aux lectures de contes pour bébés.

2e bébé : Vous amenez votre bébé à la gymnastique pour bébés.

3e bébé : Vous amenez votre bébé au supermarché et au pressing.

Les sorties sans bébé:

1er bébé : La première fois que vous faites garder votre bébé, vous appelez à la maison au moins cinq fois dans la soirée.

2e bébé : Juste avant de quitter la maison, vous vous souvenez de laisser un numéro pour vous rejoindre.

3e bébé : Vous laissez comme instructions à la baby-sitter de vous contacter seulement si ça saigne.

À la maison avec bébé:

1er bébé : Vous passez une bonne partie de la journée seulement à contempler votre bébé.

2e bébé : Vous passez un peu de temps de votre journée à vous assurer que le plus vieux ne pince pas, ne frappe pas et n’étrangle pas le petit dernier.

3e bébé : Vous passez une partie de la journée à vous cacher des enfants.

Et si bébé avale une pièce de monnaie:

1er enfant : Quand votre premier enfant avale une pièce de monnaie, vous vous rendez immédiatement à l’hôpital et demandez qu’on lui fasse une radio.

2e enfant : Quand votre deuxième enfant avale une pièce, vous observez attentivement pour vous assurer qu’elle est bien passée.

3e enfant : Quand votre troisième enfant avale une pièce, vous la déduisez de son argent de poche.

Pour limiter les accusations de blogueuse feignasse plagiaire, j’ai dé-québequisé certaines expressions (mais vous pourrez faire la comparaison sur le site des Z’imparfaites) et je vous en propose une supplémentaire de mon crû :

L’alimentation de bébé:

1er bébé : Jusqu’à ses 18 mois vous le nourrissez exclusivement de purées vapeur maison.

2e bébé : Ou il mange ce qu’il y a table, ou il prend un biberon/une tétée.

3e bébé : Vous tentez simplement de vérifier que l’aîné ne le gave pas de cacahouètes à trois mois.

N’hésitez pas à proposer les vôtres en commentaires. Et enfin je ne sais pas s’il faut que je m’auto-dénonce à l’ASE mais à 1,6 enfants (deux dont un plus petit que l’autre, comme dirait Desproges) je fais déjà un certain nombre de choses estampillées « 3e bébé »…

(Image : l’évolution de la femme, petit clin d’oeil à notre ami Karl)

Le Flanby

mercredi, septembre 2nd, 2009

Au cas où vous ne l’auriez pas encore vue, cette petite vidéo qui circule sur le net (vue chez Papa anonyme par exemple) et qui nous a bien fait rire avec le Coq :

Pour le moment la Fédération Française des Gobeurs de Flanby n’a fait aucun commentaire.

Petite anecdote

jeudi, août 20th, 2009

tantrum

Oui je sais, je vous néglige en ce moment, mais à ma décharge je suis coincée pour mon boulot au fin fond des Carpathes, entre Dracula (pas vu Edward par contre hélas) et une horde d’ours furieux, sans Coq ni Poussin (par contre l’Oeuf lui aime à se rappeler à mon bon souvenir en s’étalant sur ma vessie…). Mais je pense à la basse-cour et je vous transmet au passage cette petite anecdote qui m’a été narrée par une des personnes avec qui je travaille ici.

Cette personne donc, quand elle avait quatre ans, était à la montagne avec ses parents. Ceux-ci voulaient prendre un téléphérique, mais le charmant bambin a fait THE méga-colère-de-la-mort-qui-tue, à tel point que les parents, furieux, ont renoncé à leur petite excursion. Le soir-même, ils ont découvert que la cabine du téléphérique qu’ils voulaient prendre s’était décrochée, faisant quarante morts.

Je ne sais pas vous, mais moi j’essaierai d’y repenser la prochaine fois que le Poussin nous fait reprogrammer une activité ou une excursion…