Archive for the ‘Allaitement’ Category

Entendu dans les Simpsons

jeudi, mars 19th, 2009

kent-brockman Le Coq et moi sommes des mordus de séries télé que nous regardons le soir quand le Poussin est couché. Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager cette phrase prononcée par Kent Brockman (le présentateur télé) dans l’épisode des Simpsons regardé hier :

A solar eclipse is like a woman breastfeeding in a restaurant. It’s free, it’s beautiful, but under no circumstances should you look at it.

(Une éclipse solaire est comme une femme qui allaite dans un restaurant. C’est gratuit, c’est magnifique mais quoi qu’il arrive vous ne devez pas la regarder.)

Nibar news

vendredi, décembre 19th, 2008

Vu sur Strollerderby* : en Angleterre (plus exactement à Liverpool) on va enseigner l’allaitement dès la maternelle. Partant du constat que l’allaitement, bien que naturel, n’est pas inné, les autorités locales espèrent augmenter le taux de mères choisissant l’allaitement (actuellement autour d’1/3). Les leçons commenceront dès la maternelle et iront jusqu’au lycée, où des mères allaitantes viendront faire la démo. Filles et garçons seront concernés, puisqu’apparemment l’opposition du père est un frein non négligeable à l’allaitement.

Je trouve l’initiative très intéressante, et à suivre. Ayant encore entendu par une de mes collègues : « Je n’avais pas de lait. J’ai essayé d’en tirer mais rien n’est sorti. Alors j’ai laissé tomber. », je pense que ce ne serait pas du luxe chez nous. Et j’y ajouterais bien quelques cours de psychologie de l’enfant (histoire qu’on arrête de suggérer qu’un bébé de trois semaines qui ne veut pas qu’on le pose fait des caprices…), et puis de vrais cours sur la reproduction et sur la contraception.

Dans un genre assez différent, j’ai aussi récupéré cette pub d’un goût douteux pour une crème contre les crevasses :

torn-nipple

La pub est prévue avec un point de colle entre les deux pages pour que quand vous vouliez la voir, le téton soit arraché et reste collé dans la bouche du chérubin. Le message : si vous allaitez sans la crème machin, vous allez morfler. Ahem. D’un côté, je trouve qu’on doit prévenir les femmes que les débuts de l’allaitement peuvent être douloureux, et que même si on fait tout bien comme il faut, et qu’on arrive à éviter crevasses et engorgement, on peut quand même avoir mal. Non parce qu’à force d’entendre parler d’un merveilleux moment d’intimité et de câlin bla bla bla, on tombe un peu des nues quand ce n’est pas l’extase dès la première tétée. Mais de l’autre, suggérer qu’une crème est indispensable, là Maurice, tu dépasses les bornes des limites. Et pour ceux qui ne seraient pas au courant : ceci n’est pas une femme qui vient d’accoucher, et cela n’est pas un nouveau-né (6-9 mois je dirais).

Pour finir, le carnet rose : Michelle Duggar a accouché de son 18ème enfant (par césarienne), la petite Jordyn-Grace. Son mari quant à lui a déjà hâte de remettre ça…

*Contrairement à ce qu’on pourrait croire vus les derniers posts, je ne compte pas transformer ce blog en VF de Strollerderby…

Maternage, écologie et féminisme

mardi, décembre 2nd, 2008

L’article de Marianne a jeté un pavé dans la mare : et si le maternage et l’écologie étaient anti-féministes ? La question est intéressante, mais hélas tellement mal traitée qu’on ne peut pas en ressortir grand chose. Caricatural, l’article est entièrement à charge et aligne les contre-vérités et les approximations, sans nuance ni conscience de la complexité de la situation. J’ai beaucoup de respect pour Elisabeth Badinter, mais là elle est franchement à côté de la plaque. Au-delà de la méthode déplorable (dans la flopée de commentaires sur le site du magazine, une des femmes interviewées se plaint que la « journaliste » ait déformé ses propos), le problème sous-jacent à mon avis est d‘opposer a priori le bien-être de l’enfant à celui de la mère. Ou la femme se sacrifie pour sa progéniture, ou au contraire elle la sacrifie à l’autel de son égoïsme. Et selon les époques, le balancier passe de l’un à l’autre, mais c’est toujours plus ou moins l’un OU l’autre. Eh bien moi je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas optimiser les deux à la fois. Ne dit-on pas que l’enfant a besoin d’une mère épanouie pour s’épanouir ? Et à l’inverse, croit-on vraiment qu’une mère sera heureuse si ses enfants sont malheureux ?

Regardons un peu plus au Nord : les pays scandinaves sont réputés à la fois pour leur avancée en matière de droits des femmes (les Parlements les plus féminisés du monde en 1999 sont ceux de la Suède avec 42% de femmes, du Danemark, de la Finlande et de la Norvège, la France n’étant que 52ème avec 10,9 %) et des droits de l’enfant (pionniers dans les lois d’abolition de la fessée, plus de 90% d’allaitement maternel). Et en plus ils sont écolos. Si vous ajoutez à cela que les gens y seraient heureux (alors que l’hiver là-bas doit être encore plus déprimant qu’ici), que leur modèle socio-économique fait baver le reste de la planète, et qu’ils ont inventé Ikea, on finit par se dire qu’il faudrait peut-être tenter de s’en inspirer, non ? Alors certes tout n’est pas directement transposable chez nous, notamment pour l’écologie et le modèle socio-économique, mais concernant la périnatalité ? Les taux de natalité par exemple sont comparables, aux alentours de 2 enfants par femme si on en croit cette carte (même si moins élevés qu’en France qui est vice championne d’Europe). Et cette étude nous indique que la France comme les pays scandinaves est un des rares endroits d’Europe où les femmes sont à la fois très présentes dans le monde du travail et (relativement) très fécondes.

Une autre hypothèse sous-jacente qui me pose problème, c’est qu’on suppose que les clés du bonheur sont universelles. Il y a évidemment un socle commun (genre mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade…), mais le paradis des uns peut tout à fait être l’enfer des autres. A toute mère (ou future mère) qui se pose la question de travailler ou de se consacrer à ses enfants, je suggère de lire cet article publié sur le blog des (Z)imparfaites. C’est une histoire de tripes : on le sent ou on le sent pas. Dans les deux cas, il ne faut pas se forcer. Le problème étant que même si nous vivons dans un pays où notre liberté individuelle est à peu près garantie, le choix n’est pas toujours vraiment possible. Comment retourner au travail si vous ne trouvez pas de façon satisfaisante de faire garder vos enfants ? Et comment s’y consacrer exclusivement si ça implique des fins de mois difficiles ?

Ce qui aliène les femmes, ce n’est pas d’allaiter ou de donner le biberon, ce n’est pas de rester avec leurs enfants ou de faire son trou dans un monde du travail fait par et pour les hommes.  C’est qu’on leur dise d’emblée quoi faire ou ne pas faire, qu’on les prive de faire elles-mêmes des choix mûrement réfléchis (ou du fond de leurs tripes, ça marche aussi), soit parce qu’elles n’ont pas toutes les informations, soit parce que certaines options leur sont en pratique interdites.

Et surtout, surtout : où sont les pères dans ces débats ? Voilà ce qui me gêne dans le terme de maternage : ça n’implique que la mère. Les Anglo-saxons parlent d’attachment parenting, nous devrions plutôt parler de parentage (mais c’est assez moche). OK, ce sont les femmes qui ont les utérus et les seins, mais il n’y a pas que ça ! Qu’une mère allaite n’empêche pas le père de prendre le bébé en peau à peau, de le porter, de dormir avec lui, de le laver, de lui changer ses couches (et de les laver…), de lui faire des purées, de le consoler, de le câliner et encore bien d’autres choses ! Tant qu’ils ne sont pas conflictuels, les liens d’attachement peuvent tout à fait se cumuler : un enfant peut être attaché à sa mère, à son père, à sa nounou, à ses grands-parents… Au risque de passer en mode bisounours : l’amour se multiplie, il ne se divise pas.

Les pères ont une grande responsabilité, car certains aménagements du monde du travail (temps partiel, congé parental, etc) ne deviendront vraiment acceptables et acceptés que quand ils ne seront plus que des histoires de bonnes femmes, mais quand les hommes s’y mettront aussi. Pour cela, il faut aussi que nous (les femmes) leur laissions prendre leur place, qu’on accepte qu’ils ne sont pas nos clones mais que même s’ils font les choses à leur façon, au moins ils les font !

Finalement je vois que je n’ai pas beaucoup parlé d’écologie, mais en fait je ne vois pas bien le rapport. Il est clair que beaucoup de femmes, et de couples, connaissent une vraie prise de conscience à l’arrivée de leur premier enfant, et tant mieux ! Je ne suis pas une militante acharnée, loin de là, mais travaillant pour l’Etat dans le domaine de l’environnement je peux vous confirmer que oui, l’écologie est un vrai problème, et que non, le changement climatique n’est pas un mythe (et qu’on peut encore tenter d’en limiter l’ampleur). Et à mon humble avis, une fois que le coût réel d’un certain nombre de produits sera intégré (c’est-à-dire la compensation pour les dommages causés à l’environnement tout au long du cylce de vie des produits), nous reverrons en profondeur notre façon de faire. On peut se planter la tête dans le sable et attendre de se prendre le changement de plein fouet, ou s’y préparer progressivement, en tentant de modifier en douceur quelques habitudes. Je ne dis pas ça pour vous faire la morale et vous culpabiliser (d’ailleurs moi-même je suis très loin d’être Ste Ecolo), mais parce que c’est inéluctable. Et nous faisons tous les jours l’expérience que ce n’est absolument pas incompatible avec une vie professionnelle.

Demain je vous ferai part de quelques idées pour améliorer la vie des femmes ET des enfants à la fois.

Les seins de Salma

jeudi, novembre 20th, 2008

 Sous ce titre racoleur (tout est bon pour faire de l’audience), je vous propose un billet qui mêlera people, glamour, gros nénés, féminisme, allaitement et réflexion de haut vol (on pourrait peut-être même parler de philosophie). Le seul problème, c’est que ce n’est pas vraiment mon billet mais un vulgaire succédané de celui-ci. Mais comme il est en anglais, je vous offre au moins un résumé-traduction à ma sauce. 

Donc. Tout le monde connaît Salma Hayek, sex symbol et bombe sexuelle (sauf peut-être dans Frida avec son mono-sourcil). Elle a une petite fille de 13 mois, dont le père est le richissime François-Henri Pinault. Le couple devait se marier mais a finalement rompu. Fin du petit rappel pour ceux qui ne sont toujours pas abonnés à Pure people (à défaut de Voici). Or -attention révélation choquante- Salma a avoué que non seulement elle allaitait encore sa fille de 13 mois, mais qu’en plus elle y était accro. Je cite (en traduisant grossièrement) :

« Je suis comme une alcoolique. Je me dis : « Tant pis si je pleure, tant pis si je suis grosse, je continue encore juste une semaine ou juste un mois ». Et puis je vois tout le bien que ça lui fait et je ne peux pas m’arrêter. »

Elle aurait mieux fait de se faire un rail de coke en boîte (suivez mon regard…), personne n’aurait mis en cause ses capacités maternelles. Alors que là… Je vous cite en préambule ce document (p. 68 du fichier), écrit par le Comité nutrition de la Société française de pédiatrie, édité par le Programme National Nutrition Santé (PNNS), et trouvé sur le site du ministère de la Santé :

L’allaitement maternel exclusif permet une croissance normale au moins jusqu’à l’âge de 6 mois Il n’y a donc pas de raison d’introduire d’autres aliments avant cet âge, comme l’OMS le recommande, en insistant sur le fait que l’allaitement maternel peut être poursuivi jusqu’à l’âge de 2 ans ou même davantage, selon les souhaits de la mère, à condition d’être complété par la diversification alimentaire à partir de l’âge de 6 mois.

Nonobstant ces recommandations, les commentateurs plus ou moins qualifiés hurlent au scandale. Pour certains il faut sevrer l’enfant quand il a des dents (sachant que les premières peuvent arriver bien avant 6 mois… voire à la naissance), pour d’autres quand il marche, pour d’autres quand il parle (sinon il ne parlera jamais pensez-vous), pour d’autres quand il peut se servir tout seul… Sans compter les LDP* qui suggèrent qu’elle allaite uniquement pour garder ses obus ou encore que son allaitement est la raison de la rupture de ses fiançailles (ça semble un peu contradictoire : comment un homme peut-il reprocher à sa femme d’avoir de tels obus ? Je pencherais plutôt pour la tenue tyrolienne façon Heidi). 

Concernant l’âge du sevrage, il me semble que c’est une décision intime et personnelle qui ne regarde que la maman et son bébé : on arrête quand l’un des deux n’en a plus envie. Quoi qu’il en soit, aucun fondement médical ne permet de justifier une deadline. Grosso modo, si on rappelle que c’est le biberon qui remplace le sein (et non l’inverse), tant que vous ne trouvez pas choquant de voir un enfant boire au biberon vous ne devriez pas être choqué de le voir au sein. J’avoue que moi-même je ne suis pas toujours à l’aise face aux grands bambins allaités, mais je sais que c’est aussi le résultat de notre culture et donc je me raisonne et passe par dessus mon ressenti. Attention, je ne dis pas que tout le monde doit allaiter jusqu’à deux ans au moins (d’ailleurs je ne le fais pas moi-même…), ni même que tout le monde doit allaiter, non non pas du tout, mais qu’on ne doit pas stigmatiser ou condamner celles qui le font ou souhaitent le faire : il me semble que des encouragements seraient plus appropriés. 

Mais là où l’article dont je vous parle va plus loin, c’est dans ce passage que je vous traduis à la volée :

Ce n’est pas aussi simple que « la société patriarcale veut que les femmes n’allaitent pas » ou « la société patriarcale veut que les femmes allaitent ». Ce que la société patriarcale « veut » (si on veut bien suivre ce raisonnement un tantinet téléologique) est le contrôle de l’allaitement. Parfois cela pourra impliquer de forcer à allaiter (tout en se gardant de donner un vrai soutien), parfois de forcer à ne pas allaiter, parfois l’allaitement sera un outil pour garder les femmes au foyer, parfois la culpabilité de ne pas allaiter sera cultivée pour vendre aux femmes plus de produits. Par dessus tout, les femmes qui allaitent se voient rappeler chaque jour que leurs corps sont une propriété publique, que l’allaitement n’est pas un passeport gratuit pour sortir du groupe des sexués, et que quoi qu’elles fassent, il ne manquera pas de gens pour leur dire qu’elles ne le font pas bien.

Les sociétés australiennes et étatsuniennes ont les taux d’allaitement parmi les plus bas du monde. Nous avons développé un mélange bizarrement pernicieux de :

  • puritanisme semi-laïque
  • Freudisme misogyne mal cuit (OK la traduction de celui-là est pourrie… si quelqu’un propose mieux pour « half-baked woman-hating Freudianism » ?)
  • capitalisme toxique
  • pratiques hostiles aux mères dans le monde du travail (tout à fait d’actualité chez nous)
  • isolation sociale des jeunes mères
  • une peur et une suspicion profondément ancrées de n’importe quelle intimité charnelle qui ne soit pas sexuelle
  • et un immense sentiment d’être propriétaire des seins pour les hommes hétérosexuels

Evidemment la situation aux USA n’est pas tout à fait la même qu’en France, notamment sur le puritanisme et le rapport au corps et au sexe en général (sans parler du « capitalisme toxique » qui ne serait pas forcément le terme que j’aurais choisi…), ceci dit nos sociétés ne sont pas si différentes non plus. Et dans tous les cas je rappelle une vérité qui devrait être évidente pour tout le monde : la légitime propriétaire des seins n’est ni le papa ni le bébé, mais bien la femme qui se les trimballe toute la journée. Et elle fait ce qu’elle veut avec ! 

(attention teaser de la mort) Nous devrions prochainement reparler allaitement, féminisme, instinct maternel et Salma Hayek topless dans ces colonnes, restez dans les parages !

*LDP = langues de pute

(Photo : oui, j’ai même piqué celle de l‘article)

Partir un jour…

mercredi, juillet 16th, 2008

… sans retour poussin. OK j’arrête là la référence culturelle musicale aux 90s et je me mets au vrai sujet du jour : comment laisser son poussin. Là je m’adresse surtout aux pondeuses, pour qui cette étape est généralement plus difficile que pour les papas.

Pourquoi se séparer, même quelques heures, de son adorable chérubin ? Pour un certain nombre d’entre nous, il y a une réalité incontournable : Mr BigBoss n’admet pas les moins d’1 mètre dans les locaux de son entreprise. Et tout le monde a un jour ou l’autre des occupations plus ou moins compatibles avec la présence d’un mini-monstre (qui veut négocier avec son banquier pendant que Junior met consciencieusement en pièces l’ensemble des prospectus du joli présentoir ?). Il y a aussi tout simplement l’envie de respirer un peu, seule, avec ses vieilles copines nullipares (et les autres aussi !) ou en amoureux. Mais il ne faut pas non plus se laisser stresser par les oiseaux de mauvais augure : « Comment ? Alors que Junior a déjà 2 mois vous n’avez jamais pris de baby sitter ? tss tss tss, vous êtes bien trop fusionnels, cet enfant ne pourra jamais acquérir son autonomie. » Si on n’a vraiment pas envie ça ne sert à rien de se forcer (sauf peut-être après les 38 ans de Junior ?). Par contre, si on a un peu envie mais qu’en même temps on a très peur que ce soit une grosse catastrophe, là il ne faut pas hésiter à se motiver un peu. Rien ne prouve que ce sera une catastrophe. Et même si c’est le drame, ce n’est pas pour autant qu’il faudra 15 ans de thérapie au poussin pour s’en remettre.

Alors à qui le laisser ?

  • Le plus facile : le père. C’est d’autant plus aisé s’il est déjà bien impliqué dans les divers aspects pratiques liés aux soins du bébé au quotidien. Dans la famille Pondeuse, c’est comme ça que ça fonctionne, et je laisse le poussin à son père comme à un autre moi-même (sauf qu’au bout d’un moment le schtroumpf me manque un peu mais je sais qu’il est très bien avec son père).
  • Deuxième catégorie : les proches. Parents, beaux-parents, frères et soeurs, meilleurs amis… Quelques atouts qui feront la différence s’il y a plusieurs candidats : avoir un minimum d’expérience pratique avec les bébés, avoir un minimum envie de s’en occuper (pas le genre qui vous refile le poussin au premier couinement ou à la première odeur suspecte), avoir les idées suffisamment ouvertes pour faire comme vous leur demandez (et pas comme eux feraient, comme ils vous le font régulièrement savoir), vous fréquenter assez régulièrement pour être potentiellement identifiables par le poussin.
  • Troisième catégorie : du personnel rémunéré. Dit comme ça on imagine la gouvernante, la nurse anglaise et le majordome, mais en fait il s’agit d’une nounou ou d’une baby-sitter. Plus difficile de laisser son bébé à un(e) parfait(e) inconnu(e), mais au moins la personne est payée pour s’en occuper, et du coup remplit généralement mieux son office qu’un proche s’il est moyennement motivé. En général, elle peut venir quand ça VOUS arrange et pas seulement quand ça l’arrange elle (« non là ç’aurait été avec plaisir, mais tu comprends, j’ai eu un mal fou à obtenir un rendez-vous pour cette manucure »). Et si ça ne se passe pas bien, elle sera plus facile à dégager que (au hasard) belle-maman, qui ne com-prend pas pourquoâââ elle n’a pas vu ses petits-enfants aaadôôôrééééééés depuis deux jours.

Et vient l’instant douloureux de la séparation. Idéalement il faudrait préparer ce moment avec une petite adaptation. S’il s’agit de la nounou qui va garder le poussin cinq jours par semaine c’est incontournable et il faut vraiment prendre le temps d’y aller progressivement (quelques jours, variable selon l’âge de l’enfant). Si c’est votre soeur qui vient pour la soirée, on peut s’en passer. Ensuite c’est plus facile d’introduire une nouveauté à la fois, donc mieux vaut que le/la baby-sitter du jour vienne chez vous que l’inverse. Si ce n’est pas possible, c’est à mon avis mieux de le déposer soi-même (plutôt que la personne vienne le chercher). Ensuite il faut expliquer très clairement au poussin ce qui va se passer (genre je vais partir jusqu’à …, tu vas rester avec …, et ensuite je reviendrai), même s’il n’a qu’un mois et qu’il ne saisit pas tous les détails. Dans ces moments-là, un doudou, une tétine ou tout autre objet familier (votre t-shirt de la veille par exemple) peuvent rendre bien service. Evidemment, si vous avez réglé au préalable les détails pratiques, vous serez plus sereine pour partir. Si le poussin fond en larmes à votre départ, soyez forte, il y a de grandes chances pour que ce soit passé dans les cinq minutes suivant votre sortie de son champ de vision (vive le portable pour savoir s’il s’est calmé).

Et quand on allaite ? Certes ça complique un peu les choses, mais à coeur vaillant rien d’impossible (comme dirait Jacques Coeur -j’essaie de compenser la vacuité culturelle totale du début du billet). Il y a même tout un tas de solutions, en fonction de votre envie et de l’âge du poussin. On peut tirer du lait (au tire-lait, avec les coquilles recueil-lait, à la main…) pour que le/la baby-sitter le donne au poussin, soit au biberon, soit à la tasse, à la soft-cup, à la seringue ou encore à la cuillère (si la personne est trèèèèèèèèès patiente) si on a peur de la confusion sein-tétine. Si le poussin peut manger une compote/purée, on peut faire un « flan » de lait maternel en le chauffant avec un peu d’agar-agar. On peut aussi donner du lait artificiel, si ça reste occasionnel une fois que la lactation est bien établie (pour ne pas perturber votre production laitière de Prim’holstein). Si Bibou est avancé dans la diversification, il peut aussi se passer de lait pour cette fois (par contre s’il n’en a pas assez dans la journée, il risque de compenser la nuit). S’il ne s’endort qu’au sein… hum… il apprendra à faire autrement : les enfants savent très tôt faire la différence entre les personnes qui s’occupent d’eux et réalisent rapidement qu’il n’y en a qu’une seule qui donne la tétée. Essayez juste de trouver une personne trèèèèèèès patiente (et éventuellement un peu sourde pour mieux supporter les hurlements…).

Quand enfin on se retrouve… en théorie c’est l’explosion de joie et de bonheur ! En pratique, ahem. Il n’est pas rare que le poussin pleure quand je vais le chercher chez la nounou. Il y a eu une période où carrément il pleurait quand je le prenais dans mes bras et se calmait dès qu’elle le reprenait. Après une journée de travail où on a juste envie de se vautrer devant la télé avec un verre de vin, c’est vraiment une excellente façon de commencer la soirée. Et puis récemment, après notre premier week-end en amoureux, on récupère le poussin chez mes parents. Il saute immédiatement au cou du Coq, par contre hurle dès que je m’approche. Et ce toute la soirée. Grande théorie de ma mère : l’absence de la mère est tellement plus dure à supporter que celle du père qu’elle se pardonne plus difficilement. Mouais. Rassurez-moi, je ne suis pas la seule à qui ça arrive ?

Et quoi qu’il arrive, on ne laisse pas le poussin seul, que ce soit dans la voiture ou dans un tiroir (histoire véridique des parents d’une amie qui laissaient leur bébé dans un tiroir ouvert -s’en servant comme couffin- pendant qu’ils allaient faire les courses… et qu’un agent immobilier faisait visiter la maison à des clients potentiels un peu surpris…) !

Le cododo (2)

mercredi, juin 4th, 2008

Si l’aventure du cododo vous tente, voici quelques conseils pratiques pour dormir avec un bébé.

A mon avis, l’accessoire essentiel c’est la veilleuse. Idéal pour éviter d’allumer la lumière alors qu’on n’a aucune envie de se réveiller et pour bien mettre le poussin au sein quand on débute (que celle qui ne s’est jamais fait téter à côté du téton -ouch!- me jette la première boîte de coussinets). On peut aussi vérifier discrètement s’il s’est endormi.

Dans les premiers mois/semaines de l’allaitement (selon les femmes), on a tendance à avoir des fuites de lait, mieux vaut dormir avec soutien-gorge et coussinets pour éviter de se réveiller dans un environnement humide (et poisseux, le lait maternel est très sucré). Au moment où vous dégainez la bête, il peut être utile de mettre une serviette ou un lange entre votre sein et le lit. Vous pouvez aussi laisser un lange sous la tête du poussin s’il a tendance à régurgiter, pour éviter de changer les draps d’un lit double pour un fromage. Idem pour les fesses si vous avez des problèmes d’étanchéité de couches/une épidémie de gastro. 

Tant qu’on y est, on peut aussi prévoir une bouteille d’eau (l’allaitement donne soif) et une petite collation (et ça creuse). Si vous biberonnez, vous pouvez prévoir les biberons d’eau avec les doses de lait correspondantes à proximité (trouver des récipients de stockage qui permettent de verser facilement la poudre sans en mettre partout -et me signaler au passage ce que vous avez trouvé, ça m’intéresse).

On ne va pas écraser le poussin ? Une simple question : « Vous êtes-vous déjà réveillé en pleine nuit sur votre chéri(e) ? (à l’insu de votre plein gré, inutile de faire des sous-entendus salaces) » Même en dormant, on a conscience de la présence de l’autre (et même un nouveau-né ne se laissera pas écraser comme ça). Evidemment, ça ne vaut pas si on a pris des substances licites ou illicites qui affectent notre conscience (alcool, drogues, somnifères…), donc pas de cododo ces nuits-là. Eviter aussi si on fume.

Comment installer le poussin ? Les principaux risques sont à mon avis la chute du lit et l’étouffement par couette/oreiller. Il faut adapter en fonction de l’âge de l’enfant et de la température de la pièce. Pour la chute, il y a un certain nombre de variantes : mettre l’enfant entre les parents, ou entre un parent et le mur, le mettre dans un petit lit à barreaux en « side-car », c’est à dire collé au lit parental, mettre le matelas par terre, etc. Pour la couette, la sécurité totale est de se mettre chacun dans un sac de couchage (et le poussin dans une gigoteuse/nid d’ange). Je comprends que ça ne fasse pas très envie (jamais pratiqué moi-même). Un nouveau-né (qui de toute façon ne bouge pas) peut être placé au niveau de la tête des parents, qui ont quand même peu de chances de se mettre la couette sur le visage. Sinon il faut le mettre sur la couette (avec sa gigoteuse s’il fait froid). Si vous avez des trucs à partager, n’hésitez pas !

J’en profite pour dire que ces histoires de couette et de gigoteuse ne sont pas des inventions des magasins de puéricultures pour nous vendre plus de trucs : un couple qui m’est très proche a perdu un enfant d’un an qui s’est étouffé dans son édredon pendant sa sieste.

Et comment se retrouve-t-on à deux entre adultes consentants, si on a un moins d’1 mètres collé aux basques 24 heures sur 24. Pour les premières semaines, euh, comment dire, ce genre de préoccupation risque fort d’être le cadet de vos soucis. Ensuite, eh bien il n’y a pas que le lit ou la nuit pour réviser son kama sutra… Il paraît même que les mères allaitantes reprennent plus vite une activité sexuelle que les autres ! Incroyable non ?

Enfin vous trouverez plein d’informations et de conseils sur ce petit dépliant de l’UNICEF, ainsi que sur le site du cododo. Et n’hésitez pas à nous faire partager vos trucs !

Le cododo (1)

mardi, juin 3rd, 2008

  C’est le nouveau mot à la mode pour désigner un concept ancestral : partager son lit ou sa chambre avec son (ou ses) enfant(s). Après quelques décennies de « Un bébé doit dormir tout seul dans son lit dans sa chambre », la nouvelle vague rappelle que la grande majorité de l’humanité ne fait pas chambre à part, et que le nouveau-né est bien trop immature pour dormir seul. Une fois n’est pas coutume, je vais vous raconter un peu ma vie.

Quand j’étais enceinte, j’envisageais que le poussin dorme dans notre chambre mais dans son joli berceau. Je n’avais pas vraiment réalisé qu’on pouvait faire autrement. Le poussin est né au petit matin, et me voilà le premier soir, seule dans la chambre à la maternité, dans mon lit d’hôpital observant l’adorable merveille qui dormait dans son petit berceau en plexi, tout contre mon lit. Et là, la puéricultrice du soir (qui venait nous border faisait sa ronde) me dit « Vous allaitez ? Mais prenez-le dans votre lit, vous verrez ce sera bien plus simple. » Je rattrape ma mâchoire qui venait de se décrocher, réfléchis quelques instants et adhère rapidement au bon sens de ses propos. Hop, le poussin dans mon lit. Ah que c’était moins fatigant que de se contorsionner pour le sortir du berceau sans se lever, même en réarrangeant régulièrement le coussin d’allaitement au bord pour faire barrière (le lit était pourvu de barrières, hélas prévues pour retenir la maman mais pas le poussin) à chaque fois qu’on changeait de côté. Le lendemain soir, nouvelle équipe médicale, et rebelote : la puéricultrice était ravie de voir mon installation pour prévenir une chute malencontreuse.

A peine rentrés à la maison, je ne me voyais plus faire autrement. Le coq, qui avait été soigneusement briefé (ne pas contrarier une jeune maman, surtout fraîchement rentrée de la maternité, sous peine de baby blues et torrents de larmes), a accepté de prendre le poussin entre nous. Le premier mois a donc été beaucoup moins fatigant que prévu : le poussin chouinait légèrement, je dégrafais mon soutien-gorge, le mettais au sein et voilà. Il m’est arrivé souvent de me réveiller avec un sein à l’air et le poussin qui dormait béatement juste à côté. Le coq lui ne se réveillait même pas (sauf quand je lui collais un méchant coup de coude pour lui suggérer d’aller changer la couche de son fils, niark niark niark). J’ai l’impression aussi que comme ça il a très vite compris que la nuit il fallait dormir… Et puis aux esprits chagrins qui s’offusquaient de telles pratiques je répondais « C’est ce qu’on m’a conseillé à la maternité (hôpital public de niveau III) », et toc !

Ensuite, vers ses un mois, nous avons mis le poussin dans la nacelle à côté du lit, et après trois mois il est passé dans son lit dans sa chambre, parce que nous avions envie de plus d’intimité. Je n’irai pas jusqu’à dire que tout s’est passé comme sur des roulettes, mais je pense que les nuits agitées étaient le résultat d’un ensemble de choses. Quoi qu’il en soit, vers quatre mois le poussin s’endormait à peu près sans problème pour des nuits de 12 heures, dans son lit dans sa chambre. Je ne dis pas ça pour rendre fous de jalousie les parents qui n’ont pas cette chance, mais pour dire que le cododo ne condamne pas forcément à avoir le poussin dans les pattes (ou plutôt dans le plumard) jusqu’à ses 18 ans. Et maintenant il a plus de difficultés à s’endormir si il est avec quelqu’un que si il est seul (il est du genre hyper actif et curieux, qui ne veut rien rater de ce qui se passe).

Alors à faire ou à éviter ? Comme toujours, c’est à chacun de trouver ses marques. Si une solution vous empêche de fermer l’œil de la nuit (vous vous relevez quinze fois pour aller vérifier qu’il respire ou au contraire les bruits de son sommeil vous rendent insomniaque) alors elle n’est pas pour vous. Et puis combien de temps ? A mon avis jusqu’à ce que quelqu’un en ait marre (parent ou enfant). On n’est pas non plus obligé de choisir définitivement et de se ranger dans un camp. On a tout à fait le droit de commencer la nuit chacun de son côté et de se rejoindre en cours de route, ou de ne dormir ensemble que les jours pairs, bref n’importe quelle solution qui vous convienne. Il y a un joli témoignage sur le sujet ici. Il ne faut pas choisir une solution « parce qu’on m’a dit que c’était le mieux ». Il faut choisir « parce que c’est comme ça qu’on se sent le mieux ». A ce sujet, j’ai aussi bien aimé ce billet.

Demain quelques idées pratiques pour dormir comme des bébés (ben bien sûr)…

Qui dort dîne

mercredi, mai 14th, 2008

Un petit truc à destination des allaitantes (Je parle là pour les cas où tout se passe gentiment : la lactation est suffisante, le poussin tète bien, il grossit bien, etc. Pour les autres il vaut mieux se référer à des professionnels). Vous avez peut-être remarqué que votre poussin (surtout s’il est tout neuf) a une légère tendance à s’endormir au sein. Je ne parle pas de sombrer dans le sommeil après une bonne tétée, l’air d’un junkie qui vient d’avoir sa dose et la goutte de lait sur la commissure des lèvres. Ce que je veux dire, c’est : « je tète 5 minutes, je pionce 10 minutes -sans lâcher le néné-, puis je retète », etc, le tout pouvant durer une éternité. Il faut savoir qu’avoir l’estomac toujours un peu plein peut entraîner un mal de ventre chez le nourrisson, qui voudra le soulager en tétant, et entrera ainsi dans une sorte de cercle vicieux où il ne se décrochera plus du sein -littéralement. Si cette situation vous pèse un peu, voici quelques petits trucs que la sage-femme m’avait donnés. Rien de révolutionnaire, mais ça m’a bien rendu service, alors je fais passer.

  • Lorsque le poussin est au sein, il faut qu’il soit efficace (on n’est pas là pour rigoler, non mais !). Donc il faut vérifier régulièrement qu’il est vraiment en train de manger (vous voyez les muscles de la mâchoire et près de la tempe qui se contractent). On peut dire qu’en 3/4 h maximum l’affaire devrait être pliée.
  • Quand on a chaud, on s’endort plus facilement. Le fait de téter (= effort physique) et d’être tout contre mômman (= chaleur humaine) fait monter la température. Ne pas hésiter à enlever une couche au poussin avant de le mettre au sein, ou d’ouvrir les boutons du pyjama par exemple.
  • Si vous voyez que Junior commence à piquer du nez au bout de cinq minutes, stimulez-le par des petites papouilles, en le massant un peu sur le corps et/ou sur le visage.
  • Si malgré tout il s’endort, décrochez-le doucement du sein (en passant un doigt dans sa bouche pour décoller la ventouse, pas en tirant sur le sein bien sûr). Il n’est pas forcément optimal qu’il prenne l’habitude de faire sa sieste avec un téton dans la bouche. Personnellement j’avais observé qu’il suffisait dans ces cas-là de mettre le poussin endormi dans son joli berceau pour qu’il se réveille dans les deux minutes et finisse sa tétée bien efficace…

N’hésitez pas si vous avez d’autres trucs à les partager dans les commentaires.

Bien s’installer pour allaiter

jeudi, avril 24th, 2008

Un petit billet spécial pour donner un prétexte aux poules à gros bidon pour retourner dans leur magasin d’ameublement suédois préféré (au passage, si vous pouviez me rapporter une boîte des biscuits chokoladflarn corn flakes-chocolat, vous voyez l’espèce de cagette en carton rose fuschia, là ? merci). Si vous comptez allaiter, il faut prévoir un endroit confortable pour le faire. Pour celles qui ne voient pas l’intérêt, je rappelle que les premières semaines, un rythme assez typique de tétées est en moyenne toutes les deux heures pendant une demi-heure. Si vous avez l’impression de ne faire que ça de vos journées, ça n’est pas le baby blues, c’est une simple constatation objective. Et n’oublions pas que mauvaise position = crevasse (et/ou crampe aussi, au bout d’un moment). Croyez-moi sur parole, les crevasses, si on peut éviter, c’est vachement plus mieux.

En pratique, à la maternité on allaite souvent allongée : il n’y a pas toujours de fauteuil où s’installer. Là où j’étais, ils avaient prévu un « salon d’allaitement » (enfin on pouvait venir avec un biberon, c’était pas sectaire). Idée charmante en théorie, en pratique des fauteuils anti-ergonomiques recouverts de skaï et une chaleur de bête (et des jolies guirlandes lumineuses, limite on aurait pu se croire dans D&Co, surtout avec une auxiliaire de puériculture qui était presque aussi relou que Valérie Damidot), je n’ai pas renouvelé l’expérience.

Une fois rentrée à la maison, j’ai profité de la visite de la sage-femme (bénie soit-elle la sainte femme) pour me faire bien expliquer la position optimale pour allaiter assise. Après avoir testé plusieurs des sièges disponibles chez nous, nous avons élu une petite bergère. Pour ceux qui sont nuls en fauteuil, ça ressemble à ça (la mienne est moins jolie hélas) :

L’idée, c’est un fauteuil confortable (bien sûr), donc avec des accoudoirs sur lesquels caler le coussin d’allaitement (sinon même si c’est un gros coussin il est trop bas), pas trop profond et dans lequel le dos est bien maintenu (voire la tête si on veut en profiter pour piquer un petit somme) et pas trop incliné. J’ajouterai que pour des raisons moyennement glamour (entre vous qui perdez du sang et le poussin qui ne demande qu’à recracher son bon lolo), l’idéal est qu’il soit facile à nettoyer et pas trop salissant (sinon vous pouvez toujours le recouvrir d’une serviette de toilette, pas très classe mais très pratique).

Quelques accessoires pour aller avec le fauteuil :

  • un repose-pied (ou n’importe quoi qui puisse faire office) : d’après la sage-femme, environ 100% des femmes ont tendance à se mettre sur la pointe des pieds quand elles allaitent assises (un peu comme ouvrir la bouche pour mettre du mascara). 5 minutes, ça va, 45 minutes, ahem.
  • de quoi manger et boire : l’allaitement donne soif, et on peut profiter de ce moment de calme pour enfin avaler un morceau. Ceci peut expliquer la présence de taches de chocolat/sauce tomate/autre sur des pyjamas taille 1 mois.
  • éventuellement de quoi se distraire : téléphone, livre, magazine, télécommande, ordinateur (c’est un peu plus technique à mettre en place mais pourquoi pas), etc. Oui la tétée est un moment privilégié avec votre enfant, mais au bout d’un moment c’est surtout avec votre sein qu’il passe un moment privilégié, et comme on l’a dit plus haut, une demi-heure toutes les deux heures…

Pas d’inquiétude, cette impression d’être un sein sur pattes va s’atténuer progressivement au fur et à mesure des semaines, mais autant traverser cette période qui n’est pas toujours facile en étant confortablement installée. Et progressivement, les mamelons deviennent plus résistants et on peut prendre des positions plus acrobatiques pour donner la tétée. Si ça peut en rassurer certaines, au début la simple idée d’allaiter ailleurs que dans mon fauteuil ou au lit me semblait inconcevable, et après deux mois j’allaitais n’importe où : dans la voiture (à l’arrêt bien sûr), dans les magasins, au bord de la piscine… Et pour la petite histoire (catégorie « mon fils c’est le plus beau/le plus fort/le plus intelligent/le plus drôle »), au bout de quelques semaines, le poussin avait bien repéré le fauteuil, où nous n’allions que pour les tétées : quand il hurlaitchouinait pour manger, il se calmait dès qu’on approchait du fauteuil et réaugmentait le volume si par mégarde je m’en éloignais pour aller chercher un truc (tablette de chocolat ou BD au hasard).

France vs. USA

jeudi, avril 17th, 2008

J’ai vu hier sur Babble (souvenez-vous) un article intitulé C’est bon ? An expat fact-checks France’s rep as a parenting paradise (c’est-à-dire Une expat vérifie la réputation de la France comme paradis des parents). Donc apparemment pour les Américains (ou plutôt les Etatsuniens devrais-je dire) la France est un paradis pour les femmes enceintes et les jeunes parents (un peu comme les Pays-bas en matière de naissance pour nous…). Notre réputation là-bas est telle que si on en croit l’auteur, les livres sur la maternité ne devraient contenir qu’une seule ligne : « Epousez un Français ». J’ai trouvé très intéressant de nous voir par le bout US de la lorgnette.

Voici les principaux avantages que nous aurions et que nos amies outre-Atlantique nous envient :

  • Vin et fromage enceinte : Officiellement, ni le vin (ou aucune autre forme d’alcool d’ailleurs) ni le fromage au lait cru ne sont recommandés pendant la grossesse. Mais autant il y en a certaines (comme moi) qui suivent scrupuleusement les recommandations sanitaires (m’en fous j’aime pas le fromage), autant l’ambiance générale reste encore assez cool sur le sujet, ou au moins plus cool qu’aux US. Apparemment là-bas prendre un coca light enceinte revient à s’exposer à la vindicte publique, à cause de… la caféine ! Donc nous sommes probablement juste un peu moins parano sur le sujet. Et je passe sur la pression insupportable qu’on met sur les femmes enceintes pour qu’elles aient la silhouette de Kate Moss pendant et après la grossesse (ça mérite un billet à part !).
  • Crèche gratuite : Là l’auteur n’a pas d’autre choix que de reconnaître une vaste part de mythe sur ce douloureux sujet. Les places en crèche ne sont pas nombreuses, et on se précipite sur n’importe laquelle parce que de toute façon il n’y en a pas d’autre, alors qu’apparemment les US moms visitent un certain nombre de lieux pour choisir celui qui leur semblera digne d’accueillir leur progéniture. Par contre il est clair que la maternelle -gratuite tant que vous allez dans le public- a peu d’équivalents dans le monde (et aucun aux US). A cette occasion, on découvre qu’aux Etats-Unis on commence le pot vers 3-4 ans plutôt que 2 ans – 2 ans 1/2 comme chez nous (d’ailleurs je crois qu’à l’inverse la grossesse dure 40 semaines contre 41 chez nous, comme quoi…).
  • Enfants bienvenus : Apparemment en France les enfants sont bien accueillis dans les restaurants et mariages, et il est de bon ton d’aller partout avec eux. Pour les mariages, je suis tout à fait d’accord (au passage, petit débat pour les commentaires : est-il acceptable de donner le sein à l’église ?), pour le reste il me semble que la réalité est plus nuancée. Et je ne pense pas que l’auteur ait jamais essayé de prendre le métro avec une poussette… En plus, si on en croit cette expat au Texas (mais depuis de retour à Paris), aller au ciné avec 3 enfants dont un bébé aux US : peace of cake !

Je rajouterai qu’apparemment aux Etats-Unis il y a une vraie controverse sur l’allaitement en public, un peu/beaucoup hypocrite, du genre « Couvrez ce sein que je ne saurez voir ». Diverses solutions allant de ridicules à franchement pénibles ont été proposées pour calmer les puritains : allaiter aux toilettes ou dans un local prévu à cet effet (en général un grand placard…), porter une sorte de couverture/tente/burqa pour étouffer gentiment l’enfant qui tète, ou encore se promener avec des biberons de lait maternel tiré (tellement pratique !). Une mère a même été virée d’un avion car elle refusait d’allaiter dans les toilettes. Autant vous dire que l’affiche de J’ai toujours rêvé d’être un gangster n’aurait probablement pas fini dans tous les couloirs de métro/abribus là-bas.

Et ne parlons pas des coûts médicaux : là encore, après avoir lu notre (ex)Texane, vous trouverez très raisonnables les dépassements d’honoraire de votre toubib… 

Hum je réalise que mon billet risque de passer pour de l’anti-américanisme primaire, ce qui n’était pas vraiment mon intention ! J’aimais beaucoup d’ailleurs le blog de la Desperate housewife du Texas, qui donnait une vision très nuancée de ce pays (malheureusement elle ne publie plus beaucoup depuis qu’elle est rentrée à Paris), et je vous invite à faire un petit tour dans les archives. Et puis c’est eux qui ont fait Babble, après tout.