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Choisir un babyphone

mercredi, octobre 15th, 2008

 Oui, je sais, le babyphone (ou écoute-bébé si on veut parler du vrai français) est une invention satanique des fabricants de puériculture qui nous créent des besoins que nous n’avons pas : si nous dormions avec nos enfants nous n’en aurions pas besoin. N’empêche que. Même si on est très maternant, ça peut rendre bien des services. Je me souviens d’être allée à un mariage quand le poussin n’avait pas deux mois. Pendant le dîner, il pleurait dans l’écharpe alors que je faisais pour la quinzième fois le tour de la table dans l’espoir de le calmer. Finalement on l’a mis dans le landau dans une salle au calme un peu plus loin, et il s’est endormi trois secondes plus tard. Il faut dire que le dîner était vraiment très bruyant. Je n’ai pas l’impression d’avoir fait preuve d’une cruauté sans borne en le laissant dormir tranquillement au calme tandis que nous profitions du dîner en pouvant réagir très rapidement à un éventuel réveil grâce au babyphone. Bref un grand moment Gordon puisque la solution permettait de satisfaire les besoins de toute la famille. 

Il est clair que si comme nous vous habitez un appartement de moins de 100 m², vous risquez d’avoir un usage très ponctuel de la chose. Les bébés ont du coffre, on les entend très bien d’un bout à l’autre de l’appartement. Mais nous ne regrettons pas d’en avoir un (comme expliqué plus haut) pour les vacances, les mariages, le confier aux grands-parents, etc. Et si vous habitez une maison où toutes les chambres ne sont pas au même étage (et que vous ne voulez pas faire de cododo, ou pas jusqu’à ce que l’enfant soit capable de venir vous voir tout seul, ou toute autre situation intermédiaire), évidemment ça vous sera limite indispensable.

Donc voici quelques fonctions qui me semblent utiles dans ce genre d’appareil :

  • Fonctionne à piles et sur secteur. De préférence en théorie ET en pratique, car le nôtre prétend toujours être en rade quand on lui met des piles, même neuves. Dommage, parce que selon l’endroit on n’a pas toujours une prise à proximité. Probablement un appareil rechargeable serait plus pratique (pour le côté écolo, nous utilisons des piles rechargeables…).
  • Témoin lumineux. Les appareils modernes ne retransmettent pas le « bruit de fond » (ce qui vous évite de bondir au moindre pet du poussin), juste ce qui « dépasse ». Et en même temps des petites diodes (ou autre témoins lumineux) s’allument. Très utile quand vous êtes dans un endroit où il y a beaucoup de bruit (typiquement un mariage), pour éviter de passer la soirée avec l’oreille vissée sur le bidule. Il existe aussi des appareils avec un mode vibreur, ce qui permet d’aller danser avec l’appareil fixé à la ceinture (le refiler au papa si on tient à avoir une allure fashionistiquement acceptable : avoir un quelconque appareil électronique à la ceinture, même designé par Starck, n’est en aucun cas fashionistiquement acceptable).
  • Alerte de non réception : l’appareil receveur (unité « parents ») couine s’il ne capte pas son jumeau (unité « bébé »). Evite de multiplier les aller-retours et tests pour voir si tout fonctionne bien.
  • Touche talkie-walkie : normalement la communication va dans un seul sens (bébé vers parents), mais la plupart des appareils ont une touche qui permet d’émettre de l’unité parents vers l’unité bébé. Pas très fonctionnel pour rassurer bébé sans se déplacer à mon avis (ce n’est pas vraiment le son Dolby Surround HD THX haute fidélité, donc le résultat doit surtout être flippant pour le poussin), mais utile pour faire les tests et communiquer entre parents.
  • Portée/puissance : en général il y a un compromis entre distance d’émission et puissance de l’appareil. En ces temps de suspicion généralisée des ondes, on peut opter pour un appareil de faible puissance. A mon avis si on l’utilise ponctuellement on peut privilégier une portée plus élevée. Par contre les appareils à faible puissance peuvent être intéressants pour ceux qui l’utilisent tous les jours. L’idéal étant bien sûr un appareil qui permette de moduler en fonction des circonstances.
Les options veilleuse et boîte à musique ne me semblent pas indispensables, mais c’est personnel. De toute façon je préfère les boîtes à musique mécaniques.
Il y a aussi des fonctions spécial parents paranos :
  • vidéosurveillance (comme dans le métro, et vous pouvez même le brancher sur la télé)
  • détecteur de mouvements, notamment respiratoires, pour prévenir la mort subite du nourrisson. Le taux de fiabilité et d’alertes incongrues qui vous tireront du lit à 3h du mat’ croyant le poussin déjà mort alors qu’il respire juste moins fort n’est pas communiqué par le fabricant.
A mon avis si le sommeil de l’enfant vous cause un tel stress autant le prendre avec vous ! 
D’autres fonctions que vous avez trouvées utiles ou au contraire gadgets ?

Les mystères du col

lundi, octobre 13th, 2008

Un article pour nous, les femmes. Messieurs, vous pouvez rester par amour pour la science, mais on vous aura prévenus. Nous allons parler d’une partie souvent méconnue de l’anatomie féminine : le col de l’utérus (ou cervix pour les anglophones). Pour éviter de trop vous raconter n’importe quoi, j’ai sollicité les lumières de la poule accoucheuse, une super sage-femme qui voit du col toute la sainte journée depuis bien une décennie. Tout le monde en a plus ou moins entendu parler, mais c’est quoi exactement ?

Il s’agit de la partie basse de l’utérus, qui fait la transition vers le vagin. C’est comme une sorte de petit tuyau (les gens qui s’y connaissent parlent de manchon musculaire), avec des parois épaisses et un fin canal au centre. Voilà un joli schéma explicatif (trouvé sur http://www.infovisual.info/03/063_fr.html) :

 

 

De façon générale, le col est fermé pour protéger l’utérus contre l’entrée d’éléments hostiles. Il s’ouvre cependant à plusieurs occasions :
  • pour les règles, afin de laisser passer le sang et les muqueuses
  • lors de l’orgasme, afin de laisser passer les tétards de Monsieur (rappelons que les ovules  sont pondus par les ovaires dans les trompes de Fallope, qui se trouvent à l’autre bout de l’utérus). Il s’ouvre aussi au moment de l’ovulation
  • lors de l’accouchement, afin de laisser passer le bébé 
A noter que l’ouverture pour le passage des règles ou du sperme n’est pas comparable à celle pour le passage du bébé, mais vous vous en doutiez je pense !

 

De façon générale, le col n’aime pas trop s’ouvrir et vous le fait savoir : cela cause les douleurs menstruelles et celles de l’accouchement (pour l’orgasme c’est une autre affaire…). Son ouverture est provoqué par des contractions de l’utérus. L’utérus étant un muscle lisse, on ne peut pas contrôler ses contractions sciemment (de la même façon qu’on ne contrôle pas ses mouvements intestinaux ou ses battements cardiaques, à moins d’être un grand maître yogi). C’est donc généralement l’action des hormones, et notamment l’ocytocine qui déclenche les contractions. A noter que le sperme de Monsieur contient des prostaglandines, qui provoquent également l’ouverture du col. A l’origine, c’est pour faciliter l’entrée des spermatozoïdes mais c’est aussi la base de la fameuse méthode italienne pour déclencher un accouchement qui tarde à venir (bien que son efficacité ne soit pas garantie, elle a au moins l’avantage d’être basée sur une relation de cause à effet scientifiquement prouvée).

 

C’est bien joli tout ça mais en quoi cela nous concerne-t-il ? Eh bien le col est une véritable éponge à hormones et peut donc vous aider à suivre votre cycle menstruel. Si on prend une contraception hormonale (pilule, implant, anneau, certains stérilets…) évidemment les modifications seront moins importantes. Cependant, avec un peu de pratique, l’examen du col peut révéler en quelques instants à quel moment vous vous trouvez. Vous pouvez déterminer si vous ovulez, si vos règles sont sur le point de débarquer et éventuellement si vous êtes enceinte. C’est donc une aide précieuse pour maîtriser sa fécondité, de façon naturelle et simple (à ce point je dois dire que si vous n’êtes pas du tout prête à accueillir un accident, ça ne me semble pas une méthode de contraception optimale ; voir ici pour des idées de contraception « naturelle »). Si vous utilisez une coupe menstruelle, avoir une bonne connaissance des lieux vous sera également utile.

 

Alors concrètement comment fait-on ? Contrairement à ce que votre dernière visite chez le gynéco aurait pu vous faire croire, pas besoin d’un spéculum (objet sympathique à classer dans le top 10 des trucs les plus détestés par les femmes) et d’un coton-tige géant (ça c’est « juste » pour faire un frottis, c’est-à-dire récupérer quelques cellules pour vérifier qu’il n’y a pas de vilaine cancéreuse). D’abord on s’installe dans un endroit calme où on se sent détendue et sans risque d’intrusion inopinée : sur son lit, dans sa baignoire, aux toilettes… Euh non, d’abord on se lave les mains ! Ensuite, on glisse un doigt dans le vagin jusqu’à sentir une sorte de boule. De façon générale, la consistance rappelle celle du bout du nez. Et voilà, vous avez trouvé votre col ! Vous allez vite trouver au centre une petite ouverture, dans laquelle vous pouvez plus ou moins glisser un ongle, mais pas plus. Voilà le chemin vers votre utérus. Et en photo (source : http://www.aly-abbara.com/livre_gyn_obs/images/gif/uterus/Col_uterin/col_nullipare.html) ça ressemble à ça (pour les nullipares, voir ici après six enfants) :

 

 

Une fois que vous avez repéré les lieux, quels sont les paramètres sur lesquels se concentrer ? 
– la position dans le vagin : est-il haut ou bas ? Dans l’alignement ou un peu de côté ?
– la consistance : ferme (comme le bout du nez) ? ou mou (comme les lèvres) ?
l’ouverture : un ongle ? un doigt ?
– la taille : long ? plus court ?
Tout ceci est surtout relatif et varie au cours du cycle, d’où l’importance d’une auto-observation régulière pour qu’elle soit pertinente.
Ainsi, à l’ovulation le col remonte, s’ouvre, s’efface et se ramollit. Avant les règles il s’ouvre également. Le diagnostic dit clinique de la grossesse est aussi possible mais l’auto diagnostic n’est pas évident. Vers 9 SA (semaines d’aménorrhée), on commence à sentir via le vagin que l’utérus a grossi et que les culs de sac vaginaux (parties en cul de sac entre le col et le fond du vagin, voir le joli schéma plus haut) sont plus « pleins ». Vous pouvez voir un autre joli schéma (ainsi que des explications) chez Bibou d’avril.

Lors de la grossesse, vous pouvez ainsi facilement détecter vous-même des changements dans votre col, surtout si vous ressentez des contractions précoces. Enfin facilement, au début hein, parce qu’après un certain point, plus ou moins impossible à moins d’être une contorsionniste mongole. Dommage, parce que ça pourrait éviter de partir trop tôt pour la maternité. Mais à moins de former Monsieur à cet art délicat… Ceci dit, je pense que ça peut être utile notamment au premier trimestre, quand on a toujours peur de faire une fausse couche et qu’il arrive qu’on ait des maux de ventre violents (l’intestin pressentant qu’il va à la longue se faire tasser dans un petit coin par le nouvel intrus et protestant vigoureusement contre un tel sort). Car rien ne sortira de l’utérus si le col ne se ramollit et ne s’ouvre pas d’abord. Ceci dit, il est courant en fin de grossesse que le col commence à travailler et à s’ouvrir sans pour autant que l’accouchement soit imminent ni que ça pose problème. 
Le col lors de la grossesse est évalué par les médecins et les sages-femmes selon quatre critères:      

  • sa position : postérieur (ce qui veut dire en arrière), intermédiaire, ou centré
  • sa longueur : long, mi-long, court, voire épais ou effacé pendant le travail (celle-ci est d’ailleurs évaluée plus précisément par l’échographie du col)
  • sa tonicité : tonique, ramolli, mou
  • son ouverture : de fermé à 10cm en passant par la fameuse expression un doigt ou deux doigts pour les premiers cm (après on passe aux cm et on en reste là pour les doigts)

Ils y ajoutent la hauteur de la présentation foetale (tête ou siège) : haute et mobile, appliquée, fixée sur le bassin, puis pour l’accouchement (et une fois la dilatation du col complète), engagée dans le bassin.
Tout ceci permet de calculer le score de Bishop qui permet d’évaluer entre autres si on peut déclencher l’accouchement (mais aussi évaluer une menace d’accouchement prématuré). Rappelons que plus le col est postérieur, tonique, fermé et long, et plus la présentation du bébé est haute, et moins l’accouchement est a priori imminent. 

 

 

Pour l’accouchement, le col doit s’ouvrir de 10 cm et s’effacer totalement (c’est-à-dire devenir tout plat). Une tête de bébé ayant un périmètre d’environ 33-34 cm, on multiplie le diamètre (10) par Pi (3,14) pour obtenir le périmètre et hop miracle, ça passe ! Tant que le col n’est pas totalement ouvert (c’est la phase de dilatation) on attend que ça se passe. Comme ce sont les contractions qui permettent l’ouverture du col, cette attente n’est pas toujours une partie de plaisir. Et c’est ensuite, une fois que le bébé commence à descendre par le col qu’on pousse (phase d’expulsion). 
Pour voir la descente du bébé à l’accouchement (et aussi plein d’autres trucs, comme l’appareil génital féminin sous toutes les coutures), voir ce petit diaporama
Remercions la poule accoucheuse, grâce à qui vous serez vous-même une poule informée à votre prochaine visite chez le gynéco ou la sage-femme (et même d’ici-là !). 

Victimes de la mode

jeudi, septembre 25th, 2008

 Je dois vous faire partager cette information qui m’a laissée sur mon (ample) postérieur : d’après mon ophtalmo, les lunettes de soleil ne servent à rien. Ou plutôt : elles n’ont pas de justification médicale (parce que bon, pour éviter de se faire harceler par ses fans dans la rue, c’est un peu indispensable, je vous parle en connaissance de cause). Elles permettent un certain confort, et retardent l’apparition des rides « pattes d’oie« . En conditions extrêmes (haute montagne…), s’en abstenir risque fort de vous occasionner une kératite, mais une fois guérie elle ne vous laissera pas de séquelle. D’ailleurs ils faisaient comment les Inuits et les Tibétains avant qu’on leur en exporte ? Bref selon lui les lunettes de soleil pour bébé sont une invention commerciale et n’ont pas de justification médicale (j’imagine que bien sûr pour les quelques chanceux avec une pathologie oculaire c’est différent). D’autant plus qu’il est assez peu probable que vous alliez arpenter les glaciers avec bibou, si ? Vues les précautions à prendre avec le soleil pour préserver la peau et l’hydratation des poussins (qui elles sont tout à fait justifiées), il ne devrait pas se retrouver dans des conditions extrêmes.

Evidemment c’est tout à fait inoffensif, plutôt marrant (ça fait des chouettes photos) et relativement peu cher donc pourquoi se priver ? Et si il apprécie le confort procuré, ce serait bien dommage de le lui interdire. Ce n’est pas la chauffeuse de CB invétérée que je suis qui vous dira le contraire. Mais la prochaine fois, au lieu de tenter pour la énième fois de remettre ses lunettes à un poussin récalcitrant, commandez un cocktail avec un parasol (ou du sucre sur les bords du verre, ou mieux, les deux), reprenez la lecture de votre magazine people préféré et détendez-vous…

(Photo : Flickr. C’est pour aller avec les Heelarious…)

zzzZZzzZZZZzzz

mercredi, septembre 17th, 2008

 Aujourd’hui un sujet délicat : le sommeil de nos poussins. Passons sur les incessantes (et horripilantes) questions de l’entourage (« Alors, il fait ses nuits ? » « Comment ça, pas encoooooore ? »), après lesquelles viennent généralement une foule de conseils plus ou moins appropriés (passons aussi sur la tétine au miel ou encore le p’tit coup de gnôle dans le biberon), qui mettent en panique les pauvres parents. C’est d’autant plus énervant que c’est un vrai problème : manquer de sommeil rend fou les parents comme les enfants. Non parce que si vous croyez qu’un enfant qui a besoin de dormir, ben il dort, vous vous fourrez le doigt dans le nez jusqu’à l’oeil. Si vous croyez encore à  cette expression « dormir comme un bébé » (ha ha ha ha ha), ou encore certains auteurs qui affirment sans rigoler qu’un nouveau-né dort 20h sur 24 (y en a peut-être un qui fait ça en France effectivement, mais probablement pas beaucoup plus si on en croit les jeunes parents), c’est que vous n’avez pas d’enfants ou que vous êtes amnésique. C’est un des plus gros problèmes des tout petits : ils ne savent pas s’endormir. A partir de là, chacun a son seuil de tolérance, en termes de kilomètres à marcher pour bercer le petit monstre et de nombre de réveils par nuit. Tant qu’il n’est pas dépassé, tout va bien, mais quand on s’en rapproche, voilà quelques idées. Pas de recette miracle, parce qu’hélas ça n’existe pas. 

D’abord, il ne faut pas sous-estimer d’éventuels problèmes physiques ou psychologiques, notamment si la naissance a été difficile. N’hésitez pas à en parler avec un médecin, une sage-femme, un psy, un ostéopathe (ou autre professionnel de santé) en qui vous ayez confiance, ça peut faire des miracles. A savoir : les otites (et dans une moindre mesure les poussées dentaires) sont plus douloureuses quand on est allongé. Dans ces cas-là (marche également pour le rhume et les régurgitations), surélever légèrement le matelas sous la tête du poussin peut apporter une amélioration significative. En pratique, roulez une serviette sous le matelas ou mettez des livres sous les deux pieds de la tête de lit (ou cédez aux sirènes du marketing).

Sur Babble, un père témoigne qu’après avoir tout essayé, donner de la mélatonine (l’hormone du sommeil) à leur fille de trois ans a révolutionné leurs nuits. A voir avec un médecin. L’emmaillotage revient à la mode, et on développe de nouvelles formes de matelas comme le cocoonababy. Je n’ai rien testé de tout ça, mais pourquoi pas ?

On vous a aussi peut-être dit qu’un bébé dort même s’il y a de la lumière, même s’il y a du bruit. N’empêche que si vous rencontrez quelques problèmes de sommeil, vous pouvez commencer par coucher le poussin dans un endroit très calme et très sombre, ça aide. Un petit truc qui peut marcher (pas du tout chez nous mais j’ai vu des témoignages positifs) : laisser dans le lit/berceau un tissu imprégné de l’odeur de maman (genre le t-shirt que vous portez depuis trois jours).

Ensuite, il faut avoir des objectifs réalistes et en phase avec la maturité du poussin. Tout le monde a entendu parler de bébés qui font leurs nuits à la maternité ou à quinze jours, mais autant vous le dire tout de suite, c’est aussi courant qu’un gothique à un concert de Lorie. On peut se baser sur quelques repères : par exemple une règle plus ou moins vérifiée dit qu’un bébé ne peut pas tenir la nuit sans manger avant d’avoir atteint 5 ou 6 kg, ou encore selon Grandsenne les enfants se règlent tous vers 3 mois. Mais cela reste des repères, c’est aux parents de sentir ce que leur enfant est prêt à faire ou pas. Pour cela, si vous voulez tenter de lui faire franchir une étape, essayez progressivement et si vous voyez que ça ne marche pas du tout, laissez tomber quelque temps : chez un tout petit, les choses peuvent changer d’une semaine à l’autre. Et attendez-vous à des « régressions » passagères à chaque changement important dans la vie de bébé (déménagement, reprise du travail de la mère, acquisition d’une étape majeure comme la marche…).

Dans les premières semaines, tant que l’enfant passe quasiment tout son temps éveillé à manger, tant qu’il n’a pas vraiment pris le rythme jour-nuit, à mon humble avis il ne faut pas se poser trop de questions. Par contre, quand vous commencez à voir émerger une sorte de rythme, notamment au niveau des tétées/biberons, ça peut être un bon moment pour essayer de l’encourager à le suivre, en particulier la nuit. Je m’explique : si une nuit le poussin a tenu 5 heures sans manger, la suivante, s’il se réveille au bout de 3 heures, ne lui proposez pas systématiquement du bon lolo. Essayez d’abord de le rendormir autrement : câlin, bercement, berceuse/boîte à musique, doudou, tototte… Si vous allaitez, envoyez le papa. Et s’il a vraiment faim, vous le saurez très rapidement (puisque les cris augmenteront au lieu de diminuer) et au pire il aura patienté cinq minutes pour avoir son rata, ça ne me semble pas relever du traumatisme majeur. Par contre, il est assez risqué de vouloir manipuler le rythme, par exemple s’il dort depuis 20h et que vous vous couchez vers 23h, de le réveiller pour le nourrir au moment où vous vous couchez en espérant qu’il ne vous réveille pas à 1h. Le plus probable, c’est que n’ayant pas vraiment faim/n’étant pas réveillé, il prenne très peu et vous réveille quand même à 1h. Et le pire cas, il prend l’habitude de manger à 23h et à 1h, au lieu de seulement à 1h. Mais il y en a sûrement pour qui ça a marché, c’est quitte ou double !

En ce qui me concerne, j’ai été plutôt partisane de dissocier sommeil et nourriture dès que ça a été possible. C’est-à-dire d’éviter d’endormir ou de rendormir mon poussin au sein s’il ne le réclamait pas (j’utilisais la tototte quand ce n’était pas de la faim mais un besoin de succion à satisfaire), et de ne pas lui proposer à manger dès qu’il se réveillait (tant qu’il ne réclamait pas bien sûr). Ainsi il a pris l’habitude de ne pas avoir son petit déj à peine il ouvre l’oeil, ce qui aide grandement pour les grasses mat’ du week-end (maintenant on peut facilement dormir jusqu’à 9h30). Bien sûr s’il réclame au réveil on lui donne, ça n’est pas du dressage, mais s’il est calme on patiente en faisant un gros câlin en famille. 

Il faut savoir qu’un enfant dort moins bien avec ses parents que seul dans sa chambre, ou en tout cas qu’il se réveille plus souvent. Donc il faut décider si vous préférez beaucoup de réveils faciles à gérer (sans se lever ou presque) ou peu de réveils mais plus fatigants. Une des conséquences d’avoir le poussin à portée de main, c’est qu’on a tendance à intervenir au moindre gémissement, puisque ça nous réveille plus vite, et qu’on veut que ça s’arrête pour se rendormir. Ceci peut ralentir l’acquisition de la capacité de rendormissement par l’enfant. Et ce d’autant plus que les bébés ont souvent un sommeil assez bruyant, notamment à certaines phases où on peut facilement avoir l’impression qu’il se réveille alors que ce n’est pas le cas. Le problème étant qu’en voulant le rendormir (alors qu’il n’était pas éveillé), on le réveille effectivement : légèrement contre-productif ! Si vous êtes dans la chambre d’à côté, le temps de se réveiller, de comprendre ce qui se passe, et de jouer cinq minutes au jeu préféré des jeunes parents « Je fais semblant de dormir en espérant que l’autre se lève » ou « Cékikivasslever », avec un peu de chance il se sera rendormi tout seul (ou pas réveillé donc). Je précise que je ne suis pas du tout contre le cododo, que j’ai pratiqué avec bonheur. C’est à chacun de sentir ce qui lui convient le mieux à chaque moment.

Je vous ai dit tout le mal que je pensais du « laisser pleurer », cependant il y a des cas où ça me semble inévitable. Un exemple. Lorsque l’enfant commence à se déplacer, il exprime de plus en plus fortement sa volonté et son envie, en plus de ses besoins. Il veut jouer avec le hâchoir, il veut mettre ses doigts dans la prise, etc etc. Et puis il ne veut pas aller se coucher, bien qu’il soit visiblement fatigué. Alors quand vous le mettez au lit et que vous sortez de la chambre, il pleure (voire hurle) pour manifester son désaccord. Mais il est fatigué. Il peut très bien arriver qu’une fois son désaccord exprimé il s’endorme dans les deux minutes qui suivent votre sortie de la chambre. C’est ce que fait le poussin. Quand on le couche, il n’est pas rare qu’il pleure, mais pas plus de deux minutes (parfois à peine trente secondes). Et si on retourne le voir tout de suite, on ne fait que décaler le problème. Sachant qu’il s’endort beaucoup plus vite seul que si on est là (une présence le stimule plus qu’elle ne le calme), ça me semble plus profitable pour tout le monde qu’il râle deux minutes puis dorme paisiblement que de passer trois quarts d’heure autour de son coucher. De la même façon, quand il se réveille la nuit, il n’est pas rare que le temps qu’on émerge (et qu’on joue au Cékikivasslever), il ait retrouvé son doudou, repris son pouce et se soit rendormi tout seul. En allant dormir chez des amis, j’ai découvert qu’il s’était réveillé trois fois dans la nuit et que je n’en avais entendu qu’une (et le temps que j’émerge du coltar il était déjà rendormi, à la grande surprise de nos hôtes).  

Si vous allaitez, ne vous laisser pas pousser vers le sevrage dans l’espoir qu’il fasse ses nuits. Le résultat est loin d’être garanti, et ça risque de vous rester en travers de la gorge. Ceci dit, si vous avez repris le travail, il est possible que le bébé tète la nuit ce qu’il ne peut pas téter le jour.

Pour apprendre l‘endormissement autonome tout en douceur, il y a la méthode Pantley. Je n’ai pas testé, mais ça peut être une bonne solution, même si à mon avis il faut être trèèèèèèèès patient. Un peu plus douloureuse et controversée, la méthode Ferber consiste à laisser pleurer l’enfant 1 minute, revenir pour le rassurer (sans le prendre), le laisser pleurer 2 minutes, revenir, et ainsi de suite sans jamais dépasser 5 minutes. A mon avis, à manier avec prudence et pas chez un nouveau-né (et surtout ne pas s’y accrocher envers et contre tout), mais ça peut donner un cadre pour aider un grand bébé à s’endormir seul. 

Et puis ce qu’on ne vous dit pas (attention la poule pondeuse dénonce un complot mondiaaaaaal), c’est que la plupart des bébés dort mieux sur le ventre. Mon pédiatre l’a avoué sous la torture (vous avez déjà entendu les cris suraigus du poussin ?). Attention, loin de moi l’idée de remettre en question le lien entre position de sommeil et mort subite du nourrisson : il est clair que ces décès ont chuté depuis qu’on couche les poussins sur le dos, et il faut encourager les parents à le faire. Mais… mais si à chaque fois que vous tentez de coucher votre poussin endormi il se réveille, essayez de le mettre un peu sur le ventre (miraculeux pour ceux qui ont un rototo coincé), et puis retournez-le après 10-15 minutes, quand il est profondément endormi. Cela va sans dire, à 4 heures du mat’, après une demi-heure de biberon/tétée, rototo (peut être nécessaire au sein aussi, surtout si on a un bon débit), tour de la maison avec bébé dans le bras, quand ENFIN le monstre a l’air de dormir dans son lit, on rêve d’attendre encore un quart d’heure pour le retourner. Surtout quand on doit se lever à 6h45. Ouiiiiiiii Docteur, bien sûûûûûûr, comptez sur moi. Ha ha ha. 

Et vous, vous avez des trucs ?

(Photo : Flickr)

La poule pondeuse voyage

vendredi, août 29th, 2008

Pour rester dans l’esprit des vacances, voici quelques idées et trucs pour voyager avec un (ou plusieurs) poussin. On va surtout parler ici des moyens de transport, plus que de séjours loin de chez soi. Grosso modo, les familles occidentales ont à leur disposition trois modes de transport pour les grandes transhumances de l’été : voiture, train et avion. Voyons rapidement les avantages et inconvénients de chacun, si vous avez l’occasion de choisir :

  • D’abord la voiture. Les + : Aucune pression des voisins sur le niveau sonore. Plein de place pour trimballer l’indispensable fourbi. Plus la famille est nombreuse, plus c’est économique. Chacun a son siège. Effet narcoleptique sur la plupart des poussins. Pas de pression horaire. Les – : Tout le monde doit rester attaché à sa place. Les trajets sont souvent plus longs (gare aux bouchons). Mauvais pour la conscience écolo. Occasion de dispute conjugale sur la route à prendre et éventuellement sur le style de conduite.
  • Ensuite le train. Les + : On peut bouger comme on veut. Les tout petits peuvent avoir une place individuelle relativement spacieuse pour pas cher (environ 10€, et croyez-moi c’est un investissement qu’on ne regrette pas). C’est souvent assez rapide. Méga-super-bonne conscience écolo. Les – : Enorme pression des voisins pour que le poussin fasse 0 bruit. Il faut arriver à la bonne heure (et pas 10 minutes après). Certains poussins n’arrivent pas à y faire la sieste. L’organisation des trajets à la gare peut être problématique (est-on sûr que Mamie a un siège auto pour le poussin à l’arrivée ?). Ladite organisation peut être une forte contrainte sur les bagages (qui veut aller à la gare en métro avec lit parapluie, poussette et siège auto sous le bras, sans compter deux ou trois valises et les marmots déchaînés ?).
  • Enfin l’avion. Les + : Théoriquement c’est le plus rapide (mais si on rajoute les trajets à l’aéroport, l’enregistrement, la sécurité, la douane, l’embarquement etc…). Le bruit de fond des moteurs camoufle un peu les éclats sonores du poussin. Dans une certaine limite on peut se déplacer ou au moins prendre l’enfant dans ses bras. En théorie il y a plein de gentilles hôtesses pour vous aider. Les – : Avec les nouvelles règles de sécurité le sac à langer passe pour l’arsenal du parfait petit qaediste. Les enfants de – de 2 ans sont sur les genoux des parents et les autres payent bonbon, et si comme moi vous voyagez en classe éco, la place est très limitée. Ceci dit sur les longs courriers vous pouvez obtenir qu’on vous prête un couffin (ou cot en anglais), ne pas hésiter à râler un peu fort. Problème des trajets à l’aéroport, des bagages et des horaires stricts (idem que pour le train). Les variations de pression ne sont pas toujours très populaires auprès des jeunes enfants (surtout ceux sujets à otite). Niveau écolo pas top (mais pas toujours le choix selon la destination). Risque non négligeable de perdre les bagages en cours de route (et qui aura l’air malin sans sa poussette/son lit parapluie/son stock de couches ?).

Une fois votre mode de transport choisi, que prévoir ?

  • A manger (et à boire) : Ce n’est pas le moment de vouloir à tout prix faire mangerbouger.fr. Au contraire, prévoyez des réserves de gâteaux, bonbons et autres pour garantir la bonne humeur et acheter à vil prix un calme bien mérité. Bon attention à ne pas les rendre malades non plus ! J’ai fait deux trajets de 4 heures en train avec le poussin cet été, dès qu’il faisait mine de râler, hop un biscuit. Résultat : on ne l’a pas entendu. Notez que ça ne l’a pas empêché de vouloir se taper la cloche comme tout le monde à peine arrivé, nonobstant l’ingestion de son propre poids en galettes bretonnes en moins d’une demi-journée. Et si vous allaitez, ce n’est pas non plus le moment pour essayer d’introduire un rythme de tétée. En voiture -surtout engoncés dans le siège auto- les poussins ont un peu tendance à se déshydrater (évitons les blagues de mauvais goût) donc bien leur proposer à boire régulièrement. En avion également l’atmosphère est très sèche (et la déglutition aide à équilibrer les oreilles lors des variations de pression). N’oubliez pas la serviette pour les petits gorets…
  • Du change : En règle générale, les aires d’autoroute (au moins celles avec une station service), les trains et les avions proposent tous des espaces de change pour bébé à peu près propres avec un point d’eau (parfois dans les toilettes femmes, bien entendu les hommes ça ne les concerne pas, ha ha ha). Je prends toujours un lange en coton au cas où il n’y ait plus de papier à mettre sur le matelas à langer. De toute façon ça peut toujours être utile (déjà fait un change de caca sur les fauteuils d’une salle d’embarquement, tout un poème). J’utilise autant que possible des couches et lingettes lavables, mais dans le train/avion c’est tout en jetable (en voiture la lavable est tout à fait gérable). Prévoyez aussi comment VOUS irez aux toilettes : seul(e) avec les enfants, qu’allez-vous en faire ? Encore dans l’avion ou le train on peut tenter de les confier au voisin/à l’hôtesse, mais dans une station-service, bof. Sinon il faut les prendre avec soi dans les WC, quel bonheur (pour un tout petit dans le porte-bébé et hop). Sur le sujet voir ce très bon billet de Mère pas top (revieeeeens on t’aiiiiiiiiiiime !). Attention aussi à la clim dans le train/avion et aux différences de météo entre départ et arrivée.
  • Des distractions : à adapter bien sûr en fonction de l’âge du poussin. Mieux vaut éviter les jouets très bruyants dans les transports en commun (serait-ce le moment de faire découvrir l’i-pod à votre petit ange ?). Dans la voiture ça dépend de votre propre seuil de tolérance. Ne comptez pas forcément sur le paysage (encore un délicieux avertissement de Mère pas top). N’oublions pas qu’un sac à main regorge de jouets d’éveil insoupçonnés : porte-feuille (le poussin adoooooore faire des chèques et tout vider), clés, portable, labello, petite trousse, brosse à cheveux pliable, lunettes de soleil (et leur étui !), etc. Quant à vous, votre principale distraction sera de vous occuper du poussin, donc inutile de vous charger de livres, magazines (à moins qu’ils soient suffisamment peu intellectuels pour que vous puissiez les lire par coups de 30 secondes), lecteurs de DVD portables (sauf pour regarder Dora avec le poussin -sans le son, c’est lui qui aura le casque).

Quelques idées en vrac :

De façon plus générale, si vous le pouvez, essayez de choisir vos horaires de voyages en fonction du rythme du/des enfant(s). Par exemple, j’ai pris mes billets de train le matin car je sais que l’après-midi le poussin fait sa sieste et qu’il n’est pas trop du genre à s’endormir dans le train. En voiture, il va falloir prévoir plus de pauses. Certaines aires ont des petits jeux (style balançoires à ressorts) pour défouler un peu les poussins. Enfin même dix minutes de pause peuvent faire beaucoup sur l’humeur d’un moins d’un mètre. Attention aussi au deuxième effet kiss cool des voyages le soir : le poussin s’endort et vous roulez sans problème, mais une fois arrivé à destination le fourbe se réveille et refuse de se rendormir en terra incognita. Bien sûr tous ne font pas ça et ça dépend aussi pas mal de l’âge, c’est un peu la loterie.

Comme pour la nourriture, un trajet n’est pas le moment idéal pour apprendre la frustration à nos chères têtes blondes et faire preuve d’une autorité inflexible. Dans ces moments-là, on ne négocie pas avec nos mini-terroristes, on cède immédiatement à toutes leurs demandes pour acheter leur calme précieux… N’oubliez donc pas les tétines et doudous dont l’enfant a l’habitude, même si vous essayez d’en limiter l’usage.

Pour voyager, mieux vaut privilégier le portage à la poussette : prend moins de place, vous laisse les mains libres pour porter/tirer les valises et donner la main à l’aîné, est autorisé en cabine dans les avions, est compatible avec les marches et autres escaliers, etc etc.

Enfin je vais jeter un pavé dans la mare mais il me semble que si vous devez voyager à un horaire qui corresponde à une plage de sommeil du chérubin et si vous craignez de grosses difficultés d’endormissement, l’utilisation exceptionnelle d’un sédatif adapté (type Théralène) puisse être envisagée pour permettre à tout le monde de rester serein. Evidemment en parler au préalable avec le médecin ou le pharmacien, pas question de mettre dans le bib un cachet de Rohypnol pilé. Cela peut paraître extrême et très égoïste, mais je ne crois pas qu’il soit si profitable à l’enfant de chercher désespérément son sommeil, souvent en hurlant pendant un temps non négligeable. J’ai déjà vu le poussin faire des crises terribles de fatigue (heureusement pas fréquentes) où RIEN ne le calme ni ne l’endort (à part éventuellement un tour en poussette) : déjà à la maison c’est difficile à gérer mais dans un avion je n’imagine pas. Je précise que je n’ai jamais eu recours à cette solution mais que je garde l’option ouverte pour des situations très délicates. Par contre il va sans dire qu’au moins un des adultes ne doit pas prendre de somnifère !

Et pour vous relaxer avant/après le grand départ, le fameux sketch de Gad Elmaleh sur le Blond (avec le passage hilarant à l’aéroport) :

N’hésitez pas à partager vos trucs en commentaires !

(Image : Couverture de la Famille Fenouillard de Christophe, une des toutes premières BD que je vous recommande si vous ne connaissez pas déjà)

Partir un jour…

mercredi, juillet 16th, 2008

… sans retour poussin. OK j’arrête là la référence culturelle musicale aux 90s et je me mets au vrai sujet du jour : comment laisser son poussin. Là je m’adresse surtout aux pondeuses, pour qui cette étape est généralement plus difficile que pour les papas.

Pourquoi se séparer, même quelques heures, de son adorable chérubin ? Pour un certain nombre d’entre nous, il y a une réalité incontournable : Mr BigBoss n’admet pas les moins d’1 mètre dans les locaux de son entreprise. Et tout le monde a un jour ou l’autre des occupations plus ou moins compatibles avec la présence d’un mini-monstre (qui veut négocier avec son banquier pendant que Junior met consciencieusement en pièces l’ensemble des prospectus du joli présentoir ?). Il y a aussi tout simplement l’envie de respirer un peu, seule, avec ses vieilles copines nullipares (et les autres aussi !) ou en amoureux. Mais il ne faut pas non plus se laisser stresser par les oiseaux de mauvais augure : « Comment ? Alors que Junior a déjà 2 mois vous n’avez jamais pris de baby sitter ? tss tss tss, vous êtes bien trop fusionnels, cet enfant ne pourra jamais acquérir son autonomie. » Si on n’a vraiment pas envie ça ne sert à rien de se forcer (sauf peut-être après les 38 ans de Junior ?). Par contre, si on a un peu envie mais qu’en même temps on a très peur que ce soit une grosse catastrophe, là il ne faut pas hésiter à se motiver un peu. Rien ne prouve que ce sera une catastrophe. Et même si c’est le drame, ce n’est pas pour autant qu’il faudra 15 ans de thérapie au poussin pour s’en remettre.

Alors à qui le laisser ?

  • Le plus facile : le père. C’est d’autant plus aisé s’il est déjà bien impliqué dans les divers aspects pratiques liés aux soins du bébé au quotidien. Dans la famille Pondeuse, c’est comme ça que ça fonctionne, et je laisse le poussin à son père comme à un autre moi-même (sauf qu’au bout d’un moment le schtroumpf me manque un peu mais je sais qu’il est très bien avec son père).
  • Deuxième catégorie : les proches. Parents, beaux-parents, frères et soeurs, meilleurs amis… Quelques atouts qui feront la différence s’il y a plusieurs candidats : avoir un minimum d’expérience pratique avec les bébés, avoir un minimum envie de s’en occuper (pas le genre qui vous refile le poussin au premier couinement ou à la première odeur suspecte), avoir les idées suffisamment ouvertes pour faire comme vous leur demandez (et pas comme eux feraient, comme ils vous le font régulièrement savoir), vous fréquenter assez régulièrement pour être potentiellement identifiables par le poussin.
  • Troisième catégorie : du personnel rémunéré. Dit comme ça on imagine la gouvernante, la nurse anglaise et le majordome, mais en fait il s’agit d’une nounou ou d’une baby-sitter. Plus difficile de laisser son bébé à un(e) parfait(e) inconnu(e), mais au moins la personne est payée pour s’en occuper, et du coup remplit généralement mieux son office qu’un proche s’il est moyennement motivé. En général, elle peut venir quand ça VOUS arrange et pas seulement quand ça l’arrange elle (« non là ç’aurait été avec plaisir, mais tu comprends, j’ai eu un mal fou à obtenir un rendez-vous pour cette manucure »). Et si ça ne se passe pas bien, elle sera plus facile à dégager que (au hasard) belle-maman, qui ne com-prend pas pourquoâââ elle n’a pas vu ses petits-enfants aaadôôôrééééééés depuis deux jours.

Et vient l’instant douloureux de la séparation. Idéalement il faudrait préparer ce moment avec une petite adaptation. S’il s’agit de la nounou qui va garder le poussin cinq jours par semaine c’est incontournable et il faut vraiment prendre le temps d’y aller progressivement (quelques jours, variable selon l’âge de l’enfant). Si c’est votre soeur qui vient pour la soirée, on peut s’en passer. Ensuite c’est plus facile d’introduire une nouveauté à la fois, donc mieux vaut que le/la baby-sitter du jour vienne chez vous que l’inverse. Si ce n’est pas possible, c’est à mon avis mieux de le déposer soi-même (plutôt que la personne vienne le chercher). Ensuite il faut expliquer très clairement au poussin ce qui va se passer (genre je vais partir jusqu’à …, tu vas rester avec …, et ensuite je reviendrai), même s’il n’a qu’un mois et qu’il ne saisit pas tous les détails. Dans ces moments-là, un doudou, une tétine ou tout autre objet familier (votre t-shirt de la veille par exemple) peuvent rendre bien service. Evidemment, si vous avez réglé au préalable les détails pratiques, vous serez plus sereine pour partir. Si le poussin fond en larmes à votre départ, soyez forte, il y a de grandes chances pour que ce soit passé dans les cinq minutes suivant votre sortie de son champ de vision (vive le portable pour savoir s’il s’est calmé).

Et quand on allaite ? Certes ça complique un peu les choses, mais à coeur vaillant rien d’impossible (comme dirait Jacques Coeur -j’essaie de compenser la vacuité culturelle totale du début du billet). Il y a même tout un tas de solutions, en fonction de votre envie et de l’âge du poussin. On peut tirer du lait (au tire-lait, avec les coquilles recueil-lait, à la main…) pour que le/la baby-sitter le donne au poussin, soit au biberon, soit à la tasse, à la soft-cup, à la seringue ou encore à la cuillère (si la personne est trèèèèèèèèès patiente) si on a peur de la confusion sein-tétine. Si le poussin peut manger une compote/purée, on peut faire un « flan » de lait maternel en le chauffant avec un peu d’agar-agar. On peut aussi donner du lait artificiel, si ça reste occasionnel une fois que la lactation est bien établie (pour ne pas perturber votre production laitière de Prim’holstein). Si Bibou est avancé dans la diversification, il peut aussi se passer de lait pour cette fois (par contre s’il n’en a pas assez dans la journée, il risque de compenser la nuit). S’il ne s’endort qu’au sein… hum… il apprendra à faire autrement : les enfants savent très tôt faire la différence entre les personnes qui s’occupent d’eux et réalisent rapidement qu’il n’y en a qu’une seule qui donne la tétée. Essayez juste de trouver une personne trèèèèèèès patiente (et éventuellement un peu sourde pour mieux supporter les hurlements…).

Quand enfin on se retrouve… en théorie c’est l’explosion de joie et de bonheur ! En pratique, ahem. Il n’est pas rare que le poussin pleure quand je vais le chercher chez la nounou. Il y a eu une période où carrément il pleurait quand je le prenais dans mes bras et se calmait dès qu’elle le reprenait. Après une journée de travail où on a juste envie de se vautrer devant la télé avec un verre de vin, c’est vraiment une excellente façon de commencer la soirée. Et puis récemment, après notre premier week-end en amoureux, on récupère le poussin chez mes parents. Il saute immédiatement au cou du Coq, par contre hurle dès que je m’approche. Et ce toute la soirée. Grande théorie de ma mère : l’absence de la mère est tellement plus dure à supporter que celle du père qu’elle se pardonne plus difficilement. Mouais. Rassurez-moi, je ne suis pas la seule à qui ça arrive ?

Et quoi qu’il arrive, on ne laisse pas le poussin seul, que ce soit dans la voiture ou dans un tiroir (histoire véridique des parents d’une amie qui laissaient leur bébé dans un tiroir ouvert -s’en servant comme couffin- pendant qu’ils allaient faire les courses… et qu’un agent immobilier faisait visiter la maison à des clients potentiels un peu surpris…) !

La famille Pondeuse à la piscine

mardi, juillet 1st, 2008

(c) Gisèle Tessier Comme vous l’avez compris, nous avons passé des super vacances, et un des éléments clés de cette réussite était la présence d’une sublime piscine. Après les conseils avisés de la poule exotique pour (ne pas) faire bronzer le poussin, voici donc un petit retour d’expérience pour la baignade.

La poule a eu un petit moment de nostalgie en repensant aux tampons qui gonflent dans l’eau et saturent, et aux codes secrets mis en place avec les copines pour se signaler discrètement l’apparition d’une ficelle déplacée. Au risque de me répéter : vive la mooncup !

Le Coq a du arrêter de faire des super plongeons et sauts de carpe en tout genre qui terrorisaient le poussin.

Ledit poussin avait la panoplie anti-UV complète : vieux t-shirt, bob, crème solaire et lunettes de soleil (n’a jamais voulu les mettre). En prime j’avais investi dans quelques couches de bain de Ptit popotin. Il y a en fait deux possibilités pour baigner un poussin qui n’est pas « propre » (je n’aime pas trop ce terme qui sous-entend que les autres sont sales…) :

  • En free style à poil. Avantages : encombrement et investissement minimums, les enfants en général adorent être débarrassés des couches encombrantes, pas de marque de bronzage (je rigole). Inconvénients : autant pour un petit pissou on n’y verra que du feu, autant si on passe aux choses sérieuses il va falloir aller à la pêche. Profil idéal : un poussin un peu constipé ou réglé comme un coucou suisse, dont on voit clairement à l’avance où il veut en venir. Lieu idéal : pas trop peuplé (imaginez qu’il pose son petit cadeau sur la serviette de la voisine qui faisait gouzi gouzi…)
  • Avec une couche de bain. Il faut savoir que ces couches ne sont pas absorbantes, puisque de toute façon elles seraient rapidement saturées par l’eau de baignade et n’absorberaient plus rien. Donc elles servent uniquement à retenir les cacas. Avantages : on lave son linge sale en famille discrètement, certains modèles sont plutôt jolis, ça évite le coup de soleil sur les fesses. Inconvénients : il faut investir et ensuite entretenir. Profil idéal : un poussin allaité, ou totalement imprévisible et plein de ressources. Lieu idéal : généralement obligatoire dans les piscines publiques.

Si vous optez pour la couche de bain, j’ai donc testé celles de Ptit popotin (je vous en dirai plus sur ce site très bientôt) qui sont probablement les moins chères du marché (8.50 €, et 6€ la deuxième !) et existent dans une variété de coloris et de motifs. L’intérieur et l’extérieur sont en coton et sont séparés par une couche de PUL (plastique imperméable) invisible. Elles ont des goussets en PUL qui ont l’air efficace et sont bardées de pressions pour les ajuster au mieux à chaque morphologie. Je dis « ont l’air » car bien élevé comme il est, le poussin n’a pas jugé utile de nous faire des blagues scatos de toute la semaine. Il faut savoir qu’elles taillent très grand : le poussin est plus que très à l’aise dans le L (>10 kg) alors qu’il fait 10 kg. Le M (5-10 kg) fait à peu près les mêmes dimensions que la taille 2 (8-16 kg) de Ptits dessous et c’est vraiment la taille qu’il lui faut. Petit bémol : elles ne sèchent pas super vite.

Globalement, il faut que la couche soit TRES bien ajustée, car dans l’eau les tissus se détendent un peu et on ne peut plus compter sur la pesanteur. Donc il ne faut pas que ça aille juste « à peu près », mais que ça soit quasiment étanche. J’ai essayé de mettre un papier de protection à l’intérieur mais une fois dans l’eau ça ne reste pas bien en place donc à mon avis pas très utile.

Donc une fois le poussin harnaché, on peut encore en rajouter avec des dispositifs de flottaison variés : bouée culotte pour les plus petits, brassards ou combinaison avec flotteurs pour les plus grands… Mais que cela ne vous éloigne pas de l’indispensable surveillance : rappelons qu’un enfant peut se noyer en quelques instants sans aucun bruit dans 30 cm d’eau. Et bien sûr ne pas oublier que toute cette eau peut être impressionnante pour le poussin et l’accompagner en douceur. Garder enfin en mémoire qu’en général avant 4-6 mois la baignade en piscine ou mer n’a pas grand intérêt pour les poussins, d’autant plus si l’eau est un peu froide (25°C = froid pour un bébé).

Bons ploufs !

(photo : (c) Gisèle Tessier)

Quand la Poule bronze… son poussin dort à l’ombre !

dimanche, juin 22nd, 2008

Vous dans votre transat, prête à dévorer le livre de l’été, un cocktail bien frais à portée de main, enduite comme il se doit de crème solaire.

Votre poussin dans son lit de voyage à l’ombre des arbres.

Bon ça c’est l’idéal ! Mais soyons réaliste passé un certain âge, nos chers et tendres bambins ne vont pas rester sagement à l’ombre pendant que vous vous dorez la pilule.

La Poule exotique que je suis a déjà testé de nombreux équipements pour protéger ses deux têtes blondes. On a beau vivre sous les Tropiques la règle reste la même : un bébé ne bronze pas !

Lorsque vous décidez d’aller profiter des premiers rayons de soleil, la première chose à faire est de trouver un endroit qui offre assez d’ombre pour son tout petit. Les arbres seront plus efficaces et offriront également de la fraîcheur. Le parasol n’offre qu’une protection limitée puisque la réverbération des rayons sur le sable est suffisamment importante pour que vous attrapiez des coups de soleil.

Les magasins de puériculture regorgent aujourd’hui d’articles destinés à maintenir votre poussin à l’ombre afin que vous puissiez savourer tranquillement votre roman/magasine/traité de psychologie infantile…

Selon l’âge et la mobilité de votre bébé, après la simple nacelle qui lui permet de dormir et de gazouiller en regardant les feuilles, il y a la tente – arche d’éveil qui lui permettra de se retourner et de jouer dans un espace restreint.

Si vous bronzez dans un pays réputé pour ses moustiques et autres insectes, l’ajout d’une moustiquaire sera d’autant plus utile qu’elle limitera le nombre de feuilles ingérées par votre poussin (je vous rappelle qu’il est à l’ombre des arbres !).

Ensuite, quand le petit chérubin a décidé de se dégourdir les jambes ou même de s’asseoir, il vous faudra passer à la taille supérieure et investir dans la tente de plage anti-UV. Certaines tentes dites « zéro seconde » sont très pratiques mais demandent une dextérité hors du commun pour les replier.

Enfin, quand votre bébé est devenu un grand et qu’il veut jouer dans le sable, dans l’eau, dans le sable, dans l’eau… et que vous avez renoncé à déplacer le parasol en fonction de sa zone de jeux, il ne vous reste plus qu’à investir dans la tenue de combat :

  • chapeau/casquette/bob
  • lunettes de soleil
  • t-shirt ou combi anti-UV
  • et surtout un grand pot de crème solaire.

La plupart des marques de cosmétiques proposent des gammes spéciales enfant et bébé (ne rien mettre avant 6 mois, la peau n’est pas mature et trop fine ; elle laisse passer les composants susceptibles de favoriser des allergies). Ces crèmes contiennent un écran minéral (elles s’étalent moins facilement et laissent une pellicule blanche sur la peau), sont sans parfum et doivent avoir un indice de protection élevé.

Et puis finalement, le roman de l’été 2008 n’est pas terrible et faire des châteaux de sable ou barboter dans la piscine avec vos poussins ça n’a pas de prix !

Vous bronzerez tranquillement l’année prochaine…

Astuce du Coq

jeudi, juin 19th, 2008

Aujourd’hui pas de grande polémique mais une petite astuce pour les parents de bébés biberonnés. Comment faire pour transporter séparément un volume d’eau précis et un volume de lait en poudre tout aussi précis séparément en ne salissant qu’un seul contenant ? Pas simple : la façon habituelle de procéder est de mettre le bon volume d’eau dans le biberon et le volume de lait dans une petite boîte (prévue à cet effet ou pas). Ensuite on verse la poudre dans le biberon d’eau, et voilà, sauf qu’ensuite il faut nettoyer le biberon et la boîte de lait.

Le Coq  -de nature fort ingénieuse- vous propose la solution suivante : mettez la poudre dans le biberon que vous allez utiliser et le bon volume d’eau dans un autre biberon (que vous pouvez fermer avec un petit capuchon* au lieu d’une tétine si vous en avez un). Ensuite vous versez l’eau sur la poudre, et voilà, vous n’avez que ce biberon-là à nettoyer puisque l’autre n’a contenu que de l’eau.

Oui nous sommes prêts à tout pour économiser sur la vaisselle. On dira que c’est par souci écologique…

*Si comme nous vous avez des biberons d’une célèbre marque dont le nom n’est pas sans rappeler les calendriers pleins de chocolat précédent Noël, ce genre de capuchon est fourni avec le tire-lait assorti.

L’écharpe porte-bébé

mercredi, juin 18th, 2008

Je vous ai déjà pas mal parlé de portage par ici, mais encore jamais vraiment de l’écharpe. J’ai acheté mon écharpe, une immense Storchenwiege (je crois que c’est la 4.60 m), quand j’étais enceinte, à l’occasion d’un atelier de portage. A l’époque je n’étais pas aussi informée que maintenant sur le portage, et pour moi n’existaient que deux possiblités : le porte-bébé kangourou « classique » et l’écharpe. J’avais lu pis que pendre sur le premier et tout de bien sur la seconde, donc mon choix a été vite vu. C’est un peu dommage, car nous aurions peut-être été mieux avec un mei-tai ou un porte-bébé physiologique comme l’ergo.

Contrairement à une idée répandue, l’écharpe porte-bébé ne vient pas d’Afrique mais d’Allemagne, où son utilisation a été initiée par des médecins et ostéopathes qui trouvaient les portes-bébé occidentaux mal adaptés tant au bébé qu’au porteur. Les écharpes les plus réputées (comme Storchenweige et Lana) viennent d’ailleurs de chez nos voisins d’outre-Rhin. Ils n’ont pas tout inventé non plus, puisque les nouages « kangourou » viennent des Andes (et pas d’Australie, ha ha ha). Le choix des tissus et l’art de nouer sont donc le fruit d’études minutieuses.

Ainsi l’écharpe est probablement le mode de portage le plus versatile, et permet une variété de positions et de nouages sans égale, pour un confort optimal du porteur et du porté, de la naissance (même prématurée) à trois ans et plus. Mais pour cela il faut bien savoir faire les noeuds. Et c’est très loin d’être inné ou super intuitif. Il faut donc d’une part bénéficier de conseils éclairés, et d’autre part être motivé pour s’entraîner, car il n’y a qu’avec la pratique qu’on peut s’améliorer (et les premiers essais peuvent être décourageants). A mon avis, si on n’a pas prévu de porter très souvent, l’écharpe n’est pas un bon investissement. Mieux vaut un truc plus simple à installer. Le coq par exemple a fait quelques essais, et il ne veut à peu près plus en entendre parler, au grand dam de mes frêles épaules.

Mais si ça vous motive, il ne faut pas hésiter. D’abord, il faut acheter une bonne écharpe. Je sais bien que dans le reste du monde on ne se pose pas ce genre de question, mais dans le reste du monde on a l’habitude de porter des charges lourdes toute la journée, souvent sur la tête. Moi à part mon sac à main sur l’épaule… Donc si on veut porter régulièrement (et si on ne veut pas l’écharpe n’est pas la meilleure solution à mon sens), il faut une écharpe confortable. Il y a ici une liste de marques et de critères pour choisir. Si on a des moyens limités, il vaut mieux acheter une bonne écharpe d’occasion qu’une moins bonne neuve.

Vient ensuite le problème de la taille. On trouve par exemple ici les différents nouages qu’on peut faire pour chaque longueur d’écharpe. Cela dépend bien sûr de la corpulence du porteur. On a tendance à prendre des écharpes très longues pour être paré à toutes les situations, mais on se retrouve souvent avec des bouts de tissu qui traînent et dont on ne sait pas trop quoi faire. D’autant plus que si on veut faire ou défaire le noeud dans un lieu public (parking, trottoir…) ça augmente les chances que les bouts de l’écharpe traînent par terre. Les nouages kangourou, qui sont les plus confortables et les plus recommandés (mais pas les plus faciles !), nécessitent peu de tissu. Si un seul des deux dans le couple risque de porter, il vaut mieux optimiser la longueur pour celui-là et pas pour les deux (vous comprendrez que je parle d’expérience…). Au pire on peut toujours couper une écharpe trop longue (mais il ne faut pas se louper) ou la revendre pour en acheter une plus courte (et vice versa).

Une fois en possession de l’écharpe, il convient de se familiariser avec l’objet et notamment avec un ou deux nouages pour commencer. Idéalement, la participation à un atelier sous la conduite d’une personne expérimentée est un excellent moyen pour débuter. Sinon l’internet regorge de ressources et notamment de vidéos (voir sur dailymotion par exemple). Il y a aussi des pas à pas en images, comme ici ou . Si c’est la panique, il y a aussi ce forum.

Bon à savoir :

  • Les premiers essais sont souvent fastidieux, et il est possible que le poussin manifeste son désaccord de façon bruyante. Il suffit souvent de faire quelques pas avant de finir le nouage ou juste après l’avoir fini pour qu’il se calme rapidement et voie les avantages de sa nouvelle situation.
  • Pour que ce soit confortable, il faut que le bébé soit aussi haut et aussi serré que possible, et même encore plus que ça. Au début sur un tout petit on ne sent pas trop si l’écharpe est trop lâche, mais je peux vous dire qu’avec 10 kg sur le dos c’est crucial.
  • Le plus confortable est de porter sur le dos, et ça peut être fait avec un tout petit poussin (voir ces photos de Zabou et de sa princesse d’à peine 1 mois). L’inconvénient c’est que ça ne cache pas le ventre post-grossesse… Quoi qu’il en soit il vaut mieux ne pas attendre que le poussin soit trop lourd/agité pour devant pour commencer à tester les nouages dans le dos, car plus il est lourd et remuant, et plus c’est difficile.
  • Il y a souvent des petites variantes autour de chaque nouage, et aussi dans la façon de les faire (il y a plusieurs méthodes pour passer l’enfant sur le dos pour le kangourou par exemple -et j’en utilise encore une différente…). Il ne faut pas hésiter à fouiner sur le net pour les essayer et choisir celle qu’on préfère.
  • Pour les nouages kangourou, il faut faire attention à ce que le tissu reste bien déployé sous les fesses et cuisses du poussin tout au long du nouage, car c’est principalement ça qui le tient. Et dès que le petit fourbe se cambre ou gigote, ça a tendance à remonter dans le dos (pas une fois que tout est attaché, je vous rassure). Un truc possible est de faire un peu remonter le tissu entre ses jambes.
  • Il paraît qu’on peut allaiter dans l’écharpe, mais je n’ai jamais réussi (pas beaucoup essayé non plus). En tout cas il faut en général bien desserrer le noeud pour avoir la tête du schtroumpf à bonne hauteur.
  • La plupart des gens que je vois dans la rue utilisent le nouage dit « croisé simple« , qui a l’avantage d’être très facile à faire (et un des seuls où on peut enlever et remettre le poussin sans le défaire) mais qui est loin d’être le plus confortable. A partir d’un certain poids, il n’est plus gérable sauf pour un portage de courte durée. 

Et puis quand les enfants seront grands vous pourrez toujours recycler votre écharpe… N’hésitez pas à partager vos trucs dans les commentaires.

(photo Storchenwiege.com)