Ma fausse-couche : la physiologie oubliée ?

Un thème pas très joyeux et pourtant plus banal qu’on ne le pense pour tenter de redonner un semblant d’activité à ce pauvre blog délaissé… J’accueille aujourd’hui en rédactrice invitée mon amie Ficelle qui m’a fait l’honneur de confier à cet espace l’histoire de sa fausse-couche. C’est un sujet sensible pour beaucoup d’entre nous, et contrairement à beaucoup des billets de ce blog, il s’agit simplement de son vécu, intrinsèquement subjectif. Comme tout ressenti, il n’a pas vocation à être généralisé à tout le monde, ni à prescrire une voie d’action ou à en condamner d’autres. Je compte particulièrement sur la délicatesse habituelle des commentateurs pour que le débat reste respectueux. Et avant que vous ne m’accusiez -à raison- de flemmingite aigüe je vous annonce pour demain un billet écrit par moi pour faire le point sur le sujet sous un angle complémentaire, plus général. Mais assez de blabla, je laisse la parole à Ficelle.

 Une amie qui a vécu plusieurs événements très difficiles me disait récemment à peu près cela : « Ce qui est très compliqué quand on raconte son histoire par écrit, c’est le côté figé. Cette histoire douloureuse, quand on en parle autour de soit, on la réécrit chaque jour… Les mots qu’on trouvait justes hier ne le sont plus forcément aujourd’hui ». Alors que mon amie la divine Poule pondeuse me propose de raconter ma fausse couche, les mots de cette amie résonnent exceptionnellement justes. Il se trouve que j’ai couché sur le papier certains éléments de « l’histoire » au fur et à mesure qu’elle se déroulait. Je décide donc de ne rien changer à ces impressions du moment et de conclure avec ma vision « du jour ».

25 août 2012

Depuis quelques semaines, je porte un embryon qui a arrêté son développement. En langage courant, c’est une fausse couche. Contrairement aux idées reçues, les embryons défectueux ne lancent pas illico leur processus d’auto-destruction. Le dit processus prend plusieurs semaines, ce qui fait qu’on détecte l’arrêt de la grossesse avant d’avoir évacué l’œuf. Et ce, depuis que les échographies de contrôle sont généralisées aux alentours des huit semaines d’aménorrhée. Or, ce nouvel état de fait entraine au moins une conséquence fâcheuse : la possibilité de se débarrasser du bidule avant que notre corps ne finisse par faire le boulot lui-même. Ce qui peut prendre en l’espèce de trois à six semaines… Une éternité pour certaines femmes qui attendent impatiemment de retomber enceinte, ou pour celles qui ressentent encore de nombreux effets indésirables des hormones de grossesse, qui continuent un temps à être sécrétées.

Une fois que l’arrêt de la grossesse a été détecté dans mon cas, « ma » gynécologue, celle chez qui je vais chaque année – et bien plus en période de grossesse justement, déjà deux à mon actif – depuis près de 10 ans, m’a indiqué que j’avais alors deux options : le protocole d’expulsion médicamenteux (Cytotec) ou le « curetage » (aspiration de l’embryon –NB : on utilise encore souvent le mot curetage même si la procédure de routine est une aspiration, voir par exemple wikipedia pour la nuance). Joie, bonheur… panique. En plus d’être attristée par l’échec de ce début de grossesse et la remise au placard, provisoirement du moins, de notre projet de troisième bébé, je me sens piégée entre deux alternatives qui m’effraient. Influencée par le raisonnement reposant uniquement sur le paramètre d’efficacité de mon médecin, je me décide d’abord pour le curetage. Le « vite fait, bien fait » de cette procédure, pourtant chirurgicale, qui impose une anesthésie générale (même légère, elle n’est jamais anodine !), me tente de prime abord. Je me dis : deux rendez-vous, une matinée d’hospitalisation et cet épisode désagréable est derrière moi. Et puis, en face de la secrétaire de l’obstétricien indiqué par ma gynécologue « de ville », je flanche. Larmes, indécision, tour aux toilettes du cabinet flambant neuf, colère, renoncement. Je prends un rendez-vous pour le lendemain, à contre-cœur. Et puis deux coups de fil à deux amies sage-femme et généraliste me remettent sur pieds.

Une troisième voie s’ouvre. Celle de… ne rien faire. Et ma tristesse se transforme en colère. Comment cette professionnelle, avec qui pourtant j’ai souvent discuté, a-t-elle pu passer à côté du fait que l’option la plus « naturelle » puisse me convenir ? Celle d’attendre, de laisser faire la nature. Même 15 jours, même trois semaines. Une attente longue pour certaines, qui le sera aussi pour moi, mais qui reste une option, et pas des moindres. C’est celle qui permet de ne pas alimenter le trou de la sécu. Une échographie suffit en fin de processus pour vérifier que tout a été évacué. Attendre ou prendre des médicaments engendrent un léger risque d’hémorragie et peuvent « se terminer » en curetage. Mais le pourcentage n’est pas très élevé (impossible d’avoir un chiffre…). Alors que le curetage en première intention n’est pas l’option la plus économique. C’est une consultation de spécialiste en plus des deux précédentes chez le gynécologue de ville permettant d’établir le diagnostic (plus les deux prises de sang pour constater la baisse du Bêta HCG, l’hormone de grossesse dans le sang), une rencontre avec un anesthésiste en clinique, une anesthésie et un acte chirurgical – on écarte le col de l’utérus, on passe une sorte de paille large comme un stylo (aïe) et on aspire le sac embryonnaire.

Si cette éventualité de l’attente est d’emblée écartée par cette gynécologue, ce n’est pas par malice mais peut-être consécutif à une demande répétée des femmes. C’est un peu le problème de la poule et de l’œuf. L’explication peut aussi venir d’un conditionnement interventionniste de la profession. « Couvrons-nous », « Maîtrisons le processus ». Mais sur le plan politico-sociétal ? Et bien, ces Cytotec-curetage, s’ils sont indispensables aux femmes dans le cadre des interruptions volontaires de grossesse, sont dans le cas de fausses couches les instruments de contrôle de ces mêmes femmes. Comment reprendre confiance en soi et en son corps, si même ce processus physiologique, qui intervient pour d’excellentes raisons – éviter la mise au monde d’un bébé avec une anomalie génétique par exemple – n’est pas même reconnu comme une « option » à envisager pour la femme ? Pour moi, la capacité de la machine humaine à traiter seule ce genre de situations « normales » est niée par le système médical actuel, ou en tout cas un certain système médical. Et cette prise de conscience participe de mon engagement militant. Reste plus qu’à évacuer ma balle de ping-pong…

Lundi 3 septembre

La balle de ping-pong est toujours là. Aucun signe annonçant un décollement prochain. L’aspiration est programmée pour demain mardi. Ce qui me reste en travers de la gorge : le sentiment que plus personne ne sait vraiment comment vont se passer les choses sans intervention médicale. Il est quasiment impossible pour moi de prendre cette décision d’intervention de façon véritablement éclairée. La médecine n’est pas une science exacte certes. La connaissance des mécanismes physiologiques a été perdue, c’est en tout cas mon impression. Ma frustration est plus grande que ma déception (de ne pas être enceinte, de ne pas avoir expulsé l’œuf malgré les deux semaines d’attente éprouvantes, les quatre semaines depuis que la grossesse est vraisemblablement arrêtée). J’ai la sensation d’être entrainée, à moitié consentante, dans une spirale interventionniste. Je suis déchirée. Pas bien dans mes baskets. Je pleure beaucoup… Mon mari ne sait pas trop quoi me dire. Il pense à cette attente qu’il juge maintenant trop longue et douloureuse, moi je pleure (enfin ?) ce bébé qui ne viendra pas.

Dimanche 16 septembre

Deux heures, peut-être trois après que j’ai écrit ces derniers mots, je me promène dans les magasins. Désabusée, mal physiquement et moralement. Je m’arrête dans une pharmacie pour acheter des serviettes hygiéniques pour incontinents, je saigne plus qu’à l’accoutumée. Je prends également deux Ibuprofène pour atténuer de petites crampes à l’utérus. Envie de changer ma serviette, je m’arrête dans un bar. Sur les toilettes, je sens que le sang s’écoule, assez abondant… et que glisse un caillot largement plus gros que les autres. Je jubile. Et le mot est faible. Je nettoie tout ça, sors en vitesse du bar, compose le numéro direct de ma gynécologue, souffle sur un ton de fausset : « C’est… sorti ! » Elle est contente pour moi, me confirme qu’elle annule l’intervention. On prend rendez-vous pour le vendredi suivant, histoire de vérifier que tout va bien [l’écho montrera un utérus complètement vide le vendredi en question]. Je bois un verre dans ce bar avec une amie. Je repasse aux toilettes une heure plus tard et sens à nouveau, sans éprouver aucune douleur, du « matériel » glisser. On dirait un peu un morceau de foie de veau. C’est bien le sac embryonnaire – avec l’embryon dedans mais invisible au stade où il a arrêté son développement, surtout au fond d’une cuvette. Je sais que tout est fini. Je suis sur mon petit nuage, soulagée.

 

Je n’ai qu’un tout petit recul aujourd’hui sur cet événement. Quinze jours à peine. Mais déjà je m’interroge : qui, du calendrier « programmé », physiologique, de cette fausse couche ou du rejet viscéral de l’intervention, tellement fort psychologiquement, est à l’origine de cette expulsion in extremis ? Trois amies, sage-femme, médecin et femme ayant vécu deux fausses couches, ont eu la même réaction : « Tu devais pleurer ce bébé », « tu n’étais pas prête à le laisser partir avant ». Je ne suis pas complètement satisfaite par cette explication, mais soit. Cette amie sage-femme m’a aussi textoté : « Belle leçon de patience pour l’obstétrique. Les femmes sentent toujours ce qui est bon pour elles, nous sommes trop précautionneux et interventionnistes ». Ces mots m’ont beaucoup touchés. Je ne jette pas la pierre aux personnels de l’hôpital que j’ai rencontré lors de cette épreuve – malgré tout ce que j’ai pu laisser paraître, c’en était une… – qui ont été prévenants et à l’écoute. Malgré tout, je regrette le parti pris du système médical, qui vise à prévenir un risque (celui d’une éventuelle infection, « très peu probable dans votre cas, mais quand même, ce serait tellement dommage… ») sans prendre forcément la mesure des vents contraires. L’effet boomerang de s’infliger un acte (médical ou chirurgical) que l’on ne veut pas et qui, si j’en crois mon aventure, n’est pas nécessaire et encore moins vital, loin s’en faut. Je sais que ce dernier point fera l’objet de discussions ici ou ailleurs. Je tiens donc à préciser que ce que j’ai défendu (et que je défends aujourd’hui en racontant cette histoire), c’est de pouvoir rester maître des décisions qui concernent notre corps, dans un cas comme celui-là qui est tout sauf grave. Presque banal diront certain(e)s, même si le mot me semble dur, dans un contexte où nos grossesses, le plus souvent désirées, sont souvent très vite investies.

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95 Responses to “Ma fausse-couche : la physiologie oubliée ?”

  1. Bellachri dit :

    Merci de ce témoignage. Il me touche d’autant que le 23 août, après des saignements à presque 8 semaines d’aménorrhée, l’echographie a diagnostiqué une absence d’embryon dans le sac embryonnaire (pourquoi fabriquer un logement s’il n’y a pas de locataire? ). S’il y a bien quelque chose que mon médecin généraliste n’est pas, c’est interventionniste! Pas d’explications sur ce qui allait se passer, pas de jalon, rien. Une ordonnance pour surveiller les betas, c’est tout. Je regrette qu’il ne soit pas possible d’avoir un dialogue (pas d’examen, juste le dialogue) avec une SF, pour expliquer la physiologie et la cinétique de cet événement si banal, mais si marquant pour celui qui le vit. Bonne chance pour la mise en route de ce troisième !

  2. Désolée pour cette triste histoire, Ficelle.

    Je découvre un autre aspect des fausses-couches et du monde médical : l’excès de zèle.
    Quand j’ai fait la mienne il y a 8 ans, j’ai au contraire eu l’impression que ça n’intéressait personne chez les médecins. C’est peut-être pourquoi j’ai gardé quelques trucs qui ont commencé à s’infecter : comme ça j’ai eu besoin d’un curetage et plusieurs autres personnes ont pris en considération la non venue de ce bébé désiré…
    En plus, quelques semaines après, j’ai développé un kyste sur la thyroïde, qu’un chirurgien voulait me couper jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il s’agissait juste d’un énorme hématome consécutif à une énorme toux. Et si je vous dis que l’intervention était prévue le même mois que le mois où aurait dû naître le bébé ? … Et que mes règles ne sont revenues que 4 mois après la fausse couche, au moment où on faisait l’échographie déterminant l’origine du kyste…
    Je n’ai pas pleuré ce bébé, mais mon corps m’a bien fait sentir quelque chose !
    Ah, sacré cerveau !

  3. Anonyme dit :

    @Bellachri, et du coup, comment ça c’est fini pour toi ? Le sac a été expulsé « naturellement » ? Merci pour tes encouragements, mais même si une copine m’a dit « il faut battre le fer quand il est chaud », on est pas trop motivés pour le moment. Un petit laps de temps pour se remettre est nécessaire pour nous… Je précise qu’on a deux enfants en bas âge et deux boulots bien prenants 😉

  4. Ficelle dit :

    @La Belle bleue, vraiment désolée pour toi 🙁 J’ai trouvé pour ma part que s’il n’était pas trop douloureux ou difficile de changer de logiciel (pas enceinte => enceinte => pas enceinte), les enjeux physiques sont en revanche vraiment pénibles. Par ailleurs, je crois que tout dépend aussi beaucoup du contexte de cette grossesse-là : a-t-on désiré follement ce bébé, le conjoint est-il ravi, a-t-on déjà d’autres enfants, etc. En tout cas, cela mérite plus qu’une bête ordonnance…

  5. Ficelle dit :

    @, c’était Ficelle hein 😉

  6. Mimi_Pompon dit :

    Comme quoi chacune est différente !!! Après ma fausse-couche, je n’avais qu’une hâte, que tout soit terminé le plus vite possible ! Aussi bien psychologiquement (je trouvais ça dingue que mon corps ne se rende pas compte que quelque chose clochait, comment lui faire confiance après ça ?) que physiquement : merci les nausées affreuses une fois qu’on sait que c’est pour « rien » !
    En tout cas courage, ce ne sont pas des évènements faciles…

  7. Nanette dit :

    Merci pour tes mots. Je n’ai jamais été concernée mais je suis heureuse de savoir qu’il existe d’autres solutions que les « incoutournables » que les médecins nous conseillent…

  8. Adèle dit :

    @la belle bleue,

    J’ai fait le même rapprochement après ma FC il y a 15 ans (j’avais 18 ans); j’ai souffert de l’incompréhension de certains proches qui ne comprenaient pas mon « deuil » et me disaient que c’était mieux « à mon âge »… tellement difficile à surmonter que je n’ai rien dit, de ma grossesse, de ma FC, de ce « bébé » sans nom ni état civil mais qui a existé pour moi, je n’ai rien dit à mes vrais amis….
    Et ça s’est fini par une hyperthyroïdie (ce qui n’a pas été clairement dit et exprimé m’est resté en travers de la gorge!) et une ablation de la thyroïde.

    Je suis de tout coeur avec celles qui traversent cette épreuve…….

  9. Nanette dit :

    Et je voulais te demander : tu penses parler de l’iVG un jour sur le blog ?

  10. @Nanette, ce serait une belle idée mais je ne sais pas trop comment en parler de but en blanc, n’étant (à ce jour) pas concernée personnellement. Après si quelqu’une a envie de témoigner c’est tout à fait bienvenu (m’envoyer un petit mot à lapoulepondeuse @ gmail.com)…

  11. pâte à crêpe dit :

    Beau témoignage.. Je n’ai jamais été concernée pas ce douloureux sujet, et je n’avais jamais entendu parler de cette possibilité d’attente. Merci d’apporter cet éclairage qui donne à réfléchir…

  12. Clémence dit :

    Merci pour ce témoignage touchant et intéressant. Une de mes amies ayant récemment subi le protocole au Cytotek qui s’est très mal passé et terminé en intervention chirurgicale, j’y suis tout particulièrement sensible…

  13. Marie dit :

    C’est bien que ça se soit passé comme tu voulais. Je suis d’accord avec toi sur le fait que toutes les options devraient être envisagées. Y compris celle de laisser la nature faire. Par contre, il me semble qu’on sait comment ça se passe si on ne fait rien à grande échelle, parce qu’on l’observe en Afrique notamment. C’est sûrement très compliqué à évaluer mais les statistiques parlent en faveur de l’interventionnisme comme tu dis, considérant que nous avons toutes les conditions favorables pour se faire.
    J’ai moi aussi fait une fausse couche, et je garde un souvenir impérissable du personnel de l’hôpital qui m’a opéré, au delà de la FC, il m’ont stupéfiés par leur empathie et la richesse humaine que j’y ai trouvé. Cela m’a profondément marquée.
    Sinon, la FC naturelle dans les wC d’un bar, j’ai aussi donné. Ça me laisse encore une impression de glauque que je n’oublie pas. Je ne m’y attendais pas contrairement à toi.
    En tout cas, merci pour ce témoignage qui fera je l’espère évoluer encore un peu les mentalités et les pratiques.

  14. Bellachri dit :

    Tout a été expulsé en 11 jours en tout, dont 8 jours où littéralement, je « pissais la rage ». Je pense qu’avant tout j’ai été abasourdie par la nouvelle. Les questions sur la physiologie de la FC me sont venues les jours suivants, mon médecin m’ayant juste donné une ordonnance entre 2 patients (« rien d’autres à faire »), je ne lui ai pas posées. Je suis donc allée travailler comme ça, jusqu’à ce que « ça » se termine. J’avoue pour ma part avoir digérer l’information très vite, consciente de la fréquence de l’événement. Je n’ai en revanche pas digéré que le médecin ne me parle pas de ce qui allait se passer, de quand il fallait s’inquiéter. On ne pense pas toujours à ces questions dans l’heure qui suit cette annonce, surtout sur un palier de porte. La mise en route du prochain, un 4ème, viendra donc quand la nature l’aura décidé puisqu’il a fallu la laisser faire pour le reste 😉

  15. Annabelle187 dit :

    Hello, J’ai fait une fausse couche il y a 2 ans. J’ai eu de la chance, on m’a laissé qu’il parte seul, et aussi parce que dame nature a été gentille avec moi. Je suis allée suite à des saignements, et on m’a dit que le coeur ne battait plus (8SA), du coup, dans ma tête, je ne le voulais plus, je voulais qu’il parte. Comme je suis de tempérament battante, j’ai laissé passé 2 jours, mais je saignais pas mal. Je suis allée chez ma gynécologue, et là j’ai perdu le sac dans son cabinet. Tout s’est évacué naturellement, je sais que j’ai eu beaucoup de chance.

  16. @Adèle, à 18 ans ce doit être bien dur à vivre comme première expérience de la maternité… Moi j’en avais 42, c’était un peu de ma faute, quelle idée de faire un bébé à cet âge… (personne ne me l’a dit comme ça, mais moi je l’ai pensé)
    Bien vu en effet cet évènement qui reste en travers de la gorge…

  17. J’ai vraiment un horrible avatar maintenant, mais je vous promets, je ne suis pas cette horrible Gorgone dans la vie !

  18. @Bellachri, c’est aussi mon ressenti : pour le médecin c’est banal, même pas la peine d’expliquer à quoi s’attendre. Et nous, on reste perdues au milieu de notre flaque de sang…

  19. Ficelle dit :

    @Mimi_Pompon, chez moi, les symptômes de grossesse n’ont pas dépassé le stade des coups de fatigue et de l’irritabilité. Je n’ai eu aucune nausée, c’est cela qui m’a mis la puce à l’oreille + de très légers saignements, mais qui peuvent être totalement bénins (peuvent survenir quand l’œuf s’accroche dans l’utérus). Bien sûr, on m’a dit quand je doutais « toutes les grossesses sont différentes », mais ayant déjà deux enfants, je sentais que tout n’allait pas bien… En tout cas, je te comprends et je pense que beaucoup de femmes sont dans ton cas. C’est effectivement très déroutant que le corps ne pige pas tout de suite ce qui se passe et ne fasse pas le nécessaire et deux coups de cuillère à pot…

  20. Laetitia dit :

    Bonjour,

    C’est tellement dans l’air du temps : « je veux un bébé TOUT DE SUITE  » et si ça ne vient pas tout de suite, on prends des médicaments pour la fertilité. Si ça se passe mal, il « faut qu’il sorte vite » alors on fais en sorte que…
    Les médecins répondent à une demande. Et puis on attends quelque chose d’eux. Je suis désolée, mais quand j’emmène un de mes enfants chez mon généraliste pour un rhume que j’estime carabiné avec de la fièvre et qu’il donne rien à part du dolliprane et le conseil de bien nettoyer le nez, je me sens bête et que ça se finit avec une toux qui dure 3 semaine mais que j’ose pas y retourner parce que c’est rien bah, on se sens un peu larguée. Enfin, c’est pas le sujet 😆

    J’y suis passée aussi, et l’idée d’avoir un bébé mort dans mon ventre, c’était juste insupportable, merci cytotec. Enfin, ça, s’était avant 😀 Avant d’avoir 3 enfants. Après les 3 enfants, nouvelle grossesse oublie de pilule (et puis microval, ça ne pardonne pas)et je m’en suis rendu compte que quand je saignais trop et qu’il était trop tard (et déjà 6 semaines de grossesse, oups)Finalement, il est parti tout seul, au bout d’une semaine.

    Après tout cela, je regrette d’avoir fait partir cette première fausse couche par médicament. Trop peu d’accompagnement (6h d’attente dans une chambre avec l’ovule en place, jamais vu personne, rien à faire à part attendre en réfléchissant ou lire des magasines pour future maman, puis expédiée chez moi « vous revenez si ça ne va pas » c’est c’la, oui) finalement une douleur assez forte que j’ai moins bien toléré qu’un accouchement classique parce que savais qu’au bout, il n’y avait rien.
    La deuxième, j’en garde quasiment aucun souvenir (pas de douleur, pas de questionnement), si ce n’est du soulagement, parce que bb4 n’était pas attendu.

  21. Vervaine dit :

    Récit poignant.

    Pas concernée ici non plus (pour le moment!). Mais je découvre ainsi encore une facette du monde materno-médical. Dommage que n’apparaisse pas un résumé des échanges sur Twitter, c’était aussi très instructif (avec une vision « de l’intérieur » par des médecins/SF).

    Et sinon, c’est un plaisir d’avoir des nouvelles de Ficelle! Ton blog n’existe plus. Tristesse…

  22. Vervaine dit :

    Et sinon, pour lancer le débat, c’est quand même troublant de voir que c’est le même protocole qui est proposé pour la FC que pour une IVG.

    Médicalement, cela se comprend. Mais ça me trouble car ce n’est quand même pas du tout le même contexte.

    J’imagine donc une femme ayant subi une IVG et se voyant annoncer le même « choix » de traitement si elle fait une FC (ça marche aussi dans l’autre sens). Psychologiquement, ça doit être -encore plus- dur à vivre.

    Et oui, il serait bon de rappeler que l’option « ne rien faire » existe pour la FC, c’est quand même cela la base du truc, biologiquement parlant! Ce qui n’empêche pas un contrôle après coup, pour vérifier que tout va bien.

  23. Koa dit :

    Un grand merci pour ton témoignage…

    Je me suis parfois retrouvée dans la situation de « je suis sûre que l’option que je veux est bonne mais autour de moi il n’y a aucune expérience, aucune personne pour m’en parler, on me dit juste que ça ne sert à rien et qu’il vaut mieux ne pas prendre de risques ».

    Alors lire que ça t’est arrivé aussi, que tu as su t’écouter, trouver tes ressources, tes larmes, suivre ton processus jusqu’au bout, ça me touche vraiment.

  24. Koa dit :

    @Vervaine, pourquoi troublant ?

    Excuse-moi si j’interprète mal, mais j’ai l’impression qu’il y a une vision de la fausse-couche comme étant « un malheur » et l’IVG « un choix ». Bien sûr qu’on choisit d’avorter, mais ce n’est pas une procédure rigolote et sympa pour autant, souvent c’est un choix qu’on fait et qui ressemble un peu à un malheur.

    Personnellement, ça ne me choque pas de savoir que si on veut, à l’aide de la médecine, expulser un foetus dont le développement a été arrêté (par ladite médecine ou par la nature), il y a une (et une seule) procédure à suivre.

  25. Après réflexion (et reconsidération de mon emploi du temps :mrgreen: 😳 ) je pense qu’il sera plus intéressant d’attendre quelques jours avant de publier mon billet sur le sujet, histoire de prendre un peu de recul. J’en profite aussi pour vous inviter à aller lire le témoignage d’un père ici http://mauvaispere.wordpress.com/2012/09/18/1-chance-sur-10-000/

  26. LN dit :

    Argg je viens de passer 15 minutes à écrire un com super long qui s’est effacé! Bref.
    Je disais que pour ma 3è FC, la plus dure, j’ai été complètement broyée par le système médical. On m’a détecté un oeuf clair à 8 semaines. On m’a dit d’attendre 15 jous que ça parte tte seul. J’ai attendu. je suis revenus au bout de 15 jous. Et là, urgence, inscription dans la minute pour intervention le lendemain, j’ai du bousculer tout mon programme, toute ma vie. On ne m’a pas parlé de médicaments. On en m’a pas dit pourquoi c’était tout d’un coup urgent.
    J’ai subi cette aspiration, je ne me suis pas « approprié » ce départ, je ne suis tjs pas remise de cette fausse couche.
    C’est surement pour ça que je suis choquée quand je lis l’auteur dire « je jubile » lors de l’expulsion…

  27. Mlle Loutre dit :

    Merci Ficelle de tes mots, je ne savais même pas qu’il existait une « troisième voie », tellement moins brutale, peut être plus adaptée à d’autres, l’important est qu’on nous laisse le choix.
    J’ai trouvé le premier trimestre de grossesse terriblement dur, beaucoup de questionnements qui se bousculaient dans ma tête et aucun suivi médical, surtout personne pour me répondre et me rassurer.
    Je sais maintenant que pour BB2, je continuerai à fuir le gynéco, les écho multiples,… par contre, je prendrais RDV chez ma gentille SF dès le départ, juste pour parler, lever mes angoisses qui semblent tellement banales au personnel de santé mais qui m’ont pourri ces 3 premiers mois

  28. MissBrownie dit :

    Il y a 3 ans, alors qu’une collègue allait nous annoncer sa grossesse déjà avancé de 12 semaines, celle-ci s’est arrêtée. A la place, elle nous a annoncé qu’elle devait subir une intervention.
    A l’époque, je me souviens, j’avais trouvé dur moralement qu’elle reste plusieurs semaines avec un foetus mort dans le ventre, tout comme l’année dernière, j’ai imaginé qu’il devait être insoutenable pour ma meilleure amie de sentir son bébé bouger dans son ventre tout en le sachant condamné.
    Pour ma collègue, même 3 semaines après l’arrêt de la grossesse, le foetus n’avait pas été expulsé naturellement. Elle a du avoir une intervention.

    J’imagine que l’expulsion naturelle aide à faire le deuil, comme dans le cas de ma meilleure amie, l’accouchement par voie basse, même d’un bébé sans vie était indispensable au travail de deuil, mais rester avec un être sans vie à l’intérieur de soi doit être dur aussi.

    Chacun fait avec son histoire, mais je suis d’accord sur le fait que l’option naturelle devrait être évoquée.

    Juste un point, le sac embryonnaire ou le foetus est-il toujours évacué ? Il n’y a pas des histoires étranges de foetus calcifiés retrouvés chez certaines femmes (très peu cela dit)?

    P.S: on s’en fout, c’est pas important mais y a pas un pb avec les dates ?

  29. Floh dit :

    J’ai vécu la même chose, à quelques nuances près…
    L’interruption d’évolution de grossesse a été constatée lors de la 1ère échographie officielle, pas avant. Visiblement, l’embryon n’avait jamais eu de rythme cardiaque.
    J’ai eu la chance de faire cette écho chez une sage-femme, qui m’a donc évoqué les options en mentionnant celle d’attendre. Celle que j’ai choisie, tant j’ai été vaccinée et traumatisée par le passé sur tout ce qui concerne des interventions médicales gynécologiques.
    En ce qui me concerne, il m’a fallu 1 semaine pour « évacuer » l’embryon. Par contre, ça s’est fait avec des douleurs terribles, des contractions très importantes pendant 24H. A tel point que j’ai fini aux urgences, croyant faire une complication, ce qui n’était pas le cas (on a pu me confirmer que tout s’était passé naturellement et correctement). Et ça par contre, personne (pas même ma sage femme) ne m’avait prévenue: on peut avoir très très mal en laissant faire les choses naturellement. Rétrospectivement, je ne regrette pas du tout, j’aurais juste aimé être prévenue, je pense que j’aurais vécu cela différemment…
    Je te souhaite une belle continuation et une nouvelle grossesse positive et sereine, merci pour ce témoignage, on parle vraiment trop peu des fausses couches…

  30. Laurence dit :

    J’ai tilté à l’instant en repensant à ce billet signalé hier (je suis à côté de mes pompes je crois…) !
    En grande névrosée stressée (qui a pourtant eu la grande chance jusqu ici de ne pas y etre confrontee) j’en ai lu des choses sur les fausses couches et les risques de fausse couche et les suites de fausse couche… Pourtant c’est la première fois en effet que j’entendais parler du « laisser faire la nature ». Je ne sais pas si j’en aurais été capable, je crois que non, mais peu importe, on devrait au moins etre informé.
    Pour le reste, je suis touchée encore de ta douleur, et j’espère sincèrement que le deuil laissera place à de nouveaux projets familiaux, quels qu’ils soient.

  31. Mimi_Pompon dit :

    @Ficelle, Et là c’est même pas de « 2 coups de cuillère à pot » qu’il s’agit, les délais peuvent être TRÈS longs : pour une de mes copines, après le constat que la grossesse s’était arrêtée, rien ne s’était toujours passé après 6 semaines ! C’est vraiment TRÈS long !

  32. @Floh, ah oui, la douleur ! on ne s’y attend pas, on n’est pas prévenue, ni même soutenue quand on demande de l’aide…
    Je suis d’accord, on parle vraiment peu des fausses-couches.
    Merci Ficelle et la Poule d’avoir abordé le sujet.

  33. Oeuf de Pâques dit :

    Témoignage touchant!
    Je n’avais aucune connaissance du sujet et les dits « protocoles » médicaux.
    Mais je comprends ta douleur et l’incompréhension que tu as pu ressentir.
    Je t’envoie plein d’ondes positives 🙂

  34. Anonyme dit :

    Je ne l’ai jamais vécu mais une connaissance oui. 2x fois de suite ça a été horrible. Quand elle m’a raconté comment ça s’est passé sur le coup j’ai pas réalisé mais maintenant je trouve ça très triste. Pour faire court elle a choisi les médicaments. Elle a été renvoyé chez elle, toute seule dans sa montagne à 50 min du 1er hopital. Je trouve ça dingue. Elle a énormément souffert au point d’attendre dans sa baignoire en pleine hémorragie. Elle a finalement retrouvé les urgences quelques heures plus tard pour subir une aspiration. Elle qui souhaitait un enfant plus que tout, elle a du subir cette épreuve 2x sans qu’on lui propose effectivement l’option naturelle. Ok après je n’étais pas là, je n’ai pas le contexte et je ne suis pas elle. Mais c’est vraiment rude 🙁 et moi pfff j’ai essayé de relativiser, de lui remonter le moral comme je pouvais puisqu’elle se confiait à moi mais je me rends compte que j’étais à 10 000 lieux de la comprendre et de réaliser se qu’il se passait.

    Se qui me fait rebondir sur autre chose. Je me suis tjs dit qu’une FC s’était commun, que notre corps faisait bien son boulot , c’est que ce bébé ne devait pas venir au monde. Du coup quand j’ai appris ma grossesse, je n’ai voulu prévenir personne ( à part ma mère et BM) avant le 3ème mois. Comme ça , si j’avais une FC personne ne le saurait et on recommencerait les tentatives plus tard. Et maintenant quand j’y repense je trouve ça idiot car si effectivement ça m’étais arrivée j’aurai je pense , apprécié que mes amis me soutiennent dans ce moment banal mais si dur. Ca touche bien plus qu’on en le pense finalement.

  35. Mimi_Pompon dit :

    @, c’est ce qu’on s’est dit avec mes copines : pour les personnes pas proches effectivement, mieux vaut ne pas parler d’une grossesse naissante.
    Mais pour les proches de toute manière, on aura besoin d’elles si ça se passe mal ! Alors pourquoi ne pas en parler ?

  36. Peche Gingembre dit :

    Cela me renvoie aussi à mon expérience…ma gynécologue de l’époque ne m’avait proposé que les 2 alternatives habituelles, cytotec ou aspiration, mais je m’aperçois que j’avais aussi toute seule estimé qu’il y a avait la voie de l’attente.
    Et pourtant, je n’ai pas voulu attendre, comme la plupart d’entre vous, en tout cas pas plus que quelques jours pratiques (2 jours après la triste annonce de l’oeuf clair, on fêtait les 30 ans de mon mari). Je voulais que ça s’arrête. Je me souviens qu’en rentrant de l’échographie, nous nous sommes demandés : comment fait-on le deuil d’un enfant qui n’a pas été vraiment là ? (aujourd’hui on voit les choses autrement, ça a été simplement notre 1ère réaction)
    Et j’ai choisi le cytotec parce que je voulais une trace physique, je voulais que ça saigne, je voulais clore l’histoire avec une souffrance physique pour faire écho à ma souffrance morale immédiate, je ne pouvais pas faire mon deuil soit en attendant longtemps, soit avec une intervention proprette. J’ai dégusté en effet, mais au moins une partie de ma douleur a été expulsée…
    Pour finir, je suis un peu choquée qu’il n’existe pas de médicament spécial, conçu pour cela. En effet le cytotec est un médicament contre l’ulcère au départ, je trouve ça raide.

    Bon courage à toi Ficelle, et à toutes celles qui vivent cela. Une amie m’avait fait du bien en me disant « Confiance, un bonheur est si vite arrivé »…

  37. Ficelle dit :

    @Mimi_Pompon, oui, moi déjà deux semaines d’attente c’était déjà long… Surtout qu’avant que je ne l’apprenne, il s’est passé deux semaines pendant lesquelles je n’étais pas tranquille et qui doivent correspondre à celles qui ont suivi l’arrêt de la grossesse (4 semaines de développement + 4 semaines avant expulsion). Mais bon, je crois que chaque femme a ses limites. Pour moi elles étaient atteintes, si ça ne s’était pas fait comme ça, j’aurais fait l’aspiration le lendemain.

  38. Ficelle dit :

    @Vervaine, oui, je n’ai pas renouvelé le « bail » au printemps, après un an de silence. Mais je suis présente sur le web à plein d’autres endroits 😉

  39. Ficelle dit :

    @Koa, Merci ! C’est exactement ce que j’ai ressenti. Un peu comme si on faisait des césariennes à toutes femmes pendant des décennies et que le jour où une femme venait avec une demande du genre : « Et si je ne fais pas de césarienne, le bébé sort au bout de combien de temps ? » On ne savait plus répondre « 9 mois » 🙄

  40. Ficelle dit :

    @LN, désolée pour toi, les fausses couches à répétition c’est ce qui me fait le plus peur. Selon ma gynéco, après deux grossesses menées à terme, si ça m’arrivait, ce serait « pas de chance ». Et pour toi, as-tu une explication ? As-tu su a posteriori pourquoi ils avaient précipité les choses ?

  41. Ficelle dit :

    @MissBrownie, cette amie dont je parle au début a vécu le truc que je trouve le plus affreux du monde : une IMG à 7 mois de grossesse. A ce stade, le bébé bouge, il a un prénom, une réalité pour sa famille. C’est d’ailleurs pour ça qu’on peut l’inscrire sur le livret de famille, lui donner une sépulture, etc. A 8 ou 10 semaines de grossesse, pour moi je précise, on n’est pas encore dans ces enjeux. C’est dur d’attendre que le corps remette les pendules à l’heure, c’est même rageant qu’il ne prenne pas des mesures bien avant… Mais pour moi, je le re-précise, point n’était besoin de faire place nette dans la minute. Je ne suis ni sans enfant, ni dans un processus de PMA, et surtout ce bébé est venu « tout de suite ». Mais surtout, et c’est là que c’est irrationnel, c’était BEAUCOUP plus dur pour moi d’intervenir que de ne rien faire. S’entendre dire : « Vous nous referez un petit troisième dans quelques mois ! » Certes. Mais : « Voici vos options : le médicament abortif ou le curetage, tous les deux sont des processus lourds… » ça m’a achevée.

  42. Ficelle dit :

    @Floh, moi j’ai eu des douleurs dans les heures avant, mais pas plus que des règles… ça a « travaillé », pas plus. Désolée pour toi 😐

  43. Ficelle dit :

    @Laurence, tu es la grande névrosée stressée que je connais (et que j’aime) ou une autre ?

  44. Ficelle dit :

    @, sur ce sujet épineux, je ne me suis pas faite de religion. Moi je suis du genre a en parler tout de suite, mais effectivement devoir faire un mail collectif en disant « bon ben le bébé, ce sera pour le prochain coup », ça n’a pas été marrant. En revanche, depuis que j’ai fait cette FC, j’en parle très librement, quitte à mettre des gens mal à l’aise sans le vouloir, qui ont l’impression que je leur confie un truc top sensible alors qu’il n’en est rien… Je ne sais pas comment je ferai la prochaine fois.

  45. Ficelle dit :

    @Peche Gingembre, je comprends complètement cette idée de saignement, de passage. C’est pour moi un peu la même démarche (en version courte) que d’accoucher sans péridurale 😉

  46. SophieSF dit :

    Bon, du coup j’arrive avec plusieurs trains de retard! J’ai l’alibi de mon comm qui ne passait pas, mais bon:s
    Donc: + 1000 pour la « leçon de patience », on n’en a pas assez à mon sens, pour un événement qui fait pourtant partie de la vie d’un très grand pourcentage de femmes.
    Ficelle, je te souhaite une vraie convalescence après ta fausse-couche, pour t’aider à récupérer complètement. Pour ça aussi, on n’a pas assez de patience, je trouve 🙂

  47. Archimi dit :

    Bonjour,
    Je vous remercie beaucoup pour ce post.
    Je viens de vivre une fausse couche, c’était ma première grossesse, une vraie épreuve…
    J’ai senti que quelque chose ne se passait pas bien (arrêt soudain des symptômes et ma capacité à me projeter en tant que mère qui s’est envolée du jour au lendemain, probablement dû à la chute du taux d’hormones). Alors quand j’ai commencé à avoir de légers saignements 2 semaines plus tard, à 9 SA, j’ai su que c’était terminé. Ici en Belgique (où je suis installée de puis peu) la politique semble beaucoup moins interventionniste qu’en France. La gynéco des urgences, après une écho peu optimiste, m’a dit de rentrer chez moi et de revenir dans une semaine pour une écho de contrôle. Elle m’a expliqué que les saignements allaient surement s’amplifier et que je ne devais retourner aux urgences que si je faisais une hémorragie ou que j’avais de la fièvre. Elle m’a aussi dit que le curetage était un ultime recours. Tout est parti naturellement 2 jours plus tard et je suis vraiment contente d’avoir pu compter sur mon corps pour me sortir toute seule de cet épisode.
    Lors de cette première grossesse, j’ai été très anxieuse et je n’avais qu’une envie, m’acheter un doppler pour écouter le coeur de mon bébé. Aujourd’hui avec du recul, je sais que pour une prochaine grossesse, non seulement, je ne m’achèterai pas de doppler mais je ne ferai pas d’écho avant celle obligatoire des 3 mois. Si mon bébé arrête de vivre dans mon ventre, je ne pourrais rien faire pour l’éviter, alors pourquoi m’angoisser et faire des tas des examens pour savoir s’il va bien? Bref paradoxalement, je pense que je serai plus sereine pour ma prochaine grossesse car je sais que je suis impuissante pour sauver mon bébé et si son coeur s’arrête, je n’ai pas besoin de le savoir, je sais maintenant que je peux faire confiance à mon corps pour faire le nécessaire.
    Merci donc encore pour votre article car je vous rejoins totalement sur la confiance que nous devons retrouver en « la capacité de la machine humaine à traiter seule ce genre de situations « normales » « 

  48. Vervaine dit :

    @Koa, troublant car ce n’est pas du tout la même chose dans la tête -enfin je crois-, mais la même solution. Mais j’ai bien dit que « médicalement, cela se comprend ».
    Après, chaque femme, chaque couple voit les choses différemment. C’est « amusant » car en fait, en écrivant, moi je pensais surtout au malheur de l’IVG, même choisi, il reste une décision difficile.

    Donc en fait, je ne sais pas si c’est troublant, mais voilà, je faisais le rapprochement entre ces deux moments douloureux qui peuvent arriver dans la vie d’un femme, gérés avec la même solution médicale et qui semblent bien mal gérés humainement.

  49. Vervaine dit :

    Il semble que le sujet soit d’actualité en ce moment sur les blogs! Mauvais Père, Mère Bordel… Et c’est tant mieux car on n’en parle pas assez!
    Et voilà un post plus vieux mais tout aussi poignant, en image:
    http://jeveux1bebe.com/WordPress/fausse-couche/
    et d’autres de ses billets qui en parlent très bien.