Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


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Pourquoi accoucher sans péridurale ?

Par  • Le 18 juin 2012 à 5:30 • Catégorie : Faire un bébé, Naissance

 Malheureusement pour le reste de ma vie, j’adore Twitter. Je trouve ça génial pour découvrir plein de trucs, et pour discuter avec des gens d’horizons variés. Le problème, c’est qu’en 140 caractères c’est parfois un peu juste pour développer une argumentation. Ainsi, l’autre jour je me suis vite trouvée limitée pour expliquer à @Cathyciel ce qui pouvait pousser une femme apparemment saine d’esprit à souhaiter volontairement accoucher sans péridurale. Et puis après mon récit de la naissance de Pouss2 qui a convaincu environ 150% des lecteurs de l’inanité d’un tel projet, je me suis dit que je devais au Grand Equilibre de l’Internet Mondial de remettre un peu les choses à plat sur ce sujet.

En préalable, je veux dire que je ne suis absolument pas contre la péridurale en général, qui est une avancée médicale majeure ; j’ai moi-même beaucoup apprécié d’en bénéficier pour mon premier accouchement. Par ailleurs, je pense que personne n’a à justifier de son choix de la prendre ou de ne pas la prendre : personne n’a à justifier les choix qu’elle a pu faire (ou pas) pendant son accouchement. Le but de ce billet n’est pas non plus de faire un classement des bonnes et des mauvaises naissances ; je suis convaincue que c’est à chacune de trouver ce qui est une bonne naissance pour elle-même, en fonction de ses attentes, de ses peurs, de sa santé et de celle de son bébé, des possibilités qui lui sont accessibles, et que sais-je encore. Je vais donc simplement essayer de faire une petite liste des raisons qui peuvent pousser à ne pas prendre la péridurale, encore une fois non pour convaincre la terre entière d’y renoncer mais pour essayer de donner une vision plus équilibrée que « vous voulez avoir mal ou pas ? ». Cette liste est un peu à la Prévert, mais je ne pense pas qu’il soit utile de hiérarchiser les différents points qui me semblent par nature éminemment subjectifs. N’hésitez pas à témoigner en commentaire sur ce qui vous a poussée à vouloir éviter la péridurale.

  • Peur des aiguilles : la péridurale c’est deux piqûres (anesthésie locale puis pose du cathéter), dont une avec à peu près la plus grande aiguille de l’arsenal médical (si on vous propose de la voir réfléchissez-y à deux fois !). Et cela implique d’avoir une perfusion posée. Donc si on est phobique de la piqûre, on y réfléchit à deux fois.
  • Peur des complications directes de la péridurale : même si c’est le pain quotidien de l’anesthésiste en maternité, c’est un geste qui peut avoir de rares conséquences gravissimes (genre mort ou paralysie) et d’autres un peu plus fréquentes et moins graves (chutes de tension, nausées, fièvre…). Pour certaines femmes ces risques même très improbables sont inacceptables. Voir par exemple ce document de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation pour plus de détails (même s’il date un peu).
  • Mauvaise expérience : pour certaines femmes dont ce n’est pas le premier enfant, une péridurale lors d’un premier accouchement a pu être mal vécue, que ce soit sur le moment (inefficace, tremblements, chute de tension, latéralisation, etc) ou après (brèche dans la dure mère…). Sans compter les aspects plus psychologiques (impression de ne plus être actrice, d’être déconnectée de son bébé, dépendance accrue au personnel médical ou aux machines -pour uriner notamment, etc) ou l’incrimination de la péridurale comme ayant déclenché des interventions mal acceptées (forceps, épisiotomie…), mais nous allons revenir sur ces deux points plus en détail. Tout ceci peut aussi être vécu par procuration, dans le sens où c’est une mauvaise expérience vécue par une (ou plusieurs) autre(s) femme(s), plus ou moins proche(s) de la parturiente, qui oriente le choix de celle-ci.
  • Crainte que la péridurale n’affecte le déroulement de l’accouchement : ce n’est pas une vue de l’esprit mais la conclusion de la revue Cochrane publiée par Anim-Somuah et al en 2011 sur l’analgésie péridurale pendant l’accouchement dont vous pouvez lire le résumé, en français et en anglais, grâce à un simple clic (et si vous êtes tenté par les 120 pages du texte, @EmmanuellePh a dégoté une copie ici). Pour ceux qui ne connaissent pas, la collaboration Cochrane est une organisation à but non lucratif dont la mission est de réaliser des analyses aussi exhaustives que possible de la littérature médicale pour évaluer les meilleures pratiques. A partir des données de 38 études qui ont été réanalysées pour l’occasion, cette méta-analyse conclut qu’en moyenne, la péridurale allonge la durée de la 2ème phase de l’accouchement (entre la fin de la dilatation du col et la sortie du bébé) et augmente le risque de l’administration d’ocytocine de synthèse (dont il a récemment été montré qu’à son tour elle augmente le risque d’hémorragie du post partum). Elle est aussi associée à un risque accru d’extraction instrumentale (comme les forceps) et de césarienne pour souffrance foetale (pour les césariennes en général il y a également une tendance mais non significative). De façon plus intuitive, certains pensent que la douleur pousse la femme à prendre la position qui sera la plus favorable à la progression du bébé (en étant la moins douloureuse).
  • Crainte que la péridurale n’affecte l’allaitement et/ou l’établissement du lien mère-bébé : cet aspect est plus délicat car loin de faire l’unanimité dans la littérature scientifique. On manque d’études comparant l’accouchement avec un minimum d’interventions et l’accouchement plus médicalisé (avec péridurale notamment) : ainsi la méta-analyse d’Anim-Somuah et al comporte surtout des études où on a comparé la péridurale à d’autres formes d’analgésie plutôt qu’à un accouchement peu médicalisé. Ainsi, on voit souvent citée une étude selon laquelle les brebis accouchant sous péridurale ne s’occuperaient pas de leur petit. Moyennant un peu de spéléologie googueulienne, j’en ai trouvé au moins le résumé, qui est nettement plus nuancé que cette conclusion sans appel (cela dépend du timing de la péridurale et de la parité de la brebis : première naissance ou pas, et ça n’est pas forcément irréversible). On sait que la péridurale peut affecter les processus hormonaux pendant l’accouchement, et notamment la sécrétion d’ocytocine (voir par exemple Rahm et al 2002), mais l’importance de ces processus dans l’établissement du lien mère-enfant chez l’humain reste controversée. De même, la réalité d’effets directs sur l’allaitement ne fait pas l’objet d’un consensus (voir par exemple Gizzo et al 2012 ou Dozier et al 2012).
  • Raisons religieuses ou spirituelles : nous avons tous en tête le fameux « tu enfanteras dans la douleur » biblique ; outre certains extrémismes religieux ou sectaires qui refusent par principe certains gestes médicaux, il peut aussi y avoir une vue du corps féminin et/ou du processus d’enfantement comme sacrés et ne devant pas faire l’objet d’interférence. Pour d’autres il peut y avoir une volonté de connexion à sa part animale, à ses instincts profonds.
  • Volonté de garder la maîtrise : évidemment la maîtrise d’un accouchement est un concept bien illusoire, mais certaines femmes ne veulent pas déléguer l’événement et pouvoir décider à leur guise de marcher, manger, boire, uriner ou bouger. La péridurale entraîne des restrictions plus ou moins fortes, d’une part car elle peut inhiber certaines fonctions (difficultés pour bouger ou uriner) et d’autre part car elle entraîne une surveillance plus rapprochée (monitoring, tension) qui entrave les possibilités de bouger. L’interdiction de boire et manger ne semble pas forcément justifiée au vu des dernières études (Singata et al 2012,  Sleutel & Golden 1999).
  • L’accouchement vu comme un accomplissement : pour certaines femmes, la sensation de puissance, de réussite à la suite d’un accouchement n’ayant pas nécessité d’intervention compense largement la douleur ressentie. Ce besoin de se dépasser, de transcender ses capacités physiques, est souvent comparé à un défi sportif, comme un marathon ou la conquête d’un sommet.
  • Douleur supportable : ce n’est pas moi qui témoignerai sur ce point (hélas ! ) mais il y a des femmes qui ne ressentent simplement pas le besoin de l’anesthésie pendant leur accouchement. Il est dommage que dans certains cas on leur suggère avec insistance de la prendre quand même, au cas où elles auraient mal plus tard…
A une femme enceinte qui se pose bien légitimement la question, je dirais qu’il faut envisager la possibilité de ne pas avoir la péridurale lors de l’accouchement et s’y préparer. Cela peut être volontairement, suite à une contre-indication (permanente -genre tatouage mal placé- ou temporaire -fièvre au moment de l’accouchement par exemple) ou à cause d’un problème d’organisation (anesthésiste pas disponible au bon moment, accouchement rapide…). En outre, il arrive que la péridurale marche mal ou pas du tout, cela peut généralement être résolu mais pas toujours dans les délais de l’accouchement. C’est d’ailleurs souvent une souffrance bien supérieure à celle d’un accouchement volontairement sans péridurale. Par ailleurs l’omniprésence de la péridurale dans certaines maternités (parfois plus de 90% des naissances) fait que ni les lieux ni le personnel ne sont prévus pour accompagner au mieux un accouchement sans péridurale : imposer les mêmes protocoles (perfusion, monitoring continu etc) à une femme qui n’a pas de péridurale accroît souvent sa souffrance.
Enfin, je ne peux pas finir ce billet sans évoquer ce que je perçois comme une dérive de notre système de santé, à savoir l’utilisation généralisée de la péridurale pour pallier le manque de personnel et en particulier de sages-femmes dans les maternités. Ainsi, la sage-femme de garde doit s’occuper de plusieurs parturientes en même temps et n’a généralement pas les moyens d’apporter le soutien et la surveillance que demande une femme qui n’a pas d’anesthésie. Cela entraîne un cercle vicieux avec les jeunes sages-femmes qui voient peu ou pas d’accouchement physiologique et n’apprennent pas cet art particulier. Or comme on l’a vu, en moyenne la péridurale apporte un certain nombre de complications. Une amélioration des résultats français en termes de périnatalité pourrait passer d’une part par l’amélioration des techniques de péridurale pour en diminuer les effets indésirables et d’autre part par envisager que tous les accouchements n’ont pas vocation à avoir lieu sous anesthésie. Encore une fois, cette simple demande s’impose : une femme, une sage-femme !  
Minute autopub Me, myself and I : j’avais parlé de péridurale il y a quelque temps (2008 !), vous pouvez y jeter un oeil à partir du premier billet ici. Et sur un tout autre sujet, si vous l’aviez raté, j’ai publié il y a quelque temps un article invité chez Ça fait genre ! sur le sexisme des dessins animés.

 Image : Le fermier : « Mais de quoi parles-tu ? Ponds tes oeufs ! »  La poule : « Non ! Je veux une péridurale »


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217 Commentaires »

  1. Bonjour à vous toutes.

    Je tombe sur cet article un peu par hasard, mais comme c’est agréable de vous lire toutes !

    J’ai en effet accouché de mon premier enfant sans péridurale, et je ne comprends pas un certain nombre de comportements et réactions…

    J’avais préparé cet accouchement, que je désirais AVEC péridurale. Tout en sachant que, dans certains cas, elle n’était pas possible. Et, en effet, arrivée à 5h à la maternité avec un travail proche du néant, et zéro contraction malgré la perte des eaux, les contractions sont apparues à 7h30, et tout s’est enclenché très vite, personne n’a suivi derrière car les SF étaient toutes occupées, et les aide-soignantes pensaient que je faisais ma douillette. Au final, 4h après ma SF est arrivée pour me dire que mon fils sortait tout seul, j’ai alors dû réunir mes forces et me concentrer pour un accouchement que je n’avais pas imaginé comme ça…et qui fut, vraiment, merveilleux.
    La douleur des contractions, sans doute grâce à leur durée limitée, m’a semblée très supportable en respirant et me concentrant, et je n’ai pas souffert durant l’expulsion. J’ai vécu un moment magique, avec aucune complication, pas de forceps ou ventouse, pas d’épisio…

    Mon mari est très fier de moi, le personnel était à la fois admiratif et étonné de ce scénario, mais autour de moi, les réactions sont plutôt « tu as eu de la chance » … Les femmes qui m’entourent et ont accouché sans péri, dans la douleur, car la péri n’existait pas, ne m’ont en particulier jamais félicitée ou reconnu que j’avais vécu quelque chose de dur et été courageuse. J’ai souvent eu l’impression de les agacer, sous prétexte que je ne rentrais pas dans le cadre du récit d’accouchement long, douloureux…sans péri.
    Lorsque je dis que je ne veux pas de péri pour mon BB2, on me dit « tu verras bien », « tu auras pas cette chance deux fois », « on en reparlera »…et j’ai l’impression que si mon accouchement se passait mal, ou que je finissais pas la prendre, ça leur ferait plaisir !

    Même mon mari me dit souvent « oui tu as été courageuse et accouché sans, mais au final, c’est que tu as été obligée, à la base tu la voulais »…oui, et ???

    Une amie veut accoucher sans péri et elle fait face à des remarques du style « t’es folle ? », « on est plus au Moyen-Age »…je trouve ça fou. Surtout dans une société où l’on prône de plus en plus les bienfaits de l’allaitement maternel, mais à côté de ça, on se choque qu’une femme veuille tenter un accouchement sans péri…

    Voilà, c’était pour moi l’occasion de partager mon « petit » coup de gueule 🙂

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    elogioNo Gravatar a répondu :

    @Sonia, tout à fait d’accord avec toi. Pour mon premier accouchement, j’ai pris la péridurale car très mal préparée à la douleur et au véritable sens qu’il faut lui donner dans le cadre de la naissance de son enfant. 3 ans et demi plus tard, je m’apprête à donner la vie de nouveau et je souhaite réellement le faire sans péridurale et m’y prépare depuis plusieurs semaines avec une sage femme et une technique différentes de la première fois. J’ai eu le droit à deux réflexions de la part de mon mari et de ma chère belle-mère (que j’apprécie beaucoup mais là mas cool de sa part..) en premier mon mari me dit : t’as pas réussi la première fois. Pourquoi alors vouloir insister? Sous entendu de sa part « tu n’y arriveras pas! » et de finir en disant que c’est nul de souffrir quand on peut l’éviter, qu’on nest plus au moyen âge.. Et ma belle mère me dit quand je lui parle pour la première fois de mon souhait ( en pensant simplement vouloir partager avec elle un souhait fort pour moi dans ma vie de femme et de maman mais visiblement elle n’a pas compris que j’attendais d’elle plus un soutien qu’un découragement..) elle me dit que c’est dur et insupportable pour un homme de voir sa femme souffrir sans pouvoir rien y faire. Un peu déconcertée, je lui réponds que son fils était libre de sortir de la pièce si à un moment donné je ne serai plus moi même, que je n’attends rien de lui le jour J de plus que sa présence (même dans le couloir quelques minutes) et puis que de toute façon je me préparais à accoucher sans péridurale en bon uniforme, avec les techniques de respiration apprise, l’entrée dans sa bulle, les différentes positions et postures.. Et là elle me dit: si le personnel veut que tu sois allongée, tu n’auras pas le choix. Je lui dit non ils n’ont pas le droit de t’imposer sauf si c’est pour ma santé et celle de l’enfant et elle termine la conversation en me disant  » c’est ce que tu crois! »
    ok merci belle maman pour le soutien.. Et bizarrement, quelques jours plus tard, alors que je tente de préparer mon mari à mon souhait d’un accouchement sans péri en lui expliquant ce que j’apprends, ce que je lis, comment les choses vont plus ou moins se déroulées, comment je peux me comporter.. Il le dit  » tu penses qu’à toi ».. Je lui dit « en quoi je pense qu’à moi?  » « je sens que ca va être un enfer, que tu vas être horrible.. » mais pourquoi tu dis ça? En gros faut que je prenne la péridurale pour pas gêner ton petit confort?? Ca sent la belle mère! Je lui dis que c’est moi qui accouche, j’ai envie de le vivre pleinement alors si je me sens assez forte, je le ferai sans péridurale.
    fin bref.. Ca va un peu mieux aujourd’hui, je sais qu’au fil d’autres discussions, il comprend mon souhait et le respecte, après est ce qu’il me fait réellement confiance, j’en doute encore un peu et sincèrement la seule chose dont j’ai besoin de lui pour le jour J c’est qu’il me dise qu’il a confiance en moi, qu’il sait que je peux y arriver. Mais vu la contamination de ma belle mère je ne lui tiens pas à 100% rigueur. Pas facile quand l’entourage tient des propos complètement subjectifs, hors temps parfois, hors contexte voire carrément injustifiés. Mais je sais ce que je veux, qu’en déplaise à certains.. C’est ma vie, mon accouchement, mes enfants.

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    MartisaneNo Gravatar a répondu :

    @elogio, Comme je te comprends, et comme je trouve honteux que les autres « s’accaparent » ton histoire, t’interdisent en quelque sorte de vivre ce que tu veux vivre.
    Perso pour mon premier né par déclenchement à J+6, pas le choix, même si j’aurais aimé l’éviter à la base, péri car douleurs insupportables, vomissements etc.
    Pour la deuxième… pas reconnu les contractions! C’était tellement différent des contractions senties pendant la grossesse, et pendant le premier accouchement, qu’il ne m’est pas venu à l’idée que c’était ça! Je pensais à une grosse gastro… du coup je passais mon temps aux toilettes, et alors que je tirais sur le T shirt de mon mari en hurlant que je n’en pouvais plus… plouf! je perds les eaux, et je sens la tête du bébé… « elle arrive! » je hurle, inquiète, comprenant enfin ce qui se passe. Résultat, 2 minutes après même pas le temps de me coucher sur le canapé, j’accouche debout dans le salon, et mon mari recueille le BB… Et appelle les pompiers.
    Ce que je veux surtout dire en réponse à Elogio, c’est la réaction du personnel soignant quand j’arrive à la mater: chaque fois qu’une nouvelle personne entrait dans ma chambre, c’était le regard bizarre, et les commentaires doutant de ma sincérité quand je disais que non, ce n’était pas volontaire cet accouchement à la maison, que je n’avais pas reconnu les contractions, et clairement on ne me croyait pas… Et rentrée à la maison, pareil avec beaucoup de gens autour de moi. Je me sentais obligée de tout raconter en détail pour me justifier et prouver que c’était vraiment pas prévu! Peut-être que je me sentais aussi obligée de prouver que je n’avais pas eu l’intention d’accoucher volontairement à la maison, parce que c’est mal vu, comme une prise de risque excessive.
    J’ai l’impression que tout ce qui touche l’accouchement dès que c’est hors clous, ça passe pas. Franchement c’est insupportable, comme tu dis, on attend du soutien, de l’écoute, de l’empathie, mais visiblement si on ne tombe pas sur une femme qui a les mêmes idées/objectifs/désirs/façon de voir les choses, ça marche pas.
    Et c’est tellement important pour la suite! pour ta relation à l’enfant! je sais que mon premier accouchement avec déclenchement et péri, ça abouti aujourd’hui à une relation très difficile avec mon garçon, alors que le deuxième, sans péri et « nature », on va dire « réussi » selon notre prisme idéal de l’accouchement, abouti avec une relation super avec ma fille d’un an maintenant. Hasard?
    Je souhaite donc vraiment t’encourager, et j’espère que ton mari fera la part des choses entre sa mère et toi.
    je te souhaite un bon et bel accouchement.

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  2. […] Depuis quelques années, de plus en plus de femmes expriment leur désir d’accoucher sans péridurale. Parmi les arguments avancés, et ils sont extrêmement divers : la volonté d’être active durant l’accouchement (rester maître de ses mouvements, pouvoir marcher pendant le travail, changer de position, contrôler ses poussées…) la crainte d’une surmédicalisation d’un événement de la vie qui n’est pas une maladie (monitoring, sonde urinaire, cathéter d’intraveineuse, recours plus fréquent aux injections d’ocytocine, aux ventouses ou forceps, à l’épisiotomie…), le désir de vivre un accouchement le plus naturel possible (liberté de choisir sa position, ressentir ce que toutes les femmes ont toujours vécues depuis des millénaires…). [Pour d'autres raisons, on peut aussi aller lire l'article de la Poule Pondeuse sur le sujet]. […]

  3. Bonjour à tous,
    Et merci pour tous ces témoignages, qui reflètent bien que chaque accouchement est différent, qu’on l’ai voulu de telle façon ou non!
    A 6 mois de grossesse (première), je suis plutôt pour un accouchement sans péri ms revenant en France (Toulouse) peu de temps avant l’accouchement et les seules places restantes étant ds une clinique très médicalisée, j’aimerais au minimum faire de la préparation ds ce sens-là pr le papa et moi et au mieux avoir un être de lumière/sage-femme/ doula le Jour J.Je me rends compte que je suis plus stressée par le fait qu’on m’empêche d’accoucher le + naturellement possible que par la douleur…! J’essaie de rester ouverte et me dire que l’essentiel est que tt aille bien pr le bébé (et moi).
    Des conseils pr qqun de magique ds la région de Toulouse? Je donne mon adresse email ac plaisir si vs ne préférez par nommer de gens sur le site. Merci!

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  4. Je viens faire un petit tour par ici mais ne sait pas trop où poster donc je lance ma bouteille, espérant que la Poule et ses lectrices avisées la trouveront (si elles n’ont pas eu l’info par ailleurs). Car je voudrais parler pas exactement de « avec ou sans péri » mais plutot de la liberté de choix du lieu d’accouchement. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des accouchements se font en maternité de taille plus ou moins grosse. Cela dit, des mamans – de plus en plus nombreuses et pour diverses raisons – aimeraient pouvoir accoucher chez elles (parfois à défaut de maison de naissance ou de plateau technique accessible à leur sage-femme en suivi global). Jusqu’à aujourd’hui, accoucher chez soi était possible mais rare car les sage-femmes libérales accompagnant les AAD sont très peu nombreuses, en grande partie parce que en France, il y a de tenaces oppositions à cette pratique. Je poste ce message ici et maintenant non pas pour refaire un inventaire des arguments pour ou contre l’AAD mais pour faire savoir que cette possibilité de se faire accompagner par une SF chez soi risque bien de complètement disparaitre avant le fin 2013 suite à une lettre ambigue du Conseil de l’Ordre des sage-femmes. Moi, je trouve que toute maman doit avoir le choix et que si son choix, c’est de donner la vie chez elle, elle doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement professionnel adapté et serein. Je trouve aussi que les SF qui choisissent d’accompagner les AAD doivent avoir la reconnaissance et le confort de travail qu’elles méritent. Pour info, il y a une pétition qui tourne sur Change.org, des blogs qui en parlent.

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  5. Mon témoignage (si je peux me le permettre ici).
    Il y a presque 3 ans, j’ai donné naissance à ma fille, sous péridurale. La sage-femme présente a tout de suite compris ma démarche: je n’étais pas opposée à l’anesthésie; au contraire, je souhaitais essayer faire sans, tout en me réservant cette solution de secours au cas où j’en ressentirai le besoin. Elle a tout de suite compris que je connaissais mon corps et m’a d’emblée rassuré: je pouvais me faire confiance et si quoi que ce soit arrivait, elle était là, et une équipe médicale aussi. J’avais choisi ce CHU parce qu’il avait cette bonne réputation d’écouter les parturientes (et d’avoir un faible taux de péridurale et d’épisiotomie).

    C’est finalement la fatigue (contractions toutes les 5 minutes pendant +de 48h -donc 2 nuits quasi-blanches), et (ce qui n’avait pas été du tout prévu à la dernière échographie) le poids de ma fille (4kg200, 53 cm… alors que j’ai le gabarit d’une crevette et suis une ancienne sportive semi-pro (dc périné TRES musclé)) qui m’a fait la demander. Ma demande a été vraiment bien accompagnée par la sage-femme et la pose de la péridurale s’est à peu près bien passée: j’ai pu dormir deux heures, et l’expulsion a été un moment difficile, et formidable en même temps. Je peux le dire: j’ai adoré cet accouchement (oui, malgré la grosse déchirure interne et la « petite » épisio …).

    Cependant, à la réflexion, je crois que j’ai eu besoin de la péridurale à cause de l’interdiction de manger en salle de travail (j’y étais depuis plus de 12h), je me suis sentie incroyablement faible: incapable de tenir debout et incapable de supporter les douleurs en relâchant mes jambes (même en faisant des mouvements sur un ballon). J’ai eu ce besoin viscéral de m’allonger, de me « poser » quelques minutes/heures, alors que les contractions (ou du moins la manière que j’avais jusqu’à présent de les accompagner) m’imposaient le mouvement. J’ai encore du mal à interpréter cet accouchement (et je regrette ne pas avoir pu discuté après-coup avec la sage-femme qui m’a aidé à accoucher), et je suis partagée:

    – la péridurale m’a peut-être évité quelque chose de quasi-traumatique (compte tenu du poids de mon bébé, de mon gabarit et de mes antécédents de sportive)? J’ai ressenti, de manière si forte, le besoin de « faire une pause », ce qui a été possible grâce à la péridurale. Et mon accouchement s’est bien passé: j’en garde un bon souvenir, incroyablement intense, compliqué et heureux. Mon corps m’a envoyé un signal fort et j’ai pu l’écouter.

    – Mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que si j’avais pu manger pendant le travail (si long, dans mon cas), j’aurai peut-être été plus vaillante. Mais peut-être n’aurais-je tenu que quelques minutes/heures de plus? Et quel a été le rôle de la péridurale sur ma déchirure et sur l’épisio?

    Je sais bien que refaire le film avec des « et si » est souvent stérile. Mais pour la première fois de ma vie, je me suis trouvée face à face avec mes limites, physiques et mentales. Et j’ai du avoir recours à une aide extérieure. Quelque part, dans cet accouchement, il ne s’agissait pas que de moi: il y avait aussi (et surtout?) ma fille. Nous étions deux et il nous a fallu une médiation. Cela a été mon premier acte de mère: j’ai demandé de l’aide pour que les choses se passent bien. Je le vis bien, je manque d’information (toujours ce regret de ne pas avoir pu parler à la sage-femme après la naissance), mais j’ai réussi à reconstruire un récit à peu près sensé de cet accouchement.

    Une chose est sure, pour le prochain accouchement, je mange un plat de pâte dès que je commence à sentir que la naissance approche (c’est une… demi-blague 🙄 ).

    C’est peut-être complètement banal et cul-cul, mais mon expérience m’a convaincue de l’importance d’avoir le choix. J’ai eu la chance d’avoir été assistée par quelqu’un qui m’a écouté et m’a rassuré; quelqu’un qui a compris ma situation et l’a accompagnée avec les mots que j’avais besoin d’entendre.

    Mon idée, c’est que je ne connaissais pas assez de choses sur l’accouchement. Mais aussi que je ne pourrai jamais tout connaître. Et pour tout avouer, en tant que non-professionnelle, j’aime assez l’idée que l’accouchement soit un moment mystérieux et (pour moi) quasi incontrôlable. En tout cas, je suis prête à militer pour le droit d’avoir le choix, et surtout, pour le droit d’être écoutée. Moi j’accepte de ne pas tout maîtriser, mais avoir à ses côtés quelqu’un qui propose un ensemble de solutions et stratégies, cela me parait être le minimum à offrir aux femmes.

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  6. Pour ma part, j’ai accouhé à l’étranger dans un établissement de référence pour l’accouchement naturel. Je ne sais pas pourquoi, on n’avait pas le droit non plus de manger pendant le travail à part du chocolat et du sucre de raisin!! Pourquoi ces deux aliments? Je n’avais pas poser la question à l’époque. C’est vrai que rester 24h ingurter aucun élément, c’est un peu inhumain de la part de la maternité Ada, je ne sais pas comment tu peux tenir avec tous les efforts que tu fais!!
    POur revenir sur la péridurale, on nous avait expliqué pendant les réunions de préparation à ‘accouchement que la péridurale endormait les réflexes de la maman et du bébé. C’est la raison pour laquelle, il ne laissait que peu de temps le bébé à la mère après l’acocuchement (au lieux de 2 heures pour les mamans qui n’avaient pas eu de péridurale) et que le bébé arrivait moins bien à téter, était plus agité. Il ne réservait la péridurale qu’aux situations où médicalement elle s’imposait où aux cas où les mamans devenaient trop faitugées ou paniquées. Bref, dans cette maternité l’accouchement sans péridurale était enouragé mais un anesthésiste était quand même là en permanence au cas où l’acte devenait nécessaire. Comme je l’ai expliqué dans mon témoignage précédent, j’ai accouché sans péridurale car mon bébé est venu en heure de temps à peine je suis rentrée à la maternité. Mais ça m’a beaucoup rassurée de savoir que dans cette mternité tout acte médical était décidé avec modération.

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    MartisaneNo Gravatar a répondu :

    @Claire, Partie sur l’idée que je voulais éviter la péri, j’avais quand même dit que je n’étais pas contre « si besoin ». En fait, avec un déclenchement, « y’a eu besoin »! Etrangement c’est moi qui l’ai réclamée, et c’était un peu tard, pas question col, mais question douleur. Je me demande pourquoi on ne me l’a pas proposée plus tôt, vu qu’un déclenchement à mon avis, c’est quasi systématiquement une péri dans la foulée (des avis ou témoignages sur la question?). Je suis bien tombée, car elle était bien dosée, j’ai eu assez mal mais supportable, et j’ai tout senti passer… Ce qui me fait répondre à Claire, c’est que malgré la péri, on m’a laissé avec le bébé très vite, pendant les 2h réglementaires.
    Pour la deuxième naissance, je n’ai pas reconnu les contractions… ça s’est passé en moins de 3 heures et tout à la maison (sauf le placenta qui a fini de sortir dans le camion des pompiers!) donc la question de la péri ne s’est pas posée, mais la question de l’AAD sans filet (=sans SF…), oui. De toute façon en rase campagne, à 1/2 h minimum du premier hôpital… on ne doit pas être dans les critères des assureurs, c’est sûr!

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    azizaNo Gravatar a répondu :

    @Martisane, Moi je suis contre la peri a mes 2 accouchemen je ne l’ai jamais demander et toujours autant d’étonnement chez les sage femme! ceci dit ma première je l’ai accoucher comme toi a la maison a 35 semaine un peu tot mais en super forme des pompier venu sans les medecin, donc impossible de me faire accoucher sur leur dire car il sont incompétent sur ce domaine, finalement j’avait accoucher sous leur yeux avec mon mari qui était la pour me soutenir et qui été trés ennerver de leur incométence, donc pa eu besoin de la péridurale comme quoi j’était capable a surmonter tous sa, mon deuxieme accouchement par déclenchement a l’hopitale a 37 semaines car perte des eaux et plus de contraction pourtant ouverte a 5 doigt, pose de la perfusion déclenchement par perf, sans péri et accouchement parfait aucune épisio au 2 accouchement !!voila je vouler partager mon experience finalement en peut supporter plus qu’on peut l’imaginer un peut de courage !!!!

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  7. Moi je souffre du vaginisme alors le moment de l’accouchement la péridurale est une solution génial

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  8. @Vervaine,
    Pareil, g eu 2 bb sans péri. Je vis en Allemagne et je suppose qu’ici, elle est prise en charge mais je voulais la naissance naturelle, à l’origine. Je me disais que je supporterai la douleur car je savais pourquoi elle était là. Pour BB n°1, en bonne primipare, je suis allée 3 fois à la clinique. La 1e fois parce que je devais juste faire une écho (terme dépassé d’une semaine) et qu’il n’y avait pas encore assez de contractions; la 2e fois on m’a renvoyée après m’avoir réexpliquer comment respirer pendant les contractions: la douleur était dû à un manque de détente pas à la puissance des contractions. On m’a dit « revenez dans quelques heures »…
    5h plus tard, après avoir mis 2h pour m’habiller par dessus le pyjama, en me mettant à 4 pattes toutes les 2 minutes pour faire passer une contraction, on m’a envoyé direct en salle d’accouchement. Là, j’aurais voulu la péri « trop tard » m’a-t-on dit. Et comme toi, après, même si ma tête se souvient de la douleur, mon corps l’a oublié sitôt que bébé était dans mes bras. Il n’y avait plus que de l’euphorie pure et simple (avant le baby blues, mais c’est une autre histoire)…
    Et pour BB n°2, arrivé en 5 minutes, n’en parlons pas 😉

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  9. @Petis Diables, tout à fait d’accord avec toi !!!
    Moi : accouchement provoqué par perfusion, anesthésie générale à la fin pour sortir placenta nécrosé, bébé lavé, aspiré désinfecté car méconium dans liquide amniotique et finalement sous oxygene en salle de reveil pdt 4h …… et pdt ce temps le bébé etait en couveuse. Tout c’est très bien passé (alors qu’on a rien fait de ce qu’il fallait pour mettre en route allaitement) et maintenant elle a plus de 2 ans et tête encore de temps en temps.

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  10. Coucou, je me permet de mettre mon petit témoignage. Etant une maman allaitant un enfant de 2 ans à présent, les débuts n’ont pas été simple ! Et pour cause ! Après qu’on m’ai quasiment forcée à prendre la péridurale à grand coup de « vous allez le regretter », « après il sera trop tard et vous n’arriverez pas à gérer la douleur »… Et après l’accouchement, ma fille était complètement sonnée (je précise que je n’ai pas eu de soucis particuliers pendant l’accouchement, pas d’épisio, rien de rien mis à part cette foutu péridurale. Les 3 jours qui ont suivi elle était véritable sonnée ! Je suis convaincue que c’est dû à la péridurale. Du coup, mes montées de lait ont été incroyablement fortes et douloureuses car elle ne se réveillait pas pour téter. Donc oui, pour moi cela a altéré mon début d’allaitement.

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  11. […] http://www.poule-pondeuse.fr/2012/06/18/pourquoi-accoucher-sans-peridurale/ […]

  12. Comme tu as raison
    enfin c’est ce que je pense, pour moi c’est aussi bb1, et je ne veux pas de péri non plus. Mais il ne faut jamais dire jamais, je pense que si on me la met ce sera vraiment pour raison médicale. Dans les risques l’anesthésiste m’a dit que lorsque on venait de faire l’injection, la maman se détendait tellement qu’elle ne contractait plus son ventre, du coup son bébé pouvait compresser la veine cave et la tension chuter à 6, puis malaise, vomissement…

    Alors moi déjà depuis un moment quand je suis sur le dos ma veine est comprimée, si ça m’arrive pendant l’accouchement est que je ne le sent pas, hors de question…

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