La journée des mères actives

 Comme je l’avais annoncé ici, j’ai assisté le 9 février à la première journée des mères actives, à la sympathique invitation de l’équipe de Maman travaille (dont je salue ici bien bas le travail magistral). Maman travaille, c’est un des premiers blogs que j’ai découverts, forcément intéressée par la problématique, même si je n’étais pas d’accord avec tout ce qui s’y disait (mais n’est-ce pas là la beauté d’internet que de pouvoir se frotter à des opinions et points de vue différents des nôtres ?), c’est maintenant un réseau et une association. Autour de la problématique des mères actives ont été abordés plus généralement l’articulation entre vie professionnelle et vie privée, la discrimination et bien d’autres questions qui nous touchent finalement tous. Selon mon engagement, j’en ai également fait un copieux Live tweet qui a noyé mes malheureux abonnés Twitter sous un flot d’extraits. Je dois dire que j’ai globalement été très impressionnée par la qualité des intervenants. A travers ce billet je vais essayer de vous donner plutôt une vision plus synthétique et forcément partielle de la journée, vraiment passionnante, sachant que l’équipe d’organisation fera sans doute une restitution plus exhaustive (tout a été filmé).

Un des leitmotivs de la journée pour moi : oser ! Oser se mettre en valeur, oser viser plus haut, oser demander un poste même si on ne se sent pas à 100% (120% ?) légitime pour le prendre… Comme l’a dit l’incroyable Aude de Thuin*, les femmes souffrent culturellement d’un manque de confiance en elles. Et en parallèle, ainsi que nous y incite Brigitte Grésy (une autre des stars du jour), les femmes doivent organiser leur incompétence parentale et ménagère, afin que les hommes prennent toute leur place dans la sphère familiale. Ceux-ci n’étaient d’ailleurs pas en reste (citons Till the Cat, père au foyer, et Mercredi C papa, une des rares associations d’hommes à s’intéresser à ces questions), et il ressort que les femmes d’aujourd’hui ne combattent plus contre les hommes mais AVEC eux (l’importance du bon choix du mari est d’ailleurs ressortie plusieurs fois comme un facteur clé de succès professionnel des femmes). On voit des effets positifs pour les hommes de s’impliquer dès les premiers jours auprès de leur bébé (cela augmenterait leur espérance de vie !) et également de promouvoir la parité en général ainsi que la flexibilité du temps de travail, ce qui augmente la performance mais également leur permet de passer sous le plancher de verre. Oui, car autour du plafond de verre c’est une vraie maison en fait, avec la métaphore déclinée à l’infini : plancher, murs, labyrinthe, et même escalators pour ces messieurs !

Il a été martelé tout au long de la journée que les valeurs, les compétences, les activités et les métiers que nous définissons comme féminins sont en réalité des stéréotypes culturels (si vous n’êtes pas convaincu lisez l’excellent livre de Brigitte Laloupe alias Olympe qui était là pour nous en parler), ce qui n’empêche que nous gagnerons tous à augmenter leur visibilité et leur attractivité : comme l’a souligné François Fatoux, délégué général de l’ORSE, si on cherche à attirer les femmes dans les métiers traditionnellement masculins (notamment en sciences) on ne fait pas la démarche inverse (combien d’hommes dans les métiers de la petite enfance ?). Il faut augmenter la visibilité des femmes au travail (et en particulier en situation de responsabilité) et celle des hommes au foyer, y compris dans la pub, mais aussi dans la presse, comme l’a rappelé Isabelle Germain.

Concrètement, je n’ai pas vraiment vu passer de solution révolutionnaire à tout cela. On a parlé modes de garde, avec le manque de places en crèche et la crèche d’entreprise qui n’est pas forcément la panacée (n’est-ce pas Mère Bordel ?), on a discuté congés parentaux/paternité/maternité : plus ? moins ? pour qui ? Ségolène Finet, s’appuyant sur son expérience aux Etats-Unis, a rappelé que le congé maternité se paie par une discrimination à l’emploi : si on ne veut pas de cette discrimination il faut un congé pour les deux parents ou un congé pour personne (ce qui est le cas aux US). On a également eu plusieurs intervenants pour rappeler qu’on ne peut pas être hyper performant sur tous les plans à tous les moments, avec l’idée de respecter les différents temps de la vie. Le congé parental (à temps partiel ou complet) est montré comme une respiration, voire comme un MBA où on apprendrait de nouvelles compétences ! Le télétravail est plébiscité, même si ses inconvénients ne sont pas occultés (incompatible avec la garde d’un enfant et source d’une trop grande porosité entre vie pro et vie privée). L’entrepreneuriat, s’il a le vent en poupe, n’est pas forcément la panacée, notamment avec des enfants en bas âge. Le temps partiel, et notamment le 80%, a été très critiqué (en gros même travail à faire en moins de temps et payé moins, incompatible avec l’ascension hiérarchique). Il semble pourtant mieux fonctionner voir être prisé par les hommes dans d’autres pays comme la Suisse. On n’a pas trop parlé de travail qu’on puisse faire AVEC les enfants (allez donc voir chez Alisabel pour quelques idées, comme toujours décoiffantes, sur ce sujet).

Mais peut-on vraiment avoir des solutions uniques pour tous ? La journée était très axée sur des problématiques de cadres supérieurs, de bobos. Aurélie Gastineau a rappelé que beaucoup de femmes ont un salaire quasi équivalent au coût de leur travail (garde de l’enfant, transport etc), ce qui dans un contexte économique tendu rend l’emploi salarié peu attractif. Attention aussi aux solutions à première vue cosmétiques, comme le jeudi des pères, qui une fois par mois (!! à terme par semaine) partiraient à 18 h, ou ce père qui expliquait tout fier avoir raté une réunion importante pour aller au conseil de classe. Les solutions ne sont pas les mêmes si on a un travail « de présence » (notamment en relation directe et physique avec le public ou le client : caissier, infirmier, commerçant…) ou « de dossier » (comme beaucoup de cadres) : l’un sera plus propice au temps partiel et l’autre au télétravail par exemple. De même, on a peu abordé les professions libérales, le public, les PME et TPE, les familles recomposées, homoparentales et bien d’autres cas, même s’il a été souligné que l’entreprise avait intérêt à étudier individuellement les besoins de chaque salarié. J’ai beaucoup aimé cette proposition de Laurence Cocandeau-Bellanger : il n’y a pas d’Idéal avec un grand I, il faut trouver son idéal à soi.

Enfin la journée a commencé et terminé autour de deux One woman shows, très complémentaires et également hilarants : le matin un extrait de Je suis top de Blandine Métayer, et l’après-midi Olivia Moore et son mythique « Bref, je suis une mère active ». J’avoue que ça m’a tellement donné envie que je serais tentée de proposer deux petites sorties aux poulettes parisiennes que ça tente : faites signe en commentaire.

En bref une belle journée, très inspirante et motivante, avec en prime la joie de rencontrer ou de revoir un certain nombre de chouettes personnes (elles se reconnaîtront) : un grand merci à Maman travaille !

*J’ai eu un véritable coup de coeur pour cette femme. Fondatrice du Women’s forum, avec un CV boulimique et une classe admirable, elle réussit en parallèle à rester vraie, sincère, émouvante, bref l’alliance parfaite du yin et du yang.

110 Responses to “La journée des mères actives”

  1. @Jouls, moi je pense que c’est la diversité tout court qui permet de meilleurs résultats (et cela a été prouvé d’ailleurs qu’une plus grande diversité de plantes par exemple était plus productive et plus résistante qu’une monoculture :mrgreen: ). Dans mon milieu professionnel je vois à quel point les hauts fonctionnaires sont des clones (et en l’occurrence en majorité des hommes) et je trouve ça flippant !

  2. Cathalapointe dit :

    Pour ceux et celles qui veulent approfondir cette question des différences de genre , je vous signale une conférence à science Pô le 10 avril prochain sur discriminations et inégalités dans l’orientation http://www.programme-presage.com

  3. oops dit :

    @La poule pondeuse, c’est ce que je sous-entendais par la parenthèse « (et même plusieurs) » au sujet des différences hommes / femmes : ces deux catégories sont elles-mêmes très réductrices !
    Tant mieux si les réflexions vont dans le sens du respect des différences et pas dans leur exclusion. Mais comme c’est rarement ce que je perçois des discours féministes d’une manière générale, j’ai du mal à adhérer.
    Alors qu’on gagnerait à aller tou(te)s dans le même sens !
    Un peu plus de pragmatisme, un peu moins d’idéologie, ça serait déjà pas mal.

  4. oops dit :

    @Cathalapointe, Pfff, et bien là, il y en a une belle de discrimination : c’est tout pour Paris, rien pour la province ! 🙄 :mrgreen:

  5. Opale dit :

    @La poule pondeuse, peu m’importe mais j’espère pouvoir être là car opération pour moi dans une semaine … 😕

  6. Cathalapointe dit :

    @rysy, A propos de rémunérations, tu vas être intéressée par cela  » Le Daddy Bonus » http://xfru.it/ank0ju que j’ai tweeté il y a quelques jours

  7. très intéressant ton compte rendu. Merci de nous faire partager 🙂

  8. […] qu’un résumé de la journée (vous pouvez en lire un très bon ici), j’ai noté quelques pistes de réflexion évoquées par les participantes […]

  9. rysy dit :

    @Cathalapointe, excellent le petit comparatif entre le daddy bonus et le mommy penalty. J’ai bien envie de l’afficher dans mon bureau pour rire. J’ai trouvé quelques articles sur le sujet en creusant un peu.

  10. rysy dit :

    @Opale, prends soin de toi, Opale et donne des nouvelles s’il te plaît !

  11. Lola SurLaToile dit :

    @La poule pondeuse, Aucune préférence, sauf s’il faut alimenter tout le monde en chocolat :mrgreen:

  12. sophie dit :

    Ce qui est passionnant dans le « féminisme de 3e génération » (pour parler vite), c’est toutes ces réflexions sur la place du père et des hommes en général. Trouver que c’est la loose pour un mec de travailler en crèche, c’est aussi discriminant que de trouver ça normal que toutes les bibliothécaires soient des femmes et tous les conservateurs de bibliothèques soient des hommes…Ou penser que son mec n’a pas le cerveau fait pour comprend les arcanes ésotériques d’une machine à laver 😉 . « Dé-genrer » certains attributs/tâches/valeurs ne peut qu’être bénéfique qu’à tous. Quand on voit les assauts marketing hyper genrés (je me remets toujours pas des Lego pour filles, le salon de coiffure rose m’a tuer !)ces réflexions sont urgentes !

  13. G. dit :

    Pour parler des jouets, nos deux fils ont chacun une poupée, ils jouent à la dinette autant qu’à construire des chemins de fer, jouer au ballon, lire des livres, inonder la salle de bains, faire des batailles de tigres, etc…
    Petit souvenir d’une conversation avec l’aîné quand il avait environ 3 ans 1/2, au sujet de tout ce qu’il ferait quand il serait « grand comme papa » : 1° réponse : tondre la pelouse, 2° réponse : faire à manger…

  14. Opale dit :

    @rysy, c’est gentil, je rentre mardi prochain à la clinique pour 3/4 jours mais serai peut-être dans le coin d’ici là ! 😉

  15. Opale dit :

    @sophie, « Dé-genrer » : j’aime bien ce terme.
    C’est quoi les Lego pour filles : ils sont roses ❓ ❗ ❗ ❗

  16. Cathalapointe dit :

    @rysy, Va voir les études de Catalyst (la plus connue des ONG américaines sur femmes et entreprises. Compte twitter @catalystinc) et la collection des Women Matter de McKinsey. Il y a corrélation ce qui ne veut pas forcément dire causalité mais on peut faire l’hypothèse que des entreprises qui « osent » mettre des femmes à haut niveau sont plus innovantes et intelligentes que les autres

  17. @Cathalapointe, merci pour tous les liens !

  18. @Opale, oooh zut j’espère rien de grave! je pensais plutôt faire ça après les vacances de février (soit début mars)

  19. @Lola SurLaToile, tu n’aurais pas du évoquer la possibilité, ça va te retomber dessus 😆 😆

  20. @Cathalapointe, merci !

  21. @Anne (Papilles et Pupilles), avec plaisir !

  22. @sophie, totalement d’accord avec toi ! (argl les legos fille !)

  23. rysy dit :

    @Cathalapointe, Je faisais référence aux women matter. Quant à Catalyst, j’avais oublié cette ONG. Merci de m’avoir rafraichi la mémoire.

  24. rysy dit :

    @oops,
    Tss tss 😛 pourquoi « UNE » intérimaire ? Pourquoi remplacer une femme par une femme ? Les intérimaires sont aujourd’hui des hommes à 71% (source Prisme).

    Dans le monde du travail, j’ai plutôt l’impression qu’on arrivera à faire changer les mentalités en « forçant » les entreprises à le faire au moins pendant une période transitoire. Finalement je suis pour les actions positives, les sanctions financières … Ca fera grincer des dents mais au moins, la question sera prise en compte.

  25. Opale dit :

    @La poule pondeuse, non pas de grave maladie mais une bonne opération sinus – canaux sinus-dents en perspective 😥
    Serai peut-être là début mars mais avec des bleus et/ou toute gonflée : je vais vous faire peur les Poulettes 😉

  26. @Opale, oh ma pauvre ! t’inquiète on boira des mojitos pour oublier que tu nous fais peur :mrgreen: 😆

  27. sophie dit :

    @Opale, ce sont des boîtes spécial filles : l’institut de beauté, le concours canin, la cafétaria, le cabriolet … la vraie vie des vraies filles, quoi 😎

  28. oops dit :

    @rysy, Bien vu pour l’interimaire ! 😉

    Pour les entreprises, je suis mitigée, car après quelques années dans des très grosses boites, je navigue maintenant dans le milieu des PME et des TPE (sans salariés, ou très peu) qui souffrent beaucoup. J’en vois plus fermer qu’ouvrir, car elles se prennent la majeur partie des sanctions (taxes, charges et autres) financières, alors que les grosses sociétés ont les moyens de faire du lobbying et de passer à côté de beaucoup de contraintes.

    Tout ce qui augmentera la pression sur les entreprises ne fera qu’accélérer les difficultés économiques dans une période déjà tendue, où les banques ne jouent pas leur rôle, et où les entrepreneurs qui n’ont pas la chance d’avoir la famille pour donner un coup de pouce (au départ, en cas de problème de trésorerie ou d’investissement obligatoire imprévisible) n’ont plus d’autre solution que de mettre la clefs sous la porte…

    Les actions positives ne sont pas forcément coercitives. C’est comme l’éducation des enfants : il y d’autres voies que la fessée !

    J’imagine l’ambiance dans une équipe « obligée » d’accueillir un tel ou une telle (femme, « minorité », handicapé…). Ça m’étonnerait que ce soit très épanouissant pour la personne recrutée…

    Or c’est dans les TPE que j’ai vu le plus d’empathie, d’adaptation, de solutions originales. Les mères qui bercent leur bébé dans l’arrière-boutique, les pères qui vont faire le taxi pour leurs ados entre deux RV professionnels, le boucher qui va livrer une cliente enceinte et qui a du mal à se déplacer après la fermeture, le restaurateur qui va porter la grand-mère de chez elle à sa chaise, alors qu’elle ne sortait plus de son appartement après une chute…

    Et moi, enceinte de presque 6 mois, qui allaite un bambin de 17 mois en réunion avec les élus du quartiers ou en faisant une vente et en décorant la vitrine du magasin de son père ; qui travaille de nuit quand j’ai besoin de me concentrer mais qui emmène ma fille et mon gros ventre chez l’imprimeur pour récupérer puis livrer mes commandes.

    J’ai vu des petites entreprises fermer à cause de la CFE, alors une pression de plus, ça me fait peur… La France est un des pays les plus taxés (plus que les pays scandinaves pourtant en avance sur la parité), il y a sans aucun doute moyen de faire mieux avec ce qui existe déjà !

  29. Opale dit :

    @La poule pondeuse, :mrgreen: :mrgreen:

  30. Opale dit :

    @sophie, ouais la vraie vie des vraies filles ! 😉
    A bas le market’ fille contre garçon 👿

  31. Opale dit :

    @Opale, et oui pour un bon mojito 😉

  32. Cathalapointe dit :

    Pour celles que l’éducation des enfants « sans stéréotypes de genre » intéresse, voilà une expérience prometteuse, initiée par Nicole ABAR, footballeuse de renom (8 fois championne de France, mais évidemment comme c’est une femme, cela reste ultra confidentiel… et je ne vous parle pas de sa paie versus Anelka et autres Leboeuf…) qui toute sa vie a du lutter contre les préjugés (elle a même gagné une procès contre la fédération française de football) et qui consacre aujourd’hui une partie de son temps à mettre ensemble sur un terrain de foot filles et garçons en utilisant le jeu pour déconstruire les stéréotypes. j’espère que le lien va marcher , dites moi http://www.linkedin.com/groups?gid=3704582&goback=%2Emyg%2Eamf_3704582_58868370

  33. rysy dit :

    @Cathalapointe, il faut un compte linkedin pour voir la page. Après je suis arrivée sur la page du « programme eve ». Du coup, j’ai un coup de google avec Nicole Abar et « liberté aux joueuses ». J’ai trouvé ça par exemple : http://teledebout.org/index.php?page=abar

    Il y a aussi ça : http://www.lab-elle.org/ les albums pour enfants, attentifs aux potentiels féminins.

  34. nath dit :

    tres interessant la poule, contente de te lire.

    Par contre, appeler ca journee des femmes actives, c’est lourd, vraiment lourd. Ca me donnes envie de vous insulter tous et toutes. journee des femmes en entreprise. oui. journee des femmes au bureau. oui. journee des femmes prenant le metro peinard avec leur iphone pour aller se vautrer a 2/3 reunions derriere un ordi, et revenir toute stressee d’avoir eu a gerer des cons (pendant que des inactives s’occupent de leurs enfants). oui … Bref, je suis colere.

    Faut tomber le active. c’est insultant. Je vais vous en donner moi de l’action.

    AAAAHHHHhhh ca va mieux 😉

  35. oops dit :

    @nath, +1 ! Mais quel sujet délicat !

    Trop souvent, parler de l’égalité homme/femme revient à minorer (et c’est un euphémisme) les qualités, les compétences et la sueur de celles qui sont sorties des stats du monde du travail…
    Ça m’avait titillé aussi, mais c’est le même problème que l’allaitement : parler de lait maternel culpabilise celles qui ont donné des biberons de lait infantile, et inversement.

    Comment faire pour qu’on soit toutes solidaires ? Les intérêts des unes ne sont pourtant pas, sur ce thème, opposés à ceux des autres.

  36. oops dit :

    @sophie, Je ne sais pas ce qui m’a le plus choquée : le produit en lui-même ou la campagne de pub qui allait avec (les mini-vidéos teasing, notamment).
    Ouf, à Noël, sous le sapin, une boite de légo basiques pour ma fille (ceux pour les tout-petit, donc peut-être qu’il n’y a pas encore de catégories rose/bleu pour eux ?). Mais ça fait un peu transpirer : on fait quoi, si quelqu’un de bien intentionné mais à côté de la plaque, offre à nos enfants ce type de jeu ?

    D’un autre côté, je n’arrête pas d’entendre que je conditionne ma fille quand elle participe aux tâches ménagères, et j’ai du mal à trouver des équipements à sa taille sans pour autant que ce soit des jouets. A part dans le matériel Montessori, mais il faut un compte en banque bien garni…
    Or je ne la dispute pas quand elle a renversé quelque chose même intentionnellement, mais je lui demande de « réparer » : elle va toute seule chercher un torchon et éponger (puis mettre le torchon dans le bac de linge sale) quand un verre fini au sol ou qu’elle inonde la salle de bain.
    Ce serait un garçon je ferai pareil, mais c’est une fille, et il y en aura bientôt une deuxième… Pas facile de savoir quoi faire !

  37. @Cathalapointe dit :

    @rysy, merci, du coup je découvre une interview que je ne connaissais pas, je viens de la twitter en te citant. J’ai renocntré Nicole ABAR au séminaire EVE (www.eveprogramme.com ou bine le BLOG EVELEBLOG.com) elle m’a fascinée et quand tu connais son histoire perso (fille d’un couple italo-tunisien où les garçons se tournaient les pouces pendant que les filles faisaient tout à la maison) tu comprends sa motivation et son combat. Cela sonne juste car cela n’est pas les uns contre les autres mais les uns AVEC les autres. Respect!

  38. @nath, c’est marrant car je me faisais la même réflexion et j’en discutais même avec quelqu’un (mais qui ? 😳 ). En même temps c’est la terminologie officielle (INSEE & co), les « actifs » sont ceux qui occupent un emploi rémunéré 🙄 C’est très révélateur de l’importance accordée par notre société à ces activités jusqu’ici si typiquement féminines…

  39. @@Cathalapointe et rysy, merci pour les liens !

  40. rysy dit :

    @oops, je connais des organismes qui font des bilans de compétences qui intégrent dans leur démarche l’identification des compétences acquises via les « activités » extra professionnelles : s’occuper de sa famille lors d’un congé parental, s’investir bénévolement dans une association …

  41. oops dit :

    @rysy, Une piste à développer !

    Il y a vraiment une histoire de chat qui se mord la queue sur ce thème. Si l’activité professionnelle est valorisée en comparaison avec « l’activité familiale » (je ne sais pas comment nommer ce réel travail malheureusement non-rémunéré autrement), on aura du mal à atteindre un partage des tâches équitable.
    Car descendre la poubelle, c’est prendre soin des autres, de sa famille, de l’hygiène et de la santé d’autres personnes, au même titre que faire le ménage, la cuisine, changer la couche, donner le bain… Toutes ces tâches ne sont pas agréables, loin de là. Mais dans quel métier n’y a-t-il pas des côtés pénibles ?

    Après, il reste toujours des problèmes économiques, au plan individuel :
    – comment résoudre le « trou » dans les cotisations retraites des femmes (et des hommes) qui choisissent (momentanément ou non) le « travail familial » ?
    – quid de la personnes qui a choisi le « travail familial » dans le cas des couples qui se séparent ?

    Et sur un plan plus global : le couple qui travaille dans le privé ou le public, c’est deux fois plus de taxes et autres charges (donc mieux pour l’Etat), plus d’emplois (la garde des enfants), plus de consommation (car plus de moyens et plus de besoins aussi : véhicule, vêtements…).

    D’ici à ce qu’on arrive à parler de « formation », l’eau va couler sous les ponts… Et pourtant, je trouverais bien plus utile que beaucoup d’autres choses abordées à l’école, d’enseigner tout un tas de connaissances qu’on trouve notamment dans ce blog : comment gérer les conflits sans violence, comment écouter et se faire entendre, comment se comprendre soit-même pour trouver la voie la plus épanouissante… Et toutes les thématiques humaines : les différences (âges, genre, handicap, religions, cultures…), le respect de l’autre (et des choses), l’environnement (pas seulement d’un point de vue scientifique), la solidarité… Un an de philo, c’est un peu court, à la fois trop compliqué, trop simpliste et trop tard !
    On entend souvent que l’école apporte la sociabilisation, mais c’est seulement de facto, par le rassemblement d’individus. Un peu mince…
    Or il y a (paraît-il) dans toutes les actions humaines 80% de relationnel pour 20% d’opérationnel. Pourquoi se concentrer uniquement sur les 20% ?!!

  42. oops dit :

    @La poule pondeuse, ce poids du vocabulaire…
    Dans la même veine, le mot « femme », qui correspond autant à celui de « homme » que de « mari de ». Ça en dit long… et ça m’énerve encore plus que le « mademoiselle ou madame » !

    Ça reste dans cet état d’esprit que je déplore, et qui plombe aussi certains métiers : technicien de surface (il me semble que c’est comme ça qu’on les appelle maintenant), éboueurs (qu’est-ce qu’on ferait sans eux ?), assistants à la personnes (accompagnement des personnes âgées ou handicapées), enseignants RASED, sage-femme…
    Il y a des réserves d’emplois dans certains de ces secteurs, et pour cause : ils sont tellement dévalorisés que personne ne veut y aller !

  43. @Cathalapointe dit :

    @rysy, regarde si cela marche avec ce lien
    http://www.youtube.com/watch?v=jZFA8OvRVlA&feature=youtu.be
    En fait il s’agit d’une vidéo non répertoriée

  44. Nashii dit :

    Bon, alors, j’arrive comme un cheveu sur la soupe car je n’ai pas lu tous les commentaires… mais je voulais juste dire que pour la soirée théatre, je serais partante. Ca dépendra juste de la date puisqu’il faut que Monsieur pose son « jour des pères » (hin hin), pour me relayer au foyer (hin hin hin…)! 🙄

  45. @oops, et si tu regardes bien : garçon/fils, fille/fille, ça commence dès le berceau…

  46. Alors alors, les amies, je vous propose d’aller le jeudi 15 mars voir Olivia Moore http://www.oliviamoore.fr/ au Paname Art Café (métro République) à 19h30. L’entrée est libre (on donne ce qu’on veut) et on peut dîner sur place après (probablement avec Olivia si elle est dipso). Qu’en pensez-vous ? Je vais faire un petit billet spécial pour l’organisation bientôt si la date semble coller.

  47. Opale dit :

    @La poule pondeuse, c’est bon pour moi et en plus à 2 stations de métro de chez moi, tu es parfaite la Poule 😉 et, j’aurai dégonflée d’ici là (plus sérieusement, mon opération des sinus c’est bien passée et je suis en convalescence pour 10 jours, ça c’est le côté sympa mais c’est mérité car j’ai eu un mal de chien pendant ces 4 jours à la clinique !)
    Cool, espère qu’il y aura plein de Poulettes 😀

  48. @Opale, super ! je suis contente que l’opération se soit bien passée pour toi en tout cas.