Boire ou se reproduire, faut-il choisir ?

Un récent dossier de la revue médicale Prescrire relance le débat : peut-on boire (de l’alcool, what else ?) pendant la grossesse  ? Il faut savoir tout d’abord que Prescrire jouit d’un prestige important au sein de la communauté médicale française (plus que Top Santé par exemple…), étant un des rares lieux de débat scientifique médical exempt de l’influence de l’omniprésente industrie pharmaceutique. Ses recommandations sont donc le fruit d’une étude poussée et critique de la littérature internationale. Je n’ai pas accès à l’intégralité du dossier, n’étant pas abonnée, mais le résumé public, s’il rappelle bien sûr les risques liés à la consommation excessive d’alcool, ne recommande pas pour autant l’abstinence totale :

En pratique, il est important d’informer des risques liés à la consommation d’alcool durant la grossesse, mais de manière nuancée, sans culpabiliser d’une éventuelle consommation minime d’alcool. Cette information répétée semble utile pour réduire la consommation des femmes qui ont une consommation à risque. En leur conseillant de ne pas dépasser 4 verres par semaine, et 2 verres en une occasion.

Alors, après avoir appris qu’on se privait de fromages au lait cru pour de mauvaises raisons, va-t-on découvrir qu’on s’abstient en vain d’un bon verre de vin ? Rappelons d’abord que l’alcool ne pose potentiellement problème qu’à partir du moment où la circulation sanguine maternelle se connecte à celle de l’embryon, soit entre deux et trois semaines de grossesse (soit le moment où en théorie vous observez un retard de règles et faites votre test : qui a dit que la nature était mal faite ?).

Par ailleurs, une étude a même montré de meilleurs résultats pour les enfants dont les mères avait bu un peu d’alcool pendant la grossesse (1-2 verres par semaine) par rapport à ceux dont la mère s’était abstenue ; de là à encourager un petit verre aux femmes enceintes…

Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que -contrairement à beaucoup de molécules actuellement médiatisées, comme BPA, parabens etc- la toxicité de l’alcool est tout à fait avérée. Il est notamment reconnu comme « cancérogène pour l’homme » (Groupe 1 du CIRC, soit le plus haut niveau de certitude) et comme tératogène (c’est-à-dire qu’il provoque des malformations congénitales).

Je trouve également intéressant de s’intéresser à ce qu’on sait sur l’impact de l’alcool via le lait maternel. Celui-ci est moins important que lors de la grossesse, puisqu’il y a un effet de dilution (le foetus partage le sang maternel et est donc exposé à la même concentration en alcool, alors que le bébé allaité ingère le lait alcoolisé, celui-ci étant alors dilué dans son sang par l’appareil digestif). En outre, le bébé ne tète pas (toujours) en continu donc il peut éviter le moment où le lait est le plus concentré en alcool, alors que le foetus voit son sang renouvelé en permanence par la circulation maternelle via le placenta. Rappelons enfin que la concentration en alcool du lait est à peu près égale à celle du sang. Ainsi, la Leche league en compilant diverses études montre qu’on n’est pas obligée de complètement renoncer à l’alcool lorsqu’on allaite :

A court terme, l’absorption par la mère d’une dose d’alcool inférieure à 1 g/kg d’alcool pur ne posera généralement aucun problème au bébé allaité.

L’alcootest pour lait maternel Milkscreen se base quant à lui sur une limite de 0.03 % d’alcool dans le lait (notez que chaque rapport utilise une unité différente ce qui ne simplifie pas la comparaison ; mais cela correspondrait à un à deux verres « standard », selon les individus et les circonstances) au-delà de laquelle on observerait un changement des habitudes de sommeil et de tétée des nourrissons, mais ce seuil est également sujet à débat. On voit en tout cas qu’une dose peu importante peut affecter le comportement du bébé : même si cela n’est pas du même ordre qu’une malformation ou qu’un retard de croissance, je trouve que cela incite à la prudence, d’autant plus que comme on l’a vu le bébé allaité est moins exposé que le foetus et qu’il est également plus mature (donc plus résistant, notamment par la mise en place progressive de l’équipement enzymatique permettant de métaboliser l’alcool).

Bref, nous ne sommes pas beaucoup plus avancés. Je pense que tout le monde sera d’accord pour dire qu’un verre de vin pour toute la grossesse n’aura probablement pas d’impact visible sur le bébé, et pour dire qu’une bouteille de vin par jour ce n’est pas une bonne idée. Mais où est la limite entre les deux : c’est bien cela qui fait débat. Il est probable aussi que les variations individuelles soient trop importantes pour pouvoir fixer une limite claire et adéquate pour le plus grand nombre (autre que 0). Et dans le doute, on recommande de ne pas boire du tout. Je comprends la nécessité d’un message simple, surtout dans un pays où l’alcool est hyper banalisé (quoi ? la bière et le cidre ça compte comme de l’alcool ?), mais en même temps je déteste qu’on décide pour moi. Croit-on vraiment que les femmes sont incapables d’appréhender elles-mêmes ce type de problème ? Qu’elles n’ont pas le bien-être et la santé de leur bébé au coeur de leurs préoccupations ? Est-ce qu’on ne peut pas plutôt les laisser décider des risques qu’elles souhaitent prendre ou pas ? Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’approche de Prescrire : « informer des risques (…) de manière nuancée, sans culpabiliser ». Et je ne vois pas pourquoi elle ne ferait pas consensus.

Image : « Attention : la consommation d’alcool peut entraîner la grossesse. » Et cet article est dédié à Mère Bordel à qui je pense à chaque fois que je vois une bouteille de vin…

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137 Responses to “Boire ou se reproduire, faut-il choisir ?”

  1. Anne Cé dit :

    @La poule pondeuse, il manque le bouton « j’aime » pour approuver les commentaires. (quoi ? on n’est pas sur face de bouc ?) :mrgreen:

    je trouve ta réponse très pertinente et mesurée, elle montre bien que derrière ces messages de prévention il y a des questions bien plus complexes !

  2. @Vervaine, exactement, je pense qu’il faut arrêter de présenter l’allaitement comme un truc pour mère-parfaite-Ste-Marie-Mère-de-Dieu-priez-pour-nous, c’est pas super vendeur et c’est pas vrai.

  3. Stéphanie dit :

    @La poule pondeuse, en fait il n’y avait aucun jugement dans mon « hermétique » ! Et le « ce genre de personnes » pas beau ne reflétait pas du tout ma pensée !

    En effet, je suis la première de l’addiction, à la bouffe aussi ! Tout m’est un prétexte pour manger : je suis contrariée, je peux bien me consoler en mangeant, je suis trop contente, je peux bien m’accorder ce plaisir… Tous les soirs je me dis « demain j’arrête » et tous les matins je me dis on verra au repas d’après (ben oui je me marie en février et j’ai genre 20 kg de trop. Même ça ça n’arrive pas à me motiver assez). Bref, pour arrêter le 3615 ma life j’ai juste de la chance que ce ne soit pas à l’alcool ou à la clope !

  4. @Anne Cé, rroooooh 😳 😳

  5. @Stéphanie, ah bien sûr j’ai extrapolé à partir de ton commentaire, c’est pas facile parce que d’un côté le commentaire est forcément un peu exagéré et partiel, et de l’autre pour moi c’est important de ne pas laisser certaines choses sans réponse ou au moins de compléter un point de vue pour celui ou celle qui lira ces échanges. Bref j’espère que je ne t’ai pas heurtée, je suis désolée de mon ton un peu péremptoire. J’espère que tu pourras trouver un équilibre serein avec la bouffe (moi je cherche encore :mrgreen: ) et surtout que tu profiteras bien de ton mariage (félicitations 😀 ).

  6. Babidji dit :

    Génial ton article, hyper intéressant !
    moi je em suis gavée de fromage au lait cru (car je n’aime que ceux-là) pendant ma grossesse et je me faisias engueuler par tt le monde, heureuse d’avori appris dans ce post que c’était ptet bien 😉
    la gynéco de ma meilleure amie qui fut aussi la mienne quand j’étais encore parisienne lui a dit : « on dit 0 alcool car c’est plus facile pour les femmes de l’entendre et surtt celles qui ont un souci et qui interpreteraient le un peu boire par 4 verres/j. Mais il faut bien se dire que vous êtes en bonne santé et que votre maman a bien dû boire un verre ou deux par semaine en vs attendant, donc si vs vs sentez frustrée, vs pvez boire un verre de vin une fois par semaine. » j’adhère à ce type de discours !

  7. Zulie dit :

    @La poule pondeuse, Intéressant ces chiffres, ça permet effectivement de relativiser !!! 5% pour 5 verres et plus par jour (donc carrément alcoolique), c’est extrêmement peu je trouve. C’est donc très rassurant pour toutes celles comme moi, qui ont bu un demi verre de temps à autre (genre, une fois par mois)! Et ça met en perspective les recommandations actuelles… no comment.

  8. La loupiote dit :

    BIG UP à toi Poule Pondeuse ! Je trouve super de ta part de répondre à toutes les contributions sur ton blog. C’est très 2.0 comme attitude, vive la communication participative !

  9. Leona dit :

    Très bonne idée d’article.

    L’interdit « social » (à défaut d’être justifié catégoriquement au plan médical) sur l’alcool pendant la grossesse a été, je pense, bien inscrit dans la conscience collective des femmes de notre génération – pas forcément dans celle de leur entourage. Idem pour le tabac – et heureusement, car là, pour le coup, les dégâts possibles sont avérés même avec une consommation « réduite » de clopes.

    Je suis partisane du « dans le doute, on s’abstient », mais à ce titre, le steak tartare, le carpaccio et les fromages au lait cru m’ont beaucoup plus manqué pendant mes grossesses que le pinard !!! 😀 J’ai limité ma consommation d’alcool drastiquement pendant mes deux grossesses, mais sans en faire une obsession non plus. Une coupette de champagne à Noël, une autre à un anniversaire, une bolée de cidre quand on mange des crêpes, un demi-verre de très bon vin, au total j’ai du boire un verre d’alcool par mois, ça reste très raisonnable ! Par contre, le chiffre cité de 4 verres par semaine me semble quand même « lourd », même quand on n’est pas enceinte !

  10. pétrolleuse dit :

    @Leona, marrant! Car, personnellement, moi, ce que je trouve « lourd », c’est le verre par mois pendant la grossesse (et, attention, ce n’est pas un jugement sur les pratiques des autres: je ne me le suis pas permis, c’est tout, et j’imagine même pas ce qu’en aurait pensé mon compagnon 😯 …). Alors que les 4 verres par semaine en dehors d’une grossesse ne suffisent pas à me percevoir comme une alcoolique potentielle 🙄 … Comme quoi, chacun voit midi à sa porte 😉 …

  11. Vervaine dit :

    @Leona, hihi, pareil: moi, dès le retour de la maternité, j’ai dévorée un carpaccio prévu au départ pour 2 personnes ! 😀
    et je t’explique pas le sort que j’ai fait aux petits fromages de chèvre au lait cru de la ferme du coin (surtout après les innommables « produits laitiers » -flan gélifiés, crèmes vanillinée…- qu’ils osent de faire manger à la mater, sous prétexte que tu allaites).
    La coupe de champagne proposée pour fêter la naissance ne me faisait même pas envie…

  12. @Babidji, bah moi non, si on se dit que de base les femmes ne vont pas suivre les recommandations alors pourquoi en faire ?
    Dans le dossier de Prescrire ils indiquent que beaucoup de femmes suivent plus facilement les recommandations de leur mère que celles du médecin 😆 🙄

  13. @La loupiote, oui je mets un point d’honneur à essayer de répondre à tout le monde, sauf si j’ai pas grand chose de pertinent à dire (ou parfois je fais des réponses groupées). Et en tout cas je lis tous les commentaires avec beaucoup d’intérêt. Pas évident car en même temps j’essaie de dégager aussi du temps pour écrire de nouveaux billets, commenter un peu sur d’autres blogs, m’occuper de mon twitter (et de la page FB), ah oui et puis avoir une vraie vie aussi :mrgreen: Mais personnellement je trouve décourageant de commenter un blog et que personne ne réponde alors j’accorde une grande importance à ce que ce ne soit pas le cas ici car j’apprécie énormément ces échanges.

  14. @Leona, moi je me fais apporter des sushis à la maternité (quand j’y reste :mrgreen: ), je refile le plateau repas dégueu au Coq. Et pour l’alcool http://www.cyberpresse.ca/vivre/sante/201111/02/01-4463777-meme-une-faible-consommation-dalcool-accroit-le-risque-de-cancer-du-sein.php 😥

  15. pétrolleuse dit :

    @La poule pondeuse, donc, si je suis ton article, si on dépasse pas 4 verres d’alcool par semaine pendant la grossesse, ça peut aller, mais, d’après le lien mentionné ci-dessus 3 verres/semaines en-dehors de la grossesse, ça augmente les risques de cancer du sein… 😯 Conclusion: mieux vaut boire enceinte, que pas enceinte :lol:! Ton blog m’ouvre vraiment des perspectives intéressantes…

  16. Melanizetaufrais dit :

    @Flolasouricette, ha j’ai pas arrêté de faire ça: tremper les lèvres dans les verres de mon mari. Juste pour le goût !! naméo !!! surtout dans un mariage où on ne peut ni manger les fromages, ni le foie gras, ni le saumon fumé, ni les crudités pas lavé par mes soins, ni, ni ,ni ,ni …… ba ça sent la frustration et le pétage de plomb !

  17. Zulie dit :

    @toutes, C’est moi ou je suis la seule à lire 5 verres par JOUR ! 😯 et non par semaine ! Donc pour le coup, c’est une consommation TRES élevée (de l’alcolisme et du vrai) et très éloignée du verre occasionnel.

  18. Stéphanie dit :

    @La poule pondeuse, C’est aussi ta force et celle de ton blog, tu es toujours hyper mesurée et tolérante ! Donc merci pour ces précisions !

  19. LMJ m’ôte les mots de la bouche, comme d’habitude 😆

  20. Et sinon, je retiens l’excellent « on est toujours l’irresponsable de quelqu’un ».
    Les âneries que j’ai lues à ce sujet récemment me sidèrent un peu. J’aime que tu remettes les choses à leur juste place, c’est important.

  21. Lola SurLaToile dit :

    @La poule pondeuse, Ça me fait penser que j’avais fait demander à un Imam si un Musulman pratiquant pouvait en tout état de cause manger un plat avec une sauce au vin… arguant du même prétexte, à savoir que l’alcool se volatilise à la cuisson 😆

  22. Lola SurLaToile dit :

    @La poule pondeuse, Mon gynéco à moi, il dit que les seules recommandations qu’il fasse qui soient suivies, ce sont celles qui sont alignées sur des publications dans la presse féminine / forum Internet. Si jamais il ose dire quelque chose qui soit contraire ou novateur, il se fait regarder de travers et rétorquer « ah mais dans Marie-Claire/Elle ou sur blablabla-forum, ils ne disent pas ça ». Paraît que c’est difficile d’être médecin de nos jours :mrgreen:

  23. pétrolleuse dit :

    @La poule pondeuse, 🙄 ben en fait, pas tout à fait… Moi, j’avais demandé à ma SF si je pouvais manger sans souci des plats style bœuf bourguignon et elle avait carrément tiqué, arguant du fait que l’alcool ne s’évapore jamais totalement pendant la cuisson et qu’il en reste toujours, de manière résiduelle, certes, mais il en reste quand même (et c’est d’ailleurs aussi pourquoi ce genre de plats est très fortement déconseillé aux anciens alcooliques devenus abstinents…)

    http://www.addiction-info.ch/fr/actualites/browse/7/article/lalcool-au-menu-des-fetes-dans-quelle-mesure-sevapore-t-il/?tx_ttnews%5BbackPid%5D=618&cHash=b8f909fd345e1cfed65f2736b0e6e8de

  24. @La fille eaux yeux couleur menthe à l’eau, merci ! Je pense qu’il faut relativiser, oui. ça m’a rappelé une conversation sur twitter avec des mères qui se sont pris un signalement pour avoir voulu accoucher à la maison par exemple, je trouve ça grave. Donc je ne suis pas pour faciliter encore plus tous ces abus de pouvoir…

  25. @pétrolleuse, je suis d’accord pour les babas au rhum et les trucs flambés, mais pour le reste (genre bourguignon) ça me semble quand même assez négligeable, comme pour les bières « sans alcool » par ex (qui contiennent en réalité moins de 0,5-1% d’alcool). Evidemment pour les anciens alcooliques c’est un autre problème (d’ailleurs la bière sans alcool ne leur est pas conseillée il me semble).

  26. Aurélie dit :

    J’ai pratiqué le zéro alcool pendant ma grossesse, pas tellement parce que je pensais que même un petit verre de temps en temps était dangereux, mais plutôt parce que je craignais que la première gorgée soit la porte ouverte à d’autres, de plus en plus nombreuses. (Le Sud, les barbecs tout l’été… ici les tentations sont nombreuses !)
    Personne n’en parle il me semble dans les commentaires, mais arrêter l’alcool, c’est aussi très bon pour la maman 😉 Bon pour la santé, et puis bon pour le moral de se dire qu’on n’est pas dépendant, de l’alcool quand on a une consommation assez régulière, ou au moins du rituel social.
    Personnellement ça m’a rassurée de voir que ce premier (petit) « sacrifice » pour mon bébé n’était pas si pesant, et qu’il n’y avait pas de raison que je ne puisse pas survivre aux autres. 🙄
    J’ai quand même bien apprécié mon premier verre de rouge avec un bon morceau de fromage quand j’ai rompu le jeûne ! :mrgreen:

  27. @Aurélie, oui moi pareil, je préfère ne pas boire du tout car je trouve parfois plus frustrant de boire modérément (et à force de tremper les lèvres ça finit par cumuler 😆 ).

  28. olina dit :

    Je sors de mon sous-marin… Pour poser une question bête en plus !!!
    Qu’en est-il des plats contenant de l’alcool pendant qu’on allaite ? Une bonne blanquette par exemple (vin blanc dans la sauce) ? Certains disent que l’alcool s’évapore à la cuisson…

  29. pétrolleuse dit :

    @olina, :mrgreen: on en discutait justement plus haut (commentaire n°16 et les réponses qui le suivent…). Les avis sont partagés. D’après ce que j’ai pu lire, l’alcool ne s’évapore jamais totalement à la cuisson. Mais, comme le disait la poule, de là à ce que la quantité restante soit nocive pour le foetus… 🙄

  30. olina dit :

    @pétrolleuse, Merci ! J’ai lu une partie des commentaires, celui-ci m’avait échappé…

  31. Leona dit :

    @Vervaine, au début de ma grossesse, alors que j’attendais le « seuil » fatidique des 3 mois de grossesse pour annoncer la nouvelle, je suis allée passer une semaine chez mes parents en Provence, et là, ça a été terrible ! Trouver un prétexte pour refuser les délicieux petits fromages de chèvre frais du marché provençal, alors que d’habitude je m’en goinfre… J’ai fini par craquer et annoncer la nouvelle à mes parents sans attendre ! 😆

  32. Leona dit :

    @pétrolleuse, tout dépend de ce que recouvre « 1 verre ». Dans mon cas, ça pouvait correspondre à un demi-verre de vin ou à une bolée de cidre. Et je ne me serais pas permis ces écarts si mon gynéco ne m’avait pas expressément autorisée à le faire, compte tenu du fait que même en-dehors des grossesses je limite énormément ma consommation d’alcool. Mon gynéco avait-il tort de m’autoriser un verre par mois ? N’étant pas médecin, et compte tenu des choses très contradictoires que l’on lit sur Internet, j’ai choisi de faire confiance à mon médecin. Mes deux filles sont en parfaite santé, je croise les doigts.

  33. Leona dit :

    @La poule pondeuse, génial, l’idée des sushi ! Moi j’avais apporté mon pot de Nutella dans ma valise, et heureusement d’ailleurs (pour le coup de massue de babyblues de la troisième nuit !), mais je n’ai pas pensé aux sushi… 🙂

  34. @Leona, ah non mais moi y a pas moyen que j’avale leurs trucs dégueus. Mon Coq avait même rapporté ma bouilloire et mon thé et venait tous les matins avec les croissants 😀

  35. Mère Bordel dit :

    Merciii pour la dédicace !
    <3
    Très chouette billet, comme toujours !!!

  36. […] Alcool et allaitement sur le blog de la Poule pondeuse : Boire ou se reproduire, faut-il choisir ? http://www.poule-pondeuse.fr/2011/11/01/boire-ou-se-reproduire-faut-il-choisir/ […]

  37. Caroline dit :

    je pense que si on ne peut pas TOTALEMENT supprimer sa consommation d’alcool ne serait-ce que le temps d’une grossesse, c’est qu’on a un SERIEUX PROBLEME avec l’alcool…

  38. soleil- dit :

    Houlà Caroline, je pense que tu exagères, de ma vie je n’ai jamais bu plus que deux verres et seulement lors de grandes occasions, et pendant ma grossesse je n’ai pas résisté à un fond de champagne au mariage de ma soeur, ai-je un « sérieux problème » avec l’alcool ?

  39. Vervaine dit :

    je pense que la question posée ici était aussi, en plus de savoir si on PEUT arrêter l’alcool pendant la grossesse, de savoir si on le DOIT.

    Car s’il faut arrêter les fromages au lait cru, les huitres, le foie-gras, la viande saignante, laver la salade et les crudités avec du vinaigre, ne pas manger la peau des fruits, surveiller son poids pour ne pas prendre trop, ne plus manger de frites car trop gras, éviter le café, le thé, etc, etc au bout d’un moment, ça fait beaucoup de choses à ne pas faire/faire. Et on est « que » enceinte, pas malade.

  40. @Mère Bordel, 😀

  41. @Caroline, comme l’ont dit soleil- et Vervaine, on peut faire beaucoup de choses, est-ce que pour autant on doit ? En France en particulier l’alcool a un rôle social important, et le bon vin fait partie de la gastronomie ; pour moi un bon repas inclut un bon vin et un petit café à la fin, sinon il me manque quelque chose. Je peux m’en passer et je l’ai fait (deux fois déjà), mais ça me manque.

  42. Caroline dit :

    @La poule pondeuse,

    Pour répondre à ta question : oui, une mère DOIT tout faire pour le bien de son enfant, je ne comprends même pas que la question se pose…
    Quant au « rôle social de l’alcool »… allez donc en parler aux alcooliques… si on ne peut pas se passer d’un verre d’alcool, il faut arrêter de se voiler la face, c’est qu’il y a addiction !

  43. Lorelei dit :

    @Caroline, Parfaitement ! Et sinon, il faut lui retirer son gamin et la mettre en prison !! Et la stériliser aussi, pour être sûr qu’elle ne risquera plus de se reproduire… Et puis l’alcool, on sait comment ça marche : un verre un jour, et le lendemain c’est la bouteille tout entière qu’elle s’enfilera… C’est-y pas vrai Ma’ame Michu ?

  44. Vervaine dit :

    @Caroline, j’ai l’impression que tu a un comptes à régler avec les alcooliques…
    Une mère doit penser à son enfant, mais aussi à elle, car si elle est nerveuse et frustrée, l’enfant le sentira aussi. Fumer est très mauvais pour le foetus, largement plus que l’alcool, mais si une femme ne peut pas se passer de clopes, vaut-il mieux qu’elle fume un peu pour se détendre ou pas du tout et transmettre son stress au bébé ? Je provoque un peu exprès…
    Dans la vie, il y a des petits plaisirs, la nourriture et le bon vin en font partie. On ne peut pas se priver de tout, donc j’aime autant savoir ce qui est vraiment dangereux ou pas! Oui je me priverai d’huitres parce que le risque est important par rapport au bénéfice, mais si mon médecin me dit qu’un petit verre de temps en temps n’a pas de conséquences, je me l’autorise. Après pourquoi certains médecins prescrivent-ils « 0 alcool » ? Peut-être parce qu’ils savent que les patientes transcriront la règle…?

  45. @Caroline, alors nous ne sommes vraiment pas d’accord, moi je ne pense pas que la mère (et quid du père d’ailleurs ??) doive tout faire pour le bien de son enfant. Mes enfants ont profondément transformé ma vie, c’est avec joie que je leur y ai fait une place centrale, que j’ai changé un certain nombre de choses pour eux, que j’essaie de m’améliorer pour et par eux. Mais ils ne sont pas toute ma vie, je ne peux ni ne veux tout leur sacrifier, ça ne me paraît bon ni pour moi ni pour eux.

  46. emelire dit :

    je vais le dire franchement : ça me gave ! bon une grossesse ça dure 9 mois, pour nous c’est rien 9 mois, mais pour l’enfant c’est les fondations qui se mettent en place. Le truc qu’il va porter toute sa vie. Alors… je trouve qu’en l’absence de certitude, mieux vaut être prudente, et s’appliquer le principe de précaution. Lors de mes grossesses, c’est l’aspartame, on nous disait : y’a pas de recul sur ce produit, alors mesdames, évitez le. Faites gaffe car il y en a partout : vos yaourts 0%, vos crêmes desserts allégées, les friandises sans sucre, etc. Et qu’est ce que ça peut faire d’éviter aussi le lait cru, de bien cuire sa viande (si on est pas immune contre la toxoplasmose), d’éviter la clope, etc … ? C’est vraiment si compliqué, dans notre société d’hyper abondance, de réfléchir un peu et d’attendre… 9 mois pour reprendre l’apéro et manger des steaks tartares ?
    Moi aussi ma famille faisait pression : ah un verre de champe n’a jamais tué personne, blablabla… ça m’a gavée grave !
    Faut savoir aussi de quoi on vient, en France, mon père mangeait de la soupe arrosée de vin dès la petite enfance… et il en a fallu des médecins et des gens dont on s’est moqué qui ont critiqué ces pratiques et contribué à évincer une forme précoce d’habitude à l’alcool… Perso je suis pour ‘dans le doute abstiens toi’… surtout de l’alcool hein, franchement… c’est quand même pas aussi indispensable à la vie que le chocolat ;o)

  47. Caroline dit :

    @emelire, merci, je me sens moins seule 😉

  48. pâte à crêpe dit :

    @Vervaine, pour aller dans le sens du propos de Caroline sur l’addiction: en n’ayant justement pas réussi à arrêter de fumer pendant ma grossesse alors que c’était une évidence que cet évènement me ferait arrêter du jour au lendemain, je ne me suis jamais sentie aussi droguée et esclave de la cigarette que quand je me suis entendue prononcer des arguments en faveur de ma petite clope quotidienne nécessaire à ma détente et donc par extension, bonne pour le bébé.

  49. opale dit :

    @Caroline, je te trouve un peu « extrémiste » dans tes propos tout de même !!
    Quand on dit zéro alcool pendant la grossesse, c’est aussi pour prévénir du danger, pour celles qui ont un problème d’addiction et qui « picolent » quotidiennement !
    Moi, j’ai dû boire 2 coupes de champ’ pendant ma grossesse et en ayant bien mangé, je ne suis pas pour autant une alcoolo irresponsable qui a mis son bébé en danger !
    Oui, il y a des femmes inconscientes, irresponsables qui boivent (trop)pendant leur grossesse mais il ne faut pas mettre la femme qui boit un ou deux verre (de vin, de champ’ hein pas de whisky ou de vodka 😉 ) pendant sa grossesse dans le même panier !
    Moi,j’ai pu arrêter l’alcool totalement sauf 2 (petites) coupes de Champ’ et je ne pense pas être inconsciente ou irresponsable !
    Mais oui, il faut que ça reste 1 verre ou 2 sur 9 mois, après, je crois qu’il peut y a un réel danger pour l’enfant en effet !

  50. emelire dit :

    « @Caroline, alors nous ne sommes vraiment pas d’accord, moi je ne pense pas que la mère (et quid du père d’ailleurs ??) doive tout faire pour le bien de son enfant. Mes enfants ont profondément transformé ma vie, c’est avec joie que je leur y ai fait une place centrale, que j’ai changé un certain nombre de choses pour eux, que j’essaie de m’améliorer pour et par eux. Mais ils ne sont pas toute ma vie, je ne peux ni ne veux tout leur sacrifier, ça ne me paraît bon ni pour moi ni pour eux. »

    au secours ! on ne parle que d’un verre de vin là… si se priver d’alcool devient « tout sacrifier pour son enfant » alors je crois que le mot « sacrifice » est complètement galvaudé !

    Maintenant il faut s’entendre :
    « moi je ne pense pas que la mère (et quid du père d’ailleurs ??) doive tout faire pour le bien de son enfant. »

    ça nous ramène direct à « qu’est ce que faire le bien d’un enfant » ;o) Mon « bien » n’est pas forcément le « bien » de la voisine… tout simplement.