La fièvre du samedi soir…

Non ce blog n’est pas mort, il est juste tenu par une Poule qui croule sous le boulot. C’est là que la Providence a eu pitié de votre gallinacée plumitive habituelle et frappé à sa porte en la personne de Ludivine, étudiante en dernière année de médecine et future médecin généraliste. Elle fait habituellement un beau travail d’information médicale sur son blog, L’ordonnance ou la vie, mais a proposé de venir ici nous éclairer sur la fièvre chez l’enfant. Je l’ai bombardée de questions et voilà le résultat. Place au Dr Poule !

Lorsqu’on est parent, la fièvre, on connaît. Généralement on sait aussi que fièvre + enfant = esprit pas tranquille et envie de consulter… mais en même temps une consultation simplement pour se rassurer, est-ce que ça vaut le coup ? Et puis si c’est rien, ça fait une consultation inutile, une ordonnance avec du paracétamol, du temps perdu, quelques fois un médecin pas sympa… Alors je fais quoi ? Pour s’en sortir avec toutes ces questions, apprenons à mieux connaître l’ennemi.

1. Quand parle-t-on de fièvre ?

Pour commencer la fièvre se définit par une température supérieure à 38°C chez un enfant (ou un adulte) au repos depuis 20 minutes et à distance du repas. C’est une réaction normale du corps à une agression. Le corps, en plein combat avec un agresseur (virus, bactérie…) envoie un signal d’alerte au cerveau qui va déplacer la température interne de 37-37,5°C vers 38°C ou plus. Cette augmentation de température “réveille” les cellules du système immunitaire (l’armée du corps composée de macrophages, polynucléaires, lymphocytes) et augmente leur efficacité, en même temps qu’elle permet de diminuer la virulence et la croissance des agresseurs. La fièvre est donc une réponse adaptée et théoriquement bénéfique lors d’une infection.

Pourtant, la fièvre est souvent traitée et ceci pour plusieurs raisons. Mais avant d’explorer ces raisons, comment mesurer la fièvre ; quel thermomètre utiliser ? Les plus répandus sont les thermomètres à infrarouges (auriculaires, frontaux), les thermomètres électroniques et ceux en verre. Les plus précis sont les électroniques et ceux en verre utilisés en rectal. Si vous vous demandez dans ce cas pourquoi les urgences des hôpitaux utilisent les infrarouges auriculaires ou frontaux, je pense que c’est pour des raisons pratiques (pas de vaisselle à faire, pas besoin de déshabiller, d’explorer en détail les parties intimes du patient, ni d’attendre pour le résultat, en plus ça fait marcher les laboratoires qui fournissent les embouts…), mais c’est moins précis. Au diable la précision, à l’hôpital, il y a d’autres moyens pour voir à quel point c’est grave !

En ce qui vous concerne, vous avez le droit d’être sérieux(se) et d’opter pour l’électronique, en rectal : mettez l’enfant sur le dos et insérez le thermomètre doucement jusqu’à 2,5 cm dans le rectum, avec un peu de vaseline au bout pour éviter les blessures de la muqueuse et on attend le bip de mesure. Pour ceux en verre, c’est la même chose, sans le bip et avec 2 minutes de mesure ; le seul risque étant la casse et une coupure.

Les autres lieux de prise de température sont moins précis comme la bouche, plutôt après 5 ans (et pas le thermomètre en verre) et où il faut bien expliquer de laisser le thermomètre sous la langue, serrer avec les lèvres pas avec les dents, ne pas parler, bien fermer la bouche, être patient… Ou l’aisselle où il faut en plus faire des calculs : + 0,5°C bouche et aisselle, mais selon les auteurs ça varie entre + 0,4 et 0,8°C bonjour la précision…

Moins fiable, la prise de température sous l'aisselle

2. La fièvre à la maison : je fais quoi ?

Pourquoi traiter ?

Combattre la fièvre du point de vue médical, n’a ni pour but de prévenir les convulsions fébriles, ni d’obtenir la disparition immédiate de la fièvre. En revanche, le traitement permet d’assurer le confort de l’enfant, la récupération de son comportement habituel avec son entourage, ainsi que sa capacité à jouer, à être manipulé par ses parents pour le change et autre, ainsi que la reprise rapide de son appétit.

Dans tous ces cas, on peut traiter, mais sans obligation. Il faut bien comprendre que la fièvre en elle-même ne pose pas de problème, si ce n’est qu’elle n’est pas agréable, et retentit sur le comportement. Donc rassurez-vous, si vous n’avez pas le “paracétamol facile”, ce n’est pas si grave ; il vous reste le traitement non médicamenteux qui peut déjà faire un bon effet.

Quelle que soit la maladie qui cause la fièvre, le traitement sera le même ; pour cette raison, lors d’une hospitalisation, la fièvre sera toujours traitée pour les raisons de confort évoquées plus haut.

Comment traiter ?

Le plus efficace est d’associer un traitement physique et un traitement médicamenteux.

Le traitement physique : il vise à augmenter les pertes de chaleur dans le but de diminuer la température interne. Pour cela, il faut enlever les vêtements en trop (laisser le strict minimum sous-vêtements ou pyjama léger), enlever les édredons ou autres enrobages de tissus inutiles, opter pour une température “basse” 18-19°C par exemple dans la pièce et proposer régulièrement de petites quantités de boissons fraîches (eau, tisane) notamment la nuit. N’hésitez pas à déshabiller votre enfant et à faire un « peau à peau » avec lui pour évacuer le surplus de chaleur vers votre peau. Si vous allaitez, donner à la demande permettra de le réhydrater par l’apport de lait, le rassurera et limitera la perte de poids s’il s’alimente peu. Les autres méthodes, telles que les bains à une température inférieure à 2°C de celle de l’enfant ou les enveloppements humides, sont actuellement abandonnées pour des raisons qui m’échappent, mais qui sont probablement d’ordre pratique (écologiques faut pas rêver non plus…).

Le traitement médicamenteux : 3 possibilités théoriques, une seule à utiliser en pratique. Ce traitement est généralement proposé à partir de 38,5°C.

Le paracétamol est LE médicament à utiliser en cas de fièvre. Il convient à tout enfant, quel que soit l’âge et est très bien toléré. La dose est de 60 mg par kg et par jour, donné en 4 prises, ce qui fait 15 mg par kg à chaque prise. Le traitement doit être poursuivi durant 48 heures, sans oublier la prise de nuit pour qu’il n’y ait pas de rupture d’efficacité… Il permet à la fois de diminuer la fièvre (antipyrétique) et les douleurs (antalgique).

L’autre option, qui n’est à utiliser qu’en deuxième recours et surtout après l’avis d’un médecin est l’ibuprofène (Advil) qui ne peut être donné qu’à partir de 3 voire 6 mois selon les auteurs, pour la fièvre. Le gros problème de ce médicament est qu’il possède les mêmes effets secondaires que l’aspirine (3ème option thérapeutique théorique) dont la famille commune est celle des AINS anti-inflammatoires non stéroïdiens, ce qui leur confère un gros désavantage par rapport au paracétamol. Les risques les plus fréquents, sont des altérations du rein, des saignements digestifs / ulcères, des déséquilibres des ions sanguins. De plus, il ne faut pas en donner à un enfant atteint de varicelle (ou rhume ou grippe), car il existe un risque de complication dont on ne sait pas grand chose, mais qui n’est pas très sympa : le syndrome de Reye qui mène à des défaillances d’organes en chaine et donc à un séjour en réanimation. Pas de panique, cela reste rare, mais disons que c’est une information intéressante à connaître pour se rappeler que les Advil et compagnie sont contrairement aux idées reçues, des médicaments pas si anodins que cela.

Restons simples et posons cette équation : enfant + fièvre = paracétamol. Pas besoin d’ordonnance, mais partiellement remboursé avec, donc à vous de voir. Théoriquement on recommande de le donner en sirop, c’est facile pour doser en fonction du poids avec la pipette. C’est la version officielle. Personnellement, je dois avouer que je suis plutôt fan de la version suppositoire en raison des excipients multiples, variés et inutiles (?) ajoutés dans les versions sirop et poudre (aspartame pour les versions sans sucre…). Dans les suppositoires, il n’y a que de la glycérine en excipient, entre 1 excipient et 6 je préfère en donner 1 seul à un enfant. Pour évaluer la dose avec les suppositoires, il suffit de choisir le dosage en fonction de la fourchette de poids, exemple doliprane suppo 100 mg pour un poids entre 3 et 8 kg. Après rien ne vous empêche de le couper en deux si votre enfant fait 4 kg. C’est sûr que c’est moins précis que pour le sirop, mais bon, on fait ce qu’on peut avec ce qui est disponible actuellement !

3. Consultation or not ?

Maintenant abordons la partie la plus délicate et probablement la plus stressante : quand consulter ? Niveau statistiques, il semblerait que la première cause de fièvre chez l’enfant soit l’infection virale des voies aériennes, ce qui va du nez (rhume) aux bronches (bronchite).

Est-ce que ça vaut le coup de consulter pour cela ? A priori non, vu que comme vous l’avez bien compris “les antibiotiques, c’est pas automatique !” et en cas d’infection virale, le traitement se résume à prendre son mal en patience et du paracétamol. En pratique, comment être sûr du diagnostic lorsque l’on est pas médecin ? C’est tout le problème. Heureusement, il y a quelques signes d’alerte que vous pouvez apprendre à repérer sur votre enfant et qui vous orienteront vers les urgences pédiatriques. Si tous ces signes sont absents, soyez rassuré(e).

Globalement toute situation peut amener à voir le médecin traitant / pédiatre en premier. Cela devrait être le circuit habituel. Néanmoins, j’ai fait un petit classement, pour vous éviter de perdre du temps à aller chez le médecin, qui va vous envoyer aux urgences dans les situations où il va de toute manière falloir hospitaliser, au moins pour surveiller quelques heures. D’ailleurs, ne vous inquiétez pas forcément si on vous propose l’hospitalisation lors de la consultation, c’est plutôt par prudence ; un enfant, surtout avant deux ans, peut voir son état de santé se dégrader très vite. Mieux vaut hospitaliser pour une surveillance 24-48 heures que de trop attendre et devoir lancer un traitement à la dernière minute, où la phase de récupération de l’enfant sera plus longue.

Les signes où il est inutile de consulter :

Fièvre isolée de moins de 3 jours, sans aucun autre signe. Dans ce cas, impossible pour le médecin de dire de quoi il s’agit. Il va vous dire : on attend et va prescrire du paracétamol = vous auriez pu le faire vous-même !

– Enfant supportant bien la fièvre, continue à manger normalement, ne se plaint pas plus que ça. Idem, on attend de voir comment ça évolue.

Nez qui coule + toux (sans impression qu’il va s’étouffer dans la minute). C’est viral dans presque tous les cas, donc à part le nettoyage du nez plusieurs fois par jour, l’hygiène et le réconfort, pas grand-chose à prescrire pour le médecin.

Les signes qui vous emmènent chez votre médecin :

– la fièvre ne passe pas au bout de 3 jours

– l’enfant présente une éruption cutanée, des tâches roses pâles, plus ou moins nombreuses, qui grattent ou pas et qui sont apparues deux à trois jours après le début de la fièvre. Il s’agit probablement d’une infection virale, parmi les nombreuses maladies éruptives de l’enfant possibles (selon les vaccins faits). Le traitement est le plus souvent : paracétamol + repos. Mais une consultation est nécessaire pour vérifier qu’il n’y a pas de complications et évaluer le risque de contagiosité ainsi que les mesures d’hygiène à prendre.

– l’enfant est “fragile” c’est à dire qu’il est atteint d’une maladie chronique grave telle que la drépanocytose, une immunodépression, une maladie systémique etc. Dans ce cas, un avis médical s’impose, par précaution.

– vous remarquez des douleurs à la moindre mobilisation d’une jambe, d’un bras et toujours le même. Il s’agit probablement d’une infection d’une articulation (ostéo arthrite) ; des examens seront nécessaires pour en savoir plus sur la nature de l’attaquant.

– les selles sont anormales et vous remarquez des glaires avec du sang. Il s’agit probablement d’une diarrhée bactérienne = nécessité d’une prescription d’antibiotiques avec examens complémentaires.

vomissements / diarrhées avec une alimentation encore possible = gastro-entérite aiguë. Ne pas tarder à consulter si l’enfant mange de moins en moins ou si il vomit ce qu’il mange. Proposez lui toutes les 10-30 minutes de petites quantités de boisson type SRO (soluté de réhydratation orale disponible en pharmacie sans ordonnance) ou encore mieux la tétée si vous allaitez. Le lait maternel contient de la lactadhérine (glycoprotéine) qui permet de bloquer la multiplication du rotavirus, souvent responsable de gastro-entérite aiguë, ainsi que des oligosaccharides (glucides) qui participent au maintien et à la restauration d’une flore bactérienne intestinale sympathique. Si vos tentatives de réhydratation échouent, consultez. Votre médecin va peser l’enfant pour estimer la perte de poids liée à la déshydratation (vomissements / diarrhées = perte d’eau +++). Dès 5% de perte de poids par rapport au poids antérieur et selon l’âge, ce sera hospitalisation, pour poser une perfusion de réhydratation au minimum.

– si la fièvre apparaît au retour d’un voyage dans un pays étranger (dans le mois qui suit le retour). Risque de maladie infectieuse selon le pays (paludisme, fièvre jaune…).

Les signes qui vous font appeler le SAMU ou aller aux urgences pédiatriques rapidement :

– l’enfant a du mal à respirer, il est bleu (cyanosé), a les côtes qui sont anormalement apparentes lorsqu’il respire, il respire beaucoup plus vite que d’habitude, vous avez l’impression qu’il s’étouffe. Il va lui falloir au minimum un apport d’oxygène au masque, d’où une hospitalisation, même courte.

– l’enfant ne mange plus, il ne boit que la moitié ou moins de la moitié de ses biberons, de ses repas et refuse les boissons ou la tétée si vous allaitez. Il va rapidement se dégrader si son corps ne reçoit pas les nutriments indispensables à sa défense.

– l’enfant a moins de 6 semaines ou moins de 3 mois si c’est un prématuré (retrancher les mois de prématurité).

– il convulse. Il va falloir déterminer si les convulsions sont liées à la fièvre (généralement pas grave) ou à autre chose ; des examens complémentaires seront probablement nécessaires.

– apparition de purpura, n’importe où sur la peau. Ce sont des tâches rouges foncées et violettes qui ne disparaissent pas lorsque l’on applique un verre ou une règle transparente dessus, ce qui signifie que du sang est en dehors des vaisseaux sous la peau (attention ! ces taches sont différentes de celles des infections virales telles que varicelle ou rougeole qui sont plus claires, roses rouges). Si ces tâches augmentent en nombre en quelques heures et deviennent de plus en plus étendues avec en général une fièvre élevée vers les 40°C > Réflexe = appeler le 15 ou aller aux urgences pédiatriques immédiatement. Ce signe est le reflet d’une infection bactérienne à méningocoque qui provoque des hémorragies (d’où le sang sous la peau) et qui peut tuer si on ne réagit pas rapidement. Aux urgences, le médecin confirmera qu’il s’agit bien de cette maladie (voir ici pour la photo de purpura fulminans), puis il injectera immédiatement une dose d’antibiotique pour contrer l’infection.

– l’enfant ne supporte pas qu’on le touche, pleure et est inconsolable ou si il est plaintif, somnolent, peu réactif à vos attentions et a un comportement inhabituel avec une fièvre élevée (supérieure à 38,5°C), ou présente une raideur du cou. Ces signes témoignent d’un retentissement au niveau du cerveau. Il vaut mieux ne pas attendre pour partir à la recherche de l’explication de ce changement de comportement. Des examens seront nécessaires pour éliminer une méningite (atteinte des enveloppes du cerveau).

– l’enfant vomit ou a des diarrhées importantes et refuse de manger ou boire plusieurs repas / biberons/tétées de suite. Si les diarrhées sont accompagnées de sang, si l’enfant a un teint très pâle > ne pas attendre, il va falloir apporter de l’eau et des ions (perdus dans les vomissements / diarrhées), voire plus et éliminer une possible infection bactérienne.

Maintenant que vous avez lu ce paragraphe et que vous vous dites “punaise, tout ça, le stress !”, relisez le premier paragraphe : les infections des voies aériennes sont les plus fréquentes ! Voilà, vous pouvez respirer…

4. Convulsions et fièvre

Un petit mot sur les convulsions lors de la fièvre, encore appelées crises convulsives fébriles. Bien que très impressionnantes, elles sont rarement graves. Le plus souvent elles surviennent avant 2 ans, sont peu fréquentes avant 6 mois et après 5 ans. Les risques sont plus grands si une personne dans la famille en a déjà présenté, ce qui sous-entend une susceptibilité génétique. Toute fièvre bactérienne ou virale peut provoquer des convulsions.

Le paracétamol ne permet pas la prévention des convulsions, qui apparaissent dans les premières heures d’une fièvre supérieure ou égale à 39°C et correspondent en quelque sorte à la “surprise” du cerveau face à l’augmentation intense de la température. Les cellules sont à ce moment là ultrasensibles au moindre signal (hyperexcitabilité cérébrale) et vont interpréter de manière exagérée toute information transmise, ce qui crée une réponse explosive, déclenchant la crise convulsive.

Les cas pour lesquels les convulsions ne sont pas alarmantes :

– âge : 1 à 5 ans

– durée de la crise convulsive de mois de 10 minutes

– les convulsions atteignent tout le corps

– après convulsions, l’enfant est rapidement dans son état normal, il parle, peut marcher etc.

Les cas pour lesquels il y a un doute sur l’évolution :

– âge : moins de 1 an

– convulsions longues supérieures à 10 minutes

– les convulsions ne touchent d’une partie du corps, ou ont commencé par des signes localisés (bras, bouche…) avant d’atteindre tout le corps

– après la crise, le retour à un comportement habituel est long

– l’enfant a déjà eu des problèmes au niveau du cerveau (antécédents de méningite par exemple)

Dans tous les cas, un enfant faisant des convulsions en cas de fièvre, doit idéalement être examiné afin d’éliminer une infection du cerveau / système nerveux central ; la ponction lombaire permettant de faire la part des choses.

Si votre enfant a déjà fait une convulsion fébrile, sachez que votre médecin peut vous prescrire des suppositoires de diazépam (Valium) à utiliser en cas de récidive des convulsions si celles-ci durent plus de 3 minutes. Cela ne vous dispense pas d’aller ensuite aux urgences !

5. Morale de l’histoire

Toutes ces connaissances, utiles pour pouvoir évaluer le degré de gravité d’un état fiévreux représentent la partie médicale de l’affaire, la partie émergée de l’iceberg lorsque l’on est parent. Un petit coup de paracétamol c’est bien sympa, mais il reste toute la partie gestion de l’humeur, du comportement des enfants lorsqu’ils sont malades. Dans ces cas là, quoi de mieux que l’effet placebo des bisous, câlins et autres attentions pour aider à supporter la fièvre et généralement la maladie ?

Sans me lancer dans ce qui pourrait faire l’objet d’un autre article, il est intéressant de relier les observations de la Poule, concernant l’association qui existe plus ou moins dans tous les esprits entre symptôme/maladie et besoin d’un médicament. Je partage son avis sur le fait que les désordres de santé minimes pourraient facilement être “désassociés” des médicaments et ce, dès l’enfance. Bien entendu, sans tomber dans l’excès inverse qui serait le refus de toute médication ! Trouver un juste milieu qui pourrait par exemple être de traiter en premier lieu avec les pansements psychiques tels que le soutien, l’encouragement ou encore suivre soi-même les conseils dispensés à nos enfants pour leur prouver que c’est possible etc. Si ces premiers traitements ne marchent pas, recourir alors sans hésitation aux médicaments.

Ce discours, bien qu’allant à l’encontre des attitudes actuelles, que ce soit médicales ou sociétales (je dois être un parent parfait) est un appel à avoir confiance en son intuition, son jugement, grâce à la connaissance que nous pouvons acquérir par l’observation et les soins que nous accordons à nos enfants. Qu’ils aient quelques semaines ou des années de vie, nous les connaissons bien ; et l’expérience que l’on peut avoir lors des consultations médicales témoigne bien du fait que ce ne sont généralement pas les parents les plus attentifs à leurs enfants qui commettent des erreurs aux issues malheureuses. Arrêtez de vous stigmatiser si vous ne cédez pas à la tentation immédiate de la molécule magique ! Mieux vaut une bonne surveillance de l’évolution, qu’un médicament et une confiance aveugle dans son action “scientifiquement démontrée”…

 

Crédit photo : Trombouze, Vabellon

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110 Responses to “La fièvre du samedi soir…”

  1. zazila dit :

    super ! je mets cet article dans mes favoris…. mieux, je l’aimante sur le frigo !

  2. Très intéressant et très bien expliqué. Merci.

  3. mamanwhatelse dit :

    waouh quel boulot!!! je forwarde de suite à mes amies nouvelles mamans!!!

  4. Ah la fièvre, vaste sujet !
    Je suis du genre à avoir le « thermomètre facile » surtout après un épisode d’hospitalisation à 2,5 mois

  5. Magnifique.
    Vraiment ! Tout est bien expliqué, on comprend tout… Bon, le purpura tout ça, ça fait un peu peur, mais au moins là on sait à quoi ça ressemble.

    Ça me rassure de savoir que je ne suis pas une mère indigne lorsque je n’emmène pas immédiatement ma fille chez le médecin quand la nounou constate 38,5° de température ! Je veux savoir comment elle est, puis j’avise. Même si je manque d’expérience, j’essaye de faire marcher mes neurones à moi et mon intuition.

    Merci pour ce billet, à la Poule et à Dr Poule !!

  6. rysy dit :

    Merci La Poule d’être autant occupée (bon courage quand même 😛 ), cela nous faire découvrir d’autres poules ! Article super utile, merci beaucoup, La Poule Docteur 😛 .

  7. pâte à crêpe dit :

    THE article à potasser et à avoir sous la main pour rester pragmatique!
    Ici la fièvre liée au rhume entraînait quasi systématiquement une otite alors nous consultions à chaque fois pour vérifier les tympans, en attendant les heures ouvrables des généralistes.
    A la dernière otite, on a quand même halluciné de voir le thermomètre monter à 40,8° et notre crêpe tout guilleret, un peu bleu mais l’air en pleine forme!

    Par ailleurs, ironie du sort, je sors tout juste de 4h de salle d’attente d’urgences pédiatriques pour la belle entaille à l’arcade que s’est faite la crêpe au parc et le mot que j’ai le plus entendu c’est « la fièvre »! Les bébés de 3 mois étaient pris en charge tout de suite et les infirmières enregistraient en soupirant les enfants plus âgés…

    Bon courage à la Poule pour ces temps bien chargés et encore merci Ludivine pour cet article!

  8. Nashii dit :

    Bel article très complet ! Cela permettra surement à bon nombre de maman de ne pas « s’affoler » trop vite.

    J’ajouterai juste deux petites choses dites par deux pédiatres différents :
    – on ne ferait plus de bain pour faire baisser la température par crainte d’un « choc thermique » si la température du bain est trop basse. (un avis?)
    – et un jour où j’étais venu consulter pour « rien » (40°C pendant 24H… finalement, roséole), la pédiatre m’avait dit « 80% des fièvres SANS AUTRE SYMPTOME passent en 3 jours, 90% passent en 5 jours… sans autre traitement que la patience ».
    Depuis, je relativise beaucoup.

  9. Fraisouille63 dit :

    Merci pour cet article très complet, et très très utile ! 😉

  10. Emmanuelle p dit :

    Alors moi, j’ai pas compris des trucs
    1. Convulsion, faut consulter « dans tous les cas » ou faut consulter que dans les cas alarmants?
    2. Est ce que Dr Poule pourrait filer des références (données évidence based) sur les convulsions, parce que « les convulsions souvent c’est pas grave », voilà qui bouleverse mes idées reçues (notamment des toubibs qui prescrivent paracetamol systématique des 38.5)
    3. Faire baisse la fièvre, cela a t il un impact sur l’évolution de la maladie?

  11. Ficelle dit :

    @Nashii, mon fiston sort de trois jours de fièvre et il vient de sortir de drôle de boutons rouges (sans pustules) sur le ventre et le cou… Je pense à la roséole, mais si j’en crois mon ami internet, ça veut dire que c’est déjà fini… Je fais rien ? (Il n’a plus de fièvre mais est vilainement relou 🙄 )

  12. Ludivine dit :

    @nashii sur le choc thermique, oui, ça se tient comme raison. C’est vrai que pour être pile 2°C en-dessous de la température de l’enfant, c’est tout de même sportif : un thermomètre dans l’eau, l’autre dans l’enfant, et vérification ultime avant tout contact entre les deux… y’a plus simple en effet !
    Pour la fièvre qui passe toute seule, clairement oui en 3 à 5 jours pour la grande majorité des infections (qui restent virales). Si il y a autre chose, c’est là qu’il faut se poser des questions, d’où l’intérêt de connaître les signes d’alarmes. Après, résister 5 jours à la tentation de se rassurer en passant par la case consultation… pas toujours facile.

  13. @Ficelle, tu n’as pas la crèche aux basques dans ce genre de cas ? parce qu’ici c’est le moteur n°1 de consultation 🙄

  14. Ludivine dit :

    @Emmanuelle 1. dans l’idéal, il faudrait consulter pour toute convulsion, pour vérifier que la convulsion que l’on suppose due à la fièvre, n’est pas due à autre chose. Je n’ai peut être pas assez insisté sur les détails, mais les convulsions dans la fièvre ne sont pas liées à une lésion (= une blessure, une anomalie) dans le cerveau. Le cerveau est « normal », et seulement « hyperactif » en raison de la température plus élevée qu’à l’habitude. Pour un médecin, tout l’enjeu lorsqu’un enfant fait une convulsion est de vérifier que justement il n’y ait pas de lésion ; on cherche simplement par les examens complémentaires et l’interrogatoire, à écarter toutes les autres hypothèses avec lésion telles que méningite, méningo-encéphalite, etc.
    2. Les toubibs qui prescrivent paracétamol systématique, ben c’est pour ne pas « rien prescrire ». On nous a appris qu’à partir de 38.5°C on pouvait prescrire du paracétamol, alors, faut avouer qu’on le fait sans réfléchir. Pour les preuves à l’EBM, j’avoue que je n’ai pas cherché – c’est mal je sais ! – à vérifier si ce que disait mon livre de pédiatrie était vrai. Référence de mon livre : pédiatrie aux éditions masson 4ème édition (600 pages de bonheur).
    3. Non, c’est comme dit, juste pour le confort de l’enfant.

  15. Ludivine dit :

    @Ficelle, en théorie, oui c’est fini… le traitement officiel c’est le paracétamol pour la fièvre, sinon c’est tout. Si sa mauvaise humeur passe, c’est qu’il a bien géré l’affaire. Juste une précision : si pas de consultation, noter la date de l’épisode dans le carnet de santé (comme ça on sait qu’il l’a déjà faite), évidemment faut être à peu près sûr que ce soit ça

  16. valentine dit :

    Merci pour cette article bien complet… 😉
    Bon ici (je touche du bois…) très rarement de fièvre… et si il y en a je donne belladonna 9ch toutes les heures.

    Par contre je ne suis pas « fan » de tout ce qui se met dans le rectum 😕

  17. Ficelle dit :

    @La poule pondeuse, ces trois derniers jours, il n’avait que de la fièvre donc il a pris du Doliprane à la maison et à la crèche (3 par jour ont suffi…) et il a sorti les boutons hier, c’est la crèche qui m’en a informée (c’est la puer qui m’a dit que ça devait être une roséole, en insistant sur le fait qu’elle n’avait pas le droit de délivrer un diagnostic 😉 ). Aujourd’hui il est avec moi, encore patraque mais je me dis qu’on verra lundi pour la consult’ au cas où il est toujours marbré 🙄

  18. Ficelle dit :

    @Ludivine, ben j’avais fait ça pour la varicelle de mon aînée (inscrire dans le carnet de santé). Et je l’avais fait au crayon, craignant de me faire engueuler par le pédiatre, qui d’ailleurs ne m’a pas cru quand je lui ai dit qu’elle l’avait eu, mais sans gravité (quelques pustules, pas de grattage – elle avait 10 mois environ et toute la crèche était contaminée). « Vous auriez du l’amener… » S’il avait pu, il aurait gommer l’inscription au crayon 🙄 (J’ai changé de pédiatre depuis 😉 )

  19. Béatrice dit :

    @Ficelle, Roséole, y’a rien à faire … les boutons disparaissent en 24 à 48 heures. (testé avec P’tit Mec N°4, température à 40° pendant 24h, urgences pédiatriques, rien trouvé, paracétamol, et puis petits boutons roses 24h …).
    Bon, maintenant je vais lire le billet !!

  20. Béatrice dit :

    @Béatrice, Arglll, j’avais pas vu la réponse de Ludivine …. 😳

  21. AnSo dit :

    ça fait plaisir de voir un article par ici, même par délégation ! bon courage la Poule en attendant 😎

    article super, je crois que je vais l’imprimer pour mes beaux-parents… chez nous la fièvre c’est 40 ou rien, impressionnant mais rare, et ça passe toujours en 4 jours max. en gros au bout de 3 jours si ça persiste je vais voir le médecin pour qu’il vérifie qu’il n’y a rien que l’enfant n’aurait pas mentionné, et il me dit d’attendre encore 48h si rien de spécial ne se passe.
    mais je passe pour la mère indigne… les grands parents s’inquiètent, le père aussi, et j’ai des situations vaguement embarrassantes : arrivée à la garderie un peu tôt il y a 2 semaines, le petit toussait bien depuis quelques jours, et l’animatrice me dit comme ça spontanément « vous l’emmenez chez le médecin ». ben non en fait 😳 (il me redonnerait juste de la ventoline, j’en ai déjà, ça va aller le petit est en forme quand même merci)

    une remarque sur le traitement du symptôme fièvre : quand j’étais en chimio un des risques du traitement est lié à la chute des globules blancs que ça entraine, et donc au fait que ça diminue la capacité de l’organisme à se défendre tout seul. du coup l’oncologue m’avait dit que dans la mesure du possible, si j’avais de la fièvre elle préférait que je ne la traite pas pour pouvoir suivre l’évolution des choses plutôt que je sois sous paracétamol ce qui aurait masqué l’évolution spontanée de la fièvre. en gros c’était une question de confort…. je confirme que 48h entre 38 et 40 de fièvre, ça n’est pas agréable, mais ça se fait!
    évidemment si on veut aller bosser quand même ça n’est pas l’idéal, mais je n’ai pas ce problème en ce moment 😈

  22. minarenan dit :

    Merci pour cet article!
    Juste une remarque sur la prise de température rectale : J’ai du emmener ma fille d’un mois et demi aux urgence pour une légère fièvre (le 15 m’a demandé de l’emmener même si avec les traitements physiques sa température avait baissé). Ils lui ont pris régulièrement la température (thermomètre électronique) sous le bras et par le rectum mais ils ont fait confiance à la température sous le bras plutôt qu’à la température rectale en me disant que souvent chez les tout-tout-petits elle n’était pas fiable du tout … 😕

  23. mariemeije dit :

    Je me permets un petit complément : le bain est déconseillé car il risque de faire chuter trop rapidement la température (même si on le fait « correctement » à -2° etc). Or ce que le cerveau a du mal a tolérer ce sont les changements rapides de température… dans un sens ou dans l’autre, d’où un risque de crise convulsive. Dans le bain, je vous laisse imaginer 🙄

    Bonne chance pour les ECN Ludivine 😎 et merci de venir animer le blog de notre Poule préférée !

  24. Hélènou dit :

    @Nashii,

    Oui, il y a eu des cas, où l’adulte voulant faire baisser la fièvre, donnait un bain froid. (genre 13°C)
    D’où un choc thermique assez ‘violent’!
    C’est pour cela qu’on a arrêté de dire aux parents en cas de fièvre de donner des bains.

    Ceci dit, les bains donnés à bonne température, sont véritablement efficaces.

    Les enveloppements frais aussi (et peut-être plus facile à réaliser). Mais ce n’est pas très confortable pour l’enfant sur le moment.
    En tous cas à l’hôpital, les enveloppements sont toujours utilisés.

  25. opale dit :

    Assez d’accord avec toi Ludivine sur le fait que je n’ai pas recours systématiquement aux médicaments avec ma fille !
    Certains parents ont la main qui va un peu trop vite dans la boite à pharmacie pour des « petits bobos » !
    Bien sûr que j’utilise moi aussi des médicaments pour ma fille mais avant de lui en donner, j’analyse sur la gravité du problème, puis-je lui apporter mon soutien qui l’aidera, y a t-il une alternative naturelle à ce petit mal ?
    Je n’ai pas une confiance « aveugle » dans les médicaments …
    Sinon, moi aussi je préfère les suppos quand ma puce a besoin de paracétamol, je trouve qu’il y a moins de « m…. » dans le suppo que dans le sirop rose avec aspartame et compagnie … en plus, c’est plus rapidement efficace en vois rectale qu’ orale, je trouve …
    Bonne idée la Poule d’avoir fait participer Ludivine car la fièvre est un problème récurrent chez les enfants …

  26. emilie dit :

    Merci pour cet article qui repose les bases. Peut-être à faire lire à ma nounou qui voudrait que j’emmène mon loulou chez le médecin dès que le nez coule. Alors quand il y a de la fièvre, elle peut être encore plus insistante. En même temps quand mon loulou a de la fièvre, il est pénible, il dors mal (cauchemards…) et surtout il ne mange plus rien. Comme c’est une crevette, je le fais caburer au paracetamol dès 38°. ça m’évite qu’il perde trop de poids… Et en général ça passe tout seul sauf si c’est une otite mais en général on l’entend avant que la fièvre n’arrive.

  27. opale dit :

    @La poule pondeuse, à la crèche où est ma fille, au moindre petit mal, ils te demandent d’aller chez le médecin …j’avoue ici en anonyme :mrgreen: que j’ai déjà dit que je l’avais emmené et c’était pas vrai 😉
    Oh, la mère indigne !!!

  28. Clot dit :

    Bravo pour cet excellent article ! Je me tâte à l’imprimer pour le faire lire à la directrice de la crèche, qui m’appelle régulièrement pour me dire « rien de grave, mais il a 38°C depuis deux heures, donc je vous préviens pour que vous puissiez prendre vos dispositions pour consulter ». Heureusement que j’ai des médecins dans la famille, sinon au début, j’aurais effectivement rendu visite à la pédiatre plus souvent que nécessaire 🙂

  29. Ludivine dit :

    @Ficelle, il est vrai que toucher au carnet de santé, c’est une sorte de sacrilège lorsqu’il s’agit de remplir les cases autres que celles réservées aux parents. Je pense que bon nombre de médecins ne seraient pas d’accord avec moi sur ce point. Mais du moment qu’il n’y a pas de consultation (et cela le médecin ne peut rien y faire) je trouve qu’il vaut mieux que les parents notent l’épisode avec une vraie date, plutôt que de ne rien noter et d’être après dans le flou sur les antécédents de l’enfant, parce que personne ne se souvient de quand c’était… En plus au crayon de papier, c’est un semi-sacrilège… Pour le convaincre, joindre une photo de l’enfant au moment de la maladie avec zoom sur les boutons, les médecins aiment ça et en plus, ça peut permettre de confirmer si c’était bien ça 😉

  30. Ludivine dit :

    @AnSo c’est vrai qu’avec des traitements comme les chimiothérapies, il vaut mieux pouvoir suivre l’évolution afin de ne pas « masquer » une infection dont le seul symptôme pourrait être la fièvre. Le principe est le même pour toutes les maladies, mais le confort… ce n’est pas rien non plus. Après, en dehors des chimiothérapies, c’est une question de probabilité : sachant que dans la grande majorité des cas chez l’enfant (et chez l’adulte) les fièvres sont causées par des virus et que nos défenses sont efficaces, le traitement de confort de la fièvre est un « bon investissement ». Par contre, chez les personnes ayant un système immunitaire affaibli (immunodépression), comme lors des traitements par chimio par exemple, il vaut mieux pouvoir surveiller que la disparition de la fièvre est bien liée à la guérison et non au paracétamol (avec poursuite de l’infection de manière sournoise).

  31. Ludivine dit :

    Merci à toi d’avoir accepté ma proposition et merci à tous pour les supers et sympathiques commentaires 😉

  32. Ludivine dit :

    @minarenan intéressant… je n’avais jamais entendu cette hypothèse où la température rectale ne serait pas fiable pour le nouveau-né. Ont-ils précisé un âge ? De prime abord, cela me semble un peu étrange, car la température rectale est celle qui fait référence car c’est en quelque sorte la « plus interne » qu’il soit possible de mesurer (c’est d’ailleurs cette mesure en intra-rectal que l’on utilise pour estimer la température lors des autopsies – avec un thermomètre spécial = 15 cm dans le rectum). Peut-être est-ce encore car le thermomètre est mal inséré ce qui est possible si l’enfant n’a pas envie de rester tranquille. Évidemment il se peut que des éléments m’échappent, mais cette idée me semble mystérieuse… Si jamais je croise un urgentiste, je lui poserai la question.

  33. Anonyme dit :
  34. @Ludivine et Ficelle, moi j’ai beaucoup écrit dans le carnet de santé de mes enfants, j’ai même ajouté des pages afin de pouvoir noter toutes les visites et autres petits trucs tels que « prise d’une ampoule de vitamine D tel jour » ou les médicaments prescrits (allopathie et homéopathie).
    En ce qui concerne la varicelle de mon fils de 2ans 1/2, le médecin m’a crue sur parole parce qu’il n’a pas pu examiner le petit monstre qui était dans une phase aigüe de phobie des docteurs (débutée après un tirage sur le zizi brutal et sans demander mon avis, effectué par le pédiatre).

  35. Opale dit :

    @Clot, en fait, c’est un peu le « protocole » des crèches je crois, car en cas de problème, ils peuvent se décharger étant donné qu’ils t’auront appeler pour te prévenir …
    Mais c’est vrai que c’est parfois un peu chiant surtout si ta directrice ne fait pas la part des choses, la mienne (de directrice) ne fait pas non plus trop la part des choses mais avec le temps, cela va mieux car elle voit que je relativise pour les petits maux et elle se détend un peu la dame 😆
    En même temps, j’avoue que j’aime bien qu’on me prévienne dès qu’il y a quelque chose … (un peu chiante …, non, non 😳 )

  36. Hier soir a débuté un nouvel épisode de fièvre sans autres symptômes… Du 38° que je laisse un peu tranquille (un peu de dolipr*ne pour le confort de ma Poussin de 3 ans, mais pas trop souvent)… Il faut que je retourne lire en détail tout l’article de Ludivine…
    On était quel jour hier soir déjà ? Samedi soir bien sûr ! (donc il faut attendre lundi pour voir le docteur, éventuellement) 😉

  37. La source dit :

    […] tout ce qui est tenu pour acquis. Par exemple, j’ai écrit récemment un article invité sur la fièvre chez l’enfant, et pour justement éviter d’avoir trop de questions sans réponses, je me suis lancée dans […]

  38. Hélènou dit :

    @minarenan,

    On évite de prendre la température en rectal car c’est plutôt traumatique (risque de petite fissure notamment) et/ou traumatisant. Ceci dit, si elle est bien prise (l’embout du thermomètre bien dans le rectum et non entre les plis des fesses par exemple) elle reste fiable.

    Les thermomètres auriculaire sont utilisés le plus souvent car c’est le plus simple d’utilisation (en temps, en nettoyage, …) chez les grands enfants (plus d’un an).
    Par contre, dès qu’on a un doute, on préfère prendre la température en axillaire, qui est tout aussi fiable que la température rectale si elle est bien prise.

  39. clo dit :

    Oufff!!! Je lis que j’ai bien fait d’aller faire un tour aux urgences samedi dernier… même si je suis repartie quelques heures après rassurée avec mon bébé sous le bras.
    Fievre ++ qui ne baisse pas
    refus de manger
    diahrée
    enfant apathique
    (et urgence plutot que medecin de garde car pas de medecin de garde dans le bled où nous étions ce we là)
    n’empeche, j’ai aussi tendance à laisser trainer un peu voir ce que ca donne. Quand mes loulous ont de la fievre mais mangent correctement et sont pas trop abattus je laisse courir… le truc difficile, ici comme ailleurs c’est de noyer le poisson face à l

  40. clo dit :

    @clo, face à la nounou (j’ai pas eu le temps de fini 😉

  41. Céline dit :

    Merci beaucoup de cet article très complet.

    le pédiatre qui suit Benoît, m’avait dit pas de bains car il faut être très précis dans la température, et cela augmente les risques de convulsion, par contre refroidir les extrémités (tête, mains, pieds) avec un gant humide est une bonne alternative.
    Il est complètement « anti-advil », dans le sens où pour lui cela ne doit être donné que sur avis médical et il aurait tendance à dire qu’il faudrait que ce ne soit en vente que sur ordonnance et pas en libre comme actuellement… Lui il est plutôt pour rapprocher les prises de paracétamol que faire de l’alternance. Mais idem c’est sur avis médical qu’il préconise de rapprocher les prises.

    pareil que d’autres le plus dur : la pression sociale « quoi il a 39° de fièvre et tu ne l’emmènes pas chez le toubib ?? », la dernière fois j’y suis allée au 4ème jour de yoyo de fièvre et j’ai eu droit « à son âge jusqu’à 5 jours de fièvre inexpliquée c’est pas grave, au-delà on fait des analyses, donc rappelez moi après demain si ce n’est pas tombé. » Et bingo le lendemain plus rien…

  42. sophie dit :

    Merci pour cet article très complet et clair.
    C’est idiot (même totalement cruche) mais j’ai toujours du mal à déshabiller mes filles quand elles ont de la fièvre, j’aurais plus tendance naturellement à les mettre dans leur lit avec une tonne de couverture :roll:. Mais je me fais violence et elles se retrouvent en culotte avec un gant de toilette humide sur le front.
    Comme toutes, mes visites chez le médecin sont dictées par les impératifs de la crèche dont la directrice m’appelle dès le moindre écart de température… difficile de répondre à « Votre fille a 38° » par un « Et alors ? » même si on le pense 😉
    Bon courage la Poule pour l’avalanche de boulot !

  43. pâte à crêpe dit :

    @sophie, on est deux cruches alors, parce que moi c’est pareil, j’ai beaucoup de mal à le laisser les jambes à l’air… Il faut dire que c’est mon envie quand j’ai de la fièvre (et même sans fièvre d’ailleurs… 🙄 ): 3 pulls et la couette pour « une bonne suée qui fait sortir ce qu’il faut » comme dirait une copine!
    On apprend, on apprend….!

  44. sophie dit :

    @pâte à crêpe, je me sens moins cruche alors 😉

  45. Sorin dit :

    Bonjour,

    J’ai deux enfants et j’avais beaucoup de ce genre de soucis.

    Personne ne veut avoir des enfants qui pleurent la nuit et qui ont la fièvre, ou qui tombent malades souvent et le week-end.

    Un soir après mon travail, en faisant la queue dans la salle d’attente de chez mon médecin traitant, pour mes deux garçons qui vont bientôt avoir neuf et cinq ans, j’ai eu envie de demander à ma femme :

    « Nous sommes abonnés chez notre médecin ou quoi? C’est pratiquement chaque mois que nous lui rendons visite. Nos enfants tombent toujours malades. J’en ai assez ».

    J’ai découvert ensuite une solution naturelle qui n’est pas la réponse à tout, mais qui nous a beaucoup aidé. Je ne pourrais plus m’en passer :

    http://bit.ly/ekgf1f

    Bien amicalement,

  46. Aotte dit :

    Super cet article, merci a Ludivine!

    Je suis aussi du genre a laisser trainer un peu, en general au moins 48h et surveiller d’eventuels boutons (d’ailleurs je crois que la roseole est passee par ici aussi il y a peu..)
    Par contre, ici, je trouve qu’ils sont un peu rapide dans le degainage du Nurofen. Ils te disent direct d’alterner.
    J’avoue que ca a ete efficace sur notre minette. Mais j’ai toujours des scrupules a en donner.

    Par contre, je crois que je vais investir dans un thermometre infrarouge car apres 3 semaines de fievre et suppo il ya quelques mois, notre poulette ne supporte plus de voir ni l’un ni l’autre. (et a pres de 3 ans, on se debat et je n’ai pas envie de la blesser meme avec un rectal en plastique). Un thermometre qui prend dans l’oreille est il mieux qu’un frontal infrarouge? Merci bcp!

    Pour le refroidissement, on m’a aussi conseille le gant de toilette humide sur la tete pour eviter la « surchauffe ».

  47. Céline dit :

    @Aotte,

    Ici tempiotte en rectal mais j’ai investi dans n thermo auriculaire. Après changement des piles je suis très satisfaite du Thermoscan ITR 4520. Qui me donne sensiblement (0,1-0,2 points de différence parfois) la même temp qu’en rectal. Du coup au moindre doute je dégaine l’auriculaire, si je vois que ça monte je fais quand même une confirmation avec le rectal (pour vraiment être sûre, et avoir une base de comparaison) et après je fais le suivi de l’évolution par l’auriculaire uniquement.

    Sinon pendant les 30 jours de néonat de Benoît, sa temp n’était prise qu’en rectale avec le bon vieux thermomètre « à mercure qui n’a plus de mercure » (trop génial pour lire…) à chaque soin toutes les 3 heures pendant 1 semaine, puis 1 fois par jour

  48. AnSo dit :

    @Ludivine, C’est ça…
    Mais je suis bien d’accord, moi ils font du 40 de fièvre ou rien, donc le confort je vois bien. En même temps savoir que c’est du confort permet quand même de relativiser et de gérer aussi autrement: par exemple chez nous très classiquement on a 40 de fièvre, paracetamol, 3/4 d’h a une heure pour bien redescendre, et au bout de 4 h ça re-grimpe tranquillement mais surement a 40…. Du coup il y a au moins une heure avant la reprise de paracetamol où ça chauffe pas mal…. Autant savoir que ça n’est pas grave et s’organiser pour être dispo pour l’enfant quand on peut sur le créneau « chaud ». De la même manière il m’arrive de faire trainer la prise de paracetamol du soir pour pouvoir en profiter a fond sur la nuit quitte a avoir un moment un peu chaud entre 19 et 20 h…
    D’ailleurs a la garderie ils ne donnent de paracetamol qu’au delà de 39,5 ou si l’enfant n’est pas bien, sinon ils surveillent juste. Et ils ne préviennent les parents que quand ils ont donné le paracetamol. Et je ne crois pas qu’il y ait d’obligation d’aller voir le médecin, et je crois qu’ils prennent les petits tant qu’ils n’ont pas de gastro ou de maladie à boutons même si ils ont de la fièvre, a condition qu’ils soient assez bien pour supporter la journée ou les quelques heures de collectivité. Et ils pratiquent aussi pas mal la câlinothérapie si l’enfant doit attendre un peu et qu’il ne se sent pas bien 😉

    Et chez nous pas d’advil ou autre, je ne savais même pas qu’on en donnait aux enfants avant qu’une amie me dise qu’elle en donnait à son fils…

  49. AnSo dit :

    @AnSo, C’était une réponse a la réponse de ludivine mais ça ne s’est pas bien placé… Désolée, ça fait bazar…