I have a dream

sagefemme E-zabel témoignait l’autre jour sur son blog de son expérience du baby blues et de la dépression du post-partum. Il est évidemment crucial d’informer les femmes de la possibilité de l’un comme de l’autre afin de les préparer au mieux à les affronter le cas échéant ; un tel billet est un formidable moyen de communiquer sur cela et je ne vais pas ici le décrire. Ce qui m’interroge, c’est la part de responsabilité de l’entourage de la jeune mère dans ces cas. En effet, autant il est important de savoir qu’il y a des processus hormonaux qui peuvent influencer l’humeur et le comportement, de façon parfois très forte, autant je trouve que les hormones ont parfois bon dos. Une jeune femme qui pleure à la maternité ? C’est les hormones, c’est le baby blues ! Êtes-vous sûr que ça n’a rien à voir avec le fait que depuis 6 heures du matin un(e) parfait(e) inconnu(e) entre dans sa chambre toutes les demi-heures environ pour des choses aussi urgentes que la prise de température ou une photographie de son bébé ? Alors que son bébé venait enfin de s’endormir du sommeil du juste vers 5h53 ? Ou encore cette vague impression d’avoir Hiroshima entre les jambes grâce au duo gagnant forceps/épisio ? Le fait qu’il faille rendre des comptes précis sur la quantité de lait ingérée (à la goutte près) et de selles produites (description quantitative et qualitative) sur les dernières 24 heures, qui conduit généralement les mères inexpérimentées à culpabiliser d’avoir oublié si bébé a tété 12 ou 17 minutes le sein gauche à 3h54 du matin et celles qui ont plus de bouteille à mentir ? Qu’on suggère insidieusement qu’elle affame son bébé si elle l’allaite et qu’elle l’empoisonne si elle le biberonne ? Qu’elle rentre chez elle pour trouver un bazar sans nom et ne peut compter que sur elle-même pour assurer un semblant d’ordre au foyer (heureusement ceci est de moins en moins fréquent, n’est-ce pas Messieurs ?) ? Vous devez commencer à voir où je veux en venir ?

Je ne suis pas professionnelle de santé, je ne suis pas psychologue, je ne suis pas dans une association, je n’ai même pas eu de baby blues, ce qui vous donne une idée de ma légitimité sur la question, mais je voudrais partager et discuter ici quelques idées avec vous, pour mieux entourer les femmes autour de la naissance et ainsi limiter et prévenir tant baby blues que dépression du post partum.

A mon avis, une des clés de la prévention c’est la sage-femme. Pas n’importe quelle sage-femme, ma sage-femme, ta sage-femme, leur sage-femme… En clair : une femme, une sage-femme. C’est ce que j’ai eu pour la grossesse, la naissance et les suites de couches de Pouss2 et c’est tellement logique. L’accompagnement global n’implique absolument pas d’accoucher chez soi sur une peau de mouton en brûlant de l’encens et en priant mère Gaïa d’épargner son bébé. On peut avoir une péridurale, une césarienne, passer une semaine à la maternité… tout est possible en fonction des besoins et envies de la femme et de son enfant ! Bien sûr le fait que ce soit cette sage-femme qui soit présente à l’accouchement, pendant toute sa durée, et exclusivement auprès de cette femme, peut poser des problèmes d’organisation (même si les sages-femmes en accompagnement global s’y engagent), qui pourraient être résolus en créant des petites équipes (deux à cinq sages-femmes par exemple dont il y a toujours une de garde ou d’astreinte), de telle façon à ce que la femme en travail et la sage-femme qui l’accompagne se connaissent. Pour moi, bien plus qu’une batterie d’examens, c’est là la vraie sécurité médicale autour de l’accouchement. Ce n’est pas une démédicalisation de la naissance que je souhaite, c’est une autre médicalisation. La sage-femme est compétente pour déceler toute pathologie et y répondre, que ce soit en pratiquant les premiers gestes (réanimation du bébé, délivrance artificielle, prescription de médicaments, etc) ou en passant le relai au médecin. Et ce dernier cas ne veut pas dire que la sage-femme ne peut pas garder sa place auprès des parents, afin d’assurer cette continuité si précieuse, qui lui permettra aussi de déceler les premiers signes d’une pathologie.

Je vais caricaturer*, mais à votre avis qui est plus à même de détecter une dépression du post-partum ? Le gynéco que vous voyez un quart d’heure dont la moitié les jambes en l’air ou la sage-femme qui vous reçoit trois quarts d’heure à parler de votre grossesse et de votre accouchement ? Et lors d’un accouchement, qui voit en premier que quelque chose ne va pas : la sage-femme qui court entre plusieurs femmes en travail en surveillant des monitorings continus (dont l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé reconnaît d’ailleurs qu’ils n’ont pas de meilleurs résultats qu’une écoute discontinue tout en entraînant plus d’interventions comme les césariennes) ? ou celle qui est auprès de la parturiente, qu’elle a appris à connaître au cours des derniers mois, et qui verra tout de suite une pâleur, un tremblement ou tout autre signe subtil potentiellement annonciateur d’un problème** et déclenchera immédiatement les tests médicaux ad hoc pour confirmer ou infirmer cette suspicion ? A qui la femme aura-t-elle plus de facilités à dire son ressenti, à confier une intuition que quelque chose ne va pas pendant l’accouchement, à avouer ses faiblesses, son découragement, ses difficultés après la naissance? Quelqu’un qu’elle a vu trois fois entre deux portes ou quelqu’un avec qui elle a noué une vraie relation de confiance ?

Il a été établi à de nombreuses reprises l’importance des processus psychologiques pendant la grossesse (certains hélas poussant le raisonnement un peu trop loin et incriminant la mère pour absolument tout et n’importe quel problème, ce qui en plus de ne pas être basé sur grand chose d’autre que leur pifomètre est hyper culpabilisant pour les femmes qui n’y peuvent pas grand chose). Alors pourquoi ne pas s’appuyer beaucoup plus largement sur les sages-femmes, qui ont la double compétence d’accompagnement humain ET médical ? Pourquoi ne pas leur permettre ainsi d’exercer pleinement leur profession, en respectant les besoins psychologiques de la mère tout en garantissant sa sécurité physique et celle de son bébé ?

En pratique, cela ne veut pas du tout dire que tout le monde doit accoucher de la même façon, mais simplement pouvoir trouver la sage-femme (ou la petite équipe) avec qui vivre sa grossesse, son accouchement et les suites, à la maternité, à la maison ou en maison de naissance, en fonction des souhaits des parents et des impératifs liés à d’éventuelles pathologies. Les sages-femmes hospitalières pourraient voir le mode d’organisation refondé pour travailler en ce sens, quant aux sages-femmes libérales une plus grande place pourrait leur être accordée, tant dans les maternités (avec l’ouverture plus généralisés des plateaux techniques, permettant aux femmes d’accoucher à la maternité mais en n’étant accompagnée que par la sage-femme libérale, comme je l’ai fait pour Pouss2) qu’à domicile et dans les (futures) maisons de naissance. A mon avis cela serait une belle piste pour s’assurer que chaque femme a les soins dont elle a réellement besoin : ni trop, ni trop peu ; un suivi sur mesure plutôt que des protocoles rigides et pas toujours efficaces.

Concrètement, si vous êtes enceinte ou si vous souhaitez une grossesse, je ne peux que vous encouragez à chercher une sage-femme, qui deviendra votre sage-femme. Dans l’état actuel du système français, c’est souvent plus simple de chercher une sage-femme libérale, qui aura généralement plus de temps à accorder en consultation (la mienne prévoyait 40-45 minutes par consultation pré-natale, ce qui se traduisait généralement par une heure !) et qui pourra venir vous voir à la maison après la naissance (et pourquoi pas à la maternité aussi, même si ce n’est pas vraiment dans nos mœurs ?). Malheureusement, elle ne pourra que rarement vous accompagner pendant la naissance, mais si cette possibilité vous intéresse cela vaut vraiment le coup de chercher. Elle peut en tout cas dès le début de la grossesse faire le point avec vous sur ce que vous souhaitez pour votre accouchement et vous aider à choisir une maternité dans votre coin en fonction de cela. Bien sûr, si vous n’accrochez pas, n’hésitez pas à changer, je crois vraiment que le facteur humain est capital dans cette relation. N’hésitez pas à faire cette démarche, même si vous êtes dans un cas particulier (jumeaux par exemple) ou pathologique (menace d’accouchement prématuré, suspicion de malformation, etc). Pour trouver une sage-femme, outre le bouche à oreille, vous pouvez consulter les pages jaunes, l’annuaire de l’ANSFL et celui du site Périnatalité (qui est d’ailleurs plein d’infos intéressantes). Au niveau financier, les consultations sage-femme sont remboursées par la sécurité sociale ; certaines pratiquent des dépassements d’honoraires (remboursables par les mutuelles en fonction de votre couverture) mais pas toutes.

Voici enfin quelques articles du blog autour de ce sujet :

Une femme, sa sage-femme : ce n’est peut-être qu’un rêve, mais je crois qu’il est à notre portée. Et vous ?

*Ces questions un peu provocatrices ne visent pas à remettre en question les personnes et leurs compétences mais plutôt l’organisation de notre système de soins

**Dans Au monde (dont vous trouverez une fiche de lecture ici), Chantal Birman raconte qu’elle a repéré une détresse fœtale qui n’était pas visible par les examens classiques par le rire inhabituel de la mère.

Photo : affiche trouvée sur le site de l’Association Corporative des Etudiants Sages-femmes

Tags: , , , , , , , ,

205 Responses to “I have a dream”

  1. Eve dit :

    @La poule pondeuse, et ce changement hormonal existe même tard? car ma miss a arrêté de téter à 16 mois et ça a été très dur pour moi… quand je disais qu’elle ne tétait plus auprès de la famille il y avait peu de commentaires alors que moi j’aurai voulu crier « non mais vous vous rendez compte elle ne tétera PLUS JAMAIS c’est HORRIBLE!!! » 😥

  2. ISABOULE dit :

    @Opale, effectivement les têtées restent un souvenir inoubliable et émouvant. Mais on n’est PAS SEULE après ! Il y a le plaisir de préparer les petits pots bio-maison, de se prendre un « rateau » car BB n’aime pas , la surprise de découvrir les pots industriels bourrés d’oignons (oui BB aime les oignons, moi qui triais soigneusement mon alimentation pendant l’allaitement)et toute une vie ensuite !!Ne t’inquiète pas, BB remplira chaque moment de nouveautés !

  3. OPALE dit :

    @ISABOULE, oui, j’imagine que bébé remplira ma vie chaque jour de nouveautés mais se dire que c’est la dernière tétée 😥 …

  4. Zulie dit :

    Me revoilou. Je peux maintenant faire le compte-rendu de l’accouchement et du suivi post-partum en Nouvelle-Zélande, enfin, du mien si ça intéresse quelqu’un. 😆

    J’avais donc prévu d’accoucher dans l’équivalent d’une maison de naissance, suivie de la sage-femme, avec au moins une partie du travail dans la super piscine et si possible de médicaliser le moins possible.

    Evidemment, tout ne s’est pas passé exactement comme prévu puisque je saignais un peu trop. Pas de piscine donc (on ne peut pas estimer la quantité de sang perdue si je suis dans l’eau) mais douche, ce qui n’est pas mal non plus tout compte fait. Puis j’ai dû être transférée à l’hôpital car la sage-femme était un petit peu inquiète (toujours des saignements et le rythme cardiaque du bébé qui diminuait parfois pendant les contractions). Transfert donc, à dilatation complète et sans analgésique (le gaz hilarant n’a eu aucun effet sur moi), j’espère que l’ambulancier avait des boules quiès !!! 😆

    Bref, ce n’était pas exactement ce que j’avais imaginé mais ça s’est au final très bien passé, ma sage-femme et mon homme m’ayant accompagnée dans l’ambulance. J’ai beaucoup crié mais pas vraiment souffert et bébé était super en forme à la sortie.

    Les soins ont été effectués dans la même pièce, sous le regard de mon homme et après la première tétée (on nous a laissés seul pendant une bonne heure je pense), puis retour à la maison de naissance.
    Les maisons de naissance sont super ici :
    – quasiment personne ne rentre dans ta chambre,
    – les repas sont servis dans la salle à manger où on vient se servir quand on veut,
    – les sage-femmes ne donnent de conseil que si on leur demande,
    – pas de pesée avant la première semaine (on compte juste les couches et s’il y a en a assez, c’est que bébé tète bien),
    – on reste aussi longtemps que l’on veut, de quelques heures à pas mal de jours et personne ne nous retient ni ne nous chasse
    – en post-partum, ma sage-femme vient me voir à domicile toutes les semaines pendant 6 semaines je crois

    Bref, je suis (presque) prête à recommencer !
    Et je confirme qu’il est bien dommage que les sage-femmes restent sous utilisées en France car le système fonctionne très bien ici.

  5. Caramelyne dit :

    @Zulie, ca a vraiment l’air chouette. Felicitations pour le petit bout!

  6. sophie dit :

    @Zulie, Félicitations !!! ça donne envie (bon pas la partie hurlements 😉 ), c’est vraiment l’idéal ce genre de structure !

  7. sophie dit :

    @Laure, j’ai l’impression que soit ce n’est pas bien connu, soit que ce n’est pas pris au sérieux, dans le genre « vous êtes fatiguée, c’est normal avec un bébé… », « vous n’êtes pas la 1ere à avoir un bébé qui pleure beaucoup… », « vous avez de la chance d’avoir un bébé en bonne santé, alors de quoi vous plaignez vous ? »… j’ai pris sur moi 18 mois (je sais je suis lente 😉 )avant d’aller consulter, et ce fut assez libératoire !

  8. ISABOULE dit :

    @OPALE, ah la dernière têtée, snif snif … le dernier lien physique entre nous..mais n’oublie pas que ce « cordon ombilical » virtuel existera toujours : il s’appelle l’amour maternel et pour celui-là,il n’y aura jamais DE SEVRAGE !! Bon courage et tout en douceur le plus longtemps possible !!

  9. ISABOULE dit :

    @La poule pondeuse, EXACT! La bonne société -médisante et parfois un peu jalouse- se demande parfois s’il n’y aurait pas un plaisir louche dans l’allaitement ! C’est vrai qu’une « bonne têtée » est synonyme de sécrétion d’endorphines chez la Mamam, il se crée à la longue peut-etre une sorte de dépendance hormonale et surtout émotionnelle (chimie ou alchimie??). Si c’est vrai, c’est juste que la nature est bien faite, tout est prévu pour que la mêre ne laisse pas tomber son »petit » ! Dame nature, quand tu nous tient…

  10. OPALE dit :

    @ISABOULE, oui, pas de sevrage pour l’amour maternel bien sûr et je continue de toute façon les tétouilles pour le moment avec mon bébé ;-), pour le sevrage, on attendra encore un peu …

  11. Ficelle dit :

    @Mousso, j’ai fait trois séances de préparation Bonapace. Il s’agit essentiellement d’apprendre aux parents (surtout au papa) des points d’acupuncture pas trop agréables à activer pendant les contractions pour détourner l’attention de la maman + des massages bien être (toujours réalisés par le papa). Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est qu’il s’agit vraiment d’une préparation de couple, ce qui, à part avec l’haptonomie, est rare. Testé la sophro et même l’hypnose, mais pas trop mon truc non plus. Ce que j’aimerais tester pour une éventuelle troisième grossesse: la préparation en piscine et le yoga 😉 Belle fin de grossesse en tout cas!

  12. Anne Cé dit :

    @Mousso, je peux te confirmer qu’à ma connaissance, en région Toulousaine, y’a pas de plateau technique mais qu’effectivement à Lavaur les équipes sont assez ouvertes et que tu peux venir avec un(e) accompagnant(e) autre que le papa !

    c’est là où j’ai accouché pour ma fille, mais je n’ai pas pensé à solliciter ma sage-femme pour qu’elle soit présente ainsi le jour J.

  13. @Laure, c’est incroyable ça 👿 🙄 Je suis vraiment désolée pour toi que tu aies du ramer tout ce temps (et idem pour Sophie !).

  14. @Zulie, félicitations ! Évidemment que rien ne se passe comme prévu, c’est une naissance 😆 Mais le principal c’est qu’au final tout s’est bien passé 😉

  15. eosine dit :

    Je te remercie pour cet article.

    La dépression post-partum, si je ne l’ai pas faite je n’en suis pas passée loin…
    Avec aussi une histoire pas facile, un aad contrarié à la dernière écho, « ma » SF qui nous lâche par téléphone à 3 semaines du terme sans jamais reprendre de nouvelles, une écho rénale mauvaise chez le bébé à J3, une annonce catastrophique (l’échographe qui se félicite de la chance pour mon bébé malformé d’être diagnostiqué si vite), et un bébé qui fait un choc septique à 6 semaines et est hospitalisé souvent.
    Une fatigue immense et tjs pas de nuits complètes 10 mois après.

    Je n’ai pas trouvé d’oreilles à mon écoute.

  16. opale dit :

    @eosine, j’espère que tu vas mieux aujourd’hui ainsi que ton bébé, c’est logique d’être mal après tout ce que tu as vécu !

  17. AnSo dit :

    juste un petit mot tardif pour confirmer que j’adhère tout à fait!!! et sur les causes multiples de la dépression post-partumm, et sur sa détection, et sur le rôle et la compétence de la sage-femme en accompagnement global (que je n’ai pas eu pour mes 2 grossesses / accouchements, je précise 🙂 ).
    ç’aurait été mon choix pour un 3ie bébé, sans hésitation, pour le côté infiniment plus humain du suivi. et pour avoir rencontré des sages-femmes en maison de naissance, le message qu’elles font passé est très loin du suivi médical strict, et, à mon sens, néanmoins très rassurant !

  18. Anonyme dit :

    @opale, ça va plus ou moins, à part les insomnies malgré les hypnotiques…

  19. @eosine, aïe ma pauvre quel parcours du combattant ! J’espère que la suite ira en s’arrangeant.

  20. @AnSo, il faut savoir que beaucoup de protocoles hospitaliers sont là pour pallier le manque de personnel… je trouve ça plus rassurant d’avoir du personnel moi 😉

  21. opale dit :

    @, j’espère que l’année 2011 sera remplie de bonheur !

  22. emelire dit :

    BRAVO pour le bon sens de ton article sur la dépression : fatigue, nouveauté, sentiment d’incertitude, douleur, manque de sommeil, faible soutien de l’entourage (homme peu impliqué, grands mères ou belles mères mal impliquées) … oui il y a de quoi déprimer.
    J’y ajouterai sa propre histoire, celle de son enfance, qui ressort, le fait que le mari / compagnon prenne alors le visage du père : ce qui peut aussi faire ressortir une autre figure du père (le sien), donc une bonne dose de psychologie et on est absolument pas préparée à affronter tout ça, ni à le comprendre.
    La sage femme qui m’a aidée pour la 1re naissance, je ne l’avais jamais vue (et c’était pourtant une des plus anciennes de la maternité), et pour le 2e enfant, c’était en août et … des remplaçantes, des jeunes.
    C’est pas évident, même si elles étaient « bien » de n’avoir personne de référence, heureusement y’avait mon gynéco (un homme) que je voyais pour des raisons de proximité et qui se trouvait travailler dans cette maternité-là (comme accoucheur) même en plein été.
    merci pour tes articles et bonnes fêtes de fin d’année ;o)

  23. @emelire, C’est vrai que beaucoup de choses se jouent psychologiquement autour de la grossesse et de la naissance, on peut être facilement parasité par des vieux problèmes dont on n’avait même pas conscience. Sinon la sage-femme me paraît bien placée pour tenir ce rôle de référente mais bien sûr selon les cas il peut être pris par qqn d’autre (gyneco, doula, generaliste…)

  24. AnSo dit :

    @La poule pondeuse, tu ne peux pas savoir comme cette remarque tombe à pic !!!

  25. Angèle dit :

    Tiens, j’avais pas lu ce billet
    je vais chercher une sage femme tout de suite du coup !

    clairement l’entourage n’aide pas
    j’ai souvent dit que j’avais subit le babyblues pour ma 1ère grossesse, mais j’ai surtout été très fatiguée, mal renseignée et très critiquée
    Pour un 1er enfant, pas l’idéal
    je suis pas sûre d’être plus soutenue pour le 2ème
    surtout quand on m’a dit « Et celui-là, tu comptes l’allaiter ? » moi « oui »
    réponse « ah! »
    heureusement, j’accouche en juillet. En aout, mon homme est en vacances, donc je compte bien profiter de sa présence :mrgreen: et d’une sage femme maintenant 😉

  26. Opale dit :

    @Angèle, l’avantage avec un deuxième, c’est que l’on a l’expérience du premier et que l’on sait un peu plus où l’on va et surtout vers quoi on veut aller !
    Bonne grossesse et tu as bien raison de vouloir allaiter ce petit 😉

  27. Catwoman dit :

    @Angèle, que tu biberonnes ou que tu allaites, on t’embête. Et c’est pareil pour tout : qu’on fasse A, B ou W, il y a toujours des gens pour trouver à redire. Et parfois même sans mauvaise intention d’ailleurs mais tout simplement aussi que ce qui convient à une famille ne convient pas forcément à une autre. Et même avec une vision commune, on n’applique pas toutes de la même façon. Et puis on fait toutes des erreurs mais c’est la vie. Donc à un moment donné, tu fais bien comme tu sens et puis voilà. Ça n’empêche pas de s’informer, de prendre des conseils mais après, avec ou sans sage femme, je crois surtout qu’il faut apprendre à se faire confiance.

  28. Angèle dit :

    @toutes,
    Merci les filles
    vous avez toutes 2 raisons
    Clairement avec un 2ème, on a un peu plus d’aplomb.
    Et pour ce qui est de la confiance, je sais surtout que je ne reproduirais pas les erreurs du 1er et que je prendrais plus d’info pour ne pas non plus faire dans l’excès inverse.

  29. Véronica dit :

    Je ne sais quoi penser de tout ça, cela ne me touche pas, et pas de personnes de mon entourage… Comment déceler cela en fait et littéralement ne pas attribuer cette appellation à d’autres troubles ? C’est bien plus compliqué que cela en vérité et même si je me borne à suivre le fil de cette discussion, j’ai pas trop comprise le fait de tout cela. On ne peut qu’être heureuse pour ma part de profiter des bienfaits de ce cadeau de naissance tellement attendu, faire une dépression, je sens cela presque comme quelque chose de déplacer 😉 Faut pas trop se prendre le chou des fous sérieux !!! Avis à la contradiction…

  30. sophie dit :

    @Véronica, on peut être le plus heureuse des femmes d’avoir un enfant, de l’aimer plus que tout et faire une dépression du post partum… ça n’a rien avoir avec l’amour qu’on porte à ses enfants. C’est vrai que c’est compliqué, un mélange de fatigue, de choc, d’émotions submergeantes, d’histoires anciennes mal réglées … que ça peut sembler incompréhensible mais ce n’est pas « déplacé » 😯 la dépression est une maladie pas une coquetterie !
    voir cet article par exemple
    http://yahoo.mamantravaille.fr/maman_travaille/2011/03/m%C3%A8re-%C3%A9puis%C3%A9e-st%C3%A9phanie-allenou-t%C3%A9moigne-dans-un-livre-sur-le-burn-out-maternel.html

  31. Aurélie dit :

    Mon loulou a déjà 5 mois et demi, et pourtant ton texte fait encore ressurgir en moi des réminiscences des sentiments difficiles qui m’ont submergée après l’accouchement et les semaines qui ont suivi.

    Après une grossesse idyllique (j’ai eu la chance de n’avoir aucun désagrément, de faire des tas de trucs jusqu’au bout), suivie par mon gynéco (et j’en suis très contente, mais on a un ami commun qui me l’a recommandé, et j’avais sans doute une situation un peu privilégiée… bref), j’ai accumulé l’accouchement épisio-forceps-coeur du bébé qui faibli et grosse panique, l’allaitement qui se passe mal (et mon conjoint qui est « contre » l’allaitement et qui au lieu de me soutenir n’arrêtait pas de me demander pourquoi je m’acharnais)… Ca + les copines et la famille loin, qui non seulement ne peuvent donc pas donner un éventuel coup de main au quotidien, mais qui en plus débarquent tous passer quelques jours à la maison pour voir le bébé avec tout ce que ça implique de fatigue supplémentaire…
    Je crois que le contraste était trop grand, j’ai vécu les pires moments de ma vie, au niveau du moral ! (avec toute la culpabilité que ça implique, de ne pas trouver que c’est « que du bonheur »). J’aurais pu frapper ceux qui me disaient en plaisantant « ah oui, mais tu croyais quoi, qu’un enfant ce n’est pas fatigant ? Tu l’a voulu tu l’as eu ! » 👿

    Heureusement, depuis, j’ai retrouvé mon sens de l’humour et ma bonne humeur ! :mrgreen: Peut-être qu’une sage-femme qui m’aurait suivie tout du long, qui nous aurait connu mon homme et moi, et qui serait passée ensuite à la maison aurait changé quelque chose à cette situation… J’ai toujours un peu de mal à demander de l’aide et à poser des « questions idiotes », et puis c’est sûr qu’on ne sait pas toujours à qui s’adresser. (sf ? pédiatre ? conseillère de LLL ?…) J’ai pas mal été soutenue par les sf du cabinet où j’ai fait ma prépa accouchement, mais bon, c’était un peu l’usine, il y avait toujours une femme branchée au monito dans une pièce, une autre faisant sa rééduc dans une autre, les cours de prépa plus loin…

    Je m’étale, désolée, je crois que j’en profite pour faire ma thérapie 🙄
    Ce qui est sûr, c’est que j’aurais bien aimé découvrir ton blog plus tôt, ça m’aurait remonté le moral !!! 😉 Je me rattrape maintenant. MERCI !

  32. Koa dit :

    @Aurélie, ça me fait penser à un article qui est paru dans le Grandir Autrement de ce mois-ci (enfin, ce bimestre). Il y a des témoignages ici :
    http://blog.grandirautrement.com/index.php/post/2011/03/21/Visites-post-naissance-%3A-oser-suivre-son-instinct
    Sur le fait que parfois, ça fait du bien de ne pas avoir de visites quand un bébé est né, justement pour éviter la fatigue que tu décris…
    Bonnes retrouvailles avec ton sens de l’humour en tous cas 😆

  33. Aurélie dit :

    Merci pour le lien !

  34. @Véronica, la dépression du post partum est une pathologie réelle et documentée http://www.camh.net/fr/About_Addiction_Mental_Health/Mental_Health_Information/Postpartum_Depression/ppd_ci_ppd_fr.html
    Tant mieux pour celles qui sont épargnées mais ce n’est pas une raison pour nier la souffrance des autres.

  35. @Aurélie, ah mais viens faire ta thérapie (déjà qu’on me dit régulièrement que la basse-cour fait secte, si on se lance dans la thérapie sauvage par internet :mrgreen: 😆 ) ! Sérieusement c’est toujours un premier pas de déposer ses bagages dans une oreille compatissante (hum cette métaphore est un peu hasardeuse 🙄 😆 ). C’est clair qu’être en trop grand décalage avec son entourage et surtout avec son conjoint c’est vraiment dur, surtout dans cette période du post partum où on est si vulnérable. Peut-être une sage-femme (en tant que tiers informé et bienveillant) aurait aussi permis à ton conjoint de comprendre en quoi son soutien de ton allaitement était important pour le bébé et toi…

  36. Aurélie dit :

    @La poule pondeuse, oui, sans doute, mais pendant la grossesse, impossible de la faire participer à quoi que ce soit, ni aux rv gynéco, ni aux prépas, quasiment pas aux achats ou à l’agencement de la chambre. Alors aller voir une sf pour discuter…. Ensuite, miracle de la naissance, baguette magique et transformation en papa poule-gateux-fondant devant son gnome, il est venu avec moi voir les sf pour mettre en place l’allaitement presque à chaque fois que j’y allais, mais d’une part elles n’avaient pas trop le temps de discuter, et d’autre part il se faisait un malin plaisir à leur dire à moitié en plaisantant qu’il y avait une sorte de secte de l’allaitement, qui faisait croire aux mères qu’elles étaient mauvaises si elles n’allaitaient pas, et qu’on n’allait pas lui faire croire que le LA était mauvais pour la santé, avec toutes les normes et cie… 🙄 C’est un dur à cuire, le mien ! 😉
    Mais effectivement, un jour ça a un peu clashé, alors qu’il me faisait une Nième réflexion, je lui ai répondu, oui, l’allaitement, c’est dur, c’est pour ça que j’aurais apprécié plus de soutien et moins de sarcasmes. Ca lui a cloué le bec quelques semaines, mais ça n’a pas duré ! 🙄
    Allez, c’est derrière nous tout ça, et s’il y a un deuz’ je saurai mieux comment m’y prendre !

  37. Aurélie dit :

    @Aurélie, de LE* faire participer…

  38. AnSo dit :

    @Aurélie, Si je peux me permettre juste un retour d’expérience sur ce genre de situation, j’ai l’impression que chez moi ce qui a le mieux marché pour faire comprendre (rétrospectivement) à mon conjoint que son attitude avait été inappropriée, au-delà de l’énumération des bienfaits réels de l’allaitement qui ne font pas vraiment le poids en situation de crise, ça a été de lui dire simplement que c’était important pour moi que cet allaitement « marche ». Je crois qu’il a du coup mieux compris mon acharnement, mes réactions hostiles à ses propositions de biberons divers.
    Je dis ça juste parce que je ne suis pas sûre de comprendre ta dernière phrase « je saurai mieux comment m’y prendre ». Ça concerne juste l’allaitement ou aussi la gestion du papa? Parce que je pense que mieux préparer le papa vaut au moins autant que être mieux préparée à l’allaitement!

  39. Aurélie dit :

    @AnSo, Ca concerne la gestion du papa d’une manière générale 😉
    Mais je ne lui jette pas la pierre, si l’allaitement n’a pas fonctionné aussi bien que je l’aurais voulu, c’est quand même plus de mon fait que du sien. C’est juste que sur ce point là en particulier, on n’a vraiment pas été sur la même longueur d’ondes.
    Lui mettait tous les « maux » du bébé sur le dos de l’allaitement, il n’était pas du tout rassuré par le fait par exemple que les selles soient plus rares au sein qu’au bib (malgré ce que pouvaient dire les sf), les coliques étaient pour lui liées au LM, il a aussi un peu jalousé le fait que l’allaitement nous rende si fusionnels (et Marius avait énormément besoin de téter)…
    Et du coup, comme il est parti du principe que c’était « moins bien » pour le bébé que le LA, quand j’ai essayé de lui faire comprendre justement que c’était également important pour moi, sa réponse a été que j’étais égoïste car je m’acharnais plus pour moi que pour Marius… Bref, il a réponse à tout quand il s’agit de prouver qu’il a raison ! 🙄
    Mais bon, comme de toute façon il ne veut qu’un seul enfant, on n’en est pas à établir des stratégies sur la gestion du suivant !

  40. AnSo dit :

    @Aurélie, Ca me fait penser au billet de la Poule « c’est la faute à l’allaitement si… » sinon mon idée était aussi de reparler de ça après coup, quand bébé va bien et que ça n’est plus un sujet conflictuel, là bizarrement le message peut être mieux entendu 😕 surtout si il a gardé l’idée que tu aurais pu/du faire autrement.

  41. Aurélie dit :

    @AnSo, Oui sans doute. Un jour je reviendrai sur la question ! 🙂

  42. @Aurélie, hé hé je suis sûre que la lecture du billet recommandé par AnSo lui serait utile. Ceci dit sans vouloir tomber dans la psy à 2 balles je trouve assez étonnant un tel rejet de l’allaitement. Que ce soit pas son truc, OK, mais à ce point ? Parce que décider que c’est moins bien que le LA pour bébé, c’est quand même un sacré déni de la réalité, de la masse d’études disponible etc. Peut-être que dans sa famille le vécu autour de l’allaitement n’est pas très positif ? Bon j’arrête de jouer les psys de comptoir ➡

  43. Aurélie dit :

    @La poule pondeuse, Non, non, il est tout à fait conscient que c’est le meilleur aliment pour bébé, là dessus pas de problème. Mais il pense que ce n’est une bonne solution ni pour la maman, ni pour le couple (sur ce dernier point, c’est aussi parce que lui n’apprécie pas trop le côté « animal » de l’allaitement maternel, même si au final il l’a mieux supporté que ce qu’il appréhendait).
    Sa réaction s’explique aussi parce que j’ai eu un allaitement difficile (et paradoxalement, je pense que c’est parce que j’avais trop de lait), j’ai cumulé un peu tous les obstacles. J’ai eu des suites de couche pas terribles, j’étais très fatiguée, la fatigue m’a occasionné des problème de santé et lui il avait besoin de trouver un « bouc-émissaire » je pense, parce qu’il a eu très peur pour moi…

    (pour comprendre il faudrait que je raconte toute mon expérience de l’allaitement, c’est très long 🙄 Je l’ai fait ici : http://forum.doctissimo.fr/forum2.php?config=grossesse-bebe.inc&cat=7&post=201689&page=1&p=1&sondage=0&owntopic=3&trash=0&trash_post=0&print=0&numreponse=0&quote_only=0&new=0&nojs=0 C’est vers le milieu de la page. Mais c’est vraiment long, hein !).

    Bref, on ne va pas polluer les commentaires en décortiquant mon cas ! 😉 De toute façon, c’est trop tard, maintenant on est en pleine diversification, et on rigole bien :mrgreen:

  44. […] par envisager que tous les accouchements n’ont pas vocation à avoir lieu sous anesthésie. Encore une fois, cette simple demande s’impose : une femme, une sage-femme !   Minute autopub Me, myself […]

  45. ceroti dit :

    Je commence en disant que j apprécie nombre de posts de ce blog, dont certains m aident énormément, et me servent aussi à faire prendre conscience de certaines choses à futur Papa (on en est au 3ième et dernier héritier, mais il y a encore du boulot !…)Donc déjà un énorme Merci.

    Je voulais juste dire que j ai rencontré une sage femme libérale pas extra, et que donc il ne fallait pas non plus généraliser de trop , c est comme tout…Un post sur comment faire pour évaluer que la sage femme que vous avez choisie est la bonne ? 😆

  46. ?? ????? dit :

    playboy ?????

  47. […] part par envisager que tous les accouchements n’ont pas vocation à avoir lieusous anesthésie. Encore une fois, cette simple demande s’impose : une femme, une sage-femme !     Minute autopub Me, myself […]

  48. site dit :

    Vos p?st sont sincèr?ment p?ss?onnants

    Also visit mmy site … site

  49. […] premier plan : “une femme qui accouche, une sage-femme” (j’en avais déjà parlé là il y a un moment, et c’est apparemment le cas au Royaume-Uni, d’après une des […]