Le retour précoce à la maison

Jouve_nativite_Arles_2005JPG Comme promis dans le billet précédent, et pour continuer avec les aventures palpitantes de l’Oeuf alias Pouss2, voici quelques infos sur le retour précoce (voire ultra-précoce ?) de la maternité. Je vous rassure, c’est beaucoup plus cool que l’épisode précédent. Pour ceux qui ont raté le début, Pouss2 est né au petit matin et nous avons quitté la clinique avant 16 heures. A dire vrai on serait bien partis plus tôt mais nous avions l’opportunité d’avoir la visite pédiatrique obligatoire des 7 jours dans la foulée donc on y a passé quelques heures de plus (cette visite peut être signée par une sage-femme mais elle comme nous préférions que Pouss2 soit quand même vu par un médecin). Et on en avait déjà marre : alors qu’on n’était même pas dans une vraie chambre mais planqués dans une salle de pré-travail, on a quand même été réveillés trois ou quatre fois par des visites pas super intéressantes (« oui bonjour c’est juste pour vous dire que finalement le pédiatre passera dans une heure »).

Concrètement, il faut remplir plusieurs conditions pour être libéré de la maternité rapidement. La première est bien sûr que l’accouchement se soit bien passé et que la mère et le bébé aillent bien. Le poids de naissance important de Pouss2 lui a valu une dextro peu après la naissance, qui s’est avérée excellente et a permis d’obtenir l’aval du pédiatre pour partir. Ensuite il faut trouver une sage-femme libérale qui assure le suivi à domicile. Pour nous, facile, c’est celle qui accompagne la grossesse depuis le début. Enfin, la mère doit être délivrée des tâches ménagères pour une durée au moins égale à celle qu’elle aurait passé à la maternité. Pour ce dernier point, c’est en général le père qui s’y colle mais selon les configurations familiales cela peut être quelqu’un d’autre. Chez nous, le Coq a carrément pris trois semaines de congé car nous devons déménager dans la foulée. Donc entre deux lessives il fait les cartons…

Pour le suivi médical, il est modulé en fonction des besoins. Notre sage-femme est passée deux fois, le lendemain du retour puis deux jours plus tard. Elle s’assure de la bonne santé physique et morale de la mère et du bébé, tout comme à la maternité. Pour la mère : évolution de l’utérus, problèmes éventuels avec l’allaitement, débriefing sur l’accouchement… Pour le bébé : examen et auscultation, pesée (ou pas, selon la situation), test de Guthrie, vérification de la fermeture du canal artériel… En cas d’urgence ou de problème inopiné, on peut bien sûr la joindre à tout moment (comme pour l’accouchement). Notre sage-femme étant au sein d’un groupe avec d’autres sages-femmes libérales, nous avons aussi la possibilité d’en appeler une autre si par hasard elle n’était pas disponible. Cette organisation est particulière mais il n’est pas rare que les sages-femmes libérales soient associées à deux ou trois. Enfin en cas de gros pépin on peut toujours filer aux urgences (habitant Paris ce n’est jamais bien loin) ou appeler le SAMU bien sûr.

Côté administratif, c’est le Coq qui est allé déclarer Pouss2 à la mairie le lendemain ; l’avantage c’est qu’au moins c’est lui qui apparaît sur l’extrait de naissance et pas le nom d’un obscur employé de l’hôpital que ni nous ni Pouss2 n’avons jamais vu. On peut aussi noter que la formule est plutôt économique pour la Sécu qui jusqu’ici a deux visites de sage-femme à rembourser plutôt que deux ou trois jours d’hospitalisation.

En ce qui nous concerne (et je dis « nous » car sur ce point le Coq est aussi moteur que moi), le choix est sans aucun regret : on est vraiment mieux à la maison. Moi je peux me caler au mieux sur les rythmes du sommeil de Pouss2 et personne ne vient interrompre ma grasse matinée pour me demander à quelle heure il a tété cette nuit (je sais plus, je n’ouvre qu’un œil pour lui mettre le sein en face de la bouche) ou me tirer sur le téton pour être sûr qu’il y a vraiment du lait dedans. Je mange ce dont j’ai envie à l’heure où ça me convient. Je ne suis pas confinée au lit dans une petite chambre un peu étouffante (certes il faut se reposer mais de là à être 24h/24 alitée… pas indispensable quand l’accouchement s’est bien passé). J’ai toutes les affaires dont j’ai besoin à portée de main. Le Coq aurait du choisir entre passer du temps avec Pouss2 et moi et s’occuper de Pouss1, sans compter les temps de trajet (40 minutes de métro dans chaque sens) ; quant à Pouss1 il aurait peu vu sa mère pendant quelques jours (voire même pas du tout avec l’interdiction des visites due à la grippe A ?). Sans compter qu’on n’a plus de nounou donc ç’aurait été une galère de plus pour s’organiser pendant les visites du Coq. Je pense que ça tamponne un peu le choc de l’arrivée du petit frère puisque pour le moment ça veut dire rester avec papa ET maman à la maison. Et je trouve ça aussi plus agréable pour les visites que la petite chambre où on ne sait pas où s’asseoir (vu que le père a déjà pris le magnifique fauteuil en skaï authentique).

On voit aussi que c’est un deuxième, on est plus relax pour s’en occuper. En ce qui me concerne j’ai compris après Pouss1 que le bébé « de base » veut tout le temps téter et jamais dormir dans son couffin, donc je m’émerveille à chaque sieste que Pouss2 fait dans son transat. L’allaitement également est plus simple, je gère et je vis beaucoup mieux les petites difficultés puisque ce sont plus ou moins les mêmes que pour Pouss1. C’est vrai que pour Pouss1 je ne sais pas si j’aurais pu rentrer si vite, pour le premier on a souvent moins confiance en soi et en ses capacités à s’occuper d’un tout petit. Mais maintenant non seulement le Coq et moi sommes sereins sur ce point mais je sais également qu’autant ça ne me pose aucun problème de « lâcher » mon bébé pour que son père s’en occupe (« Chériiiiii, je crois qu’il a fait cacaaaaaa »), autant le laisser à une auxiliaire de puériculture que je ne connais pas, j’ai beaucoup de mal. Donc sur ce point-là aussi je me repose mieux (par contre le Coq…).

En bref je ne regrette absolument pas d’avoir choisi l’accompagnement global, notamment pour ce volet. Pour celles qui souhaitent une solution moins « extrême », vous pouvez négocier de rentrer après 24 ou 48 heures et demander une hospitalisation à domicile (HAD) avec suivi par une sage-femme libérale (de votre choix ou proposée par la maternité). Il faut savoir que les visites de cette sage-femme sont remboursées à 100% par la sécu (je n’arrive pas à retrouver combien et dans quel délai après la naissance mais la sage-femme pourra vous le dire) et à mon avis on aurait tort de s’en priver. C’est d’autant plus précieux si on allaite car ces sages-femmes sont généralement bien au point sur le sujet ; globalement cela permet d’avoir des conseils et des idées sur mesure pour votre famille dans votre maison. J’avais pris cette option pour Pouss1 et vraiment je ne l’ai pas regretté.

A plus long terme, je ferai la visite post-natale des six semaines avec notre sage-femme (plutôt que chez ma gynéco par exemple) : je pense qu’il est utile de pouvoir refaire le point sur l’accouchement « à froid » avec la personne qui l’a accompagné, de pouvoir prendre un peu de recul et de poser les questions sur tout ce qu’on n’a pas bien compris/digéré sur le moment. On n’a pas toujours la présence d’esprit pour cela dans les jours qui suivent la naissance et c’est dommage de rester avec des choses en travers de la gorge, surtout si les choses ne se sont pas déroulées comme on le souhaitait. Si vous n’avez pas retenu le nom de la personne (sage-femme ou obstétricien) qui était de garde pour votre accouchement, il est marqué dans le carnet de santé à la page sur la naissance.

Image : c’est un peu hors saison mais je suis sûre qu’ils auraient aussi voulu rentrer chez eux fissa…

174 Responses to “Le retour précoce à la maison”

  1. pâte à crêpe dit :

    @Charlinette, peut être que si tu exprimais ton avis dans l’autre sens: »les femmes qui se sont senties actrices dans leur accouchement sont renforcées dans leur confiance par cette expérience » ça donnerait moins aux femmes pour qui l’expérience n’a pas été révélatrice mais même parfois difficile dans le ressenti qu’elles en ont, d’avoir loupé quelque chose. Regarde les commentaires sur le livre de Leboyer « Pour une naissance sans violence ». A force de lire des choses sur les liens, et l’importance de certains évènements (accouchement, allaitement, premiers jours, premiers contacts, retour à la maison, j’en passe) qui sont censés être déterminants et/ou révélateurs de la relation future entre parent et enfant, ça met beaucoup de pression et fait poser beaucoup de questions malsaines à celles qui ne l’ont pas vécu aisément ou bien celles qui vont le vivre. D’autre part, je crois aussi que ce sont des questions qui rentrent bien dans la catégorie MPR…

  2. Charlinette dit :

    @pâte à crêpe, ok ma formalution n’était peut être pas idéale mais si je reprends ta proposition, je fais une affirmation et non une supposition….et ça change toute ma pensée! 😉

  3. Clemys dit :

    @Charlinette, vu nos nombreuses réactions, il semble en effet que ta formulation n’était pas « idéale »… même s’il s’agit pour toi uniquement de ton « ressenti » et d’un simple questionnement, et que d’après toi nous avons mal compris tes propos…

  4. Ficelle dit :

    @pâte à crêpe, je suis d’accord avec toi sur le fond… Mais je t’invite à évaluer les thèmes abordés sur ce blog (excellent, nous sommes TOUTES d’accord), les lectures que nous avons, les réflexions que nous lançons (enfin surtout La Poule, c’est quand même elle la maîtresse des lieux :mrgreen: )… Elles tournent 1) toutes peu ou prou autour de la catégorie MPR 2) évoquent pour beaucoup cette période périnatale dont tu parles, que nous « investissons » à mort (comme je l’ai fait remarquer sur le billet précédent) en oubliant qu’être parent c’est un truc qui se construit dans le temps… Alors, levons le pied mais ne nous empêchons pas pour autant de réfléchir aux enjeux de la naissance et de ce qui suit! ne serait-ce que parce que c’est drôlement intéressant 😉

  5. pâte à crêpe dit :

    @Ficelle, j’espère que je n’ai rien empêché au contraire!! Et je suis restée en retrait sur les derniers billets entre autres parce que je n’ai pas pour ma part beaucoup investi ce moment là de la vie avec ma crêpe. Mais là on parlait de celles qui investissent moins cet évènement non? donc je l’ouvre! 😆

  6. sophie dit :

    @Charlinette, même si ce n’est absolument pas le cas pour moi, je comprend bien (enfin j’espère…)que lorsque que l’accouchement s’est bien déroulée (avec/sans peri, à 4 pattes, sur le dos, à la maison/ à la maternité), que la maman s’est sentie actrice et maitresse du déroulement des opérations, elle puisse se sentir prête et sûre d’elle pour affronter la suite. Et dans ces moments-là, la confiance en soi (même si elle ne repose que sur du ressenti et pas sur une expérience quelconque)peut rudement aider et c’est un vrai atout.
    Pour 3615My life, je n’ai pas ressenti de corrélation entre ma césarienne d’urgence et le fait que je n’ai pas eu de flash d’amour éternel en la voyant pour la 1ere fois ni que j’ai trouvé les 3 premiers mois supra chiants (peut être parce que j’avais déjà changé des centaines de couches, donné des bains et des biberons, ça n’avait rien de terriblement exotique…). C’est juste mon caractère ou bien le reflet de mes névroses 😉 🙄 😀

  7. pupuce dit :

    @Charlinette,
    si ça peut te rassurer j’avais compris, moi. 😉
    et sinon en effet je pense que dans le monde où nous vivons il y a peu de femmes qui arrivent sereines à leur première maternité.
    La transmission du savoir du maternage ne se fait plus comme autrefois, les aînées qui changent les couches ou donnent le bain c’est devenu plus rare, et ce genre de choses s’apprend en faisant hélas. Il y a de plus en plus de modes d’emplois des enfants, en livre, en émissions de télé, en débats publics, etc…et comme c’est toujours différent selon le modèle de « grand sage » qui vient donner son avis, on peut être vite perdue. Il y a aussi une sorte de compétition au sujet des gosses. Le moindre rassemblement de mères donne lieu à mille comparaisons, le mien fait ci, le mien ça…et si le tien il n’est pas prêt pour l’école à 2 ans, il n’est pas normal. donc tu n’es pas une mère normale, aie aie aie. Et puis tout est très normatif, si tu ouvres un carnet de santé tu peux déjà te rendre malade, tout est indiqué: à tel âge, tel poids, telle taille, telle évolution, point barre. Comment votre fils est en dessous de la courbe? pauvre madame, faut complémenter. Il y a même une norme sur comment on fait des bébés: à tel âge, dans telle situation, avec un père obligé, un boulot etc… Bref, au total tout est fait pour que les femmes se sentent éloignées du sujet de la maternité et que ça devienne une sorte de domaine d’excellence, un peu comme l’astrophysique, un truc où tu te lances pas sans avoir étudié ton sujet. Après ça, arriver à sa première maternité en ayant confiance en ses capacités de mère est un challenge, que ce soit la conception (vais-je y arriver, suis je normale?), la fabrication (sera-t-il « normal »?), la mise au monde (jamais sans mon toubib, au secours venez m’aider à lui donner son premier bain, etc), et la suite (amenez moi un pédopsy, ce môme est infernal, moitié hyperactif, il ne dort pas, y-a-t-il un médicament? etc).

  8. Charlinette dit :

    @sophie, bon ben pour les névroses, au moins on sera toutes d’accord pour dire qu’on y échappe pas (ou peu) :mrgreen:

  9. Charlinette dit :

    @pupuce, tu m’as bien fait rire :mrgreen: et je te rejoins tout à fait sur la lecture que tu fais de la maternité dans notre société actuelle!

  10. Clemys dit :

    @pupuce, franchement je ne sais pas à quelle époque les femmes arrivaient sereines à leur première maternité ? avant (et encore dans certains pays) on risquait de mourir en couches ou mortalité infantile +++ et maintenant, avec nos MPR, on cherche à faire du mieux qu’on peut pour offrir à nos enfants une vie équilibrée (estime de soi, confiance, rêve, ect et pas couches propres et nez secs, je m’en fou s’il est crado) c’est grave tu crois, de se poser des questions ??? moi je cherche à atteindre l’excellence pas vraiment pour rentrer en compétition, mais plutôt parce que, j’espère le meilleur pour mes enfants (ok j’en ai qu’1), mon couple et moi-même !

  11. suzie dit :

    @Clemys, Oui, tout le monde est généralement ok pour dire que la maternité souffre beaucoup de son « image d’Epinal ». Alors, d’accord avec toi pour dire que je ne sais pas quand et où on a fait des enfants tout à fait sereinement.. 🙄 D’ailleurs, j’ajouterai que c’est peut-être justement maintenant et dans nos pays riches qu’on fait les enfants le plus sereinement, grâce aux préparations, à l’information, à la prise en charge médicale facile, etc. Ce qui, effectivement, n’empêche pas de se poser des questions sur le meilleur pour soi et pour sa famille…

  12. pâte à crêpe dit :

    @pupuce, la basse cour est un sacré exemple de rassemblement de mères non?

  13. Ficelle dit :

    @pâte à crêpe, ouais, on a même comparé les périmètres crâniens à la naissance y a pas trois jours :mrgreen: 😆

  14. @toutes, bon ce grand débat me donne une idée d’article, pour quand les poussins me laisseront un peu de temps. Du coup je me réserve :mrgreen:

  15. Anonyme dit :

    Meduse69
    @pupuce, ah oui, je suis entièrement d’accord avec toi : perso je n’avais aucune expérience de bb avant ma Puce1. Alors même si mon 1er accouchement c’est bien passé, même si ma Puce était plus qu’ardemment désirée, même si j’avais « potassé » le sujet (et le Coq aussi !) durant 9 mois, il n’en reste pas moins que le jour J je n’en menais pas large devant ce petit bout d’être humain : un psy (maybe Dolto ?) a dit que c’est l’enfant qui fait le parent, et c’est exactement ce que j’ai ressenti : j’attendais de ma fille, toute proportion gardée, qu’elle m' »apprenne » à être sa mère. Parce que la confiance en soi n’est pas innée, la maternité encore moins (merci Beauvoir…), n’importe quelle reflexion venant d’un « professionnel » peut profondément déstabiliser une jeune mère/père ; perso j’ai vécu la conne de 60 ans (je précise l’âge pour souligner qu’elle faisait partie de la génération biberon à tout prix) de la PMI qui devant ma fille de 11 jours m’a asséné qu’il fallait que je passe au biberon parce qu’elle ne prenait pas assez, puis j’ai très mal vécu une hospitalisation de ma fille (20 jours à l’époque) « pas absolument nécessaire » dixit l’interne à la sortie ( 😯 ), au cours de laquelle on m’a fait remarquer que son nombril n’était pas assez propre (je ne savais pas bien faire et personne pour me montrer dans ce service pédiatrique débordé)… bref, ma confiance en mes capacités à être une mère « suffisamment bonne » a été très ébranlée et il en a résulté une jolie déprime de plusieurs semaines, où je culpabilisait à mort de ne pas avoir su tenir tête au corps médical alors que tout mon ressenti, justement, me dictait le contraire de ce qu’on m’imposait (ainsi qu’à ma fille).
    Aujourd’hui, après la naissance de ma 2nde fille, je me sens plus sûre de moi, et je sais que je ne suis plus prête à écouter et surtout obéir aux diktat de n’importe quel « professionnel ». Pour plusieurs raisons : j’ai appris que même si on ne fait pas tout bien (change, bain, vitamines etc.), ça n’a RIEN de GRAVE ; évidemment qu’il faut tendre vers l’excellence, mais il ne faut pas non plus en faire un défi ou une obligation, sous peine d’être épuisée et/ou déçue ! D’autre part, j’ai compris que j’étais la mieux placée (avec le Coq) pour évaluer l’état de santé physique ou psychologique de mes filles, pour la bonne raison que je vie avec elles tous les jours… et cette confiance en mes compétences de mère, c’est l’expérience, beaucoup plus que l’accouchement, qui me l’a apporté.
    Quant à nos grand-mères ou aux femmes des pays pauvres, je ne suis pas sûre que l’on puisse comparer leurs problèmes de mortalité en couche ou infantile à nos « petit » problèmes de couches lavables/jetables, péri/pas péri ou petits pots/plats maison : pour moi il s’agit clairement d’un MPR !

  16. Leona dit :

    @La poule pondeuse,
    C’est vrai qu’il n’y a pas de solution unique — encore heureux ! Je comprends tout à fait ta démarche. En fait, je suis encore choquée par ce qui est arrivé à ma belle-soeur quand elle a accouché : après un travail épouvantable qui a duré plus de 17 heures, et « pour rien » finalement puisqu’il a fallu une césarienne pour sortir le bébé, elle a été renvoyée chez elle au bout de 48 heures. Il faut préciser qu’elle vit au Nouveau-Brunswick, où on reste au maximum 3 jours à la maternité, quelles que soient les conditions de l’accouchement et même quand on a déjà un ou plusieurs enfants qui attendent à la maison et qu’il va falloir gérer en rentrant ! Même en ayant une sage-femme qui est venue plusieurs fois à son domicile ensuite, elle a été très éprouvée, au point qu’elle redoute d’avoir un deuxième enfant.

  17. Leona dit :

    @Anne Cé, géniale, l’idée de l’esthéticienne ! j’aurais adoré ça… 🙂

  18. Leona dit :

    @cyann, l’idée selon laquelle « allaitement = moins de babyblues » me laisse sceptique ! L’allaitement peut se passer merveilleusement bien pour certaines mamans, et même apporter une sorte d’euphorie et de bien-être particulier, mais il peut apporter beaucoup de souffrance pour d’autres (même quand elles sont intimement convaincues que c’est la meilleure chose pour leur bébé), et dans ce cas, ça vient accentuer encore le babyblues, le sentiment d’être « dépassée » ou impuissante, l’angoisse. Pour moi l’allaitement est un très mauvais souvenir (alors que je garde plutôt un bon souvenir de mon accouchement !) mais je n’ai pas eu vraiment de babyblues… enfin, si, un très fort babyblues mais à mon retour au travail !! 😉

  19. Béatrice dit :

    @Ficelle, Oui, d’ailleurs, Clemys devrait nous faire un doodle : PC, poids et taille à la naissance … pour les comparaisons, ça serait mieux 😆 :mrgreen: ok ➡

  20. Charlinette dit :

    @La poule pondeuse, je me disais aussi que tu ne participais pas beaucoup…. bien que tu aies tes 2 poussins à gérer :mrgreen:

  21. @Béatrice, les hommes comparent leurs voitures et nous… enfin c’est toujours le principe du concours de b… cf http://abaslesbebes.org/dc/index.php?2007/06/20/4-oui-mais-moi-le-mien 😆

  22. pupuce dit :

    réserve-toi, la poule, réserve toi!
    (je vois, la nouvelle toi avec 2 poussins commence à s’économiser…hem hem…on n’est pas loin du cliché de la nénette qui ne met plus qu’un jogging et des baskets, fais gaffe! 😆 )

    @ toutes les autres: je persiste, je trouve qu’il y a une normalisation très dangereuse dans notre société et qu’en effet nos aïeules, même si elles pouvaient craindre de mourir en couches (encore que restons raisonnables aussi là dessus, c’était pas du 50/50 non plus), ne pouvaient pas craindre autant que nous d’être de mauvaises ou d’insuffisantes mères, ceci pour la simple raison qu’elles ne savaient pas autres chose que ce que le bébé leur apprenait, en effet.
    Je prends un exemple tout con, l’allaitement. Si tu ne sais pas ce qu’il convient de faire ou pas, quand ton bébé pleure, par réflexe, tu le mets au nichon. Ca marche ou pas, mais tu tentes le coup. Cette technique donnait (et donne encore pour les instinctives dans mon genre) un résultat varié mais globalement le bébé se tait et tète, ça fait deux heureux, on verra le reste plus tard. ;-D
    La femme débordée d’infos de notre génération, elle ne fait pas comme ça. D’abord elle vérifie que ça fasse bien 4 heures, il est au dessus de la courbe déjà, ou en dessous, ensuite elle se repasse le film de ce qu’elle a mangé ou bu, merde un café, bin nan alors j’allaite plus. Elle fait un bib, oui mais quelle marque, avec ou sans plv, bisphénol, tétine ronde ou plate? le bébé pleure toujours, la mère a juste peur de mal faire, ça nous fait deux malheureux.
    les nuits, tiens. La femme pas au courant de y’a deux siècles, son bébé pleurait la nuit, elle le prenait avec elle. D’ailleurs le lit familial était la norme. On se rassure on se tient chaud, hop là, affaire classée.
    La femme d’aujourd’hui elle lit 36 bouquins, pour ou contre le cododo (ça a un nom maintenant, youpi), elle fait 50 forums, elle achète un side bed (ça a aussi un nom, on n’arrête pas de réinventer la roue et l’eau chaude), elle voit un psy et achète 2 nouveaux sex toys pour être sûre de ne pas fusiller sa vie sexuelle avec ça.
    Je caricature, mais tout de même, hein.
    Me dire que la femme d’aujourd’hui est plus sereine que sa grand mère face à la maternité, c’est dur. Plus sereine face à la vie en général, oui, et encore pas tant que ça parce que sur beaucoup de domaines on est encore bien mal traitées, mais sur la maternité qui était le saint graal des femmes, non.
    ( saint graal qu’on a perdu au profit des médecins des puéricultrices et autres psys qu’on paie pour faire et nous apprendre à faire ce qu’on savait si bien faire nous mêmes avant qu’ils y fourrent leurs grands nez menteurs. La preuve c’est quand même bien grâce à des comme nous, des « qui savaient pas », des « qui faisaient de travers » qu’ils sont là, eux, les casses noix d’aujourd’hui, avec leur cortège de choses pas naturelles pour la grossesse, de conseils à deux balles pour après, de positions débiles pour accoucher, de petits pots mal dosés et de techniques d’éducation qu’ils ne voudraient pas voir appliquer sur leur chien… faudrait peut être remettre les choses à leur juste place moi je dis, la seule boulette qu’on fait les femmes c’est pas de dormir ou pas avec leurs mômes de les allaiter ou pas ou quoi, c’est de les laisser devenir de plus en plus cons de génération en génération. 🙄 ).

  23. cyann dit :

    @Leona, à priori (à ce qu’on m’a dit), l’allaitement ferait qu’il n’y a pas cette chute hormonale fracassante aprés l’accouchement qui provoquerait le baby blues. Les hormones de l’allaitement permettraient la transition en douceur. Tout ceci au conditionnel; ❓
    Mais c’est sur que ça n’empeche pas les baisses de moral liées aux difficultés de l’allaitement et à la fatigue de s’occuper d’un nouveau né.
    Moi qui suit trés trés sensibles aux hormones et un peu tendance « depressive » depuis que j’allaite je me sens bien (meme si parfois comme ce soir j’ai pleuré car je suis epuisée : 1banbin de 2ans et 1BB de 4mois qui pleure beaucoup) et je n’ai plus eu d’episodes depressifs ( peut etre que je n’en ai plus le temps 😉

  24. cyann dit :

    @pupuce, « c’est de les laisser devenir de plus en plus cons de génération en génération ». j’adore
    je rajoute seulement le fait de l’isolement qui fait qu’on n’a plus d’exemple sous la main et qu’on est bien seule face à ce nouveau né. avant on vivait dans des familles elargies
    Et aussi qu’il existe dans nos sociétés une pudeur hypocrite qui fait qu’il est indecent de sortir son sein pour nourrir son enfant mais qu’à la télé pour ne citer que cet exemple , il y a toutes les 5 min une femme à poil ou un couple qui s’envoie en l’air.

  25. Clemys dit :

    @pupuce, je persiste ! je ne suis vraiment pas d’accord avec toi ! :mrgreen: Je pense qu’il y a toujours eu des médecins et des « voisines » (BM, Mère, passante, soeur et toute la clique) pour donner de « bons » conseils aux mères dépassées (angoissée ?)… Franchement, qui m’a dit « quoi tu lui donnes encore le sein mais ça fait même pas une heure qu’il a tété ??? » le forum pro allaitement de docti ou ma grand-mère à ton avis ?
    Les mères surinformées que nous sommes ne sont pas des cruches ! elles prennent toute l’info dispo et font leur tri pour faire à leur guise ! le pire à mon sens, est de faire comme ont fait nos aïeux, sans se poser de questions, sans remettre en doute !!! Et ce n’est vraissemblablement pas ton cas, vu que tu es dans la Basse-cour, c’est que tu as toi aussi besoin d’échanger et de partager avec des femmes qui ont plus ou moins la même vision de la parentalité, qui sort un peu des carcans normatifs de Pernoud and co 😉 Moi je ne suis pas instinctive mais je suis pragmatique, j’ai finalement un raisonnement similaire au tien : le coût de mon investissement (bébé collé au sein non stop) par rapport à mon bénéfice (bébé et maman comblés), et c’est vrai que j’ai lu des tonnes de trucs pour en arriver là, mais pour l’instant je ne le regrette pas 😉

  26. dafodil dit :

    @Charlinette, si ça peut te rassurer aussi, moi aussi j’avais compris ce que tu disais, et ça ne m’a pas choquée!

    Je n’ai pas vraiment de réponse à ton interrogation, par contre pour mon expérience j’étais assez préparée pour BB1 : ma mère était anesthésiste à la maternité des Lilas, et donc j’avais entendu des bribes de choses sur les liens entre douleur et histoire personnelle, et j’avais même assisté à une naissance par césarienne (un moment très très fort, bouleversant!). Par ailleurs je suis (heu… j’étais!) sportive, en confiance avec mon corps, et je ne me posais aucune question sur l’allaitement, qui pour moi était une évidence (j’avais des seins, ils étaient faits pour allaiter). Je pense que cette confiance, et aussi ma curiosité, ont en effet facilité mon accouchement et ma rencontre avec ma fille.

    Mais, paradoxalement peut-être, je trouve que dans la durée la confiance est souvent ébranlée. Pour moi, avec la maternité est aussi arrivée la culpabilité (notamment sur l’équilibre des temps: travail, enfants, personnel), et puis des milliards de questions (oui sans doute des MPR, je viens de découvrir l’expression, j’adore!)
    Aujourd’hui, ma grande fille a 7 ans 1/2, ma 2e 18 mois… 2 fois plus de questions!

  27. Clemys dit :

    @Béatrice, la femme cougar 😉 et La poule, avec mon poussin lambda, je pourrais pas me la peter ! c’est pas moi qui lancerais le doodle… :mrgreen:

  28. Béatrice dit :

    @La poule pondeuse, Je lis ça ce soir, merci !! 😆

  29. Béatrice dit :

    @Clemys, Que des Poussins lambda ici aussi :mrgreen: quoique ….. 🙄 ( ➡ le lambda N°4 braille, je vais lui coller mon sein dans la bouche, ça évitera qu’il réveille tout le monde 😉 )

  30. Ficelle dit :

    @pupuce, d’où vous vient donc cette image idéalisée de la maternité au XXème siècle? Parce que je suppose quand même que ta grand-mère a accouché au XXème siècle? Et pas forcément dans une famille de huit enfants dans le fin fond de la Creuse (no offense pour les Creusoises qui croisent par là…)?? Nan, parce que la mienne (et sans doute sa mère avant elle, que j’ai connue et qui n’avait rien, mais alors RIEN de maternelle… Ses enfants ont été élevés par des nounous et n’ont jamais reçu un baiser 🙄 ) elle a vécu ses grossesses à une époque (les années 50/60) largement pire que la nôtre! Accouchement allongé sans péri, bébé retiré, lavé, langé à la naissance puis pendant une semaine par le personnel, si bien que les jeunes mères en rentrant chez elles étaient désemparées et ne savaient absolument pas s’occuper d’un nouveau-né! D’ailleurs, on ne leur faisait pas confiance et elles étaient totalement infantilisées! Obligation d’aller TOUS LES JOURS au parc pour respirer le « bon » air/ne pas travailler/donner le biberon parce que le sein c’est pour les Africaines dans la brousse/etc. Et si tu remontes en arrière, de… disons 2 siècles, c’est pas vraiment mieux: nourrices/mortalité infantile (un enfant sur trois n’atteignait pas un an)/maltraitance/travail des enfants… De quelle mythe de la « bonne sauvage » parlez-vous donc? Ah, peut-être de celle qui au Moyen-âge se faisait violer par des brigands en allant ramasser du bois et accouchait seule, rejetée par sa famille, avant d’abandonner son nourrisson dans l’étang? Ok, j’arrête! Une chose cependant: MPR ne veut pas dire régression, au contraire… A chacune de doser et de rester soi-même. Mais pour moi, l’information, ça n’a pas de prix.

  31. Clemys dit :

    @Ficelle, c’est ça ! 😆

  32. pâte à crêpe dit :

    @Ficelle, exactement! j’applaudis aussi! en lisant le comm’ de pupuce je me disais vraiment qu’on était dans le « mythe du bon sauvage » et que « c’était-vraiment-mieux-avant-ma-bonne-dame »

  33. pâte à crêpe dit :

    @Clemys, bah oui depuis quand être éclairé et vouloir l’être vaut mieux que l’ignorance?

  34. sophie dit :

    @Ficelle, bien d’accord. On a de la chance de pouvoir se poser pleins de questions, d’évoluer dans nos manières d’aborder la parentalité, de ne pas se laisser enfermer dans des carcans de bienséances ou de superstitions, alors profitons-en ! Quand on a plus de soucis matériels vitaux, on cogite, c’est normal !
    Dans les sociétés dites traditionnelles, la maternité n’est pas une partie de plaisir, entouré de femmes compréhensives prodiguant de bons conseils, que nous pauvres blanches citadines, on a perdu … cf http://apad.revues.org/document483.html lire au moins le 1er récit, il est éloquent, surtout sur la question de l’allaitement ..

  35. suzie dit :

    @Ficelle, Ah, oui, moi aussi j’applaudis. Je persiste avec mon image d’Epinal. Parce que moi, à ce que je sache, ni ma mère, ni mes grands-mères n’ont donné le sein à leurs bébés… (enfin, ma mère, si juste à moi, son aînée et encore pas longtemps et pas pour les autres, parce que le biberon c’était plus simple et plus modernre); Et je me souviens toujours de ma grand-mère racontant la mort du bébé des voisins de sa marraine par faute de soins (on ne lui changeait jamais ou presque la couche 🙄 😥 )… Et puis, les psys dont parle Pupuce, ils sont là justement parce que, avant, tout ça n’était pas joli, joli… Pour élever un enfant, il ne suffit pas de lui coller un sein dans la bouche et de le mettre au lit avec soi pour qu’il se taise et qu’il ait chaud !! 🙄

  36. Ficelle dit :

    @sophie, ouais, c’est clair, ça calme, surtout l’histoire du lait 😯 Faut que je revois « Le premier cri » d’ailleurs, ça remet bien les choses en place!

  37. pâte à crêpe dit :

    @Ficelle, ce film m’avait mise très mal à l’aise justement par rapport à l’indécence de certaines réflexions juxtaposées à la misère des autres

  38. Ficelle dit :

    @pâte à crêpe, faut que je le revois (ce week-end?) et je te dis mon sentiment…

  39. @Clemys, tout à fait d’accord. Pour ceux qui croient encore au bon vieux temps, (re)lire « L’amour en plus » d’E. Badinter pour faire tomber les illusions. Et quant à ma grand-mère, elle a été littéralement maltraitée pour ses accouchements (1ère naissance : elle a passé la nuit toute seule sur la table d’accouchement à entendre sa fille qui hurlait dans la pièce d’à côté et pas le droit de se lever). Quant à l’éducation/maternage, petite anecdote révélatrice : on parle de mon retour précoce à la maison et sa question « mais comment tu fais la nuit ? » Ben oui à l’époque c’est la maternité qui s’occupait de tout et quand on rentre à la maison y a une nurse qui vient régler le bébé pour qu’il fasse pas chier. Et quand ils sont plus grands, on attend que papa rentre du boulot pour leur en coller une si ils ont pas été sages… Ben je préfère me prendre la tête avec mes MPR que faire comme ça sans me poser de questions…

  40. Ficelle dit :

    @La poule pondeuse, l’histoire de la nurse qui vient régler le bébé m’a aussi été racontée par ma grand-mère. C’est ce qu’a « eu » (c’était quand même une question de moyens financiers, ne pouvaient se payer ce genre de service que les grandes bourgeoises 😉 ) une de ses belles-sœurs dans les années 60. Total: cette belle-sœur bien sûr n’a jamais allaité, ne s’est jamais levée la nuit et a pu reprendre les mondanités très tôt après la naissance. Brrrr… J’en frissonne. En même temps, on ne peut pas qualifier ces mères d’inhumaines… C’était comme ça, un point c’est tout.

  41. @Ficelle, ben oui, ma grand-mère a été elle-même élevée pour faire ce qu’on lui dit et fermer sa gueule, l’idée qu’on puisse faire autrement n’était même pas envisageable. Voir un des 1ers articles de ce blog : http://www.poule-pondeuse.fr/2008/02/01/le-retour-des-regleuses/

  42. Clemys dit :

    @pâte à crêpe, oui j’ai pas pu le regarder en entier à cause de ça…

  43. Béatrice dit :

    @La poule pondeuse, Re merci, j’ai bien ri …. On est vraiment comme ça ?? :mrgreen:

  44. Clemys dit :

    @Béatrice, non pas dans mon cas, car mon poussin (malgré ses mensurations lambdas) est un pur génie, je n’ai pas besoin de le comparer, il est au top du top !!! :mrgreen:

  45. Béatrice dit :

    @Clemys, Nan, mais moi le mien ……. :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

  46. pâte à crêpe dit :

    @Clemys, d’autant que le point de vue du réalisateur n’est pas très clair. Je ne savais pas où il voulait en venir. J’ai vu le film pendant mon premier mois de grossesse…pas une bonne idée…. 🙄

  47. Ficelle dit :

    @Béatrice, je dirais pas qu’on veut que le nôtre soit toujours « plus » quelque chose… mais on peut pas s’empêcher de comparer 🙄 Et j’imagine qu’en plus (mauvaises mères qu’on est), on les compare aussi avec leurs frères et sœurs… Je m’imagine déjà dans deux/trois mois: « nan mais là Miss A. faisait comme ça, pourquoi M. n°2 fait comme ça lui???? » Y a moyen d’éviter ça?

  48. Béatrice dit :

    @Ficelle, Si c’est pas toi qui compare, ce sont les grand mères ….. :mrgreen: Ici, Belle Maman est assez redoutable pour ça (elle compare le père et le fils …. à l’avantage du père …. 🙄 😉 )

  49. pupuce dit :

    sans tomber dans le mythe de la « bonne mère sauvage » comme vous dites il ne me paraît pas plus opportun de tomber dans le mythe de la méchante marâtre incapable de donner de l’affection ou des soins corrects…si vraiment la maternité s’était présentée comme ça depuis des siècles, l’espèce n’aurait pas tant proliféré. je caricature d’accord, mais c’est valable dans l’autre sens aussi apparemment. 😉
    Le fond du problème semble bien de suivre ou ne pas suivre les diktats de son époque, et en effet Ficelle, la Creuse en moins, je suis le fruit d’une longue lignée de pondeuses qui ne suivent pas les modes.
    Ma grand mère a donné le sein 12 fois (autant dire quasi en permanence dans la vie), accouché 12 fois dans son lit avec une sage femme et pas de toubib (il ne venait que si ça merdait), élevé ses enfants aussi proprement que possible sans machine à laver (mais au moins elle se demandait pas si elle devait choisir omo micro ou ariel, lol), elle les a nourris aussi bien que possible (sans se demander nestlé ou blédina aie aie aie dilemme, 10 ou 20 grammes ouille ouille ouille), je ne dis pas qu’elle n’a pas fait de conneries, on en fait toutes, mais elle tirait sa force de sa propre mère, des frères et soeurs qu’elle avait vus naître pour certains (voir l’accouchement de sa mère ça te donne une idée), et en partie élevés (ça forme, on apprend vite quand on est jeune en plus).
    l’autre grand mère qui était d’un milieu plus aisé a accouché de la même manière, nourri des 5 enfants au sein aussi (elle m’a avoué avoir « fait des anges » quand ça tombait trop mal, c’est sans doute la seule différence avec mon autre grand mère, elle avait moins de scrupules et de trouille à l’idée d’avorter) et s’est retrouvée veuve à 35 ans donc obligée de continuer toute seule. Elle a aussi fait des conneries, on en fait toutes, mais globalement on est loin de la cour des miracles que certains témoignages laissent entrevoir, pas de bébés morts, pas de gros pépins de santé, pas de sérial killer dans le lot, tout va bien.
    sans dire « c’était TOUT mieux avant », je trouve qu’il y a des choses qui étaient mieux « avant », ou qui sont toujours mieux aujourd’hui, parce que ça a encore cours j’en suis la preuve vivante, en effet.
    Comme le fait d’avoir une mère, une grand mère, assez au fait de la maternité pour avoir beaucoup côtoyé la chose, pour avoir aussi aidé d’autres femmes à enfanter (ça se faisait dans les villages, si la sage femme ou le toubib n’arrivaient pas, c’est la voisine/cousine/tante qui venait gérer), qui peuvent partager leur expérience et surtout transmettre leur confiance. Cette génération de femmes que j’ai eu la chance de connaître avant qu’elles ne meurent tenaient la maternité pour une chose féminine par essence, une science que seules les femmes possédaient, une affaire de nanas, point barre. c’est antiféministe comme pensée en effet, mais en attendant cette manière de voir la chose ma donné une grande confiance avant même de devenir mère. Il était établi que je devais écouter ce ventre et ensuite ce bébé, et que quoi qu’il advienne il ne pouvait pas me demander quelque chose que je n’avais pas à lui donner, c’était donc à moi de trouver en moi la réponse, je l’avais, forcément, la nature ne donne pas un chat à une chienne picétou disait mamie. on dira ce qu’on voudra, c’est sûrement plus de l’ordre de la transmission que de l’ordre de l’instinct maternel (merci Beauvoir), mais cette confiance-là, aujourd’hui, y’en a plein qui ne l’ont plus.
    Alors oui Ficelle peut être que celles qui n’ont pas eu la chance (parce que c’en est une, et là elle prend toute sa mesure) comme moi de descendre d’une grand mère de famille nombreuse dans le fond du trou du cul du monde manquent déjà de cette confiance là depuis 3 générations. Auquel cas elles ne sont donc pas les premières victimes de ce manque de transmission mais les 3èmes, comme elles sont la 3ème génération surinformée et sensible aux sirènes du monde « moderne » (biberon, lit à barreaux, poussette et autres sont très récents dans l’histoire humaine et ont été imposés comme norme un peu vite à coups de marketing, au point qu’on ne se rappelle plus comment on faisait avant mais « avant » c’était pas y’a douze siècles, tout de même, hein) .
    il y a des choses bien dans la modernité. la qualité des soins, la contraception (encore que ce serait bien que les hommes puissent la prendre en charge aussi et se sentent concernés, hein, mais bon)…mais il y avait du bon avant aussi, la preuve en est qu’on y revient en masse. tout ce qu’on croit inventer aujourd’hui, le portage, le cododo, l’aad, les couches lavables, l’allaitement long etc, ce sont des pratiques ancestrales qu’on se transmettait avant entre femmes.
    Il n’est pas question de « bon sauvage » ici, ni de revenir en arrière sur la condition féminine (je ne veux pas faire peur mais il y a encore des viols aujourd’hui, des accouchements dans la nature, et je ne suis pas si sûre qu’il y en ait moins qu’au moyen âge à l’échelle de la planète), il est question de considérer ce qui est de l’ordre du bon sens, que ce soit passé présent ou futur.
    (et au fait il n’y a pas toujours eu des médecins, non, il y a toujours eu au contraire des femmes entre elles et ce bien avant qu’on les appelle des sages femmes. par ailleurs la médecine moderne a été la première source de maltraitances faites aux femmes… qui en prennent d’ailleurs conscience et demandent de plus en plus à être suivies par une sf et/ou une doula, ce qui n’est rien d’autre que l’expression de cette demande de soutien féminin et de transmission qu’elles n’ont plus par mamie et maman, comme quoi on revient aux vieux pots kamême. mais j’imagine que si ça s’appelle doula et pas cousine/maman/mamie c’est comme le cododo, ça a un nouveau nom donc c’est nouveau! ;-D)
    nan je reste réac, les filles, vous allez avoir du mal à me convaincre.
    :mrgreen:

  50. Suzie dit :

    @pupuce, Eh, bien oui, je pense que tu as raison à peu près sur tout… Mais, je pense, il me semble, que tu décentres le débat. Les questions à se poser ici seraient plutôt : est-ce que ta grand-mère a choisi d’avoir 12 enfants ? Est-ce qu’elle a choisit d’allaiter 12 fois ? Est-ce qu’elle s’est vraiment sentie la mère de ses 12 enfants ? … (peut-être que oui, hein et tant pour elle). On peut très bien connaître tous les gestes de puériculture du monde et savoir très bien les faire parce qu’on les a vus faire autour de soi toute sa vie, sans pour autant, se SENTIR mère… et confiante dans ce rôle de MERE (et pas dans celui de l’auxiliaire de puériculture) Je pense que c’était ça la question de départ…

    Moi, ma grand-mère, à 90 ans, m’a dit : « Quand je vois comment c’est de nos jours d’avoir des enfants, c’est aujourd’hui que j’aimerais en avoir un autre !! » 😆 😆