Frères et soeurs : entre complicité et rivalité

freres_et_soeurs Les séances de yoga prénatal auxquelles je participe comportent en prime une sorte de bibliothèque de livres pour parents, j’en récupère donc un ou deux chaque semaine. Je ne vais pas vous faire des comptes-rendus de tous mais la rubrique Bibliothèque du blog risque de croître un peu plus rapidement que d’habitude.

Le livre du jour est un petit manuel, écrit par deux psychologues (Elisabeth et Jean-Pierre Darchis) pour la collection J’en parle avec mon enfant de Nathan. Il intéressera donc particulièrement ceux qui attendent un deuxième (ou plus). J’ai trouvé le contenu bien fait mais pas révolutionnaire. Disons que je n’ai pas appris grand chose (je n’ai pas la science infuse, loin de là, mais j’avais déjà lu ici et là d’autres choses sur le sujet), mais cela remet un certain nombre de choses au clair pour les parents d’une fratrie. Quelques uns de ces messages-clés :

  • Ce n’est pas à l’aîné de décider si ses parents doivent avoir ou pas un autre enfant, pas plus que de choisir le prénom ; la responsabilité serait trop lourde et cela doit rester exclusivement celle des parents.
  • L’amour parental ne se divise pas, il se multiplie, et il ne se mesure pas en temps passé avec l’un ou l’autre.
  • Traiter ses enfants de manière équitable ne veut pas dire tout faire pareil avec chacun mais autant que possible répondre à leurs besoins spécifiques (en fonction de l’âge et de la personnalité).
  • L’aîné a le droit d’être jaloux, de ne pas aimer le cadet, et de l’exprimer tant qu’il n’agresse pas le petit.
  • Il est normal que le grand ait un comportement perturbé à l’arrivée du bébé mais il ne faut pas renoncer à lui poser des limites pour autant : c’est au contraire un besoin important pour lui et une preuve d’amour parental.

Au niveau de la forme, le livre est assez bref (90 pages écrit gros), et écrit sous forme de questions-réponses, dans un style très clair et facile à lire. Bien qu’écrit par deux psys, il évite l’accumulation de clichés et poncifs psychanalytiques qui peuvent vite devenir pesants. Bref c’est une lecture rapide et agréable (en prime pas très chère, 7€ et des brouettes), qui pourrait même convenir aux coqs habituellement peu motivés par ce type de bouquin (j’avoue que le mien a passé son tour, sa réponse : « j’attends que tu fasses le résumé sur ton blog »…). Cependant si les quelques points que j’ai cités vous sont familiers, l’intérêt du livre semble moindre et vous risquez de rester un peu sur votre faim.

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153 Responses to “Frères et soeurs : entre complicité et rivalité”

  1. Béatrice dit :

    @Ficelle, J’ai acheté une poupée à P’tit Mec N°1 pour la naissance de N°2, et idem à N°2 pour la naissance de N°3, mais c’était avant l’accouchement. C’était la grande mode il y a 15/20 ans, que le BB apporte un cadeau à son ainé.
    Comme dit Charlinette, si tu n’es pas à l’aise et que tu ne vois pas l’intérêt, laisse tomber. Miss A. préfèrera que tu lui consacre des moments « de grande » plutôt qu’un cadeau.

  2. @Ficelle, et j’ajouterai aussi que si ton entourage est pas trop c… miss A va recevoir plein de cadeaux ! ici Pouss1 a limite été plus gâté que son frère (sans compter qu’il truste les jouets pour Pouss2…), c’est Noël depuis la naissance.

  3. Fleur dit :

    @Ficelle, nous avons aussi fait (deux fois, puisque 3 puces) cet échange… oui, parce que chez nous c’est un échange… et je dirais qu’il s’agit plutôt de marquer un évènement important pour la famille! Puce1 et puce2 ont chacune choisi un doudou pour puce3 (coup de bol, ils font tous les deux partie de ses trois doudous favoris) et puce1 et puce2 ont chacune reçu (mais pas spécialement de la part de puce3, plutôt à l’occasion de sa naissance un livre CD de Marlène Jobert et un animal Schleich).

  4. Ficelle dit :

    Merci à toutes pour vos réponses! Je viens de les lire au papa et il est d’accord avec moi: au final… nous n’allons pas prévoir de cadeau. Je pense aussi que la meilleure solution est que je passe du temps avec elle (si c’est possible) et je suis heureuse d’avoir prévu un retour précoce à la maison (jour de l’accouchement voire J+1) pour amortir un peu la transition… Le papa a aussi quelques semaines devant lui avec nous. Et bien sûr je pense que si nous recevons des jouets pour BB2, Miss A. trustera le truc itou. Quand aux amis « pas trop cons » euh… j’attends de voir :mrgreen: 😆 J’ai la sensation que le cadeau ne sera de toute façon qu’une bien piètre compensation au regard de l’arrivée d’un bébé qui va téter sa mère toute la sainte journée 😉

  5. TimTad dit :

    Ah ! pile l’article sur le sujet que je cherchais ! (tu as écrit sur tout ? 😆 )
    merci 🙂
    j’ai trouvé plusieurs références de livres qui ont l’air intéressants dans les commentaires…

    depuis que tu as écris l’article, tu as d’autres livres à recommander ?
    du genre F & M ?

  6. @TimTad, j’ai lu le Faber & Mazlish (« Rivalités entre frères et soeurs », je mets la référence plus complète pour les autres poulettes qui passeraient par là 😉 ) et il est très chouette. Je l’ai d’ailleurs préféré au « Parler pour que les enfants écoutent… ». Très concret, plein de pistes super ! Et des témoignages un peu apocalyptiques qui font relativiser sa propre situation 😆
    (et oui, j’ai écrit à peu près sur tout, sauf certains sujets où d’autres poules plus compétentes ont écrit pour moi :mrgreen: )

  7. Bonsoir, vous parlez toutes de la jalousie exprimée par l’ainée lors de la naissance du cadet.
    Quant est-il de la jalousie qui dure? Ma sœur ainée m’a avoué, a presque 40 ans, qu’elle n’avait a ce jour toujours pas digéré la naissance de sa cadette (moi!). Bien sur, le cas est un peu extrême mais cela donne a réfléchir!
    Mon mari rêve d’avoir deux filles et moi j’angoisse a l’idée de rendre mon ainée malheureuse et de reproduire un schéma relationnel identique a celui vécu avec ma sœur. Elle , jalouse a mourir; moi, complexée vis a vis de la grande sœur dont je pensais ne pas arriver a la cheville, les parents super égalitaires jusqu’à nier les particularités de chacune. Alors je me dis que le fait d’avoir un enfant unique peut comporter des avantages!

  8. pâte à crêpe dit :

    @La pie gourmande, pour avoir moi aussi une soeur ainée (elle a 7 ans de plus) de 40 ans qui n’a toujours pas digéré, j’ai pas mal cogité et je pense qu’une des clé est la gestion du problème par mes parents qui idéalisaient leur famille et l’amour obligé entre frère et soeur. Notamment, ma mère, fille unique qui a souffert de cette solitude et s’est rêvée des frères et soeurs, a construit sa famille dans cet amour plaqué, parfois forcé qui nie et veut empêcher tout sentiment négatif des uns envers les autres. Je pense que ma soeur s’est vu répondre à chaque tentative de sa part d’exprimer une émotion qui n’allait pas dans le sens de « youpi je vais avoir une petite soeur quelle chance j’ai!!! » une opposition, elle s’est vu réprimer, raisonner et au final empêché d’avoir ces sentiments là. « Entre frère et soeur il FAUT s’entendre… 🙄 » Donc, ça n’aide pas à digérer….
    Bref, je pense que si tu es attentive au respect des sentiments de ton aînée, quels qu’ils soient, aussi difficiles soient ils à encaisser pour toi, ça sera sain. Pas forcément facile, mais plus sain.

  9. TimTad dit :

    @La poule pondeuse, :mrgreen:
    J’ai acheté 3 des 4 livres de Faber & Mazlish suite à une conférence de Sophie Benkemoun (http://www.latelierdesparents.fr/pages_html/agenda.html)… il ne me manque que celui sur la rivalité entre frères et sœurs !
    j’avais bien aimé son sketch quand elle met à la place des enfants, et essaye d’imaginer sa réaction si du jour au lendemain, son mari lui disait « je t’adore tellement que j’épouse une deuxième femme ! » 😆
    Et aussi la citation de H. Ginott « Tous les sentiments sont légitimes, les comportements ne sont pas tous acceptables »

    😆 le sujet est devenue d’actualité plus vite que je ne l’aurais cru !

    Il y a relativement peu de livres qui traitent le sujet…

    Dans le livre « Éduquer sans punir » de T. GORDON, il explique comment, (en gros),avec un système de récompense ou de punition, on favorise, inconsciemment bien sur, cette rivalité… je ne me souviens plus des termes exactes, mais il parle, par exemple, de la compétition entre frères et sœurs pour obtenir une récompense (notre attention, nos félicitations, surtout quand on les compare entre-eux…), ou comment on les pousse à tricher, à mentir et accuser l’autre pour ne pas recevoir de punition…

    D’où ma recherche de livres sur le sujet, afin de trouver un langage, une manière de parler, pour essayer d’éviter de créer une rancune durable, comme en témoigne le commentaire suivant (n16).

  10. @La pie gourmande, je crois que la décision d’avoir un autre enfant doit être dictée par votre envie, à ton mari et à toi, au projet que vous avez pour votre famille. Ce n’est pas la responsabilité de ta fille, dans un sens comme dans l’autre : un désir d’enfant est quelque chose d’extrêmement puissant, et il me semble lourd pour un enfant de porter la responsabilité de sa non réalisation (de la même façon qu’on ne fait pas un deuxième pour occuper le premier, même si ça sert aussi à ça 😉 ). Il me semble qu’avoir pris conscience de la « mauvaise » gestion de tes relations avec ta soeur par tes parents (je mets des «  » car ils étaient sans doute animés des meilleures intentions) t’aidera à ne pas reproduire les mêmes erreurs. Je te recommande chaudement le livre de Faber & Mazlish « Rivalités entre frères et soeurs », il est super !

  11. soleil- dit :

    @La pie gourmande, Moi ça me fait penser à mon grand copain Rufo qui a dit récemment, en substance, que « le meilleur écart d’âge entre deux enfants, c’est au moins sept ans : pas d’interactions, pas de problèmes ! » Haha.
    Sinon, je dis comme la poule : le désir d’enfant, c’est votre affaire, à ton mari et à toi. Ta fille ne peut pas le porter. Tu parles de ton mari qui rêve de deux enfants, mais pas de ce que tu aimerais, juste de ta peur pour ta fille… Lu aussi récemment dans « Attendre bébé autrement » : un deuxième bébé qui arrive, c’est « normal », c’est la vie, la famille s’agrandit. Il s’agit de le présenter ainsi à l’ainé, sans obligation d’aimer, sans lui imposer un schéma « oh quelle chance tu as d’avoir une petite soeur !!! » ni l’inverse « désolée ma pauvre chérie de te faire ça », juste que c’est la vie qui continue, accepter aussi les éventuelles régressions de l’ainé qui sont normales, et le rassurer sur le fait qu’on l’aime et qu’on l’aimera toujours !
    Après, je ne sais pas quel âge a ta fille, mais on ne vit pas les choses de la même manière à 2, 4 ou 7 ans !

  12. Anne dit :

    Ce livre n’est plus dispo, une d’entre vous pourrait elle m’en conseiller 1 autre qui vs aurait plu ? Je prends les devt, mon fils ainé a 3 ans et mon BB 3mois le plus grd manifeste bcp de jalousie…classique non ?! merci pr vos conseils.

  13. @Anne, bien mieux et bien plus intéressant : Jalousies et rivalités entre frères et soeurs de Faber et Mazlish (http://www.amazon.fr/Jalousies-rivalit%C3%A9s-entre-fr%C3%A8res-soeurs/dp/2234021863)
    Vraiment il est TOP !

  14. oops dit :

    Je fais remonter ce sujet à l’occasion de l’arrivée récente de BB2 (accouchement il y a une semaine), alors que sa grande sœur a 20 mois.

    Et je m’interroge sur la situation du point de vue de la mère, car je cogite :

    > j’ai du mal à faire le deuil de la relation fusionnelle que j’avais avec l’aînée. La séparation de 3 jours à la maternité a « cassé » quelque chose, même si globalement ça se passe plutôt bien. Mon regard a forcément changé sur elle, qui me paraît « grande » à côté du nourrisson, alors qu’il y a une semaine c’était encore mon « bébé ».

    > j’ai du mal à imaginer que je ne pourrai pas nouer la même relation avec sa petite sœur, ce qui me frustre beaucoup. Je la laisse déjà un peu plus pleurer notamment avant de l’allaiter, le temps notamment de briefer la grande, pour laquelle j’anticipais les signes de faim avant qu’elle ne pleure.

    Bref, j’étais bien prête à accompagner l’aînée face au bouleversement engendré par l’arrivée d’un bébé, mais pas du tout à vivre ses émotions moi-même. Je suppose que la chute d’hormones n’y est pas pour rien et que ça se tassera, mais je suis intéressée par votre vécu et les lectures sur le sujet si vous en connaissez.

  15. Opale dit :

    @oops, bienvenue à ce bébé alors ! Et bien entendu, je dis « bravo à la Maman » (pour l’accouchement hein !, quand même 😉 ).
    Laisse-toi le temps, oui, c’est un changement pour toute une famille, un p’tit deuxième mais je peux imaginer ton inquiétude par rapport à ta fille.
    Tu as l’air d’aimer ta fille très fort et tu te poses des questions aussi, j’ai une fille de 24 mois et pense à un p’tit deuz mais je pense déjà à ce que tu ressens aujourd’hui (alors que ce bébé n’est même pas en route 😕 )… si un autre enfant devait arriver dans notre vie … et là, je me pose mille questions par rapport à ma fille, mon couple, mon rôle de Maman avec deux enfants …
    Vous allez apprendre tous, à connaître ce bébé, à l’aimer mais ce sera différent !
    Je te souhaite plein de rires, de baisers avec tes deux enfants !

  16. oops dit :

    @Opale, Merci, grossesse de rêve et accouchement physiologique encore mieux que prévu dans le projet de naissance, ça donnerait presque envie de faire le 3e dans la foulée ! 🙄 :mrgreen:

    Et oui, mon ainée était le centre du monde, j’étais très attentive à accompagner au mieux son développement, et étant l’aînée moi-même, j’avais bien préparé le terrain et prévu certaines réactions, pour anticiper les réponses adéquates à apporter.

    Mais je n’avais pas du tout prévu de ressentir moi-même des émotions aussi fortes et contradictoires. Du coup, l’aînée sent la faille, et je crois que ça ne facilite pas les choses, car ça l’inquiète. Pour l’instant, elle embrasse sa sœur et elle me frappe, je préfère ça que le contraire, mais j’ai du mal à gérer.
    J’ai l’impression d’avoir perdu le « mode d’emploi » de ma fille, alors qu’il y a quelques jours on était tellement fusionnelles que j’anticipais tout. Je crois que ça me bouscule plus qu’elle, finalement…

  17. @oops, d’abord toutes mes félicitations pour cette belle nouvelle ! Pas toujours facile la reconfiguration de la famille après l’arrivée d’un petit nouveau, même si cela devrait se remettre en ordre (enfin probablement un nouvel ordre) tranquillement. Je crois qu’il ne faut pas s’en vouloir de ressentir ces émotions, et c’est bien normal d’en être remuée. Lâcher du lest aussi et revoir ses priorités pour un temps (oh zut le ménage :mrgreen: ).
    Et sinon quid du père ? comment trouve-t-il sa place ? ne peut-il pas t’aider à passer du temps en tête à tête avec le bébé ou avec l’aînée ?

  18. isaboule dit :

    @oops, je crois qu’il faut laisser le temps au temps, laisse le temps à ton BB2 de grandir, de te séduire, de te surprendre d’une autre façon que l’ainé. Moi qui suis très fusionnelle avec ma fille N°1, j’ai pleuré de solitude lorsque BB2 est née. C’était la 1ere fois que je me séparais de BB1 plusieurs jours. Elle me manquait, et j’avais l’impression d’etre infidéle.
    Maintenant, au bout d’un an, l’équilibre est là.BB1 restera LE CHOC emotionnel de ma vie, l’histoire n’a pas été la même. Mais BB2 me fait marrer. Je les aime DIFFEREMMENT. Et j’ai arrêté de me demander si j’aimais AUTANT BB2. L’amour maternel ne se dose pas. Le temps passe, et tu es déjà quelqu’un d’autre aux naissances suivantes.

  19. oops dit :

    @isaboule, merci pour ton message ! Je ne sais pas si les copines « multipares » de mon entourage ont la mémoire courte, ou si elles n’ont pas eu la même relation fusionnelle avec leur aînée, ou si le sujet est un peu tabou, mais ça fait du bien de lire un témoignage dans lequel je me retrouve.
    Il y a peut-être un thème d’article à creuser pour La Poule ? 😉
    Heureusement, je n’ai pas de trouble de l’attachement avec BB2 ; peut-être grâce à l’accouchement physiologique qui m’a beaucoup remuée, après celui très médicalisé de BB1 (qui s’était très bien passé, ceci dit). Et c’est un nourrisson très facile à vivre, ça aide.

    Mais comme tu le dis bien, BB1 est un vrai choc, une révolution. J’ai l’impression d’avoir passé les plus beaux mois de ma vie avec elle, tellement j’ai adoré m’en occuper. Et elle m’a transformée, en tant qu’être humain ; j’ai plus appris, elle m’a plus construite en 20 mois que pendant mon parcours scolaire et professionnel réunis.
    Difficile de tourner cette page. Je m’en doutais avant de lancer BB2, mais ça ne rend pas la situation plus facile.

    Je tente de lutter contre le sentiment de culpabilité que tu décris bien ; car c’est vraiment un choix d’avoir BB2, et aussi rapproché. Mais j’ai du mal à trouver un nouvel équilibre. Je vais tenter la méthode Coué : « dans 1 an, ça ira mieux » ! 😉

    Et je vais relire quelques articles sur la psychologie de l’enfant sur ce blog (à défaut d’avoir le temps d’ouvrir les livres conseillés), pour tenter de renouer avec BB1 de manière plus sereine et d’accueillir BB2 comme elle le mérite.

  20. oops dit :

    @La poule pondeuse, vu la couche de poussière sur les meubles, le ménage… 😳 :mrgreen:

    Le père a bien pris le relais, BB1 s’est beaucoup rapprochée de lui pendant mon séjour à la maternité (voir elle fait « exprès » de m’envoyer sur les roses de la même façon qu’elle dédaignait son père il y a peu). Mais nous sommes un peu coincés par le temps : impossible de fermer le magasin (notre seule source de revenu), donc même si la qualité y est, la quantité de temps en famille ne suis pas nos besoins actuels. Et comme les grands-parents sont loin, pas facile d’avoir un relais pour souffler et prendre le temps qu’il faudrait en tête à tête avec l’une et l’autre.

  21. oops dit :

    @La poule pondeuse, Fut dit, fut fait : j’ai refait le tour des articles sur l’éducation, et celui sur « Retrouver son rôle de parent » (que j’ai commandé, du coup), m’a fait réfléchir.
    Une de mes tantes est venue me filer un coup de main pendant une semaine, elle s’attendait à pouponner… Je lui ai confié l’intendance (courses, repas, étendage de lessive ; la poussière s’accumule mais qu’importe), et je me suis consacrée exclusivement (enfin en plus du boulot, bien sûr) à créer / resserrer le lien d’attachement avec mes filles.

    Facile pour le nourrisson, plus compliqué avec l’aînée, mais ça a fonctionné. Quelques colères mémorables, des tentatives de taper sa petite sœur (surtout des coups de tête, en faisant semblant de lui faire un bisou, arg… 😯 ), les émotions sortent… et nous nous sommes retrouvées ! Retour des regards complices, de l’humour, des jeux, des échanges, bref, j’ai retrouvé mon (grand) bébé ! 😀

    ET retour en force du langage des signes : j’ai appris ceux des émotions (car même si elle parle déjà bien, difficile de la comprendre quand la colère monte ou quand elle pleure ; un petit signe est alors d’un très grand secours).

    Retour aussi de l’Ergo dans le dos pour la grande pendant que la petite est dans l’écharpe devant (une autre écharpe que celle utilisée enceinte pour la grande, sinon c’est la crise !)

    Bref, merci La Poule ! Je n’aurai pas pris ce temps, je crois que j’aurai ancré dans la famille un problème de fond (avec le recul, il y a probablement eu un loupé à l’arrivée de ma sœur que j’ai commencé à supporter quand je suis partie de la maison, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi).

  22. @oops, waouh ça fait vraiment plaisir à lire ! c’est super que vous ayez ainsi pu prendre le temps pour trouver votre nouvel équilibre.

  23. oops dit :

    Après un répits de quelques semaines, re-crise ! 👿
    L’illustration de la couverture du livre me parle beaucoup : comment gérer un conflit entre une « grande » de 21 mois et sa sœur de 1 mois ? ❓

    J’ai tenté (et je tente toujours) de limiter les sources de tension pour l’aînée. Beaucoup de discussions (à partir de livres, notamment), je pose la petite quand je peux dès que la grande à besoin de moi et je garde quelques moments en tête à tête, j’accepte les régressions (par exemple, elle ne veut plus se nourrir seule, je dois lui donner la becquée), je valorise ses progrès (elle se lance toute seule dans la continence), bref, je fais ce que je peux, et elle sort les canines en ce moment (les dents de l’agressivité, y aurait-il un lien ?) mais je dois mal m’y prendre.

    Car il y a une chose qui me met hors de moi : elle s’est mise à taper sa sœur, à n’importe quelle occasion. Pendant la téter, mais aussi juste en passant devant le transat. Très stressant !
    Elle s’est aussi attaquée à un bébé à la crèche (elle y va 2 jours par semaine), et aujourd’hui elle a mis un coup de poing à un petit garçon d’un an de plus. Un vrai coup de poing, pas une « tape », qui me paraît plus pulsionnelle, là j’ai vraiment eu l’impression qu’elle « maîtrisait » son geste (le papa a même admiré la « technique » 😯 ) alors qu’elle n’a jamais reçu de fessée ni de tape, et qu’il n’y a pas de TV à la maison (donc peu d’occasion de voir des matchs de boxe).

    C’est d’ailleurs un des points qui me pose problème : j’ai découvert, entre autres choses, l’éducation non-violente sur ce blog ; j’ai convaincu tant bien que mal mon homme de jouer le jeu, toute la famille m’attend au tournant… 🙄 Autant dire que les conditions sont réunies pour un « pétage de plomb » général (en ajoutant une bonne dose de nuits courtes, ingrédient catalyseur s’il en est). Pour l’instant, je garde mon sang-froid sans problème, car voir ma grande souffrir me rend triste et me fait culpabiliser, et pas me mettre en colère. C’est un peu moins le cas de mon homme, et je ne sais pas si une fois toutes les hormones post-partum envolées, je resterai aussi émotive…

    Je n’ai (hélas) pas le temps de lire tous les livres conseillés ici ; je suis en train de me replonger dans Parents Efficaces de Gordon, mais pour les bambins, ça manque d’exemples et de solutions concrètes.
    Si vous avez des astuces, suggestions, conseils de lectures (« J’ai tout essayé », de Filliozat, traite-t-il des tout-petit ?), que ce soit pour gérer le « terrible two » ou les « interactions dans la fratrie » pour les tout-petits, je prends !

    Pour l’instant, je gère les coups en :
    – retenant son geste avant qu’il ne tombe, dans la mesure du possible !
    – je répète X fois le « non » sur le ton du « non-négociable » (il y a chez nous un « non » sur le mode « j’aimerais mieux pas, mais on peut trouver une solution » et un « non » ferme et définitif sur quelques points précis)

    Et en fonction de la situation, j’ajoute :
    – « tu voulais me faire un câlin et tu es triste de ne pas pouvoir le faire parce que ta sœur est dans mes bras ? / Tu as besoin de moi et tu es en colère parce que je m’occupe de ta sœur » ? Ou autre tentative d’interprétation du même type, en utilisant le langage des signes pour l’aider à exprimer ses émotions (elle différencie bien « colère », « peur », « triste »)
    – « tu n’as pas le droit de taper, ni ta sœur ni quelqu’un d’autre, la seule chose qu’on a le droit de taper c’est le coussin de colère » et je le lui apporte (histoire qu’elle puisse se défouler)
    – « un bébé est fragile, tu te souviens comment on le touche ? Je te remontre »
    – « tu lui as fait mal, demande-lui pardon »

    Elle fait spontanément un bisou tout de suite (et elle fait beaucoup plus de bisous que de tapes, heureusement) ; une fois je l’ai même « refusé » : « Non, je n’ai pas envie de bisou maintenant, ça me met trop en colère de te voir violente comme ça avec ta sœur ».

    En outre, histoire qu’elle se rende bien compte que la règle est la même pour tout le monde quand la petite touche la grande dans un mouvement réflexe, je la « dispute » : « Non, tu n’as pas le droit de taper ta grande soeur, personne n’a le droit de taper ».
    Bref, voici toutes mes cartouches, il me manque des munitions plus efficaces…

    J’ajoute qu’en ce moment on voit vraiment qu’elle a une grande rage à exprimer, beaucoup de violence contenue. A son regard, à certains gestes crispés, à sa façon de jeter les objets (pas comme lorsqu’elle lance des cailloux dans l’eau). Elle est vraiment frustrée, j’ai du mal à retrouver mon « bébé » qui était si joyeuse et sereine. J’ai autant de mal à faire le deuil de notre qualité de relation d’avant l’accouchement que de me dire que je ne pourrai pas construire le même type de complicité avec sa cadette (qui en plus se prend des coups et des « bisous-coup de boule » dès le plus jeune âge !).

    Bon, le tableau paraît noir, dans l’ensemble ça va quand même, on ne regrette pas du tout d’avoir les 2 filles rapprochées, et on envisage même le numéro 3… Mais au quotidien, il y a des moments difficiles à gérer. J’aimerais vraiment améliorer mon « management », et surtout soulager mon aînée.

  24. Laetitia dit :

    Bonjour Oops
    je suis une fervente lectrice du site de la Poule, mais c’est la première fois que j’y participe, malgré tout l’intérêt que je porte aux sujets abordés. Si j’ai envie de réagir à ton message, c’est que j’y retrouve toutes les émotions que j’aie pu vivre à la naissance de mon fils il y a bientôt 6 mois. Mon aînée avait alors 26 mois, et elle était le centre de mon monde, une relation fusionnelle qui excluait même le papa parfois (shame on me !). Je voulais retomber enceinte, pour revivre ma première grossesse, dans l’illusion de porter à nouveau ma fille (3 mois de nausées pour me punir de cette douce et stupide illusion) et -j’en ai presque honte- pour bénéficier d’un congé maternité suivi d’un congé parental, NON pour m’occuper de bébé 2 mais pour laisser le boulot et m’occuper de bébé …1. Je suis un peu passée à côté de ma grossesse, accaparée par mon aînée, et heureuse de l’être. Accouchement violent avec phase de désespérance, j’ai tout fait pour reculer le moment de partir à la maternité afin d’éviter de laisser ma fille en pleine nuit. Résultat : j’ai quand même dû lâcher la grappe à ma fille et j’ai accouché sans péridurale (ce n’était pas mon choix), dans l’urgence et en plein milieu d’une crise de panique, merci l’accueil pour mon petit bonhomme. Retour très dur à la maison, après une séparation de 3 jours avec ma fille, qui m’a semblé géante, je ne la reconnaissais plus, c’était très choquant pour moi. Oui j’avais perdu mon bébé… et il m’a fallu un peu de temps pour admettre que j’en avais « gagné » un autre. J’ai fait un baby blues carabiné, m’accrochant à ma fille, n’hésitant pas pour cela à laisser pleurer mon nouveau-né. C’est terrible quand j’y repense. Je me rattrapais avec le cododo la nuit, mais l’électro-choc est venu de mon pédiatre qui m’a affirmé que mon fils ne prenait pas assez de poids. Bon, on sait ce qu’il faut penser des courdes de poids, surtout pour les bébés allaités, mais je précise que mon bébé pleurait parfois beaucoup, et que sans doute je ne lui donnais pas assez le sein. Alors j’ai réagi, j’ai accepté de déléguer au papa (dont je pouvais être jalouse…) et de me consacrer AUSSI à mon fils. Et rapidement la relation s’est nouée, je suis folle de mon petit bonhomme. Mais mon aînée restera toujours mon aînée… Par contre je précise que ma fille vivait très bien sa vie sans moi, qu’elle ne s’est même pas aperçue que maman était partie pendant 3 jours, et ça ça peut faire mal aussi 🙄
    Merci d’avoir lu mon pavé, courage à toi Oops, tiens bon avec ton aînée, elle te montre à sa façon à quel point elle t’aime, elle est nostalgique de l’exclusivité, mais dis-toi que tu lui as fait un cadeau en donnant naissance à une petite soeur, ça permet de se sentir un peu moins coupable !

  25. pâte à crêpe dit :

    @oops, je me reconnais beaucoup dans ton désarroi face à un enfant qui tape alors qu’il ne connaît pas la violence: notre crêpe a connu cette phase, pendant deux mois environ, juste avant ses 3 ans. Il nous tapait tous les soirs, hyper violemment, sans prévenir. Ça a été horrible. Je ne vais ici m’étendre ici sur les raisons possibles que nous avons relevées, ça serait trop long et compliqué. Il tapait aussi un peu ses copains de la halte garderie.
    Nous avons essayé vraiment plein de choses, les câlins, les règles très strictes, les discussions avant, après, la punition mais rien « n’accrochait » notre fils. Je lui « rendu » une fois à ma grande honte, pour essayer de lui montrer qu’il nous faisait très mal, mais cela l’a choqué énormément et nous nous sommes rendus compte que cette violence était vraiment de la pulsion et pas du tout de la violence dirigée.
    Bref, c’était horrible, je me rappelle redouter le soir et en avoir pleuré tous les soirs après son coucher…
    Il m’a tapé aussi en dehors de la maison, et le regard des autres a été aussi assez difficile à assumer…
    Comment nous nous en sommes sortis:
    – en allant voir la psy de la PMI qui nous a fait parler et relativiser: il est a un âge pulsionnel, et ce sont des émotions qu’il sort. C’est normal, ne pas paniquer et voir notre enfant comme un futur Dexter…
    Malgré tout, il faut se « mettre plus haut », reprendre l’autorité, être ses parents qui l’emmènent dans le sens qu’il faut lui montrer que ce n’est pas possible, cela n’est pas acceptable.
    – on a mis en place deux règles de « survie »:
    dès qu’il part dans ces tapes, on se met debout, pour se rendre inaccessible (parce que la gifle dans la tête quand on lui propose un câlin, c’est très dur de rester zen après).
    – ensuite la règle de la maison « celui qui est violent se met tout seul, on le laisse ». Donc s’il est violent, pas de violence, pas de punition, mais la conséquence que personne ne peut être avec lui, ne lui raconter d’histoire. Il n’est pas disponible pour être avec les autres, il se coupe de nous. Et on a insisté sur sa responsabilité.
    La phrase « je ne m’occupe pas de toi » a été assez magique et heureusement, il est vite passé à autre chose et surtout on a pu discuter des vrais problèmes des vraies émotions. Alors, est ce que ce sont nous règles, notre attitude qui ont évacué le problème ou lui qui est passé à autre chose?
    Je ne sais pas mais j’espère que ces pistes pourront t’aider.
    Bon courage, je sais que ça été très difficile et qu’en plus, j’ai trouvé que c’était assez assez tabou. Je me suis sentie très seule et les amis ou connaissances à qui j’ai essayé d’en parler n’étaient pas très ouverts ou compréhensifs sur le sujet….

  26. michmaa dit :

    @oops,

    bonjour,
    j’ai lu récemment, via les Vendredis intellos, le résumé d’un bouquin de Faber et Mazlish sur les relations dans la fratries.
    Voici le lien de la 1ere partie : http://www.supersparents.com/resoudre-les-jalousies-et-rivalites-entre-freres-et-soeurs/

    Pour ma part, mes garçons avaient 22 mois d’écart. Pendant la grossesse j’ai beaucoup culpabilisé de ce « cadeau »que nous faisions à l’aîné. Peu de temps après la naissance, nous avons en fait découvert d’autres sentiments auxquels on ne s’attendait pas :
    – culpabilité vis à vis du second car c’est impossible de s’occuper du deuxième autant que du 1er et c’est vrai qu’on l’a plus souvent laissé seul et laissé plus longtemps pleurer. par ricochet, il m’est arrivé d’en vouloir au plus grand de demander tant d’attention et d’énergie : en fait, même quand je m’occupe des deux enfants, j’ai souvent l’impression de m’occuper essentiellement du plus grand et de laisser le petit se débrouiller tant qu’il ne pleure pas. L’inverse est très rare sauf pour les choses obligatoires (change, repas, etc…), moments pendant lesquels le grand n’omet jamais de rappeler qu’il est présent par quelques petites bêtises. Une amie m’a permis de relativiser un peu en rappelant que le petit est allaité et porté ce qui ne manque pas de créer des moments d’intimité sinon d’exclusivité. Un an plus tard, j’ai un petit bout calme, souriant, débrouillard. Bref, il n’a pas l’air malheureux.
    – Il y a eu également un court moment où nous en avons voulu au second d’être présent car sa naissance à impliqué tout un tas de changement dans notre mode de vie qui n’était pas apparus nécessaire avec le premier. Il a notamment fallu déménager et changer une partie de nos repères…

    A la réflexion, je considère que l’arrivée du deuxième implique des changements plus importants que pour le premier car il me semble assez facile de retrouver un équilibre à trois alors que c’est plus compliqué à 4. Un simple exemple : nous n’avons eu aucun soucis pour confier le premier à des amis et prendre un peu de temps pour nous deux mais là, avec les deux enfants ça devient beaucoup plus compliqué de compter sur la bonne volonté de l’entourage. Idem, quand on rend visite à des gens ou quand on part en vacances… la logistique est tout autre, je trouve.

  27. oops dit :

    @pâte à crêpe, Merci pour tes conseils, je prends !
    En effet, c’est un sujet un peu tabou, car il déconcerte quelque soit le mode d’éducation, et surtout quand on a choisi la communication non-violente… et que l’entourage familial et amical nous attend au tournant !

    J’avais tenté puis abandonné le « je ne m’occupe pas de toi quand tu tapes », car ça veut dire refuser le « bisou du pardon ». Mon aînée est une grande câline et une grande « bisouilleuse », et elle tape rarement au milieu d’une crise de colère. Donc c’est « un coup + un bisou réparateur » dans la foulée ! Ce qui m’exaspère, évidemment, mais comment refuser un baisé, même « de Judas » ?

    Merci beaucoup pour ton témoignage et tes conseils !

    Mais réflexion faite, je vais revenir à cette idée, car c’est facile à appliquer par tout le monde. Nous habitons dans le sud, à 50m de la plage, autant dire que l’appartement ne désemplit pas de tout l’été. Or je ne veux pas que quelqu’un tape Léana, mais il faut que je donne une consigne à la place, et celle-ci me paraît parfaite !

    Le plus dur pour moi est de gérer la situation en public, même si j’assume facilement mes choix. Car je crains beaucoup les discours ou les gestes qui vont polluer ma gestion de la crise en ajoutant de l’huile sur le feu.

    Merci beaucoup pour ton témoignage !

  28. oops dit :

    @michmaa, Merci pour le lien et pour ton témoignage !
    Comme pour toi, l’allaitement et le portage me permettent de me « rattraper » vis à vis de BB2. A 2 semaines, elle était déjà dans mon dos, ça me permet de la rassurer de ma présence tout en gardant les mains libres pour BB1.
    Mais elle a vite compris quels étaient mes moments de disponibilité : dès que je couche la grande (sieste ou nuit), la petite se réveille, et nous pouvons jouer ensemble ! Le hic : c’est moi qui n’ait plus de pause…
    Je vis également aussi mal de ne plus être aussi disponible pour BB1 que de ne pas pouvoir créer la même qualité de relation avec BB2. Mais aucune culpabilité de leur imposer une fratrie à toute les deux : il y a des enfants uniques dans ma famille qui ne sont pas du tout ravis de leur situation, et j’espère que mes enfants auront la chance d’avoir une belle relation entre elles, tout comme moi avec mon frère et ma soeur.

  29. oops dit :

    @Laetitia, Quel courage de témoigner de ton vécu, et quel regard lucide tu as ! Merci beaucoup, ça me touche. Car j’aurai pu vivre exactement la même histoire, si je n’avais pas eu de garde-fous : le papa pour commencer, mais aussi ma petite soeur (qui en tant que BB2 se demandait et ME demandait comment j’allais accueillir ma cadette malgré ma relation fusionnelle avec mon aînée), et BB2 elle-même, qui est restée en siège presque jusqu’au bout. Et là, pas le choix, il a bien fallu que je m’en occupe : plein d’examens pour préparer l’accouchement, et surtout tout faire pour qu’elle se retourne (projet d’accouchement physio, je voulais à tout prix éviter la césarienne).
    Donc multiples examens qui m’ont amenés à faire une version (qui a réussie), reprise des cours d’hapto (effectués pour BB1 mais pas BB2), ostéo, positions et autres exercices favorisant le retournement, et préparation de l’accouchement (notamment cours avec une doula, qui m’a fait prendre conscience que je n’étais pas prête à accueillir ce bébé : valise pas faite, petits vêtements pas lavés, berceau pas monté, etc).

    J’ai donc travaillé sur moi pour accueillir correctement ma petite puce qui m’a permis de vivre un accouchement physiologique de rêve, ce qui est pour beaucoup dans le lien d’attachement immédiat que j’ai eu avec elle comme pour sa soeur. Et si je ne peux pas vivre avec elle la même chose qu’avec son aînée, je fais d’autres expériences : mobiles Montessori que je fabrique avec la grande pour laquelle je n’ai commencé les activités que plus tard, cours d’hapto post-naissance que j’avais zappé pour la « grande » à la place des cours de massage nouveau-né que je ne peux pas reprendre faute de temps, etc. Donc je vis des expériences particulières avec la petite, différentes de celles de sa sœur.

    Vraiment, merci pour ton témoignage, qui sera sans aucun doute utile à d’autres, et qui me permet de relativiser ma situation, ce qui soulage immédiatement !

  30. oops dit :

    Aujourd’hui, gros travail pour « renouer le lien d’attachement » avec mon aînée, cher à Neufeld. Autant dire qu’à l’issu d’un WE où j’ai eu 3 personnes à héberger, l’appartement est sans dessus dessous, le frigo vide et le bac à linge sale qui déborde… mais il y a des priorités ! Et ça fonctionne vraiment ! 😀 Je me suis mise de nouveau souvent à son niveau (physiquement et psychologiquement parlant), je l’ai suivie dans ses jeux, je lui ai proposé des activités (avec toujours BB2 sur moi, qui est restée exceptionnellement calme hors moment de sieste de la grande) et le relais du papa le matin quand j’allaitais.
    Du coup, pas un seul moment de rage, aucun coup à déplorer, impressionnant après un WE à la surveiller comme le lait sur le feu.
    Mon grand bébé était zen, enjouée, et ultra câline (vive le portage sur le dos !).

    C’est vraiment un effort à fournir, dans un moment où on a juste envie de passer l’enfant en question par la fenêtre. Et j’ai du mal à faire le grand écart entre cette nécessité de prendre sur soit et la « fausse acceptation » décrite par Gordon, toxique pour la relation. Pas toujours facile de trouver le juste équilibre !

    Je pense quand même qu’on n’est pas fait pour s’occuper des enfants en bas âge dans le cercle restreint de la « famille nucléaire » (à moins d’avoir les moyens d’employer du personnel de maison pour gérer l’intendance). C’est tellement impliquant, ça demande tellement d’énergie, qu’on ne devrait faire que ça, « s’occuper des enfants à plein temps », sans être polluée par tout le reste.
    En tout cas, c’est plus intéressant et plus enrichissant intellectuellement et émotionnellement que tous les métiers que j’ai fait jusqu’à présent !

  31. laetitia dit :

    @oops, mais de rien, tu as l’air d’être une très belle maman : « Et si je ne peux pas vivre avec elle la même chose qu’avec son aînée, je fais d’autres expériences » je crois que c’est la clé, et qu’il faut en effet être préparée qu’avec bébé 2, le bouleversement peut être « négatif » au début, en tout cas difficile à gérer. Il faudrait en finir avec cette satanée culpabilité. Ma sage-femme m’avait dit que le plus beau cadeau à offrir à son enfant, c’est l’autonomie, la naissance d’un n°2 nous aide -parfois malgré nous- à les accompagner sur ce chemin (sans les laisser au bord de la route bien-sûr).

  32. pâte à crêpe dit :

    @oops, pour le bisou du pardon comme tu dis, avec battements de cils et petite lippe qui font forcément craqué, j’ai appris à dire « non, là je suis fâchée et ta violence fait que je ne veux pas être avec toi, mais plus tard oui ».
    Quelques épisodes de tapes juste après le bisou ou même pendant le câlin m’y ont bien poussée…. 🙄

  33. Anonyme dit :

    @laetitia, Le sacro-saint »aide-moi à faire seul » de Maria Montessori !

    Entre mères, c’est important qu’on puisse parler de nos difficultés, de nos sentiments négatifs. Il y a tellement de pression sociale, qu’on n’ose pas être franches entre nous. Que d’occasions perdues de se sentir « normale » et d’échange de ressource ! On nourrit entre nous notre culpabilité, c’est quand même dommage.

    (c’est oops en anonyme, entre 2 clients au boulot, donc pas sur mon ordinateur habituel)

  34. laetitia dit :

    @ Anonyme, oui, c’est pour cela que j’ai senti ce besoin de témoigner, presque 6 mois après…

  35. Anonyme dit :

    @pâte à crêpe, « avec battements de cils et petite lippe qui font forcément craquer », j’ai la même ! 🙂
    Je vais suivre ton conseil, même s’il faudra que je résiste à la « tentation du câlin »… et à celle de rigoler, de temps en temps, parce que c’est un sacré spectacle, quand même !

    (anonyme = oops)

  36. oops dit :

    @pâte à crêpe, méthode testée et approuvée !
    J’ai appliqué avec constance le « je ne m’occupe plus de toi » et le « je suis fâchée, donc je ne veux pas être avec toi maintenant, le bisou sera pour plus tard quand nous serons calmées toutes les deux et que tu ne seras plus violente ».

    Résultat : la rage de BB1 se transforme rapidement en grande tristesse, je peux donc la consoler sans craindre de nouveau coup pour BB2 (portée dans le dos, mais qui reste accessible aux coups de poings quand je porte la grande !), et on peut mettre des mots sur les émotions (« ta sœur t’embête quand elle pleure, elle te gêne quand elle est dans mes bras, tu es triste, en colère… Et comment on évacue la colère ? Sur le coussin de colère et pas ailleurs ! »… etc)
    On verra en combien de temps la « leçon » sera retenue… J’en parle aussi avec elle hors moment de crise : « qu’est-ce qui se passe quand quelqu’un est violent ? Personne ne veut rester à côté ! ». Ça tombe bien, un petit camarade de crèche l’a mordue, donc je peux faire le parallèle entre les positions de victimes de violence entre elle et sa sœur.

    Merci beaucoup, ce discours et ce positionnement me vont bien (et à mon homme aussi), c’est important pour que ça fonctionne. C’est plus facile de garder son sang froid quand on a une ligne de conduite claire que lorsqu’on teste une nouvelle méthode à chaque fois, ou qu’on réagit instinctivement (même si dans d’autres cas l’instinct est bon conseiller).

  37. pâte à crêpe dit :

    @oops, je suis super contente pour vous que ça marche! C’est vraiment une ligne qui nous va aussi et qu’on peut décliner sur plein de situations de façon cohérente par rapport à notre éducation sans violence: par exemple, si quelqu’un est violent tu le laisses, celui qui est violent se met tout seul. Les adultes c’est pareil aussi.
    Chouette!

  38. oops dit :

    @pâte à crêpe, je renouvelle mes remerciements : ça fonctionne non seulement pour nous, mais aussi pour les autres, et ça c’est précieux !
    Nous avons eu du monde ce WE à la maison, et notre « exemple » a été naturellement suivi par les adultes et les enfants « victimes » de mon aînée, qui a décidément bien du mal à se défouler de manière pacifique.
    Ainsi, j’ai entendu un « si tu me griffe, je ne joue plus avec toi » de la part d’un de ces camarades de 7 ans, qui a pourtant l’habitude de réponde de manière beaucoup plus physique dans les conflits avec son grand frère. Belle preuve d’efficacité de la méthode de communication non-violente !

    J’en ai d’ailleurs discutée avec sa mère, qui me disait que le plus dur pour elle était de réagir à ses fils quand ils se mettaient à rire lorsqu’elle les disputait… Je n’ai encore jamais eu le cas, mais effectivement ça pourrait aussi m’énerver rapidement ! Je ne sais pas encore comment je réagirai en pareille situation. Quel défi d’être parent !

  39. pâte à crêpe dit :

    @oops, 🙂

  40. Jouls dit :

    @oops, Pas le temps de laisser un long témoignage, ici ce sont plutôt nous parents qui payons l’arrivée de 2ème (2 ans d’écart), mais juste pour dire que « j’ai tout essayé » est exactement dans ta cible, ça parle de la période de 1 à 5 ans. Ça se lit très bien et vite (pas mal pour les papas :-)) et ça donne pas mal d’infos éclairantes.
    Pour la petite histoire c’est un des livres préférés de mon aînée (2 ans 1/2) parce qu’il y a des images 🙂

  41. oops dit :

    @Jouls, merci de l’info, je me demandais justement, vu que je viens de relire « Parents Efficaces », s’il y avait un bouquin un peu plus ciblé sur les tout-petits.
    Pas besoin de commencer par « Au cœur des émotions de l’enfant » ?
    Bon courage !

    NB : soirée épique, aujourd’hui : papa absent, BB1 (21 mois) que je vais chercher après 10h de crèche, donc épuisée et excitée, et BB2 (6 semaines) qui a quelques problèmes digestifs en ce moment, et qui est restée toute la journée au magasin avec moi… qui ait un mal de crâne carabiné.
    Il faut dire que je la laisse souvent un peu patienter quand elle a faim (le temps de trouver une activité pour BB1), et que de toute façon c’est une « goulue » : elle tête trop rapidement, puis elle fait son « lama » (en général, c’est moi qui reçoit la douche).
    Repas et bain dans un calme tout relatif (BB1 régresse, je dois lui donner la becquée, pratique quand BB2 a aussi une fringale…), puis j’ai tenté d’endormir la « grande » alors que la petite hurlait tout ce qu’elle pouvait, entre « j’ai faim » et « j’ai mal au ventre ». Forcément, ça tape sur les nerfs de sa sœur, qui de toute façon profitait de ce que je tente de calmer la mini-puce pour faire toutes les bêtises possibles pour se faire remarquer, et qui finit par réussir à la taper… Ce qui m’énerve au plus au point, bien sûr.
    Conclusion : un belle douche lactée pour moi, tout le linge de maison à changer (les 2 cododos et notre lit)… et un nouveau bain pour les 2 miss… Il y a des jours, comme ça, où je me demande pourquoi je n’ai pas plutôt pris des chiens ou des chats… ou mieux, des poissons rouges !!!! 🙄

  42. rysy dit :

    @pâte à crêpe, et toutes, je lis avec attention tous les messages car mon micro de deux ans tape et donne des coups assez souvent. L’idée de dire que celui est violent se met à l’écart m’intéresse mais concrètement je ne sais pas comment faire quand il donne des coups avec ses pieds quand je suis en train de le rhabiller après le bain. Je le laisse tout nu (sans couche argh) sur la table à langer ? 🙂 Ou bien, j’arrête de m’en occuper alors que le matin, nous avons quand même besoin de partir à la crèche (et accessoirement au travail 😛 ).
    J’ai du mal à voir comment cela peut être mis en pratique.
    Merci pour vos idées, d’autant qu’en ce moment mon niveau d’acceptation des colères/coups.. est assez bas.

    Sinon, Ooops, moi je trouve que le « j’ai tout essayé » complète bien Gordon, est plus focalisé sur les tout petits, est facile à lire et m’aide à relativiser les crises de mon garçon.

  43. rysy dit :

    @oops, tu parles les poissons rouges, il faut laver l’aquarium et tu risques de les voir mourir. Moi, j’ai longtemps eu une grenouille en plastique qui fait « couic » quand tu appuyais dessus. Increvable et aucun entretien ou presque, juste la poussière.
    Je suis épatée par toutes. Moi je n’arrive même pas à me motiver pour un deuxième. L’idée me traverse l’esprit quand je vois une femme enceinte mais cela ne dure qu’un quart de dixième de seconde :mrgreen:

  44. pâte à crêpe dit :

    @rysy, D’abord ne te bile pas, tu n es pas seule, la crêpe à bientôt 3ans 1/2 et je ne suis absolument pas motivée ( même pas un 1/4 de sec…) par yn deuxième, même si le cap petite enfance est passé…
    Pour là violence, j’ai eu ce même genre de réticences et à ma grande surprise cela prend moins de temps et créé moins d’énervement que de faire un break en laissant seul même à poil et en rappelant que « je ne m’occupe pas de toi si tu es violent » ( il faut du coup avoir instauré le principe à un autre moment ou tu as eu plus de temps) plutôt que d’essayer d’habiller un ver de terre violent et hystérique. Et puis il vaut mieux je crois arriver en retard un matin ou qu’il y ait un pipi par terre dont il sera peut être un peu honteux mais couper avec ce rituel « se débattre pendant que tu m’habilles » plutôt que cela devienne un comportement durable donc que tu acceptes aux yeux de l’enfant. L’idée c’est que c’est inacceptable, tu ne fais pas avec, l’enfant se coupe de toi (ou de ceux qu’il tape) par sa violence.
    J’ai laissé au bout du compte plusieurs fois la crêpe à poil et puis de lui même il a commencé à dire « j’arrête »parce qu’il savait pourquoi j’étais partie.
    Courage!

  45. Opale dit :

    @Jouls, oui, il est bien ce p’tit livre, suis d’accord ! ❗
    Et oui, pour les papas (que ça gave grave les livres de pédopsy que toi, tu veux qu’ils lisent !), il se lit vite, bien fait, condensé, avec des images (oui, ma fille aime bien aussi 😛 ).
    Ce livre m’a plu car il m’a parfois aidé, il m’a permis aussi de voir que parfois, je ne faisais pas ce qui était le mieux pour calmer une crise, colère, peur … il m’a donné des « pistes » et surtout il nous rappelle qu’un enfant ne peut pas avoir un raisonnement d’adulte et nous, parents, l’oublions un peu parfois !
    Bon WE les Poulettes !

  46. Rysy dit :

    @Opale, merci, bon week-end-end à toi aussi, sous la pluie.

  47. oops dit :

    @rysy, comme Pâte à Crêpe : c’est beaucoup plus rapide de l’isoler et d’y revenir plus tard que de tenter d’habiller un asticot ! Surtout que ma « grande » (22 mois) me donnait beaucoup de coup de pied il y a 2 mois, sur mon gros bidon de fin de grossesse, impossible d’accepter ça.

    Le hic : il faut que ce soit à un moment où ça n’arrange pas l’enfant de se retrouver seul (si je laisse ma fille alors qu’elle se débat parce qu’elle préfèrerait jouer que d’être changée, ça colle pas :mrgreen: ). Donc si le tien aime manger le matin / le livre du soir, c’est le change d’abord.
    Quand elle me donne des coups de pieds, je la descends de la table à langer et je fais autre chose (me préparer moi, préparer sa sœur…), quelque soit sa tenue (encore trempée du bain, un seul pied dans le pantalon…) et je lui dis clairement « je ne veux pas me faire taper dessus, ça me fait mal et ça me met en colère, donc je ne m’occupe plus de toi ». Elle passe instantanément de la rage à la tristesse, elle m’appelle, je peux donc lui demander « Tu veux que je m’occupe de toi ? Donc tu ne me tapes plus ? », et normalement je suis tranquille pour le change en question.

    Ceci dit, j’ai remarqué que c’était généralement quand je la change en « mode automatique », ou « je suis pressée et j’ai pas que ça à faire », ou lorsque je suis préoccupée par sa petite sœur qui pleure, que ma grande est le plus pénible. Changer mon propre comportement (être plus présente à ma fille quand je m’occupe d’elle, et jouer ou lui donner quelque chose d’intéressant à explorer) et mon organisation (lever tout le monde 1/2h plutôt, ça fait autant de temps de battement*) limite déjà le nombre de source de tension.
    Mais c’est ce que je trouve le plus difficile, et j’ai du mal à faire la part des choses entre prendre sur moi et la « fausse acceptation » à éviter. Pas simple !

    La laisser sans couche ne me pose pas de problème, puisque de toute façon elle est en culotte chez nous (maximum 2 pipis sur 5 par terre, c’est pas si mal à pas deux ans, et c’est elle qui a demandé le pot !). De toute façon, entre éponger une petite flaque et rincer une couche lavable, c’est kif-kif.

    En revanche, je la descends au sol, je ne la laisse pas sur la table à langer c’est trop dangereux !

    *le temps que j’avais prévu pour le 2e change en cas de cata / gestion d’une crise, etc… est devenu un moment sympa à partager avec ma grande (un livre, un jeu), dont on est privé si elle traîne. Un argument de plus !

  48. Jouls dit :

    @oops, Non, je ne pense pas qu’il faille commencer par « Au coeur des émotions… », sauf si tu veux lire d’abord le livre le plus « fouillé ». « J’ai tout essayé » va plus droit au but, car il est plus court, mais il est très bien fait et porte uniquement sur l’âge 1-5 ans.

  49. oops dit :

    @rysy, 😆
    Moi je pense déjà à BB3… 😳
    J’en bave des ronds de chapeau, mais que de beaux moments en échange !
    Et je trouve la mission de « tuteur de graine d’adulte » vraiment passionnante.
    Et j’ai des grossesses et accouchements vraiment faciles, ça aide aussi…

  50. oops dit :

    @Jouls, Merci, commande passée ! (avec plein d’autres bouquins pour les miss, j’adooooore les livres pour enfants, dur pour la CB… 😳 )