Devenir beau-parent

Aujourd’hui, la Poule pondeuse cède la place à Pâte à crêpe (devenue la Belle-poule pour l’occasion), fidèle commentatrice de la basse-cour, qui va nous parler des joies de la famille recomposée, et plus particulièrement de son rôle de belle-mère.

bellemereAprès avoir écrit dans un blog de Marâtres un billet sur la vie formidable des belles-mères, j’ai eu envie, après invitation d’une poule pondeuse non belle-mère (encore merci merci !) de raconter à d’autres pondeuses ce que c’est … d’être une belle-mère. Parce qu’ici, les idées toutes faites, les poncifs et les clichés, ceux qui savent mieux faire que tout le monde ne sont pas les bienvenus. Parce que des bêtises, des piques, des regards « sceptico-compatissants », des préjugés qui font mal, les belles mères en encaissent tous les jours, de toutes parts, même de la leur.

Je vais essayer ici de ne pas parler des raisons qui amènent à occuper cette place. J’aimerais dépasser l’anecdote, la petite (et souvent lourde) histoire pour arriver à quelques réflexions sur cette forme de parentalité. Je ne prétends parler ni au nom de toutes, ni de tous les aspects qu’implique ce sujet, ni de toutes les façons de devenir beau-parent. Je fais forcément aussi des généralités à partir de mon histoire et celles de mes copines belles-mères, alors pardon à celles que mon propos agace. Ce rôle est passionnant, éprouvant et je constate dans ma vie et dans le récit des autres à quel point il est difficile d’en parler, de mettre à plat, de prendre du recul.

Nous sommes entre parents ici et avouons-le, nous frémissons tous, moi la première, à l’évocation d’un beau-parent pour nos enfants. Derrière cette place résonnent les mots « divorce », « séparation », « drame », voire « maîtresse ». Quelle belle-mère n’a pas dû supporter les regards suspicieux qui interrogent, accusent, méprisent… surtout quand son mari est un peu plus vieux et qu’aucun de ses trois enfants n’est de vous ! Une belle-mère pour ses enfants, qui s’en occupe, qui rigole avec eux, qui dit bonne nuit, qui fait à manger, qui habite avec, qui console, qui aime, qui est aimée on espère mais pas trop quand même … C’est étrange, non ? Pas très confortable…

Pourtant, être belle-mère, c’est avant tout être amoureuse. D’un homme, qui a une histoire, une ex, des blessures, et … des enfants. On  l’aime tellement notre homme, qu’on se rassure en clamant aux sceptiques que « ses enfants, c’est de l’amour en plus ! ». Animée d’un esprit presque chevaleresque, on se dit que ça embellit notre histoire, ça la rend plus forte, plus symbolique, on quitte définitivement l’amourette pour rentrer dans l’amour, le vrai, le solide, le difficile.

Les premières rencontres avec les enfants se passent bien, les premiers repas où on sort nos recettes qui marchent à tous les coups, les premiers jeux, les premiers fous rires… On est super amoureuse, super sympa, super dynamique, un sourire rayonnant et fédérateur collé au visage. On sait que pour les enfants c’est difficile, on souffre pour eux, on embellit leur vie, on essaie que ce soit moins douloureux en leur montrant qu’on peut s’aimer, on fabrique du chouette avec du drame. En effet, pour devenir belle aux yeux de ces enfants, un super gâteau au chocolat, ça marche bien. Mais il ne faut pas le faire deux dimanches de suite, au risque d’apparaître trop fardée et de passer à côté de l’essentiel.

Car on doit bel et bien devenir mère. Même si personne n’en a envie, nous-mêmes, le père, la mère, les enfants. Même si les responsabilités sont claires, même si on se répète que ce ne sont pas nos enfants, qu’aucune décision ne vient de nous. Même si notre chéri est fantastique, qu’il veille au grain pour que l’on soit acceptée et respectée. Même s’il fait attention à séparer les genres, à ne pas nous demander des choses déplacées.

Je vous propose une petite mise en situation

Arrive forcément un jour un moment où notre chéri prend une longue douche. Très longue, trop longue car pendant ce temps les deux derniers s’écharpent à coups de baskets dans la tête, ou bien la grande a décidé de vous tester en vous lançant une énorme saloperie à la tronche.

Quelques options s’offrent à vous :

– « Ce ne sont pas mes enfants, il n’avait qu’à être là leur père, je m’en fous, je m’en fous, je m’en fous ».
Ok, mais ne vous sentez-vous pas irresponsable de taire ce qui s’est passé, de les laisser?
Et puis il faut être cohérente, si vous redoutez tellement qu’ils vous disent « t’es pas ma mère », faut il s’autoriser à penser « ce ne sont pas mes enfants » et à agir en conséquence ?

– « Ce ne sont pas mes enfants, je ne peux pas me permettre d’intervenir, il faut donc que j’explique au papa ».
Moyen pour le moral, vous vous sentez traîtresse, rapporteuse, minable et  les regards plein d’éclairs que les enfants vous lancent  semblent enterrer toute possibilité d’entente future.

– « Ce sont des enfants, allons-y ».

Vous êtes un adulte auprès d’enfants, vous en êtes responsable et cette situation risque bien de se reproduire souvent. Vous intervenez seule sans demander de l’aide à leur géniteur. Après tout, vous connaissez les enfants, ce n’est pas la première fois que vous en prenez en charge. Mais jusqu’alors, vous ne les aviez jamais perçus comme les enfants d’une autre.

En prenant la parole, vous n’agissez plus simplement comme un adulte responsable, mais vous devenez belle-mère : vous êtes ici car vous aimez leur père, vous avez assisté à la scène parce qu’ils sont ses enfants et vous intervenez car vous comptez bien rester longtemps. Vous vous exposez au « t’es pas ma mère ! » tant redouté, vous vous impliquez. Les questions, les paradoxes, les doutes arrivent alors : légitimité, culpabilité, intégrité, abnégation, limites, responsabilités, frontières, amour, instinct maternel, échange, reconnaissance, j’en passe et des meilleures…

Ces  problématiques, tout parent les fréquente régulièrement. Mais, je le rappelle, ce sont les enfants d’une autre. Est-il pertinent d’essayer la méthode Gordon avec des enfants que l’on voit deux week-ends par mois et à qui leur mère donne la fessée ou offre systématiquement des bonbons en cas de bonnes notes et prive de console dans le cas contraire? Comment rester stoïque face aux remarques récurrentes et inévitables nous comparant à leur mère ? Comment réprimer ce sourire qui nous envahit quand nous entendons « c’est carrément meilleur que chez maman » ?  A-t-on le droit à l’erreur avec les enfants d’une autre? Comment les aimer? Comment les laisser nous aimer sans qu’ils le vivent comme une trahison envers leur propre maman ?

Il y a des réponses toutes faites à ces questions. Plein. Mais sachez qu’elles sont aussi utiles que les théories sur le rythme de sommeil d’un nouveau né : dans la vraie vie, c’est dur.

Dans mon cas, j’ai été belle-mère avant d’être mère. Ma première expérience de parent a été avec les enfants nés des amours de mon homme et de son ex, dans une place que j’occupe parce qu’il y a eu un drame, avec des enfants déjà grands, avec des habitudes prises, une éducation déjà choisie, et surtout qui doivent se remettre de la séparation de leur parents. Pour la confiance en soi et en ses qualités de parents, y a mieux. Je ne suis pas leur mère, pire, je représente concrètement l’absence de la leur. Même s’ils m’aiment et me trouvent « belle » (vous suivez la métaphore ?), ils ne peuvent que détester ma place.

En devenant à mon tour une maman qui est belle si elle le veut (enfin… si je trouve le temps le matin… !), je me suis rendue compte à quel point cette place que j’occupe depuis quelques années m’avait ébranlée dans ma confiance en moi, avait injecté du doute dans mes réflexions sur ma future parentalité « légitime ». Mon homme et moi  avons  connu difficilement le naïf enthousiasme des futurs parents. Je ne me faisais pas confiance et chaque prise de bec avec mes beaux enfants devenait l’exemple concret de mon incapacité à être un bon parent pour mon futur bébé. En même temps,  nous nous sentions très forts, très prêts tous les deux, pour accueillir notre enfant.

Les mots sont très mal choisis. Ou trop bien. Belle-mère, beau-parent … Non, ce n’est pas la même chose. Du tout.

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108 Responses to “Devenir beau-parent”

  1. @Charlinette, tiens c’est marrant moi c’est mon père qui est carrément plus conservateur que ma mère… (oui je sais c’est hors sujet :mrgreen: )

  2. Charlinette dit :

    @La poule pondeuse, :mrgreen:

  3. sophie dit :

    @pâte a crêpe, c’est sûr qu’il n’y a pas assez de mots, et c’est pour ça qu’il faut être d’autant plus clair, sinon c’est ingérable, je suis bien d’accord. Comme on dit chez les bibliothécaires que je suis : « si c’est mal nommé, c’est perdu »

  4. tayazit dit :

    @pâte a crêpe, ah si le monde était comme la basse-cour ……

  5. AnSo dit :

    Merci pour cet éclairage de l’intérieur ! j’aime beaucoup ta présentation toute en nuances, c’est très instructif et source de réflexions.
    moi je n’ai aucune expérience de ce genre de situation, mais je trouve que c’est toujours délicat à évoquer quand on se trouve face à des gens qui le vivent : on ne sait pas comment la situation est vécue, ni quelles sont les histoires qu’il y a derrière. en même temps on peut rarement faire comme si ça n’existait pas, donc on se trouve des fois un peu coincé à ne pas savoir quoi dire, comment formuler une invitation etc…

  6. sophie dit :

    @pâte a crêpe, merci à toi pour cet article, de ta sensibilité et de ta générosité

  7. pâte a crêpe dit :

    @AnSo, c’est vrai qu’il faudrait aussi écrire un manuel de savoir vivre pour les familles recomposées car on entend de belles!

  8. pâte a crêpe dit :

    @sophie, 😳

  9. Charlinette dit :

    @pâte a crêpe, je ne voulais pas te remuer 😳 surtout que finalement je n’ai pas de grandes rancoeurs ou autre sur ces années de mon enfance…. mais c’est vrai que les enfants sont intrangisants et exigeants et que ça doit être encore plus dur pour une tierce personne (en l’occurence, la belle mère/le beau-père) que pour le parent… car en tant que belle mère ou beau père je pense qu’on s’interroge forcément sur notre légitimité à… le parent il me semble ne doute pas de sa légitimité d’action d’éducation (enfin presque je l’espère!!!).

  10. @tayazit Merci d’être venue me voir! Et toutes les autres aussi (J,ai eu un étrange bond dans mes statistiques tôt ce matin… c’est que « ce matin » pour moi, c’était déjà « ce midi » pour vous!)

    Mon commentaire se noie parmi les autres, mais vous dîtes toutes des choses formidables. Non, ce n’est pas facile, être belle-mère et oui, ça demande un grand don de soi. Les « stepmoms » américaines ont une expression que j’affectionne particulièrement sur la famille recomposée, qui se traduit un peu comme ça: « Une famille recomposée, c’est le triomphe de l’espoir sur l’expérience ». Parce que oui, le papa et les enfants ont vécu de grandes souffrances à travers la séparation, parce que oui, la belle-mère, qui était au départ tout enthousiaste, va aussi vivre de grandes souffrances quand elle sort de sa lune de miel et elle rencontre les défis qu’elle aura à relever, mais j’aime à croire quand même qu’à travers ces souffrances (sont on apprend à guérir un jour à la fois) il reste l’espoir de se construire une vie meilleure que celle que j’aurais eue sans voir rencontré mon amoureux-aussi-papa (et pour lui et les enfants, une vie meilleure que s’il était resté avec la mère de ses enfants dans une perpétuelle suite de chicanes).

    On ne choisit pas de rester parce qu’on est des martyres. On choisit de rester parce que même si c’est difficile, on n’arrête jamais d’y croire.

  11. @sophie, il y a eu aussi un problème démographique : tous ces jeunes hommes tués à la guerre, ça a fait beaucoup de jeunes femmes sans mari… Moi ma très vieille tante, elle n’a pas eu le temps de faire des enfants avec son fiancé mort au combat, et elle est restée célibataire.

  12. Vos témoignages sont très émouvants.
    Je ne suis pas concernée de près par cette composition familiale, j’ai juste pu observer ce qui se passait pour deux de mes oncles qui se sont mis en situation de fournir une belle-mère à leurs premiers enfants. Dans un cas, la belle-mère n’a jamais eu aucune chance de pouvoir jouer un rôle de seconde maman (la maman était morte), mes grands-parents ne lui ont laissé que son rôle de marâtre. Je pense que cette partie de sa vie a été infernale, heureusement qu’elle a eu 3 enfants à elle. Dans l’autre cas, pas de problème, la belle-mère n’a pas eu à s’occuper de ses beaux-fils qui étaient déjà presque ados et qui ont passé peu de temps chez leur père. En revanche, ces deux cousins ont pleinement bénéficié de leur beau-père, qui a été un véritable père de substitution. Et même pour nous, il est devenu un membre de la famille en plus. Un jour il a présenté mon père à l’une de ses connaissances comme étant son beau-frère. C’était plus rapide à dire que : « je vous présente le frère de l’ex-mari de ma femme », mais il fallait y penser. J’ai été touchée par cette phrase et je pense que mon père aussi.
    Etre parent ce n’est pas de la tarte. Etre beau-parent, c’est encore plus compliqué. Bon courage aux personnes concernées. 😀

  13. @tayazit, ah oui je pourrais être monarque absolu, mon rêve :mrgreen:

  14. pâte a crêpe dit :

    @la belle bleue, je n’ai pas voulu du tout évoquer les situations de décès d’un parent que je ne connais pas et qui est bien trop délicat pour que je m’aventure à en parler.

  15. pâte a crêpe dit :

    @La poule pondeuse, décidément, secte, blessingway en couronne, monarque…ca te travaille! :mrgreen:

  16. @pâte a crêpe, c’est la faute de Ficelle avec ses articles sur les aristos, ça me monte à la tête 😆

  17. sophie dit :

    @pâte a crêpe, si si je suis vraiment très sincère, c’est rare d’entendre des discours sur les belles-mères par les belles mères qui ne soient pas vindicatifs et hargneux. C’est ce que j’aime chez « notre » marâtre canadienne. C’est très bénéfique de voir qu’on peut transcender la colère et l’émotivité et en tirer une réflexion aussi fructueuse que la tienne.
    Hier soir, j’ai fait lire ton article à mon bonhomme qui a beaucoup apprécié aussi. J’en sais pas plus : c’est un vrai taiseux d’ours des cavernes. Mais quand je lui ai proposé de lire les articles précédents , surtout sur sexe et grossesse…, il a préféré relire ton texte : « c’est plus mes préoccupations »… Caramba, encore raté ! :mrgreen:

  18. pâte a crêpe dit :

    @sophie, la hargne ça me rend malade et surtout ça n’est pas bon pour les enfants. Il y a assez de haine dans leur vie comme ça. Enfin là comme ça, je parais zen, mais, ça peut déborder aussi! :mrgreen:

  19. sophie dit :

    @pâte a crêpe, tu n’es pas un être de pure raison ?? ah bah je suis déçue …;-)

  20. Ficelle dit :

    @La poule pondeuse, oui enfin entre marquise et reine, y a quand même une différence! 😆 😉 (Où est-ce qu’on a parlé de blessingway, ça m’intéresse bien ce truc…?)

  21. Ficelle dit :

    @Charlinette, quand j’ai dit à ma mère que j’avais une vie sexuelle elle a pleuré, alors que ma belle-mère m’a emmenée chez le gynéco… Comme quoi, être un peu dépassionnée, ça aide!

  22. @pâte a crêpe, je comprends, c’est un peu différent en plus.

  23. Charlinette dit :

    @Ficelle, oh oui et encore j’ai pas raconté que quand elle a rencontré mon copain quand j’avais 17 ans, elle lui a dit que je n’aurais pas le droit de coucher avant mes 18 ans… ce que je me ss empressée de respecter bien sûr :mrgreen: et quand je lui ai demandé la pilule (à 17 ans moins 2 mois) elle a dit que j’étais trop jeune… conclusion je suis allée voir mon médecin de famille, seule, et l’ai prise. Et quand 4 mois plus tard, elle a appris que je la prenais, elle m’a traitée de tous les noms, m’a emmené chez son gynéco, est restée pendant la consultation (j’ai cru mourir d’humiliation) et quand elle se plaignait au gynéco que quand même j’avais pris la pilule toute seule, il lui a dit que tous les jours il voyait des gamines de 15 ans, enceintes et que j’avais fait le bon choix, elle a pas intégré l’info. Bon je pourrais en dire des tartines de ces difficultés relationnelles…. on choisit pas sa famille, pas sa belle famille, heureusement, on choisit ses amis :mrgreen:

  24. Ficelle dit :

    @Charlinette, sympa ta mère 😯 ! Oui, et on se construit la sienne…

  25. Charlinette dit :

    @Ficelle, bon évidemment là je donne un aperçu du florilège… remarque elle fait ds le même style par rapport à ma maternité (hein puisque je suis enceinte à « ras bord » :mrgreen: ) et elle comprend toujours pas que je mette de la distance entre nous…. ah là là !!! mais bon j’estime m’en être bien sortie quand même :mrgreen:

  26. eddie dit :

    Ton texte est très bien, et décrit très bien les angoisses de la belle mère…
    Je suis belle mère depuis bientôt 4 ans, mais déjà maman depuis 11 ans et mon chéwi papa depuis 12 ans.
    Autant mes enfants ont tout de suite accepté leur beau père, autant mes beaux fils m’ont rejetée pendant pratiquement deux ans, à cause de l’attitude de leur mère pour qui j’étais « l’autre » (pour être polie !), et ce n’est que depuis qu’elle s’est calmée et a accepté de me voir puis même de parler (de la pluie et du beau temps, mais c’est déjà bien !) que leur attitude a changé.
    Et je peux dire que des « t’es pas ma mère », j’en ai entendu plein, hein ! J’ai toujours essayé de les traiter comme mes enfants, souvent mieux même pour leur montrer que je n’avais rien contre eux, mais c’est leur mère qui a fait la pluie et le beau temps…
    Heureusement, maintenant, tout va bien, ouf ! Il faut dire que l’arrivée de schtroumpfette depuis 20 mois a bien aidé, les 4 enfants étant gagas de leur petite soeur (et jamais demi soeur, on ne leur a rien imposé, pourtant !)

  27. @Marâtre Joyeuse, bienvenue dans la basse-cour !

  28. @Charlinette, laisse-moi deviner, tu attends la fête des mères avec impatience ? :mrgreen: Bon plus sérieusement bon courage c’est pas facile à gérer tous les jours…

  29. pâte a crêpe dit :

    @eddie, il est vrai qu’il est encore plus impossible d’accepter une belle mère si la mère y est hostile. J’ai du mal à comprendre pas qu’une maman ou un papa, au delà des rancœurs et blessures réelles et vivaces avec son ex, ne veuille pas que cela se passe bien pour ses enfants dans le foyer de l’autre, donc avec un beau parent éventuel. J’imagine que parfois, les douleurs sont trop fortes, mais c’est encore plus difficile pour les enfants alors.

  30. Charlinette dit :

    @La poule pondeuse, ahahahahahh exactement :mrgreen: et le pire c’est les annis ou les noels ou … autre occasion où je suis entourée de ma mère, ma grand mère (sa mère) et ma grande soeur…. aie aie aie les conflits, c’est lourd et j’y vais pour… tiens c’est vrai ça? pourquoi j’y vais???? chuis maso… ou pleine d’utopie :mrgreen:

  31. ioshi dit :

    @Charlinette, ah, je connais ça aussi les réunions familiales très lourdes, je me demande aussi pourquoi j’y vais ❓

  32. Ficelle dit :

    @Charlinette, moi je fais régulièrement des « pauses » de plusieurs mois sans voir mes parents… Et puis je me suis exilée à 500 bornes!

  33. Ficelle dit :

    @pâte a crêpe, je trouve cette attitude de l’un ou l’autre parent particulièrement puérile et égoïste. Comment, en tant qu’enfant, se sentir bien dans un foyer quand on sait que l’autre parent y est hostile/le dénigre/etc. C’est tout bonnement impossible. Personnellement, le fait d’avoir eu le « cul entre deux chaises » pendant des années, sans savoir à qui apporter ma « loyauté »/à qui m’identifier pour me construire m’a fait beaucoup souffrir… (comme dirait certaines: 3615 my life…)

  34. eddie dit :

    @ ficelle et pate à crepe
    C’est sur que tant que la maman n’était pas dans de bons sentiments vis à vis de moi, les loulous ne se sentaient pas bien chez nous, je le voyais, des fois, naturels, heureux, et d’un coup, se rendant compte que ça allait « contre » leur maman, se renfrogner direct…
    Heureusement, c’est du passé et maintenant tout va bien, mais que de temps perdu !

  35. Charlinette dit :

    @Ficelle, c’est vrai que c’était génial quand j’habitais en Martinique… 8000 km ça m’a aidée à être plus zen… mais bon maintenant j’habite à 100 km de ma mère, 300 de ma soeur et 600 de ma grand mère… c’est toujours mieux que rien 😉

  36. Clemys dit :

    ça me fait bizarre de penser que le rôle de beau-père est plus facile. Vu la société actuelle, 90 % des enfants sont à la garde de leur mère, et donc s’il y a beau-père, c’est à temps plein. La belle-mère n’est finalement belle-mère que 4 jours (2 we) par mois. Bien entendu, c’est une généralité, et il y a plein de cas particulier.
    Autant c’est impossible de ne pas s’impliquer quand on vit à temps plein avec quelqu’un, autant 1 we tous les 15 jours, c’est facile de ne pas intervenir. En tout cas, c’est mon point de vue/expérience d’enfant de familles décomposées/recomposées.

  37. pâte a crêpe dit :

    @Clemys, je ne crois pas du tout que le rôle de beau père soit plus facile, mais je pense qu’il rencontre des problèmes différents de ceux des belles mères. Je ne souhaite pas m’avancer sur le sujet par crainte de dire des bêtises mais j’ai quelques idées sur la question que je serais ravie de partager avec des beaux pères! Je sais que les beaux pères souffrent d’une mauvaise image (soupçon d’inceste très pesant quand il y a des jeunes filles par ex) aussi pesante que celle des marâtres. J’imagine aussi que la relation beau père/belle fille doit être compliquée à construire et que les problématiques de degré d’implication sont exactement les mêmes qu’on soit beau père ou belle mère.
    Je suis d’accord sur tes statistiques.
    Mais j’aimerais te faire sentir que ne pas intervenir dans son foyer, dans sa famille, avec ses valeurs, ses convictions, ses ambitions, non, ce n’est pas facile du tout. On ne peux pas traiter les enfants que l’on ne voit « qu’un » we sur deux (et la moitié des vacances pour reprendre le titre) comme des invités que l’on peut ignorer pour faciliter les choses. On n’a pas le droit de s’effacer, même si parfois on le souhaite. Eux mêmes nous demandent autre chose (voir témoignage de Ficelle) et c’est bien cet équilibre qui est très difficile à trouver, justement quand on les voit si peu. (j’ai testé pour vous garde alternée et 1 we sur 2). Et puis on n’est pas belle mère « que 4 jours » par mois quand on a un mari qui se préoccupe de ses enfants même quand ils ne dorment pas chez nous. On est belle mère un point c’est tout!
    (j’attendais ta réaction avec impatience: chouette un débat!! 😉 )

  38. Clemys dit :

    @pâte a crêpe, j’ai hésité à intervenir, je n’ai que le point de vue de l’enfant, c’est plus de 20 ans d’expérience mais c’est tout de même très partial 😉 J’ai trouvé ton billet sensible et mesuré, comme l’image que j’ai de toi. Peut-être parce que le sujet m’a concerné en tant qu’enfant, j’ai du mal à avoir du recul, et à dépasser mon émotivité…
    Pour continuer, notre super débat 😉
    Il est évident que je joue la provoc en disant que la belle-mère peut ne pas intervenir 😈 mais à mon sens, tu ne devrais pas chercher à appliquer Gordon aux enfants mais à toi : à quel moment c’est un problème pour les enfants mais ce n’est pas un problème pour toi, et à quel moment c’est un pb pour toi ! Pour reprendre ton exemple, les piques de la grande, c’est un probleme qui te concerne, les bagarres entre les garçons, ça ne te regarde pas. Bien entendu, je schématise, et j’ai bien conscience que la réalité n’est pas simple.

    C’est un rôle que tu inventes au quotidien, mais les enfants sont dans le même cas que toi. Pour dépasser ces histoire de loyauté ou de légitimité, c’est aussi apprendre grandir à côté d’une personne étrangère, qui devient familière. Sauf qu’on a vite conscience, que si le couple de ses parents n’a pas fonctionné, celui-là n’est peut-être pas plus perenne…

  39. Bobine dit :

    Un très bel article sur une situation complexe à tous les niveaux. Bravo Pâte à Crêpe pour votre clairvoyance et le recul que vous avez sur tout ça. Je suis sûre que vous êtes une super Belle-Maman.

    Enfin désolée d’aborder cet aspect-là mais c’est une situation qui en découle parfois: que dire quand malheureusement séparation il y a, et que tout ce qui a été construit entre l’enfant et son beau-parent n’a plus aucune légitimité sinon le bon vouloir des « vrais » parents. Faut-il donner de vrais « droits » aux beaux-parents lorsqu’ils ont participé pendant 10 ou 15 ans à l’éducation de leurs beaux-enfants et qu’un lien affectif réciproque fort les unit? Je n’ai pas de réponse à apporter, le bon sens devrait prendre le pas dans ces cas-là mais on sait tous que c’est souvent plus facile à dire qu’à faire. Qu’en pensez-vous les belles-mamans?

  40. Meduse69 dit :

    très bel article Pâte à crêpe, et je me reconnais bien dans cette situation… même si je n’ai vécu le statut de « belle-mère » que quelques mois. Car j’ai un long passif moi aussi, étant « enfant de divorcé » (la seule dans mon école primaire de campagne…), j’ai connu aussi un tas de belles-mères (mon père n’arrivait pas à choisir/mon frère et moi leur menions la vie impossible/elles étaient trop jeunes ou inexpérimentées pour tenir le coup). Oui, je le reconnais aujourd’hui, j’ai été une enfant infecte avec certaines, il m’a fallu de longues années pour accepter la présence de la dernière (mais leur couple a fini par se séparer, après qu’ils aient fait un enfant). Fidélité indescriptible à ma mère, volonté de réparer (ou du moins consoler) de la part de l’enfant que j’étais, père trop absent nous refusant une place à part entière dans sa vie (alors comment accepter EN PLUS une tierce personne ?)… bref, ce n’est que vers l’âge de 25 ans que j’ai pris la bonne distance avec mon père et son parcours amoureux (parce que finalement faire tourner en bourrique la belle-mère, ce n’était peut-être qu’une façon de faire « payer » mon père). J’ai un frère qui a 20 ans de moins que moi et que j’adore, même si je n’en suis pas assez proche à mon gôut (besoin encore de cette distance pour ne pas laisser submerger par l’émotion).
    Un jour je suis tombée amoureuse d’un mec fraîchement (trop ?) séparé, avec ses 2 mômes (un gars de 10 ans, une minette de 7). J’y ai cru, je suis allée jusqu’à m’installer chez eux (sur invitation du père bien sûr). L’histoire a foiré, pour plein de raisons, mais je sais une chose : j’ai fui cette situation qui ne me rappelait que des mauvais souvenirs, et je ne laisserais personne dire « lâchement » : j’ai au contraire pris mes responsabilités pour ne gâcher la vie de personne, et en 1er lieu la mienne. Oui, être belle-mère c’est très difficile, et il faut bien se connaître pour pouvoir assumer un tel statut. Personnellement, je ne pouvais pas, et je me félicite d’avoir écouté mon instinct : j’ai finalement fondé ma propre famille à moi, et « fait » un père avec nos enfants, à la place d’en chercher un « tout fait » qui ne me convenait pas.

  41. pâte a crêpe dit :

    @Clemys, c’est vraiment un sujet hyper sensible pour ceux qui le vivent ou l’ont vécu car il implique beaucoup de sujet, le rapport à la famille et aux autres en général. Je suis complètement d’accord avec ta façon de voir, en particulier sur la conscience nouvelle que l’amour peut se défaire (et le gouffre que cela crée chez l’enfant).
    Si nous sommes arrivées avec mes belles filles à une entente familière sans enjeu affectif déplacé, cela n’est pas simple avec tous mes beaux enfants. Sans vouloir les « élever » (même s’ils peuvent le demander), il est très difficile parfois de leur faire entendre que mes problèmes sont légitimes puisqu’ils vivent aussi chez moi.
    Et puis, pour reprendre ton exemple, la bagarre, cela me regarde si cela se passe chez moi, qu’ils se pètent le nez, que ça en fout partout, sous les yeux de mon fils, non?!
    Pour leur sécurité, si un accident se produit sous ma surveillance, je suis responsable, et c’est bien là l’ambigüité aussi de ce rôle aux yeux de la société. Ce n’est pas simple…

  42. pâte a crêpe dit :

    @Bobine, merci merci! Je ne suis pas assez calée sur le sujet du statut officiel du beau parent pour en parler sur ce blog sur lequel la Poule met un soin particulier à donner des infos fiables et vérifiées. Même si j’en aurais très envie… 😳
    Pour la super belle maman… 😳 ça dépend des points de vue, des enfants, et des jours…! mais merci!

  43. pâte a crêpe dit :

    @Meduse69, je trouve en effet très courageux et absolument pas égoïste de votre part d’être arrivée prendre cette décision.

  44. pâte a crêpe dit :

    @Clemys, et puis le Jacques et le André avec leur camion dans le Gordon ils sont bien plus polis dans leurs conflits que mes beaux enfants :mrgreen: !!

  45. Clemys dit :

    @pâte a crêpe, et oui c’est pas simple. Et c’est clair que le sang, ça tâche :mrgreen: 😆
    Vivement la fin du mois, que je te raconte ma vie dans le détail 😆

  46. pâte a crêpe dit :

    @Clemys, 😉

  47. Béatrice dit :

    @pâte a crêpe, Bon, ben l’Homme a lu le billet, et une bonne partie des commentaires. Mais comme je l’ai déjà dit une fois ici (à propos de quoi, je ne sais plus 😳 ) c’est un « taiseux » …
    Et en plus ce billet a dû le toucher plus qu’il ne veut bien le dire, parents divorcés, beaux pères, belle mère …. Je ne vais pas étaler sa vie, mais c’est très compliqué et lourd …

  48. pâte a crêpe dit :

    @Béatrice, on n’aura pas de beau père en commentaires alors… 🙁 !
    Merci à l’Homme de m’avoir lue!

  49. Béatrice dit :

    @pâte a crêpe, tu pourras toujours essayer de le faire parler le 22/11 si tu es là :mrgreen: