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Réforme du congé parental ?

lundi, février 16th, 2009

mary_poppins La nouvelle fait déjà grand bruit : le gouvernement souhaite réformer le congé parental. Etant donné qu’on n’est encore qu’au stade de l’annonce, il me semble que tout reste à prendre avec des pincettes. Je ne souhaite pas débattre ici de l’aspect idéologique (c’est-à-dire la façon de voir le monde qui transparaît derrière ces propositions et sur l’enrobage de discours autour) mais me cantonner au plan purement pragmatique. Vous trouverez le débat plus politique chez Olympe (qui référencie également d’autres articles sur le sujet).

Les propositions sont principalement basées sur le rapport de la députée Michèle Tabarot (résumé ici, rapport intégral ). Puisqu’on ne sait pas encore ce qui va être retenu ou pas, je vous propose de regarder directement le rapport plutôt que de tenter de pêcher ça et là des citations incomplètes. Bien sûr ma grille de lecture ne sera pas forcément la vôtre, alors n’hésitez pas à y jeter directement un œil. J’ajouterai qu’il contient de nombreux exemples et comparaisons avec d’autres pays occidentaux, ainsi qu’un certain nombre de cartes montrant les disparités au sein de l’hexagone, bref c’est globalement très instructif.

On y trouve déjà un certain nombre d’informations sur la situation actuelle.

Tout d’abord l’auteur expose les connaissances actuelles sur les conditions du bien-être des enfants. Je regrette que cette partie ne soit pas plus détaillée et plus documentée mais on en tire déjà un certain nombre d’informations.

Les tout petits bénéficieraient d’être gardés par un de leurs parents jusqu’à 6 à 12 mois au moins. L’intérêt de fréquenter plus assidument d’autres enfants n’apparaîtrait que vers 2-3 ans. L’implication des deux parents aurait des effets bénéfiques sur le développement de l’enfant. On apprend également que le temps de garde optimum pour les enfants serait de 10 à 30 heures par semaine, d’après l’étude NICHD. Ainsi, 83% des enfants confiés à la garde 10 à 30 heures par semaine ne montrent aucun trouble comportemental (90% pour ceux gardés par un parent, et 74% pour ceux gardés plus de 40 heures). Par trouble comportemental, on entend entre autres caprices et colères. Hélas il n’est pas précisé de tranche d’âge à laquelle correspondent les données, parce que je me demande dans quel monde on trouve une très large majorité de bambins qui ne font aucune colère (le site original de l’étude est si dense que je n’arrive pas à y retrouver rapidement ces données). Par ailleurs, selon l’auteur, la qualité du mode de garde est primordiale, et notamment l’attention portée aux enfants, l’adéquation à leurs besoins et la stabilité du personnel. Selon les cas, on pourra trouver cette qualité en garde collective comme en garde individuelle.

Apparemment je ne suis pas la seule à penser que le congé maternité actuel est trop court :

  • 70% des mères obtiennent un congé pathologique (dont 23% en post-natal, qui est plus difficile à avoir que le pré-natal), ce qui montre bien que la possibilité de reporter une partie du pré-natal en post-natal ne concerne qu’une minorité.
  • Rallonger le congé maternité par ses congés annuels (et autres RTT) est une pratique très répandue : 38 jours en moyenne pour le premier et le deuxième enfant, 21 jours pour les autres (cette statistique m’étonne car beaucoup d’entreprises interdisent aux salariés de prendre plus d’un mois de congé à la fois).

Un certain nombre de femmes ne prennent pas leur congé parental de gaieté de cœur : on estime à un tiers la proportion de celles qui l’ont fait par absence d’alternative. Je dis « femmes » car seulement 2,5% des personnes en congé parental sont des hommes. Par ailleurs, un arrêt de 3 à 6 ans est souvent préjudiciable à la réinsertion professionnelle.

Quel est le vrai prix des modes de garde ? On trouve dans le rapport un joli graphique comparant, en fonction des revenus du foyer, ce qu’il reste effectivement à payer (une fois les aides déduites) pour chaque mode de garde (accueil collectif, assistante maternelle, garde partagée, garde à domicile). Globalement la différence entre crèche et assistante maternelle n’est pas très importante (moins de 100 € par mois), et lorsque les revenus du foyer atteignent 3 SMIC (3102 €), c’est l’assistante maternelle la plus avantageuse (et il n’y a plus beaucoup de différence avec la garde partagée non plus).

Quelle est leur disponibilité ? On estime qu’il y aurait environ 51 places d’accueil à l’extérieur pour 100 enfants de moins de 3 ans. Il manquerait 300 000 à 500 000 places. Ainsi, en 2005,  57% des moins de 3 ans étaient gardés par un de leurs parents (devinez lequel ?), 18,5% par une assistante maternelle agréée et 8,7 % dans une crèche. L’assistante maternelle (= une nounou qui accueille 2 à 3 enfants chez elle et qui doit recevoir un agrément de l’Etat, pour ceux pour qui c’est du chinois ; c’est une femme dans 99% des cas) est donc le premier mode de garde hors parents. Pourtant, la majorité a choisi ce métier par défaut plus que par vocation, et leur salaire mensuel net est de 815 € lorsqu’elle travaille à temps plein (pour la nôtre on peut quasiment multiplier par trois et pourtant elle n’est pas spécialement chère !). Quant aux structures d’accueil collectif, leur nombre augmente de 2 à 3 % par an et les crèches d’entreprises ne représentent que 8% des places.

Combien tout cela coûte-t-il à l’Etat ? En tout (y compris congés de maternité et paternité) : 15,3 milliards d’euros, soit environ 4% du budget total de l’Etat. Bien que les gardes individuelles soient majoritaires, elles ne coûtent « que » 2,7 milliards d’euros, par rapport à 3,6 milliards pour les modes d’accueil collectifs. Et pour les entreprises ? Apparemment une étude suisse fait état d’un retour sur investissement de 8% (25% pour une étude allemande) pour les mesures familiales (organisation flexible, allocations de congés parental…), et ce sans compter les bénéfices non quantifiables (motivation, loyauté…).

La suite au prochain numéro : les propositions de mesures.

Infos vaccins

lundi, février 9th, 2009

doug-ross Je dois vous dire que j’ai un peu tergiversé avant de faire ce billet. Et j’hésite encore à fermer les commentaires qui s’y rapportent, parce que j’ai l’impression qu’il est vite impossible d’avoir une discussion constructive sur le sujet. Donc je vais essayer de vous rapporter ici un certain nombre de faits portés à ma connaissance par le grand internet mondia. J’utilise des sources aussi fiables et factuelles que possible (que je cite) ; même si la plupart des infos me sont venues par Strollerderby, j’essaie ensuite de retrouver la source initiale pour limiter la perte en ligne et l’effet téléphone arabe. Enfin je le dis clairement : je pense que la vaccination de façon générale est un progrès dont les bénéfices surpassent largement les inconvénients, même si bien sûr la balance risques-bénéfices doit être étudiée au cas par cas (en particulier pour les personnes potentiellement vulnérables).

Tout d’abord je vous signale qu’Allo docteurs (France 5) a consacré une émission sur le sujet mercredi 4 février sur le sujet des vaccins et plus particulièrement de la rougeole, suite à l’actualité douloureuse récente. Je ne sais pas combien de temps elle restera en ligne ici donc si ça vous intéresse filez voir. J’ai trouvé l’émission pas trop mal faite, même s’il y avait quelques boulettes (par exemple le BCG n’est pas obligatoire en France). Il est notamment rappelé l’intérêt d’injecter jusqu’à six vaccins simultanément : il ne faut pas confondre maladie et présentation d’antigène (dont nous subissons plusieurs centaines par jour sans évidemment développer toujours des symptômes significatifs), on ne peut pas dire que ça correspond à attrapper plusieurs maladies à la fois. Il est également dit que l’allergie à l’œuf n’est une contre-indication que pour les vaccins contre la grippe et la fièvre jaune.

Ensuite on entend remettre en question l’efficacité de la vaccination, mais une étude récente du New England Journal of Medicine (dont vous trouverez le résumé ici) montre qu’au moins le Prevenar (contre les méningites à pneumocoques) fonctionne. Son introduction aux Etats-Unis a permis une chute de la prévalence de la maladie de 69% chez les moins de deux ans (qui sont les plus à risque), ainsi qu’une diminution de 35% des souches résistant aux antibiotiques.

Concernant l’intérêt d’une couverture vaccinale généralisée pour protéger les quelques cas chez qui la vaccination est inefficace et ceux qui ne peuvent la recevoir : un bébé est mort de la méningite à Haemophilus influenza b (le vaccin est généralement couplé avec diphtérie, coqueluche, tétanos et polyomélite) dans le Minnesota. Il était trop jeune pour avoir reçu l’ensemble des injections et a fait partie des cinq enfants touchés dont trois n’avaient pas été vaccinés. Malheureusement la décision de vacciner ou pas peut avoir des répercussions hors de sa famille. Et ce point n’est pas une contradiction du précédent : aucun vaccin, aucun traitement n’est fiable à 100%. Il y a et il y aura toujours des personnes vaccinées qui développeront quand même la maladie, mais elles peuvent être protégées par la vaccination des autres.

En Suisse, on observe une recrudescence de la rougeole, particulièrement dans des écoles Steiner (voir ici et ici) qui rassemblent beaucoup de familles anti-vaccination (sans compter une fâcheuse tendance à ne pas déclarer les cas, ce qui permet une propagation de l’épidémie). Il est en outre probable (vu le coût des écoles Steiner et leur philosophie générale) qu’il s’agit d’enfants vivant dans de (très) bonnes conditions, donc pas particulièrement fragiles. Je ne dirai rien sur les parents qui tentent volontairement de faire attrapper la rougeole à leurs enfants…

Une étude récente publiée dans Pediatrics (voir le résumé ici) montrent les résultats de deux groupes d’enfants ayant reçu des doses différentes de thimérosal et soumis à une batterie de tests psychomoteurs. On trouve une légère tendance à des scores inférieurs dans le groupe exposé à la plus forte dose, tendance attribuée au hasard par les auteurs. Un seul cas d’autisme a été observé et ce dans le groupe ayant reçu la plus faible dose de thimérosal. Cet article a entraîné la publication de deux lettres, chacun des auteurs déclarant comme conflit d’intérêt être père d’un enfant autiste. L’une d’elles pointe notamment les nombreuses limites de l’étude (pas de groupe témoin n’ayant pas reçu de thimérosal, doses non représentatives d’autres pays -comme les USA-, la façon dont les enfants ont été recrutés pour l’étude…) et remet en question la possibilité d’en tirer des conclusions -dans un sens comme dans l’autre. Je n’ai pas vu le texte intégral de l’étude ni ne connais les tests effectués, donc je reste dubitative.

Et le plus croustillant pour la fin : le Times révèle que le Dr Andrew Wakefield, auteur de l’étude ayant jeté la suspicion de lien entre autisme et vaccin ROR (MMR en anglais : Measles = rougeole, Mumps = oreillons et Rubella = rubéole), a falsifié les résultats à l’origine de l’étude, sans compter un magnifique conflit d’intérêt. En même temps qu’il préparait l’étude controversée publiée dans le Lancet, il était payé une coquette somme par les avocats préparant une action contre les fabricants du ROR (ce qu’il s’était apparemment gardé de signaler à l’époque). Le Lancet signale que si ces faits avaient été connus à l’époque, l’étude n’aurait pas été acceptée.

(Photo : Pour changer un peu aujourd’hui c’est Doug qui s’occupe de vous détendre pour cet article à caractère hautement anxiogène.)

Tire-lait ou congé ?

vendredi, février 6th, 2009

01_baobama1 Les Etatsuniens ont de la chance. Déjà ils ont Barack Obama : il est beau, il est sympa, il est classe, il est intelligent, il va sauver le monde. Et en plus il existe vraiment. Bref.

Et puis alors que nous autres Français on en est encore à débattre pour savoir si l’allaitement est compatible avec le féminisme (sans parler des petits pots et des couches lavables…), ils sont passés à une question bien plus intéressante : la libération de la mère allaitante passe-t-elle par un plus long congé maternité ou par des conditions optimales pour tirer son lait au travail ? Ou encore que veut-on promouvoir dans l’allaitement ? Le lait maternel ou le fait de téter le sein ? Les deux ?

Le débat est parti d’un article bien documenté et très intéressant de Jill Lepore dans le New Yorker que vous pouvez lire ici. On y trouve une mise en perspective historique pleine de détails savoureux. Par exemple on y apprend que Linné lors de sa première tentative de classification des êtres vivants en 1735 avait mis les humains dans la classe des Quadrupèdes, ce qui avaient été assez mal pris par ses contemporains, déjà peu enclins à se classer parmi les animaux, et s’était finalement rabattu sur l’appellation Mammifères (qu’il a lui-même créée). L’idée étant que personne à l’époque ne pouvait nier que le petit d’homme était allaité par sa mère. Linné avait d’ailleurs beaucoup prêché contre les nourrices.

L’auteur rappelle également l’accent mis par les autorités sur l’allaitement maternel et sa glorification, tant en Europe qu’aux USA… jusqu’à la fin du XIXème siècle où on observe deux phénomènes concomitants : apparition des premiers substituts au lait maternel et tarissement supposé de la lactation des femmes. J’aime particulièrement son résumé de l’histoire de la nourriture : quand les riches mangent du pain blanc et donnent du lait maternisé, les pauvres mangent du pain complet et allaitent ; ensuite ils échangent.

La situation actuelle (qui n’est pas sans rappeler nos problèmes hexagonaux) est la suivante : on dit aux mères que le mieux est d’allaiter exclusivement pendant (au moins) 6 mois, mais elles n’ont généralement que 12 (10 ici) semaines de congé post-natal. Alors que donner aux bébés entre deux ? Apparemment aux USA au moins, l’Etat met l’accent sur la possibilité pour les femmes de tirer leur lait : exemption de taxes sur les tire-lait, pressions sur les entreprises pour mettre à disposition des mères des endroits confortables pour faire marcher les machines, etc. Pour Jill Lepore, ce sont de pâles substituts d’un vrai congé maternité. L’art féminin de l’allaitement est devenu la science du lait maternel.

Ce qui nous amène donc à une question intéressante : que veut-on dire par allaitement maternel ? Faire téter un bébé au sein ou boire le lait de sa mère ? Qu’est-ce qui est vraiment important ? Les professionnels de la santé bucco-dentaire mettent en avant les effets bénéfiques de la tétée au sein sur le développement des structures faciales, même s’il me semble qu’on les entend beaucoup moins que les explications sur les bénéfices du lait. Et bien sûr, la proximité physique induite entre la mère et l’enfant favorise l’établissement d’un lien d’attachement solide, dont les effets bénéfiques sur le psychisme des enfants (et des parents) n’est plus à démontrer. Ceci dit, rien n’empêche de donner un biberon en peau à peau et d’en faire un super moment de câlin (à part peut-être ces objets étranges ? encore qu’apparemment on peut s’en servir pour donner un biberon à un enfant en porte-bébé et garder les mains libres).

Là où l’auteur va un peu loin, c’est quand elle nous dit « Quand est-ce que le droit des femmes est devenu le droit des femmes à travailler ? ». Je ne suis pas la seule à tiquer : une chroniqueuse trouve que Jill Lepore « jette le bébé avec le reste de lait tiré ». Elle souligne que le soutien aux femmes qui souhaitent rester chez elles pour allaiter ne doit pas se faire aux dépens de celles qui veulent retourner bosser et pouvoir y tirer sereinement leur lait. Je pense également que c’est à chaque famille de voir ses priorités et de trouver ses compromis et ses solutions.

Par contre, dans un pays où on attend de l’Etat qu’il mette en place des politiques de santé publique et de prévention d’envergure, quel doit être le message à faire passer ? Et surtout quelles mesures pour encourager sa mise en pratique ? Le budget et les moyens étant par nature limités, sur quoi faudrait-il insister ? Comment donner vraiment le choix aux femmes ? On en a déjà discuté ici, mais il me semble qu’un système de congé parental vraiment flexible, correctement rémunéré et permettant un relai entre les parents irait dans ce sens. D’ailleurs ça a l’air de plutôt bien marcher chez nos voisins scandinaves non ?

Tant qu’on est dans cette thématique, j’en profite pour vous signaler cette excellente interview de Sylviane Giampino, psychanalyste et psychologue, relayée par le site Les papas = les mamans (une mine d’articles très intéressants et bien faits). Le sujet : Les femmes qui travaillent sont-elles coupables ? Sylviane Giampino y fait une synthèse assez réussie entre féminisme et besoins de l’enfant, loin des poncifs éculés et autres clichés habituels.

Et pour finir sur une vraie question existentielle : peut-on tirer son lait en public, comme cette femme au bord de l’engorgement qui s’est « soulagée » dans le train de banlieue (une main pour se tenir à la barre, l’autre sur le tire-lait), ou encore à un bar en sirotant son verre de vin ?

(Photo : AP Photo/Alex Brandon, trouvée sur http://www.boston.com/bigpicture/2008/12/2008_the_year_in_photographs_p.html, et spéciale dédicace pour ma mômman. En même temps c’est plus sympa qu’un tire-lait non ?)

Attendre…

mercredi, février 4th, 2009

sheperd Un article publié en novembre 2008 par une équipe de l’UCSF dans Obstetrics and Gynecology, le journal de l’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG), l’équivalent de notre CNGOF, conclut qu’un peu de patience lorsque le travail lors de l’accouchement ralentit ou s’arrête pourrait éviter un certain nombre de césariennes, pour le bénéfice des mères et sans conséquence négative pour les enfants. L’article constate qu’alors que l’ACOG recommande d’attendre au moins deux heures d’arrêt de progression de la dilatation avant d’envisager la césarienne, en pratique les obstétriciens étatsuniens tendent à dégainer le scalpel plus rapidement. L’étude s’est intéressée pendant 10 ans à 1014 femmes ayant accouché à terme d’un seul enfant (à la fois) vivant, accouchement pendant lequel un arrêt de la phase active (défini comme deux heures ou plus d’arrêt de la dilatation) a été constaté. Il apparaît que sur ces 1014 femmes, environ un tiers ont finalement accouché par voie basse, tandis que les autres ont eu une césarienne. En outre, la comparaison entre les deux groupes de la santé des femmes (hémorragie du post-partum, infections…) et des enfants (score d’Agpar, infections, taux d’admission en néonatologie) montre qu’autant la césarienne entraîne plus de complications pour les femmes, autant la voie basse n’en entraîne pas plus pour les bébés.

Aux Etats-Unis, un tiers des césariennes pour un premier bébé ont pour cause un arrêt du travail. Si les recommandations d’attendre au moins deux heures étaient vérifiées, un tiers d’entre elles (soit donc 1/9 du total, la Poule pondeuse est trop forte en maths) pourraient être évitées, avec des conséquences bénéfiques pour la santé des mères, sans que ce soit au détriment de celle de leurs enfants. On sait aussi qu’avoir une césarienne pour le premier enfant augmente significativement la probabilité d’en avoir une pour le second (même si avoir eu une césarienne à l’accouchement précédent n’est pas en soi une contre-indication formelle à tenter un accouchement vaginal après césarienne, ou AVAC ; ce qui l’est c’est plutôt que la raison de la césarienne se reproduise).

En France, les recommandations pour la pratique clinique (RPC) du CNGOF sur la césarienne indiquent (je cite) :

Au cours du travail (y compris à dilatation complète), la réalisation systématique d’une césarienne après deux heures de stagnation de la dilatation doit être reconsidérée, du fait d’une diminution des césariennes en cas d’expectative prolongée (NP2), sans augmentation significative de la morbidité maternelle. L’analgésie péridurale permet de rendre cette expectative plus tolérable (NP 2).

(NP : niveau de preuve scientifique, de 1 à 5, 1 étant le plus fiable)

Le document datant de 2000 est donc largement antérieur à l’étude (cocorico ?). Reste à savoir quelle est sa probabilité de mise en œuvre dans nos maternités hexagonales, avec probablement un certain nombre de disparités entre services, voire obstétriciens. Apparemment c’était au moins le cas dans la maternité où j’ai accouché puisque j’ai moi-même connu un arrêt du travail de plus de deux heures à 8 cm de dilatation, qui ne m’a finalement pas empêchée de faire naître un poussin en pleine forme par voie basse, même s’il était clair que nous n’étions pas passés loin du bloc opératoire. Bien sûr d’autres éléments sont à prendre en compte, et par exemple il ne serait plus approprié d’attendre en cas de signes de détresse fœtale (dans notre cas un monitoring parfait a certainement joué favorablement).

Enfin je tiens à préciser qu‘il ne s’agit nullement de jeter l’opprobre sur la césarienne, qui sauve régulièrement des vies, et dont nous avons la chance de bénéficier facilement, gratuitement et dans les meilleures conditions de sécurité. Simplement il s’agit d’une opération chirurgicale, avec des risques et  des bénéfices associés qu’il convient donc de peser soigneusement avant d’en prendre la décision, de la même façon qu’on n’imagine pas enlever l’appendice à tout le monde sous prétexte qu’il pourrait un jour nous causer des problèmes et qu’on a une technique sûre pour le faire.

Information trouvée via le blog Unnecesarean.

Photo : à partir de maintenant (bonne résolution pour la deuxième année de blog), toute nouvelle médicale à caractère potentiellement anxiogène sera accompagnée d’une photo médicale relaxante et apaisante.

Vendredi vidéo

vendredi, janvier 30th, 2009

(non je n’inaugure pas de nouvelle catégorie mais je trouvais que ça sonnait bien)

Vu sur Alpha Mummy, cette vidéo d’un bébé de neuf mois en train de jouer :

(il est précisé au début que les passages des adultes ont été enlevés, mais que bien sûr l’enfant n’a pas été laissé seul tout ce temps)

Moralité (pour ceux qui ne le savaient pas déjà) :

  • même s’il y a plein de jouets ce n’est pas forcément ce qui intéresse le plus l’enfant
  • même si apparemment il ne maîtrise pas le quatre pattes, et encore moins la station debout, un bébé peut se déplacer avec une efficacité redoutable
  • dès qu’ils peuvent bouger, les bébés ont une fâcheuse tendance à aller s’éveiller hors du beau tapis d’éveil hors de prix

Voilà pourquoi

mardi, janvier 20th, 2009

bebestar Voilà pourquoi il n’y a sur ce blog aucune photo et aucun nom, ni de moi ni du Poussin ni de quiconque ne l’a pas expressément souhaité. De façon générale, poussés par le Coq qui est carrément parano sur le sujet, nous faisons TRES attention à nos traces sur internet (et notamment Facebook, à utiliser avec modération).

Quand j’étais étudiante il y a quelques années, notre école nous offrait la possibilité d’avoir une page web perso, sans obligatoirement y mettre de contenu académique. C’était avant les blogs, et à l’époque on écrivait directement en code html (oui je sais, ça la pète, sauf que la présentation était très basique). Je pensais que seule une personne me connaissant déjà pouvait arriver sur une page au fin fond du web sans grand intérêt public, et j’avais donc mis mes coordonnées à toutes fins utiles. Le jour où un type inconnu (et même pas de mon école) a appelé sur mon portable, j’ai compris et j’ai supprimé la page (qui n’était pas très intéressante de toute façon).

Blandine, alias la Poule exotique, qui nous a fait l’honneur de partager son expérience de la prématurité, a également partagé quelques photos de son Poussin. Une fille en manque d’attention a créé un skyblog « J’ai 12 ans et je suis enceinte » où elle a mis une de ces photos pour annoncer la « naissance » de sa « fille ». Dès qu’elle l’a découvert, Blandine a heureusement pu très vite en obtenir la fermeture.

Au delà de ces mésaventures, nous pensons (mais cela n’engage que nous) que le Poussin n’a pas demandé à avoir des photos de lui -qu’il n’a même pas choisies- accessibles à tous sur le net. Certes si il n’y a pas son nom à côté, ça les rend plus ou moins anonymes, mais nous ne pouvons pas savoir ce que seront les possibilités du net et des recherches quand il sera adulte. Et pour nous c’est tout simplement une question de principe (mais là encore, c’est personnel). Cela ne nous empêche pas de partager volontiers nos photos avec nos amis et familles qui souhaitent le voir grandir : pages web ou blogs avec mots de passe, albums photos accessibles uniquement sur invitation (sur Picasaweb par exemple)… Quant à moi je tente d’avoir une carrière qui n’a aucun lien avec ce que je fais dans ces colonnes, et ne souhaite pas que des collègues et employeurs avérés ou potentiels découvrent cette facette de ma vie par une simple recherche Google. En bref, je pense qu’il est possible de profiter largement des possibilités d’internet sans laisser de traces trop visibles (évidemment quelqu’un de vraiment motivé/compétent trouvera toujours des choses, là n’est pas la question).

Je vous laisse sur cette citation du grand Pierre Desproges (le Coq m’a offert Tout Desproges pour Noël, je l’aiiiiiiime cet homme) :

« Ce n’est pas par pudeur que je ne montre pas mes enfants à tous les passants. C’est parce que je n’ai pas les moyens de payer la rançon. »

(Photo : Flickr)

Les instincts maternels, bonus track

jeudi, janvier 15th, 2009

Un post rapide pour vous signaler un article très intéressant de Libé : La mort cachée des bébés. On y apprend notamment que derrière la mort subite du nourrisson se cachent des actes de maltraitance et des infanticides. Selon les auteurs, un quart à un tiers de ces morts subites seraient en réalité des infanticides, plus ou moins conscients et intentionnels (syndrôme du bébé secoué, négligence grossière…). C’est également la thèse de Sarah Blaffer Hrdy dans Les instincts maternels, l’article tombe donc à point pour compléter cette lecture. Dommage que Libé n’y fasse pas référence !

Et sur ce sujet difficile, cette histoire horrible qui dépasse l’entendement : en Louisiane, une baby sitter a mis un bébé de 5 mois au sèche-linge (oui, dans la machine qui sèche le linge) ET appuyé sur « start » pour pouvoir regarder la télé tranquille. Le bébé est mort. Et ce n’est pas tout : elle a elle-même un fils d’un an (qui était enfermé dans une autre pièce avec le grand frère du bébé au moment des faits), qui grandira sans sa mère, puisqu’elle va donc très probablement passer sa vie en prison. Je vous laisse, j’ai un petit déjeuner à vomir.

Un procès

jeudi, janvier 8th, 2009

Aux Etats-Unis, une femme, Catherine Skol, a porté plainte contre l’obstétricien qui a pris en charge la naissance de son 5ème enfant, pour le traitement qu’il lui a réservé à cette occasion. Il me semble que c’est une première, car la mère et l’enfant sont en bonne santé physique. D’après la plainte officielle, les chefs d’accusation sont négligence (« gross negligence ») pour les faits suivants :

  • refus de commander/prescrire aucun médicament antalgique
  • ordres pour le traitement d’une possible hémorragie du post-partum sans tenir compte du fait que Mme Skol n’était pas une grande multipare
  • information de Mme Skol qu’elle risque de saigner jusqu’à mourir
  • examen vaginal augmentant la douleur de Mme Skol sans son consentement
  • réparation de la déchirure périuréthrale de Mme Skol sans anesthésie, alors qu’il est en outre probable qu’aucune suture n’était nécessaire, causant non seulement une douleur lors de l’opération mais également après

et avoir causé une détresse émotionnelle par négligence (« negligent infliction of emotionnal distress »). Pardonnez l’approximation de la traduction, je ne suis pas juriste. Si quelqu’un veut corriger en commentaires, j’apporterai les modifications ad hoc.

La description complète de l’accouchement (qu’on trouvera ici mais en anglais, avec des extraits du document officiel) n’est pas très rassurante.

En résumé, le Dr Pierce, contre qui la plainte a été déposée, remplaçait son obstétricien habituel qui était en vacances. Il a apparemment décidé que Catherine Skol avait mérité de souffrir pour ne pas l’avoir appelé avant d’aller à la maternité. Par exemple, il a refusé pendant plus de deux heures et demi de faire appeler l’anesthésiste pour qu’elle ait la péridurale qu’elle demandait, ou de lui donner aucune forme de soulagement de la douleur, au prétexte que le bébé serait là dans dix minutes (et en dépit du stade de dilatation de la parturiente, confirmé par l’interne de garde). Il l’a contrainte à prendre une position extrêmement inconfortable malgré ses protestations (d’autant plus qu’elle souffre de hernies discales). Il a répété à plusieurs reprises qu’il était certain qu’elle aurait une hémorragie du post-partum, et qu’il était probable qu’elle et son bébé meure (affirmation d’autant plus dévastatrice que la patiente avait déjà accouché d’un bébé mort-né quelques années auparavant), alors qu’apparemment aucun fait médical ne soutenait de telles suppositions (et d’ailleurs elle n’en a pas eu). Il l’a fait pousser alors qu’elle n’était pas à dilatation complète et a répondu à toutes les questions et contestations par « Taisez-vous et poussez ». Il a recousu sa déchirure sans anesthésie (malgré des demandes répétées de la patiente) et avec une aiguille plus grande que celles utilisées habituellement (donc apparemment plus douloureuse) en demandant au mari de la maintenir de force, et elle n’a pu obtenir d’antalgiques (prescrits par l’interne) qu’après son départ. Et pour finir, il a dit à l’infirmière que Mme Skol avait mérité de souffrir pour ne pas l’avoir appelé avant de venir, car parfois la douleur est le meilleur professeur. Bizarrement, Mme Skol, dont c’était le cinquième enfant, n’avait jamais eu de naissance aussi douloureuse et traumatique pour les quatre précédents. D’après le document de la plainte, l’hôpital s’est excusé et a mis le Dr Pierce à l’épreuve depuis. Bien sûr, on ne voit ici qu’une seule des deux versions, et comme toujours l’accusé doit être présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, mais si ce qui a été présenté est confirmé (et l’infirmière et l’interne auraient confirmé tout cela) il me semble qu’une sanction plus sévère s’impose (et surtout la protection de ses autres patientes, futures et actuelles).

Alors, est-ce encore une de ces plaintes ridicules de ces idiots d’Américains ? Eh bien je ne le crois pas. Le harcèlement moral est puni par la loi me semble-t-il. On trouve normal qu’un policier qui maltraite quelqu’un en garde à vue soit sanctionné, qu’un enseignant qui abuse de son autorité soit mis en question. Lorsqu’on est dépositaire d’une certaine autorité, cela entraîne des responsabilités. De la même façon un médecin qui profite de sa position pour maltraiter son patient doit rendre des comptes. Peut-être que la voie judiciaire n’est pas la voie la plus appropriée pour en demander, mais je ne sais pas s’il en existe d’autres dans ce cas-là, et au moins cela a le mérite de mettre ce genre d’affaire sur le tapis. Et visiblement quelqu’un qui tient ce genre de raisonnement (et dont je ne pense pas qu’il soit représentatif de ses confrères) a une large capacité de nuisance auprès de ses patientes, qu’il convient de protéger.

En France, ce type de débat pourrait bien aussi être d’actualité, notamment autour de l’épisiotomie : puisque la loi Kouchner du 4 mars 2002 pose le droit au consentement éclairé (c’est-à-dire qu’une intervention ne peut être pratiquée qu’avec l’accord du patient, celui-ci en ayant au préalable bien compris les tenants et les aboutissants), pratiquer une épisiotomie malgré le refus de la patiente est illégal. Théoriquement on pourrait donc faire un procès pour maniement abusif du ciseau, sauf qu’il semble qu’aucune sanction ne soit prévue lorsqu’on contrevient à cette loi. J’avoue que je ne sais pas trop quoi penser de cela (j’ai vu sur des forums des personnes envisager ce type d’action), si ce n’est qu’il doit être extrêmement difficile de prouver que l’épisiotomie n’était pas nécessaire et que le praticien n’a pas agi avec les meilleures intentions pour le bien-être de ses patients, mère et enfant (d’autant plus que le CNGOF préconise de la pratiquer selon un jugement d’expert: « Dans toutes ces situations obstétricales spécifiques, une épisiotomie peut être judicieuse sur la base de l’expertise clinique de l’accoucheur »). Je pense aussi que régler ce problème par la justice serait la pire façon, mais en attendant comment prendre en compte le besoin de réparation des femmes qui ont été traumatisées par ce geste (même s’il était nécessaire d’ailleurs) ?

Je ne suis pas fanatique de la dérive judiciaire de l’obstétrique, qui traduit souvent un refus du risque zéro que je trouve préoccupant. D’autant plus que le risque croissant d’action judiciaire, au-delà du préjudice évident causé aux professionnels de santé, n’est pas forcément profitable aux patients non plus : de moins en moins d’obstétriciens (mais aussi de sages-femmes libérales faisant les accouchements à domicile, étranglées par les demandes des assurances), surmédicalisation parfois iatrogène pour se parer en cas de procès, etc. Mais il me semble que j’aurais tendance à pardonner plus facilement une erreur de bonne foi qu’une maltraitance volontaire (même s’il existe évidemment une large variété de situation entre ces extrêmes).

Enfin, cela n’est pas sans rappeler non plus la mise en garde à vue du médecin urgentiste de Valence pour avoir effectué sur une patiente en plein malaise cardiaque (dont elle est décédée) des gestes jugés inadéquats par les témoins du drame qui a été (comme toujours) magistralement traitée par Maître Eolas. Il semble d’ailleurs que le médecin n’ait pas été inquiété plus avant. Dans ce cas-là apparemment, les gestes qui ont épouvanté l’assistance font partie des gestes de routine, impressionnants pour le quidam mais néanmoins efficaces et nécessaires pour la réanimation (un peu comme si nous assistions à une chirurgie orthopédique : aimeriez-vous voir un médecin avec une perceuse ou une scie, pourtant essentielles à leur travail ?).

En bref, tout cela est loin d’être simple et ne sera certainement pas réglé par un article de blog, mais ce n’est pas une raison pour ne pas en discuter ! J’essaierai de vous tenir au courant de l’issue de la plainte.

Encore une nouvelle

mercredi, janvier 7th, 2009

alicia_product C’est un vrai boom des coupes menstruelles : quand j’ai commencé à m’y intéresser il y a moins d’un an de cela, on avait le choix entre Keeper (et Keeper Mooncup), Mooncup, Divacup et Lunacup/Lunette. Déjà pas mal me direz-vous. Depuis sont arrivées Ladycup (très populaire, avec toutes ses couleurs), Femmecup, Miacup, et depuis peu Alicia. Je ne sais pas si on peut déjà l’acheter, et n’ai vu aucun compte-rendu d’utilisation, mais c’est toujours bon à savoir. Elle existe en quatre tailles et ses nombreuses stries doivent la rendre plus facile à retirer (mais pour quel confort ?). Apparemment une partie des bénéfices iraient à des oeuvres de charité (mais là encore ce n’est pas très clair pour l’instant).

J’en profite pour vous parler aussi des Instead softcups, qui sont des coupes menstruelles jetables. Pour la petite histoire, le nom « instead » vient du slogan « instead of a tampon », c’est-à-dire « à la place d’un tampon ». En théorie on doit la jeter une fois utilisée, mais apparemment certaines utilisatrices en utilisent une par cycle, en la rinçant quand elle est pleine comme une coupe réutilisable, et ce sans problème apparent (ce qui ne veut pas dire pour autant que c’est une bonne idée, le mieux serait d’en parler à un gynéco éclairé). Evidemment c’est moins écolo qu’une coupe réutilisable, mais je ne crois pas que le critère écologique doive être le seul à jouer, et il n’y a aucune raison qu’il soit le premier pour toutes. Rien n’empêche non plus de panacher plusieurs formes de protections selon les besoins.

hand_softcup

Il faut savoir qu’il ne se place pas tout à fait de la même façon qu’une coupe menstruelle (plus haut), et donc n’est pas forcément un bon test pour savoir comment on s’en sortirait avec une coupe réutilisable (à part un anneau plus rigide, la coupe est souple, un peu comme une capote, alors que les coupes réutilisables sont en silicone ou caoutchouc plus rigide). Par contre le gros avantage c’est qu’il permet d’avoir des rapports sexuels, ce qui n’est pas le cas des coupes (mais sans être un contraceptif, car non la probabilité de tomber enceinte pendant les règles n’est pas nulle). Et après une recherche rapide, je n’ai pas l’impression qu’elle soit vendue en France (et comme ce n’est pas vraiment écolo, ce ne sera probablement pas disponible en magasin bio, contrairement aux coupes réutilisables), il doit donc falloir commander à l’étranger (aux USA apparemment on en trouve en supermarché : à quand en France ?).

(Photos : en haut, Alicia et au milieu, Instead softcup)

Naissance orgasmique

lundi, janvier 5th, 2009

Pour commencer l’année en beauté, et suite aux commentaires de l’article précédent Happy 2009, un petit billet sur la naissance orgasmique, dont la possibilité a été relayée par un article de Courrier International « Accoucher, une expérience orgasmique » que vous trouverez ici (je le reproduis en fin d’article au cas où il ne serait plus en ligne). Il y a également un documentaire étatsunien, Orgasmic birth, qu’on peut se procurer en DVD (je ne sais pas s’il y a un doublage/des sous-titres en français). Il est possible d’en récupérer pour usage privé mais aussi pour organiser des projections publiques (pour ceux qui ont des asssoc’, pour les maternités, etc). Voici la bande-annonce (VO non sous-titrée, mais certains passages, euh, semblent relativement universels) :

Vu comme ça, ça fait envie, mais je crois que même lorsque toutes les conditions les plus favorables, la probabilité de connaître un orgasme en accouchant reste faible. Cette bloggueuse suggère qu’elle serait équivalente à celle de deux vierges connaissant un orgasme simultané lors de leur premier rapport…

Je pense qu’il est intéressant de diffuser ce genre d’information, ne serait-ce que pour tenter de corriger notre vision collective de la naissance qui est (légèrement) biaisée. D’autant plus lorsqu’on lit un des commentaires de la bande-annonce sur YouTube qui dit qu’en gros ces femmes sont perverses de jouir sur leur enfant et qu’on doit enfanter dans la douleur… Mais bon, de là à dire que si on est dans de bonnes conditions et qu’on respire comme il faut, non seulement on n’aura pas mal, mais en plus ce sera l’orgasme, ahem ahem. J’ai lu un certain nombre de récits de naissance à domicile et AUCUN ne fait mention de ce type de sensation. Peut-être que les femmes qui ont écrit les récits sont trop pudiques pour faire étalage de ces ressentis, en même temps ce n’est pas l’impression que donne leur lecture. En attendant si vous cherchez le « big O » il y a je pense d’autres méthodes que celle-là. Par contre, saviez-vous que les orgasmes peuvent être plus intenses quand vous êtes enceinte ? Ou encore que le plaisir sexuel (en général, pas seulement l’orgasme) peut être plus important après avoir eu un enfant (pas juste après, hein…) ?

Et vous, ça vous tente ? Y a-t-il des chanceuses qui ont déjà connu ça ?

L’article de Courrier International :

Courrier international – n° 861 – 3 mai 2007
Insolites
Accoucher : une expérience orgasmique
Douloureux, l’accouchement ? Katrina Caslake, elle, a trouvé cela divin, voire orgasmique. “C’était une expérience très sensuelle”, commente cette sage-femme de Wallington, qui a mis au monde (sans péridurale) ses deux fils, aujourd’hui âgés de 17 et 18 ans. “Toutes mes zones érogènes étaient stimulées. Je poussais des cris très proches de ceux de l’orgasme. De fait, c’était un véritable orgasme. Je vivais la chose la plus féminine qui soit donnée de vivre à une femme et c’était fantastique.” Même souvenir pour Frederika Deera. “Cela m’a remplie d’une euphorie indescriptible”, se rappelle cette attachée de presse qui a donné le jour à sa fille Delphine il y a deux ans à l’hôpital de Portsmouth. “C’était le nirvana : on a dû me faire une suture très importante, mais ça ne m’a même pas gênée.”
C’est cette expérience “jouissive” qui a poussé Katrina Caslake à devenir sage-femme. “Je savais que je n’étais pas un cas isolé”, explique la praticienne, qui travaille aujourd’hui pour Yours Maternally, un service d’obstétrique indépendant. “En encourageant d’autres femmes à faire confiance à leur corps et à se détendre, je me suis dit que je pourrais les aider à vivre des accouchements moins douloureux, plus agréables.” Même approche au Birth Centre, dans le sud de Londres, où Nathalie Mottershead, sage-femme, encourage activement l’accouchement sensuel. “Si les couples sont d’accord, on pratique des massages des mamelons et du clitoris pour faire apparaître les contractions, favoriser l’ouverture du col et du vagin et contribuer à soulager la douleur.” Objectif : faire de l’accouchement un moment de plaisir, voire d’extase. “Nous travaillons en étroite collaboration avec les femmes pour qu’elles puissent accoucher à domicile. Si les futures mamans acceptent de se sentir sexy, le travail peut être agréable, indolore, et le plaisir peut aller crescendo jusqu’à la naissance proprement dite.” “Si la femme se sent suffisamment à l’aise pour accepter une stimulation des mamelons et du clitoris pendant l’accouchement, cela aide à lutter contre la douleur et ça facilite le travail”, confirme Andrya Prescott, porte-parole de l’Association des sages-femmes indépendantes. Un petit tour sur le site Internet de l’Organisation américaine pour les naissances non assistées confirme à quel point l’accouchement peut être érotique. Le site décrit en détail des fantasmes de femmes où romantisme et rapports sexuels se traduisent par des “vagues de plaisir” et des “orgasmes cosmiques” au moment de la naissance. Manifestement, les femmes qui grimpent aux rideaux lors de l’enfantement sont plus nombreuses qu’on ne le croit. Sur les 151 femmes interrogées par la sage-femme américaine Ina May Gaskin, 82 disent avoir vécu au moins un accouchement orgasmique. Certes il s’agissait de naissances à domicile et de femmes ouvertes à ce type d’expérience. Mais les avantages sont loin d’être négligeables : un seul et unique orgasme serait 22 fois plus puissant qu’un calmant moyen, et l’excitation sexuelle entraîne une ouverture très sensible du vagin.
“Les femmes y réfléchiraient peut-être à deux fois avant d’accepter une péridurale si elles sa­vaient tout ça, mais personne n’en parle”, déplore Ina May Gaskin, pionnière de l’accouchement naturel, qui fut la première à découvrir la possibilité de l’orgasme pendant la naissance.
Mais il y a un hic : comme toute activité sexuelle, l’intensité du plaisir dépend largement de l’état de relaxation, de confiance et de sécurité que ressent la femme. Or la majorité des parturientes redoutent l’“épreuve” de l’accouchement. Ces craintes se traduisent, avant même le début du travail, par des contractions musculaires et une hausse du taux d’adrénaline. “Le problème, c’est que cette hormone inhibe le désir sexuel et freine les contractions, souligne Andrya Prescott. On est plus tendu et plus sujet à la douleur. C’est pour ça que le travail et la naissance à l’hôpital peuvent être mal vécus. Entourées d’étrangers, les femmes ont un taux d’adrénaline élevé. Dans ce cas, même si elles sont a priori partantes pour une stimulation sexuelle, elles peuvent aussi bien faire une croix dessus.”
Aujourd’hui encore, le sujet est tabou. “Beaucoup de femmes ont peur d’être considérées comme perverses ou anormales si elles admettent avoir des sensations sexuelles pendant l’accouchement”, souligne Carolyn Cowan, professeur de yoga. “Je donne des cours de danse érotique pour femmes enceintes, pour essayer de les débarrasser de ces inhibitions. J’ai deux ou trois trucs à leur apprendre – il a fallu que j’accouche de mon fils pour trouver mon point G.” L’excitation sexuelle provoque la sécrétion d’ocytocine, une hormone qui favorise l’affection et l’attachement, à l’origine des contractions utérines dans l’accouchement et dans l’orgasme. Il s’agit par ailleurs d’une endorphine : elle génère du plaisir tout en étant un puissant analgésique. Dans l’accouchement sensuel, le nourrisson n’est pas en reste. Inondé d’hormones du bien-être, il aura plus de chances de venir au monde heureux et détendu.
Anastasia Stephens
The Independent