Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


« « Préc. 2013    |     Suiv. Parents, pensons la réforme des rythmes scolaires ensemble » »

Mon IVG en conscience : le témoignage de Koa

Par  • Le 8 janvier 2013 à 9:31 • Catégorie : IVG, Surmonter

 Aujourd’hui, c’est Koa, une fidèle lectrice et commentatrice de la basse-cour qui a souhaité partager le récit de son IVG. Un grand merci à elle pour sa confiance (et sa patience, oups…). Si vous aussi vous souhaitez publier ici votre témoignage (anonymat garanti), je vous propose de me l’envoyer à lapoulepondeuse at gmail point com. Pour plus d’informations sur les grossesses non désirées, voir ce billet.

Mon histoire est différente de celle de Nanette, mais j’ai envie de la raconter pour les mêmes raisons : j’ai envie qu’on parle d’IVG, que celles qui sont en train de prendre cette décision savent qu’elles ne sont pas seules, et faire entendre un autre son de cloche que celui qui est habituellement proposé. A ce moment-là, j’ai une petite fille adorable de 19 mois. Je l’ai maternée et l’accompagne avec tout mon coeur, toute mon énergie, et je suis fatiguée. J’ai adoré ma grossesse et je rêve d’en revivre une. Mais pas là, pas maintenant, alors que je dois reprendre le travail sous peu (et mon salaire fait bouillir la marmite familiale) et que mon corps est encore fatigué de cet accompagnement intense. Alors quand je découvre cette nouvelle grossesse, c’est un immense NON qui jaillit de moi. Non, je ne suis pas prête, non, je ne veux pas. Mon compagnon est sur la même longueur d’onde, pour autant, avant de lâcher, j’ai besoin qu’il accepte cet enfant. J’insiste jusqu’à ce qu’il dise qu’après tout, c’est en moi, c’est à moi de décider, qu’il acceptera même si ce n’est pas son souhait. Au moment où il accepte la possibilité de cet enfant, mon NON est clair et sans failles. NON. Je me dirige vers l’avortement.

Je suis en pleine campagne, à des heures de voiture de la ville. J’appelle une amie médecin qui me fait les papiers nécessaires, attestant qu’on a parlé et que je commence un délai de réflexion. Je prends des tisanes de sauge en espérant vaguement qu’elles aient un effet magique. Je fais une séance d’acupuncture en espérant que ça résolve le problème. Et puis dès mon retour en ville, je contacte l’hôpital. Le jour du rendez-vous, je me transforme en victime pour attendrir les sages-femmes et négocier la présence de mon compagnon avec moi. J’ai besoin de lui, mais les enfants ne sont pas admis dans le service et personne n’a pu garder ma fille en cette période de fête. Mes amies ont rejoint leur famille, je suis loin de la mienne. Tout le monde est beaucoup plus avenant que lorsque je négociais mon projet de naissance dans ce même hôpital… Mon compagnon peut m’accompagner. Je refuse l’examen gynécologique que je trouve inutile en la circonstance. Le médecin qui me reçoit est très compréhensif et n’insiste pas. Il m’apprend que, puisque je suis dans les délais pour une IVG médicamenteuse et que c’est mon souhait, j’aurais pu faire ça en ville, sans être hospitalisée. Pas d’hospitalisation ? Chez moi ? C’est CA que je veux ! Oui, mais une fois la procédure entamée à l’hôpital, elle doit se dérouler à l’hôpital… Je mets toute mon énergie à sortir du parcours hospitalier et ça marche.

Je suis reçue le soir même dans le cabinet de ville de ce même médecin. Ouf ! Je prends les médicaments seule, le soir, devant la flamme d’une bougie, en pensant à ce bébé qui ne naitra pas. Je suis en paix avec ma décision, je suis sereine, je lui envoie de l’amour. Quelque part, j’ai été heureuse d’être enceinte pendant 4 semaines… Ca paraît ambigu, mais en moi, c’est clair : je ne veux pas ce bébé, je fais ce qu’il faut, mais être enceinte a un petit côté magique et même en sachant que je ne poursuivrais pas cette grossesse, je l’ai ressenti et savouré. Deux jours plus tard, je prends les médicaments qui déclenchent les contractions. J’ai installé un grand drap par terre et je dessine en attendant que le processus s’enclenche. Mes dessins sont plein d’étoiles et de couleur. D’un seul coup, une première contraction, une deuxième… Mon corps se souvient qu’il a déjà poussé de toutes ses forces. Je retrouve les sensations de mon accouchement, c’est bizarre. Je prends des douches chaudes à intervalles réguliers pour me soulager. Comme pour mon accouchement, je sens que les sensations pourraient être qualifiées de « douloureuses » mais ce qui me vient, c’est surtout « intense », et « suprenant » car je ne m’attendais pas à une telle force pour expulser un si petit corps… Au bout d’un long moment, tout s’arrête. Sur le drap, du sang, du sang, encore du sang et ce que j’identifie comme l’embryon. Pendant que je suis une dernière fois sous la douche, mon compagnon plie le drap et y dessine un coeur.

Nous irons l’enterrer en forêt, sous le soleil et la neige, toujours guidés par l’amour pour ce bébé que nous avons choisi de ne pas accueillir. Une quinzaine de jours après, je vais effectuler l’échographie de contrôle. Le médecin me signale des « restes » et explique : « Soit vous l’expulsez avec vos prochaines règles, soit il faudra une petite opération, par les voies naturelles, pour l’enlever ». Je me retiens de crier « QUELLES voies naturelles ? Il y a des voies naturelles pour accoucher, pas pour y introduire un objet médical ! ». A la place, je lui ai demande s’il pense que l’acupuncture pourrait m’aider. Je revois l’air condescendant qui accompagnait son « Non » catégorique. En sortant, je prends quand même rendez-vous chez le praticien en médecine chinoise qui me suivait pour aider mon organisme à drainer les drogues (les restes de médicaments) et à retrouver de l’énergie. Je lui explique la situation. Il m’écoute attentivement, pose quelque aiguilles d’acupuncture… et au moment de me relever, je saigne abondamment. Je n’ai bien sûr rien prévu et je dois filer aux toilettes… La quasi totalité du rouleau de papier finit dans ma culotte mais j’ai un grand sourire. Quelques temps plus tard, l’écho suivante montrera que tout est revenu à la normale. Je suis très soulagée. L’histoire est finie.

Ce qu’il me reste de cette expérience, c’est que je suis heureuse d’avoir pu vivre les choses à ma façon, d’avoir évité, par deux fois, l’hôpital. Je suis heureuse d’avoir pu ressentir l’amour sans me l’interdire parce que « avorter, c’est mal, c’est le contraire de l’amour ». J’ai fait ce qu’il fallait pour ma vie, pour ma famille, à ma façon, en me respectant tout au long du processus. En cela, cette IVG m’aura permis de prendre confiance en moi, de me sentir maitresse de ce qui m’arrive. J’y ai gagné de la force et le souvenir du passage, très court et très particulier, de ce bébé.

Photo : Hembo Pagi sur Flickr

Tagged as: , ,


« « Préc. 2013    |     Suiv. Parents, pensons la réforme des rythmes scolaires ensemble » »

85 Commentaires »

  1. Ce commentaire insultant pour l’auteur a été modéré.

    Répondre

  2. Je trouve ça touchant ce que tu dis de l’acceptation de la grossesse pour en faire le deuil ensuite. Tu t’es écoutée, et on te sent sereine. Votre démarche de couple a été très belle, vous l’aimiez, et c’est pour ça que vous l’avez laissé partir.
    <3

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @_plasticienne, merci de ta compréhension et de ta douceur..

    Répondre

    _plasticienneNo Gravatar a répondu :

    @Koa, Merci de ton témoignage! Tu montres qu’une ivg peut être faite en toute conscience. On a l’habitude des témoignes d’ivg à cause de situations familiales/personelles/financières difficiles. Là non, c’est juste pas le moment. Et ça bien du bien de lire que oui, une femme a encore le choix de mener une grossesse ou non, même quand elle ne se trouve pas dans les situations évoquées plus haut. Cet ivg est fait en toute liberté!

    Répondre

  3. Un témoignage assez… décalé 🙄 et qui, je dois l’avouer, me met un peu mal à l’aise :roll:. Mais au-delà de mon ressenti personnel, un truc que je n’ai pas bien compris: tu dis qu’alors que, dans un premier temps, ton compagnon était en accord avec ton choix d’avorter, tu l’as poussé à finalement accepter d’accueillir cet enfant pour ensuite réaffirmer ton désir d’interrompre cette grossesse? C’est un peu sadique, non 😕 ?

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Anna, c’est un peu ce que dit plasticienne.
    Ca ne s’est pas passé comme tu l’as compris, et puis surtout il n’y aucune intention sadique là-dedans.

    Qu’est-ce qui te met mal à l’aise, si je peux te poser la question ? En fait, j’ai témoigné parce que j’ai le sentiment que l’IVG, c’est soit une catastrophe, et le bébé est rejeté, soit quelque chose qu’on veut oublier, et le bébé n’est pas pris en compte, on fait comme s’il n’existait pas. Je n’ai pas beaucoup entendu qu’il était là, aimable, aimé, mais dans les circonstances, pas « accueillable ». Je me demande si c’est ça que tu trouves décalé ?

    Répondre

    AnnaNo Gravatar a répondu :

    @Koa, Je ne conçois pas l’avortement comme une catastrophe ou un évènement forcément traumatisant. Ce que je trouvé « décalé », c’est de le vivre comme un rituel hippie…

    Répondre

    _plasticienneNo Gravatar a répondu :

     » Rituel hippie » ???

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Anna, ça c’est ta vision… Moi je trouve décalé de jeter le foetus aux toilettes ou à la poubelle… C’est vraiment personnel.

    Je ne me retrouve pas dans le qualificatif « hippie », mais c’est vrai qu’on a ritualisé autour de cet événement, et pour moi ça contribue à la conscience – dont je trouve que notre société manque, surtout autour de l’IVG en particulier, du périnatal en général. J’ai vu des femmes pleurer 20 ans après une IVG et je pense que ritualiser aurait pu les aider à mieux accepter l’événement sur le moment.

    Mais merci de tes réponses, c’est intéressant pour moi de comprendre ta perception.

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Anna, personnellement l’approche de Koa ne me serait je pense jamais venue à l’esprit (même si pour moi cela reste théorique n’ayant pas vécu d’IVG) mais je trouve intéressant justement qu’il y ait des vécus et des façons d’aborder l’acte différents, et j’espère pouvoir trouver suffisamment de témoignages pour que chacune puisse trouver les clés qui lui conviennent pour vivre au mieux ce passage le jour où… (ou même a posteriori)

    Répondre

  4. Non je comprend la démarche de Koa. Avant de le laisser partir, il fallait lui faire une place et l’accepter. Ne pas en faire un « indésirable », mais l’aimer déjà, et le laisser partir par amour justement. Koa a bien dit qu’elle se sentait pas la force d’une nouvelle grossesse menée à terme, ni du maternage qui s’en suit. Il a existé, ils l’ont aimé. Mais ce n’était pas le moment.

    Répondre

    AnnaNo Gravatar a répondu :

    @_plasticienne, Le laisser partir ? Le faire partir, plutôt, non ?

    Répondre

    _plasticienneNo Gravatar a répondu :

    @Anna, au sens symbolique, elle le laisse partir.

    Répondre

    AnnaNo Gravatar a répondu :

    @_plasticienne, je ne comprends pas comment. Au sens réel comme symbolique, quand on est la cause d’un départ, on ne « laisse » pas partir.

    Répondre

  5. Très beau témoignage de cette femme, maman, épouse qui nous rappelle que le choix de l’ivg n’est pas réservé uniquement aux mères célibataires et nullipare qui font des erreurs mais que tout au long de notre vie on peut faire ce choix sans pour autant culpabiliser et parce que parfois il est plus difficile de tout donner à 2 enfants quand on en est pas capable et qu’insister et se forcer peut être plus destructeur que de ne pas donner la vie dès le départ. j’ai proposé ce choix il y a qq mois à ma soeur mais elle ne s’en sentait pas capable et pourtant, le choix qu’elle a fait de garder ce bébé va être très très lourd de conséquences pour une famille déjà très fragile… Donc voilà, elle a été courageuse et a pris la bonne décision pour elle et sa famille soutenue par cette même famille. Bravo

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Anne, plein de bonnes ondes pour ta soeur et sa famille.

    Répondre

  6. Merci à toi koa d’avoir témoigné, j’ai 2 enfants, 22 ans et 26 mois, je suis passée par là en novembre dernier, sans regrets ni remords.

    Répondre

  7. Merci pour ce témoignage, tout simplement …

    Répondre

  8. Ton témoignage me touche énormément car j’ai su longtemps après la naissance de la crêpe (et peut être encore aujourd’hui mais c’est plus flou) que ça serait aussi notre parcours si je tombais enceinte.
    Je me sens moins seule car c’était un choix, car même si clair tant ma tête et mon cœur et dans celles de mon mari, très difficile à assumer.
    Quant au « rituel » ou à la façon de passer cet évènement, chacun fait comme il le sent non? l’idée étant de traverser tout cela en restant entier soi même mais aussi dans sa famille… On a tous nos symboles, nos façons, nos phrases ou gestes clés… Ils ne sont pas universels, ils nous appartiennent et c’est pour cela qu’ils nous aident. Je trouve déplacé de les juger.

    Répondre

    pâte à crêpeNo Gravatar a répondu :

    @, c’est toujours pâte à crêpe qui oublie de remettre ses identifiants… 🙄 🙄 😳

    Répondre

  9. Koa a le grand mérite de poser la question de fond de l’IVG, celle que l’on laisse un peu facilement se cacher derrière la difficulté « objectivable » (si tant est qu’on puisse objectiver, c’est très personnel) d’une situation matérielle ou affective très lourde. Cette question de fond, c’est le droit de vie ou de mort tout puissant des mères face à leurs bébés minuscules, est-ce que ça heurte ou pas ? C’est bien sûr le même droit qui s’exerce en cas de difficulté matérielle insupportable, mais il paraît moins heurtant aux yeux de la société dans la majeure partie des cas, presque d’avance justifié alors que c’est bien plus complexe que cela.
    Pour moi cela rejoint directement la question de la contraception (est-ce que j’empêche la fécondation ou est-ce que j’empêche la nidation d’un oeuf fécondé…).

    Je serais intellectuellement malhonnête en disant que je comprends la position de chacun, je crois que c’est une question bien trop intime et existentielle pour permettre une vraie compréhension.

    En tout cas je félicite Koa et Nanette avant elle de leur courage à raconter cet épisode de leurs vies.

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Peche Gingembre, je ne suis pas sûre de comprendre ton questionnement sur la contraception. Si tu fais références au DIU (« stérilet »), il faut savoir que l’effet contraceptif premier est pour le DIU hormonal d’épaissir la glaire cervicale (=> les spermatozoïdes ne passent pas) et d’arrêter l’ovulation, et pour le DIU au cuivre d’être spermicide. En clair empêcher la nidation d’un oeuf fécondé n’est pas le mode d’action primaire de ces contraceptifs, mais plutôt une sorte de sécurité si échec du fonctionnement « normal ». Après tu parlais peut-être de la pilule du lendemain mais ce n’est pas vraiment un contraceptif dans le sens où elle n’est (normalement) utilisée qu’en 2ème recours.

    Répondre

    Peche GingembreNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, Oui je pensais à la pilule du lendemain, c’tait pas clair. C’est vrai que ce n’est pas pensé comme une méthode de contraception, mais une de mes amies (célibataire)l’utilise comme telle, elle en a quelques unes d’avance et en utilise après chaque aventure. Je ne sais pas si c’est répandu comme pratique, mais la discussion que nous avions eue sur le sujet m’est revenue.

    Répondre

  10. Bonjour,

    J’ai conscience que vous partagez une histoire très intime, et je respecte votre décision de la partager sur un blog. J’imagine que vous êtes consciente, de votre côté, que cette histoire ne laissera pas indifférent.

    Je ne souhaite donc en aucun cas vous attaquer. Cela dit, je dois bien admettre que je ne comprends pas du tout, non pas tellement votre décision, mais la manière dont vous l’expliquez, accueillir un enfant sans l’accueillir, l’accepter pour ensuite décider de ne pas le garder.

    Une autre chose m’interpelle. Vous dites « j’appelle une amie médecin qui me fait les papiers nécessaires, attestant qu’on a parlé et que je commence un délai de réflexion ». Voulez-vous dire que vous l’avez appelée en tant que médecin et avez réellement parlé avec elle de cette grossesse, y compris des possibilités de garder l’enfant ? Ou qu’elle a juste accepté de se charger d’une formalité administrative mais que votre décision était prise ? Si tel est le cas, je ne pense pas qu’on puisse réellement parler d’un délai de réflexion, ou d’une décision prise en connaissance de cause.

    Comme Anna, je suis mal à l’aise.

    Répondre

  11. Bonjour Marie,

    Oui, je partage une histoire intime sur un blog public, ça peut appeler des commentaires, c’est évident… Je l’ai fait dans un espace de parole respectueuse et je vous remercie pour le ton respectueux de votre commentaire malgré le malaise que vous évoquez.

    L’amie médecin que j’ai appelée m’a fait par téléphone la consultation qu’elle m’aurait fait en face-à-face si je l’avais vue. Cela fait partie de la procédure obligatoire pour une IVG : deux consultations médicales à une semaine d’intervalle, cette semaine correspondant à un « délai de réflexion ». Au cours de la consultation, elle m’a demandé si garder l’enfant était envisageable pour moi, j’ai dit non, elle a pris note.

    Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’une décision ne peut être prise en connaissance de cause que si elle est discutée ou débattue avec un médecin…

    Répondre

    MarieNo Gravatar a répondu :

    @Koa, D’accord, merci pour votre précision.
    Je ne pense pas que l’intervention d’un médecin soit spécialement nécessaire à la prise de décision (dans quelque domaine que ce soit), en revanche elle est obligée par la loi dans le processus d’interruption de grossesse, comme vous l’indiquez, d’où ma question.

    Simple curiosité : quelque chose / quelqu’un aurait-il pu vous faire changer d’avis ?

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Marie, me faire changer d’avis, je ne pense pas. J’étais vraiment sûre de moi et toutes ces années après, je continue à penser que c’était la bonne décision.

    Répondre

  12. Pâte à crepes, Béatrice, Sabilily, Anne, merci de vos mots.

    Peche Gingembre, je trouve que tu mets le doigt sur des sujets vraiment importants.

    Répondre

  13. Je trouve important que tu ais réussi à vivre ce moment pas évident du tout comme tu le souhaitais. J’aime beaucoup l’idée d’aimer cet « indésirable » et d’en faire un moment fort et non honteux. J’ai 2 enfants et je sais que si je tombais enceinte, je choisirai l’IVG avec la même conviction et je comprends tout à fait ce besoin d’accueillir ce « bébé » pour lui dire au revoir. Merci de ton témoignage qui m’a permis de mettre des mots sur un ressenti.

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @sophie, merci de ton retour. Je pense vraiment que tous les moments de la vie peuvent être vécus ainsi, même quand a priori ils sont honteux / catastrophiques / totalement contraire à ce qu’on voulait, voire les 3 à la fois 🙄 , et que c’est de là que vient notre force : quand on choisit de ne pas subir…
    J’espère cependant que tu n’auras pas besoin de ce passage-là sur ton chemin 😉

    Répondre

  14. J’ai été beaucoup touchée par ce témoignage. Il me fait écho dans mon existence car je suis passée par cette épreuve deux fois dans ma vie, l’une seule et la suivante accompagnée par mon compagnon d’aujourd’hui. Nous avons maintenant un petit garçon de dix neuf mois qui respire le bonheur et la sérénité. Ton histoire résonne dans mon corps de manière positive car je ressens de la honte, de la culpabilité, et une « mauvaise » conscience qui même si j’y travaille, reste scotchée en moi. Quand ces évènements ne sont pas parlés, c’est difficile d’avancer. C’est possible d’envisager cet épisode de vie d’une belle manière humaine, éveillée merci d’avoir semé cette graine dans mon chemin de vie, je m’en souviendrais… !

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @MARY, je suis vraiment touchée de lire que tu peux envisager de « respirer différemment » après cette lecture. C’est vrai que parler à quelqu’un qui peut accueillir nos ressentir, (et ritualiser, d’après moi) fait une grande différence dans l’acceptation et la « digestion » de ces évenements.

    Merci pour tes mots, je te souhaite le meilleur avec ton compagnon, votre fils, et ton vécu.

    Répondre

  15. Bravo pour ce témoignage, poignant, intéressant et touchant. Je trouve courageux de l’avoir écrit, sachant que cela susciterait des réactions pas forcément bienveillantes.
    J’aime beaucoup cette vision différente apportée sur l’IVG, pour une fois. Pour enfin dire que oui, cela peut ne pas être le traumatisme si dur que l’on voudrait que ce soit, sans pour autant le voir comme une partie de plaisir ou une méthode de contraception par défaut (déjà lu/entendu! mais 👿 quoi!)
    De précédentes commentatrices ont déjà souligné cette approche différente, et je les rejoins.
    Pêche Gingembre souligne un point très fort: le droit des femmes à disposer de leur corps. Où s’arrête ce droit quand ce corps abrite une autre vie, une vie qu’il faudra assumer et qui peut chambouler celles déjà établies… Eh oui, les femmes enceintes abritent un être qui n’est plus elles et dont elles ont déjà la responsabilité. (Attention, ne pas fumer/boire de l’alcool/manger ceci, cela…) D’où le débat si passionnel, je pense, mais je m’égare, ce n’est pas le sujet ici.

    Donc merci pour ce récit si personnel, et merci à la Poule pour les publications de témoignages. Je pense qu’on a terriblement besoin de visions humaines et personnelles sur les IVG (si pudiquement mis en acronyme pour ne pas dire le mot fatidique d’avortement) pour -peut-être- dé diaboliser cet acte, qui reste avant tout une histoire intime et personnelle/de couple.

    Répondre

    Peche GingembreNo Gravatar a répondu :

    @Vervaine, tu traduis ma pensée par droit des femmes à disposer de leur corps, pourquoi pas, ça dépend du point de vue duquel on se place. En fait ce qui m’interroge infiniment, c’est la possibilité/le pouvoir des femmes à donner la mort, pouvoir d’autant plus grand que le bébé ne peut rien de son côté. Est-ce que ce pouvoir en fait en droit ??

    Autrement posé : lequel de l’enfant ou de sa mère a le monopole de la légitime défense (lui de sa vie à sauver, elle de sa vie à préserver)?

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Peche Gingembre, je trouve vraiment ces questionnement intéressants, mais à mon avis ils ont plus leur place sous l’article « Quand la grossesse n’est pas désirée – que faire ? » que sous mon témoignage (qui s’inscrit dans un contexte où ce pouvoir est reconnu comme un droit, sans discussion concrète possible). D’ailleurs je viendrais volontiers discuter avec toi sur le sujet…

    Répondre

    oopsNo Gravatar a répondu :

    @Koa, Quel témoignage ! Très « dérangeant » pour moi, car je n’arrive pas vraiment, comme Vervaine et Pèche Gingembre, à avoir une position tranchée, entre le respect de la femme que je suis aujourd’hui (qui n’a jamais eu à se poser la question de l’IVG à titre personnel, mais qui a accompagnée deux amies, une il y a 10 ans, et une récemment) et le respect du fœtus sans défense que j’étais un jour. J’aurai sans aucun doute été une meilleure « accompagnante » si j’avais lu ton histoire avant.
    Même dans un contexte où la loi met une date butoir pour délimiter lequel de ces droits prend le pas sur l’autre, ça reste un sujet de réflexion.
    Chapeau bas pour ton partage d’expérience.

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    Merci Oops. Comme dit plus haut à PêcheGingembre, je serais ravie d’en discuter sur l’autre post (plus, donc, en tant que « témoignante » mais en tant que femme, et, comme tu le dis, d’ancien foetus…), n’hésite pas à initier la discussion là-bas si tu le souhaites…

    Je ne sais pas pour tes amies, mais même « imparfait » (rien n’est jamais parfait de toutes façons), le soutien reste vraiment important dans un tel moment, je suis sûre que ta présence a fait beaucoup de bien à tes amies.

    Répondre

    Peche GingembreNo Gravatar a répondu :

    @Koa, pourquoi pas en discuter sous l’autre post si cela te met plus à l’aise. Je copie colle alors.

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Peche Gingembre, oui je pense également que cette discussion y serait plus appropriée.

    Répondre

    VervaineNo Gravatar a répondu :

    @Peche Gingembre, je ne me permettrai pas de traduire ta pensée, mais cela me semblait aller dans le même sens (droit à la vie/la non vie), avec un autre éclairage…

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Vervaine, merci pour tes mots bien doux à lire.

    Répondre

    Peche GingembreNo Gravatar a répondu :

    @Vervaine, sur l’utilisation de l’avortement comme une contraception par défaut, je regrette mais de nombreux témoignages d’accompagnants hospitaliers vont dans ce sens autour de moi (assistante sociale, médecin, infirmière) tous implantés dans des hôpitaux aux profils très différents. Ils ne m’ont pas donné de proportion mais ce ne sont pas des cas isolés, puisque chacun d’eux en reçoit chaque semaine. S’il me paraît évident sur un blog comme celui là qu’il ne s’agit en aucun cas de généraliser et surtout de condamner l’avortement pour ce motif, par contre je crois que ce phénomène révèle un manque de questionnement sur le sens de nos actes (pas que sur ce sujet du reste) et leur implication éthique.

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Peche Gingembre, il y a sans doute des femmes qui font consciemment ce choix, mais parmi les autres, combien qui n’ont qu’une connaissance partielle de leur corps, et combien qui n’ont qu’une connaissance partielle des options contraceptives ?

    Répondre

  16. Merci de ce partage qui résonne très fort en moi, Koa, tu t’en doutes.
    <3

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Aegiale, <3

    Répondre

  17. Bonjour, merci pour votre témoignage, je suis heureuse que vous ayez pu échappé deux fois comme vous le dites à l’hospitalisation, car il me semble plus difficile de bien vivre cet expérience à l’hopital. Je rebondit sur le sujet de la contraception, dans votre cas, cette courte grossesse résulte telle d’un échec de contraception, avez-vous utilisé un autre moyen de contraception après votre ivg? Si c’est trop indiscret comme question, ne répondez pas bien sûr! Cordialement.

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @gally, oui, l’hôpital ne me tentait vraiment pas 😕 Si vous le souhaitez, vous pouvez contacter la poule pondeuse, elle vous donnera mon mail.

    Répondre

  18. Mon parcours n’est pas la même puisque j’ai du prendre ces médicaments lors d’une fausse couche ou il a fallu « évacuer » des restes. Mais j’ai vécu cette fausse couche seule dans la nuit et bizarrement ça n’a pas été si triste. C’était intense, pas si douloureux que ça et ça ressemblait effectivement a un accouchement. J’aurai aimé pouvoir ritualiser moi aussi. Ça aide je pense. Je comprends vraiment que tu aies eu ce besoin.

    Répondre

    KoaNo Gravatar a répondu :

    @BabyPop, je pense qu’on peut ritualiser longtemps après, ça reste aidant, des fois on sent des poids qui partent alors qu’on n’avait pas conscience qu’on les portait. Je suis touchée de lire ton histoire, tes ressentis qui résonnent et sont parfois éloignés de ce qui « devrait être » d’après… d’après qui au juste ?

    Répondre

  19. Merci pour ce fabuleux billet qui fait écho également à mon vécu. Il a fallu cependant quasiment 9 mois pour laisser partir complètement ce petit bébé que nous avons décidé de ne pas garder mais à qui j’ai donné un prénom et mon amour.

    Répondre

Leave a Reply


« « Préc. 2013    |     Suiv. Parents, pensons la réforme des rythmes scolaires ensemble » »