Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


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Mon IVG en conscience : le témoignage de Koa

Par  • Le 8 janvier 2013 à 9:31 • Catégorie : IVG, Surmonter

 Aujourd’hui, c’est Koa, une fidèle lectrice et commentatrice de la basse-cour qui a souhaité partager le récit de son IVG. Un grand merci à elle pour sa confiance (et sa patience, oups…). Si vous aussi vous souhaitez publier ici votre témoignage (anonymat garanti), je vous propose de me l’envoyer à lapoulepondeuse at gmail point com. Pour plus d’informations sur les grossesses non désirées, voir ce billet.

Mon histoire est différente de celle de Nanette, mais j’ai envie de la raconter pour les mêmes raisons : j’ai envie qu’on parle d’IVG, que celles qui sont en train de prendre cette décision savent qu’elles ne sont pas seules, et faire entendre un autre son de cloche que celui qui est habituellement proposé. A ce moment-là, j’ai une petite fille adorable de 19 mois. Je l’ai maternée et l’accompagne avec tout mon coeur, toute mon énergie, et je suis fatiguée. J’ai adoré ma grossesse et je rêve d’en revivre une. Mais pas là, pas maintenant, alors que je dois reprendre le travail sous peu (et mon salaire fait bouillir la marmite familiale) et que mon corps est encore fatigué de cet accompagnement intense. Alors quand je découvre cette nouvelle grossesse, c’est un immense NON qui jaillit de moi. Non, je ne suis pas prête, non, je ne veux pas. Mon compagnon est sur la même longueur d’onde, pour autant, avant de lâcher, j’ai besoin qu’il accepte cet enfant. J’insiste jusqu’à ce qu’il dise qu’après tout, c’est en moi, c’est à moi de décider, qu’il acceptera même si ce n’est pas son souhait. Au moment où il accepte la possibilité de cet enfant, mon NON est clair et sans failles. NON. Je me dirige vers l’avortement.

Je suis en pleine campagne, à des heures de voiture de la ville. J’appelle une amie médecin qui me fait les papiers nécessaires, attestant qu’on a parlé et que je commence un délai de réflexion. Je prends des tisanes de sauge en espérant vaguement qu’elles aient un effet magique. Je fais une séance d’acupuncture en espérant que ça résolve le problème. Et puis dès mon retour en ville, je contacte l’hôpital. Le jour du rendez-vous, je me transforme en victime pour attendrir les sages-femmes et négocier la présence de mon compagnon avec moi. J’ai besoin de lui, mais les enfants ne sont pas admis dans le service et personne n’a pu garder ma fille en cette période de fête. Mes amies ont rejoint leur famille, je suis loin de la mienne. Tout le monde est beaucoup plus avenant que lorsque je négociais mon projet de naissance dans ce même hôpital… Mon compagnon peut m’accompagner. Je refuse l’examen gynécologique que je trouve inutile en la circonstance. Le médecin qui me reçoit est très compréhensif et n’insiste pas. Il m’apprend que, puisque je suis dans les délais pour une IVG médicamenteuse et que c’est mon souhait, j’aurais pu faire ça en ville, sans être hospitalisée. Pas d’hospitalisation ? Chez moi ? C’est CA que je veux ! Oui, mais une fois la procédure entamée à l’hôpital, elle doit se dérouler à l’hôpital… Je mets toute mon énergie à sortir du parcours hospitalier et ça marche.

Je suis reçue le soir même dans le cabinet de ville de ce même médecin. Ouf ! Je prends les médicaments seule, le soir, devant la flamme d’une bougie, en pensant à ce bébé qui ne naitra pas. Je suis en paix avec ma décision, je suis sereine, je lui envoie de l’amour. Quelque part, j’ai été heureuse d’être enceinte pendant 4 semaines… Ca paraît ambigu, mais en moi, c’est clair : je ne veux pas ce bébé, je fais ce qu’il faut, mais être enceinte a un petit côté magique et même en sachant que je ne poursuivrais pas cette grossesse, je l’ai ressenti et savouré. Deux jours plus tard, je prends les médicaments qui déclenchent les contractions. J’ai installé un grand drap par terre et je dessine en attendant que le processus s’enclenche. Mes dessins sont plein d’étoiles et de couleur. D’un seul coup, une première contraction, une deuxième… Mon corps se souvient qu’il a déjà poussé de toutes ses forces. Je retrouve les sensations de mon accouchement, c’est bizarre. Je prends des douches chaudes à intervalles réguliers pour me soulager. Comme pour mon accouchement, je sens que les sensations pourraient être qualifiées de « douloureuses » mais ce qui me vient, c’est surtout « intense », et « suprenant » car je ne m’attendais pas à une telle force pour expulser un si petit corps… Au bout d’un long moment, tout s’arrête. Sur le drap, du sang, du sang, encore du sang et ce que j’identifie comme l’embryon. Pendant que je suis une dernière fois sous la douche, mon compagnon plie le drap et y dessine un coeur.

Nous irons l’enterrer en forêt, sous le soleil et la neige, toujours guidés par l’amour pour ce bébé que nous avons choisi de ne pas accueillir. Une quinzaine de jours après, je vais effectuler l’échographie de contrôle. Le médecin me signale des « restes » et explique : « Soit vous l’expulsez avec vos prochaines règles, soit il faudra une petite opération, par les voies naturelles, pour l’enlever ». Je me retiens de crier « QUELLES voies naturelles ? Il y a des voies naturelles pour accoucher, pas pour y introduire un objet médical ! ». A la place, je lui ai demande s’il pense que l’acupuncture pourrait m’aider. Je revois l’air condescendant qui accompagnait son « Non » catégorique. En sortant, je prends quand même rendez-vous chez le praticien en médecine chinoise qui me suivait pour aider mon organisme à drainer les drogues (les restes de médicaments) et à retrouver de l’énergie. Je lui explique la situation. Il m’écoute attentivement, pose quelque aiguilles d’acupuncture… et au moment de me relever, je saigne abondamment. Je n’ai bien sûr rien prévu et je dois filer aux toilettes… La quasi totalité du rouleau de papier finit dans ma culotte mais j’ai un grand sourire. Quelques temps plus tard, l’écho suivante montrera que tout est revenu à la normale. Je suis très soulagée. L’histoire est finie.

Ce qu’il me reste de cette expérience, c’est que je suis heureuse d’avoir pu vivre les choses à ma façon, d’avoir évité, par deux fois, l’hôpital. Je suis heureuse d’avoir pu ressentir l’amour sans me l’interdire parce que « avorter, c’est mal, c’est le contraire de l’amour ». J’ai fait ce qu’il fallait pour ma vie, pour ma famille, à ma façon, en me respectant tout au long du processus. En cela, cette IVG m’aura permis de prendre confiance en moi, de me sentir maitresse de ce qui m’arrive. J’y ai gagné de la force et le souvenir du passage, très court et très particulier, de ce bébé.

Photo : Hembo Pagi sur Flickr

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85 Commentaires »

  1. @La poule pondeuse, ce serait très intéressant d’en savoir plus en tout cas.

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  2. @Koa, J’espère aussi ! et je suis désolée que tu ais eu à le vivre

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  3. Une question me taraude. Pourquoi avoir chercher l’avis du père si c’est pour ne pas en tenir compte ?

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    Mauvais pèreNo Gravatar a répondu :

    super le gravatar, je vais passer pour un montre 🙄

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Mauvais père, allez va sur http://fr.gravatar.com/ t’en choisir un autre et hop ça les mettra tous à jour d’un coup sur tous les blogs compatibles (à commencer par le tien je pense). l’est pas belle la vie ?

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    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Mauvais père, Plasticienne a répondu mieux que je ne saurais le faire en comm’ 4.

    Je crois que ce point fait partie de ceux qui ont été mal compris, apparemment je n’ai pas bien traduit mes sentiments et les siens sur ce point, mais je peux te dire qu’on était en accord tous les deux, sur le moment, et aujourd’hui.

    (j’espère que mon gravatar te rassure ;-))

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  4. @Miss Line, douces pensées à toi.

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  5. Merci Koa pour ce témoignage qui me touche beaucoup.
    Je n’ai jamais été confronté à ce choix de l’IVG mais j’y pense souvent : je suis aussi en plein maternage épuisant d’une petite fille de 15 mois qui ne fait pas ses nuits et le mois dernier, quand je me suis aperçu que mon cycle avait du retard, j’étais totalement angoissée. Heureusement, pas de grossesse mais je n’arrivais pas à envisager la possibilité de garder cet (éventuel) bébé pas plus que je ne pouvais me résoudre à « juste » avorter et faire comme si il n’avait jamais existé.
    Je trouve que ton idée de ritualiser (avec un rituel qui était propre à ton couple et que chacun doit adapter) permet justement de donner cette « existence » à ce bébé, lui rendre le respect qu’il mérite.

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    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Mlle Loutre, bon courage pour les nuits et le maternage, je trouve que ça vaut vraiment le coup (c’est plus facile de dire ça quand on n’est pas en plein dedans, effectivement 😉 )

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  6. Merci pour ton témoignage. L’avortement est un sujet tellement difficile et intime que c’est toujours intéressant et utile de lire le ressenti d’autres personnes. Personnellement, j’ai avorté il y a plusieurs années, en Asie, avec un processus évidemment radicalement différent de ce qui se « fait » en France. Avant cela, j’étais très pro-avortement, féministe, engagée, planning familial, militante… Je le suis toujours mais avec beaucoup plus de nuances 😉
    Je ne regrette pas, c’était une décision mûrement réfléchie: pas le bon moment, pas le « bon » père, ni le « bonne » mère d’ailleurs. Pour autant, j’ai dû faire un deuil plusieurs années plus tard. Les arguments des anti-avortement sont tellement -souvent- caricaturaux que je ne m’y arrête même pas/plus. Je ne m’étendrais pas ici là-dessus. En revanche, je suis parfois effarée d’entendre les arguments des pro-avortement; une psy, un jour, m’a dit, qu’il n’y avait pas de problème à avorter parce que l’embryon n’était vraiment incarné (??!!??) qu’après plusieurs semaines de grossesse. Je ne me suis pas racontée d’histoire d’incarnation, c’est resté un choix difficile et douloureux pour moi et les circonstances de mon avortement m’auraient de toutes façons ramenée à une certaine réalité si j’avais souhaité « enjoliver » ou « lisser » les choses.
    Voilà pourquoi, pour moi, c’est un acte qui DOIT être légal, qui DOIT être remboursé ET qui doit être évoqué comme grave et déterminant dans la vie d’une femme, pas comme une « formalité ».
    Tout se qui vient sacraliser l’acte, tout ce qui vient lui donner du sens, tout ce qui lui apporte dignité et qui caractérise son côté unique est donc le bienvenu. Merci encore d’avoir partagé ce que cet avortement a représenté pour toi. Il me semble que la créativité dont tu as fait preuve, et qui correspondait à ton besoin peuvent être utile aussi à d’autres, en leur donnant la permission non pas d’avorter mais de le faire dans leur vérité profonde.

    Magali

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    KoaNo Gravatar a répondu :

    @Magali, oui, il y a une frontière entre l’engagement idéaliste et l’expérience… Apparemment la tienne a été difficile et j’en suis bien désolée 😕

    Je suis très touchée par ta conclusion, merci de tes mots.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Magali, je crois pour ma part que cette « incarnation » est quelque chose de très personnel qui est propre à chaque femme et à chaque grossesse. Dans certains cas on peut investir immédiatement une grossesse toute neuve comme un enfant à venir, dans d’autres cela reste une erreur, un « tas de cellules » pour reprendre une vilaine expression. Quoi qu’il en soit plein de douces pensées (a posteriori) pour cet événement difficile.

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  7. J’étais over mal à l’aise en lisant ce récit. Le « rituel hippie » aussi m’a laissée perplexe. Mais finalement, j’ai compris. Ça a le mérite de pas tomber dans l’argument « il existe pas vraiment de toute façon ». Et le plan « on l’enterre dans la forêt » m’a rappelé à quel point j’étais désespérée de voir ce que je pensais être le sac embryonnaire filer dans le siphon de la douche pour ma fausse couche. Oui, ça a du sens de pas le mettre à la poubelle, on est une espèce qui enterrons nos morts…

    Bref, témoignage pas habituel, mais qui a le mérite de faire réfléchir un peu.

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    KoaNo Gravatar a répondu :

    @la sorcière, venant de toi que je lis, ce comm’ me touche. On a vraiment une vision des choses différentes, je connais tes convictions, du moins ce que tu en exprimes chez toi, du coup je suis d’autant plus touchée que tu aies pu faire cette lecture de mon témoignage.

    Par contre je suis blessée par l’emploi de l’expression « rituel hippie ». Je l’ai laissé de côté la première fois car je sentait que l’auteur tenait à exprimer sa désapprobation, donc ça allait dans ce sens, mais j’apprécierais qu’il ne soit pas repris dans d’autres comms.

    Dans notre société, le mot « hippie » a un côté très péjoratif : déconnecté des réalités, voire entourée d’un voile illégal de fumée. Je ne m’y reconnais pas et je ne le sens pas bienveillant.

    Notre société manque de rituels (que je préfère ne pas appeler « plan »), et ceux qui existent hors de la religion sont rarement reconnus comme tels, mais ritualiser n’a rien de « hippie », c’est beaucoup plus ancien que ça, et sans vouloir blesser personne, je dirais aussi beaucoup plus profond.

    Je compatis pour ta FC 😥

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    la sorcièreNo Gravatar a répondu :

    @Koa, Désolée pour le terme hippie. C’est vrai qu’on se sert rarement de ce mot pour être gentil.

    Tu as raison sur les rituels non-religieux. La société en aurait grand besoin. Bref merci à toi d’avoir partagé ça.

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  8. moi, je trouves que tu as été très courageuse.car moi, j’ai vecu une fausse couche(pas que je voulais pas cette enfant mais il n’a voulu vivre lui)et et cette fausse couche a été fait en clinique je suis un peu mal aujourd’hui car je n’arrive plus a tombeé en enceinte et c’est difficile pour moi.alors bonne chance a toi

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  9. 😆

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  10. Merci profondément à Koa et la Poule pondeuse pour ce post. Je comprends certaines des réactions négatives, j’aurais peut-être eu les mêmes avant….Avant de choisir un jour de faire une IVG…. C’était terrible, je ne voulais pas avoir à faire ce choix là un jour, c’était inconcevable. Mais voila. Après trois enfants encore tout jeunes, un maternage à temps plein, un projet de retour à l’emploi pour gagner le salaire nécessaire à l’équilibre des comptes, une envie de redonner un peu plus de place à notre couple, je retombe enceinte. Et tout a basculé. Je prends conscience de notre hyperfertilité (ça fera 4 fois que je tombe enceinte au tout premier petit écart). Je prends conscience que je suis au bord du burn-out physique et psychologique, que j’ai tout donné avec un bonheur immense ces 5 dernières années mais que je n’ai plus de réserve. Cette petite vie, je l’aime complètement et en même temps, j’ai l’impression que je vais y laisser ma peau et mon couple…. Dès le début je lutte contre cette évidence : je ne peux pas – à ce moment là – accompagner cette petite vie qui vient en moi. Trop d’incertitudes sur le proche avenir. Impossible d’en parler à mon entourage, trop peur du jugement, de paroles malheureuses, de blessures à soi et aux autres… Le premier numéro vert soit-disant d’information sur l’IVG s’avère en fait des anti-IVG qui ne feront que me faire me sentir encore plus mal. Voila pourquoi des témoignage comme celui de Koa est précieux. Moi, ce que j’entends et que j’ai vécu, c’est qu’on peut aimer et en même temps, se poser la question, quand vraiment on ne se sent pas capable d’assumer, d’accueillir ou non une nouvelle vie qui frappe à la porte. Je n’avais pas vraiment anticipé le recueil du sac embryonnaire mais j’ai recueilli un peu de sang sur un mouchoir et je l’ai enterré là où sont enterré les placentas de mes autres enfants. Cette décision fait partie de moi pour toujours. Je ne l’oublierai pas. Elle me donne de la force pour mieux gérer ma vie, prendre davantage soin de moi, de mon couple, de mes enfants, de mes amis… Pour ne plus être en situation de ne pas pouvoir faire face à la vie, ni de savoir la gouter.

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    VervaineNo Gravatar a répondu :

    @Blanche, un témoignage poignant et touchant.
    Parce que la « vie » ce n’est pas seulement le développement de cellules suite à la fécondation – au sens biologique-, c’est aussi la vie de la femme, de l’homme, des autres enfants, c’est la vie au sens large. Donc parfois, prendre la décision de ne pas laisser se développer une vie pour mieux en vivre une autre/des autres, n’est pas criminel du tout à mon sens! Sujet si délicat…

    (Par contre, je suis outrée sur l’histoire du « faux » numéro vert ! Y a-t-il moyen de dénoncer/lutter contre cela?)

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Blanche, merci pour ton témoignage, qui lui aussi bouscule pas mal de stéréotypes sur l’IVG. Si un jour tu souhaites le partager plus largement comme évoqué avec Koa, fais-moi signe !

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  11. Blanche, je suis très émue par ton témoignage. Je vois ce que tu veux dire aussi par l’inenvisageable qui devient possible : pour moi aussi, l’IVG était inconcevable, un choix que je ne voulais pas avoir à faire. Théoriquement, je n’avais rien contre l’avortement, mais pas pour moi, pas moi. Si une de mes amies proches, un peu dans ta situation, n’avait pas avorté l’année précédente, je ne sais pas si j’aurais même pu l’envisager. Pour moi c’était réservé aux adolescentes qui n’ont pas eu de chance… Et puis voilà, un jour c’était moi.

    Et oui, ça laisse une trace, pour moi aussi exactement celle que tu décris…

    Vraiment, je suis touchée au coeur par tes mots et je te remercie de les avoir déposés ici. Si tu décides de rédiger ton témoignage plus longuement, fais-moi signe…

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    BlancheNo Gravatar a répondu :

    @Koa, je ne me sens pas prête à partager davantage sur qqch qui est encore trop récent. Mais te lire m’a moi aussi bcp touché et si mon message t’a touché en retour, je me dis que c’était juste que de l’écrire de façon publique. Peut-être que ça pourra aider d’autres femmes… Sur le moment, je n’ai pas pu partager ma détresse, mes questionnement autrement qu’à mon mari (et encore, c’était très difficile pour lui aussi!) mais moi aussi, je savais que deux de mes amies, plus âgées et qui suscitaient mon admiration à plus d’un titre – notamment sur leurs relations aux enfants, le rayonnement de leur couple – avaient un jour fait une IVG (ce qui m’avait d’ailleurs remuée lq je l’avais appris…). Douces pensées à vous et à toutes les femmes qui traversent des situations similaires.

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  12. Quelque soit l’approche qu’ont les femmes qui décident et vivent un IVG et quelques soient la valeur des gens rencontrés (ou non certains médecins sont excecrables) je reste persuadée que cette expérience est une dureté profonde et suis tellement heureuse de ne jamais avoir été devant ce choix, même à 4 semaines.
    Notre témoignage est très touchant.

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  13. Oui, je ne sais pas si on peut l’indiquer ici – les modérateurs trancheront – mais pour mieux identifier les sites qui se disent « informatifs » mais qui sont en fait, plus ou moins ouvertement « anti-IVG », il y a ce lien :

    http://blog.jevaisbienmerci.net/informations/attention-desinformation/attention-desinformation/

    A côté de ça, il faut aussi le dire (et le blog « je vais bien merci » le dit d’ailleurs), il existe des numéros verts de qualité, où on peut trouver des écoutants vraiment à leur place et qui vous tienne vraiment la main. Parfois, on peut même rencontrer qqun chez soi, dans un café… Je le précise pcq trouver qqun à qui parler d’IVG lorsque soi-même on est dévastée de se poser la question de le faire (et qu’il faut prendre une décision, en général le plus vite possible mais pas trop non plus pour prendre le temps de bien peser les risques de chacune des voies), c’est très délicat. Le blog « Je vais bien merci » m’a donné d’autres pistes pour retrouver un cap dans la tempête.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Blanche, oui bien sûr, j’avais même donné le lien dans un autre billet 😀 Je censure principalement les gens qui viennent juste pour faire leur pub (OK pour donner des liens commerciaux mais pas OK pour qqn qui laisse un seul commentaire à peine enrobé pour faire sa pub).

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  14. Juste, le blog « je vais bien merci » peut ne pas convenir à toutes. Le ton est incisif !

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    JoulsNo Gravatar a répondu :

    @Blanche, C’est le moins qu’on puisse dire…
    Je ne connais pas tous les sites mentionnés, mais j’en connais certains et ils ne sont pas d’abord « anti-IVG », ils proposent aux femmes un soutien, notamment matériel, et un accueil si elles veulent faire « autrement ». L’IVG est peut-être un « droit » en France mais à ma connaissance il n’est pas encore interdit de proposer d’autres solutions (et si elle existaient autrement que par des initiatives privées +/- catho ces dernières ne fleuriraient peut-être pas autant).
    Un minimum d’honnêteté serait de le reconnaître, mais il est vrai que ce n’est pas vraiment l’objectif du blog « je vais bien merci », qui par ailleurs prend comme des informations certains commentaires qui sont de pures calomnies sans prendre la peine de vérifier sur quoi se fondent ces affirmations.
    Bon, je leur reconnais quand même l’honnêteté de mettre les liens vers les sites pour que chacun puisse voir de lui-même…

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    pétrolleuseNo Gravatar a répondu :

    @Jouls, Blanche a tout à fait raison de dire qu’il faut se méfier de certains sites prétendument informatifs et qui sont au contraire très orientés. Un seul exemple: lorsque l’on tape IVG sur Google, le PREMIER lien indiqué est celui de « SOS IVG » qui se présente d’abord comme un « centre national d’écoute anonyme et gratuite, centre de documentation médicale sur l’avortement ». Or, dès qu’on commence à naviguer sur le site, force est de constater que son positionnement est très clairement anti-IVG! Sa position n’est absolument pas nuancée et insiste lourdement sur les conséquences médicales (stérilité, décès, cancers 😯 ) et psychologiques (notamment le très controversé « syndrome post-abortif » :roll:, notion utilisée par les militants opposées au droit à l’avortement) – qui peuvent exister, je ne le nie pas, mais qui sont ici exagérées – et donne uniquement des témoignages de femmes qui regrettent amèrement d’y avoir eu recours ou qui ont finalement décidé de garder le bébé et qui s’en félicitent chaque jour. Pourquoi déguiser ainsi leurs intentions et ne pas annoncer clairement la couleur dès le départ, si ce n’est pour essayer d’effrayer et/ou faire culpabiliser de jeunes filles ou des femmes déboussolées qui vont tomber sur ce site? Si vraiment on est à la recherche d’une alternative à l’IVG, on la trouvera…

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    JoulsNo Gravatar a répondu :

    @pétrolleuse, « Si vraiment on est à la recherche d’une alternative à l’IVG on la trouvera ». Et où la trouvera-t-on à part du côté de ses initiatives privées dites « anti-IVG » ? Au Planning Familial ? Quand je lis ceci http://www.planning-familial.org/articles/le-planning-et-lavortement-00362, j’ai des doutes.
    Je ne souhaite pas rentrer dans un débat sur l’IVG qui 1) n’a pas sa place sous ce billet et 2) me semble de toute façon biaisé, mais ce que je veux dire c’est que lorsqu’on est en situation de grossesse non désirée sans trop savoir que faire, je ne connais aucun organisme public qui propose un autre accompagnement, y compris matériel, que celui d’un parcours d’IVG. Mais je suis peut-être mal renseignée.

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    BlancheNo Gravatar a répondu :

    @Jouls, oui, le ton du blog est caricatural, voir choquant, mais je pense que c’est pour prendre le contre-pied d’autres caricatures.
    Je n’ai pas les éléments pour dire s’il est abusif de citer tel ou tel site ou numéro vert comme anti-IVG. Je suis évidemment d’accord pour qu’on aide les femmes à mettre à plat leur situation et à voir avec elles, de façon bienveillante, les différentes portes de sorties possibles si elles ne sont pas sûres de leur choix.
    Mais je peux certifier que le premier numéro que j’ai composé (pcq il était le premier de la liste de ma recherche sur Google et que le site présentait plutot bien) a bien sa place sur la liste des « anti-IVG ». La personne qui m’a répondu (ironie du sort, elle se prénommait « Marie »), m’a subtilement culpabilisée sur comment j’étais arrivée dans cette situation, terrifiée par l’acte lui-même et surtout, les dégâts collatéraux – selon elle très très probables – sur mes enfants déjà nés, sur mon couple…. Que celles qui s’en sortaient n’avais pas déjà tenu dans leur bras – comme moi – un tendre bébé tout chaud, qu’il valait mieux porter l’enfant et le donner à adopter par des parents qui eux n’arrivent pas à avoir d’enfants mais qui, eux, les aiment etc etc… Après plusieurs nuits blanches et des litres de larmes, j’ai mis un peu de temps à saisir que cette personne ne m’écoutait pas mais qu’elle essayait de me rendre l’IVG impossible – en jouant sur ce qu’elle percevait de mes cordes sensibles. Et aucune des autres solutions qu’elle me proposait n’étaient acceptable pour moi. En raccrochant, je me suis retrouvée encore plus seule, moche et désespérée. Et heureusement, en colère. Ce qui m’a permis de chercher encore, de rencontrer de véritables écoutants, de tomber le site de « Je vais bien merci » et enfin, d’être aidée. J’ai remis le premier discours à sa juste place : « anti-IVG » mais ce premier discours a rendu ma prise de décision encore plus difficile et douloureuse. Peut-être y a-t-il des sites qui n’ont pas leur place sur la liste « anti-IVG » du blog mais il y en au moins un qui l’a pleinement. Dommage, je n’ai plus son nom…

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  15. Pour info sur cette question des sites prétendument informatifs et en réalité anti IVG, voir cet article du Figaro http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/02/25/01016-20130225ARTFIG00378-la-strategie-insidieuse-des-anti-ivg-sur-le-net.php

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  16. Merci la Poule pour cette référence. On voit bien à la réaction des lecteurs du Figaro qu’il reste du chemin à faire pour faire reconnaître le biais de ces sites !

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  17. Et un autre lien avec une enquête plus complète http://blogs.afp.com/makingof/?post/2013/02/08/Plong%C3%A9e-dans-les-nouvelles-m%C3%A9thodes-des-anti-avortement#.UStGqh3olSm
    @Blanche, je ne lis jamais les commentaires sur ces sites, trop déprimant

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  18. Notre petite Pastèque va naître dans 12 jours.
    Et j’ai récemment dit à mon mari « il me faudra du temps pour refaire un enfant après cette grossesse » -(nous vivons dans un pays ou l’IVG est interdit). Le temps de réintégrer mon corps, de vivre avec notre premier enfant, de retrouver une relation de couple hors grossesse, le temps de prendre du temps…
    Et, pendant ce temps la, je ne veux pas, non retomber enceinte.

    C’est fou, comme ce témoignage résonne en moi. Comme il à du sens. Comme il est beau, écrit dans la sérénité. Merci.

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  19. Bonjour Koa,
    je te remercie de ce témoignage un peu différent. Pour ma part, j’y mets mon regard de professionnelle (j’accompagne en planning) et tu as eu une vision très différente de ce qui se passe d’habitude. Néanmoins, je trouve ça très intéressant, et je pense que si je tombe sur une patiente qui souhaite ritualiser les choses, je l’accompagnerai mieux.
    Et pour les raisons qui sont tiennes, elles sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le pense. La majorité des femmes que j’accompagne sont des mères, souvent en couple (bon ok, souvent pas en couple où tout va bien).

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