La rééducation périnéale

Ce billet a été écrit à vingt doigts avec la merveilleuse Dix lunes, la sage-femme qui te donne envie d’avoir autant de gosses si c’est elle qui s’occupe de toi. Il a été préparé suite à la demande de Mme Déjantée (qui réussit à donner envie d’avoir cinq enfants) qui souhaitait que ce sujet fasse l’objet d’un billet Guest sur les Vendredis intellos. Vous le retrouverez donc (outre ici en version intégrale) chez Dix lunes et sur les Vendredis intellos. Après une première partie générale pour tracer les grandes lignes sur le sujet, un échange de points de vue entre la femme (moi) et la sage-femme (Dix lunes -qui n’en est bien sûr pas moins femme).

D’abord, le périnée, c’est quoi ? A ne pas confondre avec le péroné (qui en fait s’appelle la fibula, faut suivre), nous signale Wikipedia, qui le définit fort poétiquement comme « l’ensemble des parties molles fermant le détroit inférieur du pelvis ». En gros, et pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce « plancher » contient en particulier un ensemble de muscles qui a pour grandes fonctions d’une part le soutien des organes du petit bassin, soit utérus, vessie et rectum (sous peine de prolapsus, nom savant de la descente d’organes), et d’autre part le contrôle des sphincters (urètre, vagin/canal éjaculateur et anus). Messieurs, inutile de prendre cet air dégoûté, vous en avez un aussi.

Et alors, c’est quoi son problème ? La partie musculaire du périnée est mise à rude épreuve tant par les hormones de la grossesse que par l’accouchement, mais aussi par la ménopause. Certaines interventions (forceps, épisiotomie… mais aussi expression abdominale, d’ailleurs formellement déconseillée par la Haute autorité de santé) ou complications (déchirure, gros bébé -bien qu’en soi ce ne soit pas forcément une complication !) lors de l’accouchement peuvent accroître cette fragilisation des tissus. Concrètement, sans aller jusqu’à la descente d’organe, cela peut se manifester par des problèmes plus ou moins sévères (fuites urinaires, incontinence aux gaz, diminution des sensations sexuelles…).

Alors, on fait quoi ? C’est là qu’intervient la fameuse rééducation périnéale. En France du moins, car si la rééducation périnéale est facilement proposée (et donc remboursée)  à toute femme ayant accouché, l’existence même d’une telle thérapie reste embryonnaire dans d’autres pays occidentaux (voir par exemple ce témoignage édifiant d’une Américaine). Elle est fortement recommandée même si vous avez accouché par césarienne, et avant de reprendre le sport. La nécessite d’une rééducation périnéale doit toujours être évaluée lors de la consultation postnatale – six à huit semaines après l’accouchement – même si ce n’est que pour reprendre une activité sportive modérée (cf l’inoxydable trio marche-yoga-natation).

Petit aparté : mais si les forces de l’évolution ont bien fait leur boulot et façonné le corps de femmes pour donner la vie, ne suffirait-il pas de respecter la physiologie pour éviter d’avoir à rééduquer le périnée ?

  • Il est clair qu’un certain nombre des pratiques actuelles d’accompagnement des accouchements sont délétères pour le périnée : outre les interventions citées plus haut, la poussée en inspiration bloquée (dite de Valsalva) et/ou dirigée et la position imposée sont par exemple identifiées comme des facteurs de risque (voir par exemple Albers et al 2006 ou Albers et Borders 2007). Je ne dis bien sûr pas qu’il faut se passer totalement de ces pratiques, mais simplement qu’elles ont souvent un impact sur notre périnée : peut-être plutôt réfléchir au rapport risque-bénéfice avant de les mettre en oeuvre.
  • Par ailleurs notre mode de vie n’est pas très « périnée-friendly », nous vivons avachis sur le canapé dans une sédentarité quasi-totale entre-coupée par ci par là d’efforts violents et inadéquats (ah c’est caricatural ?), au lieu de vivre accroupis en marchant quotidiennement de longues distances tout en portant des poids importants de façon plus physiologique (quoi c’est aussi caricatural ?).
  • Enfin notre société valorise un corps hyper maîtrisé, y compris dans l’excrétion des fluides corporels et autres gaz. On ne transpire pas, on n’a pas ses règles (et si jamais on perd du sang bleu transparent, merci), on ne pète pas… Il ne semble pas impossible que ça sentait le fennec dans les grottes préhistoriques et qu’on n’était pas à une petite fuite urinaire près. Et puis l’espérance de vie étant bien moindre, les femmes mourraient sans doute avant d’arriver au prolapsus…

Qui s’en occupe ? La rééducation peut être prescrite par un médecin ou par une sage-femme (tant qu’elle fait suite à une grossesse pour le second cas) ; elle est principalement pratiquée par les kinés et les sages-femmes libérales (plus rarement proposée en maternité).

Quand s’y mettre ? On attend généralement la visite de contrôle des six semaines post-natales (avec le médecin ou la sage-femme) ; même si certaines maternités donnent l’ordonnance en suite de couches, il vaut mieux attendre d’avoir fait le point à cette occasion, sans compter qu’il faut laisser le temps aux tissus et organes de se remettre en place (et honnêtement qui a envie de travail endovaginal juste après l’accouchement ?). On peut soit profiter du congé maternité/parental (il est admis de venir avec son bébé et les professionnels sont souvent équipés pour cela), soit attendre la reprise du travail.

Comment ça marche ? Plusieurs techniques existent, et je ne suis pas certaine que leur efficacité relative ait été beaucoup étudiée (PubMed n’est pas très bavard sur le sujet, à part un article sur l’efficacité de l’électrostimulation sur les dyspareunies du post partum). Selon l’endroit où vous habitez (et la densité de professionnels de santé), vous n’aurez d’ailleurs peut-être pas le choix de la méthode.

  • L’électrostimulation par sonde : vous avez vu les pubs pour Sport élec au télé-achat ? C’est un peu le même principe : on stimule les muscles du périnée par des courants électriques envoyés par une sonde endovaginale. Paraît que non, c’est pas vraiment comme un vibro.
  • Le biofeedback avec sonde : une des techniques les plus pratiquées. Toujours avec la sonde endovaginale, mais qui là est passive. Vous contractez vos muscles et voyez le résultat sur un écran, au final c’est un peu comme un jeu vidéo mais assez répétitif.
  • Connaissance et maîtrise du périnée (CMP) : il s’agit d’une technique basée sur la visualisation dont le côté indirect et imagé peut être déroutant. En effet, on visualise certains mouvements à différents endroits du périnée sans pour autant tenter de bouger les muscles, et les images (herse, pont levis, vase, etc) ne sont sans doute pas adaptées à toutes. Mais elle présente l’avantage de travailler très spécifiquement et précisément les différents muscles.
  • L’eutonie : si on en croit l‘institut d’eutonie, « l’eutonie propose une recherche adaptée au monde occidental, pour aider l’homme de notre temps à atteindre une conscience approfondie de sa propre réalité corporelle et spirituelle dans une véritable unité. » Bon ça ne parlera pas forcément à tout le monde mais lisez ici le témoignage de Petit Scarabée qui a l’air d’avoir apprécié.
Il y a encore d’autres techniques plus ou moins directes : la pratique du yoga peut contribuer, avec les bandhas ; les boules de geisha sont régulièrement citées pour allier plaisir et rééducation. Les Anglo-saxons parlent beaucoup des exercices de Kegel, qui sont une version un peu rudimentaire du biofeedback (mais pas forcément avec la sonde). Quelle que soit la méthode choisie, il y a généralement une part importante de travail à la maison entre les séances si on veut voir des résultats significatifs.
La poule :
Personnellement, deux enfants, deux histoires. Le seul point commun : j’ai attendu d’avoir repris le travail pour m’y mettre, dans le premier cas parce qu’il n’y avait pas de place plus tôt, dans le second parce que je ne me voyais pas y aller avec Pouss2 ET Pouss1 (3 ans à l’époque et pas encore scolarisé). Je dois dire aussi que c’était dans les deux cas une rééducation « de confort », n’ayant pas eu de traumatisme périnéal majeur (pour Pouss1 une petite déchirure, pour Pouss2 rien du tout) ni de gros dysfonctionnement (juste quelques fuites urinaires pour parler simplement). J’imagine qu’on aborde ça un peu différemment lorsqu’on souffre de problèmes plus sévères.

J’ai donc d’abord testé le biofeedback avec sonde chez une sympathique kiné. Elle m’examinait d’abord pour faire le point et m’aider à trouver les muscles à contracter puis je faisais mon jeu vidéo avec la sonde (différentes intensités et durées de contraction, d’abord allongée puis assise et debout). A propos la sonde est personnelle et s’achète en pharmacie (remboursée sur ordonnance). La kiné recommandait de la garder dans sa poche avant de venir pour qu’elle soit à la température du corps, seul hic elle la passait sous l’eau froide avant de l’installer ce qui ruinait tout l’effet… Et je faisais les exercices entre deux séances (sur le quai du métro… regardez bien les femmes qui ont l’air un peu constipé en attendant le métro…), avec globalement un bon résultat.

Après mon deuxième accouchement, j’ai un temps caressé l’idée de me rééduquer toute seule, en faisant les exercices, en laissant le temps au temps. Mais finalement, après presque 2 ans, avec l’impression persistante que ma vessie avait parfois des velléités d’indépendance, j’ai pris le temps de retourner voir ma sage-femme, celle qui avait accompagné ma grossesse et mon accouchement, et ainsi de tester la méthode CMP. Je dois dire que la première fois que j’en ai entendu parler par une copine j’ai carrément halluciné (« votre urètre est comme un soliflore », mais oui bien sûûûr). Mais après tout, en y réfléchissant l’idée n’est pas si bête, et je l’avais même déjà expérimentée par la pratique du chant. En effet, le périnée, comme le chant, mobilisent des muscles qu’on ne voit pas ; il est impossible d’imiter le mouvement d’un autre, et de pouvoir comparer ce qu’on fait à une référence. La visualisation est donc un moyen assez efficace de contrôler ces organes qu’on utilise plutôt de façon inconsciente, la difficulté étant de trouver la bonne image pour chacun (et aussi simplement d’accepter de se prêter sincèrement à l’exercice). J’ai beaucoup apprécié de pouvoir rapidement acquérir une certaine autonomie et surtout la grande finesse de l’approche, qui va bien plus loin que le simple « serrez mes doigts » et permet de travailler indépendamment les différentes zones (urètre, anus, vulve, vagin etc). On peut ensuite privilégier les exercices dont on a le plus besoin en fonction de sa situation personnelle.

Dix lunes :

La professionnelle que je suis est habituée à l’air mi hagard mi goguenard de la dame qui découvre la CMP. Lorsque nous nous connaissons déjà, le  captal confiance acquis aide à passer cette première phase. Avec un peu de bonne volonté, la femme accepte la règle du jeu, visualiser, ne rien faire, et au départ, ne rien sentir… le plus souvent, il faudra huit à quinze jours d’exercices quotidiens avant de percevoir quelque chose. Mais une fois cette phase là arrivée, bingo, de nouveaux muscles se révèlent et cette conscience sera définitivement acquise, facilement ravivée par quelques exercices si le cerveau venait à se lasser. Et le bénéfice de cette finesse des sensations ne se limite pas à rétablir la continence urinaire…

La poule :

En bref la rééducation périnéale, et en particulier la seconde version, a été pour moi aussi une façon de me (ré)approprier mon corps. Le tabou encore persistant sur la masturbation (même si maintenant toute femme qui se respecte se doit d’avoir une collection de sex toys) interdit implicitement aux femmes l’accès à leur propre vagin. On nous vend même des tampons avec applicateur pour s’assurer qu’on n’y mette pas les doigts ! Par contre il nous est présenté comme normal d’écarter les cuisses chez le médecin et de le laisser faire ses affaires. Eh bien moi j’attends le médecin (ou la sage-femme !) qui proposera une petite caméra ou appareil photo pour me faire une visite guidée de mon anatomie, qui au lieu d’un laconique « tout va bien c’est normal » prendra le temps de me montrer mon col, de m’aider à l’examiner moi-même, qui m’aidera à comprendre comment j’ai été déchirée et comment exactement se place la cicatrice, etc. Idéalement comme je serais chez la même personne dans la durée on pourrait comparer des photos avant/après l’accouchement, pendant la grossesse, etc. On pourrait être aidée pour choisir une coupe menstruelle, un diaphragme (c’est déjà le cas même si peu de professionnels le proposent) ; on pourrait voir les fils du DIU si on choisit d’en porter un, ce qui aiderait aussi à se l’approprier et à mieux comprendre comment il se positionne… Techniquement je ne pense pas qu’il faille un matériel très sophistiqué, ce qui manque c’est sans doute le temps et probablement l’envie chez certains. Et vous, ça vous intéresserait ?

Dix lunes :

Pour être honnête, l’idée était d’écrire un article à deux mains… Et comme je suis de loin la plus paresseuse des deux, j’ai proposé à la poule pondeuse de commencer…  Quand elle m’a envoyé « sa » partie, je ne pouvais que constater : je n’avais rien à ajouter. C’était clair, argumenté, documenté, avec tous les liens qui vont bien… J’aurais surement pu trouver quelques anecdotes pour illustrer tout ça mais à quoi bon ?

Et puis ce dernier paragraphe m’a rendu l’inspiration. Les féministes avaient déjà usé de ce moyen pour se réapproprier leur corps, mieux le connaitre, le comprendre.

En France, dans les années 70, on apprenait aux femmes la mise en place d’un spéculum, on leur proposait de regarder leur vagin, leur col dans une glace. J’ai bénéficié de cet accompagnement mais ce souvenir était resté tapi dans un tiroir mémoriel de mon adolescence, je ne l’avais jamais proposé. Je l’ai fait à quelques occasions depuis cette prise de conscience. Quelques regards interrogateurs sinon franchement étonnés, quelques refus polis et quelques pourquoi pas.. mais une autre fois.

 Au final, est-ce aux professionnels de santé d’assurer cette fonction de réappropriation ? L’essentiel est peut-être  de nous montrer suffisamment disponible pour que la demande puisse si besoin émerger.

A l’inverse, après un accouchement, je suggère régulièrement aux femmes de regarder leur sexe dans une glace, avec ou sans mon aide. Souvent, elles préfèrent avec. Certaines ne l’ont jamais fait et craignent de ne pas bien comprendre ce qu’elles vont voir. D’autres l’ont déjà fait mais craignent de ne pas se reconnaitre. Une cicatrice douloureuse, des points qui tirent, une sensibilité particulière ; à chaque fois, la réalité apaise.. ce n’est finalement « que » ça. Et l’imaginaire plus ou moins terrifiant qui s’était construit cède devant une cicatrice un peu rouge, un fil, un hématome, images finalement banales et beaucoup plus rassurantes.

Mais le temps de l ‘examen et plus encore le temps de la rééducation sont beaucoup plus larges que la simple éducation musculaire. Le « hors sujet »  le plus souvent abordé, surtout dans les semaines postnatales est celui de la sexualité ; la libido plus ou moins éteinte, la confiance en son corps plus ou moins atteinte, l’attente de l’autre plus ou moins pressante… Comment se retrouver ou se redécouvrir.

Enfin bien sur, pour répondre aux interrogations de la poule pondeuse, nous pouvons accompagner les femmes dans une meilleure compréhension de leur anatomie, le repérage du col, des  fils d’un dispositif intra utérin. Nous pouvons les aider à choisir un diaphragme – de  la bonne adaptation de la taille dépend son efficacité. Nous pourrions montrer comment utiliser une coupe menstruelle…

A vous de savoir exprimer vos besoins. Aidez nous à vous aider !

 

Photo : Les Pyrénées, à ne pas confondre non plus.

Et bienvenue aux lectrices (y a-t-il des lecteurs ?) d’Enfant Magazine !

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53 Responses to “La rééducation périnéale”

  1. Anne Cé dit :

    tout à fait d’actualité pour moi ! pour la deuxième fois, je travaille avec la méthode CMP, qui m’a totalement convaincue (même si effectivement les premières séances étaient quelque peu déroutantes !) comme toi, j’ai apprécié de me réapproprier mon corps.

  2. Béatrice dit :

    Moi je n’avais pas du tout aimé le biofeedback avec sonde pour Grand Mec N°1 il y a 20 ans. Pour les trois autres, ça ressemblait plus à de la CMP.
    Et je suis bien contente d’avoir fait cette rééduc quand j’entends parler des petits et gros soucis des femmes plus âgées de ma famille (fuites et autres joyeusetés) … J’espère que ça m’aidera à passer à travers !

  3. FoxyMama dit :

    J’aime bien l’approche de se réapproprier son anatomie vaginale. Les seules fois ou je me suis regardé dans un miroir c’était pour de l’épilation de touffe pendant mes grossesses. Même si j’ai une connaissance relativement bonne de mon corps, il faudrait que j’y attache une attention plus particulière.

  4. Mlle Loutre dit :

    alors moi je l’ai le gynéco qui m’a fait faire la « visite guidée »
    j’étais peut être un peu trop jeune ou pas assez mûre pour me rendre compte du côté positif, mais maintenant que j’ai accouché, que j’ai un DIU et surtout que je m’intéresse à ce qui me concerne au plus près, j’apprécie qu’il m’explique tout ce qu’il fait.

  5. Jouls dit :

    Merci pour cet article !

    Pour ma part j’ai comme toi découvert la CMP après la naissance du 2ème, il y a quelques mois (avec la même sage-femme que toi je pense). Pour la première, c’était sonde et « serrez mes doigts ».
    Effectivement la CMP, c’est un peu déroutant au début, mais en réalité j’ai beaucoup apprécié : c’est une manière paisible de se réapproprier son corps après la naissance (et même si la naissance a été super, physiologique et tout, c’est important), cela permet effectivement de prendre conscience de chacun des muscles, de « l’espace intérieur », donc de mieux se connaître, et surtout, ça DETEND. Enfin, je me comprends. Mais disons que je suis beaucoup plus relax après une séance où l’on me propose des visualisations et des exercices sur le souffle, qu’après une séance de « serrez mes doigts ». Et souvent je sortais de chez la sage-femme assez détendue, et le temps des exercices à la maison me permettait de faire une pause et faisait parfois office de relaxation (enfin, surtout allongée).

    Quant à la connaissance de son « intérieur », pour ma part, c’est surtout la méthode d’auto-observation qui m’y a aidée, qui permet de connaître ses périodes d’ovulation, ses périodes fécondes ou non… Parmi les signes que l’on peut observer pour encore plus de précision, il y a notamment le col, et la personne qui m’avait enseigné cette méthode m’avait bien expliqué. C’est moi qui n’ai pas cherché à en savoir plus car je n’étais pas très motivée à l’idée d’observer mon col chaque jour. Mais je sais que si je change d’avis et demande à la super sage-femme qui m’a suivie pour la deuxième naissance, elle me montrera. Et déjà sans aller jusque là, savoir exactement ce qu’il se passe à l’intérieur de moi, et à quel moment, c’est une vraie liberté je trouve…

  6. cindirella dit :

    pour ma part,j’ai accouché il ya 2ans et choisit la CMP,parce que cette methode naturelle me parlait plus.j’ai apprécié la faire,mais etant sportive,elle n’a pas été suffisante.pendant 2ans j’ai senti une gene,accompagné d’une peur de faire une descente d’organe.si bien qu’il ya quelques semaines j’ai repris une reéducation par biofeedback avec sonde.selon la kiné,mon périné etait en tres bon etat,mes craintes et sensations etaient surtout psychologiques.je ne pense pas que 10seances d’electro m’aient changée beaucoup,mais j’ai repris confiance et ne pense plus à mon périné quand je cours! 😛

  7. Olympe dit :

    Merci. Encore une fois redoutablement limpide et efficace.

    J’ai envie d’ajouter – à propos de chant et de périnée – que ça vaut le coup d’attendre pour reprendre le chant après un accouchement de la même façon qu’on attend pour reprendre le sport. Sinon, bonjour l’effet « tube de dentifrice ». Le chant mobilise les abdominaux et presse sur les viscères. Mieux vaut alors un plancher solide pour les retenir…

    Et pour ma part, j’aimerais vraiment que les professionnels de la santé nous suggère le type d’exploration dont parle la Poule.
    Il est à mon avis aussi difficile de faire la proposition que de faire la demande. C’est quelque chose de tellement inhabituel. On ne sait pas faire, on n’a pas appris. Qui aborde avec décontraction et naturel la possibilité de voir à l’intérieur du vagin ? Structurellement, rien ne va dans ce sens.
    Et pourtant, ça me semble tout à fait souhaitable, tant d’un point de vue féministe que d’un point de vue sanitaire.

  8. Opale dit :

    @ la Poule : chouette article (c’est bien de l’entendre car t’as bien bossé !) mais les boules de Geisha, suis pas sûre 😕 et pour les nanas dans le métro, je vais être attentive et te dirai quand tu viendras boire un café rue de la Paix ! 😉

  9. @Anne Cé, oui faut passer le pont levis pour s’y faire :mrgreen:

  10. @Béatrice, je l’espère pour toi aussi !

  11. @FoxyMama, tu arrives à t’épiler la touffe enceinte ? 😯 Total respect 😆

  12. @Mlle Loutre, génial, c’est précieux !

  13. @Jouls, pour ma part je dois avouer que bien que l’article sur mon blog soit celui sur l’auto examen du col j’ai beaucoup de mal à interpréter le mien 😳 😳

  14. @cindirella, je ne vois pas trop en quoi la CMP est naturelle, pour moi en tout cas ça n’est pas naturel de m’imaginer une herse sur la vulve :mrgreen: 😆 Plus sérieusement c’est vrai qu’on a parfois de nouvelles sensations à apprivoiser après une grossesse et un accouchement, même si elles ne révèlent pas forcément un problème ou une pathologie.

  15. @Olympe, pour ma part j’ai trouvé que ça prenait un peu de temps de retrouver mes sensations et mes repères pour le chant, sans compter qu’en fin de grossesse puis quelques mois après la naissance plus aucun soutien pour mes aigus 🙄

  16. @Opale, merciii ! pour les boules de Geisha faut pas se forcer hein 😆

  17. Jouls dit :

    @La poule pondeuse, Ah bah raison de plus pour que je ne m’y mette pas alors 🙂 Mais au moins je sais que c’est possible et que quelqu’un peut me montrer…

  18. Peche Gingembre dit :

    Merci pour ce bon article !
    J’ai fait CMP aussi, avec au départ la fameuse mine incrédule et goguenarde…et si ma sage femme était bien d’accord avec moi que malgré mon énorme bébé et mon énorme épisio j’avais un périnée de compét’…elle m’a tout de suite cadrée sur sa vision des choses ; en gros, la « ré »éducation c’est bien pour le post accouchement, bien sûr, en tout cas la plupart du temps, mais au delà c’est pour les SF (en tout cas ce cabinet là) une opportunité d’éducation tout court : et pour le coup les postures et autres petits trucs qu’elle m’a donnés m’ont semblé effectivement utiles au delà de la question de la maternité – de l’action de santé publique en somme, sur fond de « oh mince j’ai des fuites ».

    ET j’avoue qu’à la fin je me marrais toute seule à faire mes exercices de chateau fort et de « je suis une princesse » !

  19. lily dit :

    Quid d’une 2nde rééducation?
    J’ai une question bête, pour vous qui avez l’air vachement bien renseignés 😳 .
    Après Miss Number 1, j’ai fait 15 séances de rééducation avec une super sage-femme qui alternait Biofeedback, CMP et électro-stimulation. (15, prescrites par mon médecin traitant de l’époque, car bébé de 4.2kg, déchirure interne et petite épisio).
    Et puis, j’ai déménagé, temporairement arrêtés les exercices, et j’ai repris le sport (intensément… je fais +/- 15km de vélo par jour, je fais pas mal de piscine et je m’entraîne pour un 1/2 marathon). Vous me voyez venir, je sens un peu de faiblesse au niveau du périnée (difficulté à sa retenir d’uriner, moins de sensation pendant les rapports sexuels, et tout bêtement, difficulté de maintenir les contractions des exercices conseillés par ma sage-femme).

    Est-ce que cela sera pris en charge par la sécu?

  20. Anonyme dit :

    @La poule pondeuse, tout pareil.
    Et surtout, je n’ai pas osé essayer de retrouver des aigus pendant près d’un an. Je n’avais plus du tout les mêmes sensations et j’avais concrètement la sensation que le plancher s’effondrait…

  21. Olympe dit :

    @lily, ma belle-sœur a rencontré exactement la même configuration avec antécédents familiaux de prolapsus et elle s’est vu prescrire par son gynéco 20 séances (oui oui…) remboursées par la Sécu.
    J’espère que ça pourra être pareil pour toi.

  22. Adeline dit :

    Merci pour cet article.

    Pour ma part, CMP après mes 2 accouchements et je maitrise beaucoup mieux mon périnée, même si ce n’est pas encore parfait. Et là je fait yoga et pilates.

    Je recommande aussi pour aller plus loin le très bon livre de Bernadette de Gasquet sur le périnée, qui m’a appris pas mal de choses sur le sujet.

  23. Leona dit :

    Petite remarque amère : « il est admis de venir avec son bébé et les professionnels sont souvent équipés pour cela »… Ah bon ? Sur ma commune, j’ai appelé un par un les six kiné pratiquant cette rééducation, aucun n’acceptait que je vienne avec mon bébé, même ponctuellement, même en apportant mon propre transat. Locaux trop petits, problème de concentration (de la patiente) en cas de pleurs, bref, ça n’a pas été possible. Et par curiosité j’ai appelé aussi trois autres kiné dans un autre quartier, même réponse. Résultat, j’ai été obligée d’attendre de reprendre le boulot pour aller faire les séances à l’heure du déjeuner. « Heureusement » que j’ai repris le boulot assez rapidement…

  24. Anonyme dit :

    @Leona, ba mince ! moi j’en ai appelé une seule et j’ai pu emmener ma fille avec moi et les locaux tous petits ! je me suis retrouvée avec ma sonde , l’ordi et le p’tit jeu qui va bien et très souvent La petite au sein en même temps ! j’avoue ! c’est pas simple du tout !

  25. rysy dit :

    Merci pour le billet, je sens bien que je dois faire ma rééducation correctement, même deux ans après mon accouchement. Je n’ai pas confiance et j’appréhende tout trajet un peu long. 🙁

    J’avais bien commencé quelques mois après la naissance de mon gamin avec une kiné qui était tout près de chez moi. Je l’ai appelée et elle m’a demandé de venir seulement une fois que j’aurais ma sonde. Elle stockait d’ailleurs les dites sondes sur le petit meuble dans lequel elle rangeait son appareil (une sorte de simulateur basique). Il était donc facile de voir le nom des autres patientes. Hum hum. A la première séance, elle m’a fait un rapide diagnostic. Elle m’a expliqué comment fonctionnait la machine. Au fur et à mesure des séances (environ 8 en tout), elle venait de moins en moins car elle avait des patients en même temps. Pour la dernière séance, je suis arrivée un peu en avance, j’ai branché ma sonde seule, j’ai lancé la machine et j’ai fait ma séance seule. Elle facturait donc sans participer, ne m’a jamais proposé de m’occuper un peu de mon gamin pendant les séances, n’acceptait pas de modifier les horaires moins de 48 heures avant un RDV (pour s’adapter un minimum au rythme fluctuant d’un tout-petit)…. Bref, la super kiné de rêve ! Je résiste au fait de la dénoncer à l’Assurance Maladie pour son manque de professionnalisme. 👿 👿

  26. opale dit :

    @rysy, oui,il faut pas hésiter à dénoncer ce manque de professionnalisme je crois !

  27. @Peche Gingembre, c’est clair que par moments je me disais qu’il devrait y avoir des cours à l’école pour tout le monde ! :mrgreen:

  28. @lily, comme olympe l’a dit, n’hésite pas à en parler à un médecin (si j’ai bien suivi la sage-femme ne peut prescrire la rééducation que dans la continuité d’une grossesse, même si ça peut changer un de ces jours).

  29. @Adeline, B de Gasquet c’est un peu la grande prêtresse des abdos et du périnée ! Je n’ai pas lu ce livre-là mais ça ne m’étonne pas qu’il soit intéressant.

  30. @Leona, c’est fou ça ! et pas très bien pensé de leur part 🙄

  31. @rysy, tu peux écrire un courrier à l’ordre aussi (http://www.ordremk.fr/). Effectivement c’est un peu limite comme pratique !

  32. Anonyme dit :

    C4EST NUL§

  33. Tête d'Orange dit :

    Merci pour cet article. 😛
    Par contre, je suis étonnée du peu de commentaires (par rapport à d’habitude) le sujet serait il tabou (car je ne pense pas que ça n’intéresse pas les femmes quand même???) ❓

    Bref pour ma petite histoire, rééducation par biofeedback avec SF après ma première grossesse (et accouchement par césarienne), j’y allais avec mon bébé mais effectivement je n’étais pas trop concentrée et je me demandais si c’était bien utile, je n’avais aune gène, ni fuite mais mon périnée était faiblard.
    Pendant cette 2ème grossesse, j’ai vu l’émission des maternelles évoquant la méthode CMP. J’ai donc cherché une SF pratiquant cette méthode car après un accouchement VB et une bonne déchirure, je voulais être maitresse de mon corps et pas que « contracter » dans le vague.
    Et top du top, la SF que j’ai trouvé se déplaçait à domicile, et là avec un bébé c’est juste le confort. On avait défini à peu près une heure de consult, je n’avais qu’à l’attendre en vaquant à mes occupations pas de stress si bb dort, pas d’installation fastidieuse dans la poussette/siege auto etc… et j’ai bien accroché à la méthode. On sent vraiment que « ça  » travaille en profondeur. Et j’ai aussi pu travailler sur ma cicatrice qui était sensible.
    Malheureusement ma SF arrête ses déplacements à domicile, trop contraignant et c’est bien dommage.
    Donc pour moi, il n’y a pas photo entre les 2 méthodes. Par contre selon ma SF, la CMP n’est pas vraiment compatible avec la méthode de gasquet qui consiste à contracter volontairement le périnée, notamment lors des efforts, ce qui n’est pas le cas en CMP.

    La vision de l’américaine a Paris est super drôle, quel choc culturel.

    Par contre, je me demande vraiment comment est venu cette idée de la CMP a sa créatrice, c’est assez incongru quand on y pense.

  34. Renarde dit :

    @Leona, je ne vois pas comment on peut dire accueillir une jeune maman pour des soins et refuser le bébé qui va avec ! (même si c’est vrai que ça déconcentre pas mal)

  35. Renarde dit :

    @rysy, ah bah moi dans le cabinet de sage-femmes (oui oui, sage-femmes, pas kinés) pour ma 1ère rééduc, j’ai eu des séances de biofeedback-jeu vidéo puis éléctro-stimulation vu que j’étais pas fortiche au jeu vidéo, eh bien la sage-femme branchait le bidule et allait faire une consult avec une autre patiente. Je n’ai jamais eu la sage-femme avec moi pour toute la séance. On pouvait amener le bébé qui avait droit à un petit tour de balancelle-qui-se-balance-toute-seule-et-qui-chante (et aussi équipement impeccable pour changer, allaiter). J’ai quand même assez aimé car une des sage-femmes était quand même attentive et je pouvais lui poser des questions sur l’allaitement etc, ça m’a bien dépannée.
    Cela dit pour ma 2ème rééducation, je suis allée voir une autre sage-femme (quand même, faut pas pousser !) et j’ai fait du CMP, ça n’a rien à voir. Je n’ai pas eu besoin d’électro-stimulation, j’ai bien appris à maîtriser les différents muscles.
    Ah et j’ai aussi testé les boules de Geisha pour 2ème rééducation ! (périnée bien faiblard, fallait bien le booster) Alors, soyons honnêtes, c’est peut-être cool pour les vaginales, mais pour les clitoridiennes, franchement….

  36. Renarde dit :

    @Tête d’Orange, oh je voulais pas raconter ma vie mon oeuvre, mais je viens de mettre qq com’ du coup !

  37. G. dit :

    @Renarde, 😆

  38. @Renarde, ha ha MERCI de nous éclairer enfin sur les boules de geisha ! 😆

  39. @Tête d’Orange, perso j’ai l’impression qu’il y a moins de commentaires de façon générale ces temps-ci (sans doute car je publie moins 😳 ). Pour l’idée de la CMP, il me semble que c’est dans le champ d’autres techniques de visualisation, genre sophrologie etc.

  40. Mimi_Pompon dit :

    @La poule pondeuse, pour ma part, électro-stimulation et la SF était là tout le temps mais en profitait pour faire ses papiers et passer ses coups de fil. Du coup, même pas de bénéfice secondaire réel pour lui poser les questions que j’avais sur le cœur (et pourtant je suis très pro pour raconter ma vie à n’importe qui :-)) et limite ça avait l’air de la souler quand elle devait venir augmenter la puissance électrique.

    Bref, du coup, la rééducation n’a pas dû être suffisamment efficace, et aujourd’hui, faut pas que je tousse en portant ma fille, hein ! Je pense donc qu’il faudrait que je m’y remette… Mais on verra après bébé2 (pas en route, pas de scoop :-)).

    Sinon, une question : elle m’avait dit qu’en ne faisant pas toute la vie des exercices quotidiens, il était difficile de garder une tonicité correcte (comme pour les abdos). Vous faîtes des exercices tous les jours, vous 😯 ?

  41. anne dit :

    Oula comme j’aurai aimé tomber sur un post pareil l’année dernière !

    J’avoue que j’ai toujours eu une petite vessie… Avant même de tomber enceinte ma chère maman se moquait de moi parce que depuis toujours je faisais pipi 10 fois par jour.Mes amis m’appelle « pisse 3gouttes » c’est pour dire …
    Enceinte bizarrement je n’ai eu aucun problème, aucune gène… j’irai même plus loin j’avais même moins besoin qu’avant… à croire que ma puce s’appuyait juste la ou il fallait pour ne pas me gêner.
    L’accouchement ne m’avait pas paru dur… mais même si je me doutais que j’allais y passer, j’ai très mal vécu la déchirure et la belle épisio que j’ai du subir (je marque subir car on ne m’a même pas dit madame désolée il va falloir aider votre enfant a sortir et la sortie est trop étroite… Non elle a sortie les ciseaux, j’ai vu le reflets des lames de la salle d’accouchement dans les ciseaux et pouff c’était déjà trop tard.)
    J’ai compris pendant les semaines qui ont suivi que mon accouchement n’avait pas été aussi simple. 10semaines après j’avais encore mal. Mais vraiment mal… A ne pas réussir à m’assoir, à souffrir à chaque fois que je devais m’essuyer après un petit pipi (toujours en tapotant hein).
    J’ai eu beau en parler à ma gynéco, à la sage femme qui me suivait, tout le monde me disait que c’était normal… Même quand j’ai appelé pour dire que les points de la déchirure étaient tombés et que ça saignait ou quand j’ai montré la cicatrice de l’épisio pour montrer que là par contre les points étaient toujours là et la cicatrice pas vraiment jolie…
    J’avais toujours mal quand j’ai commencé la rééducation, j’ai commencé avec la sage femme qui m’avait fait mes séances de préparation a l’accouchement. 10 secondes d’auscultation et pouff on me dit que je suis une looseuse du périnée, qu’il va falloir rebouger tout ça. La dessus pas de choix de la méthode, ce sera du biofeedback (enfin pour la 2eme séance, pour la première j’ai droit a du serrer/relâcher… serrer/relâcher… mouais …)

    Avec les séances en tête a tête avec la puce, parce que la SG me branchait, et revenait me voir 20min plus tard pour me débrancher et me fixer le rdv de la semaine suivante, je n’ai vu aucune amélioration. Au bout des 10 séances réglementaires, la SG me dit bon bah voilà c’est fini.
    Je lui parle du fait que j’ai quand même toujours mal et bon j’ai quand même toujours de fuites hein… Elle me réponds que ça va passer tout seul, de continuer à faire les exercices à la maison et qu’avec le temps tout ira pour le mieux.
    Je fais confiance (idiote que je suis) et j’attends que ça passe en restant sérieuse sur les exercices qu’elle m’a donné à faire.
    La dessus le temps passe. Ma puce fête ses 5 mois, je reprends le boulot dans un mois et moi ça va pas du tout.
    Les fuites c’est devenu incontrôlables… au point de faire pipi au milieu du salon car je n’ai pas réussi à enlever ma puce du porte bébé a temps… Je n’ose plus sortir plus d’une heure de temps car je sais que je ne suis pas capable de faire mieux, alors que bien sur je prends mes précautions avant (pipi + protection) et je bois aussi de moins en moins en journée.
    La douleur est de pire en pire, j’ai mal, mon homme fait des tentatives d’approches, on teste plusieurs positions, on en est a notre 3eme bouteille de lubrifiant mais rien n’y fait la douleur est insupportable… je souris (pas envie qu’il culpabilise) mais j’en chiale la nuit quand personne ne m’entend.

    Je vois mon médecin généraliste, je lui parle des fuites, mais pas de la douleur, qui me donne sans hésiter 10 séances supplémentaires et le numéro d’une kiné spécialisée et avec elle j’ai testé l’électro-stimulation par sonde. Ça ne m’a pas beaucoup aidé. On a resigné pour 10 séances supplémentaires et la douleur était devenue insupportable, je n’en pouvais plus.
    J’en reparle a ma gynéco, elle me trifouille les cicatrices dans tous les sens, me dit qu’il y a rien (moi je douille comme jamais pendant l’inspection). Elle me parle de mots que je ne connais pas « vulvodinie » (merci le wiki pour l’explication) me refile le nom d’un ostéopathe, d’un urologue et aussi d’un sexologue… Pour finir par me dire que tout doit être dans ma tête, car physiquement y a rien…
    Dans le doute j’ai appelé l’ostéo (je note au passage que même sans être d’un naturel très pudique, jamais autant de personne ne m’aura vu la foufoune à l’air de toute ma vie !), il ne me fera pas grand chose a par me délester de 250€ (la séance a 65€ m’a fait mal aux fesses elle par contre)…
    J’ai consulté l’urologue aussi, après des examens des plus humiliants, il a décidé de me faire subir une exploration de la parois vaginale (qui s’est révélée négative) et une dilatation de la vessie (qui a confirmé que j’avais un plus petite vessie que la moyenne) sous AG… En est ressorti le même discours que pour tous les autres… c’est bizarre on voit rien, sur une femme aussi jeune ça n’arrive jamais! Bah oui mais je suis la moi… et je fais quoi maintenant …

    Mon médecin généraliste m’a vu arrivé avec 5 kilo de moins qu’avant ma grossesse et il m’a dit que j’avais pas l’air bien. Je lui ai parlé de mon problème et de mon parcours… Il m’a mis sous médoc pour limiter les fuites, mais m’a confirmé qu’on ne pouvait pas faire grand chose…
    Aujourd’hui plus d’un an après je recommence tout juste a mettre des tampons ! Ma foufoune est un champ de bataille qui ne ressemble plus vraiment a grand chose. J’ai du faire le deuil de ma sexualité passée, mon homme m’aime toujours, même s’il sait aussi bien que moi qu’on ne fera pas d’autre enfant. Je ne sais toujours pas si je peux aller à la piscine car on m’avait déconseiller d’y retourner tant que la rééduc n’était pas fini…
    Après, on ne peut pas vivre éternellement malheureux donc j’ai décidé d’essayer de vivre avec, les médoc du médecin font que j’ai réussi a porter une jupe ce mois ci ! mais il me refile aussi des infections urinaires… Mais peut être que j’aurais du tester le CMP …

  42. Jouls dit :

    @anne, Dur dur ton histoire quand même… A te lire, je pense à 2 sages-femmes qui m’ont suivi, l’une pour ma grossesse et mon accouchement, l’autre pour la rééducation (méthode CMP), et je me dis que l’une ou l’autre pourrait peut-être t’aider, ne serait-ce que parce que leur mode d’accompagnement est vraiment global : tu n’es pas juste un utérus et un vagin, elles ne se contenteront pas de t’examiner localement, mais elles prendront le temps de t’écouter parler de la façon dont tu as vécu les choses…
    Bref, si tu es en région parisienne, je peux te donner les coordonnées, tu n’as qu’à demander à la Poule mon adresse mail.

    Quoi qu’il arrive, courage, j’espère tout de même que la situation pourra évoluer en mieux…

  43. anne dit :

    @Jouls, c’est très gentil mais non je n’habites plus sur Paris et puis de toute façon je fais une pause dans tous ces soucis… au risque d’y perdre mon couple (plus de gros câlin depuis plusieurs semaines…) mais moi je n’en peux plus de me retrouver nue les pattes écartées devant une personne qui m’a à peine dit bonjour 10min plus tôt.

    J’aurais certainement été mieux préparée si on m’avait dit au moment de l’accouchement ou du début de la rééducation que ce genre de complications arrivaient, qu’il y avait d’autres méthodes possibles… plutôt que de me demander d’aller voir un psy !

  44. oops dit :

    @anne, et bien, quelle cata ! Bravo pour le suivi post-partum de tous tes interlocuteurs !
    S’il y a une réponse qui m’horripile, c’est typiquement le « c’est dans votre tête ». Je ne comprends même pas qu’une personne du milieu médical se permette ce type de commentaire. Comme si on se déplaçait et on payait une visite pour le plaisir (or quelques cas pathologiques qui sont noyés dans la masse, du coup). Ce n’est pas parce qu’ils ne trouvent rien qu’il n’y a rien. Et laisser les patients comme toi dans le flou total, c’est juste un manque de professionnalisme. Ils peuvent tout comme toi aller sur le net pour s’informer, et se former !
    Pour le CMP, ce n’est pas trop tard, ton médecin peut te refaire une ordo, il « suffit » ensuite de trouver un(e) bon praticien. Mais je doute que ce soit suffisant. Demander ton dossier médical à la maternité me semble un bon début pour chercher une solution : peut-être qu’en connaissant les circonstances de l’épisio, ça te donnera une ou deux pistes. Je suis scandalisée qu’on te laisse tomber comme ça. Bon courage, et surtout ne baisse pas les bras !

  45. Jouls dit :

    @anne, Je comprends ton envie de faire une pause mais je me permets juste de compléter ce que je disais, pas pour insister mais parce que tu soulèves un point particulièrement sensible et que je comprends très bien : le ras-le-bol d’écarter les pattes.
    Pour ma part, la sage-femme avec qui j’ai fait la rééducation en CMP a commencé, bien avant les séances, par un rendez-vous où nous avons uniquement discuté et où elle a rempli un questionnaire pour savoir où j’en étais du point de vue « périnéal », si je puis dire. Et même si pour ma part je n’ai pas tellement de soucis de ce côté-là, l’accouchement n’était quand même pas très loin, et j’ai bien apprécié qu’on commence par une discussion, plutôt que par me dire « déshabillez-vous et serrez mes doigts ».
    Voilà, c’est juste pour que tu aies un peu plus de cartes en mains, après libre à toi de voir si ça existe dans ta région, pour maintenant ou pour après la pause.
    Et pour le couple je te recommande si tu ne l’as pas vu ce billet chez Marie : http://www.mamanstestent.com/2012/03/le-coaching-sexuel-de-vanessa-lope.html.

  46. Anne dit :

    @anne,

    Bonjour Anne,

    J’ai découvert ce post un peu tard, j’espère que tu auras quand même mon message

    J’ai le même prénom que toi et un parcours et un ressenti qui ressemblent beaucoup au tien (pas d’épisio et pas de problèmes pour les rapports mais pareil pour le reste).
    J’ai été bouleversée par ton post ; et je me suis sentie moins seule.
    Moi aussi j’ai décidé d’arrêter les séances de rééducation : trop douloureux psychiquement, j’aurais fini par devenir folle.
    Ca m’a fait un bien fou de ne plus avoir à écarter les jambes deux fois par semaine.
    L’urologue odieux, les humiliations, le personnel médical qui se fiche de ta détresse, je connais bien aussi hélas…
    Je suis révoltée que l’on ne parle jamais de tout cela, ou si peu.
    Comment vas-tu aujourdhui ?
    Moi j’arrive à avoir plusieurs jours d’affilée sans fuite désormais. En faisant attention à tout (ne rien porter, surtout pas de porte bébé, ne pas courir, ne pas marcher trop longtemps, faire pipi avant d’avoir encie, faire mes exos de périnée tous les jours, matin et soirs).
    Pour la piscine, j’ai la réponse : tu peux y aller si ton col est refermé (normalement oui après un an), ça et le yoga de sont les seuls sports possible.
    Pour tes infections urinaires, j’en ai aussi (pas à cause de médicament) et je peux te donner des infos qui pourraient peut-être t’aider. N’hésite pas à me contacter par mail.

    Bon courage du fond du coeur,

    Une autre Anne

  47. @anne, avec un peu de retard, je suis horrifiée par ton témoignage ! que de mépris, que de déni de tes souffrances. Vraiment c’est à se taper la tête sur les murs. Je te souhaite vraiment de trouver le/la professionnel qui saura t’aider, t’écouter, te soutenir et enfin te soigner.

  48. anne dit :

    @La poule pondeuse, @Anne, @Jouls (dommage qu’il n’y ai pas de bouton répondre à tous !)

    Merci beaucoup pour vos commentaires. Aujourd’hui j’essaye de passer à autre chose… Il y a des progrès ! Les médicaments m’ont bien aidés, j’ai beaucoup moins de fuites. J’avoue que comme l’autre Anne, j’ai aussi adapté ma vie de tous les jours : ne rien porter avec une vessie non vidée, ne pas partir en réunion ou faire une course sans un passage aux stands, ne jamais oublier de mettre de protections … Mais j’arrive à mettre des jupes et des tampons (youhouuuuu) ! Bon je sais exactement où je ne dois pas toucher sinon je fais un bond… Les rapports conjugaux sont toujours tendus… On essaye de trouver des parades mais il est clair que je rêve d’une bonne partie de youplaboom comme avant… C’est frustrant … de mon côté et c’est pire du sien ! J’ai toujours cette cicatrice qui me tire mais j’essaye d’aller de l’avant. Mon médecin m’a autorisé à retourner à la piscine. De son propre aveux, aujourd’hui on ne peux plus faire grand chose pour moi (à part me refiler 10 séances supplémentaires), donc on ne va pas me cloîtrer chez moi alors comme la douleur est gérable au quotidien autant vivre (même en chopant des mycoses) mais vivre quand même !

  49. […] hypermédicalisé. J’ai eu la joie d’écrire à quatre mains avec Dix lunes sur la rééducation périnéale et de collaborer très ponctuellement aux Vendredis intellos. Enfin c’est avec plaisir que […]

  50. karine dit :

    😉
    Bonne idée de parler de cette rééducation… je dois beaucoup à ma sage-femme, et ses bols, vases, et autres images…
    Un petit mot à ajouter : cette rééducation devrait être une éducation… sexuelle! car pendant des années, bof… sans rire, cela a vraiment compliqué notre vie de couple, genre une fois par mois pour lui faire plaisir…
    J’avais entendu dire que ça pouvait être un plus pour le monsieur; mais je ne savais pas que ça aidait aussi madame!
    Du coup, cela rend les essais pour bébé 2 beaucoup plus agréables!
    Vive le périnée!