Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


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Boire ou se reproduire, faut-il choisir ?

Par  • Le 1 novembre 2011 à 18:42 • Catégorie : Faire un bébé, Grossesse

Un récent dossier de la revue médicale Prescrire relance le débat : peut-on boire (de l’alcool, what else ?) pendant la grossesse  ? Il faut savoir tout d’abord que Prescrire jouit d’un prestige important au sein de la communauté médicale française (plus que Top Santé par exemple…), étant un des rares lieux de débat scientifique médical exempt de l’influence de l’omniprésente industrie pharmaceutique. Ses recommandations sont donc le fruit d’une étude poussée et critique de la littérature internationale. Je n’ai pas accès à l’intégralité du dossier, n’étant pas abonnée, mais le résumé public, s’il rappelle bien sûr les risques liés à la consommation excessive d’alcool, ne recommande pas pour autant l’abstinence totale :

En pratique, il est important d’informer des risques liés à la consommation d’alcool durant la grossesse, mais de manière nuancée, sans culpabiliser d’une éventuelle consommation minime d’alcool. Cette information répétée semble utile pour réduire la consommation des femmes qui ont une consommation à risque. En leur conseillant de ne pas dépasser 4 verres par semaine, et 2 verres en une occasion.

Alors, après avoir appris qu’on se privait de fromages au lait cru pour de mauvaises raisons, va-t-on découvrir qu’on s’abstient en vain d’un bon verre de vin ? Rappelons d’abord que l’alcool ne pose potentiellement problème qu’à partir du moment où la circulation sanguine maternelle se connecte à celle de l’embryon, soit entre deux et trois semaines de grossesse (soit le moment où en théorie vous observez un retard de règles et faites votre test : qui a dit que la nature était mal faite ?).

Par ailleurs, une étude a même montré de meilleurs résultats pour les enfants dont les mères avait bu un peu d’alcool pendant la grossesse (1-2 verres par semaine) par rapport à ceux dont la mère s’était abstenue ; de là à encourager un petit verre aux femmes enceintes…

Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que -contrairement à beaucoup de molécules actuellement médiatisées, comme BPA, parabens etc- la toxicité de l’alcool est tout à fait avérée. Il est notamment reconnu comme « cancérogène pour l’homme » (Groupe 1 du CIRC, soit le plus haut niveau de certitude) et comme tératogène (c’est-à-dire qu’il provoque des malformations congénitales).

Je trouve également intéressant de s’intéresser à ce qu’on sait sur l’impact de l’alcool via le lait maternel. Celui-ci est moins important que lors de la grossesse, puisqu’il y a un effet de dilution (le foetus partage le sang maternel et est donc exposé à la même concentration en alcool, alors que le bébé allaité ingère le lait alcoolisé, celui-ci étant alors dilué dans son sang par l’appareil digestif). En outre, le bébé ne tète pas (toujours) en continu donc il peut éviter le moment où le lait est le plus concentré en alcool, alors que le foetus voit son sang renouvelé en permanence par la circulation maternelle via le placenta. Rappelons enfin que la concentration en alcool du lait est à peu près égale à celle du sang. Ainsi, la Leche league en compilant diverses études montre qu’on n’est pas obligée de complètement renoncer à l’alcool lorsqu’on allaite :

A court terme, l’absorption par la mère d’une dose d’alcool inférieure à 1 g/kg d’alcool pur ne posera généralement aucun problème au bébé allaité.

L’alcootest pour lait maternel Milkscreen se base quant à lui sur une limite de 0.03 % d’alcool dans le lait (notez que chaque rapport utilise une unité différente ce qui ne simplifie pas la comparaison ; mais cela correspondrait à un à deux verres « standard », selon les individus et les circonstances) au-delà de laquelle on observerait un changement des habitudes de sommeil et de tétée des nourrissons, mais ce seuil est également sujet à débat. On voit en tout cas qu’une dose peu importante peut affecter le comportement du bébé : même si cela n’est pas du même ordre qu’une malformation ou qu’un retard de croissance, je trouve que cela incite à la prudence, d’autant plus que comme on l’a vu le bébé allaité est moins exposé que le foetus et qu’il est également plus mature (donc plus résistant, notamment par la mise en place progressive de l’équipement enzymatique permettant de métaboliser l’alcool).

Bref, nous ne sommes pas beaucoup plus avancés. Je pense que tout le monde sera d’accord pour dire qu’un verre de vin pour toute la grossesse n’aura probablement pas d’impact visible sur le bébé, et pour dire qu’une bouteille de vin par jour ce n’est pas une bonne idée. Mais où est la limite entre les deux : c’est bien cela qui fait débat. Il est probable aussi que les variations individuelles soient trop importantes pour pouvoir fixer une limite claire et adéquate pour le plus grand nombre (autre que 0). Et dans le doute, on recommande de ne pas boire du tout. Je comprends la nécessité d’un message simple, surtout dans un pays où l’alcool est hyper banalisé (quoi ? la bière et le cidre ça compte comme de l’alcool ?), mais en même temps je déteste qu’on décide pour moi. Croit-on vraiment que les femmes sont incapables d’appréhender elles-mêmes ce type de problème ? Qu’elles n’ont pas le bien-être et la santé de leur bébé au coeur de leurs préoccupations ? Est-ce qu’on ne peut pas plutôt les laisser décider des risques qu’elles souhaitent prendre ou pas ? Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’approche de Prescrire : « informer des risques (…) de manière nuancée, sans culpabiliser ». Et je ne vois pas pourquoi elle ne ferait pas consensus.

Image : « Attention : la consommation d’alcool peut entraîner la grossesse. » Et cet article est dédié à Mère Bordel à qui je pense à chaque fois que je vois une bouteille de vin…

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136 Commentaires »

  1. @opale, Il y a autant d’alcool dans un verre de vin que dans un verre d’alcool fort (whisky ou vodka), en tout cas, tels qu’ils sont habituellement dosés dans les cafés ou les bars (soit 12,5 cl pour le verre de vin contre 3 cl pour un verre de whisky, par exemple…).

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    opaleNo Gravatar a répondu :

    @pétrolleuse, oui pour les doses servies dans les cafés mais chez nous, on ne sert pas des doses de 3 cl, un peu plus certainement !
    Je voulais dire que je n’aurai jamais pu boire un verre d’alcool « fort » alors que 2 mini coupettes de Champ en ayant mangé, je l’ai fait !

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  2. @emelire, moi ce qui me gave, c’est le non-respect du choix des femmes. 👿
    Si tu as décidé de ne pas boire une goutte, tu auras forcément quelqu’un qui va te dire « allez, enfin, une petite coupe/un petit verre/ une gorgée… ça ne fait pas de mal » et si tu as décidé de t’autoriser un petit verre de temps en temps, il y aura forcément quelqu’un aussi pour te dire « quoi, mais tu bois de l’alcool alors que tu es enceinte! C’est monstrueux »…
    Après bien sûr, je ne dis pas si une femme s’enfile une bouteille de rouge tous les jours, il y a sans doute un problème. 😯
    Mais alors, où va-t-on, quelle est la limite entre liberté individuelle et protection surmenée ? Car, comme dit dans certains commentaires, le pas qui mène à régir strictement le comportement des femmes enceintes et à interdire à certaines d’avoir des enfants peut être vite franchi.

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    pétrolleuseNo Gravatar a répondu :

    @Vervaine, + 10 😉

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    pâte à crêpeNo Gravatar a répondu :

    @Vervaine, encore une fois, personne n’interdit rien à personne. Les femmes sont libres dans leur choix et dans leur consommation. Ce n’est pas parce qu’il y a des critiques désagréables (ou non) qu’elles nous contraignent. Un « foutez moi la paix » est toujours possible.

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    CarolineNo Gravatar a répondu :

    @pâte à crêpe,
    non, personne n’interdit rien à personne… juste que, après, faut pas venir se plaindre ! (mon enfant a de l’asthme, de l’eczéma….)
    moi, ce que j’en dis, c’est que si une mère n’est pas fichue d’arrêter de boire et de fumer pour le bien de l’enfant qu’elle porte, elle n’est pas capable de grand chose pour lui… il y a un minimum de respect à avoir pour la vie !
    après, celles qui peuvent pas n’ont qu’à assumer de ne pas être vraiment de bonne mères… c’est tout… (parce qu’il faut qd même bien regarder les choses en face : si tu fais subir les méfaits du tabac et de l’alcool à ton bébé, t’es juste pas une maman comme il faut, à toi d’assumer)

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    pâte à crêpeNo Gravatar a répondu :

    @Caroline, je ne peux absolument pas aller dans ton sens Caroline, je pense que si on commence à juger autrui ainsi, on peut aller très loin, (pourquoi s’arrêter à la cigarette ou à l’alcool? nourriture, méthodes éducatives, nombre de câlins, habitudes quotidiennes….)et je commence à mieux comprendre le commentaire de Vervaine sur le pas extrémiste bien vite franchi d’entre les « bonnes et les mauvaises mères ».

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    AurélieNo Gravatar a répondu :

    @Caroline, Oui mais là le propos, c’est justement qu’un ou deux verres d’alcool pendant la grossesse n’est pas néfaste pour le bébé ?!

    Et puis, si on suit ton raisonnement, où est la limite ? Si tu ne manges pas bio tu n’es pas une bonne mère ? Si tu donnes des petits pots à ton bébé tu n’es pas une bonne mère ? si tu n’allaites pas tu n’es pas une bonne mère ? Si, quand tu allaites, tu ne manges pas équilibré tu n’es pas une bonne mère ?… On peut aller loin comme ça. (j’exagère exprès pour étayer mon point de vue…)

    Personnellement, j’ai complètement arrêté l’alcool pendant ma grossesse, pour des raisons que j’ai évoquées plus haut, mais je ne me permettrais pas du juger celles qui ont bu un verre ou deux, ou même celles qui auraient un problème d’alcoolisme.

    Je trouve que cette « mode » qui se répand, de la mère sacrificielle est dangereuse. Et je n’ose même pas imaginer les conséquences que cela peut avoir sur le développement psychologique d’un enfant, qui grandit avec cette pression d’avoir eu une mère parfaite (ou qui se définit comme telle), si tant est que ça existe. Comment intégrer pour lui le fait que la perfection n’existe pas, qu’il a le droit de faire des erreurs, etc. ??

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    AurélieNo Gravatar a répondu :

    @Aurélie, je voulais dire « si tu ne cuisines pas bio »

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    pétrolleuseNo Gravatar a répondu :

    @Caroline, 😯 En voilà, un commentaire tout en nuances… De toute façon, quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, on sera toujours la « mauvaise mère » de quelqu’un d’autre 👿 . Et pour rebondir sur le commentaire d’Aurélie, je ne vois pas vraiment pas comment une femme qui se permet d’émettre des jugements aussi sommaires et expéditifs peut parvenir à donner à son enfant une éducation saine et à l’élever dans le respect d’autrui… Une certitude : les mères qui se veulent « parfaites » sont les pires mères qui soient…

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    opaleNo Gravatar a répondu :

    @pétrolleuse, oui, les mères qui se veulent « parfaites » sont les pires mères qui soient : plutôt d’accord !
    Et Caroline, il faut pas être trop rigide et extrêmiste dans tes propos : la vie, c’est pas tout noir, tout blanc, il y a des nuances ❗ ❗ ❗
    J’ai bu, comme je l’ai dit, deux coupes en ayant mangé en 9 mois et je ne suis pas du tout d’accord avec tes propos car j’ai l’impression que tu me mets dans le même sac que ces mauvaises mères qui picolent régulièrement pendant leur grossesse 👿 👿 👿

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Caroline, je crois que l’addiction à une substance ou une autre est une pathologie qui touche inégalement certaines personnes, à la fois en fonction de leur patrimoine génétique (il y a des gènes qui modulent ces comportements, cf http://www.destinationsante.com/Tabac-quand-la-genetique-se-joue-de-notre-addiction.html par ex) et de leur histoire personnelle. A mon sens il est aussi contre-productif et déplacé de juger une personne parce qu’elle a développé une addiction (à la cigarette ou à l’alcool par exemple) que parce qu’elle serait victime de diabète ou de paraplégie. Et c’est la même chose pour l’obésité (il y a des enfants qui sont retirés à leurs familles pour cela, je trouve ça très violent pour tout le monde). C’est facile de juger si on ne l’a pas vécu soi-même. A mon avis la compassion et surtout l’aide médicale (tant sur la chimie de l’addiction que par la psychothérapie, à adapter selon les cas) sont bien plus efficaces et utiles que la condamnation et la culpabilisation.

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    pâte à crêpeNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, clap clap clap. Well said.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @pâte à crêpe, merci 😀

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  3. @pâte à crêpe, intéressant… Et donc, comment te sentais-tu par rapport à ça ? As-tu réussi à arrêter après? As-tu décidé d’engager des actions pour arrêter (genre patch, médoc, toute autre méthode) ?
    Est-ce le fait d’être enceinte/d’avoir une enfant qui te fais arrêter/réfléchir sur la clope?
    Je ne dis pas ça par curiosité sur ton cas personnel 😉 mais pour essayer de faire le rapprochement avec le « une femme DOIT tout faire pour son enfant » ou bien le « mon enfant a changé ma vie » ou encore « je suis accro à … mais j’assume » ou bien aussi « je suis accro à… mais je culpabilise »…

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    pâte à crêpeNo Gravatar a répondu :

    @Vervaine, ce que je vais dire ici est très personnel et difficile à raconter et à entendre, mais je sais que dans la vraie vie il a aidé des gens de mon entourage à réfléchir, alors, vu qu’ici beaucoup de gens viennent pour prendre des idées et débattre j’y vais.
    J’ai fumé ma dernière cigarette en allant à la maternité pour accoucher il y a donc 3 ans, avec dans l’idée de ne pas me fermer de porte pour reprendre quelque temps après. Je n’ai pas fumé pendant l’allaitement, je n’ai pas fumé après car nous vivions en appartement, si nous avions eu un jardin j’aurais repris. Ce qui me motivait était l’allaitement, et surtout de ne pas mettre une couche supplémentaire de stress vu que déjà j’étais pas très jouasse avec mon nouveau né: en gros je ne voulais pas penser: » il faut qu’il dorme pour que j’aille fumer ».
    Ensuite, j’avais plus ou moins imaginé reprendre et on a diagnostiqué à mon père un cancer du poumon qui l’a emporté en 3 mois.
    En tant que fille qui a vu son père mourir de la cigarette, aspiré par ce truc, souffrir, maigrir de 30kg en 3 mois, être terrifié, délirer et arrêter de vivre sans s’en apercevoir, JAMAIS je ne pourrais refumer avec dans l’idée que je puisse faire subir cela à mon fils.
    Voilà comment je me place en tant que mère ex fumeuse. J’ai parfois envie d’une cigarette mais certaines images insupportables m’en dissuadent assez vite. Pour moi, c’est cela qui est irresponsable: il n’y a pas de vieux fumeurs et nous n’avons pas le droit de nous mettre en danger, ce sont nos enfants qui nous regarderont mourir.
    Peut être est ce glauque ou déplacé, mais l’addiction c’est cela aussi, alcool ou cigarette.
    Est ce que j’aurais repris la cigarette malgré la mort de mon père, sans avoir d’enfant? Je crois malheureusement que oui.

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    pâte à crêpeNo Gravatar a répondu :

    je précise, à la lecture de certains commentaires et en prenant en compte le côté « prise d’otage » des histoires sordides, que je ne juge personne, mon mari fume toujours, que l’irresponsabilité dont je parle est un ressenti personnel et absolument pas appliqué aux autres.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @pâte à crêpe, merci pour ton témoignage très fort et personnel ! Je ne sais pas si au niveau de la dépendance l’alcool est à mettre sur le même plan que la cigarette, puisqu’une grande partie de la population française consomme occasionnellement de l’alcool sans pour autant développer une addiction. Je suis sans doute plus addict au sucre (et à internet ?) qu’à l’alcool, tout le monde s’en fout mais peut-être vais-je devenir diabétique à cause de ça ? Après les études s’affrontent entre les bienfaits pour la santé du vin rouge ou de la bière et les effets négatifs de l’alcool ; honnêtement je ne sais pas et de toute façon ce n’est pas cela qui m’empêchera de prendre un verre (ou + 😳 😆 ) à l’occasion. Et la limite est toujours ténue entre le plaisir et l’addiction je trouve, sans compter qu’à part quelques cas bien clairs (l’alcoolique qui a une cirrhose et/ou un cancer) il n’est pas souvent possible de déterminer la cause d’un cancer.

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  4. @Caroline
    😈 😈 😈 ce genre de comm !!!

    Qu’on se le dise, je suis donc une mère en dessous de tout … et j’ai récidivé 4 fois ….

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  5. @toutes celles qui s’excitent sur leur clavier : je ne cherche pas à être une mère parfaite. je suis juste une mère qui pourrait donner sa vie pour ses enfants. après, chacune fait comme elle veut, le tout s’est d’assumer ses choix ! moi ça m’est bien égal !

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  6. @emelire, personnellement je n’ai pas non plus bu d’alcool pendant mes deux grossesses mais je trouve que c’est infantilisant de donner un discours biaisé aux femmes, je pense qu’elles sont en capacité d’entendre, de comprendre et de faire leurs propres choix éclairés. Parce qu’après on finit par lire aussi un peu n’importe quoi sous prétexte du principe de précaution (cf France Guillain dans son livre sur l’allaitement qui soutient sans aucune preuve scientifique qu’une femme devrait éviter l’alcool et le café pendant toute sa vie reproductrice ! oui ben vivre c’est mauvais pour la santé, en fait c’est mortel d’ailleurs, too bad). Et on finit par voir la femme comme le vaisseau réceptacle du bébé en oubliant (à dessein ? 👿 ) que c’est un individu pensant et avec ses propres droits et besoins. Je sais bien que ce n’est pas ton cas mais je pense qu’on doit être vigilant sur ce point.

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  7. @emelire, je parlais bien sûr de façon bien plus générale que le cas du verre de vin, mais la phrase de Caroline m’a vraiment choquée (cf mon commentaire juste au-dessus).

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  8. […] – La poule pondeuse encore qui nous offre un très bon article sur alcool et allaitement. […]

  9. Je lis cet article avec beaucoup d’intérêt et j’aimerais moi aussi avoir un vrai discours scientifique plutôt qu’un discours simpliste et pouvoir faire mes propres choix de manière éclairée… 🙄

    Je suis une maman allaitante d’un bébé de 6 mois. Samedi soir dernier j’ai eu le malheur de boire un verre de cidre doux à 2,5% (on n’a pas tjs envie de s’abstenir, surtout après 9 mois de grossesse + 6 mois d’allaitement au régime sec). Résultat, parce que j’applique le principe de précaution, j’ai préféré jeter tout le lait de la tétée du dimanche matin… ça m’a fait un peu mal au coeur quand même… Mais est-ce qu’un verre de cidre en 15 mois aurait eu un réel impact sur les neurones de mon bébé? Plus ou moins que les ondes Wifi qu’il reçoit toute la journée ? 🙄

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    OpaleNo Gravatar a répondu :

    @Monica, j’ai allaité ma fille 13 mois et je ne pense pas qu’un petit verre de cidre (doux en plus donc pas fort en alcool, c’est une normande qui te répond 😆 )ait des conséquences graves pour ton bébé, d’autant que tu as tiré ton lait pour le jeter mais ce n’était pas la peine car tu avais bu le soir donc il ne devait plus y avoir ou alors très très peu d’alcool dans ton lait !
    Moi, je faisais attention mais après plusieurs mois sans alcool (entre grossesse et allaitement), vers les 6/7 mois de ma fille et quand elle tétait moins, je buvais une coupe de champ’ de temps en temps et n’allaitais pas pendant 2/3 heures, je mangeais bien et n’avais pas d’inquiétudes pour mon bébé.
    C’est mon expérience, mais je crois que les ondes WIFI sont certainement plus dangereuses pour ton bébé qu’un verre de cidre pris le soir …

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Monica, allons ce n’est pas un malheur de boire un verre de cidre (sauf si tu aurais pu avoir un verre de vin à la place ? :mrgreen: ). Une consommation modérée et occasionnelle d’alcool pendant l’allaitement n’est pas proscrite, voir http://www.dspq.qc.ca/documents/Lactazine_mars_09_000.pdf et http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-64-Alcool-et-allaitement.html
    Enfin le taux d’alcool dans le lait est équivalent à celui du sang, il est dynamique (la synthèse du lait est également dynamique, il n’y a pas un stock fixe qui se remplit comme une chasse d’eau…), donc il est parfaitement inutile de tirer le lait pour enlever le « mauvais lait » des heures plus tard (quand le peu d’alcool du verre de cidre est éliminé depuis longtemps). Quant aux ondes wifi rien n’a été prouvé 😉
    En bref profite de ton bébé, de ton allaitement, en surfant sur le net avec un petit verre de temps en temps 😆

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  10. Une fois que mes enfants ont « fait leurs nuits », j’ai de temps à autre bu un verre… Le lendemain, l’alcool est éliminé : voir le lien pour un calcul du taux d’alcoolémie (Attention, il y a des variables interindividuelles!) Ca permet de faire une estimation. En tout cas, un verre d’alcool, plus de 3 ou 4 heures plus tard, je crois que c’est bon!

    http://www.prevention.ch/alcoolecole2.pdf

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    ZulieNo Gravatar a répondu :

    @G., Oui, sauf que le lait est produit en continu. Donc il faudrait en théorie tirer son lait après quelques heures et le jeter. Cela dit, il semble qu’un verre occasionnel n’ait aucun effet (mesurable), surtout sur un bébé de plus de 3 mois : http://vivian.noel.free.fr/allait/alcool.htm
    A titre d’info et pour mieux comparer les données de l’article, une boisson alcoolisée standard contient 12g d’alcool.

    Vers la fin de l’article est même indiqué ceci :
    « Une mère alcoolique peut-elle sans danger allaiter son nouveau-né ? Cette question m’a souvent été formulée par des sages-femmes ou des puéricultrices. Je réponds toujours par l’affirmative. Les recherches sicentifiques ont toutes montré que la faible quantité d’alcool susceptible d’être présente dans le lait maternel est pratiquement sans danger pour l’avenir à long terme du bébé. L’allaitement maternel a trop d’intérêt pour la bonne installation des interactions mère-enfant pour qu’on le déconseille chez les femmes dépendantes de l’alcool, et donc malades alcooliques. » !!!

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    ESNo Gravatar a répondu :

    @Zulie,

    « Oui, sauf que le lait est produit en continu. Donc il faudrait en théorie tirer son lait après quelques heures et le jeter. »

    Il me semble avoir lu que le taux d’alcool dans le lait est le même que dans le sang grosso modo (vu que le lait est produit en continu, justement, il se renouvelle sans cesse) et que donc tirer son lait est inutile, le taux d’alcool dans le lait baissant au fil des heures comme celui dans le sang…

    Répondre

    ZulieNo Gravatar a répondu :

    @ES, Le taux d’alcool diminue, certes, dans le lait comme dans le sang, mais le lait n’est pas « renouvelé ».

    Les seins se remplissent petit à petit entre deux tétées, comme un récipient sous un robinet. Plus exactement même, ils se remplissent plus vite au début (juste après la dernière tétée) et le remplissage ralentit de plus en plus au fur et à mesure que les seins sont pleins (pour éviter les engorgements).

    Et comme il n’y a pas de foie dans les seins pour épurer le lait déjà stocké, l’alcool qui est déjà là ne disparaîtra pas.

    C’est plus clair comme ça ?

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Zulie, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi ; la synthèse du lait n’est pas statique (ie le réservoir de lait qui se remplit, se remplit, sans pouvoir se vider, jusqu’à explosion ?? 😆 ). Le lait peut être « détruit » dans le sein, sinon on ne pourrait jamais arrêter d’allaiter sous peine de tirer régulièrement ou de se retrouver avec des engorgements massifs (bien sûr l’équilibre est différent pour chaque femme et au fil de l’allaitement). Et les données montrent que le taux d’alcool du lait change en même temps que celui du sang, les échanges se poursuivent même après la synthèse du lait (cf http://meilleurdepart.org/resources/alcool/pdf/desk_reference_fre.pdf par exemple).

    Répondre

    ZulieNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, Ok, je ne savais pas qu’il y avait autant d’échanges par la suite.
    Concernant le « remplissage jusqu’à explosion », je dirais que c’est pourtant comme ça que ça marche chez moi, même après plus d’un an d’allaitement ! 😆

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Zulie, ha ha ha oui c’est ce que je voulais avec l’équilibre qui diffère d’une situation à l’autre 😉

    Répondre

    ESNo Gravatar a répondu :

    @Zulie,
    C’est plus clair, mais ça ne correspond pas à ce que j’ai lu par ailleurs. Voir aussi le post de la poule pondeuse ci-dessus (réponse à Monica datant du 7 mars à 11h03).

    Je sais bien que la vitesse de production du lait dépend du degré du remplissage des seins.
    Mais j’ai toujours lu que l’alcool dans le lait diminuait à la même vitesse que celui qui est produit dans le sang.

    Voir par exemple:

    http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-64-Alcool-et-allaitement.html

    « L’alcool passe dans le lait, où il se trouve à un taux similaire à celui présent dans le sang (soit très faible habituellement), mais ne modifie pas la composition du lait. Ni en bien, ni en mal. Divers facteurs influencent ce passage : degré alcoolique du liquide ingéré, rapidité avec laquelle il est ingéré, quantité d’alcool absorbée, le fait que l’estomac soit vide ou non, le poids de la mère et sa masse grasse. La réponse à l’ingestion d’alcool est différente chez les femmes allaitantes et chez les femmes non allaitantes.

    Une étude a montré que la biodisponibilité de l’alcool était moindre chez les femmes allaitantes ; le pic sanguin serait moins élevé, et l’élimination serait plus rapide. La présence d’aliments dans l’estomac ralentit l’absorption de l’alcool, surtout si ces aliments sont riches en graisses. L’alcool est métabolisé par le foie à une vitesse fixe ; le temps nécessaire à éliminer l’alcool suivra donc une courbe linéaire en fonction de la quantité d’alcool absorbée. Le pic lacté est observé au bout de 30 à 60 minutes si l’alcool a été consommé à jeun, et au bout de 60 à 90 minutes s’il y a eu prise d’aliments. La baisse du taux lacté est parallèle à celle du taux sérique : quand le taux sanguin d’alcool baisse, l’alcool présent dans le lait repart dans le sang. Tirer le lait n’aura strictement aucun impact sur la rapidité d’élimination de l’alcool. »

    Et aussi:

    http://vivian.noel.free.fr/allait/alcool.htm

    « Le pic lacté est observé au bout de 30 à 60 minutes si l’alcool a été consommé à jeun, et au bout de 60 à 90 minutes s’il y a eu prise d’aliments. La baisse du taux lacté est parallèle à celle du taux sérique, par diffusion de l’alcool vers le secteur où la baisse est la plus rapide. Tirer le lait n’augmentera pas la rapidité d’élimination de l’alcool, ni au niveau du lait, ni au niveau de l’organisme. »

    As-tu des références à ce sujet ?

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  11. Merci à La Poule et ES pour les références. C’est bien les infos que j’avais, sans pouvoir citer de sources… et pas eu le temps de faire une recherche Internet!!! Merci!

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  12. On pourrait également étendre le sujet à l’alimentation. Si déjà on savait ce que l’on mange et ce que contiennent nos aliments en pesticides et autres produits chimiques !

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