La naissance de l’Oeuf

eclosion Puisque ça semble intéresser la basse-cour, voici plus de détails sur la naissance (la ponte ? l’éclosion ?) de l’Oeuf.

Commençons par le détail des faits, en essayant de rester succincte. Dimanche en fin d’après-midi, j’ai rendez-vous avec la sage-femme pour une énième consultation de dépassement de terme. Elle me propose un décollement des membranes que j’accepte. Je rentre tranquillement à la maison où les contractions s’installent dans la soirée. Vers minuit, ma mère est arrivée pour garder le Poussin et la sage-femme prévenue, nous partons pour la maternité. La salle de pré-travail est très agréable, elle ressemble plutôt à une grande chambre d’hôtel avec un lit double, un canapé et une grande baignoire. Nous restons là plusieurs heures, au rythme du travail qui s’intensifie. La sage-femme écoute régulièrement le cœur du bébé et me propose différentes positions ou options pour mieux supporter la douleur (bain, ballon…), mais elle nous laisse tous les deux la plupart du temps. La douleur monte crescendo et j’ai de plus en plus de mal à la supporter. Le Coq alterne entre se faire broyer les mains et me masser vigoureusement les reins (j’avais des marques le lendemain…).

Après un dernier bain, je décide de passer en salle de naissance (on ne peut pas accoucher dans la salle de pré-travail car elle n’est pas au même étage que le bloc opératoire…) car j’ai peur de ne plus pouvoir bouger après. Arrivés là, la douleur devient carrément intenable. J’ai l’impression d’être dans un épisode de 24 heures face à Jack Bauer sauf que je n’ai pas la moindre idée de quoi lui dire pour qu’il arrête. Je ne trouve rien qui me soulage, je voudrais juste que ça s’arrête, même cinq minutes. La sage-femme m’explique que le bébé n’arrive pas bien à s’engager car la poche des eaux est très importante et l’empêche de progresser. En prime il se présente dos contre mon dos (en OS pour les intimes*), ce qui est moins favorable. Il peut y en avoir encore pour deux heures, et je ne vois déjà pas comment je vais pouvoir supporter la prochaine contraction (même en hurlant et en insultant tout le monde). J’essaie le gaz hilarant mais le masque m’étouffe, je n’arrive pas à le garder. La sage-femme propose soit de percer la poche des eaux soit d’appeler l’anesthésiste. Je prends la première option même si la seconde est plus que très tentante (mais je m’imagine que le temps total pour avoir l’anesthésie risque d’être proche du temps qu’il reste pour que le bébé sorte). La rupture de la poche est censée rendre les contractions plus douloureuses, mais dans mon cas cela les rend un poil moins intolérables. Je trouve une sorte de second souffle en me mettant à quatre pattes sur la table d’accouchement et en poussant un peu pendant les contractions. Je n’irais pas jusqu’à dire que ça va mieux, disons plutôt qu’au lieu d’envisager de sortir le bébé en m’ouvrant le ventre avec les dents je me dis que je pourrais peut-être tenir quelques minutes de plus. Le bébé en question progresse, j’essaie de l’accompagner ou au moins de ne pas me bloquer mais chaque nouvelle sensation semble encore plus douloureuse que la précédente. Il est à nouveau bloqué par un reste de col, que la sage-femme doit tenir pendant qu’une contraction lui permet d’avancer, tandis que je lui hurle d’arrêter (je vous laisse imaginer à quel point ce type d’opération peut être agréable). Finalement il arrive enfin au dernier passage, horrible sensation de brûlure qui me paraît interminable mais au moins la fin est là. La sage-femme me propose de toucher sa tête, je lui crie de le sortir, je veux juste que ce soit fini et vite. Et là, enfin, enfin, enfin, tout s’arrête. Il est 6h07.

Je m’allonge sur la table pendant qu’elle débobine le cordon (apparemment y en a qui faisaient des scoubidous pour passer le temps ces derniers jours) puis me donne le bébé. Sans doute le contre-coup de l’épreuve, je me mets à grelotter violemment, je suis transie de froid. La sage-femme craint que cela n’annonce un problème mais finalement un bon édredon suffit à me réchauffer pour faire la connaissance de l’Oeuf. Lui est très calme, il ne pleure pas et nous regarde. Le cordon a cessé de battre, la sage-femme le coupe (ni le Coq ni moi n’en avons envie). Le placenta est déjà décollé, je n’ai qu’à pousser quelques fois pour le faire sortir ; voilà au moins une source potentielle de problèmes facilement évacuée. L’Oeuf demande rapidement le sein et le tète goulûment. Tous les soins sont fait dans mes bras, à part la pesée bien sûr qui est faite sur la table d’à côté. La suite est beaucoup plus ennuyeuse et agréable : nous restons encore dans la salle, le temps de prendre le petit déjeuner, avant de remonter dans notre « chambre » de pré-travail, où nous attendons le pédiatre en dormant tous les trois sur le grand lit. Enfin vers 16 heures, toutes les formalités réglées (et déjà marre de la clinique), nous repartons tous les trois à la maison.

Voilà grosso modo pour les faits, le plus délicat étant maintenant d’essayer de prendre un peu de recul sur cette expérience et de tenter une sorte de bilan. Il s’agit bien sûr de ma petite expérience personnelle qui n’a pas valeur de généralité ; chacune vit les choses différemment. Evidemment, je ne peux pas m’empêcher de comparer avec la naissance du Poussin, bien différente puisque sous péridurale. Franchement, je ne m’attendais pas à souffrir autant. J’étais beaucoup plus sereine et joyeuse lorsque j’ai donné l’ultime poussée qui a fait sortir le Poussin ; je ne peux honnêtement pas dire que la naissance de l’Oeuf était le plus beau jour de ma vie. Et je n’ose pas imaginer ce que cela peut être de vivre une naissance sans péridurale avec un protocole rigide à supporter (monitoring continu, position imposée etc) ; en ce qui me concerne je pense que c’est purement et simplement de la torture. J’ai lu un certain nombre de récits de naissances physiologiques où les femmes racontent avoir enfin senti toute la puissance de leur féminité, et vécu une expérience quasi-mystique. Personnellement la puissance de ma féminité je la sens mieux avec une tenue séduisante qu’à quatre pattes les fesses à l’air à hurler que je n’en peux plus et à insulter tout le monde. Ce ne sont pas non plus des circonstances dans lesquelles je me sens fière et triomphante ; j’ai plus l’impression de m’en être pris plein la figure que de pouvoir me vanter d’avoir passé une épreuve difficile.

Ceci dit autant j’étais curieuse de cet aspect, autant ce n’était pas ma motivation première pour accoucher dans ces circonstances. Pour moi, il s’agissait de donner toutes ses chances à l’Oeuf pour avoir une naissance aussi physiologique que possible. Dans ce sens, c’est plutôt un succès. Ce n’était pas une naissance facile : gros bébé se présentant « mal », poche des eaux gênant la progression… L’absence de péridurale m’a « forcée » à me mettre à quatre pattes ce qui apparemment lui a permis de s’engager et de progresser efficacement, et même de faire le grand tour pour arriver dans la « bonne » configuration (présentation OP). Il n’est pas impossible qu’en d’autres circonstances il ait été nécessaire de recourir à une méthode instrumentale (forceps ou autres) pour l’aider à sortir. Je ne sais pas dans quelle mesure cela a joué, mais il est arrivé avec une tête parfaitement ronde et lisse, et un calme olympien (pas comme sa mère). Ceci dit son frère n’était pas dramatiquement différent sur ces points.

En ce qui me concerne, sur le plan physique, j’ai un gros bonus : mon Oeuf de 4,4 kg et 36 cm de périmètre crânien a laissé mon périnée intact, sans une égratignure. Très appréciable. D’après la sage-femme, la délivrance a été accompagnée d’une perte de sang minime, ce qui est également positif. Je récupère plutôt vite et bien, mais c’était aussi le cas pour la naissance du Poussin.

Finalement, si troisième il devait y avoir, je ne sais pas honnêtement ce que je ferais. Le Coq (qui trouve le récit un peu édulcoré : rajoutez ça et là une bonne dose de hurlements et autres menaces de vasectomie pour compléter le tableau) m’a déjà dit que ce serait avec péridurale ou sans lui, pour vous donner une idée du bon moment qu’il a passé (enfin il reste ouvert à la discussion). De mon côté j’ai déjà du mal à envisager de revivre ça, et encore moins sans lui. En toute honnêteté je ne sais pas si les bénéfices retirés valaient un tel prix pour moi. Mais on a du temps pour y réfléchir…

Quant à la suite des aventures avec le retour précoce à la maison, je vous en parlerai dans un prochain billet. En attendant il est temps de rebaptiser les poussins après l’éclosion de l’Oeuf : le Poussin devient Pouss1 et l’Oeuf Pouss2.

*Pour tout savoir sur les différentes présentations, voir le site de Césarine.

(Image : This is Broken)

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205 Responses to “La naissance de l’Oeuf”

  1. suzie dit :

    @Anne, Non, non, je ne disais pas ça pour toi. C’était juste pour compléter ton propos et après toutes les réflexions déjà données par les unes ou les autres ci-dessus, parce que je trouve que c’est parfois un peu trop manicchéen. J’avais très bien compris ce que tu voulais dire et je souhaitais juste mettre en mots ce que cela avait évoqué chez moi… 😉

  2. @Zaza, ha ha le chéri il a tout compris 😆 🙄

  3. @oph14, c’est un beau roman, c’est une belle histoire :mrgreen: (bon OK je ➡ )
    Sérieusement je trouve incroyable cette diversité des parcours et des ressentis ! En tout cas j’espère que tout se passera au mieux pour BB4.

  4. @Eve, moi je préfère pas savoir jusqu’où on m’a entendue 😳

  5. @Charlotte, oui l’accompagnement global c’est vraiment top, après péri or not péri, c’est à voir au cas par cas je crois. Pour le PC c’est comme tout, pas grand chose de prévisible ni de loi générale pour tout ce qui touche à la naissance 😉

  6. @Coquillette, quand les effets de la péri s’estompent, c’est encore pire que de ne l’avoir jamais eue je crois…

  7. @emelire, pour autant je ne regrette pas mon accouchement, c’est juste que je ne recommencerais pas tous les jours ! Ceci dit je crois qu’il y a des femmes qui accouchent sans péri et dans le calme 😉
    Mais le plus important est que tu aies bien vécu ces moments !

  8. @sophie, avoir le choix c’est vraiment le principal je trouve.

  9. @suzie, j’ai aussi eu un accouchement « respecté » sous péri, c’est aussi pour ça que j’ai des sentiments un peu mitigés sur mon expérience sans péri. Si j’avais très mal vécu la naissance de Pouss1 ç’aurait sans doute été différent.

  10. @Sylvie, hum pour les commentaires c’est vrai que ça va vite !
    Je trouve aussi dommage que la péri soit vue un peu comme un passage obligé, alors qu’il y a des accouchements pour lesquels elle n’est pas nécessaire. Effectivement un geste de ce type, même parfaitement maîtrisé, n’est jamais anodin.

  11. dafodil dit :

    Wahou, quel récit! Bravo pour ton honnêteté, en effet!
    Le fait que tu aies eu un décollement des membranes a peut-être joué sur la douleur, non?

    En ce qui me concerne, j’ai vécu 2 accouchements sans péri, avec des ressentis très différents.
    Pour ma 1ère fille, il y a 7 ans 1/2, je ne savais pas grand chose de l’accouchement… à un moment j’avais pensé à l’AAD mais c’était trop inconnu, ça me faisait trop peur. J’ai eu un suivi lambda par une gynéco dans la maternité du coin (et j’en garde un mauvais souvenir: très longue attente avant chaque rendez-vous pour finir dans un cabinet glacial pour 1/4 d’heure d’examen et un speculuum tout aussi glacial!) Je n’avais pas réfléchi beaucoup à mon accouchement, tout ce que je savais c’est que je le voulais tranquille et si possible sans péri.
    Mon homme de l’époque a été très intelligent car le jour J, il a invité une copine à boire l’apéro ce qui m’a permis de ne pas être trop concentrée sur ma douleur et de bien gérer le début de travail. Et j’ai eu la chance en arrivant de tomber sur une SF qui m’a beaucoup soutenue et permis un travail sans monitoring continu et sur un ballon, sans jamais me proposer la péri.
    Par contre, j’ai quand même finie épuisée (levée depuis 5h30 par l’excitation liée aux 1ères contractions, et ma fille n’est née qu’à 1h20 le lendemain matin) et en position gynécologique avec une perf d’ocytocine, complètement perdue et ne sachant plus ce que je devais faire… La SF m’a montré les cheveux de mon bébé avec un miroir, et ça ça a été décisif, car j’ai su que c’était la fin! Et j’ai eu le grand bonheur de pouvoir la prendre moi-même sous les bras pour la faire sortir de mon ventre, une sensation indescriptible!

    Pour le 2e, il y a 18 mois (et avec un autre Coq), ce qui m’a motivée ça a d’abord été de chercher un accompagnement plus respectueux. Et puis très vite l’idée de l’AAD a refait surface. Cette fois je m’en sentais capable après ce 1er accouchement. Je me suis préparée en lisant beaucoup de récits de naissance AAD et ça a été déterminant pour moi parce que j’ai compris que la douleur pouvait avoir un sens, celui de mieux ressentir les positions qui aidaient à la naissance du bébé. Cet accouchement a été très fort car j’ai beaucoup plus été à l’écoute de mes sensations. La douleur a été très supportable pendant la plupart du temps, car les contractions étaient très intenses mais courtes et je pouvais être soulagée entre chaque. Le seul moment où j’ai perdu les pédales ça a été dans la voiture quand, en désespoir de cause et ne parvenant pas à joindre ma SF, nous avons décidé de partir à la mater. Là j’ai bien cru accoucher dans la voiture. Arrivée là-bas à dilatation complète, tout a été très rapide ensuite! Et aussi étonnant que ça puisse paraître, je m’attendais à la brûlure du passage dans le vagin et au contraire j’ai ressenti du soulagement (je pense que c’est parce que je me suis retenue dans la voiture).

    Désolée, j’ai fait carrément un roman mais moi je n’ai pas de blog alors je me lâche sur le tien! Et puis j’avais envie de rassurer sur l’accouchement sans péri…
    Aujourd’hui, je n’ai pas envie d’accueillir un autre enfant, mais par contre je serais prête à signer tout de suite pour une autre grossesse et un autre accouchement. Ce que j’ai beaucoup aimé dans ces moments là, en dehors de la magie de la rencontre avec mes filles et du partage avec mes coqs, c’est justement la sensation d’être poussée à mes limites et de ne plus être dans la maîtrise de soi… ce que d’autres sans doute appellent l’animalité.

    Merci pour ton blog toujours très passionnant.

  12. emelire dit :

    tu m’écris : « Ceci dit je crois qu’il y a des femmes qui accouchent sans péri et dans le calme » ;o)) Je veux bien le croire aussi mais à te lire … ;o) ^^ Les accouchements de femmes de mon entourage, aussi bien les anciennes (mère, belle mère, tata…) que ma génération, cousines ou amies de mon âge … ben AUCUNE n’a accouché dans ce que j’appelle ‘le calme’ qu’elles aient eu … ou non la péri. C’est à dire que même avec péri … mes amies qui l’ont eu ou ma copine de chambre en maternité … m’ont dit avoir vraiment souffert et perdu les pédales à un moment. En fait, ce « calme » que je voulais VRAIMENT, m’a poussée à faire une préparation avec la sophrologie … (et non à envisager une péridurale a-priori, d’ailleurs dans mon dossier, lorsqu’on m’a posé la question ‘désirez-vous une péri’ j’avais dit que je ne savais pas si oui ou non je la voulais, que je verrais bien ‘le moment venu’ puisque c’était possible là où j’ai accouché) … Je pense que le ‘calme’ auquel j’aspirais tant, j’ai pu l’obtenir en combinant les 2 : la sophro et une péri peu dosée, j’ai tout senti, pu pousser, etc. Sans la sophro j’aurais été + crispée, j’aurais + souffert car je n’aurais pas pu gérer les 16 h de contractions, me détendre vraiment et être confiante, etc. J’ai été heureuse aussi de l’ambiance avec la toute jeune infirmière présente pendant l’accouchement, qui m’en a reparlé quelques jours après comme un beau moment, et la sage femme a eu des mots qui m’ont beaucoup touchée aussi. En fait je pense que la préparation à la naissance (moi c’était la sophro mais il y en a d’autres) est hyper importante.

  13. @cyann, c’est marrant cette histoire de poche des eaux, je dois être la seule mutante de l’espace que la rupture a soulagée 😆 (comme quoi encore une fois il n’y a pas de loi générale)
    Tant mieux en tout cas si cette expérience t’a permis de mieux vivre ton maternage.

  14. @dafodil, le lâchage est tout à fait autorisé voir recommandé :mrgreen:
    Je crois que cette sensation d’être poussé à ses limites, d’animalité, est très diversement appréciée selon les femmes ! En ce qui me concerne, je n’ai pas détesté mais je n’ai pas adoré non plus…
    Pour le décollement honnêtement je ne pense pas que ce soit ça le problème, c’est désagréable sur le coup mais les douleurs vraiment insoutenables sont venues quasi 12 heures après donc ça me paraît un peu loin.

  15. @emelire, j’ai fait aussi une prépa sophro avec la sage-femme. Mais bon honnêtement au stade où j’en avais vraiment besoin plus rien ne marchait 🙄
    Mais je suis bien d’accord que la préparation est importante, j’encourage tout le monde à trouver celle qui lui conviendra et à s’y mettre ! Surtout si on veut éviter la péri, mais pas que (car il n’est jamais certain qu’on l’aura le jour J). Après pour le calme, évidemment un accouchement c’est quand même quelque chose de très fort, donc ça dépend de ce qu’on appelle « calme » mais disons qu’il y en a qui vivent ça plus sereinement que moi :mrgreen: , cf certains des commentaires.

  16. Tif dit :

    Coucou la poule et la basse cour,

    La poule, je te trouve très courageuse d’avoir fait ce que tu as fait… J’ai bu tes mots, tes phrases et j’ai vécu avec toi l’accouchement… Et ça fout les jetons!

    Comme je suis encore novice en la matière, j’ai une question toute bête qui me taraude: quel est l’intérêt d’accoucher sans péridurale? C’est un peu naïf comme remarque, mais si ça permet de retirer un peu de douleur, je me demande pourquoi tenter l’expérience sans? Est ce que la péridurale est si risquée que ça? 😯
    Retire t-elle toutes les sensations?
    Avant de lire ces quelques lignes, je considérais la péridurale comme une avancée, un progrès, est ce que je me trompe?

  17. @Tif, ha ha, vaste débat ! D’abord pour répondre à ta dernière question, oui la péridurale est indéniablement un progrès, une avancée. Elle a des indications médicales certaines pour lesquelles elle n’a pas d’égale. Cependant c’est une anesthésie, un geste qui n’est pas dénué de conséquences. Est-elle indiquée pour TOUS les accouchements ? Là est la question, et je n’ai pas de réponse tranchée. Il y a des possibilités de complications graves, mais elles sont très rares. Personnellement ce n’est pas ça qui me fait réfléchir (mais je sais qu’il y a des femmes qui la refusent pour ça). La péridurale augmente aussi le taux de certains gestes, comme les extractions instrumentales (forceps, ventouses…) et du coup les épisios, ainsi que le recours à l’ocytocine de synthèse (syntocinon). Elle interfère avec certains processus hormonaux naturels qui concourent au bon déroulement de l’accouchement et à la mise en place du lien mère enfant (par ex des brebis qui accouchent sous péridurale ne s’occupent pas de leur petit -bien sûr nous ne sommes pas des brebis et la péridurale n’empêche pas les femmes de s’occuper de leurs bébés mais cela montre l’interférence hormonale). Voir par exemple http://portail.naissance.asso.fr/docs/odent1.htm (mais Odent est un peu extrême, il ne faut pas prendre au pied de la lettre tout ce qu’il dit sinon culpabilisation +++).
    Tout ça pour dire que je voulais donner toutes les chances à Pouss2 d’avoir une naissance physiologique ; personnellement j’ai fait ce choix plus pour mon bébé que pour moi. Encore une fois loin de moi l’idée de vouloir faire accoucher tout le monde sans, juste d’aider chacune à faire un choix éclairé. Je ne sais pas si ça t’aide ?

  18. Tif dit :

    Si, ta réponse m’éclaire 💡
    Je pensais que l’entrevue avec l’anesthésiste qui vérifie les antécédents permettait de limiter au max les risques…
    Mais tu as raison, quoi que l’on fasse, il en reste toujours!
    Ton acte est donc très altruiste! Je pense que l’expérience avec Pouss1 et la connaissance des tenants/aboutissants a du t’aider dans ton choix.

    Plus le terme avance, plus j’angoisse pour la suite (post accouchement)…il y en assez de tous ces reportages anxiogènes! Je viens d’en regarder un sur le syndrome des bébés secoués…Vaste sujet (déjà abordé par la basse cour?) qui me pousse d’ores et déjà à faire des recherches (infructueuses) sur d’éventuels antécédents de mon assistante maternelle…

  19. @Tif, bon après il faut voir qu’il y a tout une partie qui était assez supportable, en ce qui me concerne. Et puis si je peux éviter forceps + épisio ça m’arrange aussi. Bref.
    Pour la suite, déjà arrête de regarder les reportages anxiogènes :mrgreen: On n’a pas parlé des bébés secoués, parce que je n’ai pas grand chose à rajouter aux campagnes officielles sur le sujet. A priori si ton assistante maternelle avait un antécédent de bébé secoué, j’ose espérer qu’on lui aurait retiré son agrément… Je sais que c’est très dur mais il faut apprendre à faire confiance à la nounou sinon c’est l’enfer.

  20. vivie dit :

    Bonjour, tout d’abord féliçitations pour ce beau bébé, un sacré poids!
    J’ai lu ce récit de naissance,et je n’ai pas été choquée pour la douleur (j’ai moi même accouché trois fois sans péri, la deuxième fois d’un bébé mort né , ce que je savais).
    Par contre j’avoue être assez étonnée qu’à aucun moment tu ne parles de l’arrivée du petit poussin.
    J’aurais voulu lire, au moins un ligne, qui dise la joie de voir ce bébé.
    Il le mérite, non?
    Parce que là, sincèrement, on dirait lire un récit de torture, ou de viol.
    Lorsque j’ai accouché pour la deuxième fois (de ma fille mort née, donc) j’ai effroyablement souffert aussi: accouchement déclenché, peu de liquide, souffrance morale, col ne s’effaçant pas, impossibilité de poser la péri, et bien d’autres) et bien ce récit me fait penser à ça.
    Je ne juge absolument pas,bien entendu, et je trouve trés dommageable moi aussi que la notion de fierté soit ainsi liée à l’accouchement réussit ou non (mon premier enfant a du être réanimée à la naissance, dois je me flageller?!), simplement un tout petit peu de bonheur dans ce récit le rendrait, à mon sens , plus facile à lire et plus « utile », désolée je ne trouve pas le mot adéquat.
    Je suis désolée que tu aies tant souffert (je te tutoies, hein?!),personne ne devrait vivre ça.
    Sinon, pour rassurer quand même, mon troisième enfant est né en pleine santé, et avec un accouchement de rêve, presque sans douleur ,comme quoi c’est possible!
    Je souhaite une longue vie à Pouss2!
    avant d’envoyer ce commentaire, je tiens à préciser que j’ai parfaitement conscience que la violence de ce récit me renvoie à mon histoire personelle,donc déclenche chez moi de la souffrance, que je ne veux faire porter à personne. Simplement, dans ton cas, aussi difficile soit le moment passé, tu as eu la joie d’avoir un bébé vivant et en bonne santé.Pour moi ça n’a pas été le cas, alors je trouve dommage de ne pas dire aussi ta joie.J’espère ne pas te blesser, telle n’est pas mon intention, évidement.

  21. @vivie, c’est vrai que j’ai essayé d’être objective dans mon récit, et finalement je me suis peut-être laissée trop embarquer par le souci de ne pas tomber dans le « c’est que du bonheur trop facile je recommence dès demain ». Alors qu’évidemment une fois que mon bébé était là et que j’avais repris mes esprits j’étais folle de joie de faire sa connaissance, et depuis c’est vraiment le bonheur d’être avec lui.
    Je n’ai par contre pas de mot adéquat pour compatir à ce que tu as vécu pour ton deuxième enfant mais le cœur y est, en tout cas je suis heureuse de lire que tu as eu une belle expérience pour ton troisième.

  22. lilou 17 dit :

    Bonjour la poule.
    cela f

  23. lilou 17 dit :

    bonjour la poule

    cela fait un moment que j’ai découvert ton blog (par hasard en faisant une recherche sur les lavables et l’odeur insupportable d’urine lol !) et que je le parcours avec plaisir.Et cela faisait bien longtemps que je n’y avais pas jeté un coup d’oeil.
    Félicitations pour pouss2 même si ce n’est plus d’actualité (mieux vaut tard que jamais).
    j’ai frissonné d’horreur et parfois presque ri nerveusement en lisant le récit de ton accouchement. Certains passages paraissent irréels quand la douleur est trop violente. j’ai accouché des deux premiers sans péri et j’avais oublié combien c’était extrêmement douloureux (pourtant j’ai eu des accouchements rapides et faciles) . Surtout pour le deuxième je me souviens maintenant que j’étais très pressée qu’il sorte car je me rappelais de la douleur pour la première !Et donc je n’ai pas vraiment pris de plaisir sur le moment .Bien sûr après j’étais aux anges ! (désolée pour ton bébé vivie)
    Pour le troisième c’était que du bonheur ! j’ai eu la péri et franchement j’ai préféré. j’avais des sensations indolores, j’étais « présente »,j’ ai vécu sa naissance à fond. j’ai vu sa tête sortir.Alors que pour les deux premiers j’étais uniquement concentrée sur moi , les contractions et les douleurs!

    longue et heureuse vie à tes deux poussins et à ton blog 🙂

  24. @lilou 17, bon mon récit est très brut de décoffrage mais c’est vrai que pour moi cet accouchement a été un long moment de douleur. La question maintenant c’est de savoir ce qui est le plus important pour moi : mon propre vécu du moment (et là je préfère avec la péri) ou offrir à mon bébé une naissance aussi respectée que possible (et là c’est sans). Bon on verra quand on y sera… 😆

  25. Valérie dit :

    Alors tout d’abord félicitations. Pour avoir accoucher sans péri pour le 2ème, effectivement ça fait mal. Mais en ce qui me concerne cela n’a duré que 2h donc très supportable. J’ai même été surprise que cela ne fasse pas plus mal! oups! Par contre la suite a été horrible puisque j’ai fait une hemorragie de la délivrance et du coup révision utérine sous anesthésie générale. C’est le papa qui a fait connaissance pendant une heure! Apres bébé 2 ne voulait plus du tout le sein et pas moyen qu’il tête sans hurler! alors pas d’allaitement et ça ne m’a pas géné alors que pour le 1er je regrettais. Si 3ème un jour il y a et vu le temperament du 2ème franchment ça ne donne pas envie, j’accopuche à nouveau sans péri car pour ça été fabuleux de tout sentir et j’avais une très bonne prépa à l’accouchement expres sans peri (eutonie). Mais c’est comme pour l’allaitement, je suis contre la culpabilisation qui se pratique en ce moment la dessus. chacune fait comme elle veut et le reste n’a pas d’importance!!! c’est intime et suffisament difficile d’être maman sans qu’on en rajoute! Et aussi aujourd’hui on a le choix! faisons en sorte que cela continue!
    gros bisous et pouponne bien!!!

  26. @Valérie, tant mieux pour la 1ère partie de l’accouchement et désolée pour la seconde ! Moi j’avoue que je ne pensais pas que la douleur serait à ce point. Je m’étais pourtant bien préparée : yoga, sophro… mais à ce stade-là ça ne servait plus à rien 🙄 Je ne sais pas ce que je ferais pour un 3ème ❓

  27. Grozouille dit :

    Alors là c’est fou, je retrouve tout à fait mon ressenti ! Je lis ton blog depuis quelque temps, mais j’ai du retard à rattraper, donc je viens seulement de lire ce post.
    Je constate tout d’abord qu’on a plein de points communs, ça fait plaisir. Les lectures, les avis, les goûts… mais aussi et surtout deux petits garçons, le premier en juillet 2007, le deuxième tout frais éclos, en mars 2010, donc assez proches des tiens je crois.

    Premier accouchement sous péridurale. Je dirais bien serein mais je crois que le papa éclaterait d’un gros rire en me rappelant que je pleurais et criais dans les couloirs que j’en pouvais plus, et qu’on m’achève tout de suite par pitié. Je voulais une naissance physiologique donc j’ai été un peu déçue d’avoir craqué, je l’ai vécu comme une faiblesse. D’un autre côté, j’avais une pompe à main donc j’ai arrêté de mettre le produit environ deux heures avant la fin, ce qui m’a permis de ne pas être insensibilisée pour le grand moment. En plus j’ai essayé de doser pour garder des sensations tout le long, malgré mon intense envie de dormir (ben oui, quand on enlève la douleur, il reste la fatigue). Et au final, un bébé extrêmement zen, qui souriait en ouvrant grand ses yeux alors qu’il avait même pas 24h.

    Deuxième grossesse, je me dis cette fois c’est la bonne, pas de péri, je peux le faire. Et pour être bien sure de pas craquer (bon et aussi pour d’autres raisons),je m’exile. En Estonie, pays de mon homme. Pays de culture scandinave, ce qui implique outre les 98% de femmes qui allaitent à la naissance, une péridurale qu’on obtient en cas de problème seulement. Donc pas le choix. Eh ben j’ai eu très très mal. Vraiment très très mal. Et pourtant ça a été très rapide, 4h tout compris, mais j’en garde un souvenir… j’hésite à le dire mais oui, un souvenir horrifié. Il faut dire que j’ai accouché « par les reins », c’est-à-dire en ayant mal au dos, ce qui fait qu’il n’y a pas de soulagement entre les contractions, juste une montée en puissance permanente et très rapide. Alors là l’animalité je l’ai bien sentie, et tout l’hôpital aussi sûrement, vu le raffut que j’ai fait ! J’avais peur de pas pouvoir me lâcher mais en fait le lendemain c’est à la gorge que j’avais le plus mal, à force de râler et crier.

    Je ne vais pas rentrer dans le détail du déroulement des opérations, disons juste que tout s’est très bien passé, malgré une petite déchirure (deux points de suture) et une frayeur concernant une délivrance un peu lente. Moi aussi je me suis retrouvée grelottante et glacée, mais comme j’ai accouché dans l’eau je croyais que c’était pour ça (l’eau était un peu fraîche à la fin). Et surtout, grosse déception, je ne me sens absolumment pas fière de moi. Je pensais vraiment en tirer un bénéfice d’estime personnelle, le genre je suis au plus près de ma féminité brute… mais non, je dois dire que pour ça moi aussi je préfère les talons et la robe. Le bébé se porte très bien, certes, mais le premier aussi. Et moi j’ai l’impression d’avoir vraiment morflé physiquement, d’ailleurs j’ai plus de mal à m’en remettre. Finalement le plus grand bénéfice de cette expérience, et il n’est quand même pas négligeable, c’est de m’avoir réconciliée avec la péridurale, la mienne et celle des autres, que j’avais un peu tendance (oui j’ai honte) à mépriser.
    J’ai toujours voulu trois enfants, mais pour la première fois j’ai sincèrement douté que le jeu en vaille la chandelle. Aujourd’hui, quelques semaines après, je me dis qu’un enfant vaut bien les quelques heures de souffrances, aussi atroces soient-elles. Mais ce sera pas pour tout de suite !

    En tout cas merci de partager ton expérience avec nous, ça m’a fait un bien fou de me retrouver dans ce que tu écris (et pas seulement pour l’accouchement). Et désolée pour le pavé…

  28. @Grozouille, pas de problème, j’adore les pavés 😉 Pour ma part ça n’influencera pas sur la décision de faire ou pas un futur enfant mais sur la façon dont j’envisagerai les choses pour un futur accouchement. Une des raisons pour lesquelles j’avais fait ce choix est que TOUTES les témoignages d’accouchement physiologique souhaité et planifié que j’ai lus ou entendus se terminent par « je n’accoucherais pas autrement/aucun regret/c’est le top ». Et mon article fait ressortir d’autres témoignages, ce qui est super ! Parce que ce n’est pas forcément que du bonheur (désolée pour la phrase cucul :mrgreen: ).

  29. marine dit :

    bonjour je voudrais savoire conbien de jour il faus quand neuf ecau

  30. Strega dit :

    Ça fait 4 mois que j’ai accouché maintenant et je ne voudrais pas qu’on impute à mon témoignage la fameuse amnésie post-accouchement, j’ai dit ce que je vais vous raconter dès la fin de mon accouchement : je n’ai pas souffert. Et pour faire le distinguo entre souffrance et douleur : je n’ai pas eu très mal, c’est resté dans les limites du supportable. Mon état d’esprit avant l’accouchement : je ne voulais pas de péri (gagné!), pas d’épisio (gagné!) mais je me réservais le droit de recourir à la péri si douleur trop importante (après avoir lu le récit de la naissance de l’oeuf d’ailleurs).
    Mon accouchement : j’ai été réveillée le matin par une contraction (qui m’a vaguement rappelé des sensations nocturnes), il était 7h15. A ce moment-là et jusqu’à 13h environ les contractions ne faisaient pas plus mal qu’une banale douleur de règle. Je pensais même être en faux travail ce qui ne m’empêchait pas d’accompagner chaque contraction comme si le travail avait commencé (histoire de me « rôder »). La matinée a passé avec des contractions qui devenaient de plus en plus rapprochées. Entre chaque, je chantais, écoutais de la musique, « dansais », prenais mon petit-dej,allais à la pharmacie, bref continuais ma petite vie. A 13h, la douleur est devenue plus forte (alors que j’avais pris 1/2 h avant deux comprimés de spasfon roses pour déterminer si j’étais en faux travail) et les contractions vraiment plus rapprochées. Mais la douleur était moins vive que certaines crampes intestinales liées à des gastro que j’ai pu avoir par exemple. Nous sommes partis à 15 h à la maternité, cela faisait alors plus d’une heure que j’avais des contractions toutes les 3-4 mn. On a été pris en charge au CHU à 15h30 (après formalités administratives parce que bon j’avais pas perdu les eaux et que c’était mon premier, donc pas d’urgence), vers 16h la SF m’annonçait que le col était dilaté à 6 (là je me suis dit, c’est bon ça a commencé, mais ça peut encore stagner, on va voir s’ils me proposent la péri ou non). Dans la foulée, j’ai perdu les eaux (debout malgré le monitoring car je ne tenais pas couchée) et j’ai toute de suite eu envie de pousser (branle-bas de combat général dans la pièce : pose de perf en urgence, plateau d’accouchement amené en salle de dilatation, etc.). SF en or qui me dit de pousser si j’en ai envie (j’étais tjs debout les pieds dans le liquide amniotique). Bref le poussin est né à 17h02… et je peux affirmer que je n’ai plus eu mal du tout à partir du moment où j’ai perdu les eaux : j’ai eu envie de pousser mais mal, absolument pas (alors que j’avais toujours entendu parler de sensation de brûlure au passage dans le vagin). Bref, sur les 10 h de travail/accouchement, j’ai dû ressentir des contractions vraiment douloureuses que pendant 2 h (et encore toutes les 3-4 mn) et ça restait une douleur du domaine du connu, même si elle était forte. Je n’ai pas ressenti le besoin de crier (même pas gémir) et je n’ai insulté personne. Mais le poussin, lui, a crié très vite alors que son corps n’était pas encore sorti en entier 😉

    PS : pendant la poussée, j’avais vraiment peur que le périnée souffre de la rapidité de la naissance (bref, en d’autres termes, que bébé arrache tout sur son passage). Bilan : une petite éraillure que la SF a préféré recoudre (1 point).
    PPS : mon coq dit maintenant à qui veut l’entendre que je suis une vraie poule pondeuse (lui a assisté à l’accouchement alors qu’il n’en avait pas envie à la base : faut dire qu’il n’a pas eu d’autre choix que de rester dans un coin lorsque les SF ont amené le chariot d’accouchement en urgence, il ne pouvait plus sortir tellement la pièce était petite et encombrée)

  31. Audette dit :

    @Strega, bien de la chance, tu as eu d’avoir pondu aussi facile !

    Pour ma part, cela a duré, duré, duré…de minuit à 18h50…je suis restée chez moi jusqu’à 11h (la SF que j’avais au tel me disait: « non, tu n’as pas la voix d’une femme qui va accoucher, on se retrouve plus tard à la clinique », bien sur !!!!), j’ai passé la nuit seule à « accueillir » (mouais, mouais) chaque contraction sur la ballon, en mouvement perpétuel du bassin, à marcher en remuant le bassin, à chanter, je ne pouvais pas resté immobile sinon je restais tétanisé. L’homme est resté au début très avenant mais bon pas très utile, il est allé dormir. Je suis arrivée dilaté à 5, j’étais bien contente et du coup, j’ai éclaté en sanglot direct. Très vite, j’étais à 8, re-sanglot de joie puis après arrêt, tjs des contractions douloureuses mais pas efficaces, ma SF m’a donné des tas de trucs à boire, à sucer (homeo, plante…), une de ses collègues est arrivée en renfort avec de l’acuponcture, du moxa; je prenais sans rien demander; je me suis remise dans le bain bourré d’huile essentielle mais ce n’était pas mon truc. Le travail a repris quand la SF m’a fait entrevoir le spectre de l’ocytocine pour relancer le travail…là, je me suis dit y’a pas moyen, je ne vais pas résister longtemps et la péri, je vais la demander car il parait que cela donne des contractions encore plus forte. J’étais un peu désespérée, je pensais: c’est bon, on arrête tout, je m’en vais, c’est impossible à pondre, ouvrez moi le ventre (jms je ne l’ai exprimé verbalement, j’avais trop peur que la SF me prenne au mot !!!!). Finalement, vers 17h le travail a repris plus intense, la poche des eaux c’est rompue, la poussée a durée 1h15, j’étais épuisée car pas de sommeil depuis 48h, les jambes tremblaient, je ne sais même pas ou j’ai trouvé l’énergie pour la fin du marathon, j’étais affalée sur mon homme qui m’encourageait, il y avait 2 SF et une stagiaire qui me servaient d’étrier (et mon rêve d’accoucher en utilisant l’apesanteur, il est ou ?), elle me faisait des blagues entre chaque contractions, je n’étais absolument pas réceptive, je hurlais comme jms ! la Puce a fini par sortir. Là, c’est indescriptible, on oublie tout mais j’ai quand même pensé: « non ! déjà terminé, vous êtes sûre ??! »

    Je précise aussi que j’ai accouché dans une pseudo maison de naissance accolée à une clinique et que ma SF ne m’a pas transféré sur le plateau technique, elle a accepté mon souhait de rester dans la salle non médicalisée malgré la loi qui ne l’autorise pas encore (à ce propos, vous avez écrit à vos députés, signez la pétition ?).

    Pendant plusieurs jours, je me suis jurée que plus jms je ne ferais d’enfant. J’ai bcp pleuré aussi, un vrai baby-blues pendant une bonne semaine. J’ai, je crois eu un vrai choc émotionnel, je ne m’attendais pas du tout à cela. Et puis, heureusement, la nature est bien faite, pour ma part, j’ai oublié la douleur et je pense avec bonheur à cette journée de folie (c’était, il y a exactement 7 mois). Et pour le prochain, je ne veux pas de péri !

    Quelle expérience de folie nous traversons.

  32. @Strega et Audette, moi aussi je suis verte de jalousie :mrgreen: Si je fais un 3ème je veux ça !!
    Personnellement je me suis sentie un peu flouée si je puis dire, ayant lu partout que les femmes ne regrettaient rien, que c’était merveilleux, que la douleur était toujours gérable… Je ne l’ai pas vécu comme ça et je pense qu’il faut le dire, que ce n’est pas toujours le cas, même si on respecte tout bien comme il faut.

  33. je veux faire une ferme pour la poule pondeuse au tchad, je veux des conseile a tout fermier?

  34. Stéphanie dit :

    Joyeux anniversaire Pouss2 !

  35. Ouf ! Quel récit ! J’étais tenue en haleine, moi qui me pose tant de question sur un accouchement moins médicalisé….
    En fait, ça donne envie et ça fait fuir à la fois !
    Tu dois être très fière d’avoir donné naissance ainsi à Pouss2, tu as été extrêmement courageuse. Mais quelle souffrance !!
    Je ne peux pas m’imaginer souffrir comme ça… J’ai eu la péridurale ouverte à 2 et déjà je n’arrivais plus à gérer ma douleur. Alors bon, j’ai conscience que comme personne ne me disait quoi faire pour m’aider ça n’a pas du aider, et avec les bons gestes j’aurais p’tet tenu quelques heures de plus mais franchement c’était atroce. Surtout que ça finissait en vomi une contraction sur trois…

    L’amoureux a été très serein et super courageux pendant la naissance de Pimprenelle… franchement j’ai pas envie de lui imposer un accouchement dans les hurlements et la vision de sa femme qui souffre le martyr …

    Pour la prochaine fois, je veux un suivi personnalisé de grossesse avec une SF (haptonomie, sophro …) et je forcerai moins sur la péri (franchement là j’y étais pas allée de main morte) pour quand même sentir un peu ce qui se passe. Mais je suis pas capable d’accoucher sans péri…

    En tout cas joyeux anniversaire à Pouss2 🙂

  36. Ali dit :

    @La Poule Pondeuse,
    Je peux pas m’empêcher de venir mettre mon grain de sel ici !
    Quand j’ai commencé à lire ton récit, je me suis dit « Et voilà encore une qui a eu l’accouchement de rève !! » Et puis non tu as souffert et c’est tant mieux (nan j’déconne, mais je suis contente que tu le dises, on a toujours l’impression quand on lit les accouchements dans péridurale que c’est le bonheur intégral.)
    Ceci dit j’aurai rêvé d’accoucher sans péridurale… pour mon n°1, la péridurale a été mal posée et j’ai vomi mes tripes pendant 5 heures… pour après arrêter d’appuyer sur la poire parce que c’était intolérable de vomir comme ça sans avoir manger depuis plus de 24 h et finir en anesthésie locale parce qu’épisiotomie. J’ai été aidé à l’occytocyne, on m’a perçé la poches des eaux et malgré ça, je n’ai eu aucune contractions douloureuses… et je rêvais donc d’un accouchement sans péridurale pour n°2. Finalement j’ai eu droit à une césarienne programmée.
    @La Mère Joie,
    Tu sais j’ai été moi même séparée de mon bébé 3 jours, alors que ma césarienne était programmée… donc finalement, là non plus y a pas de règle. C’était l’année dernière… j’étais en clinique à Agen il était en réa à Bordeaux… et de toutes façons en réa y a pas moyen que les mamans soient avec les bébés. Après j’ai été hospitalisée en maternité à Bordeaux et j’ai pu aller le voir tous les jours.
    Tout dépend du choix de la maternité au départ… mais honnêtement je pouvais carrèment pas prévoir ce qui allait se passer.

  37. @Stéphanie, merci !

  38. @Maman sur Terre, je crois vraiment que les naissances sont vraiment différentes, un 2ème ça va souvent plus vite. Il n’y a pas celles qui peuvent accoucher sans péri et celles qui ne peuvent pas, il y a des naissances où la péri est indispensable et d’autres où elle ne l’est pas. Tu ne peux pas savoir quelle(s) naissance(s) tu vas vivre. C’est dommage de se fermer des portes 😉
    Un an après je crois que si j’ai un autre enfant (pas de ragot hein :mrgreen: ) je retenterai la même chose (en espérant que ce foutu 3ème sorte comme une savonnette 😆 ).

  39. @Ali, oui justement, tous les récits que j’avais lu disaient « je n’ai jamais pensé à la péri/la douleur était très gérable/etc ». Alors je me suis sentie un peu flouée 😆
    Je pense qu’il est important que les femmes aient une vision assez large des possibilités, à la fois pour se diriger vers ce qui leur convient le plus et aussi pour mieux vivre les inévitables imprévus de la naissance (grands et petits) : on peut vouloir la péri et ne pas pouvoir l’avoir, on peut l’avoir et mal la supporter, on peut ne pas en avoir besoin, on peut en avoir besoin, on peut avoir une césarienne, etc. Comme tu le dis, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut envisager pas mal de choses.

  40. Ali dit :

    @La poule pondeuse, je crois aussi qu’on est toutes TRES inégales face à la douleur !

  41. Je ferme pas de porte ! Si je peux gérer la douleur je demande pas la péri. Je la demanderai que si je peux plus. Comme pour ma puce sauf que j’essaierai de tenir un peu plus longtemps.

    Après faut aussi avoir la chance d’avoir une mater avec plateau technique 🙂

  42. opale dit :

    @la Poule Pondeuse et aux autres Poulettes de la basse-cour :
    « la naissance de l’oeuf » est le titre qui correspondra le mieux à cette « dédicace » que je souhaite faire à ma fille qui aura 1 an dans 15 minutes !!
    Elle a changé ma vie pour toujours …(une pensée pour Sophie et Ficelle qui ont eu elles aussi leur bébé presque en même temps !), je ne serai plus jamais la même …

  43. ISABOULE dit :

    @opale, AH AH JOYEUX PREMIER ANNIVERSAIRE pour la poussine d’OPALE !! et oui, le 1er anniversaire est aussi un anniversaire pour la maman, 1 an déjà depuis l’accouchement et pourtant c’était hier ! Que d’émotions ! Et dire que ces souvenirs de naissance restent tellement gravés, qu’aucune grand-mère ou arrière grand-mère n’a oublié le moindre détails des décennies après… mignons ces épisodes de vie…

  44. Opale dit :

    @ISABOULE, oui tu as raison, on n’oublie rien et aujourd’hui encore j’étais bouleversée, un an jour pour jour, tous les détails me reviennent et l’émotion est toujours aussi grande !
    J’étais au boulot devant mon écran et à l’heure où elle a pointé son petit nez il y a 1 an, les larmes sont arrivées (j’ai prétexté une allergie car je me sentais un peu conne 😥 ).
    C’est vrai que c’est un sacré moment un accouchement, pour l’accouchement en lui-même et pour tout ce qui se passe en toi après, cet amour énorme, devenir mère, revenir sur ses propres parents, c’est un Tsunami d’émotions et c’est pas toujours facile à gérer mais c’est merveilleux !!

  45. ISABOULE dit :

    @Opale, c’était tellement magique que j’ai peur de ne pas ressentir autant d’émotion à la naissance de ma 2eme fille (prévue dans 6/8 semaines). J’ai l’impression de faire des infidélités à la 1ere et je suis encore tellement fusionnelle ! Mais il parait que le coeur des mamans s’agrandit au fur et à mesure. Quelle chance avons-nous de pouvoir vivre cela (passons sur les nausées et insomnies :mrgreen: )

  46. @opale, joyeux anniversaire à ta fille (et mamaversaire à toi ? 😆 ) !
    Isaboule, je suis sûre que tu trouveras la place pour la petite nouvelle, même si la recomposition familiale n’est pas toujours évidente.

  47. Opale dit :

    @La poule pondeuse et Isaboule : c’est vrai que cela doit être aussi un chamboulement quand arrive un autre enfant, surtout si comme toi Isaboule, il y a une grande fusion avec le 1er enfant mais il parait en effet que dans le coeur d’une maman, il y a de la place pour les autres bébés !
    Les choses vont se mettre en place tout naturellement même si aujourd’hui, tu es encore un peu dans l’inconnu, dans les questions par rapport à ta fille, par rapport à l’amour que tu as pour ce 2ème enfant …
    Bonne fin de grossesse Isaboule et je te souhaite un accouchement magique (et rapide et sans douleurs tant qu’à faire 😆 )

  48. rysy dit :

    @opale, @Ficelle, @ Sophie
    J’ai bien pensé à vous et à vos petits bouts dernièrement !! J’espère que les bougies ont fait brillé les yeux !!
    Je vous souhaite tout plein de bonheur !

  49. Opale dit :

    @rysy, merci !
    Oui, les yeux ont en effet brillé et on a bien fêté cela tout le week-end avec amis et famille !

  50. rysy dit :

    @rysy, oups briller et non brillé.. :mrgreen: Moi aussi j’ai fêté un anniversaire, du coup, je dois être encore sous le coup de la coupe de champagne après autant de mois sans boire d’alcool.