Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


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Accoucher sans assistance

Par  • Le 14 avril 2009 à 7:42 • Catégorie : Faire un bébé, Naissance

mcdreamyemcstaemy A peine revenue de vacances, je tombe sur cette info dans mes flux RSS : un bébé est mort lors d’un accouchement à domicile non assisté (ANA = accouchement non assisté, pour les intimes) en Australie. Le détail qui tue (sans mauvais jeu de mot) : sa mère, Janet Fraser, est l’animatrice d’un site appelé Joyous Birth à côté duquel nos Déchaînées et autres BOOB (qui ne font pourtant pas toujours dans la dentelle) ont l’air un peu molles. Les médias en profitent pour poser l’éternelle question : est-il risqué d’accoucher chez soi ? (et pour présenter la chose de façon un peu, hum, orientée, disons)

Autant le dire tout de suite, ça part mal. Parce qu’entre accoucher chez soi avec une sage-femme rompue à l’exercice dans le cadre d’un accompagnement global (c’est-à-dire suivi régulier de la grossesse par ladite sage-femme notamment) et accoucher chez soi sans aucun suivi médical ni avant, ni pendant, ni après, il y a une large différence. La première option est généralement appelée AAD (accouchement à domicile), et la seconde ANA (voir plus haut). Evidemment on ne parle pas ici des ANA inopinés, lorsque le bébé arrive trop vite pour permettre une quelconque assistance médicale. Le problème, c’est que les médias (mais aussi certains partisans de l’ANA) tendent à confondre les deux. On a aussi une bonne dose de mauvaise foi un peu partout ce qui n’arrange rien. Par exemple, il ne me semble pas pertinent d’invoquer les femmes du tiers monde (ou nos ancêtres) qui accouchent (ou ont accouché) sans assistance et/ou à la maison, que ce soit dans un sens (« des millions de femmes ont accouché sans assistance sans problème ») ou dans l’autre (« accoucher à domicile est dangereux : voyez la mortalité périnatale au Moyen Age »). Les femmes occidentales sont généralement en bonne santé, bien nourries, reposées, et se trouvent au sein du dispositif de santé le plus performant qu’ait connu l’humanité. On ne peut pas comparer cela aux paysannes du Moyen-Age ou du Sierra Leone.

Alors, qu’est-ce qui est vraiment dangereux (ou pas) ? J’ai trouvé en fouillant un peu quelques études statistiques publiées dans des journaux scientifiques qui comparent les taux de mortalité maternelle et infantile entre naissances à la maison et à l’hôpital. Il n’est pas toujours spécifié si les naissances à la maison sont accompagnées par une sage-femme, même s’il semble que ce soit généralement le cas. Je précise aussi que je n’ai eu accès qu’aux résumés des études et pas aux articles complets. Voici quelques résultats :

  • Pang et al (2002) trouvent un risque accru pour les naissances à domicile (a priori avec sage-femme).
  • Mori et al (2008) montrent eux que les naissances à la maison plannifiées sont plus favorables que celles non plannifiées, le pire étant les transferts d’urgence à la maternité.
  • Blix et al (2008), après une méta-analyse (regroupement d’un grand nombre d’études antérieures), déduisent qu’il n’y a aucune raison de décourager l’AAD chez les parturientes à faible risque.
  • Johnson et Daviss (2005) trouvent que l’AAD n’entraîne pas plus de mortalité que l’accouchement à l’hôpital mais moins d’interventions.

On a donc une image un peu floue ; cela explique aussi pourquoi tout le monde peut brandir des chiffres apparemment sérieux tout en défendant des positions opposées. A mon humble avis, il faut déjà prendre ces statistiques avec précaution, ne serait-ce que parce que le nombre d’AAD est extrêmement faible par rapport au nombre de naissances à l’hôpital (l’étude de Blix et al indique environ 150 AAD par an en Norvège pour environ 40 000 naissances), ce qui n’est pas terrible pour faire de bonnes stats. Et cela montre peut-être que dans notre contexte occidental, le lieu d’accouchement n’est pas forcément le facteur le plus important : peut-être la qualité du personnel soignant, du matériel disponible, les délais d’intervention (un AAD à 5 minutes ou à 2 heures de la maternité ça peut faire une différence), la préparation de la mère, l’âge du capitaine ou que sais-je encore sont-ils finalement plus importants ?

Pour revenir à nos moutons, il semble donc qu’un AAD bien préparé et encadré, pour une grossesse à faible risque (voir par exemple la charte AAD de l’ANSFL), soit une alternative crédible pour donner naissance dans de bonnes conditions. Par contre un ANA… Je ne suis ni sage-femme ni obstétricien et la seule naissance à laquelle j’ai participé (en sus de la mienne) était celle de mon Poussin. Mon opinion sur le sujet a donc une valeur toute relative. Ce qui est sûr c’est qu’il est extrêmement difficile de trouver des études crédibles sur ce sujet spécifique, puisque les personnes qui y ont recours sont très peu nombreuses et ne le clament généralement pas sur tous les toits. Enfin il me semble que c’est un peu comme faire de la moto sans casque : grisant d’avoir le vent dans les cheveux mais en cas de pépin aïe aïe aïe. Ce qui ne veut pas dire que le casque rend invulnérable, mais qu’il assure quand même un minimum de protection. Et ce qui ne veut pas dire non plus que toute personne faisant de la moto sans casque va mourir : il y a un tas de gens qui ont fait de la moto sans casque et sans une égratignure.

Quoi qu’il en soit, il me semble important de bien faire la différence entre un projet d’accouchement à domicile (AAD) dans le cadre d’un accompagnement global et avec l’assistance d’une sage-femme, et un projet d’accouchement non assisté (ANA). Je trouve très regrettable que des femmes soient poussées à entreprendre un ANA à cause du manque de sages-femmes pratiquant les AAD : il me semble important que les femmes puissent avoir le choix. Et n’oublions pas qu’en matière de naissance le risque zéro n’existe pas et qu’il y a aussi (et surtout) des enfants et des femmes qui meurent dans les maternités, même si ce sont généralement les morts à domicile qui ont les honneurs de la presse. Et quelles que puissent être mes divergences avec Janet Fraser, toute ma sympathie lui va dans la terrible épreuve qu’elle traverse.

Quelques lectures pour aller plus loin :

  • Le blog Femme et mère, autour d’un projet d’ANA
  • Navelgazing midwife, article d’une sage-femme pratiquant les AAD sur les ANA (long et en anglais mais vraiment très intéressant -malgré les références au Sierra Leone…) ; rien que la conclusion vaut le coup : « La naissance ce n’est pas juste de ressentir une expérience incroyable. L’expérience doit être combinée avec la santé et la sécurité de la mère et du bébé. C’est ça qui est une expérience incroyable ! »

Sur ce blog :

Et un peu de vocabulaire/jargon anglo-français pour s’y retrouver :

  • UC = unassisted childbirth = accouchement non assisté (ANA) ; UCer = personne entreprenant un ANA
  • VBAC = vaginal birth after cesarean = accouchement vaginal après une césarienne (AVAC)
  • UP = unassisted pregnancy = grossesse non assistée (sans suivi médical)
  • CPM = certified professional midwife = sage-femme pouvant pratiquer les AAD aux USA
  • Freebirth = ANA
  • Homebirth = AAD

(La photo vise à réconcilier les femmes avec le corps médical)

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67 Commentaires »

  1. @Selina Kyle, pour aller dans ton sens concernant les interdits et le peu de confiance qu’on accorde aux futures mères, un ponte de la gynéco-obstérique m’a un jour confié lors d’une interview qu’on assurait aux femmes qu’il n’y avait pas de seuil en dessous duquel l’alcool était inoffensif pour le fœtus car, texto, « si on leur dit qu’elles peuvent boire un verre ou deux par semaine, elles se croiront autorisées à en boire 10 » 🙄 Sur le reste, le débat atteint des sommets que mon cerveau embrumé par le manque de sommeil ne peut atteindre. Je plussoie donc et lis avec gourmandise cet échange 😉

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  2. @Ficelle,

    http://www.drogues-info-service.fr/?Alcool-et-grossesse-2-etudes

    Exactement ce que tu dis 😉

    L’effet du stress généré par les messages alarmistes, on s’en fout. J’ai passé TOUTE ma deuxième grossesse à flipper car j’avais bu deux verres de vin rouge à table avant de savoir que j’étais enceinte. Me suis tapée tous les sites parlant du syndrome d’alcoolisme foetal en croisant les doigts pour que mon bébé n’ait rien…

    Ma mère, quand elle était enceinte, buvait de temps en temps un petit verre de vin en mangeant, tirait à l’occasion sur une clope, mangeait du pâté et du fromton, de la mayo faite maison, des choux à la crème, etc. A eu 7 beaux enfants en bonne santé. Aujourd’hui, son comportement serait critiqué comme étant potentiellement criminel. Pire, les femmes n’oseraient majoritairement plus, la peur au ventre, coupables d’avoir osé faire passer le plaisir avant le devoir et surtout, d’avoir été prises sur le fait, en flagrant délit de désobéissance et de gourmandise…

    Les recommandations alimentaires données aux femmes enceintes sont des mesures de précaution dont la liste semble extensible à l’infini. On ne peut pas mener d’étude sur des femmes enceintes en les exposant volontairement à des substances qu’on juge potentiellement dangereuses…

    Alors, comme on sait pas, ben on vous prive de… plaisir. Plaisir sur lequel il faudra encore tirer un trait lors de l’accouchement, plaisir toujours coupable chez la femme (qu’elle dise « j’aime » ou « j’aime pas », ce qu’on lui oppose, c’est le « devoir », de « penser à son bébé », comme si elle n’y tenait pas vraiment à son poussin…).

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, je suis d’accord qu’on en fait trop sur l’alimentation des femmes enceintes (le dernier truc : faut plus manger de cahouètes pour les allergies ; déjà que l’apéro est pas super fun au force 4…). Mais je trouve qu’il faut aussi informer, justement (plutôt que de dire « ouh la la la ptite dame on va pas l’affoler avec ça ») : la listériose est rare mais elle existe, et si tu la chopes on ne sait pas faire grand chose, d’autant plus qu’elle peut passer un peu inaperçue sur le coup. Chacune gère le risque comme elle l’entend mais il faut le dire. Personnellement enceinte je suis parano pour ça et l’alcool, mais c’est personnel justement. Si une femme enceinte me demande, je lui dis ce que je sais sur la question mais ensuite elle fait ce qu’elle veut.
    Pour ta mère (et pour tes frères et toi 😉 ), c’est tant mieux mais je ne trouve pas l’argument convaincant. Mes parents posaient simplement le couffin sur la plage arrière de la 4L quand j’étais bébé (et il glissait d’un bout à l’autre dans les virages) et je suis en parfaite santé aujourd’hui. Il n’empêche qu’il est hors de question que je fasse ça avec mes enfants !! Au-delà de l’aspect binaire (accident vs pas d’accident), il y a aussi des effets plus subtils : beaucoup de gens ont grandi nourris au lait artificiel et sont en pleine forme, pourtant statistiquement les gens nourris au lait maternel sont en meilleure santé. Je pense qu’informer en responsabilisant mais sans culpabiliser ni infantiliser, ben c’est une sacrée paire de manches !

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    percidinaeNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, la listeria ça se traite par antibio, encore faut-il avoir le diagnostic… avant que la bactérie n’infecte le foetus où ne fasse accoucher la patiente. ; c’est le cas lorsque l’on traite une fièvre inexpliqué chez une femme enceinte, on la prélève et 3 jrs + tard on découvre que c’était une listeria et tout va bien !

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    Selina KyleNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse,

    Le problème, c’est qu’on informe pas, on affole, sans preuves, juste en se basant sur des craintes… Sais-tu qu’en Belgique on dépiste systématiquement le CMV chez les femmes enceintes (cytomégalovirus) ? Que la France est un des rares pays où on dépisté systématiquement la toxoplasmose ?

    Là encore, les pratiques varient d’un pays à l’autre et d’une époque à l’autre, en fonction d’intérêts de santé publique qui trop souvent ne tiennent pas compte de l’impact sur la qualité de vie de la femme, de son psychisme et de son rapport avec le bébé qu’elle porte.

    Je vous laisse prendre connaissance des risques (réels, mais faibles concernant le CMV), des méthodes de dépistage (on en utilise une qui n’est pas fiable en Belgique, pas d’amniocentèse systématique, tout de même…) et des recommandations (« contraignantes ») si pas d’immunité.

    Pour l’instant, on ne recherche pas le CMV chez les femmes françaises, estimant que le rapport bénéfice/risque ne penche pas en faveur d’un dépistage. Mais ça pourrait changer très vite…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cytom%C3%A9galovirus

    Percidinae : je doute qu’on puisse généraliser les effets de l’éthanol sur des cellules en cours de division in vitro avec ce qui se passe quand une quantité d’alcool diluée passe à travers le placenta sur un bébé en gestation.

    Je ne dis pas « Picolez », ni « Ne buvez jamais une seule goutte d’alcool » mais simplement que ce qu’on sait, c’est que boire beaucoup, ça flingue les neurones du petit. Et qu’on ignore, à partir de quelle dose c’est potentiellement dommageable. Tout ce qu’on sait, c’est que des femmes qui ont bu un ou deux verres par semaine n’ont pas eu plus de bébé neuneu que les sobres.

    Après ça, c’est aux femmes de voir. Ça devrait être à elles de voir…

    Mais où est la mesure ? Pourquoi la « tolérance zéro » ? Des fruits ou sucreries consommées en fin de repas fermentent et produisent de l’alcool. Faut-il aussi les déconseiller formellement ?

    Tu vois, ce que je veux dire, c’est jusqu’où ira t-on dans les interdictions, les obligations, le jugement et la culpabilisation des femmes ? Jusqu’où le sacrifice d’un certain confort de vie est acceptable ? Dans quelle mesure le stress généré n’a pas des effets délétères sur les femmes et dans le lien qu’elles établiront avec leur bébé ? Dans quelle mesure, quand on n’a pas de problème d’allergie, les évictions alimentaires ne créeront-elles pas une nouvelle génération d’enfants allergiques ? Que sait-on vraiment ? Qui paie ?

    Pourquoi des affirmations alarmistes sans preuves suivies d’interdictions ? Est-il vraiment possible de parler d’information loyale ?

    J’ai pris mon exemple (et c’est bien vrai qu’on ne peut généraliser à partir de celui-ci) mais je ne suis pas la seule ! C’est comme pour les générations élevées au biberon. Oui, le lait maternel c’est mieux. Et après ? Dans quelle mesure ce « mieux » physiologiquement parlant doit-il s’imposer aux femmes contre leur gré ? Quid de leur relation à leur corps ? Quid de leur relation au bébé ? Allaiter par plaisir (ai eu la chance d’adorer ça), c’est vachement mieux qu’allaiter par devoir…

    L’information leur est donnée ; après, c’est à elles de voir, en sachant que oui, heureusement, les bébés nourris au lait dit maternisé se portent bien (ce qui n’est pas le cas dans les pays pauvres où c’est absolument dramatique).

    Je trouve qu’on véhicule de plus en plus l’image d’une mère sacrificielle, parfaite, dans le don, généreuse au point de s’oublier, aux seules fins de fabriquer un enfant et un adulte qu’on espère « parfait », en meilleure santé possible, grâce à tous ces merveilleux efforts. Mais avec la vie, quoiqu’on fasse, on transmet aussi la mort, inéluctablement.

    Et nous, ben on existe, avec nos envies et nos dégoûts, nos ambitions diverses et variées, nos parcours de vie, nos sensibilités… On n’est pas juste des poules pondeuses :mrgreen:

    La poule heureuse fait des poussins épanouis qui quitteront la basse-cour un jour 😆

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible :mrgreen:
    Après je pense aussi qu’il ne faut pas organiser toute sa vie en fonction de ses enfants (cf mon billet sur les mères dites indignes, très à la mode en ce moment -les mères indignes, pas mon billet :mrgreen: -), plutôt trouver les choix qui nous permettent de trouver un équilibre familial. Mais pour faire de vrais choix, il est important de bien connaître et comprendre les alternatives ainsi que les forces qui nous poussent plus ou moins consciemment (pour nous) vers l’une ou vers l’autre (habitudes culturelles ou familiales, pub, lobbies…).

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    percidinaeNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, enfin tout de même de l’éthanol sur des cellules embryonnaire en cours de division in vitro => anomalies. Alors autant pour le listeria, je ne me suis jamais privé d’un bon calendos (= camenbert coulant) autant la flûte de champagne quand on a un heureux retard de règle : NON. J’en connais qui on testé le space montain à 6 mois de grossesse, pas de pb ! Alors Mesdames rondelettes si le coeur vous en dit, dansez pour la nouvelle année, sautez de joie, mais sans picoler, c’est mieux, à mon humble avis.

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    OpaleNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, pour l’alcool, moi aussi, je m’étais fait 2 soirées apéros un peu arrosées et j’étais flipée mais il semblerait que les 2-3 premières semaines, ce ne soit pas trop grave dans le sens où les « relations sanguines » entre la mère et l’enfant sont en train de se mettre en place et l’impact est pour ainsi dire inexistant (dixit mon médecin généraliste).
    De toute façon, dès que l’on apprend sa grossesse, le mieux, c’est zéro alcool de toute façon, mais en France, on est tout de même un pays d’alcoolos : perso, moi, enceinte jusqu’au yeux, on me proposait souvent de l’alcool … 👿

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    Selina KyleNo Gravatar a répondu :

    @Opale,

    Humour : http://www.youtube.com/watch?v=ydtQZOzLu88

    Sérieusement, la conso d’alcool en France a évolué ces dernières années : on boit beaucoup moins de vin à table et plus d’alcools forts.

    Mon avis perso : quelques gorgées de Chablis en mangeant, de temps en temps, juste pour le plaisir du palais, c’est différent d’un verre de whisky à jeun.

    Moi, ce qui m’interpelle, c’est la frousse que les messages alarmistes véhiculent. Malgré les études indiquant qu’une conso modérée (un ou deux verres par semaine) n’occasionnaient pas plus de dégâts que chez les femmes parfaitement sobres, on reste figé sur le « zéro goutte d’alcool » (« parce que sinon, elles vont croire qu’elles peuvent picoler comme des trous »).

    Même avant ces interdictions draconiennes, les femmes enceintes savaient que « picoler » c’était pas bon pour le bébé (y avait qu’à voir les gosses de la Berthe qui buvait du rouge dès le petit déjeuner pour comprendre).

    Là, on n’est plus ni dans la mesure, ni dans le bon sens. Qu’une petite lampée de bon vin, accompagnant un bon repas, ne soit pas nocive n’a aucune valeur ; ne reste que la peur, chevillée au corps des femmes.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, pour l’alcool le problème est de définir la consommation modérée : deux verres par semaine, un verre par jour… etc… (moi c’est pour ça que je m’abstiens totalement, j’ai du mal avec l’aspect « consommation modérée » 😳 😆 )
    Mais oui, il est probable comme tu dis qu’un peu de vin ou de champagne avec le repas n’ait pas d’impact, ou négligeable (même si c’est quoi la limite entre « un peu » et « trop » ?).
    Ceci dit comme Opale j’hallucine un peu des gens qui veulent à tout prix te faire boire, même si tu leur as dit non et te sortent « mais ma mère a bu pendant ma grossesse et regarde-moi » 🙄 C’est aussi pénible que le supermarché qui refuse de vendre de l’alcool à une femme enceinte (il y a eu des cas dans certains pays anglo saxons : et comment bobonne fait les courses pour son jules, hein ?).

    Répondre

  3. @La poule pondeuse

    J’oubliais :mrgreen:

    Ce qui est triste tout de même, c’est que les morts d’aad ou d’ana, on les médiatise, comme une sorte d’avertissement à celles qui voudraient sortir des rangs. Or en l’occurrence, on ne sait rien des raisons de la mort de ce bébé australien ! Si ça se trouve, il serait mort à l’hosto aussi (ou pitêtre en sale état après une réa de ouf…).

    Bon, ça t’a donné l’occasion d’introduire un excellent billet sur l’ana. Mais les morts de bébés à l’hôpital sont tout aussi douloureuses que pour les femmes qui perdent leur enfant à la maison…

    D’un côté, on se dit « qu’on n’y pouvait rien » (ou alors on poursuit la maternité ou l’obstétricien pour faute), de l’autre, on doit parfois assumer le fait qu’une autre issue aurait été possible. Et ça ne doit pas être facile 🙄

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, j’ai un billet là-dessus dans les tuyaux, dès que je trouve le temps de l’écrire :mrgreen:

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    FicelleNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, oui, oui, un billet sur ces vilains journalistes qui médiatisent les pauvres mamans qui ont perdu leur enfant en accouchant à la maison sans assistance, mmmm… je vais aimer 😉

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Ficelle, oh non, je ne pensais pas aux journalistes en particulier, qui dans ce cas ne font souvent que reprendre ce qui est dans l’air du temps et que tout le monde a envie d’entendre, mais si tu y tiens :mrgreen:

    Répondre

    FicelleNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, ah bon? Dommage… :mrgreen: 😆

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  4. @tinitek,

    Le mieux, c’est vraiment de faire part de ton projet de sortie précoce avant (en général, quand une sage-femme travaille en plateau technique, la maternité a l’habitude de voir les patientes sortir plus tôt, mais la souplesse du personnel varie selon les établissements), pour en discuter calmement et être tranquille d’esprit le jour J. Le plus souvent, tu signes une décharge avant de quitter l’établissement.

    Parfois, ce sont les pédiatres qui râlent un peu et qui insistent lourdement pour qu’on reste au moins 48h (même quand ils savent que t’es suivie par ta sage-femme à la maison). Le fait d’en parler posément, ça les décrispe :mrgreen:

    Expérience perso : accouchement en PT pour bébé 3, sortie 12h après, une sage-femme de la maternité tirait une tronche d’enfer alors que le pédiatre était cool, comme quoi…

    Sinon, l’HAD (hospitalisation à domicile), c’est pour les suites de couches pathologiques (nécessitant surveillance et soins particuliers). Sans pathologie, c’est de la « sortie précoce » et les visites à domicile font partie du forfait accouchement réglé par la sécu à la sage-femme (à ce titre, de plus en plus de caisses de sécu refusent de rembourser les visites et déplacements facturés séparément par la sage-femme libérale dans les 7 jours qui suivent la naissance ; idem pour les visites après aad…).

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  5. Un petit sujet à la téloche (pour anglophones). Le cas de Janet Frayser est évoqué.

    http://abclocal.go.com/kabc/story?section=news/health&id=7020434

    Je suis très sérieuse : « avant », quand une femme accouchait et perdait son bébé, tout le monde compatissait à sa peine. Aujourd’hui, celles qui font ce choix (et elles en ont le droit !) doivent affronter, en plus de leur douleur, un jugement terrible, comme si elles avaient tué leur bébé.

    Outre le fait que les bébés meurent aussi à l’hosto (et parfois du fait de la prise en charge. C’est ce qu’on appelle pudiquement un effet de la « iatrogénie ») et que personne ne peut garantir que tel bébé mort à la maison aurait survécu à l’hosto (même si c’est possible), c’est un risque inhérent au fait de mettre un enfant au monde. Selon l’endroit où on vit, celui où on accouche, la manière de procéder d’un obstétricien (on a déjà vu des ravages au forceps…), l’état de santé, les antécédents obstétricaux, etc, ces risques sont plus ou moins élevés. Mais ils existent toujours. Même opter pour une maternité plutôt qu’une autre peut, au vu des statistiques de chaque établissement, recéler une part de risque plus importante…

    On parlait de dignité dans un autre post (et des mères indignes). Il n’y a de vrai dignité que celle de l’Humain et ces femmes méritent qu’on respecte la leur, quand bien même on jugerait, à titre personnel, leur choix insensé, fou, dangereux, etc.

    Le jugement est assassin. Les gens n’ont pas forcément la même vision de la vie et de la mort que nous, mais la perte d’un petit qu’on attendait et qu’on aimait souvent déjà, ça secoue tout le monde.

    Oui, c’est un sujet sulfureux : on va dire que c’est le bébé qui trinque. A ce compte là, on interdit l’avortement et l’IMG ou la procréation entre personnes susceptibles de refiler une maladie à leur petit… De quel droit ?

    Quand les femmes arrêteront de se condamner entre elles, elles s’affranchiront vraiment de la domination machiste. Il y a derrière tout ça la liberté fondamentale de disposer librement de son corps. On peut punir un crime, mais un acte physiologique n’est pas criminel en soi. Et si on devait criminaliser le fait de le laisser se dérouler sans professionnel de santé à ses côté, ce serait une violence exercée sur le corps des femmes, sous prétexte que l’Etat s’arrogerait un droit sur nos êtres de par nos fonctions reproductrices. 😕

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