Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


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Accoucher sans assistance

Par  • Le 14 avril 2009 à 7:42 • Catégorie : Faire un bébé, Naissance

mcdreamyemcstaemy A peine revenue de vacances, je tombe sur cette info dans mes flux RSS : un bébé est mort lors d’un accouchement à domicile non assisté (ANA = accouchement non assisté, pour les intimes) en Australie. Le détail qui tue (sans mauvais jeu de mot) : sa mère, Janet Fraser, est l’animatrice d’un site appelé Joyous Birth à côté duquel nos Déchaînées et autres BOOB (qui ne font pourtant pas toujours dans la dentelle) ont l’air un peu molles. Les médias en profitent pour poser l’éternelle question : est-il risqué d’accoucher chez soi ? (et pour présenter la chose de façon un peu, hum, orientée, disons)

Autant le dire tout de suite, ça part mal. Parce qu’entre accoucher chez soi avec une sage-femme rompue à l’exercice dans le cadre d’un accompagnement global (c’est-à-dire suivi régulier de la grossesse par ladite sage-femme notamment) et accoucher chez soi sans aucun suivi médical ni avant, ni pendant, ni après, il y a une large différence. La première option est généralement appelée AAD (accouchement à domicile), et la seconde ANA (voir plus haut). Evidemment on ne parle pas ici des ANA inopinés, lorsque le bébé arrive trop vite pour permettre une quelconque assistance médicale. Le problème, c’est que les médias (mais aussi certains partisans de l’ANA) tendent à confondre les deux. On a aussi une bonne dose de mauvaise foi un peu partout ce qui n’arrange rien. Par exemple, il ne me semble pas pertinent d’invoquer les femmes du tiers monde (ou nos ancêtres) qui accouchent (ou ont accouché) sans assistance et/ou à la maison, que ce soit dans un sens (« des millions de femmes ont accouché sans assistance sans problème ») ou dans l’autre (« accoucher à domicile est dangereux : voyez la mortalité périnatale au Moyen Age »). Les femmes occidentales sont généralement en bonne santé, bien nourries, reposées, et se trouvent au sein du dispositif de santé le plus performant qu’ait connu l’humanité. On ne peut pas comparer cela aux paysannes du Moyen-Age ou du Sierra Leone.

Alors, qu’est-ce qui est vraiment dangereux (ou pas) ? J’ai trouvé en fouillant un peu quelques études statistiques publiées dans des journaux scientifiques qui comparent les taux de mortalité maternelle et infantile entre naissances à la maison et à l’hôpital. Il n’est pas toujours spécifié si les naissances à la maison sont accompagnées par une sage-femme, même s’il semble que ce soit généralement le cas. Je précise aussi que je n’ai eu accès qu’aux résumés des études et pas aux articles complets. Voici quelques résultats :

  • Pang et al (2002) trouvent un risque accru pour les naissances à domicile (a priori avec sage-femme).
  • Mori et al (2008) montrent eux que les naissances à la maison plannifiées sont plus favorables que celles non plannifiées, le pire étant les transferts d’urgence à la maternité.
  • Blix et al (2008), après une méta-analyse (regroupement d’un grand nombre d’études antérieures), déduisent qu’il n’y a aucune raison de décourager l’AAD chez les parturientes à faible risque.
  • Johnson et Daviss (2005) trouvent que l’AAD n’entraîne pas plus de mortalité que l’accouchement à l’hôpital mais moins d’interventions.

On a donc une image un peu floue ; cela explique aussi pourquoi tout le monde peut brandir des chiffres apparemment sérieux tout en défendant des positions opposées. A mon humble avis, il faut déjà prendre ces statistiques avec précaution, ne serait-ce que parce que le nombre d’AAD est extrêmement faible par rapport au nombre de naissances à l’hôpital (l’étude de Blix et al indique environ 150 AAD par an en Norvège pour environ 40 000 naissances), ce qui n’est pas terrible pour faire de bonnes stats. Et cela montre peut-être que dans notre contexte occidental, le lieu d’accouchement n’est pas forcément le facteur le plus important : peut-être la qualité du personnel soignant, du matériel disponible, les délais d’intervention (un AAD à 5 minutes ou à 2 heures de la maternité ça peut faire une différence), la préparation de la mère, l’âge du capitaine ou que sais-je encore sont-ils finalement plus importants ?

Pour revenir à nos moutons, il semble donc qu’un AAD bien préparé et encadré, pour une grossesse à faible risque (voir par exemple la charte AAD de l’ANSFL), soit une alternative crédible pour donner naissance dans de bonnes conditions. Par contre un ANA… Je ne suis ni sage-femme ni obstétricien et la seule naissance à laquelle j’ai participé (en sus de la mienne) était celle de mon Poussin. Mon opinion sur le sujet a donc une valeur toute relative. Ce qui est sûr c’est qu’il est extrêmement difficile de trouver des études crédibles sur ce sujet spécifique, puisque les personnes qui y ont recours sont très peu nombreuses et ne le clament généralement pas sur tous les toits. Enfin il me semble que c’est un peu comme faire de la moto sans casque : grisant d’avoir le vent dans les cheveux mais en cas de pépin aïe aïe aïe. Ce qui ne veut pas dire que le casque rend invulnérable, mais qu’il assure quand même un minimum de protection. Et ce qui ne veut pas dire non plus que toute personne faisant de la moto sans casque va mourir : il y a un tas de gens qui ont fait de la moto sans casque et sans une égratignure.

Quoi qu’il en soit, il me semble important de bien faire la différence entre un projet d’accouchement à domicile (AAD) dans le cadre d’un accompagnement global et avec l’assistance d’une sage-femme, et un projet d’accouchement non assisté (ANA). Je trouve très regrettable que des femmes soient poussées à entreprendre un ANA à cause du manque de sages-femmes pratiquant les AAD : il me semble important que les femmes puissent avoir le choix. Et n’oublions pas qu’en matière de naissance le risque zéro n’existe pas et qu’il y a aussi (et surtout) des enfants et des femmes qui meurent dans les maternités, même si ce sont généralement les morts à domicile qui ont les honneurs de la presse. Et quelles que puissent être mes divergences avec Janet Fraser, toute ma sympathie lui va dans la terrible épreuve qu’elle traverse.

Quelques lectures pour aller plus loin :

  • Le blog Femme et mère, autour d’un projet d’ANA
  • Navelgazing midwife, article d’une sage-femme pratiquant les AAD sur les ANA (long et en anglais mais vraiment très intéressant -malgré les références au Sierra Leone…) ; rien que la conclusion vaut le coup : « La naissance ce n’est pas juste de ressentir une expérience incroyable. L’expérience doit être combinée avec la santé et la sécurité de la mère et du bébé. C’est ça qui est une expérience incroyable ! »

Sur ce blog :

Et un peu de vocabulaire/jargon anglo-français pour s’y retrouver :

  • UC = unassisted childbirth = accouchement non assisté (ANA) ; UCer = personne entreprenant un ANA
  • VBAC = vaginal birth after cesarean = accouchement vaginal après une césarienne (AVAC)
  • UP = unassisted pregnancy = grossesse non assistée (sans suivi médical)
  • CPM = certified professional midwife = sage-femme pouvant pratiquer les AAD aux USA
  • Freebirth = ANA
  • Homebirth = AAD

(La photo vise à réconcilier les femmes avec le corps médical)

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67 Commentaires »

  1. Bonjour et bon retour parmi nous, Poule!

    Merci pour ce billet, sur un theme que je trouve tres interessant et a propos duquel j’ai lu plusieurs publications.

    J’apprecie que tu donnes autant de references auxquelles se reporter, et que tu restes neutre sur un sujet qui, en general, prete a polemique.

    Bref, quel plaisir de te retrouver apres tes vacances!

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Princessestrudel, merci ! si tu as d’autres publis, ça m’intéresse !

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  2. Bonjour,

    Merci pour cet article très pertinent et pointilleux qui permet de faire clairement la différence entre l’AAD et l’ANA !
    Je n’ai pas connu l’expérience d’un accouchement à domicile avec mes 2 petits bonhommes (11 mois et 29 mois)… mais l’expérience pour l’un d’un accompagnement global par une sage-femme qui a accès à un plateau technique (c’était à Genève: autre culture obstétricale !). Un travail qui a été accompagné à la maison avec ma sage-femme, un départ en maternité pour y accoucher aidée par elle, et retour à domicile quelques heures plus tard ;) !

    Bref, avec du recul, pour moi, ce n’est pas tant le lieu d’accouchement (domicile ou milieu hospitalier) qui prime, mais la personne (en l’occurence la s-f pour moi) qui vous accompagne dans cette expérience et est à vos côtés lorsque vous accouchez: soutien, confiance, empathie, respect de mes besoins et de ceux du bébé…

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @maman durable, ah le plateau technique… j’ai un petit faible pour cette option (en théorie, vu qu’en pratique il faudrait que je commence par être enceinte pour me poser ce genre de question :lol: ). dommage que ce ne soit pas plus répandu en France !

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    BéatriceNo Gravatar a répondu :

    Plateau technique, j’avoue que je ne connaissais pas le concept …. C’est vrai que j’aurai bien accouché accompagnée par la sage femme libérale avec laquelle nous avons fait de l’haptonomie pour P’tit mec n°4.
    Article intéressant et qui fait réfléchir, idem pour les liens (par contre, j’aurais du plus bosser l’anglais au lycée, j’ai pas tout bien compris … :???: )

    Et super que tu sois de retour :wink:

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  3. alors autant je suis archi pour l’AAD, tant qu’il est dans le cadre de la prise de risques moindre, et donc sécurisé un minimum. Autant l’ana, je trouve que c’est une folie, quand il est décidé (après quand ca arrive comme un vrai accident…. on fait ce qu’on peut hein)…

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @juju, pas trop fan de l’ANA non plus.

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  4. d’après ce qu’on peut lire sur strollerderby, ce serait surtout dans ce cas particulier une triste conséquence d’un extrémisme anti-médicalisation :evil: c’est bien triste pour les premiers concernés, mais ça fait surtout une contre publicité déplorable pour tous les partisans d’une naissance respectueuse ET sécurisée et des alternatives aux naissances à l’hôpital… dommage.
    sinon je rejoins juju à fond : AAD, dans le cadre d’un accompagnement global, avec une personne qualifiée, c’est une super option pour celles qui le souhaitent, alors que l’ANA volontaire, c’est une vraie prise de risque.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @AnSo, tout à fait, même si ce fait divers n’a pas l’air de rencontrer beaucoup d’échos médiatiques en France, je trouve qu’on retrouve trop souvent cet amalgame.

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  5. Je suis allée jeter un coup d’oeil au site « femme et mère » où la jeune maman parle d’une volonté d’accoucher par elle-même et non de se retrouver « accouchée » par quelqu’un ; je trouve étrange ce sentiment qu’on peut nous déposséder de notre accouchement – je me souviens qui voulait sauter par la fenêtre lors du mien, bah c’était pas la SF!!-. Je crois que ce n’est pas du tout dans ce but que les sages femmes exercent leur métier, à domicile ou à l’hôpital, au contraire.

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  6. :oops: précision : je n’ai pas voulu émettre de jugement de valeur dans mon précédent commentaire (en me relisant, je ne me trouve pas claire!). Seulement une interrogation maladroitement exprimée sur la défiance envers le corps médical -même peu médicalisé- que je trouve dommage, compte tenu des risques qui peuvent être pris (la jeune femme du blog, en l’occurence, semblait bien connaître son corps et ses limites et chacun fait ce qu’il veut, à mon avis).

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Marie, je trouve aussi bien dommage cette défiance généralisée envers le corps médical, il me semble que les sages-femmes AAD ont justement l’habitude de rester « discrètes » tant qu’on n’a pas vraiment besoin d’elles. Et je ne crois pas que connaître son corps soit suffisant pour garantir un bon niveau de sécurité :roll: .

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    MarieNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, oui, perso, je crois commencer à bien connaître mon corps, et je me sentirais pas de remplacer une sage-femme …!

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    AnSoNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, je crois aussi et surtout qu’avoir une tierce personne professionnelle présente lors d’un accouchement est une sécurité de base : une femme qui accouche n’est pas forcément en position de prendre les bonnes décisions, même si elle se connaît bien et qu’elle a tout potassé, et même si elle est sf elle même, simplement parce que son petit cerveau ne connaît probablement pas tout, qu’elle est shootée aux hormones et qu’elle n’est pas objective face à sa propre situation. donc qu’elle a plus de risques qu’une personne extérieure de faire de mauvais choix ou de détecter trop tard un problème.
    c’est pour la même raison qu’un médecin n’est pas sensé faire d’autodiagnostic mais consulter un confrère.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @AnSo, tout à fait d’accord ! Bien sûr qu’il faut prendre en compte l’instinct/intuition de la (future) mère, mais pas que !

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  7. Sympa ton retour de vacances… :neutral:

    Et encore bravo pour cet article si bien documenté et très éclairant. Et complètement dans le même état d’esprit que la basse-cour: AAD oui! ANA :shock: …dommage un tel amalgame dans l’article de strollerderby.

    Je ne vois vraiment pas l’intérêt de refuser l’intervention d’une sage femme lors d’un accouchement à domicile, surtout si elle est « spécialisée » en AAD, qu’elle a un bon contact humain et qu’elle sait prendre les bonnes décisions…

    A part l’inconscience et une bonne poussée d’adrénaline, une fois que tout s’est bien terminé…(ce qui n’est pas le cas dans l’histoire…)

    J’en ai déjà parlé (peut etre que la poule l’a fait également) mais dans le documentaire « le premier cri » on nous montre 2 exemples en opposition: une jeune canadienne en ANA (maintenant que je connais le nom « scientifique » je ne vais pas me priver) pour qui tout se termine bien (enfin au bout de 3 heures, ils se decident à aller chercher à la mano le placenta..) et une jeune bédouine qui perd son bébé…(et le sacrifice de la chèvre n’y a rien changé…mais au moins, elle est en vie.)

    Ce dramatique évènement chez une fervente partisane de l’ANA va sans doute en faire changer d’avis plus d’une.

    et merci pour cette photo qui détend l’atmosphère..

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Charlotte, moi j’avais trouvé l’article de Strollerderby plutôt équilibré justement. Le problème étant quand même qu’un ANA est un cas particulier d’un AAD donc ça n’aide pas à éviter l’amalgame. Je n’ai toujours pas vu le 1er cri :oops:

    Répondre

    Anne a répondu :

    @La poule pondeuse, aller va tout de suite louer le « premier cri »! tu verras c’est très sympa, des superbes images.. mm si c fait selon la sensibilité de l’équipe…donc par exple, mm si je défend pas l’ANA, effectivement c facile de comparer l’ANA canadienne et l’accouchement tradi dans le désert.. MAIS dans le désert pas de chance, le BB était en transverse.. et là il n’y a pas d’issue.. et encore c beau car la maman est en vie…et l’ANA au canada c’est fait avec un BB en super position, avec des gens qui se sont super documenté, mm si ia cette histoire de placenta à sortir.. c pas pareil je trouve! D’ailleurs je pense qu’il y a ANA et ANA. Entre la femme qui décide d’accoucher seule, j’ai vu un témoignage comme ça un jour, avec juste sa 1ere fille de 4 ans sans se documenter…là c chaud qd mm…! ou un ANA d’une femme pour qui c’est le 5eme enfant, ou avec des gens qui s’y connaissent un peu… oui je sais je sais ça remplacera jamais une SF, mais je pense que la prise de risque est moindre, dans nos pays je parle, car au pire ia toujours qqun (dans la 2eme situation) pour appeler les pimpon ou amener à l’hosto….

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    CharlotteNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, oui mais ils parlent bien de Homebirth pour du free birth dans l’article…

    et complètement d’accord avec Anne sur la connaissance de la femme sur son corps, le bébé, etc.. mais bon, suis convaincue quand meme qu’appeler une sage femme ne serait ce que pour « assister » (dans le sens de regarder et non d’intervenir forcément) soit quelque chose d’insurmontable pour les femmes partisanes de l’ANA. (encore faut il qu’elles soient dispo ces sages femmes la.)

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Charlotte, effectivement le manque de sages-femmes AAD est un vrai problème (et pas vraiment pris en charge dans le climat actuel…).

    @Anne, finalement le problème de l’ANA c’est justement qu’en cas de problème on finit à l’hosto alors qu’avec une sage-femme sur place on peut souvent éviter le voyage (ex la SF peut aider la délivrance par diverses méthodes avant d’avoir besoin de la grosse artillerie).

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  8. Aaaaah, de retour. Ma dope, ma came, de quoi planer pendant tout en accouchement ANA ou AAD ou ADN, m’en fiche, la poule est reviendue ! :razz:

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Mariette, :grin:

    Répondre

  9. Salut La Poule,

    de retour de congés, ton article tombe parfaitement à propos. Ce week end, justement, le sujet est tombé sur le tapis ! Et je confirme que la différence entre ANA, AAD et Plateau technique n’est pas toujours connue… Je comprends mieux pourquoi je suis passée pour une fofolle aux yeux de ma famille puisque chez eux, plateau technique = AAD, voir ANA ! Je devrais les envoyer voir ton site !

    PS : rien à voir mais j’ai craqué pour une coupe :wink: mais encore faut il que j’ai mon RDC :roll:

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Nashii, pourtant plateau technique c’est à la maternité !! Pas grand chose à voir avec chez soi non ? :roll:
    Bien joué pour la coupe !

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  10. Contente de te retrouver !! J’imagine que c’était sympa les cocotiers ! même si je suis une ayatollah de la maternité :lol: ton article m’a bien éclairé, et comme d’hab toujours aussi rigoureux ! j’admire !!
    bizz

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Sophie, merci merci

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  11. C’est un trés bel article, quelle joie de te retrouver :wink: Et effectivement, l’amalgame entre ANA, AAD et plateau technique est vraiment regrettable, mes bp ont failli devenir fous en apprenant que leur petit fils naîtrait en plateau technique…
    Post-expérience, ils sont ravis que ça nous ait convenu à tous les trois :)

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Carabosse, comme quoi, l’ignorance…

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  12. J’avais planifié d’accoucher à la maison avec 1 doula et 1 sage femme (car meme si je pense connaitre bien mon corps:yoga+sofologie+pilate…) je n’envisageais meme pas 1 ANA.
    C’est vrai quil est regretable qu’il n’existe pas plus de structure hopistaliere qui recreent une ambiance comme à la maison (respect du rythme du travail de l’accouchement,possibilité d ‘accouchement dans l’eau choix des positions pr l’expultion…).
    Je pense que bcp de femmes décident d’accoucher chez elles pour le côté humain que l’on a rarement a l’hopital.Je peux vous le dire puisque mon AAD s’est terminé par cesarienne á l’hopital et meme si tt s’est trés bien passé et que j’ai été bien accueillie (malgré le fait que qd on annonce au corps médical quon avait prévu 1 AAD et que ça fait 48h quon est en travail chez soi ils apprécient moyennement en tout au Portugal !) j’ai bien senti que l’ambiance n’était pas aussi cocoon que chez soi !
    Avec du recul suite à mon expèrience je pense que le plus important c’est de s’entourer de personnes en qui on a confiance,avec qui on peut dialoguer librement de ses expectatives pour vivre un accouchement qui nous ressemble,quelque soit le lieu (à la maison,maternité,maison de naissance…)

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Anne, effectivement c’est dommage que les maternités ne proposent pas plus de « salles natures » ou autres. Mais je crois qu’il y a quand même des femmes qui veulent accoucher chez elles quoi qu’on leur propose à la maternité :wink:

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  13. Bonjour ! Welcome back ! Et merci pour cet article passionnant ! Je découvre toutes ces nuances que je ne connaissais pas. En particulier la notion de « plateau technique » m’intrigue beaucoup ! Est-ce que cela signifie que l’on fait le travail chez soi, que l’on a accès à une salle d’accouchement en maternité juste pour la « délivrance » et qu’on peut rentrer chez soi dans la foulée ?? Cela existe en France ? J’ai quitté la maternité 48h après avoir accouché et ces 48h étaient si longues pour moi !! Le temps d’entendre tant de bêtises de la part des auxiliaires, de constater des « abus de pouvoir », de s’entendre dire « vous n’êtes qu’une tétine pour votre bébé », de voir mon bébé presque maltraité, etc enfin bref ce n’est pas le sujet, mais si prochaine fois il y a, malgré l’énorme tentation d’accoucher chez soi, je sais que je n’oserai pas (trop stressée je suis :oops: ) … si je peux partir dare dare après avoir accouché … ? Comment se renseigner ? Me voilà très emballée (ce qui est ridicule vu que je ne suis pas enceinte, mais bref :mrgreen: ) !

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @tinitek, oui le plateau technique c’est à peu près ça. Tu es suivie en accompagnement global par une sage-femme : elle assure les consultations prénatales, l’accouchement dans une maternité qui lui « prête » ses locaux (avec le staff habituel à portée de main en cas de pépin) et si tout va bien tu peux rentrer chez toi quand tout est bouclé (genre 2h après l’accouchement), avec bébé of course. Ensuite c’est toujours la sage-femme qui assure les suites de couche chez toi. Mais peu de maternités ont ouvert leur plateau technique aux sages-femmes libérales :evil: . Ceci dit tu peux aussi négocier avec la maternité une sortie précoce avec sage-femme libérale en HAD (hospitalisation à domicile). Après tout tu n’es pas enchaînée dans ta chambre non plus :mrgreen:

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    AnSoNo Gravatar a répondu :

    @tinitek, j’ai une amie qui est sortie 10h après son accouchement (préparation AAD qui a fini après plus de 24h de travail à la mater pour péri + repos + fin du boulot, donc en hospitalisation maternité classique), elle a juste promis qu’elle ferait les consultations post natales je crois. donc c’est possible partout si tu veux vraiment sortir, faut juste bouger un peu les gens (et peut être affronter 2-3 commentaires désagréables à l’occasion :mad: ).

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    Selina KyleNo Gravatar a répondu :

    @tinitek,

    Le mieux, c’est vraiment de faire part de ton projet de sortie précoce avant (en général, quand une sage-femme travaille en plateau technique, la maternité a l’habitude de voir les patientes sortir plus tôt, mais la souplesse du personnel varie selon les établissements), pour en discuter calmement et être tranquille d’esprit le jour J. Le plus souvent, tu signes une décharge avant de quitter l’établissement.

    Parfois, ce sont les pédiatres qui râlent un peu et qui insistent lourdement pour qu’on reste au moins 48h (même quand ils savent que t’es suivie par ta sage-femme à la maison). Le fait d’en parler posément, ça les décrispe :mrgreen:

    Expérience perso : accouchement en PT pour bébé 3, sortie 12h après, une sage-femme de la maternité tirait une tronche d’enfer alors que le pédiatre était cool, comme quoi…

    Sinon, l’HAD (hospitalisation à domicile), c’est pour les suites de couches pathologiques (nécessitant surveillance et soins particuliers). Sans pathologie, c’est de la « sortie précoce » et les visites à domicile font partie du forfait accouchement réglé par la sécu à la sage-femme (à ce titre, de plus en plus de caisses de sécu refusent de rembourser les visites et déplacements facturés séparément par la sage-femme libérale dans les 7 jours qui suivent la naissance ; idem pour les visites après aad…).

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  14. C’est vraiment une révélatin pour moi, cette histoire de plateau technique !! Mais dans ma petite province, je doute fort que cela puisse être envisageable. Pour sortir si vite de la maternité je me suis aussi un peu battue avec eux… après 48h un peu sonnée, ma vraie nature est ressortie :mrgreen: et je pense qu’ils ont compris que pour leur tranquillité il valait mieux me laisser filer, mais j’étais prête à signer n’importe quelle décharge de toute façon :evil: !
    Enfin ce n’est quand même pas normal qu’on se sente si « maltraités » (je me permets de parler aussi au nom de mon poussin…) en maternité et qu’on ne pense qu’à fuir :???: !

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @tinitek, pour le jour où la question se posera tu peux aller voir sur le site de l’ansfl http://www.ansl.org/images/Accoucheuses.pdf ou sur le site projet de naissance http://www.projetdenaissance.com/pages/Repertoire_sagesfemmes-1282342.html. Sinon chercher une SF libérale dans les pages jaunes !

    Répondre

  15. @ tinitek, oui je confirme il y a peu de maternité qui ouvre un plateau technique pour une SF libérale en accompagnement global. Mais ça ne coute rien de chercher avec les liens que t’a donné la poule. Par contre il y a « pas mal » de SF libérales qui font l’HAD, et peuvent faire le post partum, et mm le suivi de grossesse. Je connais des mamans qui ont eu une SF lib pdt la grossesse, ont accouché à la mater, et sont rentré dans les maxi 12h et suivi post partum à la maison. Un médecin généraliste peut venir se déplacer pour le contrôle des 3 et 8 jours (une amie a fait ça pour sa dernière fille en AAD). En théorie on peut sortir qd on veut de la mater! mais ils préfèrent ne pas en parler, pour se couvrir en cas de pble. Donc le mieux est dans parler avant, de demander comment tu peux le demander administrativement. Et qd la maman ou le couple se sent prêt à quitter la mater, ils te font signer une décharge.

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  16. Merci Anne et La Poule pour ces liens et pour ces renseignements complémentaires, ce sont des infos vraiment précieuses ! Dieu sait pourtant que j’étais « briefée » avant d’accoucher, que je savais déjà que je devais aussi me méfier de x choses, mais évidemment on ne prévoit pas toutes les conséquences du bouleversement naissance + hormones et on a beau savoir que certaines réflexions sont juste méchantes (maladroites ? :shock: ) on n’a plus notre recul et répartie :sad: : donc de savoir cela permet une sorte de « rééquilibrage des forces en présence » (je m’exprime bizarrement ce soir :grin: ), ne serait-ce que pour savoir qu’on n’est pas à leur merci. Je ne voudrais d’ailleurs surtout pas diaboliser les maternités, je ne parle que de mon cas très personnel, et il y avait sur place des sages-femmes fantastiques qui m’ont aidé à quitter la mater si tôt. Bon, en tout cas, la prochaine fois (si prochaine fois il y a :cool: ) je me souviendrai de tout ça !

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  17. Personnellement j’ai apprécié de passer un peu de temps à la maternité pour le Poussin, le temps que le Coq et moi on maîtrise les basiques (couche, cordon, bain, néné…) mais après 48 heures j’avais ma claque (et on a pu partir le lendemain, ouf). Moi je ne peux pas me reposer si à 6h30 on débarque pour la température, à 7h petit déjeuner, à 7h30 on vient reprendre le plateau (tétée du Poussin de 7h à 7h25), à 8h on vient nettoyer la chambre, à 8h30 on vient changer les draps, à 9h c’est la sage-femme, à 9h30 l’auxiliaire de puériculture qui veut les horaires des tétées et des cacas (gné ?), etc etc. Même si tous ces gens sont très gentils et pleins de bonne volonté (ce qui était généralement le cas). Certes ils nous apportent à bouffer mais c’est de la bouffe d’hôpital (beurk). Si prochain il y a, je ne ferai pas de vieux os et je me contenterai d’une sage-femme HAD.

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    AnSoNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, c’est d’autant plus vrai pour le 2ie, quand tu as laissé le grand à la maison, au bout de 2 jours il peut commencer aussi à se demander où il habite, avec Papa qui passe quand il peut et les grands-parents qui s’occupent de lui, les visites à la mater qui sont sympas mais un peu contraignantes pour un petit… ça dépend de l’âge du 1er bien sûr, des personnes qui s’occupent de lui mais aussi de celles qui ne s’en occupent pas, et du timing de la naissance : nous c’est tombé le vendredi soir, donc un week end complètement bouleversé, en semaine avec des journées quasi normales avec la nounou ç’aurait été plus simple pour lui je pense.

    mais moi j’ai apprécié de me poser un peu avec le nouveau bb quand même après la naissance, notamment parce que pour le 1er j’avais eu un démarrage d’allaitement catastrophique donc du coup j’avais besoin de me rassurer. j’aurais pu faire appel à une sf libérale c’est vrai, mais j’ai choisi un hôpital (pas encore au moment de l’accouchement) « ami des bébés », je voulais en profiter :lol: .
    mais c’est vrai que le rythme de l’hôpital était moins pire que ce que tu décris, bb dormait bien, c’était le 2ie donc tout était plus facile, et surtout j’ai eu un accouchement exprès-zéro-problème-zéro-fatigue-trop-facile-je-recommence-demain.
    la prochaine fois :roll: , je pense que j’opterais pour une version vraiment ligth si c’est possible :mrgreen:

    Répondre

    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @AnSo, oui j’ai pensé aussi à cette histoire d’aîné : pas évident pour lui d’avoir sa mère à la maternité quelques jours ! (et le papa qui doit se partager entre deux)

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  18. Et oui… les médias se jettent sur l’aad comme la pauvreté sur le monde, ça donne du grain à moindre aux bonnes âmes qui aiment cracher sur tout ce qui ne veut pas rentrer dans le moule…
    chaque année 5000 bébés meurent entre 22sa et 8 jours de vie, 1.04% des naissances… les médias parlent des 1 ou 2 cas qui se passent à domicile… et les 4998 mourant en maternité (ça inclut les img je précise), ils n’en parlent jamais…
    ben oui, ça briserait l’illusion que le médical est là, Dieu-médecin salvateur, zorro de toutes les situations… Cette manière de montrer les choses est plus que nocive car donne surement une pression supplémentaire au monde médical qui se retrouve dans une position pas évidente à gérer… et quand on se retrouve à le vivre, on tombe de haut, car on n’imagine pas une seconde que quelque chose puisse arriver, aujourd’hui en 2009, en France, lorsque l’on est à la maternité…

    L’ayant vécu en 2008, enceinte presque de 9 mois d’une petite soeur de Erwann mon bébé-ange, j’ai eu le temps de réfléchir à ce sujet… et actuellement je ne suis ni pour, ni contre l’accouchement en structure ou à domicile.

    Je suis pour le choix de disposer de son corps, de ses émotions, d’avoir ce droit essentiel, en fonction de ses émotions, de son vécu, du moment présent…
    Mais bon, faut encore du boulot…

    Et le jour où les médias sauront faire de l’information pour la joie d’informer le chalant et non pour faire du scandaleux et du chiffre, je crois qu’il y aura 90% d’AAD en France !!! :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Tinote, je suis plutôt d’accord avec ton analyse, et c’est ce que j’ai d’ailleurs essayé de faire passer dans l’article. Ceci dit je ne suis pas sûre que même avec l’info adéquate il y ait 90% d’AAD : je ne crois pas que ce soit pour tout le monde (au-delà des grossesses patho et autres). Déjà pas de péri, tu perds pas mal de candidates :lol:
    Et puis surtout toute ma sympathie pour ton bébé-ange, en te souhaitant une belle rencontre avec sa petite soeur.

    Répondre

  19. @La poule, ayé… Bon, j’ai pas lu tous les com’, mais de ce que j’en sais, il n’y a pas plus d’AAD en France pour cause d’assurances impayables pour les sage-femmes qui les pratiquent. De plus, en France, les « maisons de naissance » n’existent pas ou presque et quand on en monte une, c’est une « fausse »: au cœur d’un hôpital de niveau 3 (à Strasbourg par exemple). Les femmes qui ont accouché à domicile (certaines avec des sage-femmes étrangères… toujours en Alsace) que j’ai rencontrées m’ont presque toutes dit avoir vécu d’abord des accouchements traumatisants à l’hôpital. (Cf. ta vilaine vidéo sur les papa traumatisés!)

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Ficelle, oui je connais bien cette situation. Pour les maisons de naissance, le problème c’est qu’en France la loi impose d’accoucher au même étage qu’un bloc opératoire (sauf si tu es chez toi bien entendu : tu n’as pas de bloc opératoire entre la salle de bain et le dressing ?? :mrgreen: ). Donc à Paris par exemple tu as le CALM (comme à la maison) où tu accouches sur le plateau technique des Bluets ou le groupe naissances où tu accouches à la clinique Léonard de Vinci (les 2 sont niveau 1). Et il y a aussi des femmes qui accouchent de leur premier à domicile, donc l’expérience hospitalière n’est pas la seule raison.

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  20. Hello la Poule !

    L’adresse du site des militantes molles pour le respect du choix des femmes (quelle que soit leur approche de la naissance), c’est http://www.dechainees.com (on a changé de plateforme d’hébergement, that’s why ton lien ne fonctionne pas).

    C’est important de préciser que la superstition positive, ça n’est pas le gage d’une naissance qui se finira bien. Notre grande chance aujourd’hui (outre d’avoir de meilleures conditions d’hygiène et de santé que nos ancêtres), c’est le suivi de grossesse qui permet de s’assurer que les choses se présentent bien pour maman et bébé.

    Sur l’ANA (accouchement non « médicalement » assisté, qui ne signifie pas que la femme ou le couple est seul(e)), je n’ai vu qu’un documentaire (« A clear road to birth »). Les femmes participant à cette expérience (intention d’ana en début de grossesse) ne la menaient pas toujours à terme : « pressentiments » (dont certains furent justement confirmés par un besoin de médicalisation lors de l’accouchement en structure) ou révélation de pb avéré en cours de grossesse.

    Notre combat à nous, c’est – entre autres – de faire en sorte que celles qui sont en bonne santé et qui souhaitent accoucher chez elles puissent trouver une sage-femme pour les accompagner (et que la maternité puisse prendre le relai dans de bonnes conditions si nécessaire).

    Très chouette blog, référencé chez nous d’ailleurs.

    Au plaisir de te relire ;-)

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  21. Je reviens ;-)

    La demande d’accouchement à domicile n’est pas forcément liée à un vécu traumatique d’un accouchement précédent à l’hosto. Je dirai même qu’opter pour un aad à cette seule condition est fichtrement dommage et pas forcément adéquat, si ce qui rassure la femme, c’est un environnement hospitalier mais avec des gens qui la respectent.

    Il faut que l’accompagnement hospitalier soit plus souple, tienne compte non seulement des impératifs médicaux mais aussi du choix des femmes (plus de sages-femmes !!!), offre des espaces moindrement médicalisés aussi.

    A côté de ça, on a des femmes que l’environnement hospitalier rebute, rend anxieuses, et qui se sentiront bien soit chez elles, soit en maison de naissance (ces deux derniers choix ne s’opposent pas mais doivent rester complémentaires et sont à développer).

    Pour l’ana, c’est autre chose : il s’agit de respecter le droit d’une femme de mettre son bébé au monde où elle veut et avec qui elle veut.

    http://www.groupemaman.org/manifeste/contenu2.php

    Nos amies Québécoises sont moins molles que les Déchaînées, sans « inciter » à l’ana ;-)

    La question qui se poserait (sujet brûlant sur lequel je ne prendrai pas position – dans le sens, faut / faut pas – mais me permets d’exposer mes interrogations), c’est à qui appartient l’information concernant le déroulement d’une naissance et des signes qui doivent alerter ?

    Une meilleure connaissance de ces sujets permettrait aux femmes/couples qui ont ce projet d’opter pour le suivi de grossesse qu’ils veulent dans une démarche responsable (qui change fort de « si on y croit, tout va forcément bien se passer ») et d’opter pour un repli en maternité si des doutes apparaissent au moment de l’accouchement. Je connais d’ailleurs une sage-femme belge, plus en exercice pour raisons personnelles, qui offrait cette préparation aux couples qui la contactaient car elles avaient un souhait d’ana…

    Je crois que si l’info n’est pas diffusée, c’est simplement par peur que les femmes feraient ce choix de manière inconsciente (comme une sorte d’encouragement à la démédicalisation totale) et en masse.

    Je pense qu’on a tort. D’abord, de prendre les femmes pour des oies qui feraient n’importe quoi si on ne les tient pas en laisse, ensuite parce que ça pourrait sécuriser davantage ces initiatives qui restent rares.

    C’est un peu comme on suggérait en 1967, dans l’hémicycle, que si la contraception était accessible librement aux femmes, elles ne feraient plus d’enfant et passeraient leur temps à séduire les hommes (pour rester correct…). C’est une volonté de contrôle social.

    Ne croyez pas qu’il suffit d’avoir une sage-femme qui pratique les aad pour qu’elle soit automatiquement non interventionniste et respectueuse. Des sages-femmes qui ont ce profil, on en a dans nos maternités (même si parfois, elles n’ont pas le temps…) et des sages-femmes qui vous pourrissent votre aad, ça existe aussi.

    C’est une question de relations humaines, ce qui se joue quand on est accompagné (que ce soit par un soignant ou par quelqu’un qui n’est pas un pro de la naissance d’ailleurs).

    Je pense qu’on aurait tout intérêt à élargir l’offre de soins en France et à enfin traiter les femmes comme des adultes responsables (ce qui permettrait en outre d’éviter les « ana par dépit »). C’est ça, être émancipé : avoir le droit de prendre des risques et assumer les conséquences de ses choix, s’ils s’avère qu’ils aient une issue négative.

    L’accouchement n’est qu’une étape. Tout au long de l’enfance, les parents prendront pour leur petit des décisions plus ou moins porteuses de risque vital : se déplacer en voiture, faire du ski, jouer au foot, marcher dans la rue…

    On ne peut pas éviter tout risque mais on peut néanmoins les apprécier correctement et opter pour des choix raisonnables. Pour certains, l’ana en est un, pour d’autres, il n’est que le fruit d’une soumission à un mode de pensée superstitieux et, quoi qu’on en pense, dans ce deuxième cas de figure, on est encore dans le contrôle social du corps des femmes. Juste que la personne qui incarne le pouvoir et use de sa force de persuasion ne porte pas nécessairement une blouse blanche…

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, hiiiiiiiiiii Selina Kyle en vrai sur mon bloooooooog ! (*mode hystérique off*)
    Merci pour tes réflexions sur l’ANA qui permettent de mieux comprendre ce cheminement. Pour ma part je suis tout à fait d’accord pour informer et responsabiliser les femmes (et les parents), c’est d’ailleurs ce que j’essaie (à ma petite échelle) de faire sur ce blog… La question des risques à prendre est plus délicate dans la mesure où il y a une tierce personne en jeu : le bébé. D’autant plus que tant qu’il n’est pas physiquement sorti du corps de sa mère son statut est tout à fait particulier (par ex on peut avorter pour raison médicale jusqu’au terme mais une fois le bébé sorti on doit préserver sa vie à tout prix). De façon générale, la société se mêle de ce que les parents font à leurs enfants, dans son rôle de protéger les plus faibles. Même si l’appréciation de ce qui constitue une maltraitance est pour certains cas délicat (et je ne parle pas de la réponse à y apporter, placer les enfants étant une décision très lourde de conséquences), il est essentiel que l’Etat ait cette possibilité de protéger les enfants de ou malgré leurs parents lorsque ceux-ci n’assurent pas leur rôle. De là à décréter que planifier un ANA rentre dans ce cas de figure, il y a un pas que je ne franchirai pas mais je comprends que cela puisse faire débat. C’est aussi pour ça que toute la médicalisation autour de la naissance est si peu remise en cause, malgré le paternalisme suintant qui en sous-tend une bonne partie : « c’est pour le bien de l’enfant ».
    Mais sinon bien sûr tout à fait d’accord pour élargir l’offre de soins !
    (et j’ai corrigé le lien)

    Répondre

    Selina KyleNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse,

    Hiiiiiiii, la Poule herself m’a répondu (mode hystérique) !!! :mrgreen:

    J’entends bien tes réflexions (responsabilités de la société). En même temps, le débat serait intéressant à mener sur le plan éthique. L’avortement est un bon exemple : il n’est pas légal partout… Et là où il l’est, c’est dans des délais posés de façon arbitraire (pas les mêmes partout). En gros, on dit que le bébé fait partie du corps de la femme et qu’elle peut décider d’interrompre la grossesse, mais seulement jusqu’à telle date (et aujourd’hui, en France, elle n’a pas besoin de justifier d’un viol pour ça, ni d’une maladie rendant la grossesse dangereuse pour elle). Après, reste l’IMG et là, le corps médical doit donner son consentement, toujours avec des limites posées de manière arbitraire (type de pathologies y ouvrant droit), mais jusqu’à la date du terme.

    Il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » en soi, il y a des choix de société qui parfois se font sur le dos des femmes, parfois même avec l’intention noble de les protéger ou de protéger l’enfant.

    Je dirai qu’on retrouve ce principe ici : pourquoi estimer a priori qu’une femme a moins le souci du bien-être de l’enfant qu’elle porte (et qu’elle a choisi de mettre au monde) que le corps médical ?

    Je ne sous-entends pas que toutes les femmes sont responsables (on ne vit pas dans « Bisounours Land »), ni même ne nie que certaines faisant le choix de l’ana puissent le faire de manière plus ou moins « légère ». Je pense par contre que la majorité d’entre elles a le souci de sa santé autant que de celle de son enfant.

    Son corps lui appartenant, elle n’en porte pas moins un autre être humain. Alors, doit-on assimiler un choix d’ana à une mise en danger volontaire du bébé ? La preuve qu’on n’est pas digne d’être mère ?

    Quand les médecins tuaient les femmes (1 sur quatre) aux temps de la fièvre puerpérale où on mourrait plus en maternité qu’à la maison, les soignants (qui avaient conspué Semmelweiss en l’envoyant balader, avec ses histoires de lavage de mains) étaient-ils accusés de meurtres ?

    Pourquoi le corps médical a t-il le droit d’exposer des femmes et des bébé à un risque alors que leur mère non (même avec des effets iatrogènes liés à la prise en charge protocolisée, ou because Mr Gygy préfère une césa – mortalité maternelle * 3 comparée à voie basse – parce qu’il est pressé de rentrer chez lui ou parce que sa machine qui fait « Ping » débloque un peu…)?

    C’est un sujet complexe. Aujourd’hui, aucune loi n’empêche une femme de laisser le processus naturel de l’accouchement se dérouler sans assistance médicale. Faudra t-il, si pépin, en cas de planification avérée, poursuivre les parents en justice ?

    Là, ça me poserait problème.

    A qui est ce bébé ? Et si on pense (comme moi) qu’il n’est la propriété de personne, qui en est néanmoins responsable ? Ceux qui l’ont conçu ou la société qui l’accueille ? Jusqu’à quel point peut-on exercer une contrainte sur le corps d’une femme dans l’intérêt supposé de l’enfant ? Pourquoi un ana virant mal serait-il à considérer comme un meurtre alors qu’une IMG à neuf mois de grossesse est légale ?

    Aujourd’hui, on est tout de même dans une situation ou le sujet de l’ana est tabou. Soit on en entend pas parler parce que tout se passe bien (et que les parents ont un toubib sympa qui vient faire le certificat de naissance), soit c’est déguisé en accouchement inopiné. Si le poids du jugement sociétal n’était pas aussi lourd, on aurait probablement d’autres données sur les issues de ces ana choisis. Mais ça sous entendrait qu’on puisse accepter l’idée qu’une femme mette son enfant au monde dans des conditions qui du seul point de vue médical n’offrent pas des garanties de sécurité « suffisantes » (encore une limite arbitraire). Et qu’on accepte les morts des ana comme ceux des aad, comme ceux de l’hôpital… Quand bien même ils seraient un peu plus nombreux d’un côté que de l’autre…

    Notre conception de l’enfant et de ses droits est quelque chose de très récent dans l’histoire de l’humanité (il fut un temps où le néonaticide était couramment pratiqué en France, je pense aussi à celui des petites filles en Inde, étouffées par la sage-femme, plus récemment…). Ça a débuté en gros au temps où le travail des enfants a été interdit (fin XIXe) et où il n’était plus une main d’oeuvre gratuite mais une charge pour ses parents, charge que la société allait l’aider à assumer (école, allocations, modes de garde…). Puis il y eut la contraception permettant de voir un bambin autrement que comme une bouche de plus à nourrir. La mortalité périnatale et infantile a chuté énormément et pourtant, de nos jours, la perte d’un seul petit est plus difficile à digérer que la perte de plusieurs ils y a quelques siècles ou décennies…

    Et je rajouterai que la conception de la liberté de la femme de disposer de son corps et d’être traitée telle un être responsable est quelque chose d’encore plus récent… On est toujours tenté de supposer que c’est une mineure qui a besoin d’être protégée par la société de ses choix mal éclairés, qui a besoin qu’on choisisse à sa place ce qui est bon pour son enfant, même à son corps défendant.

    Les hommes ont le droit de faire des conneries, les femmes, non (même nos listes d’aliments « interdits » pendant la grossesse s’allongent d’année en année…), puisqu’elles portent les citoyens en herbe qui paieront nos retraites, consommeront (pour augmenter le PIB) ou iront faire la guerre en cas de besoin… Il faut que la production soit contrôlée, à défaut de pouvoir la faire sortir d’utérus artificiels ;-)

    Et plus les contraintes de suivi augmentent, avec leur lot de soi-disant obligations, plus la culpabilisation des femmes qui ne s’y plient pas en tout augmente. Jusqu’où ? Jusqu’au procès de celle qui aura mangé une tranche de saucisson maudit ayant refilé la listériose à son bébé ?

    Bon, je sais, je pousse un peu. Mais j’aime bien :-)

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    percidinaeNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, clap clap clap clap
    Merci la poule et Sélina Kyle, vous avez bien remis mes neurones en marchent (bon même si j’ai du relire avant d’être sûre d’être d’accord).
    Ce n’est pas en infantilisant les femmes au moment où elle deviennent mère qu’on les rendra actrices responsables de l’éducation de leurs poussins. Ce serait trop idiot de légiférer pour interdire l’AAD, encore plus l’ANA (aussi idiot que d’interdire wikileaks).
    Je me souviens d’une patiente qui avait accouché chez elle parce que cela avait été très vite, en fin d’après-midi. Son mari m’a dit ce midi, elle l’avait appelé pour qu’il ne rentre pas manger, car elle était partie chez sa cop’ (injoignable…). Cette patiente avait eu un abcès suite à l’épisio de son premier accouchement, abcès pour lequel elle avait été hospitalisée pour être sondée car elle était en rétention urinaire. Puis elle a été ré-hospitalisée pour une pyélo-néphrite aïgue (infection urinaire compliquée, iatrogène au sondage). Cette patiente là, si on lui interdit d’accoucher chez elle, elle risque de ne même plus faire suivre sa grossesse !

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    Selina KyleNo Gravatar a répondu :

    @percidinae,

    Tu fais bien de parler d’infantilisation. Ça me rappelle cette époque, pas si lointaine que ça finalement, où les femmes n’avaient pas accès à l’instruction. On fabriquait volontairement de ravissantes idiotes aux seules fins d’avoir de bonnes épouses et de bonnes mères (des citoyennes modèles, les insoumises étant brûlées ou pendues). Et on pouvait donc dire, à juste titre, que les femmes n’étaient pas en mesure de comprendre certaines choses…

    Depuis, les choses ont (heureusement) changé de ce côté : à nouveaux acquis, nouvelles libertés mais aussi nouvelles responsabilités dans la société ! Que nous sommes parfaitement capables d’endosser, aussi bien que les zhoms :mrgreen:

    Je suis persuadée que plus les femmes auront accès à une information de qualité concernant les sujets de la grossesse, l’accouchement, l’alimentation de bébé (au sein ou au biberon), la parentalité, plus on les incitera à (ou leur permettra de) s’investir dans ces domaines, plus elles feront les choix judicieux et assumés qui leur correspondent.

    Parce qu’à force de traiter les femmes comme des gamines et de ne pas leur transmettre l’information sous prétexte qu’elles « ne sont pas en mesure de comprendre », ben on en fait des assistées qui attendent que celui ou celle « qui sait » prenne les décisions à leur place (et quand y a un pépin, ben on fait un procès, parce qu’on était pas « responsable »).

    Sinon, bien d’accord avec ton exemple. On a toutes en tête une idée de la manière idéale dont les choses devraient se passer. Après, y a les réalité du terrain et la complexité de chaque être qui font qu’il faut faire « au mieux ». Etre soignant, c’est accompagner ;-)

    Bon, Selina Kyle a aussi des poussins – et un coq – dans la vraie vie (chhhuuuut), alors elle va s’en occuper :mrgreen:

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    FicelleNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, pour aller dans ton sens concernant les interdits et le peu de confiance qu’on accorde aux futures mères, un ponte de la gynéco-obstérique m’a un jour confié lors d’une interview qu’on assurait aux femmes qu’il n’y avait pas de seuil en dessous duquel l’alcool était inoffensif pour le fœtus car, texto, « si on leur dit qu’elles peuvent boire un verre ou deux par semaine, elles se croiront autorisées à en boire 10″ :roll: Sur le reste, le débat atteint des sommets que mon cerveau embrumé par le manque de sommeil ne peut atteindre. Je plussoie donc et lis avec gourmandise cet échange ;-)

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  22. @Ficelle,

    http://www.drogues-info-service.fr/?Alcool-et-grossesse-2-etudes

    Exactement ce que tu dis ;-)

    L’effet du stress généré par les messages alarmistes, on s’en fout. J’ai passé TOUTE ma deuxième grossesse à flipper car j’avais bu deux verres de vin rouge à table avant de savoir que j’étais enceinte. Me suis tapée tous les sites parlant du syndrome d’alcoolisme foetal en croisant les doigts pour que mon bébé n’ait rien…

    Ma mère, quand elle était enceinte, buvait de temps en temps un petit verre de vin en mangeant, tirait à l’occasion sur une clope, mangeait du pâté et du fromton, de la mayo faite maison, des choux à la crème, etc. A eu 7 beaux enfants en bonne santé. Aujourd’hui, son comportement serait critiqué comme étant potentiellement criminel. Pire, les femmes n’oseraient majoritairement plus, la peur au ventre, coupables d’avoir osé faire passer le plaisir avant le devoir et surtout, d’avoir été prises sur le fait, en flagrant délit de désobéissance et de gourmandise…

    Les recommandations alimentaires données aux femmes enceintes sont des mesures de précaution dont la liste semble extensible à l’infini. On ne peut pas mener d’étude sur des femmes enceintes en les exposant volontairement à des substances qu’on juge potentiellement dangereuses…

    Alors, comme on sait pas, ben on vous prive de… plaisir. Plaisir sur lequel il faudra encore tirer un trait lors de l’accouchement, plaisir toujours coupable chez la femme (qu’elle dise « j’aime » ou « j’aime pas », ce qu’on lui oppose, c’est le « devoir », de « penser à son bébé », comme si elle n’y tenait pas vraiment à son poussin…).

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, je suis d’accord qu’on en fait trop sur l’alimentation des femmes enceintes (le dernier truc : faut plus manger de cahouètes pour les allergies ; déjà que l’apéro est pas super fun au force 4…). Mais je trouve qu’il faut aussi informer, justement (plutôt que de dire « ouh la la la ptite dame on va pas l’affoler avec ça ») : la listériose est rare mais elle existe, et si tu la chopes on ne sait pas faire grand chose, d’autant plus qu’elle peut passer un peu inaperçue sur le coup. Chacune gère le risque comme elle l’entend mais il faut le dire. Personnellement enceinte je suis parano pour ça et l’alcool, mais c’est personnel justement. Si une femme enceinte me demande, je lui dis ce que je sais sur la question mais ensuite elle fait ce qu’elle veut.
    Pour ta mère (et pour tes frères et toi ;-) ), c’est tant mieux mais je ne trouve pas l’argument convaincant. Mes parents posaient simplement le couffin sur la plage arrière de la 4L quand j’étais bébé (et il glissait d’un bout à l’autre dans les virages) et je suis en parfaite santé aujourd’hui. Il n’empêche qu’il est hors de question que je fasse ça avec mes enfants !! Au-delà de l’aspect binaire (accident vs pas d’accident), il y a aussi des effets plus subtils : beaucoup de gens ont grandi nourris au lait artificiel et sont en pleine forme, pourtant statistiquement les gens nourris au lait maternel sont en meilleure santé. Je pense qu’informer en responsabilisant mais sans culpabiliser ni infantiliser, ben c’est une sacrée paire de manches !

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    percidinaeNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, la listeria ça se traite par antibio, encore faut-il avoir le diagnostic… avant que la bactérie n’infecte le foetus où ne fasse accoucher la patiente. ; c’est le cas lorsque l’on traite une fièvre inexpliqué chez une femme enceinte, on la prélève et 3 jrs + tard on découvre que c’était une listeria et tout va bien !

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    Selina KyleNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse,

    Le problème, c’est qu’on informe pas, on affole, sans preuves, juste en se basant sur des craintes… Sais-tu qu’en Belgique on dépiste systématiquement le CMV chez les femmes enceintes (cytomégalovirus) ? Que la France est un des rares pays où on dépisté systématiquement la toxoplasmose ?

    Là encore, les pratiques varient d’un pays à l’autre et d’une époque à l’autre, en fonction d’intérêts de santé publique qui trop souvent ne tiennent pas compte de l’impact sur la qualité de vie de la femme, de son psychisme et de son rapport avec le bébé qu’elle porte.

    Je vous laisse prendre connaissance des risques (réels, mais faibles concernant le CMV), des méthodes de dépistage (on en utilise une qui n’est pas fiable en Belgique, pas d’amniocentèse systématique, tout de même…) et des recommandations (« contraignantes ») si pas d’immunité.

    Pour l’instant, on ne recherche pas le CMV chez les femmes françaises, estimant que le rapport bénéfice/risque ne penche pas en faveur d’un dépistage. Mais ça pourrait changer très vite…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cytom%C3%A9galovirus

    Percidinae : je doute qu’on puisse généraliser les effets de l’éthanol sur des cellules en cours de division in vitro avec ce qui se passe quand une quantité d’alcool diluée passe à travers le placenta sur un bébé en gestation.

    Je ne dis pas « Picolez », ni « Ne buvez jamais une seule goutte d’alcool » mais simplement que ce qu’on sait, c’est que boire beaucoup, ça flingue les neurones du petit. Et qu’on ignore, à partir de quelle dose c’est potentiellement dommageable. Tout ce qu’on sait, c’est que des femmes qui ont bu un ou deux verres par semaine n’ont pas eu plus de bébé neuneu que les sobres.

    Après ça, c’est aux femmes de voir. Ça devrait être à elles de voir…

    Mais où est la mesure ? Pourquoi la « tolérance zéro » ? Des fruits ou sucreries consommées en fin de repas fermentent et produisent de l’alcool. Faut-il aussi les déconseiller formellement ?

    Tu vois, ce que je veux dire, c’est jusqu’où ira t-on dans les interdictions, les obligations, le jugement et la culpabilisation des femmes ? Jusqu’où le sacrifice d’un certain confort de vie est acceptable ? Dans quelle mesure le stress généré n’a pas des effets délétères sur les femmes et dans le lien qu’elles établiront avec leur bébé ? Dans quelle mesure, quand on n’a pas de problème d’allergie, les évictions alimentaires ne créeront-elles pas une nouvelle génération d’enfants allergiques ? Que sait-on vraiment ? Qui paie ?

    Pourquoi des affirmations alarmistes sans preuves suivies d’interdictions ? Est-il vraiment possible de parler d’information loyale ?

    J’ai pris mon exemple (et c’est bien vrai qu’on ne peut généraliser à partir de celui-ci) mais je ne suis pas la seule ! C’est comme pour les générations élevées au biberon. Oui, le lait maternel c’est mieux. Et après ? Dans quelle mesure ce « mieux » physiologiquement parlant doit-il s’imposer aux femmes contre leur gré ? Quid de leur relation à leur corps ? Quid de leur relation au bébé ? Allaiter par plaisir (ai eu la chance d’adorer ça), c’est vachement mieux qu’allaiter par devoir…

    L’information leur est donnée ; après, c’est à elles de voir, en sachant que oui, heureusement, les bébés nourris au lait dit maternisé se portent bien (ce qui n’est pas le cas dans les pays pauvres où c’est absolument dramatique).

    Je trouve qu’on véhicule de plus en plus l’image d’une mère sacrificielle, parfaite, dans le don, généreuse au point de s’oublier, aux seules fins de fabriquer un enfant et un adulte qu’on espère « parfait », en meilleure santé possible, grâce à tous ces merveilleux efforts. Mais avec la vie, quoiqu’on fasse, on transmet aussi la mort, inéluctablement.

    Et nous, ben on existe, avec nos envies et nos dégoûts, nos ambitions diverses et variées, nos parcours de vie, nos sensibilités… On n’est pas juste des poules pondeuses :mrgreen:

    La poule heureuse fait des poussins épanouis qui quitteront la basse-cour un jour :lol:

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible :mrgreen:
    Après je pense aussi qu’il ne faut pas organiser toute sa vie en fonction de ses enfants (cf mon billet sur les mères dites indignes, très à la mode en ce moment -les mères indignes, pas mon billet :mrgreen: -), plutôt trouver les choix qui nous permettent de trouver un équilibre familial. Mais pour faire de vrais choix, il est important de bien connaître et comprendre les alternatives ainsi que les forces qui nous poussent plus ou moins consciemment (pour nous) vers l’une ou vers l’autre (habitudes culturelles ou familiales, pub, lobbies…).

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    percidinaeNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, enfin tout de même de l’éthanol sur des cellules embryonnaire en cours de division in vitro => anomalies. Alors autant pour le listeria, je ne me suis jamais privé d’un bon calendos (= camenbert coulant) autant la flûte de champagne quand on a un heureux retard de règle : NON. J’en connais qui on testé le space montain à 6 mois de grossesse, pas de pb ! Alors Mesdames rondelettes si le coeur vous en dit, dansez pour la nouvelle année, sautez de joie, mais sans picoler, c’est mieux, à mon humble avis.

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    OpaleNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, pour l’alcool, moi aussi, je m’étais fait 2 soirées apéros un peu arrosées et j’étais flipée mais il semblerait que les 2-3 premières semaines, ce ne soit pas trop grave dans le sens où les « relations sanguines » entre la mère et l’enfant sont en train de se mettre en place et l’impact est pour ainsi dire inexistant (dixit mon médecin généraliste).
    De toute façon, dès que l’on apprend sa grossesse, le mieux, c’est zéro alcool de toute façon, mais en France, on est tout de même un pays d’alcoolos : perso, moi, enceinte jusqu’au yeux, on me proposait souvent de l’alcool … :evil:

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    Selina KyleNo Gravatar a répondu :

    @Opale,

    Humour : http://www.youtube.com/watch?v=ydtQZOzLu88

    Sérieusement, la conso d’alcool en France a évolué ces dernières années : on boit beaucoup moins de vin à table et plus d’alcools forts.

    Mon avis perso : quelques gorgées de Chablis en mangeant, de temps en temps, juste pour le plaisir du palais, c’est différent d’un verre de whisky à jeun.

    Moi, ce qui m’interpelle, c’est la frousse que les messages alarmistes véhiculent. Malgré les études indiquant qu’une conso modérée (un ou deux verres par semaine) n’occasionnaient pas plus de dégâts que chez les femmes parfaitement sobres, on reste figé sur le « zéro goutte d’alcool » (« parce que sinon, elles vont croire qu’elles peuvent picoler comme des trous »).

    Même avant ces interdictions draconiennes, les femmes enceintes savaient que « picoler » c’était pas bon pour le bébé (y avait qu’à voir les gosses de la Berthe qui buvait du rouge dès le petit déjeuner pour comprendre).

    Là, on n’est plus ni dans la mesure, ni dans le bon sens. Qu’une petite lampée de bon vin, accompagnant un bon repas, ne soit pas nocive n’a aucune valeur ; ne reste que la peur, chevillée au corps des femmes.

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, pour l’alcool le problème est de définir la consommation modérée : deux verres par semaine, un verre par jour… etc… (moi c’est pour ça que je m’abstiens totalement, j’ai du mal avec l’aspect « consommation modérée » :oops: :lol: )
    Mais oui, il est probable comme tu dis qu’un peu de vin ou de champagne avec le repas n’ait pas d’impact, ou négligeable (même si c’est quoi la limite entre « un peu » et « trop » ?).
    Ceci dit comme Opale j’hallucine un peu des gens qui veulent à tout prix te faire boire, même si tu leur as dit non et te sortent « mais ma mère a bu pendant ma grossesse et regarde-moi » :roll: C’est aussi pénible que le supermarché qui refuse de vendre de l’alcool à une femme enceinte (il y a eu des cas dans certains pays anglo saxons : et comment bobonne fait les courses pour son jules, hein ?).

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  23. @La poule pondeuse

    J’oubliais :mrgreen:

    Ce qui est triste tout de même, c’est que les morts d’aad ou d’ana, on les médiatise, comme une sorte d’avertissement à celles qui voudraient sortir des rangs. Or en l’occurrence, on ne sait rien des raisons de la mort de ce bébé australien ! Si ça se trouve, il serait mort à l’hosto aussi (ou pitêtre en sale état après une réa de ouf…).

    Bon, ça t’a donné l’occasion d’introduire un excellent billet sur l’ana. Mais les morts de bébés à l’hôpital sont tout aussi douloureuses que pour les femmes qui perdent leur enfant à la maison…

    D’un côté, on se dit « qu’on n’y pouvait rien » (ou alors on poursuit la maternité ou l’obstétricien pour faute), de l’autre, on doit parfois assumer le fait qu’une autre issue aurait été possible. Et ça ne doit pas être facile :roll:

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Selina Kyle, j’ai un billet là-dessus dans les tuyaux, dès que je trouve le temps de l’écrire :mrgreen:

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    FicelleNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, oui, oui, un billet sur ces vilains journalistes qui médiatisent les pauvres mamans qui ont perdu leur enfant en accouchant à la maison sans assistance, mmmm… je vais aimer ;-)

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Ficelle, oh non, je ne pensais pas aux journalistes en particulier, qui dans ce cas ne font souvent que reprendre ce qui est dans l’air du temps et que tout le monde a envie d’entendre, mais si tu y tiens :mrgreen:

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    FicelleNo Gravatar a répondu :

    @La poule pondeuse, ah bon? Dommage… :mrgreen: :lol:

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  24. Un petit sujet à la téloche (pour anglophones). Le cas de Janet Frayser est évoqué.

    http://abclocal.go.com/kabc/story?section=news/health&id=7020434

    Je suis très sérieuse : « avant », quand une femme accouchait et perdait son bébé, tout le monde compatissait à sa peine. Aujourd’hui, celles qui font ce choix (et elles en ont le droit !) doivent affronter, en plus de leur douleur, un jugement terrible, comme si elles avaient tué leur bébé.

    Outre le fait que les bébés meurent aussi à l’hosto (et parfois du fait de la prise en charge. C’est ce qu’on appelle pudiquement un effet de la « iatrogénie ») et que personne ne peut garantir que tel bébé mort à la maison aurait survécu à l’hosto (même si c’est possible), c’est un risque inhérent au fait de mettre un enfant au monde. Selon l’endroit où on vit, celui où on accouche, la manière de procéder d’un obstétricien (on a déjà vu des ravages au forceps…), l’état de santé, les antécédents obstétricaux, etc, ces risques sont plus ou moins élevés. Mais ils existent toujours. Même opter pour une maternité plutôt qu’une autre peut, au vu des statistiques de chaque établissement, recéler une part de risque plus importante…

    On parlait de dignité dans un autre post (et des mères indignes). Il n’y a de vrai dignité que celle de l’Humain et ces femmes méritent qu’on respecte la leur, quand bien même on jugerait, à titre personnel, leur choix insensé, fou, dangereux, etc.

    Le jugement est assassin. Les gens n’ont pas forcément la même vision de la vie et de la mort que nous, mais la perte d’un petit qu’on attendait et qu’on aimait souvent déjà, ça secoue tout le monde.

    Oui, c’est un sujet sulfureux : on va dire que c’est le bébé qui trinque. A ce compte là, on interdit l’avortement et l’IMG ou la procréation entre personnes susceptibles de refiler une maladie à leur petit… De quel droit ?

    Quand les femmes arrêteront de se condamner entre elles, elles s’affranchiront vraiment de la domination machiste. Il y a derrière tout ça la liberté fondamentale de disposer librement de son corps. On peut punir un crime, mais un acte physiologique n’est pas criminel en soi. Et si on devait criminaliser le fait de le laisser se dérouler sans professionnel de santé à ses côté, ce serait une violence exercée sur le corps des femmes, sous prétexte que l’Etat s’arrogerait un droit sur nos êtres de par nos fonctions reproductrices. :???:

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