Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants


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Les instincts maternels

Par  • Le 13 janvier 2009 à 8:22 • Catégorie : Bibliothèque, Réfléchir

instincts_maternels La lecture de L’amour en plus, d’Elisabeth Badinter, m’avait donné envie d’en savoir plus sur la question de l’instinct maternel. Je me suis donc plongée dans Les instincts maternels, de Sarah Blaffer Hrdy (titre original : Mother Nature. A History of Mothers, Infants and Natural Selection). Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas été déçue. Ce livre est absolument passionnant, et je le recommande à tous : femmes, hommes, parents, non parents. Et bien qu’extrêmement bien documenté et fouillé, avec de solides références scientifiques, il me semble plutôt abordable et agréable à lire pour le novice. Primatologue et anthropologue, Sarah Blaffer Hrdy (non, je ne sais pas comment ça se prononce) rassemble notre connaissance des animaux (et en particulier des primates) et des hommes à travers le monde, à la lumière de la sociobiologie, pour comprendre la part de notre biologie dans notre comportement autour de la reproduction. En gros, on peut dire qu’elle essaie de dégager la base commune à tous les Homo sapiens sapiens de ces comportements, hors des modifications culturelles. Ou encore : l’homme a-t-il un « programme naturel » ? Et si oui, quel est-il ?

Je trouve ce type d’approche incontournable, car comment pouvons-nous exercer notre libre arbitre si nous ne connaissons pas nos motivations archaïques, celles qui sont inscrites au plus profond de notre être ? Attention, loin de moi (et il me semble de S. Blaffer Hrdy) l’idée de dire que nous devons suivre à la lettre ces instincts, puisque d’une part ils ont évolué dans des conditions qui ne sont pas celles que nous connaissons actuellement (et donc ne sont peut-être plus optimaux aujourd’hui), et d’autre part ce n’est pas pour rien que nous sommes doté de la capacité d’aller à l’encontre de ces instincts justement. Et puis pour quiconque est intéressé par le maternage, et veut agir suivant ses instincts, je trouve que ce type de mise en perspective est presque indispensable. Cela peut être aussi le moyen de clouer le bec à un certains nombres d’idées reçues sur le sujet, comme nous allons le voir.

Rappelons aussi que la théorie de la sélection de groupe, selon laquelle notamment les individus agiraient « pour le bien/la préservation de l’espèce », a été écartée il y a quelque temps déjà, même si elle ressort régulièrement deci delà. La vision actuelle de l’évolution est plus proche de celle de Richard Dawkins dans Le gène égoïste (autre lecture que je vous recommande) : en gros les individus agissent pour in fine maximiser la reproduction de leurs gènes et c’est tout. L’espèce, rien à carrer.

Ceci étant dit, il n’est pas question de faire ici un compte-rendu exhaustif de ce livre, que j’engage plutôt chacun à lire lui-même, même si je ne résiste pas à vous citer quelques unes de ses conclusions. Une des idées importantes développées est que les humains, comme la plupart des êtres vivants, et notamment ceux dont la reproduction est très coûteuse (grands mammifères principalement), ont toujours eu recours au planning familial. L‘allaitement est notamment un bon moyen d’espacer les naissances (même si ça n’est pas toujours très fiable, voir par exemple ce feuillet de la Leche League pour plus de détails) : en effet un jeune enfant est un lourd fardeau pour la mère (rappelons qu’un allaitement exclusif coûte environ 500 calories par jour, ce qui est deux fois plus que la grossesse au troisième trimestre), et en assumer deux à la fois risque d’entraîner la mort des deux, voire de la mère (on parle ici des conditions préhistoriques lors de l’évolution des hominidés, pas de notre société occidentale où la bouffe coule à flots). En parallèle, la condition physique de la mère détermine également sa fécondité : pas assez de graisse, trop d’efforts physiques peuvent arrêter l’ovulation (actuellement on retrouve cette influence dans les aménorrhées plus fréquentes chez les anorexiques et les sportives de haut niveau, notamment marathoniennes).

Toutes ces dispositions n’empêchent pas qu’un enfant puisse arriver à un moment où la mère ne peut s’en occuper, et là l’auteur accumule un faisceau de preuves assez convaincant pour montrer que l‘infanticide est bien plus répandu qu’on le croit, dans le monde animal mais également chez les humains, et aussi bien les bons sauvages bien connectés à leurs instincts que les bons Chrétiens allant à l’église tous les dimanches. Par infanticide on recouvre ici une large palette de comportements plus ou moins actifs : abandon, envoi en nourrice, non allaitement (on parle là d’un contexte où l’allaitement est essentiel à la survie de l’enfant, pas de l’Occident au XXIème siècle)… L’enfant humain est en effet si dépendant qu’il suffit la plupart du temps que sa mère s’en désintéresse pour qu’il meure, sans qu’elle ait à lui porter activement un coup fatal.

C’est dans cette décision que le cerveau conscient intervient : la mère peut évaluer au mieux en fonction des conditions actuelles les chances de survie de l’enfant, et si il vaut le coup qu’elle consente à l’énorme investissement qu’il demande. Parmi les critères de décision se trouvent aussi bien des facteurs extérieurs (ressources, aide dont pourra bénéficier la mère…) que propres à l’enfant (santé, sexe, malformations, poids…). L’auteur note ainsi que les nouveaux-nés humains sont extrêmement gras par rapport aux autres petits primates, et que les adultes ont tendance à trouver cette graisse séduisante (par exemple, on dit « un beau bébé » pour  un bébé bien potelé) ; or la survie d’un bébé est notamment corrélée à son poids de naissance, indépendamment de sa prématurité éventuelle (même si c’en est aussi un indicateur).

Par ailleurs, l’infanticide n’est pas l’apanage des mères : les hommes peuvent également y avoir recours, notamment lorsqu’ils veulent qu’une femme allaitant un enfant qui n’est pas le leur redevienne fertile. Ce serait d’ailleurs l’explication à la peur des inconnus manifestée par les tout petits : crainte du mâle infanticide. L’auteur note que cette peur est innée, contrairement à celle des prédateurs qui est apprise auprès des parents. Enfin, il est bien entendu que l’explication des comportements infanticides par la biologie et l’évolution n’en est pas une justification morale ; les moyens modernes de contraception sont un moyen bien plus acceptable d’organiser le planning familial, qui semble lui incontournable (à part chez les Duggar…).

Un autre élément intéressant est que l’élevage d’un enfant, et en particulier d’un nouveau-né, requiert tellement d’énergie et de calories qu’il ne peut pas être assumé par une mère seule (toujours dans les conditions préhistoriques…) : celle-ci doit bénéficier de l’aide d' »allomères », qui peuvent être des femmes de sa famille (plus jeunes qui s’entraînent ou au contraire grands-mères qui veillent sur leur descendance) ou des hommes (généralement le ou les père(s) potentiel(s)). Cette aide peut se manifester de plusieurs façons : garde de l’enfant pendant que la mère cherche de la nourriture, ou au contraire aider la mère à trouver plus de ressources, avec toutes sortes de situations intermédiaires, en lien direct avec l’organisation de la société considérée (matrilinéaire, patriarcale, polygame, etc). L’auteur note d’ailleurs que la monogamie est un bon compromis (le meilleur ?) pour l’ensemble des parties (père, mère et enfant).

L’explication des comportements altruistes des allomères se trouve dans la sélection de parentèle : il est rentable d’aider la descendance d’une personne de votre famille (donc qui partage une certaine proportion de vos gènes) si le coût qui vous incombe est inférieur au bénéfice que vous en retirez, pondéré par votre lien de parenté. De façon plus générale, l’explication des comportements altruistes est loin d’être  incompatible avec la théorie du gène égoïste, même si c’est assurément un des grands défis de cette science.

L’auteur nous parle également d’attachement et revient notamment sur l’opposition historique entre féministes et théoriciens de l’attachement, les premières reprochant aux seconds de vouloir les enfermer aux fourneaux avec les mômes. Mais nous ne pouvons pas rejeter une théorie aussi bien étayée juste parce qu’elle ne nous arrange pas ou parce que certains de ses tenants ont des tendances machistes. Oui, les enfants, comme les autres petits primates, sont des créatures d’attachement, qui en plus de sécurité physique ont besoin de sécurité émotive. Je ne résiste pas à vous citer ce passage :

Les bébés n’ont aucun moyen de savoir que la mère qui est partie travailler n’est pas morte, que les tigres à dents de sabre ont disparu, les jaguars sont plutôt rares, l’abandon illégal, et que très peu de mères modernes envisagent cette dernière solution. Car les bébés sont conçus pour être comme si les biberons n’avaient jamais été inventés, et aucune loi jamais votée.

Avant qu’Elisabeth et Marianne n’accourent, je précise tout de suite que Sarah Blaffer Hrdy (tout comme Gordon Neufeld) nous rappelle que ce n’est pas parce que cette réalité est incontournable que les femmes doivent rester au foyer : le vrai défi est de trouver des modes de garde de qualité qui permettent de développer une bonne relation d’attachement entre l’enfant et ses parents. Voir cet autre passage :

Si de multiples gardiens sont impliqués tôt dans la vie, il arrive souvent que l’enfant en choisisse un avec qui former une relation primaire. Pourtant, les enfants sont assez flexibles sur ce point. Tous les gardiens précoces deviennent les équivalents émotionnels de la parenté. Tout gardien est capable de passer le message que recherchent désespérément les bébés  – « On veut bien de toi et on ne te laissera pas tomber » – message qui suscite le sentiment de sécurité de l’enfant – une épée à double tranchant lorsqu’une allomère disparaît soudain.

[…] Ils [les théories de Bowlby, le pape de l’attachement] ne découragent pas les mères d’avoir recours aux crèches, mais ils poussent fortement à ce que la crèche ressemble à la famille, avec une série stable de personnages et une atmosphère qui offre à l’enfant un sentiment d’appartenance.

Notons aussi que les hommes semblent tout aussi capables de materner que les femmes : la seule différence (mis à part les nénés) est qu’ils réagissent à un seuil de stimulation des demandes de l’enfant un peu plus élevé que celui des femmes. Et donc, comme la femme réagit en premier, c’est toujours elle qui s’occupe de l’enfant et finalement les capacités de parentage masculine restent latentes dans la plupart des cas (mais rien d’irréversible, qu’on se rassure). Donc Mesdames, bouchez-vous les oreilles et laissez Monsieur se lever.

Pour en revenir à l’attachement et au lien si particulier qu’il entraîne, notamment entre la mère et son enfant, comment expliquer l’infanticide maternel malgré ce lien ? Il faut donc savoir que le lien n’est pas automatique à la naissance, mais se construit au fur et à mesure. L’infanticide, quand il a lieu, se produit donc généralement dans les heures suivant la naissance, et plus la mère passe de temps avec l’enfant et plus la probabilité qu’elle l’abandonne diminue. Ceci dit, l’auteur insiste pour qu’on évite la confusion entre l’attachement, dont la construction chez l’humain est subtile et progressive, et l’empreinte, qui caractérise plutôt les oisons de Konrad Lorenz qui considèrent comme leur mère la première chose qu’ils voient en sortant de l’oeuf. Par exemple, le peau à peau mère-enfant juste après la naissance est reconnu pour favoriser grandement l’établissement de ce lien (et l’allaitement) mais ce n’est une condition ni nécessaire, ni suffisante, pour l’un comme pour l’autre.

Bref, il y aurait encore bien des choses passionnantes à vous raconter, mais après avoir renouvelé mon emprunt à la bibliothèque, je crois que je vais l’acheter…

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37 Commentaires »

  1. tu me donnes envie de lire ce bouquin

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  2. ton article est passionnant, merci

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  3. Moi aussi, j’ai envie de le lire, j’aime bien quand tu parles des hommes préhistoriques !

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  4. Bravo la poule pour ce beau travail de restitution des données essentielles de ce bouquin. Comme j’ai eu la chance de le trouver dans mes chaussons de Noël, je l’ai moi aussi lu avec beaucoup d’intérêt et le conseille très très chaleureusement. Il est en effet très bien documenté et l’auteure a eu la bonne idée de rassembler les notes en fin de chapitre, ce qui permet deux niveaux de lecture, plus scientifique ou plus rapide. Ce que j’apprécie énormément dans cet ouvrage, c’est la multiplicité des points de vue qui est offerte. Ceci se fait rare en sciences sociales ou chacun reste souvent campé sur son point de vue et son cadre conceptuel. De plus, chercheuse et mère de trois enfants, Sarah B. H. a été confrontée aux choix des femmes modernes qui mènent de front une carrière et une vie familiale et elle en rend compte de manière honnête. (Son implication personnelle dans ses écrits rends toutefois quelques paragraphes surprenants au lecteur français habitué à plus de neutralité quand il ne lit pas une bibliographie). Je trouve donc son propos hyper sain et déculpabilisant ++ pour les mères. Il encourage aussi le soutien des « allomères », vive les papas poules donc.

    Très bonne lecture à toutes donc et mille merci la poule pour ton cadeau de Noël ;-)
    PS: CDLPSF est parti avec ce matin

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  5. Humm encore un qui va rejoindre la pile de bouquins à lire… Très intéressant et bravo pour le résumé.

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  6. Tant mieux si ça vous a donné envie, ça vaut le coup ! Et le commentaire de la poule sage-femme ne va rien arranger…
    A ce propos j’ai moi aussi été un peu surprise qu’elle glisse par ci par là des anecdotes plus personnelles, et au final j’ai trouvé ça plutôt bien : d’une part au milieu de tous ces types qui nous expliquent ce qu’on est supposées ressentir/faire/etc, ça fait du bien d’avoir un peu de vécu, et d’autre part, vue la qualité scientifique et documentaire du reste ça ne tourne pas à mylife.com.

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  7. Les bébés n’ont aucun moyen de savoir que la mère qui est partie travailler n’est pas morte, que les tigres à dents de sabre ont disparu, les jaguars sont plutôt rares, l’abandon illégal, et que très peu de mères modernes envisagent cette dernière solution. Car les bébés sont conçus pour être comme si les biberons n’avaient jamais été inventés, et aucune loi jamais votée.

    >>>merci pour ça. merci beaucoup.
    le monde actuel a grand besoin que ce genre de phrases soient diffusées le plus largement possible.

    je cours le chercher, et je le note sur ma liste de cadeaux intelligents à faire, ça tombe bien j’ai une coupine enceinte.

    Pupuce qui trouve que ce monde en demande beaucoup plus à des bébés et des enfants qu’aux adultes. ahem. vaste sujet.

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  8. Bon, comme les autres commentateurs, il faut clairement que je lise le bouquin en entier, qui semble très intéressant. D’autant plus que, coïncidence !, on me l’a offert à Noël… ;-)

    Néanmoins, pour réagir de façon superficielle sur la citation, même si la formule fait sourire, pourquoi l’auteure a-t-elle cédé à la mode de la préhistoire d’Epinal, avec ses citations de dents de sabre et les chasseurs-cueuilleurs, très en vogue outre-atlantiques pour tout expliquer ? Car son livre a l’air beaucoup plus sérieux que ça et elle m’a l’air de s’appuyer sur des observations solides…

    Alors, sans rire, cette histoire de sources préhistoriques qui expliquerait tout, pourquoi ?
    D’abord quelle préhistoire ? Elle dit quelque part dans le livre qu’elle veut remonter aux 50 000 dernières années. Pourquoi 50 000 ? Des biologistes ont montré qu’à cette époque, le cerveau des hommes a été formaté à zéro ?
    Et dans ce cas, pourquoi regarder les autres primates (dont certain n’ont aucun prédateurs, herbivores, ne lisent par les Echos… bref, assez loin de nous), dont nous nous sommes séparés il y a quelques millions d’années ?
    Et puis, les 10 000 dernières années, où l’homme s’est mis à cultiver, vivre en agglomérations, elles ne l’ont absolument pas changé ?

    Ensuite, j’aurai peut-être la réponse dans le livre, mais je serais curieux de savoir en quoi cette explication universelle (nous sommes le fruit des parties de chasse plus ou moins réussies de nos ancêtres de Lascaux), appliqué aux nourissons, relève du darwinisme, ou même la théorie de la sélection pour maximiser les chances de reproduction de ses gènes.
    Le fait qu’un gamin ait fait une poussée d’adrénaline juste avant de se faire dévorer par un tigre à dents longues me semble plutôt (à part le petit Héraclès) pas de nature à perpétuer ce caractère à sa descendance… :-)

    Bon, je vais dare-dare trouver l’explication évolutionniste dans le bouquin…

    CDLPSF

    PS : un très bon livre américain sur la maximisation de reproduction de ses gênes « Sperm wars » : couverture rose bonbon, anecdotes croustillantes permettant de le classer dans les nanars, mais des argumentations scientifiques somme toute solides ou du moins frappantes…

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  9. @pupuce : au moins tu es à peu près sûre qu’elle ne l’aura pas déjà !

    @CDLPSF : Aaaah vaste question à laquelle je vais essayer d’apporter quelques éléments de réponse. Bon déjà, même si la citation est un peu caricaturale, ça ne reflète pas bien tout le travail effectué par l’auteur. Parce qu’elle rassemble des observations sur le monde animal, et en particulier les primates (les velus qui ne lisent pas les échos), ce qu’on peut savoir de l’histoire humaine, et des données de sociétés de chasseurs cueilleurs actuels (les !Kung San du Botswana notamment), mais aussi d’autres types de sociétés (Afrique de l’Ouest, Amazonie, etc).

    Ensuite pour l’évolution en elle-même. Ce qui est sous-jacent à la déclaration, c’est que les comportements humains innés n’ont pas évolué (ou très peu depuis 50 000 ans). Comment ça marche l’évolution ? En théorie c’est très long, en pratique ça peut aller vite. Ce qui joue c’est le moteur : la pression de sélection, en l’occurrence l’environnement. Le problème c’est qu’on peut répondre à la pression soit par l’évolution au sens darwinien, c’est-à-dire mutation génétique entraînant un nouveau phénotype (ici un comportement) plus intéressant dans le nouvel environnement, soit par plasticité phénotypique, c’est-à-dire qu’un individu donné peut produire plusieurs phénotypes avec le même génome, par exemple un gène va s’exprimer ou pas en fonction des conditions de l’environnement (en fait souvent une combinaison des deux). Or les comportements humains, grâce à notre magnifique cortex, sont extrêmement plastiques : on peut carrément aller à l’encontre de ce que notre génome nous dicte. Ceci dit, ce n’est pas entièrement le cas des nouveaux-nés car leur cortex est encore très balbutiant.
    Un autre facteur important, c’est le coût : un trait peut procurer de gros avantages, mais coûter très cher (en termes d’énergie par exemple), dans ces cas-là dès que le bénéfice est inférieur au coût, il doit logiquement vite disparaître. Par contre un trait qui n’est pas très utile mais qui ne coûte pas grand chose risque de traîner plus longtemps, après tout il peut toujours servir.

    Quoi qu’il en soit, on a un certain nombre de preuves que nos comportements archaïques innés ne sont pas tous adaptés à notre environnement actuel et ont donc évolués dans des conditions antérieures (probablement préhistoriques) : voir par exemple notre appétit de gras et de sucré que les gouvernements occidentaux tentent de calmer avec un succès mitigé. Dans ce cas, nous avons un comportement « inné » qui était avantageux dans un contexte très pauvre en gras et en sucre et qui devient pénalisant quand Ronald nous attend à tous les coins de rue. C’est d’ailleurs ce que SBH souligne : ces comportements ne sont pas forcément adaptés à notre environnement actuel. D’où l’intérêt de réfléchir avant de les suivre aveuglément.

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  10. Ok pour le mécanisme général, la sélection des gènes et leur expression. La biologie génétique a d’ailleurs fait d’énormes progrès depuis une vingtaine d’année et c’est fascinant à quel point on sort du déterminisme dans lequel on pensait que la génétique ADN nous avait enfermé.
    Et effectivement, l’exemple du stockage des graisses est toujours cité, il se conçoit bien parce qu’on peut raconter une histoire évolutioniste pour l’appuyer : aux périodes de famine, ceux qui n’avaient pas ces prédispositions génétiques exprimées ont pu mourir plus facilement que les autres et ne pas avoir le temps de transmettre leurs gènes de « manequin ». Toutefois, il me semble que ces évolutions sont beaucoup plus rapides que l’échelle des millions d’année qui nous séparent des autres primates — et d’ailleurs ne sont-ils pas liés aux dernières glaciations, à savoir environ 10 000 ans, plutôt qu’au climat très régulier (?) des savanes africaines ?
    Ensuite, l’existence de ces mécanismes ne permet quand même pas de tout expliquer par la simple évocation de ce que l’imagerie populaire se fait de la préhistoire. Il faut un minimum se persuader que l’évolution d’un caractère ou de son expression a pu être un élément déterminant pour la sélection naturelle, non ? à savoir que cela favorise la reproduction. Or, dans cet exemple comme dans d’autres, ce n’est jamais fait et nous n’avons même pas l’esquisse d’une histoire à raconter qui collerait au mécanisme (je ne sais pas, moi : les gamins qui chougnent quand ils aperçoivent un tigre aux dents de sabre alertent plus facilement toute la troupe, et donc sont plus facilement sauvés et assurent leur descendance, donc la transmission de ce caractère).
    Bien souvent, j’ai le sentiment qu’on se contente de dire : regardez tel comportement ; il aurait eu une logique dans ce que j’imagine être la préhistoire ; ergo, il est inné. Avec la variante : regardez tel comportement ; je constate qu’il est aussi partagé par des cousins génétiques très lointains (et les exceptions que j’observe néanmoins ne font que renforcer ma convinction, dixit SBH elle-même à un autre moment !) ; ergo, c’est inné.

    Maintenant, comme tu le soulignes, ce n’est pas forcément le coeur du bouquin et il mérite une lecture plus poussée avant autres commentaires.

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  11. Je pense que le mécanisme est implicite. Pour un nouveau-né, s’il veut un jour se reproduire, il faut qu’il atteigne la puberté donc sa priorité est de survivre. Si on admet qu’un bébé préhistorique posé dans son transat en peau de mammouth a plus de « chances » d’être pris comme apéro par un tigre à dents de sabre ou toute autre grosse bêbête à grosses dents, alors un enfant qui hurle dès qu’on le pose et obtiendra donc d’être toujours porté, verra sa probabilité de survie, ergo de reproduction, augmenter (et en prime si on suppose que c’est sa mère qui le porte le plus souvent, cela augmente son temps d’accès au sein, ce qui ne gâte rien). Je trouve ton résumé des raisonnements un peu réducteur, puisque souvent c’est une combinaison de plusieurs de ces arguments qui conduit à proposer l’hypothèse. Et surtout quelle serait l’explication alternative à un comportement déroutant/inadéquat/non spécifique à une culture, voire à une espèce ?
    Evidemment on peut difficilement apporter de démonstration formelle et irréfutable (type « voici le code génétique qui correspond à cela »). Ce ne sont pas des maths ;-)

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  12. Ben zut, moi qui pensais qu’il n’y avait pas que les maths à être rigoureuses… :-)

    Sinon, tu crois qu’on arriverait un jour à récupérer et élever des cellules souches congelées de peau de mammouth pour refaire des transats pour nos petits ? Ça devait être inusable et très confortable…

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  13. Tu devrais lire « l’affaire Jane Eyre » de Jasper Fforde.

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  14. Bon, ça n’a pas grand rapport, mais encore une fois, on culpabilise les mamans qui laissent leur enfant en crèche. Je suis entrain de faire l’adaptation de mon bébé et la culpabilité me rend malade. Je ne vois pourtant aucun autre moyen de faire autrement, je n’ai malheureusement pas épousé un milliardaire! Y a t-il des situations où la crèche peut sembler positive pour un bébé?

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  15. @ Lorlor
    Mon petit bout termine son adaptation en crèche (ben oui, moi non plus j’ai pas épousé un milliardaire!) et je ne pense pas qu’il faut que tu te culpabilises!
    Premièrement, comme tu le dis toi même – Quand il n’y a pas le choix, il n’y a pas le choix… Il faut bien que quelqu’un le garde ce petit poussin!
    Deuxièmement, la crèche est loin d’être le pire fléau dans un mode de garde! Je m’explique: enfant, j’ai pu « tester » de l’intérieur la nounou et je te garantis que c’est pas toujours jojo!!! Ce qui ne veut pas dire que la perle ou la nounou consciencieuse qui aime ce qu’elle fait n’existe pas, loin de moi cette idée! Je veux juste dire que de mon expérience personnelle, je n’en ai pas gardé un bon souvenir et que je n’étais vraiment pas chaude pour faire vivre la même chose à mon bébé.
    Ensuite, certes la crèche est un « nid infectieux » mais je me dis qu’il ne faut pas non plus les enfermer dans une bulle (ou un oeuf?) nos bout’chou. Leur immunité, il faut bien qu’ils se la construisent, même si j’avoue être la première inquiète dés qu’il a le nez qui coule un tout petit peu!
    Enfin, quoi de mieux que la crèche pour apprendre très jeune la vie en communauté, les différences entre chacun, le partage, le jeu simple (on ne m’ôtera pas de l’idée que chez la nounou, la TV est trop souvent allumée), la patience…
    Vous l’aurez compris, moi je suis pour la vie de basse cour! mdr – Mais encore une fois, chacun ses convictions et ses affinités avec tel ou tel mode de garde! L’important c’est de se sentir à l’aise avec celui retenu et d’avoir confiance dans les personnes à qui tu confies ton trésor. J’ai la chance que ce soit le cas, la reprise va surement être plus dure pour maman que pour bébé qui a l’air de s’amuser comme un fou avec ses copains et ses « tatas » de la crèche.

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  16. @Lorlor et Bunny : non il ne s’agit pas de faire culpabiliser les mamans qui mettent leurs enfants en crèche ! Mais de suggérer plutôt une organisation des crèches, une formation des puéricultrices etc qui permette de bien répondre aux besoins du bébé. Moi je pense qu’il n’y a pas un mode de garde idéal, mais plutôt à chaque mère de trouver la situation qui va bien avec ce qu’elle ressent (dans la mesure des possibilités bien sûr). Par exemple Bunny n’arriverait pas à faire confiance à une nounou, et moi je préfère au contraire que mon fils ait une seule personne de référence, mais ce sont des choix intimes, par certains côtés instinctifs. Bref Lorlor, fais-toi confiance, fais-lui confiance, et ce sera déjà tout ça de gagné !

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  17. Bon désolée, c’est un sujet sensible en ce moment, donc, je me suis un peu emportée. En réalité et en théorie (c’est-à-dire quand je n’avais pas d’enfant), je trouve la crèche super et beaucoup mieux qu’une seule nounou, comme toi Bunny. Mais je ressens souvent cette culpabilisation des mères qui travaillent, même de la part des dames de la crèche qui me disent sans cesse que les journées de bb sont trop longues alors que j’ai des horaires de travail tout à fait normaux. Bref, c’est une tendance quand on a un enfant d’être culpabilisée sans cesse : parce qu’on n’allaite pas, parce qu’on allaite trop longtemps, parce que bb ne fait pas ses nuits à 2 mois, parce qu’on abandonne lâchement bb à la crèche à 5 mois… bref, comme tu le dis la Poule pondeuse, il faut se faire confiance, sinon, c’est la fin!

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  18. Pas de problème, toutes celles qui sont passées par là savent que ce n’est pas un moment facile ! N’oublie jamais que ce sont les parents qui savent le mieux ce qu’il faut pour leur famille, pour leur bébé. Des lectures et personnes bienveillantes peuvent aider à trouver différentes solutions, à mieux comprendre certaines situations, mais au final c’est vous qui savez et c’est votre choix. Et sinon je considère sérieusement fonder la ligue anti-culpabilisation des jeunes (et moins jeunes) parents (LACDJ(EMJ)P) ;-)

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  19. Merci pour cet article, je vais bientôt lire celui de Badinter… ensuite je serai très intéressée de lire celui-ci!

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  20. Bonne lecture !

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  21. Et un de plus, un! :roll: ;-)

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  22. […] « Les instincts maternels », Sarah Blaffer Hrdy, Payot 2002 pour la traduction française. Lecture en cours (essai scientifique). Pour plus de détails, aller voir ici. […]

  23. Merci pour ce commentaire, nous nous en ferons l’écho.Bien difficile de parler des meres en ce 21 eme siecle…presque un gros mot comme éfeminisme ». Merci Badinter : ///

    Bien à vous
    les mamans sos

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @SOS les MAMANS, merci !

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  24. Une dizaine de mois après l’avoir acheté, j’ai enfin fini ce livre (entre temps, j’en ai lu une flopée d’autres qui m’aident à encore mieux l’apprécier et le mettre en perspective, comme Retrouver son rôle de parent/Hold on to your kids par exemple, ou encore « Le conflit la femme et la mère » de Badinter (nul à côté) – « L’amour en plus » trône encore sur ma table de chevet :roll: ). Même s’il est long et parfois un peu aride (c’est quand même très « savant »), ce livre est tout simplement passionnant! Comme la Poule, j’ai apprécié tout ce qui concerne les contingences qui vont pousser une mère à s’investir ou pas auprès de son bébé. Ce que j’en retiens aussi: une certaine pression par rapport aux besoins importants qu’on mes petits d’être auprès de moi – il est sous entendu que le principe déculpabilisant des mères: « je passe un peu de temps mais du temps de qualité auprès de mes enfants » n’est pas vraiment valable… Tout le challenge: passer le plus de temps possible avec ses enfants + trouver un mode de garde sécurisant quand on ne peut pas (ou le papa) être avec eux. Et clairement, la crèche de Miss A. où son frère va entrer dans 15 jours n’est pas au top en la matière. Et ce n’est pas de la faute des auxiliaires de puériculture, elles ne sont tout bonnement pas assez nombreuses. Mon compromis: ne laisser mes enfants respectivement que 4 et 3 jours par semaine en crèche, soit environ 35 et 24 heures/sem. Sarah B.H. fixe à 30 heures le max « acceptable » pour qu’il n’y ait pas de conséquences dommageables. Oui, je sais, c’est hyper culpabilisant… Je crains que l’organisation de la société dans laquelle nous vivons ne permette que difficilement d’être en harmonie avec nos petits en la matière (et de leur garantir un max de sécurité). A moins de faire le choix de Pupuce et de quitter son boulot ;-) .
    Autre point qui m’a plu: l’enfant cherche à tirer le max d’attention de sa mère (parfois en surjouant et en hurlant à la mort alors qu’il veut juste être dans les bras :roll: , qui elle n’a pas forcément intérêt à la faire (fatigue, autre centre d’intérêt etc.). Il s’agit donc d’une négo permanente – cf. la façon dont je porte en écharpe mon fils pendant que je rédige ce com et que je tiens momentanément ma fille en respect avec un dessin animé ;-)

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Ficelle, « l’amour en plus » est vraiment mieux que « le conflit » je trouve.

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  25. je n’ai pas lu le bouquin mais pour rebondir sur certains comm’ ,il n’ y a pas de mode garde idéal y compris de « rester toute la journée avec maman » sans aide extérieure! pour mon ainé j’ai repris le boulot il avait 2.5 mois: creche! super creche, pas trop d’heures mais il y a eu des journées de 8h qd il avait 4 mois, pas cool; par la suite ça été alternance de « avec nous papa/maman » et « nounou ». je/on s’était dit si autre enfant, je ne travaille pas la 1er année, car « un bb a besoin que d’un truc c de sa maman »…bin pour le vivre depuis 4 mois, ce n’est pas idéal d’être 24h/24 avec son BB non plus! les besoins d’un BB sont hyper intense, et c’est dur de faire 1e pause qd on doit s’occuper de la maison etc que le repas soit prêt à 19h qd le chéri arrive creuvé et que les enfants soit couchés à 20h30; et que pdt les gdes vacances il y a eu bcp de journées seule avec les deux!
    ça va bien si il y a ma mere, ma tante (ds le mm village), les copines, les copains de mon ainé (bientôt 4 ans).
    Bref arrêtons de culpabiliser!!!! rien n’est idéal! à mon avis c’est juste un « reve » de se dire « j’aurai tellement + de temps avec mon enfant si j’étais à la maison », sans compter que l’usure gagne vite (je dis ça j’adore les bb en +), c super aussi de faire 1e « pause garderie » et revenir « fraiche et joyeuse » pour s’occuper de son bb!!!!!!!!!!!

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    FicelleNo Gravatar a répondu :

    @Anne, tout a fait d’accord… Ce que dit le livre, comme d’autres, c’est qu’il est meilleur pour le BB d’être avec un bon gardien, qui s’intéresse à son sort (un membre de la famille, les ascendants notamment) et qu’il identifie, en qui il peut avoir confiance pour répondre à ses besoins, qu’un gardien lointain, qui change souvent et ne lui apporte par la sécurité qu’il nécessite. Bref, si à la crèche, tu as une aux. de confiance qui s’occupe régulièrement de ton enfant et pas forcément 50 h/semaine, c’est mieux. Ce que j’ai eu la première année de crèche de ma fille. Malheureusement, le fait qu’elle n’ait eu que 10 semaines à son entrée n’a pas rendu les choses facile, bien au contraire :sad: La deuxième année, les aux. ont tourné énormément et c’était pas génial du tout. Là, ce sont les autres enfants qui sont devenus ses boussoles (bof). J’espère que pour cette dernière année de crèche, durant laquelle elle ne sera pas à plein temps, dans un groupe plus restreint (12 enfants) et avec son frère, les transitions crèche-maison seront plus douces et notre connexion meilleure. Je ne considère pas qu’être avec ses enfants 24/24 soit idéal (de toute façon pas possible pour moi) mais il me semble aujourd’hui évident que suis plus à même de répondre aux besoins de mes petits qu’une professionnelle, même d’excellente volonté :roll: Ensuite, tout est affaire de compromis intellectuel entre moi et moi-même.

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    OPALENo Gravatar a répondu :

    @Ficelle, pas toujours évident ce compromis, moi je reprends le taf le 1er novembre et même si je suis contente de retourner au boulot ( je suis arrêtée depuis janvier et mon bébé à 4 mois et demi aujourd’hui ), j’ai un peu peur de comment ma fille va vivre cette séparation car on est collé 24/24 depuis qu’elle est née …

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    sophieNo Gravatar a répondu :

    @OPALE, je suis dans la même situation, je me demande bien comment va réagir ma toute petite quand je vais la mettre à la crèche dans un mois :sad: ça va me faire tout drôle de me décoller de ma pucette, je vais me sentir légère ;-)

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    La poule pondeuseNo Gravatar a répondu :

    @Anne (et les autres), ici je m’occupe des deux poussins à disons 90 voire 95% depuis janvier eh bien j’en viens à fantasmer d’être hospitalisée pour avoir la paix et une nuit tranquille :roll: (et pourtant on dort mal à l’hosto)
    Je trouve qu’il est très difficile de trouver une garde pour très peu d’heures (hors baby sitter) ; Pouss1 est allé à la halte garderie mais c’était franchement symbolique (ça m’a libéré au mieux 2h30 par ci par là). Et pour Pouss2 qui est allaité, je trouve que c’est moins facile aussi d’organiser une garde ponctuelle : préparer le stock de lait, s’assurer qu’il va bien prendre le bib etc…
    Pour revenir sur le livre, ce que j’ai trouvé intéressant c’est que SBH insiste sur le fait qu’il est impossible pour une mère d’élever seule son enfant, elle doit recevoir de l’aide des autres (les fameuses « allomères », qui ne sont pas exclusivement des femmes). Enfin bientôt rentrée à l’école pour Pouss1 et à la crèche pour Pouss2 !

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