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Maternage, écologie et féminisme
Par La poule pondeuse • Le 2 décembre 2008 à 9:55 • Catégorie : Allaitement, J'avoue, RéfléchirL’article de Marianne a jeté un pavé dans la mare : et si le maternage et l’écologie étaient anti-féministes ? La question est intéressante, mais hélas tellement mal traitée qu’on ne peut pas en ressortir grand chose. Caricatural, l’article est entièrement à charge et aligne les contre-vérités et les approximations, sans nuance ni conscience de la complexité de la situation. J’ai beaucoup de respect pour Elisabeth Badinter, mais là elle est franchement à côté de la plaque. Au-delà de la méthode déplorable (dans la flopée de commentaires sur le site du magazine, une des femmes interviewées se plaint que la “journaliste” ait déformé ses propos), le problème sous-jacent à mon avis est d‘opposer a priori le bien-être de l’enfant à celui de la mère. Ou la femme se sacrifie pour sa progéniture, ou au contraire elle la sacrifie à l’autel de son égoïsme. Et selon les époques, le balancier passe de l’un à l’autre, mais c’est toujours plus ou moins l’un OU l’autre. Eh bien moi je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas optimiser les deux à la fois. Ne dit-on pas que l’enfant a besoin d’une mère épanouie pour s’épanouir ? Et à l’inverse, croit-on vraiment qu’une mère sera heureuse si ses enfants sont malheureux ?
Regardons un peu plus au Nord : les pays scandinaves sont réputés à la fois pour leur avancée en matière de droits des femmes (les Parlements les plus féminisés du monde en 1999 sont ceux de la Suède avec 42% de femmes, du Danemark, de la Finlande et de la Norvège, la France n’étant que 52ème avec 10,9 %) et des droits de l’enfant (pionniers dans les lois d’abolition de la fessée, plus de 90% d’allaitement maternel). Et en plus ils sont écolos. Si vous ajoutez à cela que les gens y seraient heureux (alors que l’hiver là-bas doit être encore plus déprimant qu’ici), que leur modèle socio-économique fait baver le reste de la planète, et qu’ils ont inventé Ikea, on finit par se dire qu’il faudrait peut-être tenter de s’en inspirer, non ? Alors certes tout n’est pas directement transposable chez nous, notamment pour l’écologie et le modèle socio-économique, mais concernant la périnatalité ? Les taux de natalité par exemple sont comparables, aux alentours de 2 enfants par femme si on en croit cette carte (même si moins élevés qu’en France qui est vice championne d’Europe). Et cette étude nous indique que la France comme les pays scandinaves est un des rares endroits d’Europe où les femmes sont à la fois très présentes dans le monde du travail et (relativement) très fécondes.
Une autre hypothèse sous-jacente qui me pose problème, c’est qu’on suppose que les clés du bonheur sont universelles. Il y a évidemment un socle commun (genre mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade…), mais le paradis des uns peut tout à fait être l’enfer des autres. A toute mère (ou future mère) qui se pose la question de travailler ou de se consacrer à ses enfants, je suggère de lire cet article publié sur le blog des (Z)imparfaites. C’est une histoire de tripes : on le sent ou on le sent pas. Dans les deux cas, il ne faut pas se forcer. Le problème étant que même si nous vivons dans un pays où notre liberté individuelle est à peu près garantie, le choix n’est pas toujours vraiment possible. Comment retourner au travail si vous ne trouvez pas de façon satisfaisante de faire garder vos enfants ? Et comment s’y consacrer exclusivement si ça implique des fins de mois difficiles ?
Ce qui aliène les femmes, ce n’est pas d’allaiter ou de donner le biberon, ce n’est pas de rester avec leurs enfants ou de faire son trou dans un monde du travail fait par et pour les hommes. C’est qu’on leur dise d’emblée quoi faire ou ne pas faire, qu’on les prive de faire elles-mêmes des choix mûrement réfléchis (ou du fond de leurs tripes, ça marche aussi), soit parce qu’elles n’ont pas toutes les informations, soit parce que certaines options leur sont en pratique interdites.
Et surtout, surtout : où sont les pères dans ces débats ? Voilà ce qui me gêne dans le terme de maternage : ça n’implique que la mère. Les Anglo-saxons parlent d’attachment parenting, nous devrions plutôt parler de parentage (mais c’est assez moche). OK, ce sont les femmes qui ont les utérus et les seins, mais il n’y a pas que ça ! Qu’une mère allaite n’empêche pas le père de prendre le bébé en peau à peau, de le porter, de dormir avec lui, de le laver, de lui changer ses couches (et de les laver…), de lui faire des purées, de le consoler, de le câliner et encore bien d’autres choses ! Tant qu’ils ne sont pas conflictuels, les liens d’attachement peuvent tout à fait se cumuler : un enfant peut être attaché à sa mère, à son père, à sa nounou, à ses grands-parents… Au risque de passer en mode bisounours : l’amour se multiplie, il ne se divise pas.
Les pères ont une grande responsabilité, car certains aménagements du monde du travail (temps partiel, congé parental, etc) ne deviendront vraiment acceptables et acceptés que quand ils ne seront plus que des histoires de bonnes femmes, mais quand les hommes s’y mettront aussi. Pour cela, il faut aussi que nous (les femmes) leur laissions prendre leur place, qu’on accepte qu’ils ne sont pas nos clones mais que même s’ils font les choses à leur façon, au moins ils les font !
Finalement je vois que je n’ai pas beaucoup parlé d’écologie, mais en fait je ne vois pas bien le rapport. Il est clair que beaucoup de femmes, et de couples, connaissent une vraie prise de conscience à l’arrivée de leur premier enfant, et tant mieux ! Je ne suis pas une militante acharnée, loin de là, mais travaillant pour l’Etat dans le domaine de l’environnement je peux vous confirmer que oui, l’écologie est un vrai problème, et que non, le changement climatique n’est pas un mythe (et qu’on peut encore tenter d’en limiter l’ampleur). Et à mon humble avis, une fois que le coût réel d’un certain nombre de produits sera intégré (c’est-à-dire la compensation pour les dommages causés à l’environnement tout au long du cylce de vie des produits), nous reverrons en profondeur notre façon de faire. On peut se planter la tête dans le sable et attendre de se prendre le changement de plein fouet, ou s’y préparer progressivement, en tentant de modifier en douceur quelques habitudes. Je ne dis pas ça pour vous faire la morale et vous culpabiliser (d’ailleurs moi-même je suis très loin d’être Ste Ecolo), mais parce que c’est inéluctable. Et nous faisons tous les jours l’expérience que ce n’est absolument pas incompatible avec une vie professionnelle.
Demain je vous ferai part de quelques idées pour améliorer la vie des femmes ET des enfants à la fois.





Coucou cousine poule-pondeuse!
Juste un petit mot pour te dire que je lis avec plaisir tes posts (très nombreux!!) de temps à autre et que je me réjouis de m’y plonger avec un peu plus de réalisme lorsque j’aurai un petit poussin à couver… Ca pourrait bien arriver bientôt, qui sait? Hihi.. Je te préviens, j’aurai sans doute plein de questions en temps voulu!
Je sais que certaines poules suisses, Mim et certaines de mes amies pour ne pas les citer, sont aussi de ferventes lectrices!
Je t’embrasse
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Bonjour,
moi cet article m’a fait réagir comme tout le monde, c’est un beau mélange de fausses informations et contre-vérités. Mais surtout, il se veut défenseur des femmes et là, franchement, il ne tape pas au bon endroit. Moi, je trouve que les féministes devraient s’attaquer aux véritables problèmes qui sont, selon moi, la place des femmes dans les entreprises (postes, salaires, reconnaissances,…) et la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale et ce aussi bien pour les mères que pour les pères. En ce qui nous concerne, j’ai été obligée de réduire mon temps de travail pour m’occuper de mes trois enfants et de notre foyer, entre autres parce que mon mari fait des horaires impossibles et que c’est lui qui a le plus gros salaire. Et en aucune façon, je ne souhaite que mes enfants se tapent de la collectivité à gogo ou qu’ils se couchent tous les soirs avec la nounou, aussi gentille et efficace soit elle. Donc, c’est ma carrière qui trinque et c’est moi qui m’entend dire au bureau : On ne peut pas compter sur vous !! En même temps, j’aime bien aussi être chez moi et m’occuper moi-même de mes enfants, c’est sûr. Mais, je n’ai pas une passion extrême pour les torchons, les aspirateurs et les fers à repasser. Là, j’aimerais quand même un peu d’aide (hein, pour laver les couches, hi, hi, hi !) Bref, rien n’est fait dans notre société pour y intégrer les familles et ses contraintes spécifiques et accorder le maximum de bien-être aux bébés ET aux mamans et papas. Je ne vois pas pourquoi on devrait sacrifier les enfants sur l’autel de la consommation. Les bébés et petits enfants méritent du respect (cf. Dolto, sujette ces derniers temps à pas mal de controverses, pas étonnant avec des propos comme ceux de Mesdames Badinter ou Abécassis !)Et dans tout ça, j’ai aussi du mal à voir le rapport avec l’écologie : laver des couches dans une machine à laver ultra-moderne ou porter une coupe menstruelle (qui soit dit en passant n’est pas forcément un choix écologique, mais souvent avant tout de confort )n’a rien à voir avec l’aliénation des femmes. Ce sont ce genre de raccourcis qui nuisent aux femmes, pas de faire la cuisine soi-même. Bon, bref. Merci la poule de nous permettre de discuter de tout cela, ça fait du bien de partager et de voir qu’on n’est pas seul avec ses idées de bien-être des bébés, écologie, place des femmes, etc. A bientôt
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@Lil : excellent ! j’attends de tes nouvelles alors…
@Suzie : merci pour ton témoignage et tant mieux si ça fait du bien ! Je suis complètement d’accord qu’il y a certaines alternatives écolos qu’on peut choisir pour d’autres raisons (la coupe est un très bon exemple ; personnellement je suis ravie qu’elle soit écolo mais ce n’est pas ma principale motivation, je trouve au contraire que c’est une vraie libération !). J’espère qu’on aura aussi une chouette discussion demain.
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bonjour, tu connais peut être mon blog, j’avais prévu de faire un post sur cet aticle de Marianne qui est exactement le pendant de celui de ELLE que j’avais commenté il y a quelques temps. je suis tout à fait d’accord avec ton propos mais c’est un thème qui constitue une fracture chez les féministes
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bonjour la poule pondeuse
je suis bien d’accord sur le fait que tant que les hommes n’auront pas pris plus de place dans les soins aux enfants, les mentalités auront du mal à avancer et élever des enfants restera l’apanage des femmes. Et effectivement, c’est aussi au mamans de laisser les pères prendre cette place, malgré leur façon bien différente de le faire : et oui il oublie souvent le couvre-couche obligeant à un changement complet des vêtements au moindre pipi, et oui il oublie de refermer la crème, et oui il n’arrive pas à accorder les vêtements du poussin, mais à côté de ça quand je vois le regard rieur, émerveillé et en attente de poussin, tous ces petits détails qui m’agacent me semblent bien peu de choses!
Et comme toi je crois que notre mode de vie actuel est voué à disparaître. Le “confort” de vie tel que nous l’avons connu est à mon sens révolu et des changements radicaux vont devoir s’opérer. Malheureusement, certains de ces changements vont être et sont déjà vécu comme un recul par beaucoup. Je n’ai toujours pas réussi à convaincre l’une de mes soeurs de trier ses déchets: ben pourquoi? il y a des éboueurs, ce n’est pas mon boulot……….sans commentaire!
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En écologie, il y a parfois des bonnes idées pas terribles. Voire franchement bof.
Comme par exemple le diesel à base de maïs, qui prive les mexicains de pop-corns.
Ou bien ces horribles ampoules basse-tension, aux lumières blafardes comme des néons de chiottes.
Aux Ateliers de l’Eclipse ( http://www.ateliers-eclipse.com ), on est pour le recyclage et les matières naturelles, mais on déteste ces choses obscènes et blanches comme des culs, et leurs reflets industriels. La résistance s’organise pour défendre les ampoules à filament. Nous avons déjà commencé à nous exprimer dans la presse nationale et lancé un mouvement d’envergure, le PLAF!
Nous sommes déjà des milliers. Et bientôt des millions.
Bisous ampoulés.
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Pour répondre à ta dernière phrase : vivement demain alors !
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@olympe : oui je connais ton blog que je trouve super intéressant et utile (faut que je mette à jour mes liens !). Je ne comprends pas pourquoi certaines féministes veulent décider pour les autres ce qui est bon pour elles…
@Chaponne : achète des couches TE1, ça marche comme les classiques !
@Eclipse : je trouve que les ampoules à économie d’énergie ont quand même fait des progrès. Et il y a des pièces dans lesquelles c’est moins gênant que d’autres.
@la belle bleue : ça vient, ça vient !
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[...] Maternage, écologie et féminisme Tagged as: accouchement, Allaitement, culpabilité, information, mère, Naissance, parent, réflexion [...]
Bonjour,
le dernier numéro d’alfalfa, un magazine distribué en kiosque dans toute la France, développe un dossier central intitulé : Les femmes sont-elles des Hommes comme les autres ?
Ou comment réconcilier écologie et féminisme…
Extrait gratuite du magazine sur le site : http://www.magazinealfalfa.com/wp-content/uploads/2010/02/extrait-alfalfa-4.pdf
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